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Gestion des déchets :

Chapitre 3
Traitements thermiques des déchets

Plan

1. Introduction
2. Propriétés des déchets
3. Combustibilité des déchets
4. Processus d’oxydation des déchets
5. Produits de la transformation : résidus solides,
effluents/produits gazeux
1. Introduction

Le traitement thermique des déchets urbains, industriels et agricoles repose sur


différentes processus de transformations thermochimiques pouvant aboutir à la
valorisation matière et/ou énergie.

Les procédés mis en œuvre sont:

➢ Soit des procédés d’oxydation totale (combustion, incinération ou


oxydation en voie humide),
➢ Soit des procédés de décomposition et/ou de transformation
thermochimique (pyrolyse ou gazéification), imposant différents modes de
récupération/valorisation de l’énergie calorifique libérée.
1. Introduction

L’oxydation (combustion ou incinération)

C’est la destruction du déchet par des réactions d’oxydation exothermiques à


l’aide d’un agent oxydant en excès du point de vue stœchiométrique. A la
pression atmosphérique, lorsque l’agent oxydant est de l’air, de l’oxygène
ou tout autre oxyde métallique (oxyde de fer ou de cuivre), on parle de
combustion ou d’incinération.

L’incinération est un mode de traitement des déchets reposant sur la combustion


des déchets

La chaleur produite peut quant à elle être valorisée directement et/ou


permettre la production d’électricité.
1. Introduction
La pyrolyse (carbonisation)
La pyrolyse est une décomposition endothermique du déchet en atmosphère
réductrice (moins de 2% d’O2) sous l’effet de la chaleur (à partir de 300°C). Ce
procédé permet la décomposition de la matière organique solide en trois phases :
1. Solide (coke de pyrolyse),
2. Liquide (constituée de condensables lourds (huiles de pyrolyse ou goudrons))
3. Gazeuse (CO, H2, CO2, CH4, C2H4, C2H6).

La gazéification
La gazéification est une réaction globalement endothermique qui transforme un
combustible solide (biomasse, déchet) en un gaz combustible (gaz de synthèse)
essentiellement formé de H2 et CO, et dans une moindre mesure d’hydrocarbures
légers (CH4, C2H4, C2H6).
2. Propriétés des déchets
2.1 Propriétés physiques
➢ Classifications des déchets selon :
❑ Leur état de la matière
❑ Leur nature chimique
❑ Ou leur caractère dangereux
➢ On considère :

→ Comme solide un déchet pelletable (déplacer à la pelle)

→ Comme liquide, un déchet pompable (liquide, suspension, boue,...).


2. Propriétés des déchets

2.1 Propriétés physiques : ρApp ; Ф ; μApp


➢ Dans le cas d’un déchets solides :

o La masse volumique apparente (ρApp) et granulométrie moyenne <Ф>


conditionnent leurs propriétés de coulabilité / tassement ainsi que leur
manoeuvrabilité en transport → Equipements de stockage et de
manutention adaptés à ces produits

La masse volumique apparente des solides granulaires, c’est-à-dire, leur masse par
unité de volume dans un empilement, est une donnée également importante pour
l’estimation du contenu énergétique, des coûts de stockage et de transport. Celle-ci
peut s’estimer par:
2. Propriétés des déchets
2.1 Propriétés physiques : ρApp ; Ф ; μApp

➢ Dans le cas des déchets liquides ou pâteux :


o La viscosité apparente (μApp) est le facteur essentiel pour le dimensionnement
des équipements de manutention (pompe) et/ou de pulvérisation (par exemple
au niveau d’un injecteur).
2. Propriétés des déchets

2.2 Propriétés thermochimiques : ΔH de la réaction


➢ Traitement thermique des déchets : Transformation thermochimique, soit de
décomposition thermique (pyrolyse), soit de transformation réactionnelle
(combustion, gazéification, ...).
➢ Ces transformations sont associées à une variation de l’enthalpie standard du
système (ΔHo), déterminée à partir de la différence entre les enthalpies standard de
formation des produits de la réaction et celles des réactifs :

ΔHo > 0 → Transformation endothermique


ΔHo < 0 → Transformation exothermique

L’enthalpie standard de transformation d’un corps simple correspond à l’état


standard de référence d’un élément est nulle.
2. Propriétés des déchets
2.2 Propriétés thermochimiques : ΔH de la réaction
À titre d’exemple, on donne quelques valeurs des de différents composés, à 298 K.

