Vous êtes sur la page 1sur 6

Biais cognitif — Wikipédia https://fr.wikipedia.

org/wiki/Biais_cognitif

Biais cognitif
Un biais cognitif est un mécanisme de la pensée, qui
cause une déviation du jugement. Le terme biais fait
référence à une déviation systématique par rapport à la
réalité. Les biais cognitifs conduisent le sujet à accorder
des importances différentes à des faits de même nature et
peuvent être repérés lorsque des paradoxes apparaissent
dans un raisonnement.

L'étude des biais cognitifs fait l'objet de nombreux


travaux en psychologie cognitive, en psychologie sociale
et plus généralement dans les sciences cognitives.

Ces travaux ont identifié de nombreux biais cognitifs


propres à l'esprit humain [réf. nécessaire] à travers de Les biais cognitifs peuvent être organisés en
quatre catégories : les biais qui découlent de trop
multiples domaines : perception, statistiques, logique,
d'informations, pas assez de sens, la nécessité
causalité, relations sociales, etc. Du point de vue de leurs
d'agir rapidement et les limites de la mémoire.
domaines, on peut distinguer entre autres des erreurs de Modèle Algorithmique: John Manoogian III (jm3)
perception, d'évaluation, d'interprétation logique. Ces Modèle Organisationnel: Buster Benson.
biais cognitifs ne sont généralement pas conscients. Leur
caractérisation est importante aussi bien dans les
domaines judiciaire que scientifique puisqu'ils sont néfastes dans un processus logique. La publicité exploite
souvent des biais cognitifs pour faire passer ses messages (raisonnement fallacieux, oubli de la fréquence de base).

Certains de ces biais peuvent en fait être efficaces dans un milieu naturel tel que ceux qui ont hébergé l'évolution
humaine, permettant une évaluation ou une action plus performante ; tandis qu'ils se révèlent inadaptés à un
milieu artificiel moderne.

1 sur 6 10/01/2018 à 11:21


Biais cognitif — Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Biais_cognitif

Sommaire
Liste de biais cognitifs
Biais sensori-moteurs
Biais attentionnels
Biais mnésique
Biais de jugement
Biais de raisonnement
Biais liés à la personnalité

Aspects psychiques et sociaux


Recherche en économie et finance
Méthodes scientifiques de réduction des biais
Bibliographie
Notes et références
Articles connexes

Liste de biais cognitifs

Biais sensori-moteurs
S'agissant des processus sensori-moteurs, on parle par habitude plutôt d'illusions que de biais.

Biais attentionnels
Biais d'attention (en) — avoir ses perceptions influencées par ses propres centres d’intérêt.

Biais mnésique
Effet de récence — mieux se souvenir des dernières informations auxquelles on a été confronté.
Effet de simple exposition — avoir préalablement été exposé à quelqu'un ou à une situation le/la rend plus
positive.
Effet de primauté — mieux se souvenir des premiers éléments d'une liste mémorisée.
Oubli de la fréquence de base — oublier de considérer la fréquence de base de l'occurrence d'un
événement alors qu'on cherche à en évaluer une probabilité.

Biais de jugement
Effet d'ambiguïté (en) — tendance à éviter les options pour lesquelles on manque d'information
Ancrage mental — influence laissée par la première impression.
Préjugé — jugement pré-établi envers une personne ou tout un groupe en raison de son appartenance à
une population particulière.
Biais d'attribution (Attribution causale) — façon d'attribuer la responsabilité d'une situation à soi ou aux
autres.
Biais d'autocomplaisance — se croire à l'origine de ses réussites mais pas de ses échecs.
Biais de statu quo — la nouveauté est vue comme apportant plus de risques que d'avantages possibles et

2 sur 6 10/01/2018 à 11:21


Biais cognitif — Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Biais_cognitif

amène une résistance au changement.


