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La phrase complexe

Qu’est-ce qu’une phrase complexe ?

La phrase complexe est constituée de plusieurs propositions qui peuvent se combiner de différentes façons.

I. Par juxtaposition
Les propositions sont séparées par un signe de ponctuation dit « faible », c’est-à-dire une virgule, un
point-virgule ou deux-points :

• Viens m’aider, j’ai besoin de toi.


• Je ne me souviens pas d’elle ; je ne pense pas l’avoir rencontrée.
• Les bateaux ne sortent pas : la mer est mauvaise.

Les phrases juxtaposées demeurent indépendantes l’une par rapport à l’autre : chacune peut constituer
une phrase simple à elle seule.

Un cas particulier de juxtaposition est l’incise : une phrase est enchâssée dans une autre, entre deux
virgules :

• Je n’ai, dit Sophie, jamais rien vu de tel.


• C’est, personne ne s’y trompera, une vaste fumisterie.

II. Par coordination


• Les propositions sont reliées par un mot de liaison, comme une conjonction de coordination ou un adverbe :
Je le sermonne et il rit !
• Il était là tout à l’heure, donc il ne doit pas être bien loin.
• Ce n’est pas difficile, pourtant il n’arrive pas à le faire.

Les phrases coordonnées demeurent indépendantes l’une par rapport à l’autre : chacune peut constituer
une phrase simple à elle seule.

III. Par subordination


Une proposition appelée « principale » est complétée par une ou plusieurs propositions dites «
subordonnées ». Ces propositions sont généralement (mais pas toujours) introduites par un mot
subordonnant qui peut être un pronom relatif, un pronom interrogatif, une conjonction de subordination ou
une locution conjonctive :

• Je cherche une tente (principale) qui soit très légère (relative).

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• Voici les livres (principale) dont je t’ai parlé (relative).
• Il espère (principale) qu’elle acceptera (conjonctive).
• Je te préviendrai (principale) dès que j’aurai terminé (conjonctive).
• J’aimerais savoir (principale) comment il va (interrogative indirecte).
• As-tu entendu (principale) sonner à la porte (interrogative directe) ?
• Le train parti (participiale), nous sommes rentrés directement chez nous (principale).

Les propositions subordonnées ne sont pas autonomes : les séparer de la proposition principale rendrait le
message incompréhensible.

Proposition principale
Une proposition principale a sous sa dépendance une ou plusieurs autres propositions qui
viennent la compléter. Ces subordonnées lui sont liées par le sens et généralement par un mot
subordonnant.

→ La proposition principale se trouve généralement avant la subordonnée :


• Je vous recontacterai (principale) dès que la décision sera prise (subordonnée).
→ Mais elle peut se placer après la subordonnée :
• Dès que la décision sera prise (subordonnée), je vous recontacterai (principale).
→ La proposition principale peut également encadrer la subordonnée :
• Je recontacterai, dès que la décision sera prise (subordonnée), tous les intéressés.
→ Une proposition principale peut être très courte :
• Viens (principale) si cela te tente (subordonnée).
→ Elle peut même être elliptique :
• Quel soulagement (principale) lorsqu’on l’a retrouvé (subordonnée) ! (= Quel soulagement
ce fut lorsqu’on l’a retrouvé)

Proposition subordonnée
Qu’est-ce qu’une proposition subordonnée ?
Une proposition subordonnée est une proposition qui dépend syntaxiquement d’une
proposition principale et qui ne pourrait former une phrase complète du point de vue grammatical
et sémantique sans cette principale.
Sa dépendance syntaxique est marquée explicitement par un mot subordonnant ou par le
mode du verbe.
La proposition subordonnée peut occuper différentes places dans la phrase selon sa nature.

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→ Elle suit généralement la principale :
• Je n’ai pas encore lu le rapport (principale) que vous m’avez transmis (subordonnée).

→ Elle peut toutefois précéder la principale, notamment lorsqu’elle a une valeur


circonstancielle :
• Au moment où j’ai aperçu la voiture (subordonnée), il était déjà trop tard (principale).

→ Elle peut être enchâssée dans la principale :


• Cette personne, que je ne nommerai pas (subordonnée), est partie sans s’excuser.
Une subordonnée peut dépendre d’une autre subordonnée dans laquelle elle est enchâssée ; la
première subordonnée joue alors le rôle de principale par rapport à la seconde :
• Je pense (principale) que tous les projets (1re subordonnée) qu’ils ont présentés (2e
subordonnée, enchâssée) sont irréalistes.
Les subordonnées sont classées selon le mot qui les introduit, selon leur fonction et selon le mode
du verbe qu’elles contiennent.