Avec
2. Propriétés des déchets

2.2 Propriétés thermochimiques : Pouvoir calorifique


Pouvoir calorifique : Quantité d’énergie produite par la combustion complète d’une
masse de déchet donné (kJ/kg) = enthalpie de la réaction par unité de masse du déchet

➢ La combustion dégagent de l'eau sous forme de vapeur. Cette vapeur d'eau


contient une grande quantité d'énergie. Ce paramètre est donc pris en compte de
manière spécifique pour l'évaluation du P.C, ainsi, on définit : le PCI et le PCS

➢ Le pouvoir calorifique inférieur (PCI) : Quantité de chaleur dégagée par la


combustion complète d'une unité de déchet, la vapeur d'eau étant supposée non
condensée et la chaleur non récupérée.

➢ Le pouvoir calorifique supérieur (PCS) : Quantité d'énergie dégagée par la


combustion complète d'une unité de déchet, la vapeur d'eau étant supposée
condensée et la chaleur récupérée.
2. Propriétés des déchets

2.2 Propriétés thermochimiques : Pouvoir calorifique

La différence entre le PCI et le PCS est la chaleur latente de vaporisation de l’eau


(Lv ~ 2 250 kJ·kg-1 ; f(T,P)).

PCS = PCI + Lv
Exemple de PCI :

Déchets caoutchoutiques : 21-39 MJ/kg


Déchets carton : 15-17 MJ/kg
Déchets plastiques : 10-45 MJ/kg
2. Propriétés des déchets

2.3 Modifications des caractéristiques par prétraitement


L’état physique des déchets et leurs caractéristiques thermochimiques
effectives peuvent être modifiés ou adaptés par des opérations de
préparation préalable du déchet selon sa forme initiale, par :

➢ Criblage / Séparation
➢ Déchiquetage / Broyage
➢ Homogénéisation / Mélange
➢ Déshydratation mécanique / thermique
➢ Mise en forme, Pelletisation
2. Propriétés des déchets
2.3 Modifications des caractéristiques par prétraitement
2.3.1. Criblage / séparation :
Ce type d’opération vise à séparer, avant traitement thermique, une fraction du
déchet brut, soit parce qu’elle est indésirable vis-à-vis du procédé utilisé, soit parce
que que l’on cherche, par ce tri préalable, une valorisation matière séparée de ce
constituant.
2. Propriétés des déchets

2.3 Modifications des caractéristiques par prétraitement

2.3.2. Déchiquetage / broyage :


Les opérations préalables de déchiquetage/broyage visent à l’adaptation
granulométrique des déchets aux procédés mis en œuvre.
2. Propriétés des déchets

2.3 Modifications des caractéristiques par prétraitement


2.3.3. Homogénéisation / mélange

Les opérations d’homogénéisation visent à conférer aux produits des propriétés


physiques moyennes, dans le but de minimiser les fluctuations de composition.
2. Propriétés des déchets
2.3 Modifications des caractéristiques par prétraitement
2.3.4. Déshydratation
Les opérations de déshydratation visent à l’élimination d’une fraction de l’eau
contenue dans le déchet brut afin, soit d’en réduire le volume, soit d’y restreindre les
processus de fermentation en stockage, soit encore d’en augmenter le pouvoir
calorifique en vue de son traitement thermique.
2. Propriétés des déchets

2.3 Modifications des caractéristiques par prétraitement


2.3.5. Mise en forme, pelletisation

Des opérations de mise en forme préalable du déchet ou du mélange de déchets,


sous forme de granulés calibrés séchés, sont pour la fourniture de combustibles
dérivés, ou pour l’adaptation d’un déchet à une technologie de traitement donnée.
3. Combustibilité des déchets

➢ Si on chauffe un déchet solide :

o L’eau incluse est tout d’abord vaporisée à 100°C : phase de séchage ;

o Les matières volatiles constitutives se dégage dès 200 - 300 °C sous forme
gazeuse : hydrocarbures gazeux ;

o Si l’atmosphère de traitement est oxydante ( riche en O2) les matières


volatiles s’enflamment spontanément → Plus la teneur en matières volatiles
d’un déchet est élevée, plus l’inflammation de la matière est rapide.

