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INDUSTRIALISATION ET DEGRADATION DE

L’ENVIRONNEMENT

Introduction
Du temps des physiocrates, vers le milieu du XVIIIe siècle, la terre était
l’actif, le facteur de production essentiel pour l’économie. Quesnay, le chef de
file du mouvement, estimait que seule la production agricole permet de
dégager un produit net, ou un surplus, ou encore une multiplication spontanée
des quantités physiques produites (Faucheux et Noël, 1995) grâce au don
gratuit de la nature que procure la terre. Le produit social annuel d’une
nation n’est donc autre que ce que l’on appellerait aujourd’hui le Produit
National de l’agriculture ; ni l’industrie ni le commerce ne peuvent ajouter
quoi que ce soit à la richesse nationale car ces activités, qualifiées de stériles,
ne font que transformer des biens sans création de surplus. Pour les
physiocrates, la richesse nationale était donc foncière, l’agriculture était la
seule créatrice de richesse, la terre était un input critique et l’environnement –
limité à la protection et à l’exploitation de la terre – revêtait une place centrale
dans l’économie.
Au fil du temps, En économie néoclassique, la terre apparaît comme
pouvant aisément être remplacée par le travail et/ou le capital. La fonction de
production standard qui sert de fondement à la théorie de la croissance, la
Cobb-Douglas, n’utilise d’ailleurs plus que deux facteurs de production : le
travail et le capital.
Cependant, Les années 1970, avec les deux chocs pétroliers et la preuve
d’une raréfaction d’un nombre croissant de ressources, vont remettre les
préoccupations environnementales au goût du jour.
Le courant des « optimistes » comme Simon (1981) ou Lomborg (2001),
affirment également que la rareté des ressources va s’inverser, grâce aux
ressources alternatives qui pourront économiquement se développer en cas
d’augmentation du prix des ressources épuisables, et que la croissance
économique favorise la qualité de l’environnement au-delà d’un certain
niveau de développement.
L'intérêt croissant des entreprises pour l'environnement a d'abord des
motifs économiques. C'est l'apparition d'une réglementation
environnementale qui enclenche une compétition vertueuse de la part des
acteurs économiques pour polluer moins.
L’autre école, celle des « pessimistes », qui a vu le jour dans les années
1980 et dont l’histoire des idées a été résumée pour la première fois en 1987
(Martinez-Alier, 1987). Cette discipline part du principe que l’environnement
ne peut qu’être étudié de manière transdisciplinaire en incluant l’économie et
les sciences naturelles (essentiellement l’écologie et la thermodynamique). Le
cadre d’analyse dépasse celui de l’économie néoclassique puisque le système
économique est maintenant perçu comme faisant partie d’un système plus
large, la terre, ou la biosphère. Cela ne remet pas en cause toute l’économie de
l’environnement et l’économie des ressources naturelles mais seulement sa
mise en perspective.
Actuellement, l'industrie occupe une place particulière dans la crise
mondialisée de l'environnement. Première au banc des accusés, elle demeure,
dans l'esprit de la population, la principale responsable de la dégradation des
écosystèmes. Pourtant, après une longue période de dénégation, le discours
des entreprises a radicalement changé au cours des années 80 et les initiatives
industrielles en faveur de l'environnement se sont multipliées. Un nombre
croissant d'entreprises adhèrent à des codes de conduite environnementaux.
On ne compte pas moins de 75 000 entreprises certifiées Iso 14001 à travers le
monde. Il n'empêche, le comportement des entreprises vis-à-vis de
l'environnement est loin d'être homogène. Certaines d'entre elles ont bien
amorcé une réflexion en profondeur concernant leur rôle dans la
problématique environnementale. Elles ont de ce fait entamé l'examen
minutieux de leurs produits et procédés, en vue d'en réduire l'impact
écologique. D'autres en revanche rechignent à intégrer les paramètres
environnementaux à leur modèle économique.
A ce niveau, une problématique majeure se présente :
Quels impacts de l’ère d’industrialisation sur l’environnement ?
A ce sujet, deux questions peuvent se poser :
- Quels sont les effets de l’industrialisation sur l’environnement ?
- Quelles solutions face à la dégradation de l’environnement à cause
de l’industrialisation ?
Pour répondre à la problématique, nous allons adopter le plan suivant :
Plan