Fonctions de la proposition subordonnée


La proposition subordonnée peut occuper pratiquement toutes les fonctions d’un nom dans
la phrase :

→ Sujet :
• Qui vole un œuf vole un bœuf.
→ Attribut :
• Le plus étrange est que personne ne s’en est aperçu.
→ Apposition :
• Ils n’ont qu’une idée en tête, partir.
→ Complément d’objet direct :
• Je n’ai pas bien compris ce qu’il a dit.
→ Complément d’objet indirect :
• Ce roman a contribué à le faire connaître à l’étranger.
→ Complément circonstanciel :
• Elle a écrit cela pour qu’on réagisse.
→ Complément du nom :
• Ils ont enfin obtenu les résultats qu’ils souhaitaient.
→ Complément de l’adjectif :
• Je suis honteux d’avoir eu cette réaction.
→ Complément d’agent :
• Son film est encensé par tous ceux qui l’ont vu.

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La proposition subordonnée relative
La proposition subordonnée relative est introduite par un pronom ou un adverbe relatif.

→ Sa fonction est le plus souvent de compléter un nom ou un pronom qui est son antécédent, présent dans la
principale. Elle a alors la valeur d’un adjectif ou d’un complément du nom :
• J’apprécie les gens (antécédent) qui ont de l’humour.
• Tous les chatons (antécédent) qu’elle a eus sont tigrés.
• Les mines (antécédent) dont on extrayait la houille ont fermé.
• C’est à vous (antécédent) que je m’adresse.
• C’est la ville (antécédent) où je suis né.

→ Il est préférable de faire suivre immédiatement l’antécédent du pronom relatif pour éviter les ambiguïtés de
ce genre :
• J’ai réparé le vélo de Jean qui était cassé.
• Va chercher la valise de mamie qu’on a oubliée dans le coffre.

→ La relative peut apporter une nuance circonstancielle ; elle est alors souvent enchâssée :
• Anna, qui ne sait pas se taire, lui a fait tout de suite la remarque. (valeur causale)
• Mon chef, qui venait d’arriver, a dû repartir sur-le-champ. (valeur temporelle)
• Xavier, qui est pourtant très calme, a laissé éclater sa colère. (valeur d’opposition)
• Toute personne qui refuserait d’obtempérer sera verbalisée. (valeur conditionnelle)

→ La relative peut être elliptique :


• Il y a eu trois blessés, dont un très grave.
• La fleur que voici est endémique.
• Les enfants se sont rués, qui sur les gâteaux, qui sur les jeux.

→ Certaines relatives n’ont pas d’antécédent. Elles prennent alors la fonction qu’aurait eue leur antécédent s’il
était exprimé :
• Qui ne risque rien n’a rien. (sujet)
• Invite qui tu veux. (complément d’objet direct)
• Il écrasera quiconque s’opposera à lui. (complément d’objet direct)
• Il répète cela à qui veut l’entendre. (complément d’objet indirect)
• Déposez-moi où vous pouvez. (complément circonstanciel de lieu)
❖ Le verbe de la proposition relative peut être à n’importe quel mode :
⁻ Indicatif :
Ne prends que les fruits qui sont mûrs.
⁻ Conditionnel :
Est-ce le pull rouge que tu aurais préféré ?
⁻ Subjonctif :
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Je ne connais pas de plante qui puisse vivre sans eau.

Proposition subordonnée conjonctive


La proposition subordonnée conjonctive est introduite soit par une conjonction de
subordination (que, comme, lorsque, quand, si, quoique…), soit par une locution conjonctive (afin
que, pourvu que, pour que, quoi que…).

On distingue deux sortes de conjonctives :

→ Les conjonctives complétives, qui sont introduites uniquement par la conjonction de


subordination que, et qui sont des compléments essentiels de la phrase.
→ Les conjonctives circonstancielles, qui remplissent la fonction de complément
circonstanciel du verbe de la principale, et qui sont des compléments non essentiels de la phrase.

* La conjonction ‘‘que’’ peut remplacer presque n’importe quelle autre conjonction ou locution
conjonctive dans une proposition coordonnée, ce qui permet d’alléger la phrase :

• Si les enfants sont prêts et que (= et si) tu es d’accord, nous allons partir tout de suite.
• Quand tu auras fini ton travail et que (= et quand) tu seras disponible, je te parlerai de mon
projet.