➢ Le délai d’inflammation ti d’un déchet, initialement à la température T0, peut


être évalué en estimant le temps mis par la surface A de ce déchet pour atteindre
une température critique d’ignition Tig (point d’auto-inflammation) quand il est
exposée à une densité de flux thermique 0 imposé.
3. Combustibilité des déchets

➢ Dans le cas de produits humides, cette phase de combustion est précédée par
l’évaporation de l’eau incluse, retardant ainsi l’inflammation du composé d’un
délai tig calculable par :

o ρ, Cp , λ respectivement la masse volumique du déchet, sa chaleur


spécifique, sa conductivité thermique.
o 0/A étant la densité de flux thermique incident par unité de surface du
matériau,
o α le coefficient moyen d’absorption radiatif du matériau.
4. Processus d’oxydation des déchets

➢ La destruction thermique d’un déchet peut être obtenue par des réactions
d’oxydation entre la matière (gazeuse, liquide ou solide) du déchet et un agent
oxydant

➢ Si les réactions d’oxydation ont lieu dans un thermophore gazeux ou l’agent


oxydant étant l’air, l’oxygène ou des oxydes métalliques solides, à P atm →
c’est-à-dire l’eau formée étant vaporisée → on parle alors de Combustion ou
Incinération

➢ Si les réactions d’oxydation ont lieu dans un thermophore liquide, sous


pression, l’agent oxydant étant de l’oxygène ou de l’air → on parle d’Oxydation
en Voie Humide
4. Processus d’oxydation des déchets
Chaque type de déchet est caractérisé par son analyse élémentaire, donnant son taux
de carbone fixe, de matières volatiles (hydrocarbures gazeux), d’humidité, d’inertes
et donc son pouvoir calorifique (kJ/kg).
4.1 Processus de combustion à l’air (incinération)
Si on chauffe un déchet, l’eau incluse est tout d’abord vaporisée à 100°C puis, les
matières volatiles « distillent » dès 200-300°C, en phase gaz.

Si l’atmosphère de traitement est oxydante c’est-à-dire, riche en oxygène,


✓ Les matières volatiles gazeuses s’enflamment, après un délai désigné par délai
d’inflammation.
✓ La chaleur produite par la combustion rapide, du mélange air – gaz volatils
permet de démarrer un processus de combustion à partir de la surface du
carbone fixe résiduel (carbone restant après décomposition).

On a alors affaire à un processus d’oxydation hétérogène de type :


4. Processus d’oxydation des déchets

4.1 Processus de combustion à l’air (incinération)

➢ les réactions de combustion sont multiples et variées :

C + O2 → CO2 -394 kJ/mol


C + ½ O2 → CO -111 kJ/mol
CO + ½ O2 → CO2 -283 kJ/mol
H2 + ½ O2 → H2Ovap -242 kJ/mol
S + O2 → SO2 -297 kJ/mol
4. Processus d’oxydation des déchets

4.1 Processus de combustion à l’air (incinération)

➢ Les réactions de combustion nécessitent, pour être complètes, un excès d’air par
rapport à la demande stœchiométrique en O2

➢ Les produits de combustion gazeux (fumées) ou solides (mâchefers, cendres)


sont incombustibles si les réactions d’oxydation ont été complètes

➢ En sortie d'incinérateur, on obtient alors des résidus ultimes, les mâchefers, qui
représentent en moyenne 25% de la masse de déchets entrante.
4. Processus d’oxydation des déchets
4.1 Processus de combustion à l’air (incinération)
La combustion à l’air d’un déchet est, en général, organisée dans deux enceintes
thermiques successives :

1. Une chambre primaire de combustion, assimilable à un réacteur mélangé

2. Une chambre secondaire, assimilable à un réacteur piston, destinée à la post-


combustion
4. Processus d’oxydation des déchets
4.1 Processus de combustion à l’air (incinération)
Plusieurs technologies sont actuellement disponibles en ce qui concerne les procédés
d’incinération des déchets solides : les fours à grilles, les fours tournants…

