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Comment le capital social peut être une solution à la

« tragédie des biens communs »


(D’après SES, Magnard 2012)

I) Typologie des biens


Consommation rivale Consommation non-rivale
Biens privés : Biens artificiellement rares (ou biens de
club) :
Excluables

Biens communs (ressources Biens collectifs :


communes) :
Non-
excluables

D’après P. Krugman et R. Wells, Microéconomie, De Boeck Supérieur, Bruxelles, 2009.

Consommation rivale : consommation d’un bien dont l’usage est rival (davantage de consommation
de la part d’un agent économique signifie une moindre disponibilité pour les autres)
Consommation excluable : il est possible d’empêcher un agent économique de consommer ce bien.
Bien commun :

Dans quelle catégorie classeriez-vous la biodiversité ou l’environnement ?


Pour chaque catégorie, trouvez-un exemple ?
Donnez une définition de « bien commun ».
II) La tragédie des biens communs

Garrett Hardin est biologiste. Malthusien, il voit dans l’accroissement de la population un grand
danger et estime que la liberté de procréer conduira inévitablement à la ruine.
Dans « The tragedy of Commons », il montre comment l’usage collectif de terres communales
aboutit, en l’absence de régulation, à la ruine des paysans. Chaque paysan a le droit de faire pâturer
autant de vaches qu’il le souhaite sur les terres communales. Individuellement, chaque paysan a
donc intérêt à mettre le plus grand nombre d’animaux possible sur les prés. Se faisant, il contribue à
ce que peu à peu les terres soient surchargées de vaches. Ainsi, chaque animal supplémentaire fait
baisser le rendement laitier par tête, mais cette perte se fera aux dépends de l’ensemble des
paysans.
On peut bien entendu tirer deux conclusions de cette « tragédie », la première consiste à montrer
que ce scénario réfute les postulats classiques selon lesquels la somme des intérêts individuels
conduit à l’intérêt général, en l’occurrence, la somme des intérêts individuels conduit à la ruine
générale.
On peut aussi démontrer que cette tragédie illustre comment l’absence de droits de propriété sur
les biens environnementaux empêche la bonne allocation des ressources. C’est bien entendu cette
deuxième interprétation que choisissent les auteurs partisans d’une privatisation des biens
environnementaux. Pour ces derniers, le scénario de Garrett Hardin démontre que l’absence des
droits de propriété sur les biens environnementaux conduit à la ruine de l’environnement.
Lahsen Abdelmalki, Patrick Mundler, Economie de l’environnement et du développement durable,
De Boeck supérieur, Bruxelles 2010.

Que signifie « être malthusien » ?


Pourquoi l’exploitation non-régulée de biens communs débouche-t-elle sur une
surexploitation ?
Expliquez la phrase en gras. Ce constat est-il valable dans tous les cas ?
III) La tragédie des biens communs formalisée par le jeu du dilemme du
prisonnier

Le modèle de Hardin a souvent été formalisé par le jeu du dilemme du prisonnier. Supposant que,
dans un jeu, les joueurs soient des éleveurs utilisant une prairie en commun. Pour cette prairie, il
existe une limite maximale au nombre d’animaux pouvant y paitre pendant une saison, tout en
étant bien nourri à la fin de la saison. Nous appelons ce nombre L. La stratégie coopérative peut se
traduire par le pâturage d’un nombre L divisé par deux animaux pour chaque éleveur. La stratégie
[non coopérative] de défection consiste, pour chaque éleveur à faire paitre le nombre d’animaux
qu’il pense pouvoir vendre à profit (compte tenu de ses couts privés) en supposant que ce nombre
soit supérieur à L divisé par deux. Si les deux éleveurs limitent leurs animaux au nombre L divisé
par deux, ils obtiendront 10 unités de profit. Alors que s’ils optent tous deux pour la stratégie de
défection, leurs profits seront nuls. Si l’un d’eux limite son nombre d’animaux à L divisé par deux
tandis que l’autre ne respecte pas la limite, le défectionnaire obtient 11 unités alors que le
« pigeon » en obtient -1. Si tous deux choisissent indépendamment, sans la capacité à s’engager
dans un accord contraignant, chacun adoptera une stratégie dominante, qui est celle de la
défection.
Elinor Olstrom, Gouvernance des biens communs, De Boeck Supérieur, Bruxelles, coll. « Planète en
jeu », 2010

Eleveur B
Coopération Défection

Coopération
Eleveur A
Défection

Complétez la matrice précédente.


Les joueurs sont rationnels et ne communiquent pas entre eux… Quelle sera
l’issue du jeu ?
IV) Répétition du jeu et stratégie du « donnant-donnant »

La perspective est différente si le jeu se répète. De cette répétition peut émerger la coopération. La
répétition des situations permet en effet aux partenaires d’apprendre l’un sur l’autre et d’adapter
leur comportement à ce qu’ils ont pu expérimenter de celui de l’autre. Par exemple, si l’expérience
a montré à chacun que l’autre tient ses promesses, ils ont tout intérêt à se faire confiance, le jeu
peut alors entrer dans une spirale coopérative – la coopération induisant la coopération. Si, après
avoir dénoncé l’autre, l’un est victime de représailles, cela peut infléchir son attitude à la séquence
suivante. Axelrod montre que la meilleure stratégie est celle du « donnant-donnant » ; adopter a
priori un comportement coopératif ; rendre la pareille le plus vite possible ; ne pas être rancunier
(revenir une foi vengé à la coopération). Cette stratégie s’impose comme la plus rentable à long
terme, c’est-à-dire lorsque le nombre de séquence est infini, ou a minima, si les partenaires ne le
connaissent pas ; dans le cas inverse, on peut tout à fait penser que coopérer sur le dernier coup
n’est pas une bonne stratégie, puisqu’il n’y a pas de possibilité de coopération future.
Sophie Pontieux, Le capital social, La découverte, coll. « Repères », 2006.

Commentez la phrase soulignée et dîtes pourquoi, lorsque le jeu se répète, les


individus parviennent plus facilement au résultat collectivement optimal ?
Séquence vidéo « Guethenoc et Roparzh »
Contre quoi nous met en garde la série Kaamelott au regard des
comportements de Guethenoc et Roparzh.
Sur quelle hypothèse (souvent utilisée en économie) se base la théorie de jeu,
hypothèse remise en cause dans la séquence vidéo ?