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Il n'est pas étrange que toutes nos actions ne prennent en fin de compte leur sens ultime que

confrontées à l’énigme de notre naissance , produit fortuit de la rencontre entre deux êtres , moment
fondateur qui ne trouve jamais sa justification impropre à satisfaire ce désir infini de reconnaissance qui
s' origine dans l'indétermination d’une vie cherchant désespérément à s'affranchir de la contingence et
ne trouvant son salut dans le langage que parce qu’elle croit y trouver non pas le moyen de lever son
mystère mais plus modestement la possibilité de lui donner une forme un sens une direction , "j'écris
donc je vis" telle pourrait être la formule de celui qui écrit à mort parcequ'il ne supporte pas de vivre
et donne une trajectoire à sa propre déchéance à défaut de ne pouvoir y échapper, pour se faire
pardonner sa coupable insolvabilité ou son insolvable culpabilité dont il ne peut se débarrasser , pour
alléger le poids de sa dette infinie, de son irresponsable cécité ,de son incrédulité ou son
incompréhension devant son impuissance à être ni plus ni moins que ce qu'il est .La rédemption par la
compassion du lecteur ,telle semble être le fil conducteur de l'écriture houellebecquienne. On peut être
effectivement curieux de savoir ce que recherchent réellement ses personnages en perdition, est-ce le
même salut que celui que recherche l' auteur qui fait reposer sur leurs épaules imaginaires le poids
symbolique de ses propres fautes inexprimables et inavouables et leur fait traverser ce purgatoire
qu'est la vie mais pour les mener où ? En enfer ou au paradis ?