Biais d'immunité à l'erreur — ne pas voir ses propres erreurs.
Biais égocentrique — se juger sous un meilleur jour qu'en réalité.
Biais rétrospectif ou l'effet « je le savais depuis le début » — tendance à juger a posteriori qu'un événement
était prévisible.
Effet de halo — une perception sélective d'informations allant dans le sens d'une première impression que
l'on cherche à confirmer.
Effet de simple exposition — avoir préalablement été exposé à quelqu'un ou à une situation le/la rend plus
positive.
Effet râteau — exagérer la régularité du hasard.
Effet Dunning-Kruger — les moins compétents dans un domaine surestiment leur compétence, alors que les
plus compétents ont tendance à sous-estimer leur compétence.
Erreur fondamentale d'attribution (ou biais d'internalité) — accorder plus d'importance aux facteurs internes
à l'orateur (intentions, émotions) qu'à son discours ou à ses actes (faits tangibles). Couramment utilisé pour
décrédibiliser les éléments rationnels par des éléments émotionnels, qui sont en pratique souvent imaginés
et attribués sans preuve à l'orateur puisque ses émotions internes sont difficilement discernables a priori.
Biais cognitif de présentéisme : privilégier les facteurs présents et plus économiques cognitivement à
modéliser aux facteurs absents.
Illusion de savoir — dans une situation en apparence identique à une situation commune, réagir de manière
habituelle, sans éprouver le besoin de rechercher les informations complémentaires qui auraient mis en
évidence une différence par rapport à la situation habituelle. Il peut ainsi faire état d'une mauvaise croyance
face à la réalité.
Effet retour de flamme — croyance initiale renforcée en face de preuves pourtant contradictoires.
Biais de la tache aveugle — tendance à ne pas percevoir les biais cognitifs à l'œuvre dans ses propres
jugements ou décisions, et ce, aux dépens d'informations plus objectives.
Aversion à la dépossession — tendance à donner plus de valeur à un bien ou un service lorsque celui-ci est
sa propriété.
Effet Ikéa — tendance pour les consommateurs à accorder une valeur supérieure aux produits qu'ils ont
partiellement créés.
Illusion monétaire — confusion d'un agent économique entre variation du niveau général des prix et
variation des prix relatifs.
Croyance en un monde juste.
Biais de confirmation.
Biais de proportionnalité qui favorise l'idée fausse que si l'on observe une augmentation des manifestations
d'un phénomène, c'est que le nombre d'occurrences de ce phénomène croît en effet, sans voir que cette
augmentation peut n'être que la conséquence de l'amélioration de l'outil d'observation.

Biais de raisonnement
Biais de confirmation d'hypothèse — préférer les éléments qui confirment plutôt que ceux qui infirment une
hypothèse.
Biais d'évaluation de probabilités.
Biais de représentativité — considérer un ou certains éléments comme représentatifs d'une population.
Biais de disponibilité — ne pas chercher d'autres informations que celles immédiatement disponibles.
Biais d'appariement — se focaliser sur les éléments contenus dans l'énoncé d'un problème.
Cadrage — la façon de présenter une situation influe sur la façon dont elle est interprétée.
Réduction de la dissonance cognitive — réinterpréter une situation pour éliminer les contradictions.
Effet rebond — une pensée que l'on cherche à inhiber devient plus saillante.
Illusion des séries — percevoir à tort des coïncidences dans des données au hasard.
Perception sélective — interpréter de manière sélective des informations en fonction de sa propre
expérience.
Réification du savoir — considérer les connaissances comme des objets immuables et extérieurs.
Effet de domination asymétrique (en) ou effet leurre - choisir pour un consommateur entre deux options

3 sur 6 10/01/2018 à 11:21


Biais cognitif — Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Biais_cognitif

celle qui est la plus proche d'une troisième option malgré la forte asymétrie d'information.

