Vous êtes sur la page 1sur 15

Criminologie

A- Introduction
Définir la criminologie n’est pas chose aisée car les définitions sont nombreuses, on dit qu’il y a
autant de conceptions de la criminologie que de criminologues ce qui atteste de cette diversité, dans
cette diversité on distingue des définitions large et des définitions étroites d’une part et d’autre part
des définitions ont rapport avec des caractères essentiels de la criminologie.

1- Définitions ont rapport avec l’étude du domaine de la criminologie


Dans cette optique on distingue une définition large et une définition étroite.

a- la définition large :

Recèle trois grandes orientations :

- la première orientation est celle incarnée par ENRICO FERRI, pour qui la sociologie
criminelle « qui est synonyme de criminologie est la somme de toute les sciences
criminelles et dont le droit pénal n’est rient d’autre que le chapitre juridique de cette
science »
- la seconde orientation est celle de l’école encyclopédique (l’école autrichienne) qui, en
distinguant les aspects normatifs du phénomène criminel des seuls aspects réels ou
positifs distingue le droit pénal de la criminologie qui comprend non seulement l’étiologie
criminelle mais aussi la criminalistique et les sciences pénitentiaires.
- Dans la troisième orientation l’école américaine classique appréhende la criminologie
comme la science qui étudie l’infraction en tant que phénomène criminel. A ce titre il lui
assimile un vaste domaine englobant les processus d’élaboration des lois, de l’infraction à
la loi et des réactions provoquées par l’infraction à la loi. Ainsi cette école divise la
criminologie en trois branches à savoir la sociologie du droit pénal, l’étiologie criminelle
et la pénologie.
Dans son évolution extrémiste de la conception américaine la criminologie de la réaction
sociale distingue quatre domaine de la criminologie à savoir la criminologie
organisationnelle, la criminogènes, la criminologie interactionniste et la victimologie.

b- La définition étroite :

Tout en s’accordant à admettre la distinction entre la fonction normative du droit pénal et la


fonction positive de la criminologie constitué par l’étiologie et la dynamique criminelle, il n’en
reste pas moins que contrairement aux définitions larges, les définitions étroites laisse
apparaitre des divergences entre :
- Les conceptions qui limitent la criminologie à une science pure lui assignant l’étude des
causes et des lois de la délinquance.
- Et les conceptions qui voient dans la criminologie aussi bien une science pure qu’elle
s’appelle criminologie générale et qui condense des différentes données recueilles sur les
facteurs et les mécanismes sur la délinquance et la criminologie clinique qui consiste
dans l’approche multidisciplinaire des cas individuels en vue de traitement du délinquant
et de la prévention de la récidive.

2- Définition en rapport avec les caractères de la criminologie :

Dans ce cadre tout à fait chronologique se désigne trois oppositions traditionnelles :

- La première opposition traditionnelle entre la science du délinquant dans laquelle la


criminologie se propose d’étudier non seulement le délit en lui-même en tant que
rapport juridique mais aussi le délinquant et entre la science du délit qui résume le crime
comme tout acte puni et constituant ainsi l’objet de la criminologie.
- Une seconde opposition apparait dans les années 50 entre la criminologie étiologique
n’est en évidence que les causes de la délinquance et les lois de son développement et
entre la criminologie dynamique ou criminogènes qui se concentre plutôt sur l’étude des
processus qui débouches sur la délinquance c’est la théorie du processus de passage à
l’acte.
- Depuis les années 60 apparait une opposition entre la criminologie du passage à l’acte
qui à pour but d’expliquer l’action par la menace pénale et entre la criminologie et la
réaction sociale estime que ce n’est pas la déviance qui conduit au contrôle sociale mais
c’est le contrôle social lui-même qui conduit à la déviance et que « la déviance n’est pas
une qualité de l’acte commis par une personne mais plutôt une conséquence de
l’application par les autre de normes et de sanctions à un transgression ».