Axe I : DEFINITIONS, HISTORIQUE ET THEORIES

1- DEFINITIONS

2- Historique

3- Théories

Axe II : IMPACTS DE L’INDUSTRIALISATION SUR

L’ENVIRONNEMENT

I- effets des activités industrielles sur l’environnement

1- L’environnement économique et social

2- Impacts de l’industrialisation sur l’écologie

II- quelques solutions pour réduire les impacts écologiques

a. Une industrie au service de l’écologie

b. L’entreprise en tant qu’acteur écologique

Axe III : Etude de cas

Conclusion
AXE I : DEFINITIONS, HISTORIQUE ET THEORIES

1-DEFINITIONS

Concrètement, la révolution industrielle (ou industrialisation) désigne la


modernisation des activités économiques : c'est le passage d'une l'économie
traditionnelle, archaïque et vivrière, à une économie, productiviste et capitaliste.
Toutefois, bien que qualifiée de « révolution », l'industrialisation est un processus
long et évolutif, qui n'est pas brutal, mais qui est marqué par des étapes
correspondant à des améliorations technologiques. À terme, ce processus
change en profondeur les façons de produire et de vendre, mais son influence
ne se limite pas à l'économie : il change aussi en profondeur les structures de la
société et la façon qu'ont les hommes de vivre et de penser.
On peut classer les pays du monde selon le degré d’industrialisation. On
trouve :
Les Nouveaux Pays Industrialisés sont des pays issus des pays en voie de
développement. Ils ont pour caractéristique d'avoir vu leur industrie décoller dans
les années 60. Ils ont de fait rattrapé aujourd'hui un grand nombre de pays
développés. Les quatre premiers NPI à avoir décollé sont d'ailleurs considérés
aujourd'hui comme des pays développés. Il s'agit de la Corée du Sud, de
Singapour, de Hong Kong et de Taïwan. D'autres pays asiatiques sont en train de
les suivre : la Chine, l'Inde, la Malaisie, l'Indonésie, les Philippines, le Vietnam et
la Thaïlande. Sur les autres continents sont également considérés comme NPI le
Mexique, le Chili, la Colombie et le Brésil pour l'Amérique du Sud, l'Afrique du
Sud et la Turquie. Un autre concept est apparu dans les années 80, les pays
émergents. Ceux-ci ont commencé leur développement grâce aux marchés
financiers. Certains avaient déjà bénéficié d'un essor industriel dans le passé
(exemple : les Pays de l'Est) ou d'autres ont pu mettre en avant d'autres atouts
(comme le tourisme).
Les pays industrialisés sont principalement les pays à haute revenus
d’Europe et d’Amérique du Nord, l’Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et
l’Afrique du sud. Dans ces pays, la part de la valeur ajoutée par l’industrie
manufacturière représente plus de 60% de la totalité de la valeur ajoutée par les
autres biens.
Les pays non industrialisés dont la plupart se situent en Afrique et certains
en Asie, la part de la valeur ajoutée par l’industrie manufacturière représente moins
de 20% de la totalité de la valeur ajoutée par les autres biens. Le tissu industriel se
limite à quelques entreprises spécialisées dans la fabrication de matériaux de
construction, de vêtement, de tissu, de chaussures et d’aliments préparés. Ces pays
sont généralement pauvres en main-d‘œuvre qualifiée ou en capital humain mais
certains d’entre eux possèdent des richesses naturelles appréciables telles que le
pétrole. Le manque de spécialisation industrielles et l’exiguïté de leurs marchés
intérieurs rendent particulièrement difficiles les premières étapes de leur
industrialisation. Parmi ces pays, on peut mentionner l’Angola, le Gabon, le
Soudan, l’Afghanistan, le Népal, Haïti, etc.
L’environnement est l’ensemble des conditions naturelles ou artificielles
(physiques, chimiques et biologiques) et culturelles (sociologiques) dans lesquelles
les organismes vivants se développent (dont l'homme, les espèces animales et
végétales).
Les industries ont généralement besoin de beaucoup de ressources naturelles
et de beaucoup d’énergie pour produire leur marchandise. Depuis la révolution
industrielle, les demandes énergétiques et l’exploitation des ressources naturelles
ont constamment augmenté.
Au début de l’industrialisation, l’écologie et l’environnement n’étaient pas
nécessairement pris en compte. Les impacts des activités industrielles sur
l’environnement étaient alors méconnus. C’est pourquoi les usines utilisaient des
énergies fossiles très polluantes (pétrole, gaz naturel et charbon), rejetaient parfois
leurs déchets toxiques directement dans les cours d’eau et ne faisaient pas attention
aux matières dangereuses qu’ils utilisaient.

2-HISTORIQUES :
Depuis que Prométhée a volé le feu de la connaissance au nez et à la barbe
des dieux, sur le mont Olympe, pour le donner aux hommes, ces derniers n’ont eu
de cesse de l’attiser et de concevoir grâce à lui des innovations jalonnant toute son
évolution. L’évolution technique a amené l’Homme à perfectionner son industrie
au fil de son histoire, à s’appuyer toujours plus sur elle, mais aussi à la réinventer à
mesure que de nouvelles ressources créaient de nouveaux moyens techniques.
L’industrie a donc connu des avancées qualitatives, parfois si symptomatiques de
leur époque et bouleversants qu’on leur a octroyé le nom de « révolutions ».
Sentryo vous propose de revenir sur les grandes lignes de ces trois premières
révolutions industrielles et de surligner les contours d’une quatrième, qui se
dessine sous nos yeux.
LA PREMIÈRE RÉVOLUTION INDUSTRIELLE – 1765
Faisant suite à une lente phase de proto-industrialisation, cette première
révolution s’étale entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle. Elle marque
l’apparition de la mécanisation qui érigera l’industrie en fondements de la structure
économique de la société, se substituant à l’agriculture. L’extraction massive de
charbon couplée à l’invention de la machine à vapeur mettent à disposition une
énergie nouvelle qui donnera l’impulsion première à tout le processus grâce au
développement des réseaux ferroviaires et à l’accélération des échanges
économiques, humains et matériels. D’autres inventions majeures comme le métier
à tisser ou les nouveaux savoir-faire en termes de métallurgie vont, peu à peu,
dessiner les premières ébauches des usines et des villes telles que nous les
connaissons aujourd’hui.
LA SECONDE RÉVOLUTION INDUSTRIELLE – 1870
Près d’un siècle plus tard, à la fin du XIXe donc, c’est une nouvelle fois
l’apparition de sources d’énergie inédites qui va amorcer un nouvelle avancée
technologique : l’électricité, le gaz et le pétrole, dont la mise au point du moteur à
explosion entreprend de tirer tout le potentiel. Par ailleurs, la sidérurgie se
développe en se basant sur l’acier à mesure des demandes exponentielles qu’elle
suscite. La chimie de synthèse se développe, produisant textiles artificiels,
colorants et engrais. Les moyens de communication sont révolutionnés par les
inventions successives du télégraphe et du téléphone, de même que les moyens de
transports avec l’apparition de l’automobile puis de l’avion au début du XXe
siècle. Autant d’innovations permises par la centralisation de la recherche et des
capitaux, structurés autour d’une économie et d’une industrie se basant sur les
nouvelles « grandes usines », modèles d’organisations productives imaginés par
Taylor et par Ford.
LA TROISIÈME RÉVOLUTION INDUSTRIELLE – 1969
Près d’un siècle plus tard, dans la deuxième partie du XXe, avec
l’avènement d’une nouvelle énergie au potentiel surclassant ses prédécesseurs, le
nucléaire, va apparaître une troisième révolution industrielle. Elle sera celle de
l’avènement de l’électronique -avec en tête l’arrivée du transistor et du
microprocesseur – mais aussi des télécommunications et de l’informatique. Autant
de nouvelles technologies qui vont permettre la production de matériels
miniaturisés, qui eux-mêmes ouvriront des portes, notamment celles de la
recherche spatiale et de la biotechnologie. Pour l’industrie, cette révolution marque
l’ère de l’automatisation poussée de la production permise par deux inventions
majeures : l’automate – l’automate programmable industriel (API) – et le robot.
La première révolution industrielle a utilisé l’eau et la vapeur pour
mécaniser la production, la seconde a utilisé l’énergie électrique pour créer la
production de masse et la troisième a utilisé l’électronique et la technologie de
l’information pour automatiser la production. Aujourd’hui, une quatrième
révolution industrielle est en marche s’appuyant sur la troisième, et la révolution
numérique qui se produit depuis le milieu du siècle dernier. Une quatrième
révolution au développement exponentiel, caractérisée par une fusion de
technologies qui brouille les lignes entre les sphères physique, numérique et
biologique et qui vient perturber les industries de tous les pays. L’étendue et la
profondeur de ces changements annoncent la transformation de systèmes entiers de
production, de gestion et de gouvernance.