Complétive
La plupart des complétives remplissent les fonctions de complément d’objet direct ou
indirect du verbe de la principale :
• Je crois que l’adresse est fausse. (COD du verbe croire)
• Veille à ce que toutes les portes soient bien fermées. (COI du verbe veiller)

Moins souvent, on peut trouver une complétive en fonction sujet :

• Que tu sois présent me ferait plaisir. (Sujet du verbe faire)

Certaines complétives peuvent compléter des adjectifs ou des noms :

• Je suis ravi qu’elle vienne avec nous.


• La crainte qu’il les dénonce les a fait agir.

Circonstancielle de but
Le verbe de la subordonnée est toujours au subjonctif, le but n’étant jamais un résultat certain :

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• J’ai déplacé la réunion pour que tout le monde puisse y assister.
• Approche que je te voie mieux.
• De crainte qu’on ne les entendît, ils se réfugièrent au fond du jardin.

Circonstancielle de cause
Le verbe de la subordonnée est toujours à l’indicatif :

• Je ne l’achèterai pas parce que c’est trop cher.


• Puisque tu y tiens, je chanterai aussi.
• Du fait qu’il a pris un crédit, il a de grosses mensualités à rembourser.
• Comme ils ont été bien sages, ils ont eu droit à une glace.

Circonstancielle de comparaison
Le verbe de la subordonnée est le plus souvent à l’indicatif :

• Tout ne s’est pas déroulé aussi bien que nous l’avions prévu.
• C’est plus délicat qu’on ne le croit.

On peut toutefois trouver le conditionnel :

• Elle s’est comportée comme l’aurait fait une enfant gâtée.

* Une subordonnée comparative est souvent elliptique :

• Elle court plus vite que son frère. (sous-entendu : que son frère ne court)

Circonstancielle de concession
Le verbe de la subordonnée est au subjonctif :

• Quoi qu’il en dise, la conjoncture n’est pas bonne.


• Quelle que soit l’option retenue, il faudra en accepter les conséquences.
• Si ingrat que soit ce travail, je l’apprécie.
• Nous irons marcher, qu’il pleuve ou qu’il grêle.

Cependant, derrière les locutions alors même que, quand et quand bien même, il se met au
conditionnel :

• Quand (bien même) tu t’y opposerais, j’accepterais son offre.

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Circonstancielle de conséquence
Le verbe de la subordonnée est à l’indicatif, au subjonctif ou au conditionnel :

• Ce paysage est si beau que nous ne nous en lassons pas.


• Il est trop tard pour que nous fassions machine arrière.
• Ils ont résilié l’abonnement sans que je le sache.
• Nous avons déjà tellement de soucis que nous préférerions régler cette affaire à l’amiable.

Circonstancielle de condition
Le verbe de la subordonnée est à l’indicatif ou au subjonctif :

• Si tu veux, on fait la grasse matinée.


• Si nous avions eu plus de temps, le projet aurait été plus abouti.
• Pourvu qu’on me permette d’agir à ma guise, je finirai à temps.

Circonstancielle d’opposition
• Le verbe de la subordonnée est au subjonctif ou à l’indicatif :
• J’accepte, bien que rien ne m’y contraigne.
• Je ne vais pas jeter le yaourt alors qu’il est encore bon !

Circonstancielle de temps
Lorsque l’action de la principale et l’action de la subordonnée sont simultanées, le verbe de la
subordonnée se met à l’indicatif :

• Préviens-moi dès qu’il arrivera.


• Pendant que je lui parlais, il continuait de jouer.
• À mesure que le temps passe, les perspectives de reprise s’éloignent.

Lorsque l’action de la principale se passe après celle de la subordonnée, le verbe de la


subordonnée se met également à l’indicatif :

• Après qu’il a reçu la nouvelle, il a vendu tous ses biens.


• Nous en reparlerons quand tu seras calmé.
• Depuis qu’il est arrivé, tout a changé.
• Une fois que tu auras compris, ce sera facile.

Lorsque l’action de la principale se passe avant celle de la subordonnée, le verbe de la


subordonnée se met au subjonctif :

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• Arrêtons le processus avant qu’il ne soit trop tard.
• Je vais jardiner en attendant que vous arriviez.
• Il va me harceler jusqu’à ce que je lui dise oui.

* La règle veut que ‘‘après que’’ soit suivi de l’indicatif, comme toutes les autres conjonctions et
locutions conjonctives indiquant la postériorité de l’action de la principale par rapport à l’action de
la subordonnée :

• Après qu’il est parti, j’ai pu commencer à travailler.