3- Le phénomène criminel :

Le phénomène criminel est souvent perçut comme le synonyme de la criminalité or la


nuance voir la différence existé en effet, la criminalité regroupe deux acceptations :
- Au sens large, elle s’agit du phénomène criminel qui est un ensemble de réalités
objectives (extérieur à la personne) et subjectives (lié à la personne) a-normal (à côté du
norme) regroupant des comportements criminels et des actes infractionnels envisagés
aussi bien du côté de l’infraction que du point de vue de la victime.
- Au sens étroit, il s’agit seulement d’infraction commis dans un lieu donné à un moment
donné. Egalement, la criminalité et déviance semblent faire l’objet de confusion.
Pourtant le crime est réservé à l’infraction c'est-à-dire un gréf de nature pénale. En
revanche selon Jean PINATEL « la déviance est considérée comme étant un
comportement problématique, comme posant aux groupes son problème ou un conflit
à résoudre non prohibé légalement pour eux même ». la sociologie intègre dans la
déviance le crime parce que ce dernier est également considéré comme un
comportement problématique. On peut admettre que les concepts de criminalité, de
déviance, d’inadaptabilité et d’exclusion recouvre des réalités sociales très proches mais
au conteur finalement flou. Seule l’accession au rang d’infraction détermine la frontière
tangible entre ses diverses situations qui posent problèmes aux groupes sociales.

B- La philosophie pénale

La philosophie pénale est largement encadrée par la philosophie générale.


Pour mieux cerner la solution répressive du problème criminel, il est nécessaire tout d’abord
d’avoir recourir à l’histoire des idées qui permettra de dégager les aspects philosophiques du
droit.
La philosophie s’est intéressée à travers l’usage à la signification et à la finalité du droit.

a- Dans l’antiquité :

Dans l’antiquité grecque la philosophie du droit, et plutôt de la justice, été liée à la


philosophie du grec, dans cette approche la philosophie grecque considère que le droit
été estimé à découvrir ce qui est juste entre les hommes mais aussi à l’intérieur de la
conscience individuelle, ainsi Platon souhaitait légiférer dans une cité idéale dotée d’une
constitution complexe mais gouvernée par des sages agissants de sorte à ce qu’il y ait
une harmonie entre droit et justice.
Aristote le réaliste, il croit en l’harmonie d’un ordre matériel d’où il distingue deux
justices : d’une part la justice cumulative ou justice algébrique est destinée à régler les
échanges conformément à une égalité simple c’est la justice arithmétique, d’autre part la
justice distributive (basée sur les compétences) en tant qu’une réparation des biens, des
avantages, des richesses proportionnelles à une égalité géométrique. Il s’agit d’un ordre
naturelle qui doit être compléter par une loi humaine à savoir le droit positif.

b- Dans le droit romain antique :

Les juristes, particulièrement Cicéron, il existe une loi qui est la raison qui permet de
désigner un droit naturel inspiré du souci d’assurer l’égalité entre les hommes, ainsi les
juristes romains ont balisés le droit par :
- Le jus naturel qui est le droit éternel et immuable,
- Le jus gentium qui est le droit commun universel c'est-à-dire le droit des gents,
- Le jus civile c'est-à-dire le droit positif en vigueur à un moment donné dans un lieu
donné.

c- La tendance religieuse :

Dans la conception liée à la religion il est utile de rappeler que dans le cadre du
christianisme Saint Augustin estime que les lois provins sont injuste, car il n’a de juste
que la justice chrétienne c'est-à-dire la justice divine ; en d’autre terme l’idéal justice
n’est pas dans le droit, mais dans les textes sacrés, en effet la justice n’est autre que la
rectitude morale et le droit est absorbé par d’autres choses, donc la source authentique
du droit est l’écriture sainte.
Dans le même ordre d’idée Saint thomas D’Aquin reconstitue la doctrine du droit naturel
d’Aristote qui enrichie à la lumière de la loi chrétienne et ainsi il situe le droit naturel
entre la loi eternel et la loi positive et qu’elle est doué d’une force créatrice d’où
l’importance de l’intelligence et de la raison.
Dans l’évolution de la philosophie du droit chrétien des tendances absolutistes ont vues
le jour, cette tendance donne la primauté à la loi divine estimant que celle-ci doit avoir
une dominance sur la volonté du prince tout en soutenant que la meilleure forme de
gouvernement reste la monarchie absolue. (Bossuet)

d- La tendance absolutiste :

La théorie de l’absolutisme a inspirée Machiavel qui estime que lorsque l’intérêt de l’Etat
est en cause, le prince ne doit pas hésiter sur les moyens car la réussite les justifie. Ainsi,
l’Etat et le droit positif ne doivent être soumis ni à la morale ni au droit naturelle.
Pour Thomas Hobbs vu le conflit perpétuel entre les hommes, il est nécessaire d’assurer
l’ordre social par l’effet d’un contrat social, les hommes doivent conférer le pouvoir à un
souverain absolu qui devra créer le droit positif qui ne peut être que juste même
contraire à la raison divine, c’est donc le souverain qui met en place l’ordre juridique
destiné à sauvegarder l’intérêt général.

e- La pensée moderne :

L’école du droit naturel constitue le précurseur de la pensée moderne.