L’INDUSTRIE 4.0
La quatrième révolution, se déroulant sous nos yeux. Sa genèse est à situer à
l’aube du troisième millénaire avec l’apparition d’Internet. Ce serait d’ailleurs la
première révolution industrielle à ne pas prendre racine dans l’émergence d’une
nouvelle énergie mais dans le potentiel d’un nouveau phénomène technologique :
la numérisation. Une numérisation qui permit l’édification d’un nouveau monde,
virtuel, à partir duquel il est possible de piloter le monde physique.
L’industrie d’aujourd’hui et surtout de demain tendent à connecter entre eux
l’ensemble des moyens de production et de permettre leur interaction en temps
réel. L’usine 4.0 rend possible la communication entre tous les différents acteurs et
les objets connectés au sein d’une ligne de production grâce aux technologies de
Cloud, de Big Data Analytics, de l’Internet Industriel des Objets…
Les applications pour le secteur industriel sont déjà nombreuses :
maintenance prédictive, amélioration des prises de décision en temps réel,
anticipation des stocks en fonction de l’avancement de la production, meilleure
coordination entre les métiers, etc. Autant d’améliorations qui optimisent chaque
jour un peu plus les outils de productions et laissent entrevoir des possibilités sans
horizon pour le futur de l’industrie 4.0, carrefour d’un système global
interconnecté.
Cette quatrième révolution industrielle pourrait par ailleurs être la première à
ne pas comporter l’inconvénient d’être énergivore – en termes d’énergies non
renouvelables – puisque l’on intègre de plus en plus à ses schémas d’évolution la
possibilité d’être alimenté par des ressources alternatives. Demain, les usines 4.0
seront imbriquées dans des smart cities et pourvues par des énergies éoliennes,
solaire ou géothermique.
Dans ce contexte de profondes mutations technologiques et sociétales – car
les deux vont toujours de pair durant les révolutions industrielles – nous amenant
vers la numérisation globale, la cybersécurité industrielle est appelée à devenir un
secteur de premier plan au sein duquel Sentryo est fier de faire figure de pionnier.

3-THEORIES :
Au XIX é siècle, la politique coloniale a spécialisé les colonies dans la
production des matières premières. Les produits sont transformés par la métropole.
Les pays du tiers monde se sont spécialisés dans la production des ressources
naturelles dont ils paraissent mieux dotés pour produire. Schématiquement, ils
suivent une stratégie de promotion des exportations primaires, conception
ricardienne immédiate et, à l’opposé, adoptent une stratégie de substitution
d’exportations lorsqu’ils se référent principalement au théorème Hecksher -Ohlin -
Samuelson.
Ils sont rentrés dans le système mondial d’échanges comme exportateurs
nets de matières premières et importateurs de produits manufacturés. Cette division
internationale du travail (DIT) s’est mise en place depuis l’industrialisation de
l’Europe.
A partir de 1946, l’industrialisation et le développement étaient devenus des
centres d’intérêts pour l’analyse économique. Les approches proposées se sont
organisées autour de deux courants de pensée principaux.
Pour la tendance libérale, le phénomène de sous développement est perçu
comme un simple retard. Pour combler le retard, les PED doivent imiter
l’expérience d’industrialisation des pays développés. Il faut appliquer les politiques
d’insertion progressive avec le développement du capitalisme. La théorie des
étapes de la croissance de Rostow 3 relèvent de l’approche libérale puisqu’elles
montrent l’intérêt de l’application des théories néo-classiques aux problèmes de
développement [La spécialisation international, le libre jeu des forces du marché et
la possibilité de diffusion du progrès technique]. Schématiquement, l’ensemble de
ces principes et théories incitent les PED à adopter deux types de stratégies : la
stratégie de promotion des exportations primaires et la stratégie d’industrialisation
par substitution des exportations.
Le second courant englobe plusieurs économistes de tendance populiste,
nationaliste ou socialisante. Ce courant, d’inspiration d’abord humaniste [Gunnar
Myrdal, Albert O. Hirschman, François Perroux, etc.] s’est ensuite radicalisé avec
les théories néomarxiennes.
Ces auteurs vont, d’abord, critiquer l’insertion internationale. Puis, ils
développent et critique la stratégie d’ « industrialisation par substitution
d’importations ». Au-delà de ces schémas, les économistes et hommes d’Etat
étaient confrontés à une autre question cruciale : par où commencer ? Est-ce qu’il
faut commencer par l’agriculture ou l’industrie ou bien développer tous les
secteurs de l’économie en même temps [modèle équilibré : Nurkse, Roseinstan-
Rodan] ou encore sélectionner des industries prioritaires [A.O. Hirschman, F.
Perroux, G.D. De Bernis].
La stratégie des industries industrialisantes s’inspire de l’expérience
soviétique d’industrialisation des années 1920. On attribue son prolongement
historique aux travaux théoriques et modèles économiques de Karl Marx, Gérard
Feldman, Albert O. Hirshman .
L’auteur de la théorie des industries industrialisantes, Gérard Destanne de
Bernis, est le fils spirituel de F. Perroux en matière de pôles de croissance. Il s’agit
de développer des activités situées en amont du système productif (sidérurgie,
métallurgie, production énergétique, chimie de base…), car elles sont censées avoir
des effets d’entraînement sur le reste de l’économie. En effet, développer ces
activités permet de faire travailler des actifs qui constitueront le noyau du marché
intérieur des biens de consommation. De plus, elles dotent le pays des
infrastructures industrielles qui peuvent permettre l’émergence d’activités en aval,
par une descente de filière.
Ainsi, on peut ajouter la courbe de Kuznets. Il s’agit d’une théorie qui
stipule que l’enrichissement des populations dans les pays développés
s’accompagné généralement d’une demande d’un environnement plus sain.
(Renforcement des normes pour une amélioration de la qualité de l’environnement
dans certains domaines).
Ce constat a conduit à formuler l’hypothèse suivante : la croissance serait nocive
pour l’environnement dans les premiers stades du développement ; puis, au-delà
d’un certain seuil de revenu par habitant, la croissance entraînerait une
amélioration de la qualité de l’environnement.