Caractéristiques

• Capacité de traitement : 5 à 40 t / heure


(voire plus)
• Température : 1100°C
• Temps de séjour : 45 mn à 1h
• Préchauffage de l’air primaire améliore de
rendement de combustion
• Pour déchets à PCI élevé, refroidissement
des grilles par circulation interne d’eau
• Procédé bien adapté à la co-incinération

Four à grilles
4. Processus d’oxydation des déchets

4.1 Processus de combustion à l’air (incinération)


Caractéristiques
Capacité de traitement : 2 à 10 t/ heure
Temps de séjour : 45 mn à 1h30

Le four tournant
4. Processus d’oxydation des déchets
4.1 Processus de combustion à l’air (incinération)
a- Volume spécifique effectif d’air V’A
➢ Pour un déchet de composition donnée, le volume spécifique effectif V’A d’air
mis en jeu par kg de déchet, en vue de sa combustion complète, est :

Avec :
VA : volume d’air nécessaire à la combustion complète du déchet (Nm3/kg)
→ Demande spécifique en air (quantité d’air nécessaire à la combustion)
e : excès / défaut d’air (%) et λA : facteur d’air (λA > 0)

➢ La demande spécifique en air VA peut être estimée à partir de la composition


massique élémentaire de la fraction combustible du déchet : C, H, O, S (%) par :
4. Processus d’oxydation des déchets

4.1 Processus de combustion à l’air (incinération)


b- Volume spécifique de fumées V’FH
➢ Le volume spécifique de fumées généré par unité de masse du déchet, de
composition donnée (C, H, O, N, ), est donné par :

avec :
VFH : volume spécifique de fumées humides :
VF : volume spécifique de fumées sèches :
VH2O : le volume d’eau = 0,112 H + 0,0124 E (Nm3/kg)

➢ Les produits gazeux de combustion sont alors CO2, H2O, N2,SO2


➢ Les volumes de fumées générés en incinération ~ 5000 et 7000 Nm3/t en fonction
de la nature du déchet, de l’excès d’air employé, et du type de foyer utilisé
4. Processus d’oxydation des déchets

4.1 Processus de combustion à l’air (incinération)


c- Débit de fumées humides Q′VFH

➢ Le débit de fumées humides avec excès d’air est :


V’FH : Volume spécifique de fumées
B : Débit massique de déchet incinéré (kg/h)
4. Processus d’oxydation des déchets

4.1 Processus de combustion à l’air (incinération)


d- La température atteinte par les fumées TF
La température atteinte par les fumées TF est estimée en effectuant un bilan
énergétique au niveau du foyer de combustion :

Avec :
air : débit d’enthalpie entrant dans le foyer par préchauffage de l’air de combustion
déchet : débit d’enthalpie entrant dans le foyer, par préchauffage du déchet
B.PCI : puissance calorifique libérée par la combustion du déchet
récepteur : puissance récupérée par un récepteur (Ex: chaudière de récupération)
fumées : puissance calorifique des fumées de combustion, tel que :
4. Processus d’oxydation des déchets

4.1 Processus de combustion à l’air (incinération)


d- La température atteinte par les fumées TF
Estimation avec hypothèses simplificatrices: (air/déchet non chauffés, pas de récup)

Et
4. Processus d’oxydation des déchets
Exercice :
On souhaite implanter une unité d’incinération d’OM permettant le traitement de
82 000 t/an. l'usine fonctionnera 24h/24 pour 358 j/an.
La caractérisation physico-chimique du déchet montre qu’il est humide à 60 %,
présente un PCI moyen de 2000 kcal/kg et est essentiellement constituées de
carbone (57 m.%), d'oxygène (38 m.%) et d'hydrogène (5 m.%). On négligera les
teneurs en autres éléments, notamment en soufre et azote
Procéder au dimensionnement de cette unité par la détermination :
1- Des volumes d’air nécessaires pour un facteur d’air λA= 1,2
2- Des volumes de fumées mis en jeux (sèches et humides)
3- Le débit des fumées humides
4- La vitesse de sortie de fumée sachant que le diamètre de cheminée est de 1,3 m
5- Donner la puissance thermique attendue en kW
4. Processus d’oxydation des déchets
4.2 Processus d’oxycombustion
Un procédé d'oxycombustion est une combustion où l'on utilise directement du
dioxygène (O2) comme comburant plutôt que simplement de l'air. En excluant
l'azote de la combustion, la température de flamme augmente significativement
et on limite la quantité de fumée générée, ainsi que la production de NOx.