 L’école du droit naturel :

Ce courant s’inspire de l’idée du droit naturel, un droit laïcisé car il émane non
pas du Dieu mais la nature sociale de l’homme.
En effet, que c’est de cette nature sociale que la raison dégage le principe du
droit naturel universel et immuable parce qu’il est à l’image de l’homme.
Ce droit naturel est distinct du droit volontaire crée par la volonté humaine, la
distinction de la loi du Dieu et du droit naturel atteste d’un passage historique,
de l’ordre de la providence à celui de l’humanité.
La conception d’un contrat implicite, librement consenti, par lequel l’homme a
abandonné une partie de ses droits pour acquérir des droits sur les autres,
oriente désormais nettement la notion du droit naturel dans une voie
individualiste.
Reprenant cette conception, John Locke considère qu’à l’Etat de nature les
hommes sont libres et égaux, ainsi ils peuvent connaitre et respecter les
principes du droit naturel mais l’organisation politique issue du contrat social est
crée dans le sens d’une préservation des prérogatives naturelles de l’homme à
savoir la liberté, l’égalité, et la propriété d’où la division des pouvoirs politiques
en pouvoir exécutif, législatif et judiciaire.
 Le développement de la pensée moderne :

Spinoza tout en reprenant la description de l’origine de la société de Hobbs,


conçoit l’émergence d’un Etat libéral qui assure le maintien du droit naturel de
l’individu et qui créer un droit civil reposant sur une analyse conventionnelle de
ce qui est juste et ce que ne l’est pas.
Ressaut pour lequel l’Etat de nature les hommes vivent libres, égaux et heureux
a cessé, il détermine les conditions d’une organisation sociale satisfaisante et
légitime.
L’individu ne pourra s’exprimer que par et à travers la volonté générale.

f- Conclusion :

La philosophie pénale a largement constitué un socle pour les juristes afin de réfléchir
sur les fondements et les finalités du droit. Ainsi pour l’école allemande le droit est le
produit de forces extérieur c'est-à-dire que la source profonde du droit se situe au niveau
de la coutume de l’histoire du peuple et de la nature d’où le rejet d’un droit naturel qui
serait à la foi rationnel, univercel et immuable.
Liryme considère que plus que le droit tend à assurer les conditions de vie en société il
estime que l’Etat et la seule source du droit c'est-à-dire que le droit est la politique de la
force mais qui n’est exercé sans limites.
Dans la pensée anglaise, Bentham a osé du droit naturel, il fonde le droit et la morale sur
l’utile et la sympathie qui existent entre les hommes et la crainte des vengeances que
peut provoquer l’égoïsme. Dès lors la destruction de l’ordre social sera empêchée.
Dans l’élaboration d’un système de droit il y a un choix fondamental a opérer entre
idéalisme et positivisme.

c- Idéalisme et positivisme :

L’idéalisme est exprimé dans le droit pénal classique, en revanche le positivisme juridique
classique constitue l’émanation de la philosophie positiviste d’Auguste comte.

a- Le système classique :

Ce système qui a donné le sens au droit pénal classique, mis en œuvre la solution
répressive du problème criminel qui reste la solution la plus ancienne la plus permanente
et la plus universelle de tout celle qui ont été imaginé pour lutter contre la criminalité.
La formulation politique de pensée classique est parfaitement résumée dans la traite des
délit et des peines de Beccaria, et dans la déclaration des droit de l’homme et du citoyen
née de la révolution française en 1589 et la fonction utilitaire de la peine développé par
Bentham comme un moyen de prévenir le crime par la crainte qu’elle fait naitre. Ainsi
l’école classique convaincue de la réalité du libre arbitre estime que la société a le droit
de punir parce que la répression est utile et nécessaire à la défonce de l’ordre social.