Si la dégradation de l’environnement finit par entraver la production, alors la


demande de politique environnementale n’émanerait plus seulement des citoyens,
mais aussi des entreprises
Mais globalement, cette théorie ne fonctionne plus, et sur ce point le
constat du rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (2016)
est alarmant et bouleverse notre perception des enjeux.
Finalement, on intègre le havre de pollution qui met en relation la
libéralisation des échanges et l’environnement.
En effet, La libéralisation des flux commerciaux et financiers se traduit
donc, à technologie et structure des économies inchangées, par une diminution des
rejets polluants dans les pays développés ➊ et par une hausse dans les pays en
développement ➋. Notons, en outre, que le gonflement des flux commerciaux, du
fait de ses implications en termes de transport international, est lui-même une
source de pollution supplémentaire ➌.
La mondialisation conduit aussi certains pays à se spécialiser dans
l’extraction de matières premières ou la production de biens agricoles, ce qui
conduit à une exploitation intensive des ressources naturelles. Celle-ci prend de
nombreuses formes (déforestation, monoculture, destruction d’habitats d’espèces
rares, etc.), qui sont autant d’atteintes à la biodiversité et donc à l’environnement
➍.
Toujours selon la théorie traditionnelle du commerce international, la
libéralisation des échanges a un effet positif sur la croissance économique, et ce
pour tous les pays qui prennent part à ces échanges ➎, ce qui a suggèrent en effet
que la croissance dégrade l’environnement dans les premiers stades de
développement, puis, l’améliore à partir d’un certain niveau de revenu.
Avec l’ouverture des économies, les entreprises locales vont pouvoir
importer les technologies étrangères les plus performantes du point de vue
énergétique ou environnemental. En fait, les transferts technologiques opèrent
surtout via les firmes multinationales lors de leur implantation ➏. En effet, il
arrive souvent que ces firmes choisissent des standards environnementaux
supérieurs à ceux imposés par la réglementation locale. Par exemple, Eskeland et
Harrison (2003) montrent qu’en Côte d’Ivoire, au Mexique et au Venezuela, les
unités de production étrangères dans les secteurs de la chimie, de la raffinerie, du
bois et des machines non électriques sont significativement plus efficaces
énergétiquement ou utilisent des procédés plus propres que les installations
nationales. Elles le font pour des motifs d’efficacité, de réputation ou simplement
parce que ces standards environnementaux sont ceux en vigueur sur leur marché
d’origine et qu’il serait coûteux d’en changer (De ce qui précède, il ressort
d¡¯abord que les conséquences de la libéralisation des échanges sur
l’environnement différent fortement selon les pays et selon le type de polluant ➐. .
Dans les pays riches, on peut sans trop de risques considérer que la mondialisation
a un effet positif sur la réduction des rejets polluants locaux. En revanche, dans les
pays pauvres, l’effet net est beaucoup plus incertain et tient pour beaucoup aux
transferts technologiques.
Qu’en est-il au niveau mondial ➑ ? Si la mondialisation provoque
effectivement un déplacement des nuisances environnementales, outre les
problèmes éthiques que cela pose, on doit craindre que l’amélioration dans les pays
développés soit plus que compensée par une hausse de la pollution et une
exploitation plus intensive encore des ressources naturelles dans les PED, où les
technologies de production sont moins efficaces. Ce dernier problème prend une
dimension encore plus importante dans le cas des pollutions globales ➒.En effet,
la libéralisation des échanges peut, dans ce cas, radicalement compromettre
l’efficacité des politiques environnementales prises par un pays, ou un groupe de
pays.
On rajoute Dilemme du prisonnier dans le cas de politiques
environnementales. Considérons deux pays, notés A et B, qui ont chacun la
possibilité de renforcer leur politique environnementale pour réduire la pollution
locale. Si les deux pays appliquent cette politique, ils améliorent la santé de leurs
résidents sans que cela ne nuise à la compétitivité relative de leurs entreprises.
Le bénéfice (en supposant bien sûr qu’on puisse agréger les gains
économiques et ceux en termes de santé publique) est égal à 5 pour chaque pays.
En revanche, si un pays est seul à renforcer sa politique environnementale, alors sa
compétitivité diminue tandis que les entreprises du second pays gagnent des parts
de marché. Même si la santé des résidents est améliorée, la perte nette dans le
premier pays est de 5 (on suppose ici que la perte économique l’emporte sur
l’amélioration de la santé, autrement il n’y a pas de dilemme !) alors que le gain
net dans le second pays est égal à 10. L’équilibre de Nash du jeu, duquel aucun
joueur n’a intérêt à dévier unilatéralement est (0 ; 0). En effet, si on part de la
situation (5 ; 5), chaque pays a intérêt à dévier unilatéralement de façon à
augmenter son gain de 5 à 10. Mais, l’autre pays a alors également intérêt à
modifier sa stratégie afin d’augmenter son gain de -5 à 0. La morale de ce jeu est
qu’aucun pays n’est incité à mener une politique environnementale. Cette situation
est d’une certaine manière paradoxale car les deux pays auraient intérêt à coopérer
pour réduire ensemble leurs pollutions.
Ce serait, collectivement, la meilleure situation.
Dans le cas des pollutions globales, le même équilibre sous-optimal peut
émerger sans faire l’hypothèse que la perte économique l’emporte sur
l’amélioration de la santé, car les bénéfices liés à l’absence de politique
environnementale sont individuels alors que ceux relatifs à sa présence sont
partagés. On retrouve la « tragédie des biens communs ».

