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Insuffisance de la dénomination « banques participatives » : en dépit de son caractère neutre et de l’intérêt

que présente l’expression « banques participatives », elle pèche par son insuffisance et son manque de
précision. En vérité, elle ne reflète pas avec fidélité la nature et la réalité des activités des banques islamiques ou
dites participatives. Ces dernières mettent en avant les valeurs de participation et le principe de partage des
pertes et de profits qui fondent l’esprit de la finance islamique. Or, en pratique, et dans la plupart de ces
établissements, l’activité de financement est structurée principalement à partir de la technique du contrat de
vente, Mourabah et Ijara en particulier. Ces opérations de crédit sont plutôt des opérations de dette contrairement
aux opérations participatives comme les contrats de Moucharaka et Moudaraba et qui ne représentent, en réalité,
qu’une partie modeste de l’ensemble des activités des banques participatives.

Historique, évolution, et perspective : quelle que soit la dénomination ou la terminologie utilisée, la finance
islamique, apparue au début des années 70, a pris ces dernières années beaucoup d’ampleur en peu de temps.
Elle continue d’afficher une croissance forte et suscite l’intérêt de plusieurs pays au-delà des terres de l’Islam.

Le Maroc est considéré parmi les derniers pays islamiques à autoriser l’activité de la finance islamique sur son
territoire. En effet, après plusieurs années d’attente due notamment à des réticences techniques, institutionnelles
voire « politiques », le Royaume vient de se doter officiellement d’un cadre légal et juridique permettant
d’encadrer l’activité de la banque islamique dans le pays. Ce cadre est le résultat d’une longue évolution qui a
commencé en 1985 avec la manifestation des groupes internationaux de leur intérêt pour le marché bancaire
marocain. Leurs demandes d’établissement, soumises à l’autorité de régulation, Bank Al-Maghrib (banque
centrale marocaine), sont restées sans suite.

En 1993, la banque marocaine Wafa Bank avait aussi présenté sa demande à Bank Al-Maghrib pour l’ouverture
des fenêtres islamiques. Il a fallu attendre l’année 2007 et la circulaire de Bank Al-Maghrib n° 33/G/2007 qui a
autorisé la commercialisation de trois produits dits « alternatifs » : Mourabaha, Moucharaka et Ijara.

L’expérience des produits alternatifs a montré ses limites ou plutôt son échec dès les premières années de son
lancement. Les raisons de cet échec sont diverses, on notera rapidement l’absence de véritable implication des
banques marocaines et le traitement fiscal de ces produits, ce qui n’a pas facilité leur intégration et leur
compétitivité par rapport aux autres produits bancaires classiques.

La nouvelle loi bancaire et les banques participatives : dans le cadre de sa législation récente visant à
moderniser le système bancaire et financier marocain et après les réformes de 1993 et de 2006, la loi bancaire a
été une nouvelle fois modifiée. La nouveauté apportée par la loi n° 103-12 relative aux établissements de crédit et
organismes assimilés concerne la création en droit bancaire marocain du statut de « banques participatives ». On
constate ainsi, et contrairement à la première expérience des produits alternatifs, que le choix s’est porté cette
fois-ci sur la voie législative en consacrant le titre III de la nouvelle loi bancaire aux banques participatives. Ce
titre est divisé en trois chapitres qui comportent les dispositions relatives à la banque participative dans les
articles 54 à 70.

La nouvelle loi bancaire publiée au Bulletin Officiel le 5 mars 2015 (version française) dote le Maroc d’un cadre
juridique nécessaire à la mise en place des banques participatives. Elle prévoit à la fois des dispositions relatives
à l’aspect institutionnel de ces banqueset des dispositions relatives à l’aspect opérationnel et traitant plus
particulièrement des activités des banques participatives.

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