 Le postulat du libre arbitre :

La doctrine du châtiment est nécessairement adossée à celle du libre arbitre et


de la responsabilité morale.
Au sens classique la punition est juste et légitime parce qu’elle sanctionne un
acte libre. Il est utile c'est-à-dire perfectionnel en raison même de l’aptitude à
l’amendement dont le délinquant était supposé capable.
Ainsi sous réserve de défaillances accidentelles imputables à la folie, le système
classique postulais le libre arbitre de l’homme en général et l’homme criminel en
particulier.
En effet pour le système classique le délinquant n’est ni un malade ni un monstre
mais le violateur lucite du pacte social, un bon per de famille qui est
volontairement mal tourné sorte de droit commun en choisissant délibérément
de faire un mauvais visage de la liberté, ce postulat est exprimé par la réflexion
philosophique suivante : « l’homme, seul animal capable de raison, et aussi le
seul capable de distinguer le bien et le mal. Tout action qui ne résulte ni de la
contrainte ni de l’ignorance procède donc de la volonté, dont les deux moteurs
sont la concupiscence et l’ire ».
Cette conception abstraite de la liberté demeure éloigné de la réalité car
concrètement devant chaque crime et devant chaque personnalité criminelle
tous les hommes ne sont pas responsables dans la même proportion, cette
préoccupation d’individualisation de la peine (art.141) est synthétisé dans la
formule : « punir, pas plus qu’il n’est utile, pas plus qu’il n’est juste ».
Cette conception d’individualisation de la peine est l’œuvre de l’école
néoclassique qui à mis l’accent sur la complexité et la relativité, en effet, entre
coauteur de l’infraction il n’y a qu’un élément commun, le délit objectif en
dehors duquel il y a de profonde différence séparées, nécessairement leur
personnalité respective et leur responsabilité (l’âge, les antécédents, l’éducation,
l’intelligence, la structure morale…). C’est pourquoi il n’est pas juste qu’ils soient
a priori justiciables d’un châtiment de la même intensité et qu’il faut laisser au
juges un pouvoir d’adaptation de la peine légale à la responsabilité morale de
chaque délinquant.

 Le droit pénal judiciaire :

Ainsi le droit pénal n’est pas perfectionnel par ces ambitions mais aussi
véritablement rétribué dans son fondement.
Le droit pénal classique est un droit pénal juridique dont la fonction essentiel est
plus la protection de la liberté individuel contre l’arbitraire que pour chasser les
délinquants, en d’autre terme le but du droit pénal classique est de faire du
concept de l’infraction une véritable barrière de droit entre l’Etat justicier et le
justiciable.
Le juridisme : ce juridisme a entré à une mise en équation de la peine et de la
responsabilité morale qui à développé dans le droit pénal un algébrisme éloigné
des réalités criminologique, mais la question est de savoir s’il n’est pas injuste de
sanctionner une personne partiellement ou totalement irresponsable et qu’il
serait plus réaliste de le soigner.
A ce pénal juridique s’oppose un droit pénal scientifique largement représenté
par le système positiviste.

b- Le système positiviste :

C’est en Italie sous l’influence de la philosophie positiviste d’Auguste Comte, que née la
criminologie avec l’apparition en 1866 de ‘’l’homme criminel’’ de Lombroso suivi en 1881
de ’’la sociologie criminelle’’ de Ferri et en 1885 de ‘’la criminologie’’ de Garofalo.

 La construction nouvelle du droit pénal :

De cette trilogie naissait une construction nouvelle du droit pénal celle de l’école
positiviste.
Cette école s’est donnée pour but selon Ferri « de faire descendre l’homme du
piédestal superbe sur lequel il s’est mis lui-même, et de lui faire reconnaitre sa
soumission aux lois éternelles de la nature et de la vie, c’est le déterminisme »
Ainsi la pensée positiviste nie le libre arbitre, le crime est analysé comme produit
fatal de causes diverses endogène et exogène.
L’expiation n’est donc plus l’objectif de la sanction, car elle suppose qu’une faute
est par conséquent une responsabilité morale. Or dans le système positiviste
c’est la défense de la société qui est le fonctionnement même du droit de punir
et de prévenir.
Pour garantir l’ordre social, il est nécessaire de contribuer non seulement le
délinquant mais également le déviant, dans ce dernier cas, il s’agit d’un contrat
préventif qui sera en fonction de la personnalité de celui qui en fait l’objet et du
danger qu’il présente pour l’ordre public.
Un tel système conduit à classer les délinquants et à opter à des sanctions
qualifiées des mesures de sûreté adopté à chaque type de délinquant. Ainsi donc
deux traits spécifiques caractérisant l’homme criminel, moralement il n’est pas
libre de ses actes, il était déterminé c’est le déterminisme criminel, socialement
il est dangereux, c’est ce qui justifie la réaction Etatique.