Gains (pays A ; pays B) Politique environnementale dans le pays B


Oui Non
Politique environnementale dans le pays A Oui 5;5 -5 ; 10
Non 10 ;-5 0;0
AXE II : IMPACTS DE L’INDUSTRIALISATION SUR
L’ENVIRONNEMENT

III-effets des activités industrielles sur l’environnement


1- L’environnement économique et social
 Les conséquences économiques
 Une évolution de l’industrie
La révolution industrielle voit émerger une importante concentration de
capitaux servant au financement d’investissements de plus en plus coûteux, comme
les chemins de fer au XIXe siècle. Les manufactures rurales et l’artisanat local
tendent à disparaître eu profit de l’usine dans de nouvelles régions
industrielles. Différentes branches de l’industrie se développent avec une mutation
du système de production. Le développement de l’industrie automobile avec Ford
qui rend la voiture un outil de masse, de l’industrie chimique, de l’industrie
électrique.
Une standardisation qui favorise une production de masse, le
développement de la publicité. La taylorisation (travail en chaine avec une
spécialisation des ouvriers, du nom de l’ingénieur Frédéric W. Taylor (1856-1915).

 Les transformations de l’Agriculture


L’agriculture a subit les impacts du développement du machinisme. C’est en
Grandes Bretagne que les nouvelles innovations dans l’agriculture débutent avec
l’expérimentation de l’assolement continu en 1720. Les campagnes de
modernisent: mécanisation (tracteurs, moissonneuses batteuses en 1834 par
CyrusCormick), sélections des semences et la fertilisation (engrais chimiques
grâce au développement de la chimie) permettent de produire plus avec moins de
bras.
Une agriculture nouvelle, mécanisée et ouvert sur le marché. L’achat de
matériels agricoles, emprunts pour développer les exploitations. Au USA on note
l’émergence des Farmers (exploitant, technicien, homme d’affaire). Une
augmentation de la production agricole de 20 à 30% en France entre 1700 et 1780,
et une forme de spécialisation des régions grâce au développement du transport.

 Émergence d’un capitalisme marchand


Capital : ensemble des moyens financiers et matériels qu’il faut rassembler
pour créer une entreprise. Capitalisme est un système économique basé sur la
recherche du profit, la libre entreprise, la propriété privée et la concurrence.

Avec la révolution industrielle, on note une émergence du capitalisme


marchand. L’augmentation de la production industrielle permet une accumulation
des capitaux qui sont réinvestis dans d’autres domaines. L’accroissement
démographique augmente la demande. Le développement des marchés intérieurs et
extérieurs est sous tendu par le libéralisme. Le libre échange est considéré comme
la règle en matière de relation internationale (système qui prône la libre circulation
des marchandises, la concurrence avec la théorie libérale qui prône la loi de
l’offre et de la demande). A côté des grandes entreprises, se développent des
banques de dépôt.

 Les transformations sociales


 L’explosion démographique
Les pays ayant connu la révolution industrielle ont également tous connu des
mutations démographiques dont la plus importante est la transition démographique.
Les progrès humains se caractérisent par la raréfaction des famines et le meilleur
traitement des épidémies, parfois combinés à une absence temporaire de guerre,
notamment au XIXe siècle (découverte du bacille de la tuberculose par Robert
Koch en 1882, vaccin contre la rage de Louis Pasteur en 1885).
Cette croissance favorise l’exode rural et une importante émigration. Des
migrations de grande ampleur affectent l’ensemble de l’Europe. Des populations
quittent l’Europe orientale et méridionale vers le Nord ouest plus
industriel. L’accroissement démographique s’accompagne d’une urbanisation
croissante (Royaumes unis 54% urbains en 1851), avec les mains d’œuvres
agricoles qui deviennent des salariés dans les usines. La population rurale, attirée
par les emplois urbains décline donc et le seuil de 50% de citadins est franchi dans
l’ensemble des pays industriels entre 1850 et 1940. Cette démographique galopante
en ville crée des problèmes sociaux importants.

L’apparition des classes sociales

 Les élites urbaines avec la bourgeoisie financière et industrielle. Elle


dispose du pouvoir économique, politique et remplacent petit à petit la noblesse qui
ne domine plus la société. (minorités riches détentrice des industries et banques).
 la classe ouvrière. Les ouvriers, de plus en plus nombreux, passent du
travail à domicile au travail à l’usine, prennent conscience d’appartenir à une
classe, celle des prolétaires. Ces ouvriers effectuent des taches difficiles, vivent
dans des ghettos et sont souvent mal payés et exploités.
 les classes moyennes. Cette classe très diversifiée: artisans, employés,
fonctionnaires, professions libérales se regroupe autour de valeurs communes. Ils
constituent aussi la moyenne et la petite bourgeoisie.

