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09/10/2019 Gabon - Dance Therapy History

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LIBREVILLE,

GABON                                           

Séminaire
International

DANSE,
GUÉRISON ET LE
SACRÉ
EN
AFRIQUE

Organisé par le Ministère gabonais de


la Culture et le Conseil International de
la Danse (CID-UNESCO) avec le
soutien de l'UNESCO, avec le
concours du Laboratoire Universitaire
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de la Tradition Orale (LUTO) de


l'Université Omar Bongo.

17-19
Janvier
2001

SOMMAIRE

Préface...............................................
2

Jérôme MMBA BITOME :


Quels apports de la médecine
traditionnelle africaine aux organes
nationaux de
santé
?.........................................................
3

https://sites.google.com/site/dancetherapyshistory/gabon 2/53
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Jean ONDENO REBIENO :

La Pharmacopée et le geste: Danses


d'hier et
aujourd'hui........................... 9

Francine Yveline N'NOH :

Rôle de la danse sacrée dans la


thérapie initiatique
bwitiste..................... 13

Dr. Hassan KABEYA :

Le sens de la danse « Mutuashi »


dans le sacré congolais chez le
Baluba... 20

Adepo YAPO :

Keu-Mi : Danse de possession chez


les
Akyé...................................................
24

Cyrille MEYEM'EYI :

Le geste dans les danses de guéris


on
d'aujourd'hui..................................
27

Dr. Henri BOURBOU BOURBOU :

Quand le Bwiti associe la danse à la


thérapeutique..................................
31

Liste des Intervenants

PREFACE

https://sites.google.com/site/dancetherapyshistory/gabon 3/53
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Faisant suite aux recommandations des


colloques de Libreville et Paris en 1995
sur la danse africaine « De la tradition
orale à la scène », le Conseil
International de la Danse en
collaboration avec le Comité Gabonais de
du CID et le Ministère Gabonais de la
Culture a organisé un séminaire
international sur « Danse, guérison et le
sacré en Afrique », qui s'est tenu à
Libreville (Gabon) du 17 au 21 janvier
2001, dans le cadre du Festival
International de la Danse Africaine.

Ce séminaire a eu pour but essentiel de


conserver la pratique vivante du savoir et
des gestes immémoriaux. Il a ainsi fait
l'objet d'une série de communications qui
ont mis en évidence l'importance du
geste de la danse au cours des soins
traditionnels, et ont permis de discerner
des aspects particuliers et inédits du
geste thérapeutique, notamment
l'importance de la création d'une
symbiose harmonieuse entre le malade et
le guérisseur, condition première à la
guérison d'affections physiques et
spirituelles.

Depuis de nombreuses années, nous


assistons à un retour en force de l'intérêt
pour les arts traditionnels. Ce
mouvement a puisé une partie de ses
forces dans les racines de la vie
culturelle des villages ruraux et des
agglomérations urbaines, dans la
littérature orale, les us et coutumes
populaires, la musique, la danse,
l'artisanat, les croyances et les rites, les
fêtes et carnavals, tout ce qui compose
les connaissances traditionnelles en
général. Et parmi les arts traditionnels,
les danses africaines jouent un rôle
privilégié parce qu'elles suggèrent une
intense participation et une
communication des consciences en
exaltant la puissance endormie d'un
échange entre le psychisme et les actes.

C'est ainsi que ce séminaire a pu


analyser les aspects régénérateurs de la
danse africaine dans sa fonction
thérapeutique, analyse qui pourrait
inviter la société moderne à s'inspirer de
la sagesse des médecines de toujours et à
comprendre l'être humain dans sa
multidimensionalité.

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Nicole Luc-Maréchal
Secrétaire Générale

Conseil International de la Danse


 

QUELS APPORTS DE LA
MEDECINE
TRADITIONNELLE
AFRICAINE AUX
ORGANES NATIONAUX
DE SANTE ?

Gabon

Introduction
Loin d'être élucidée ou considérée
comme accessoire, la question relative
concernant les apports éventuels de la
médecine traditionnelle aux organismes
nationaux de santé est toujours à notre
avis au cœur de tout processus
d'intégration ou plus exactement de
toute recherche de collaboration entre
le système de soins dit moderne et
celui considéré dit « traditionnel ».