 Le déterminisme criminel :

La théorie de la criminalité atavique (animale) présenté par Lombroso est une


explication anthropologique du phénomène criminel sur la base d’observations
effectuées sur des corps criminels, Lombroso déduit au sein de la population
pénale un nombre de criminels nées porteurs d’anomalie anatomique,
biologique et psychologique qui rappels l’homme primitif et il prédispose à la
délinquance. Ferri élève de Lombroso estime que l’erreur de ce dernier est
d’avoir donner une importance excessive aux données chronologiques et
anthropologiques, et par conséquent il était nécessaire de faire preuve de plus
de réalisme, en mettant l’accent sur l’influence des différents milieux (physique,
familial, social, économique …) ; Ferri formule la loi de la saturation criminelle qui
consiste à dire que le niveau de criminalité est l’effet du milieu qui favorise le
passage à l’acte du criminel né et qui n’auraient pas été commises dans d’autres
conditions sociologiques. A partir de cette idée c’est le multifactorisme qui a été
développé par Ferri.

 L’évolution vers la notion de dangerosité :

En s’appliquant sur le déterminisme, la pensé positiviste non rejeté pas moins


toute politique criminelle fondée sur les notions du libre arbitre, de la
responsabilité sociale, de culpabilité et du châtiment.
La culpabilité qui en droit classique sert des fondements et des critères à
l’intervention étatique est remplacée par les positivistes par la notion d’état
dangereux. Il est à souligner que les positivistes font appel également à
l’intention étatique, car ils se tiennent que la société a le droit de se défendre
contre le délinquant par des mesures appropriées. Dans cette optique le
délinquant n’est plus considéré comme en état de pichet mais comme un malade
contagieux qui n’est responsable ni moralement ni pénalement mais il est
socialement responsable par le seul fait qu’il vit en société et qu’il a l’obligation
de se soumettre à toutes les mesures susceptible de juger le danger qu’il
représente.
Cette notion d’Etat dangereux a été reprise par le législateur pénale positive
dans la mesure où elle s’intéresse à l’individu, à son attitude, à ses habitudes et
d’évaluer s’ils sont dangereux, mais sans donner un juge, une fonction plutôt
criminologique que juridique comme les précurseurs.
Les positivistes en effet estiment qu’au lieu de poser les responsables avec les
outils démodés de justice, le juge doit poser un diagnostique et établir un
pronostique sur la nature et le degré du danger représenté par le délinquant.
En relation avec la dangerosité Ferri offre une typologie du criminel (criminel né,
criminel d’habitude, criminel d’occasion), pour lesquels il recommande au juge
de rechercher les motifs déterminants de chaque action criminelle mais aussi
selon Garofalo de s’interroger sur l’adaptabilité du criminel au milieu social.
Dans la pensée de Garofalo qui définissait la dangerosité comme « la perversité
constante et agissante du délinquant et la gravité du mal qu’on peut redouter de
sa part, en d’autre terme sa capacité criminelle ». Cette notion englobe en effet
le degré d’inadaptabilité sociale à l’infracteur. Ainsi la notion d’état dangereux
est non seulement utile pour mesurer le degré de sociabilité qui reste après le
crime mais aussi avant le crime pour dépister, prévoir et faire cesser l’état
dangereux, car dans la perspective stricte de la criminogènes, de la plus ou moins
grande probabilité du passage à l’acte.
En conséquence le passage à l’acte est le produit de l’équation personnalité
criminelle plus la situation criminogène.
 Dangerosité et passage à l’acte :

Si l’état dangereux permet la probabilité du passage à l’acte en revanche il ne


suffit pas à exprimer complètement le passage à l’acte lui-même lorsque toutes
les conditions préalables sont réunies, d’autres mécanismes interviennent au
moment où le sujet devient délinquant.

- Premièrement : approche différentielle du passage à l’acte ;