2- Impacts de l’industrialisation sur l’écologie


 Impact sur l’eau
Les rejets industriels peuvent être à l’origine de différents types de pollution
de l’eau. Les principales sont la pollution organique, le rejet de matières en
suspension, la pollution toxique, thermique ou radioactive.
La pollution organique se compose de substances qui, en se décomposant,
consomment l’oxygène présent dans le milieu aquatique et peut provoquer
l’asphyxie des espèces animales. Les matières en suspension sont des particules
minérales ou organiques qui contribuent à la turbidité de l’eau. La pollution
toxique se compose de substances d’origine minérale, comme les métaux, et de
produits organiques (hydrocarbures, organochlorés, pesticides, etc.) qui ont des
effets toxiques et ont souvent la particularité de s’accumuler dans les organismes
vivants. Le nom générique de micro-polluants leur est donné. La pollution
thermique provient du rejet, dans les eaux, d’eaux chaudes issues de certaines
industries et notamment des centrales thermiques et nucléaires. La pollution
radioactive est associée aux rejets d’effluents aqueux chargés en substances
radioactives.
 Impact sur l’air
Dans l’air, les polluants d’origine industrielle sont responsables d’une
pollution ambiante qui peut être de proximité pour les populations avoisinantes
[Cf. «L’air» et « La qualité de vie, le bruit et les odeurs »]. Les polluants
susceptibles d’être transportés par les vents sont nombreux. Certains sont à
l’origine des pluies acides* qui participent à la dégradation du patrimoine bâti.
L’émission de substances précurseurs de la pollution photochimique est également
imputable pour partie aux activités industrielles.
 Impact sur les sols
L’activité industrielle, du fait d’anciens dépôts de déchets ou d’infiltration de
substances polluantes est à l’origine de pollutions de différents sites en France.
Une base de données nationale dénommée BASIAS (Base des anciens sites
industriels et activités de service) gérée par le Bureau de recherches géologiques et
minières (BRGM) a été créée. Elle recense les sites ayant hébergé par le passé
(avant 1976) une activité industrielle ou de service pouvant être à l’origine d’une
pollution des sol.
 Les déchets industriels
Les zones fortement industrialisées sont à l’origine d’importants volumes de
déchets industriels. On différencie trois catégories essentielles:
• Les déchets industriels banals (DIB), inertes et non dangereux compte tenu
de leurs caractéristiques physicochimiques. Ils sont assimilables aux déchets
ménagers et traités dans les mêmes conditions (cartons, bois, ferraille, etc.) ;
• Les déchets inertes, ne présentent pas de risques particuliers de pollution.
Ils proviennent des secteurs du bâtiment et des travaux publics (démolition,
chantiers d’infrastructure, etc.) et sont constitués de déblais, gravats, etc.). Les
déchets d’amiante en font partie même s’ils relèvent d’une réglementation
spécifique ;
• Les déchets industriels spéciaux (DIS) qui contiennent des éléments
toxiques ou dangereux (toxicité chimique, risque d’explosion, etc.). En raison de
leurs caractéristiques, de leur grande variété et de leur dangerosité, ils nécessitent
des traitements spécifiques dans des installations dédiées, différentes de celles qui
reçoivent les déchets ménagers.
 Les risques technologiques
Ils comprennent les accidents industriels, le nucléaire, les ruptures de
barrage, les accidents liés au transport de matières dangereuses. En France, le
risque d’accident chimique industriel reste en mémoire après la catastrophe de
Feyzin qui a eu lieu en 1966 (liée à une fuite de gaz sur une raffinerie provoquant
18 décès) et l’explosion de l’usine « AZF » à Toulouse en
2001 (entraînant 30 décès et plus de 3 000 blessés).
 Effets sur la santé
L’impact sanitaire de l’activité industrielle sur la santé des populations
dépend des milieux contaminés (eau, air, sols), de la nature des risques (liés aux
déchets, technologiques, etc.), des voies d’exposition (respiratoire, digestive,
cutanée), des types de polluants et de leurs concentrations. Les effets sont très
divers, pouvant aller de la simple gêne olfactive à la survenue de cancers. En effet,
même s’ils ne sont présents qu’à l’état de traces, certains éléments métalliques et
organiques peuvent s’avérer très toxiques voire cancérigènes.
C’est par exemple le cas pour le cadmium, le mercure, le plomb, le chrome,
les hydrocarbures aromatiques polycycliques.
IV- Quelques solutions pour réduire les impacts écologiques
1- Une industrie au service de l’écologie
Les entreprises industrielles s'emploient quotidiennement à mesurer,
prévenir, limiter ou corriger les impacts environnementaux.
L'industrie marocaine se place même au cœur de ce mouvement en matière
d'énergie, de traitement de l'eau ou des déchets, d'économie circulaire et
d'efficacité énergétique.
 Energies renouvelables

Bois, hydraulique, biocarburants, éolien ou encore photovoltaïque. Ces


énergies, dérivées de processus naturels en perpétuel renouvellement, peuvent
servir à la fois à produire de l'électricité, notamment utilisée pour des transports
plus verts, et à se chauffer. Elles permettent aussi « de développer sur le territoire
des filières industrielles d'excellence et de créer plusieurs centaines de milliers
d'emplois », souligne la Direction Générale des Entreprises en France. Au Maroc,
on estime actuellement son rayonnement solaire moyen à 5 kWh/m2 par jour et son
potentiel éolien à plus de 6000 MW
 Transports plus écologiques

Les questions de mobilité écologique et de modes de déplacements plus


verts mobilisent également l'industrie, alors que 14 % des émissions mondiales de
gaz à effets de serre provenaient en 2010 des transports. L'industrie des transports
continue de proposer des « solutions innovantes » alliant « efficacité écologique et
compétitivité économique ». Plusieurs de projets et réalisations peuvent être
adoptés : TGV plus économe en énergie, avion léger à propulsion électrique,
dirigeable stratosphérique autonome pour la surveillance et la sécurité... Pour les
particuliers aussi, l'industrie innove, entre véhicules électriques et futurs véhicules
autonomes.
 Produits plus respectueux de l'environnement
Dans les véhicules justement, mais aussi dans de nombreux objets de la vie
quotidienne, les matières plastiques sont devenues omniprésentes. Une
multiplication de la production qui a des répercussions sur la consommation de
pétrole. Pour lutter contre la sur-utilisation des énergies fossiles et limiter l’impact
des sacs en plastique sur l’environnement, l'industrie marocaine s'appuie sur de
nouveaux matériaux, l'utilisation de ressources renouvelables, la valorisation des
déchets et d'une manière générale l'économie circulaire. Dans cette nouvelle
approche, la production de biens et services répond à des exigences
environnementales, depuis leur conception jusqu'à leur recyclage ou leur
réutilisation, pour limiter leur impact sur la nature. Le secteur de la gestion des
déchets au Maroc permettrait de créer 70000 emplois d’ici 2020.

