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Fiches d'orientation

Arbitrage international | Septembre 2019


Définition
L'arbitrage international est le mode de résolution des différends donnant compétence à un arbitre pour
trancher les litiges mettant en cause des intérêts du commerce international.

Textes :
 C. pr. civ., art. 1504 à 1527
 C. civ., art. 2059 à 2061

Sommaire
1. Convention d'arbitrage international
1.1 Validité de la convention d'arbitrage
1.2 Autonomie de la convention d'arbitrage
1.3 Effet de la convention d'arbitrage
2. La procédure arbitrale
1.1 La constitution du tribunal arbitral
1.2 Le juge d'appui
1.3 L'instance arbitrale
3. La sentence arbitrale
1.1 Le prononcé de la sentence arbitrale
1.2 Les effets de la sentence arbitrale
1.3 Les voies de recours
4. Bibliographie

1. Convention d'arbitrage international


La convention d'arbitrage en matière internationale revêt une forme unique appelée « Convention
d'arbitrage », qui peut être conclue soit à propos d'un litige déjà né, soit à propos d'un litige à naître.

1.1 Validité de la convention d'arbitrage

La convention d'arbitrage n'est soumise à aucune condition de forme (C. pr. civ., art. 1507).

1.2 Autonomie de la convention d'arbitrage

Procédant par renvoi à l'article 1447 du Code de procédure civile, l'article 1506 du même code prévoit qu'en
matière internationale, la convention d'arbitrage dispose d'une autonomie à l'égard du contrat principal dans
lequel elle est éventuellement introduite. Par conséquent, la nullité de ce dernier ne saurait affecter la validité
de la convention d'arbitrage. Au contraire, lorsque c'est la convention d'arbitrage qui est nulle, elle est réputée
non écrite et ne menace pas la validité du contrat principal.

1.3 Effet de la convention d'arbitrage

La convention d'arbitrage international a pour effet de rendre les juridictions étatiques incompétentes pour
connaître du litige concerné sauf dans leurs fonctions de juge d'appui (C. pr. civ., art. 1449).

2. La procédure arbitrale

2.1 La constitution du tribunal arbitral

Les parties à la convention d'arbitrage peuvent désigner le ou les arbitres qui constitueront le tribunal arbitral.
Cette désignation peut être faite directement ou par référence à un règlement d'arbitrage ou à des règles de
procédure (C. pr. civ., art. 1509). En cas de désaccord, l'arbitre est désigné soit par la personne chargée
d'organiser l'arbitrage, soit par le juge d'appui (C. pr. civ., art. 1506, 2° et 1552).

2.2 Le juge d'appui

En matière d'arbitrage international, le juge d'appui de la procédure arbitrale est le président du tribunal de
grande instance de Paris, sauf clause contraire (C. pr. civ., art. 1505).
Le juge d'appui est compétent pour connaître d'une demande tendant à l'obtention d'une mesure
conservatoire ou d'une mesure d'instruction. Il connaît également des difficultés de constitution du tribunal
arbitral. Le juge d'appui statue par ordonnances insusceptibles de recours. L'appel est possible lorsque le
juge d'appui considère qu'il n'y a pas lieu de désigner le tribunal arbitral en raison du caractère manifestement
nul ou inapplicable de la convention d'arbitrage.

2.3 L'instance arbitrale

La convention d'arbitrage doit prévoir la procédure à suivre au cours de l'instance arbitrale. Elle peut le faire
soit expressément, soit par référence à un règlement d'arbitrage ou à des règles de procédure (C. pr. civ., art.
1509). Si la convention ne prévoit rien, c'est le tribunal arbitral qui détermine les règles de procédure. Dans
tous les cas, le tribunal arbitral doit garantir l'égalité des parties et veiller au respect du principe du
contradictoire.
La saisine du tribunal arbitral est réalisée conjointement ou par la partie la plus diligente. Les parties sont
tenues d'agir avec célérité et loyauté dans la conduite de l'instance. Si au cours de l'instance, un problème
survient à propos des pouvoirs juridictionnels du tribunal arbitral, ce dernier est seul compétent pour en
connaître (C. pr. civ., art. 1465).
Le tribunal arbitral peut surseoir à statuer dans l'attente d'un événement qu'il détermine, ce qui a pour effet de
suspendre le cours de l'instance arbitrale (C. pr. civ., art. 1472)

3. La sentence arbitrale

3.1 Le prononcé de la sentence arbitrale


La sentence arbitrale doit trancher le litige conformément aux règles de droit que les parties ont choisies ou, à
défaut, à celles que le tribunal arbitral estime appropriées (C. pr. civ., art. 1511). Le tribunal doit tenir compte
des « usages commerciaux (C. pr. civ., art. 1511, al. 2).
Si les parties le décident, le tribunal arbitral peut se prononcer en équité en tant qu'amiable compositeur (C.
pr. civ., art. 1512).
La sentence est rendue à la majorité des voix en cas de pluralité d'arbitres. Elle doit être signée par tous les
arbitres. À défaut de majorité, le président du tribunal arbitral statue seul.
La sentence arbitrale doit contenir les mentions prévues à l'article 1481 du Code de procédure civile,
présenter succinctement les prétentions respectives des parties et leurs moyens, et enfin être motivée (C. pr.
civ., art. 1482).