L’élément matériel de l’infraction appelé aussi corps du délit consiste


dans la manifestation extérieur de la volonté délictueuse sous la forme
de gestes ou attitudes décrit par la loi d’incrimination.
Le principe fondamental ; pas d’infraction sans activité matérielle ; est le
pendant du principe de la légalité qui exclue la répression anti delectum,
d’où la conséquence de ce principe à savoir d’une part l’impunité de la
criminalité intellectuelle, car seul la passage à l’acte et non la pensée
criminelle qui permet les personnes qui se trouve dans l’état dangereux
pré délictuelle.
Cependant la défense de l’ordre public exige l’incrimination dès qu’elle
est mise en action et avant qu’elle ne produise des effets irréparables
ainsi le législateur érige en l’infraction pénale certaines attitudes qui
constitue l’une des premières manifestations d’un projet criminel plus
étendue (menace, complot, résolution d’agir) ou même certains
pratiques criminogène ou dangereuses (vagabondage, mendicité,
conduite en état d’ivresse …) ; il s’agit du délit obstacle qui suppose la
répression qui interviens à titre préventif avant tout passage à l’acte
c’est une technique d’incrimination préventive telle que décrite par la loi
qui conditionne la répression.
Les démentions matériels de l’infraction pénale sont donc
considérablement réduites du fait de l’incrimination protège de l’état
dangereux sachant que l’état dangereux est une donné fondamentale de
la criminologie contemporaine, et que la législation moderne s’appuie
dans certaines mesures sur cette notion pour mettre en échec le passage
à l’acte.
En effet la criminologie contemporaine essaie de déterminer en
approfondissant le processus du criminogène le moment où le
délinquant franchit le seuil criminel et devient délinquant, ce moment
qui est précédé de complexes mutations de la personnalité c’est le
passage à l’acte dont le mécanisme doit être exposé.

- Le mécanisme du passage à l’acte :

Les motivations du passage à l’acte sont diverses et contradictoires, en


effet, l’apparence contredit la motivation.
La motivation criminel se dégage d’une crise mentale qui, une fois épuisé
le délinquant s’aperçoit qu’il a choisit la mauvaise solution.
Le processus du passage à l’acte était perçue dans une conception
atomistique comme un phénomène ponctuelle c'est-à-dire localiser dans
le temps au jour de l’infraction et accorde au mobile de l’acte une
importance exigible.
En revanche la conception globale recèle d’une recherche de toute la vie
psychique et sociale du sujet avant le crime. Ainsi, en tentant de décrir
les constantes du comportement criminel Sutherland découvre chez les
délinquants irréductibles le processus de maturation.
Le processus de maturation criminel qui en réalité précède la passage à
l’acte est un processus d’adaptation du sujet à l’idée criminel, en d’autre
terme le sujet passe à l’acte lorsqu’il atteint l’âge criminel qui est le
moment de sa vie où sa criminalité a terminée son développement, cette
naturalité criminelle est à crise lorsque le sujet à acquis une attitude
générale envers la criminalité et lorsqu’il acquit intégralement les
techniques criminelles d’exécution.
D’autres criminologues comme Ditullio en décrivant le processus
crimino-dynamique distingue les facteurs préparant qui sont les états
émotifs et passionnels et les intoxications alcooliques et les facteurs
déclenchant qui sont nécessaires pour l’accomplissement de l’acte
criminel, car il sont responsables de la résistance individuelle inspirée par
ses approches, le processus d’acte grave décrit par Degreef est centré
sur la vie intérieur du criminel, le processus conduit à l’accomplissement
de l’acte grave comporte selon Degreef quatre phases principales :
La première étape : qui est l’étape initiale est la phase d’assentiment
inefficace qui est l’aboutissement d’un long travail inconscient, il s’agit
d’une association lié pour quelque chose souhaitait vaguement depuis
quelques temps comme par exemple la disparition du conjoins, mais le
désir homicide s’arrête à ce stade car l’équilibre est vite rétablie par une
réaction morale.
La deuxième étape : tout en continuant de penser que la solution vient
sans concours, le sujet se met petit à petit en scène c’est
l’acquiescement formulé mais l’idée connait des fluctuations car la
dévalorisation de la victime alterne avec l’éducation et l’examen des
inconvénients du crime.
Troisième étape : le sujet vis une crise c'est-à-dire un véritable agonie
moral, car le sujet doit légitimer son acte et il doit être d’accord avec lui-
même. La décision du sujet est exprimée par le dénouement qui
constitue la fin du passage à l’acte, ce n’est qu’après le dénouement
qu’on constatera un changement d’habitude du délinquant, et toute la
personnalité du délinquant se trouve condamnée à cet instant.
c- La défense sociale :

La promotion de la politique criminelle suffisamment réaliste apparait nécessaire aux


yeux des pénalistes, le but pour pénaliste étant de satisfaire aux nécessités impérieuse de
la défense sociale. Ainsi la conjugaison de la politique criminelle et de la défense sociale
va orienter nouveau chemin, à ce titre l’école Italienne de positivisme critique
l’largement rattachée au positivisme en ce quelle ne remet pas en cause le déterminisme
criminel mais sa croyance l’efficacité de la peine en tant que procédé d’intimidation
collective. De même les pénalistes grâce à l’association internationale du droit pénal ont
été fédérés auteur d’idées très simples ç savoir :
- Neutralité dans la correlle du libre arbitre et du déterminisme.
- Prise en considération de l’état dangereux comme base de la politique
criminelle.
- L’utilisation parallèle des peines et des mesures de sûreté.