2- L’entreprise en tant qu’acteur écologique


Toutes les activités économiques ont un double impact sur l’environnement :
elles y puisent des ressources naturelles (matières premières, énergie, eau, sol, etc.)
dont elles ont besoin pour fonctionner et y rejettent des déchets (eaux usées,
fumées, poussières, etc.). De cette manière, elles contribuent à la dégradation de
l’environnement.
Concernant la relation entreprise-environnement, il s’agit d’un
fonctionnement en cercle fermé :
1. L’environnement procure les ressources naturelles.
2. L’Homme exploite les ressources naturelles fournies par
l’environnement.
3. Les ressources naturelles constituent la base des procédés de fabrication.
4. Lors de ces procédés, les ressources sont transformées en produits finis.
5. En même temps, des rejets (solides, liquides, gazeux) sont émis et des
nuisances (acoustiques, visuelles et olfactives) se font ressentir à l’intérieur et à
l’extérieur de l’entreprise.
6. Les résidus de procédés de fabrication quittent l’entreprise sous forme de
déchets.
7. Les rejets, nuisances et déchets dégradent l’environnement et contribuent
à la perte de la qualité de l’eau, de l’air et des sols ; à la perte de la biodiversité et
au réchauffement climatique. En même temps, ils affectent le bien-être des
travailleurs et des riverains et nuisent à la santé humaine.
8. Un environnement affecté par la pollution produira moins de ressources
naturelles.
Une entreprise peut favoriser l’utilisation rationnelle des ressources, en
appliquant la stratégie des 4 « R » à l’ensemble des ressources qu’elle
consomme.
La stratégie des 4 « R » comporte quatre étapes :
1. Réduire la consommation des ressources (matières premières, eau et
énergie) incorporées dans les produits et ainsi réduire les quantités à recycler en
fin de vie.
2. Remplacer les ressources non renouvelables par les ressources
renouvelables.
3. Réutiliser les matières premières ou ressources afin d’éviter qu’ils
deviennent des déchets et empêcher la consommation de nouvelles matières
premières ou ressources.
4. Recycler les déchets ou utiliser des matériaux recyclés. Le bénéfice est
important : protection des ressources, réduction des déchets et création d’emplois.

Il est, malheureusement, impossible d’éviter complètement toute dégradation


de l’environnement, mais il est possible d’essayer de limiter les impacts au strict
minimum. Pour ce faire, une entreprise doit d’abord identifier ses impacts sur
l’environnement et ensuite s’interroger sur la meilleure manière de les gérer. Une
démarche en trois étapes s’impose aux entreprises :

1. Prévenir à la source et ainsi éviter la pollution et les nuisances là où


elles sont générées. Ceci peut être fait en choisissant des matières premières et/ou
des procédés de fabrication plus respectueux de l’environnement. C’est ce qu’on
appelle, généralement, les « produits propres » et les « technologies propres ». Il
n’existe pas toujours un procédé de fabrication propre. Dans ce cas, le choix de la «
meilleure technologie disponible » ou de la « meilleure pratique environnementale
» permet de réduire les nuisances et la pollution, même s’il ne les évite pas
complètement.
2. Réduire au maximum les pollutions et les nuisances qu’on ne peut pas
empêcher. En installant des dispositifs qui évitent que la nuisance se répande dans
l’environnement (installation d’épuration des eaux, de filtres, de protections,
d’isolations, de murs antibruit, etc.). C’est ce qu’on appelle, généralement, un
traitement curatif ou une intervention « end of pipe ».
3. Traiter ou compenser les pollutions et les nuisances qu’on ne peut
pas réduire. Ici intervient le principe de « pollueur-payeur ». Le pollueur – dans
notre cas, l’entreprise qui génère la pollution – doit payer le coût des mesures de
traitement des nuisances. Par exemple, une usine qui a déversé des polluants sur un
site devra payer elle-même la dépollution du site et, éventuellement, le
dédommagement des riverains. Autre exemple : autour des aéroports, on
dédommage les populations en améliorant l’isolation phonique des habitations.
Axe 3 : Etude de cas : Enquête

Les déchets industriels et leurs impacts sur l’environnement au


Maroc :
Les déchets sont définis par la loi 28-00 relative à leur gestion et à leur
élimination comme : « tous résidus d’un processus de production, de
transformation ou d’utilisation, toute substance matériaux, produit ou plus
généralement tout bien meuble abandonné ou que son détenteur destine à
l’abandon ou à l’obligation de s’en défaire dans le but de ne pas nuire à la
collectivité et de protéger l’environnement ». Le Maroc connait actuellement un
développement socio-économique important, ce qui est à l’origine d’une
augmentation de la quantité des déchets produits. Ainsi, les quantités des déchets
produits sont comme suit :
 5 millions tonnes par an de déchets ménagers (en milieu urbain);
 1,5 millions de tonnes par an de déchets industriels dont 256 000 tonnes
de type dangereux;
 6 000 tonnes par an de déchets médicaux et pharmaceutiques.
Ces déchets étaient souvent éliminés dans des décharges sauvages ou encore
dans des points noirs sans aucun traitement ni contrôle, ce qui avait de graves
conséquences aussi bien pour la santé publique et l’environnement que pour
l’avenir des activités socio-économiques du pays.
Le secteur industriel marocain produit environ de 1,57 Millions de tonnes
de déchets solides par an dont 333.625 tonnes sont des déchets dangereux.
L’industrie de la Chimie-Parachimie arrive en tête avec 60 % suivie par l’industrie
agroalimentaire avec 25 %
Production des déchets industriels au Maroc en 2017
Déchets industriels en (T/An) TOTAL (T/An)

Activités industrielles Déchets dangereux


Déchets spéciaux

Chimie et Parachimie 838245 145678 983923

Textile et cuire 0 96329 96329

Electrique et Electronique
0 3780 3780

Agroalimentaire 326126 17264 343390

Métallurgique, métallique et
27345 42156 69501
énergétique

Autres 44680 28418 73098

Total 1236396 333625 1570021

Source : Chiffres clés au Maroc en 2017 (HCP)

Source : Chiffres clés au Maroc en 2017 (HCP)


Une étude officielle menée par le département de l’environnement en
coopération avec la Banque mondiale tire la sonnette d’alarme sur les impacts de la
dégradation environnementale au Maroc qui sont deux fois plus importants à
l’échelle nationale que ceux induits au niveau mondial. L’eau et l’air sont les défis
les plus importants.