Cependant, l’emploi du subjonctif, par analogie avec la construction ‘‘avant que’’, est de loin le
plus courant dans l’usage. Bien que toujours critiqué par les puristes, il est de mieux en mieux
accepté :

• Après qu’il soit parti, j’ai pu commencer à travailler.sition subordonnée interrogative

Proposition subordonnée interrogative


La subordonnée complétive interrogative permet d’interroger indirectement.

Elle remplit la fonction de complément d’objet direct du verbe de la principale et est


introduite par un mot interrogatif (adjectif, pronom, adverbe interrogatif) :

• Dis-moi si je me trompe.
• Sais-tu comment il va ?
• Je ne sais pas quelle mouche l’a piqué.
• Nous ignorons qui a fait ça.

Proposition subordonnée infinitive


La subordonnée infinitive est une proposition subordonnée dont le verbe à l’infinitif a
son sujet propre, différent de celui du verbe de la principale. Elle n’est reliée à la principale
par aucun mot subordonnant. Sa fonction est essentiellement celle de complément d’objet
direct du verbe principal.

➢ La subordonnée infinitive se trouve :


→ Après des verbes de perception ou de sensation : sentir, voir, apercevoir, entendre,
regarder, etc.
• J’ai senti l’animal me frôler.
• As-tu entendu le réveil sonner ?
→ Après les semi-auxiliaires faire, laisser :
• Faites rissoler les oignons dans la poêle.
• Ne laisse pas le chien aboyer.

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➢ Le sujet de la subordonnée infinitive peut être inversé :
• On entendit crier les mouettes.
• J’ai vu s’élever la montgolfière.
➢ Lorsque le sujet est un pronom personnel, il se place entre le sujet principal et le
verbe principal :
• Elle les a vus s’enfuir.
• Je ne l’entends plus se plaindre.
➢ Le sujet de la subordonnée infinitive peut être omis :
• Il entendait carillonner dans le lointain. (sous-entendu : les cloches)

* Attention à ne pas confondre un infinitif complément d’objet direct avec un infinitif dans
une subordonnée infinitive :

• Je pense gagner. (un seul sujet : je → gagner est le COD du verbe penser)
• Je les écoutais se disputer. (deux sujets : je, sujet du verbe principal écoutais, et les,
complément d’objet direct de écoutais et sujet de l’infinitif se disputer → se disputer
est une proposition infinitive)

Proposition subordonnée participiale


Une proposition subordonnée participiale a un verbe au participe présent ou au participe
passé avec un sujet propre, distinct du verbe de la principale. Le participe peut être à une
forme simple ou composée. La subordonnée n’est introduite par aucun mot subordonnant
mais est séparée de la principale par une virgule.

➢ La proposition subordonnée participiale remplit une fonction de complément


circonstanciel :
→ de temps :
• Les années passant, les blessures se sont refermées.
→ de cause :
• Le vent s’étant intensifié, le bateau a pris de la vitesse.
→ de condition :
• Alain exclu de la réunion, le calme devrait revenir.
→ de concession :
• La croissance revenue, ils ne trouvaient toujours pas de travail.

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Attention à ne pas confondre le participe qui a un sujet propre et qui est le noyau d’une
proposition participiale, avec le participe qui n’a pas de sujet propre et qui a la valeur d’un
adjectif épithète. La présence d’une virgule permet généralement de faire la distinction :

• La décision prise, tous se sont félicités. (proposition participiale)


• La décision prise a contenté tout le monde. (participe épithète)

Lorsque le sujet du participe n’est pas exprimé, il doit obligatoirement être le même que
celui de la proposition principale :

• *Restant à votre disposition, veuillez agréer mes salutations distinguées. (formulation


incorrecte)
• Restant à votre disposition, je vous prie d’agréer mes salutations distinguées.
(formulation correcte)

Proposition incise
Une proposition incise est une proposition principale ou indépendante, généralement
courte, qui est insérée dans le corps d’une phrase ou rejetée à la fin d’une phrase. Elle sert
soit à rapporter les paroles de quelqu’un, soit à faire une sorte de parenthèse dans l’énoncé
principal :

• « Adieu », dit-il en s’éloignant.


• C’était, j’en suis absolument certain, le 5 mai 1998.

Lorsque l’incise indique qu’on rapporte les paroles de quelqu’un, elle précise souvent la
manière dont ces paroles sont prononcées. Le sujet est pratiquement toujours placé après le
verbe :

• « Je ne vous laisserai pas faire ! » rugit-elle en tapant du poing sur la table.


• « Qui en veut ? » lança-t-il à la cantonade.

L’usage de la ponctuation et des guillemets est assez strict dans les phrases contenant des
incises.

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