Biais liés à la personnalité


Biais culturel — biais lié à la tendance à se conformer à un type culturel donné.
Biais linguistique (hypothèse de Sapir-Whorf) — selon laquelle les caractéristiques d'une langue influent sur
la cognition de ses locuteurs
1 2
Biais d'optimisme irréaliste ; optimisme dispositionnel , optimisme irréaliste , parfois présenté comme un
3 4, 5
« non-pessimisme dispositionnel » et d'optimisme comparatif qui semble très ancré dans la plupart des
pays d’Amérique du Nord et d’Europe ; il s'agit d'une croyance individuelle qui est que le sujet se juge moins
6, 7
exposé à la plupart des risques qu'autrui . On peut évaluer le degré d'adhésion à cette croyance en
demandant au sujet d’évaluer son risque de rencontrer un événement négatif en comparaison à celui
7
d’autrui . Cette croyance aggrave certaines prises de risques, et est souvent impliquée dans l'accident
automobile (le conducteur s'estimant à tort meilleur que les autres pour éviter les accidents, même quand il
ne respecte pas le code de la route, en raison d'une évaluation fausse et irréaliste de ses capacités (dans le
8, 9, 10, 11
sens d'une surestimation) .
12
Conformisme (appelé aussi effet Bandwagon ) — chercher à ressembler à la majorité.
Effet boomerang (effet inverse au conformisme) — tentative de persuasion à l'effet inverse de celui attendu.
Effet Barnum — accepter une vague description de la personnalité comme s'appliquant spécifiquement à
soi-même (ex. : horoscope).

Aspects psychiques et sociaux


À noter, au-delà du cognitif, lié à l'intellect, l'interférence inconsciente ou consciente de facteurs émotionnels (biais
émotionnel) ou instinctifs. En fait, certains biais cognitifs résultent de biais émotionnels qui perturbent le
processus cognitif. Toute prise de décision mettant en jeu, pour prendre une image, la tête, le cœur et/ou les tripes,
est naturellement plus exposée à certains biais. Il s'avère donc utile de reconnaître les affects agissants en
surveillant ces trois « organes » avant de décider.

L'individu n'étant pas isolé dans ses décisions, la psychologie sociale (phénomènes de groupe et de foule) apporte
aussi un éclairage. Le biais cognitif est, selon les cas, exclusivement dû à l'individu, ou lié à la pression sociale sur
cet individu. Certaines techniques de persuasion, propagande et manipulation mentale cherchent à exploiter ce
travers.

Recherche en économie et finance


Les divers types de biais cognitifs (ancrage, représentativité, cadrage…) ont particulièrement été mis en lumière
par la finance comportementale comme étant source de diverses anomalies affectant les comportements
économiques et l'efficience des marchés.

C'est du fait de ces travaux que le psychologue Daniel Kahneman a obtenu le Prix de la Banque de Suède en
sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel en 2002.

Méthodes scientifiques de réduction des biais


Les institutions scientifiques organisent des relectures par les pairs, des conférences de consensus, des revues
systématiques d'études (basées sur les techniques de méta-analyse) et des cartographies systématiques des
connaissances pour les mettre périodiquement à jour, en cherchant à détecter et minimiser les biais afin d'apporter
des informations complètes et objectivées aux scientifiques, mais aussi au décideurs et parfois aux négociateurs
(par exemple pour le GIEC ou les négociations internationales portant sur la biodiversité, deux sujets de
préoccupation mondiale suivis par l'ONU. En Europe, certains organismes ont une accréditation pour produire des

4 sur 6 10/01/2018 à 11:21


Biais cognitif — Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Biais_cognitif

formations à ces méthodes (c'est par exemple le cas en France de la FRB qui a été désignée Centre français de la
13, 14
Collaboration for Environmental Evidence ).

Bibliographie
Les références suivantes couvrent certains biais cognitifs.

Daniel Kahneman (2012). Système 1 / Système 2 : Les deux vitesses de la pensée, Flammarion, coll.
« Essais », 545 p. (ISBN 2-08-121147-5 et 978-2081211476)
Eric Lafon (2012). « Est-ce que quelqu'un m'entend ? (http://ericlafon.eu/post/est-ce-que-quelqu-un-
m-entend) », Éditions terre des graves (ISBN 978-2-917165-17-1)
Rolf Dobelli (2008). Arrêtez de vous tromper : 52 erreurs de jugement qu'il vaut mieux laisser aux autres...,
éditions Eyrolles.
Dan Ariely (2008). C'est (vraiment ?) moi qui décide (http://rationalitelimitee.wordpress.com/2008/05
/24/note-de-lecture-cest-vraiment-moi-qui-decide-de-dan-ariely/). Flammarion (14 mai 2008)
Malcolm Gladwell (2006); La force de l'intuition (titre anglais : Blink: The Power of Thinking Without
Thinking (en)), édition Pocket (2007), édition Robert Laffon (2006)
Steven Levitt (2006). Freakonomics. Éditions Denoël
Nassim Nicholas Taleb (2008) Le Cygne Noir. La puissance de l'imprévisible
(http://www.lesbelleslettres.com/livre/?GCOI=22510100266340), Les Belles Lettres (2008).
(ISBN 978-2-251-44348-5).
Christophe Gautheron (2009). Comprendre les émotions qui interviennent dans le trading / Éditions Valys
(ISBN 978-2-915-401363).
Nicolas Guéguen (2008). Psychologie du consommateur : Pour mieux comprendre comment on vous
influence (ISBN 978-2100523122).
Sébastien Dathané (2015). Décider dans un monde complexe : voyage au cœur de nos décisions. Éditions
Maxima (ISBN 9782840018414).