Avantages :
➢ Pour des déchets à fort PC (fioul, bois…), les T° de flamme en oxycombustion
peuvent être très élevées (~ 1400 - 1800 °C) permettant la fusion des fractions
minérales du déchet et leur vitrification

➢ Pour des déchets à faible PC (trop humides), l’oxycombustion permet


d’atteindre les températures de flammes assez élevées (~ 800°C), autorisant leur
combustion complète
Inconvénients :
→ Unité de séparation d'air (O2 / N2)
→ Equipements (four, chaudière, conduits, ….) spécifiques
4. Processus d’oxydation des déchets
4.3 Processus d’oxydation haute température par Torche Plasma

La torche à plasma ou le procédé de vitrification est un moyen de traitement


thermique de déchets. Elle permettrait d'atteindre de très hautes températures
(> 3000 °C) par alimentation électrique.

→ Destruction rapide de la fraction organique puis fusion et vitrification


de la fraction minérale (stabilisation)

➢ L’utilisation de plasma est adaptée au traitement de déchets à faibles pouvoirs


calorifiques et/ou à teneurs en fraction minérale élevées
4. Processus d’oxydation des déchets

4.4 Processus d’OVH (oxydation en voie humide) ; OHT (Oxydation


hydrothermale

➢ Oxydation de la fraction organique sans élimination d’eau

➢ OVH : chauffage à température moyenne (150 à 600°C) de l’effluent (phase L)


pressurisée (15 à 300 bars) en présence d’un gaz oxydant (air, oxygène, ….)
 Transformation par oxydation des composés organiques en : rejet gazeux +
liquide organique biodégradable + solide essentiellement minéral

➢ Le degré d’oxydation de la fraction organique dépend du couple T/P, du taux


d’agent oxydant et du temps de séjour ( tS ) au sein du réacteur.
4. Processus d’oxydation des déchets

4.5 Processus de pyrolyse des déchets

Pyrolyse / Thermolyse:

La pyrolyse (ou thermolyse) est une dissociation thermique de la matière


organique et de la matière minérale, en l’absence d’oxygène (moins de
2 %), sous l’action de la chaleur (400 à 800 oC). Il s’agit donc d’un
traitement thermique sans combustion et endothermique. Selon les
conditions de la réaction (température, pression partielle en oxygène,
pression totale), la fraction organique se décompose en gaz, huiles et
résidus solides carbonés.
4. Processus d’oxydation des déchets

4.6 Processus de pyrolyse des déchets


a- Dégradation thermique du déchet :

➢ La dégradation thermique d’un déchet traduit sa perte de masse au cours du temps


du fait du départ des gaz de pyrolyse. Elle est décrite par :

ρ : masse volumique du déchet


ρc : masse volumique finale du résidu solide carboné
k : constante cinétique de la réaction → k = A exp (– Ea / RT ) (Relation d’Arrhénius)

Ea : l’énergie d’activation de la réaction


A : le facteur de fréquence
R : constante des gaz parfaits
4. Processus d’oxydation des déchets

4.6 Processus de pyrolyse des déchets


b- Schéma réactionnel de la pyrolyse d’un déchet :
➢ Schéma réactionnel est le suivant :

➢ Le déchet se décompose en trois éléments principaux :


→ Résidu carboné (coke) renfermant les matières minérales initiales
→ Gaz condensables contenant des dérivés aqueux et des hydrocarbures lourds
→ Gaz incondensables : CO, CO2 , C2H6 , CH4 …
4. Processus d’oxydation des déchets

4.6 Processus de pyrolyse des déchets


c- Produits et conditions réactionnelles :

➢ Produits du pyrolyse : Mélange de gaz légers incondensables, d’hydrocarbures


lourds et de coke (carbone fixe) + d’inertes résiduels

➢ La proportion relative de chaque produit dépend des conditions de traitement (T°


et cinétique)
➢ Chauffage lent et/ou à basse température : Pyrolyse lente à basse T° ( tS : ~
10mn ; Vitesse de chauffe faible ; T° basse : ~ 350 - 400°C) → production de
coke est favorisée