3.2 Les effets de la sentence arbitrale

La sentence arbitrale a autorité de la chose jugée relativement à la contestation tranchée et peut être assortie
de l'exécution provisoire (C. pr. civ., art. 1484). Elle dessaisit le tribunal arbitral de cette contestation (C. pr.
civ., art. 1485, al. 1er).
Leur reconnaissance et exécution est conditionnée au respect de l'ordre public international (C. pr. civ., art.
1514). Leur exécution forcée nécessite une ordonnance d'exequatur.

3.3 Les voies de recours

– La sentence arbitrale rendue en France : elle ne peut faire l'objet que d'un recours en annulation porté
devant la cour d'appel du ressort dans lequel elle a été rendue (C. pr. civ., art. 1518, 1519) dans le mois
suivant la notification de la sentence. Ce recours, non suspensif, est ouvert dans un nombre limité de cas (C.
pr. civ., art. 1520).
La décision refusant la reconnaissance ou l'exequatur d'une sentence arbitrale internationale rendue en
France est susceptible d'appel dans un délai d'un mois à compter de la signification de la décision. En
revanche, la décision qui accorde l'exequatur ne peut faire l'objet d'un recours sauf cas particuliers (C. pr. civ.,
art. 1524, al. 1er). Elle peut également faire l'objet d'un recours en révision mais n'est susceptible ni
d'opposition, ni de pourvoi en cassation (C. pr. civ., art. 1506, 5°).
– La sentence arbitrale rendue à l'étranger : la décision qui statue sur une demande de reconnaissance ou
d'exequatur est susceptible d'appel dans un délai d'un mois à compter de la signification de la décision. La
cour d'appel ne peut les refuser que dans des cas particuliers (C. pr. civ., art. 1525).

Fiches associées :
 Arbitrage interne
 Compromis – Clause compromissoire
 Exequatur

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Encyclopédies
 Répertoire civil, Convention d'arbitrage, par Louis-Frédéric Pignarre, déc. 2013
 Répertoire commercial, Arbitrage international, par Bertrand Moreau, Avec La collaboration
d'Éloïse Glucksmann, de Pierre Feng, juin 2016
 Répertoire international, Arbitrage du commerce international, par Dominique Hascher, janv. 2005
 Répertoire international, Arbitrage : CIRDI, par Charles Leben, mars 2010
 Répertoire procédure civile, Arbitrage international, par Bertrand Moreau, Avec La collaboration
d'Éloïse Glucksmann, de Pierre Feng, juin 2016
Revues Dalloz
Articles de références
 Attention : ne pas appeler le recours en annulation « appel » !, Civ. 1re 11 mai 2016,
n° 14-29.767, E. Loquin, RTD com. 2016. 698
 Incompétence d'un premier président pour suspendre l'exécution du jugement
frappée de tierce opposition, Civ. 2e 28 mai 2015, n°14-27.167, N. Cayrol, RTD civ.
2016. 184
 Exequatur des sentences internationales et dualisme juridictionnel : le grand bazar,
P. Cassia, D. 2015. 2241
 Arbitrage et modes alternatifs de règlement des litiges, T. Clay, D. 2014. Pan. 2541
 Relativité de la qualification de juridiction : arbitrage forcé et recours préjudiciel en
interprétation, CJUE 13 févr. 2014, ord., aff. C.555/13, P. Théry, RTD civ. 2014. 434
 L'arbitrage dans les baux commerciaux depuis la loi NRE, N. Rontchevsky, AJDI
2002. 270

Ouvrages feuilletables
Codes Dalloz Universitaires et Professionnels
 Code de procédure civile 2020, annoté, Droit privé, 111e éd., 2019
Cours
 Procédure civile, Nicolas Cayrol, Droit privé, 2e éd., 2019
Dalloz Action
 Droit et pratique de la procédure civile 2017/2018 (Droit interne et européen), Serge
Guinchard/Frédérique Ferrand/Natalie Fricero/Henri Gerphagnon/Serge
Guinchard/Philippe Hoonakker/Alain Lacabarats/Jean-Paul Lacroix-Andrivet/Jacques
Pellerin/Isabelle Pétel-Teyssié/Monique Bandrac/Corinne Bléry/Georges
Bolard/Nicolas Cayrol/Didier Cholet/Dominique d'Ambra/Carole Fattaccini/Michel
Redon, 9e éd., 2016

HyperCours
 Procédure civile, Serge Guinchard/Frédérique Ferrand/Cécile Chainais, Droit privé,
6e éd., 2019

Mémentos
 Droit judiciaire privé. Procédure civile, Jean Larguier/Philippe Conte/Christophe
Blanchard, Droit privé, 20e éd., 2010

Précis
 Procédure civile (Droit interne et droit de l'Union européenne), Serge
Guinchard/Frédérique Ferrand/Cécile Chainais/Lucie Mayer, Droit privé, 34e éd.,
2018

Université
 Procédure civile, Gérard Couchez/Xavier Lagarde, Droit privé, 17e éd., 2014

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