Notes et références
1. Scheier MF & Carver CS (1985) Optimism, coping, and health: assessment and implications of generalized
outcome expectancies (http://www.psy.cmu.edu/faculty/scheier/scales/LOT_article.pdf). Health Psychology
(journal) (en), 4(3), 219.
2. Weinstein, N. D. (1980). Unrealistic optimism about future life events. Journal of Personality and Social
Psychology, 39, 806-820.
3. Sultan S & Bureau B (1999) Quel optimisme en psychologie de la santé ?. European review of applied
psychology, 49(1), 43-51.
4. Harris P & Middleton W (1994) The illusion of control and optimism about health : On being less at risk but no
more in control than others. British Journal of Social Psychology, 33, 369-386.
5. Dejoy DM (1989) The optimism bias and traffic accident risk perception ; Accident Analysis and Prevention, 21,
333-340 (http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/0001457589900249 résumé]).
6. Delhomm, P & Meyer T (1999) Un instrument d’analyse : l'optimisme comparatif. Risques, 39, 1-6.
7. Weinstein ND (1980) Unrealistic optimism about future life events. Journal of Personality and Social
Psychology, 39, 806-820.
8. Delhomme, P. (1991). Comparing one’s driving with others’ : Assessment of abilities and frequency of offences.
Evidence for a superior conformity of self-bias ? Accident Analysis and Prevention, 23, 493-508.
9. Delhomme, P. (1994). Liens entre surestimation de ses propres capacités, expérience de la conduite et activité
de conduite (Rapport no 187). Arcueil : Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité.
10. Delhomme P (2000) Optimisme comparatif chez les usagers de la route : Une protection contre le risque ?
Pratiques psychologiques, 1, 99-109.
11. McCormick IA, Walkey FH & Green DE (1986). Comparative perceptions of driver ability : A confirmation and
expansion. Accident Analysis and Prevention, 18, 205-208.
12. Littéralement « sauter dans le dernier wagon ».
13. www.environmentalevidence.org

5 sur 6 10/01/2018 à 11:21


Biais cognitif — Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Biais_cognitif

14. La FRB centre français de la Collaboration for Environmental Evidence (http://www.fondationbiodiversite.fr


/fr/societe/avec-la-societe/appui-a-la-decision/syntheses-de-connaissances/revues-systematiques.html)

Articles connexes
Sciences cognitives
Cognition
Cognition sociale
Risque ; Gestion du risque
Effet expérimentateur
Effet idéomoteur
Rationalité
Sophisme

Ce document provient de « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Biais_cognitif&oldid=144154456 ».

La dernière modification de cette page a été faite le 4 janvier 2018 à 15:02.

Droit d'auteur : les textes sont disponibles sous licence Creative Commons attribution, partage dans les mêmes
conditions ; d’autres conditions peuvent s’appliquer. Voyez les conditions d’utilisation pour plus de détails, ainsi
que les crédits graphiques. En cas de réutilisation des textes de cette page, voyez comment citer les auteurs et
mentionner la licence.
Wikipedia® est une marque déposée de la Wikimedia Foundation, Inc., organisation de bienfaisance régie par le
paragraphe 501(c)(3) du code fiscal des États-Unis.

6 sur 6 10/01/2018 à 11:21