En effet, non seulement la nécessaire


connaissance de ces divers apports
devrait amener les tradipraticiens à
mieux s'exprimer face aux
professionnels de la santé (médecin
moderne) parce qu'ils auraient mieux
maîtrisé les différents domaines qui
feront l'objet de leurs apports, mais elle
devrait aussi, en intégrant le processus «
réflexion-action et action-réflexion »,
permettre, à travers de refus du passé et
du présent, de progresser vers un avenir
meilleur, basé sur une idéologie
sanitaire pour l'Afrique qui s'appuierait
sur un ensemble des valeurs, des
croyances et des représentations.

C'est dans cette perspective et à la


lumière du constat fait au Séminaire
atelier sur la médecine traditionnelle,

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récemment tenu à Libreville, que nous


nous proposons de tenter de dégager des
principes et/ou des orientations
susceptibles de garantir une
collaboration harmonieuse entre les
deux systèmes de soins, collaboration
franche, sans concession, mais pleine
de compréhension de part et d'autre et
pouvant, à terme, générer des
nouvelles pratiques de soins, enrichir la
vision actuelle des soins, dans le souci de
satisfaire et de faire bénéficier les
populations, combien nécessiteuses et
démunies, de leur droit à la santé.

Nous n'avons pas la prétention ici de


présenter une liste d'actions de
tradipraticiens, mais de susciter une
profonde réflexion en proposant
quelques principes et orientations en vue
d'une meilleure intégration ou chacun
amène son propre « produit » à travers
lequel il affirme son identité culturelle et
sa manière de concevoir et de représenter
la vie.

Cadre de réflexion
Rappelons que le thème « médecine
traditionnelle et son rôle dans le
développement des services de santé en
Afrique » avait été le seul à être choisi à
l'unanimité parmi tous les sujets
proposés à la quatrième session du
comité régional de l'OMS pour l'Afrique
tenue à Brazzaville en septembre 1974.
Ce thème répandait aux «
préoccupations des participants,
soucieux de consacrer toutes les
ressources disponibles ou exploitables
au développement sanitaire et de mettre
à contribution les guérisseurs qui ne
doivent plus continuer à être considérés
comme des éléments marginaux. » (1)

De plus, ce souci se justifiait non


seulement par le fait que plus de 80%
des populations africaines, sans
distinction de sexe ni rang social, ont
recours à la médecine traditionnelle,
mais aussi parce que les divers
problèmes de santé identifiés à cette
époque (et qui malheureusement
persistent avec la même intensité
jusqu'aujourd'hui), ont montré que la
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médecine moderne, en dépit de ses


découvertes spectaculaires au cours du
20eme siècle, « s'est avérée inapte à
résoudre les problèmes de santé des
populations rurales » (2), (même celles
des bidonvilles qui ceinturent les grandes
villes des pays en développement
notamment en Afrique) alors que la
médecine traditionnelle, pilier du
patrimoine culturel africain recèle des
forces potentielles capables de suppléer
ou de remédier à certaines de ses
insuffisances.

C'est là le point de départ de l'idée d'une


intégration de la médecine traditionnelle
au système national de santé.

Aperçu sur l'application de


l'intégration du médecin
traditionnel
Depuis lors, sous l'impulsion de l'OMS
et agissant notamment dans le cadre de
l'approche des soins de santé primaires
définie à Aima Ata (URSS) en 1978,
certains pays ont, soit amorcé le
processus d'intégration en créant de
nouvelles structures au sein de leur
ministère de la santé (directions ou
services de médecine traditionnelle) soit
en favorisant les tenues locales des
colloques sur la médecine
traditionnelle, soit en suscitant les
associations nationales des
tradipracticiens, soit encore en les
intégrant dans les programmes d'instituts
spécialisés après avoir identifié un
domaine d'intérêt précis (cancérologie,
pédiatrie, dermatologie, hépatologie
neurologie, obstétrique...), ou dans les
programmes nationaux de santé
(application de l'approche des soins de
primaires).

Situation actuelle au Gabon


Au Gabon, comme dans beaucoup
d'autres pays, le processus d'intégration
de la médecine traditionnelle est encore
à un stade embryonnaire. En effet, notre
pays vient seulement d'amorcer celui-ci
avec la tenue d'un premier Colloque-
Atelier national sur la médecine
traditionnelle organisé par le ministère de
la Santé Publique du 28/11 au

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1/12/1999. Ce Séminaire a d'ailleurs été


avantageusement repris et renforcé par la
première conférence internationale sur le
Bwiti organisé par le LUTO du 8 au 13
mai 2000, qui s'est beaucoup intéressée
à l'aspect thérapeutique, notamment
dans le cadre de l'initiation au Bwiti.