Le prince en synthétisant toutes ces idées exclut le postulat déterministe et souligne


la nécessité de faire cesser l’état dangereux, aux besoins par des moyens draconienne
dans l’intérêt de l’Etat et de la société.

 Le mouvement de la défense sociale :

Les progrès de la criminologie ont donnés l’espoir d’une modification efficace


des comportements délictueux grâce à une évolution de la défense sociale qui
consiste à sacrifier l’individu à l’intérêt général et ne l’aidant pas à reprendre sa
place dans le corps social.
La doctrine contemporaine de la décence social quoique souvent différent ont eu
le mérite de s’intéresser au délinquant à travers le sort du délinquant l’initiative
d’un renouveau des veilles institutions répressives revient à Gramatica qui à
insufflé un nouvel humanisme, en effet l’œuvre de Gramatica s’articule auteur
de la notion d’anti-socialité et de la proposition de mesures sociales.

 Notion d’anti-socialité :

Cette notion reste le concept clef de la défense sociale à ce titre la


défense sociale constitue à elle seule une branche autonome du droit
avec ses institutions juridiques propres et un domaine d’application
plus vaste que celui du droit criminel. En d’autre terme la défense
sociale se substitue au droit pénale mais ne s’interroge à lui car
l’importance dans un système de défense sociale ce n’est pas l’activité
objective mais c’est le sujet dont il faut apprécier la personnalité à
travers tout les aspects de sa subjectivité. Dès lors la raison d’être de la
défense sociale c’est l’amélioration de l’individu qui n’est pas
seulement le délinquant tel que la loi la définie mais généralement
l’antisocial, l’inadapté, le déviant.
La distinction du crime et de la déviance est fondée sur une analyse des
conduits antisociaux, en effet, si l’infraction est légalement
sanctionnée, la déviance en revanche échappe à toute sanction pénale.
En outre le domaine de la déviance c’est tellement élargie qu’il
recouvre des parties variées tel que l’école, la famille, la profession…
qui comprend des comportements également très divers tel que la
tricherie, immoralité, déloyalité…
Ainsi si le crime est un acte qui se situe sur un plan objectif, la déviance
en revanche est une antisocialiste subjective qui constitue pour elle-
même un danger pour la collectivité et impose le recours à des mesures
de défense sociales pour opérer la resocialisation.

 Les mesures de la défense sociale :

Trois éléments constitutifs de la notion d’antisocialiste à savoir, un


élément matériel qui est celui de la conduite sociale, un élément
psychologique qui est celui de la capacité et de la volonté, et un
élément juridique à savoir l’anti juridicité.
La notion d’antisocialiste essentiellement subjective et échappant à
tout présomption légale se substitue au concept de responsabilité doit
servir d’unique critère à l’intervention étatique.
Dès lors à l’homme reconnue antisociale il convient d’appliquer des
mesures sociales aussi bien anti factum, mesures adoptées à chaque
individu et choisies par lui dans le seul but de l’améliorer, de cet objectif
particulier de lutter contre l’anti socialité préconisé par Gramatica le
mouvement de la défense sociale se propose de développer une
politique (d’hygiène sociale absolue préventive et curative) ; approche
qui montre la crainte d’atteinte à la liberté individuelle.
En effet si la notion d’infraction même artificielle constitue un critère
sûr qui permet de distinguer les bonnes et mauvaises actions alors que
la notion d’anti socialité vague et large offre moins de garanties contre
l’arbitraire et contre la déformation professionnelle des techniciens de
la défense sociale. C’est pourquoi en réaction à cette conception
absolue de la défense sociale que la défense sociale nouvelle à vue le
jour.

 La défense sociale nouvelle :

La défense sociale nouvelle préconisait par Ancel n’a d’opinion ni sur l’homme
criminel ni sur les mesures à appliquer sur le délinquant.
La défense sociale prétend promouvoir dans la science criminelle un humanisme
juridique et moral car elle ne prône pas la disparition du droit criminel et ne relie
pas en plus la notion de responsabilité. En d’autre terme la défense sociale tend
à une action systématique de resocialisation du délinquant tout en se fondant
sur les assises scientifiques dont notamment l’étude de l’acte et de la
personnalité. Dans ce système l’étude de la personnalité du délinquant est
primordiale dans la mesure où il demeure fondamental de constituer un dossier
de la personnalité avant le jugement et de s’intéresser également aux aspects
biologiques, c’est pourquoi la responsabilité de la défense sociale entend
substituer la méthode médicale d’examens cliniques qui détermine les mesures
adéquates d’appliquer au délinquant.