L’impact des déchets industriels sur l’environnement au Maroc :


Le développement socio-économique et l’accroissement démographique que
connaît le Maroc se sont accompagnés par l’augmentation de la quantité des
déchets solides produits. Cette évolution a eu pour corollaire la multiplication et
l’intensité des effets négatifs sur la santé de l’Homme et sur l’environnement en
général.
1) Impact sur l’eau :
Chaque année environ de 1,57 Millions tonnes de déchets industriels sont
produits pour les industries, Seulement 20% des déchets industriels produits sont
recyclés, le reste étant entreposé d’une manière sauvage dans les décharges
publiques ou à proximité des unités industrielles. La quantité de déchets solides
industriels produits atteindra près de2 400 000 tonnes en 2020. Les risques de
contamination des ressources en eau augmenteront, si aucune mesure n’est prise.
2) Impact sur le sol :
Pollution chimique Elle est générée par des composés indésirables,
susceptibles d’être introduits à travers le sol par les activités agricoles : nitrates,
phosphates, pesticides et matières organiques. Plus de 8 000 tonnes de pesticides
sont utilisés annuellement et le nombre de cas d’intoxications par les pesticides
entre 1980 et 1995 s’élève à 2 547 cas dont 4% de décès.
3) Impact sur l’air :
Au Maroc, la pollution atmosphérique en milieu urbain a été étudiée dans
certaines agglomérations. Elle est liée en partie au trafic routier, le reste à
l’implantation industrielle périurbaine. Les mesures des taux d’ozone, de
monoxyde de carbone, de dioxyde de soufre et de dioxyde d’azote sont supérieures
aux normes tolérées. Cette pollution est responsable d’une augmentation
significative des infections respiratoires.

Section 2 : Présentation de l’enquête et de ses objectifs :


A travers cette étude, on va tenter d’approcher les problèmes rencontrés par
les habitants de lotissement enaser 2 Boulevard mohamed 6 à cause de l’usine
SAFITA (Société Filature , Tissage, Teinture) situé à route Agourai , KM 2
MEKNES.

1. Objectif de l’enquête :

L'enquête par questionnaire est un outil d’observation qui permet de


quantifier et comparer l’information. Cette information est collectée auprès d’un
échantillon représentatif de la population visée par l’évaluation. Un questionnaire
est un ensemble de questions construit dans le but d’obtenir l'information
correspondant aux questions de l’évaluation, notre questionnaire présente des
questions en relation avec la dégradation de l’environnement due à un usine : notre
enquête combine entre deux formes de questions, des questions fermées faciles à
traiter statistiquement et des questions ouvertes, plus riches mais aussi plus
difficiles à traiter.

2. Le choix de la population :

L’enquête est destinée essentiellement aux habitants de cette zone qui sont
directement touchés par les effets néfastes de la pollution de cette usine.
3. Le choix de l’échantillon :

On a travaillé sur un échantillon de 20 personnes, choisis selon la méthode


probabiliste, c'est-à-dire, un sondage aléatoire simple. Afin d’obtenir des résultats
suffisants .

4. Hypothèses :

1. Les résidents n’ont aucune idée sur les dangers résultant de la


pollution industrielle.
2. Les gens sont absolument contre l’ouverture de ses usines près de
leur lieu de logement.
3. Les habitants n’ont pas posé de plainte contre cette usine.

-Traitement des résultats obtenus

 logiciel utilisé
Sphinx est un logiciel d'enquête et d'analyse des données. Il permet de vous
assister dans chacune des quatre grandes étapes de réalisation d'une enquête (hors
phase de collecte) :

 la réalisation du questionnaire
 la saisie des réponses
 les traitements quantitatifs des données et l'analyse des
données qualitatives
 la rédaction du rapport d'étude

Commentaire: 55% des personnes interrogés sont de sexe féminin , et 45%


masculin.
Commentaire:

-5% de la population sont entre 20 et 25 ans.

-30 % entre 25 et 30 ans.

-65 % plus que 30 ans.

Commentaire: les personnes qui vivent dans cette zones entre 2 et 5 ans
représentent 15%, ceux entre 5 et 10 ans représentent 30 % et le reste représente la
plus longue durée plus que 10 ans.
Commentaire: 95% des personnes interrogées sans contre l'ouverture des
usines près des communautés résidentielle
Commentaire:

La majorité des gens affirment qu'ils sont contre l'ouverture de ces usines
près d'eux parce qu'ils polluent l'air par le dégagement des gazes toxiques qui
causent des difficultés respiratoires, et polluent également le sol par les déchets.
Alors notre deuxième hypothèse est vérifiée.

Commentaire: Les types de problèmes que les gens rencontrent:

 mauvaise odeur;
 Bruit;
 mauvaise image des zones;
 des maladies liées à la peau;
Commentaire: 80% de l'échantillon en un idée sur les dangers causé par les
usines, ce qui montre les gens sachent bien ce qui peut mettre en cause leur santé et
leur vie. La première hypothèse n'est pas vérifié.

Commentaire: Les différents types de dangers cités par les gens sont:

 asthme;
 pollution des nappes phréatiques
 maladies graves;
 déchets toxiques;
Commentaire: 80% des personnes questionnés n'ont pas posé de plainte
contre l'usine, alors que 20 % ont déclaré leur mécontentement. Nôtre troisième
hypothèse n'est pas vérifiée.

Commentaire: Les 20 % assurent que leur déclaration et manifestation ont


été négligé.
Commentaire : 15 % de la population connaissent des personnes qui ont
vécu des maladies à cause de l'usine.

Commentaire: D'après les gens les responsables de l'usine n'ont présenté


aucune intervention vis à vis les personnes concernées par la maladie.
Commentaire: 85 % de la population voient que les actions du Maroc face à
ce fléau ne sont pas pertinentes, les 15 % restantes pensent le contraire

Commentaire: La majorité pensent que les autorités ne réagissent pas , il y'a


un absence de sensibilisation, de conscience écologique, de contrôle et de pénalités
. Et qu'il n'y a aucun résultat et avancement.
Commentaire: 90% sont au courant de l'importation des déchets italiens
faits par l'ancien ministre de l'environnement.

Commentaire:
les gens pensent que ce comportement non acceptable qui malheureusement
reflète l'indifférence de gouvernement sur la santé des citoyens, au lieu de
préserver l'environnement on accentue le problème .
Commentaire: Donc comme solution les habitants proposent:

 Eloigner les usines des zones résidentielles;


 Respect des usines des normes mondiales de l'environnement;
 le recyclage des déchets;
 traitement des eaux usées et des gazes dégagés,
 sensibiliser les gens aux dégâts de la pollution;

5. Conclusion de l'enquête:

Cette étude menée nous a permet de détecter les avis des citoyens à propos
les conséquences de l'industrie soit sur leur santé ou bien sur l'environnement qui
les entoure. Ainsi on constate que les gens sont sensibilisés des effets de
l'industrialisation malgré sa contribution au développement du pays soit sur le plan
social ou économique