Ce séminaire a débouché sur certaines


recommandations pertinentes dont
quelques-unes ont déjà reçu un écho
favorable au niveau décisionnel le plus
élevé du pays (conseil des Ministres),
avait un triple objectif :

• La promotion et la valorisation de
la médecine traditionnelle ;

• L'encadrement technique et
scientifique de la médecine
traditionnelle ;

• L'adaptation  d'une 
réglementation  et  le  respect 
des  règles  d'éthique  de  cette
discipline.

 Tout observateur averti a pu y faire les


quelques observations suivantes :

• Les objectifs reflétés par


certaines recommandations,
s'inscrivent dans une logique
d'intégration à caractère coercitif
ou le tradipraticien est « prié » de
se soumettre au système des
soins moderne. Cette intégration
progressive et réglementée des
détenteurs de la médecine
traditionnelle préalablement
formés aux exigences de base de
la médecine moderne (asepsie,
hygiène...) ne laisse-t-elle pas
entrevoir, à terme, une
«  phagocytose  » des
tradithérapeutes et de leurs
pratiques ?
• Les médecins et les
pharmaciens qui ont conduit et
marqué les débats tout au long du
séminaire, n'ont fixé leur intérêt
pour la médecine traditionnelle
que par rapport à
l'usage des plantes. Peut-on
uniquement réduire la médecine
traditionnelle a la phytothérapie ?
• Les professionnels de la
santé se sont imposés aux

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tradipraticiens comme étant


pratiquement les seuls détenteurs
de la connaissance médicale. Une
telle attitude peut-
elle garantir une franche
collaboration entre les deux
systèmes de soins ?
• Les tradipraticiens ne se
sont pas suffisamment exprimés
face aux médecins et
pharmaciens, comme s'ils étaient
désormais résolus à jouer le rôle
d'« auxiliaires des
infirmiers auxiliaires » que l'on
pouvait aisément imaginer à
travers les propos et
réactions des professionnels de la
santé.

Ces quelques observations nous amènent


à dire que les professionnels de la santé,
en tant que responsables de
l'organisation du Séminaire n'ont
envisagé d'examiner que les dimensions
de la santé relatives à la santé publique
et à la promotion sociale, à la recherche
scientifique et au développement
économique.

En effet, la dimension relative à la


santé publique et à la promotion
sociale reconnaît l'urgence de mettre à
la portée des populations surtout
rurales, si déshéritées en matière des
soins de santé, des moyens simples,
faciles et peu onéreux pour protéger et
améliorer leur état de santé. Les
guérisseurs traditionnels, en raison de
leur importance numérique et de leur
influence auprès des populations, sont
présents comme des « personnes
ressources » que l'on pourrait intégrer
dans l'équipe de santé.

La dimension scientifique s'explique par


le fait que la pharmacopée africaine
utilise des produits d'origine végétale,
animale et minérale dont sont issus de
nombreux produits chimiques
pharmaceutique. Cette pharmacopée
pourrait dans l'avenir contribuer à
alimenter la fabrication éventuelle des
produits médicamenteux.

Enfin, la dimension économique est


envisagée dans la mesure où les plantes
et les autres produits utilisés dans la
médecine traditionnelle peuvent être
employés à l'usage local et à
l'exportation soit de manière artisanale,
soit sous forme de produits
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industrialisés, ce qui permettrait de


limiter l'importation de produits
pharmaceutiques.

Ce sont là des idées forces qui ont


permis depuis plus de trois décennies,
de définir les orientations classiques de
l'intégration des tradipraticiens. Mais si
elles sont pertinentes par rapport à la
situation de la région, elles ne sont pas
exhaustives et ne peuvent pas toujours
répondre aux attentes des populations,
ni envisager un avenir prometteur du
médecin traditionnel africain. Elles
doivent être complétées par des idées
concernant la dimension culturelle de
soins.

 
Aussi, chaque pays doit-il chercher à
comprendre les causes qui rendent la
médecine moderne inapte à satisfaire les
besoins en soins de santé des
populations afin d'examiner dans quelle
mesure la médecine traditionnelle
pourrait favorablement contribuer à
l'amélioration de la situation,
notamment en ciblant ses actions sur
les causes d'inaptitude de la médecine
moderne évoquée ci dessus.