 Elément de biopsychologique :

La défense sociale nouvelle reste saturée par les idées scientifiques sur
la diversité humaine notamment la biologie ; à ce titre la criminologie
moderne estime qu’il n’y a que des délinquants diversifiés par leurs
personnalités propres : en d’autre terme être comme les autres, le
criminel s’en différencie par une aptitude particulière du passage à
l’acte attestant d’un seuil délinquanciel moins élevé.
Cette aptitude s’exprime sur un plan quantitatif par une différence de
degré entre délinquant et non délinquant et sur un plan qualitatif il
exprime la formation d’une personnalité dont la structure est décrite à
l’aide de traits psychologiques spécifiques, c’est la conjonction des trait
constitutifs qui donne un caractère particulier à la personnalité
criminelle dans sa totalité et à ce titre la personnalité criminelle et
d’une structure dynamique.
C’est pourquoi la défense sociale nouvelle soutien que chaque
délinquant à une personnalité qu’il faut pénétrer avant toute chose et
que l’infraction, bref moment de sa vie, n’en est que le symptôme
matériel immédiat. Il est donc nécessaire découvrir sa nature à fin de lui
appliquer le traitement qui le convient.

 Les propositions de la défense sociale nouvelle :

La défense sociale nouvelle propose des mesures qui participent à une


pédagogie de la responsabilité dont l’objectif est de faire naitre chez
l’individu un sentiment de responsabilité.
Cette pédagogie de la responsabilité dès le premier jour du procès, elle
se poursuit tout au long du procès et qu’au terme du traitement
pénitentiel développera chez le délinquant la notion du devoir de
l’homme envers ses semblables.
La défense sociale estime que la peine et les mesures de sûretés
doivent être intégrées par un système unitaire de sanctions opportunes
individualisées au maximum et qui permet à la justice de remplacer son
action judiciaire traditionnel par une action sociale. Ainsi la défense
sociale qui repousse le déterminisme envisage la responsabilité morale
non pas comme le postulat du départ de la constitution du droit
criminel mais comme l’objectif suprême et le but terminal de l’action
sociale anticriminelle.
La défense sociale dans son évolution tente de concilier les biens faits
de la criminologie avec les avantages intrinsèques du droit criminel.
En d’autre terme l’erreur des classiques de postuler les libertés du
crime et celle des positivistes de décrire le déterminisme criminel du
crime. La tendance actuelle se situe entre ces deux dogmatismes (la
liberté, le déterminisme).
En effet tout en proclamer la responsabilité du délinquant cette
tendance met tout en œuvre pour que les modalités d’exécution de son
châtiment soient commandées par l’étude des particuliers. Ainsi sans
repousser la science elle intègre dans sa conception les rapports de
science et du droit prétendant. Ainsi sauvegarder la liberté des citoyens
contre les dangers d’une intervention arbitraire de la puissance
politique notamment par le lier d’un droit pénal scientifique
subjectiviste et fondamentalement resocialiste.
Par conséquent la défense sociale actuelle proclame le droit à être
différent, en d’autre terme protéger ce droit revient à renforcer la
capacité de tolérance et d’acceptation du corps social dans les limites
des risque que l’on peut faire couvrir au nécessaire maintien de l’ordre
dans la cité.
Ainsi on constate des approches plus souples du phénomène criminel
dans le cadre d’une nouvelle politique. En effet au lieu de dirigé le
délinquant stéréotype, les criminologues modernes tentent plutôt
d’apprendre la réalité de la condition da la personne en difficulté dans
le groupe sociale duquel il appartient, de cette constatation les
criminologues tirent les conséquences d’une nécessaire
décriminalisation des comportements déviants qui non seulement ne
devrait plus s’intéresser au droit pénal, mais il doit pousser à la
promotion du mieux vivre ensemble ; ensuite il est nécessaire de
distinguer les comportements absolument intolérables et ceux que la
société moderne doit respecter ou supporter. En outre de reconnaitre
aux hommes le droit d’être différent des autres, et par renforcer la
capacité de tolérance et d’acceptation sociale à fin de faire du droit
pénal résiduel une instrument de perfectionnement.
Si tout ces idées de philosophie pénale sont à la base de construction
du droit pénal (de celui qui doit être), la criminologie en étudier ce qui
est à contribuer au développement du droit criminel.