➢ Chauffe rapide et/ou à haute température : Pyrolyse rapide à haute T° (tS : ~


10 s ; Vitesse de chauffe rapide ; T° haute : ~ 500 - 900°C) → production de gaz
est favorisée
4. Processus d’oxydation des déchets

4.6 Processus de pyrolyse des déchets


d- Exemple de pyrolyse de 1t de bois :

e- Exemple de pyrolyse de pneu usagés et broyés :

• Fraction métallique : 15 %
• Solide carboné : 28-33 % (avec 15 % de cendres et 3 à 5 % de soufre)
• Huile : 33-47 % (composés aromatiques, hydrocarbures lourds)
• Gaz combustibles : 9-25 % (H2, hydrocarbures légers, etc…)
4. Processus d’oxydation des déchets

4.8 Processus de gazéification des déchets

➢ Si on chauffe un déchet dans un atmosphère de traitement en défaut d’air et


enrichie en vapeur d’eau et/ou dioxyde de carbone (agents réactionnels), les
matières volatiles émises ne subiront pas de processus de combustion

→ le carbone fixe se mettra à réagir avec la vapeur d’eau et le CO2 à des


températures de ~ 850-900 °C, dans des réactions de transformation
thermochimiques, dites de gazéification de type :

C + H2O  CO + H2 Réaction de vapo-gazéification


C + CO2  2CO Réaction de Boudouard
C + 2H2  CH4 Réaction de formation du méthane
4. Processus d’oxydation des déchets

4.8 Processus de gazéification des déchets


C + H2O  CO + H2 (1) réaction de vapo-gazéification
C + CO2  2CO (2) réaction de Boudouard
C + 2H2  CH4 (3) réaction de formation du méthane

3
3

1
1
2
2

➢ (1) et (2) sont favorisées à haute T° (850-900°C) et basse P (~ 1 bar)


➢ (3) est favorisée à « basse » T° (> 400°C) et haute P (10-70 bars)
4. Processus d’oxydation des déchets

4.8 Processus de gazéification des déchets

➢ Si on veut obtenir un gaz à pouvoir calorifique élevé (riche en hydrocarbures :


CH4) → P élevée et à une T° relativement faible
➢ Si on s’intéresse à l’obtention d’un gaz riche en H2 (valorisation énergétique)
→ basse P et à T° élevée
5. Produits de la transformation : résidus solides, effluents
/produits gazeux

5.1 Combustion
a – Défaut de combustion : Imbrulés solide & gazeux

1- Apparition d’imbrûlés carbonés dans les résidus solides de combustion :


défauts de mélange et/ou d’aération de la charge avec l’air comburant
→ La teneur en carbone fixe des mâchefers doit rester < 2 %. Sinon :
augmenter le temps de séjour de la charge solide dans le four et/ou
d’améliorer l’aération

2- Présence d’imbrûlés gazeux (CO ou de suies) dans les fumées : défaut


d’aération de la charge et une limitation de la cinétique de réoxydation du CO et C
en phase gazeuse

→ Emploi d’un air secondaire et/ou d’une chambre secondaire de post-


combustion des fumées
5. Produits de la transformation : résidus solides, effluents
/produits gazeux

5.1 Combustion
b – Les polluants gazeux toxiques

➢ Emis lors de la combustion à moyenne ou haute température des déchets.


Ils sont nombreux : HCl, HF, SOX , NOx, métaux lourds gazeux, dioxines,
furanes, COV (composés organiques volatils)

➢ HCl : ~ 1 000 à 2 000 mg/Nm3 avant traitement

→ Présence de chlore dans les déchets sous forme de composés


organochlorés (pesticide, insecticide, solvants …) : 3 % des déchets industriels
→ Décomposition de NaCl contenu dans les papiers, cartons et déchets
végétaux
→ Décomposition du PVC (bouteilles, films) : 59 % en masse de chlore
5. Produits de la transformation : résidus solides, effluents
/produits gazeux
5.1 Combustion
b – Les polluants gazeux toxiques : SOX ~ 500 mg/Nm3
HF ~ 3 et 25 mg/Nm3
NOX ~ 200 à 2 000 mg/Nm3
➢ SO2 et SO3 proviennent de la teneur en soufre des déchets à traiter, soit sous
forme organique soit sous forme de sulfate :
➢ Déchets à forte teneur en soufre : pneus, plâtre, huiles, etc…