Distinction entre médecin


moderne et médecin traditionnel
L'on sait qu'en dehors des insuffisances
quantitatives et qualitatives des
personnels de santé, des lacunes sur les
plans organisationnel et institutionnel,
l'approche scientifique, base de la
médecine moderne a pour
caractéristique fondamentale d'isoler les
éléments d'un ensemble afin de mieux
les étudier ; elle ne peut donc pas rendre
compte des aspects aussi complexes que
les soins de santé axés sur l'individu, sur
la famille et sur la communauté qui
impliquent des interventions planifiées au
niveau de l'environnement global.

En effet, pour le raisonnement cartésien,


la maladie est nécessairement due à une
cause physiopathologique matériellement
vérifiable, la machine humaine étant
constituée d'organes, comme toutes les
autres machines, c'est à dire d'un

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assemblage de pièces détachées,


fonctionnant chacune pour son propre
compte, mais suivant une
synchronisation spécifique avec d'autres
pièces. L'organe malade est soigné pour
lui-même, rarement au regard sur les
autres organes qui l'entourent. Cette
médecine a dissocié en l'homme, l'esprit
considéré comme élément sain, donc
exempt de toute maladie du corps,
porteur de péché, de souillure, de
maladies... qu'il faut soigner... il l'a aussi
amputé de tout sentiment, de toutes
relations et d'échanges avec
l'environnement social et écologique.

La médecine traditionnelle, quant à elle,


reflète sous toutes ses formes un mode
de vie, un mode de pensée, une culture
spécifique, une facette de la culture et du
patrimoine religieux africains. Elle
considère la maladie comme liée
directement et indirectement à des
facteurs non organiques qui peuvent être
rarement visibles (parasites intestinaux)
mais le plus souvent invisibles. Ils sont
introduits dans l'organisme par des
êtres anthropomorphisés. Mais la
maladie est aussi la résultante d'un
déséquilibre entre l'homme et son
milieu. Celui-ci comprend quatre pôles
essentiels :

• Le pôle phylogénétique (pôle majeur)


qui comprend la relation entre l'homme
et les
ancêtres derrière lequel il faut entrevoir la
notion de Dieu (relation phylogénétique)
• Le pôle ontogénétique qui comprend
la relation entre l'homme et sa famille
(relation
ontogénétique)

• Le   pôle   socio-communautaire   qui  


comprend   la   relation   entre  
l'homme   et   la
communauté (relation communautaire).
• Le pôle environnemental qui lie
l'homme au divers éléments de la
nature et de
l'écosystème (air, eau forêt, faune, flore,
relation environnementale).

C'est-à-dire que pour la médecine


traditionnelle la maladie peut siéger
ailleurs que dans les organes et qu'il
importe de regarder au-delà du corps
pour apprécier la notion de santé-
maladie.

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Comment comprendre et identifier cet «


Ailleurs » où peut encore siéger la
maladie ? Quel est cet « Au-delà » du
corps qui peut aider à apprécier d'une
autre manière la notion de santé-maladie
?

Les quelques idées et interrogations ci-


dessus nous amènent à dire qu'il est
indispensable de chercher à étudier la
médecine traditionnelle en tant que
partie d'une culture qui a sa
dynamique, son histoire, ses valeurs,
ses représentations et ses croyances.
Car il n'est pas possible de parler de
santé ou de soins sans chercher à
comprendre la représentation que l'on
se fait de l'homme dans la société en
question. Tous les grands théoriciens
des soins à l'exemple de Martha Rogers,
Imogène King, Hildegarde Peplau,
Nightingale, pour ne citer que ceux là, ont
justement défini leurs modèles de soins à
partir de la conception de l'homme qui
prévalait dans leur milieu social.

Dès lors, il ne s'agit plus simplement de


former les tradipraticiens aux techniques
d'asepsie et d'hygiène pour pouvoir
intégrer comme des simples agents de
l'équipe de santé, mais de leur permettre
de nous montrer ce qui va constituer
concrètement le pourquoi et le comment
de leur apport. Ce n'est que dans cette
optique qu'il est possible d'examiner les
modalités d'intégration de cet apport
dans le processus actuel de soins de
santé.

Préalables pour une meilleure


identification des apports de la
médecine traditionnelle
Ces préalables concernent la
connaissance de la culture des membres
qui doivent bénéficier des soins de
santé. Mais la culture d'une communauté,
d'un peuple ne peut être mieux étudiée
qu'à travers l'homme, être vivant à la
fois biologique, psychologique, socio-
spirituel et lignagé, sans dissociation
possible, et ayant une évolution double
biologique et socio-culturelle et soumis
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à toutes les influences complexes et


interdépendantes - être de sang en ce
sens qu'il est toujours émerveillé et attiré
pour l'inexplicable, le sacré.