➢ HF : action des gaz acides sur les fluorures présents


→ Fluor et les fluorures sont présents dans les déchets de type aluminium, tissus
synthétiques, résidus de pesticides, etc …
➢ NO, NO2 , N2O... proviennent de l’Oxydation de N2 de l’air
→ NO est le composé majoritaire
→ NO2 : réoxydation du NO au cours de sa phase de dilution dans l’air
5. Produits de la transformation : résidus solides, effluents
/produits gazeux
5.1 Combustion
b – Les polluants gazeux toxiques

➢ Métaux lourds : As (Arsenic), Cd (Cadmium), Ni, Pb, … ~ 1 et 100 mg/Nm3

→ Présence dans les déchets et volatilisés à haute température

➢ Composés organiques volatils (COV)


→ Diverses molécules organiques qui n’auraient pas été totalement décomposées
au cours de la combustion : hydrocarbures, solvants chlorés, amines, cétones...
5. Produits de la transformation : résidus solides, effluents
/produits gazeux
5.1 Combustion
b – Les polluants gazeux toxiques
➢ Les dioxines et furanes : Ensemble de composés organiques polycycliques
halogénés gazeux, de la famille des hydrocarbures aromatiques polycycliques
(HAP), particulièrement toxiques :
→ sous forme de traces lors de la combustion des déchets
→ formation par synthèse lors du refroidissement des fumées de la chambre
de combustion (300 - 400 °C)

structure générale des dioxines Molécule de furane


5. Produits de la transformation : résidus solides, effluents
/produits gazeux
5.1 Combustion
c- Législation Marocaine – Les polluants gazeux toxiques
Bulletin officiel n° 5862 du 23 chaabane 1431 (5-8-2010)

Décret n° 2-09-631 du 23 rejeb 1431 (6 juillet 2010) fixant les valeurs limites de
dégagement, d’émission ou de rejet de polluants dans l’air émanant de sources
de pollution fixes et les modalités de leur contrôle.

Polluants inorganiques sous forme de gaz ou de vapeur

La concentration du dégagement, de l’émission ou du rejet des polluants dont la liste


est fixée au tableau n° 2 annexé au présent décret, ne doit pas dépasser :
- 1 mg/ m3 pour un débit massique supérieur ou égal à 10g/h - Substances de la classe 1
- 5 mg/ m3 pour un débit massique supérieur ou égal à 50g/h - Substances de la classe 2
- 30 mg/m3 pour un débit massique supérieur ou égal à 300g/h - Substances de la classe 3
- 500 mg/m3 pour un débit massique supérieur ou égal à 5000 g/h -Substances de la classe 4
5. Produits de la transformation : résidus solides, effluents
/produits gazeux

5.1 Combustion
c- Législation Marocaine – Les polluants gazeux toxiques
5. Produits de la transformation : résidus solides, effluents
/produits gazeux

5.1 Combustion
c- Législation Marocaine – Les polluants gazeux toxiques

Polluants organiques sous forme de gaz, de vapeur ou de particules

La concentration du dégagement, de l’émission ou du rejet de polluants dont la


liste est fixée au tableau n° 3 annexé au présent décret, ne doit pas dépasser :
- 20 mg/ m3 pour un débit massique supérieur ou égal à 0,1 kg/h - Substances
de la classe 1
- 100 mg/ m3 pour un débit massique supérieur ou égal à 2 kg/h - Substances de
la classe 2
- 150 mg/m3 pour un débit massique supérieur ou égal à 3 kg/h Substances de
la classe 3
5. Produits de la transformation : résidus solides, effluents
/produits gazeux

5.1 Combustion
c- Législation Marocaine – Les polluants gazeux toxiques

Polluants cancérigènes

Les niveaux de concentration des émissions de substances cancérigènes fixés au


tableau n° 4 annexé au présent décret, sont déterminés conformément aux
valeurs limites suivantes :
- 0,1 mg/ m3 pour un débit massique supérieur ou égal à 0,5 g/h -
Substances de la classe 1
- 1 mg/ m3 pour un débit massique supérieur ou égal à 5g/h -Substances de
la classe 2
- 5 mg/ m3 pour un débit massique supérieur ou égal à 25g/h- Substances
de la classe 3