Pour l'homme africain en général et


gabonais en particulier, le concept de
santé, qui ne diffère pas de celui de vie,
est compris dans un même univers
humain spécifié par une communauté
d'appartenance où interagit dans une
constitution grandiose :

• Un ensemble de valeurs culturelles


fondamentales ;

• Les dispositions juridiques manifestant


les règles de coexistence communautaire
;

• La structure fondamentale des


hiérarchies ;

• La conception et la représentation de
la vie, de la naissance, de la
procréation, de la
mort ainsi que les procédures rituelles
qui les prennent en charge, bref toutes
les
expériences, croyances et pratiques
socio-culturelles qui constituent un vaste
réseau de
significations   humaines   intimement  
liées   entre   elles   dans   un   même  
horizon
anthropologique.

Ce sont ces relations intrinsèques,


inhérentes aux divers aspects
d'expression d'une communauté
humaine qui imposent une orientation
épistémologique de la communauté
humaine, dans les limites de son propre
horizon de sens. Le but de cet horizon de
sens est axé autour et sur une
problématique unique : l'homme dans
son milieu social et écologique.

C'est-à-dire que pour comprendre les


problèmes de santé-maladie et de soins
des gabonais, il faut d'abord comprendre
en profondeur l'homme gabonais dans la
stricte mesure ou nous comprenons la
nécessité de l'impliquer comme co-
partenaire à part entière dans la prise en
charge des problèmes de santé.

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Dès lors, l'intérêt de la recherche et des


connaissances fondamentales en matière
de santé-maladie devient indispensable
d'autant plus qu'il est apparu au fil des
années d'expérience de terrain que les
seules connaissances biologiques (issues
de la science) si performantes soient-
elles devenues, ne suffisent plus à la
réalisation concrète de programmes de
santé publique.

Si les sciences sociales et humaines


deviennent des partenaires nécessaires à
la santé, la médecine traditionnelle et
les tradipraticiens constituent en
Afrique, une réalité socio-culturelle de
fait. Intégrer cette donnée fondamentale
c'est non seulement rechercher une
meilleure intelligence de nous-mêmes,
mais aussi une meilleure connaissance
de l'homme africain. Celle-ci passe par
une étude approfondie et indispensable
des pratiques et de l'expérience de
tradipraticiens afin de mieux cerner, à
partir des différents processus de soins
(danse, parole, musique, invocation,
sacré...), les aspects qui, en raison de
leur pertinence et de leur innovation
peuvent susciter, dans le processus des
soins de santé, les différents apports de
la médecine traditionnelle d'ordre
pharmacologique, sociologique,
psychologique, anthropologique,
relationnel et médicinal.

Conclusion
L'on peut donc dire qu'une intégration
méthodique selon l'esprit ci-dessus
devrait déboucher soit sur l'élaboration
possible d'une théorie de la personnalité
africaine, soit sur une nouvelle vision du
processus santé-maladie fondé sur un
ensemble de valeurs, de croyances et de
pratiques propres aux cultures africaines,
mais surtout sur une sélection
méthodologique des techniques
traditionnelles appropriées pouvant à
terme générer des techniques alternatives
de soins. Il convient à cet effet que les
tradipraticiens acceptent de mieux
s'ouvrir non pas seulement aux
professionnels de la santé mais aussi
aux professionnels des sciences sociales
et humaines. Cela nécessiterait de
mettre en place une structure
interdisciplinaire qui constituerait le lieu
de rencontre périodique entre les
tradipraticiens et les chercheurs en
sciences sociales et humaines. Cette
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structure permettrait d'allier la pratique


du terrain qui devrait être réalisée avec la
contribution de tradipraticiens reconnus,
à la perspective théorique d'ensemble
défini d'un commun accord par les
chercheurs.

C'est un tel cadre qui pourrait ainsi


analyser concrètement, selon des normes
scientifiques, les effets d'ordre
sociologique, anthropologique,
physiologique, psychologique et
relationnel des actes qui caractérisent les
différents rituels et gestes liés à la
pratique traditionnelle des soins ainsi
que leurs conséquences positives ou
négatives sur la personnalité considérée
à partir de la représentation propre aux
sociétés gabonaises.

Ce cadre pourrait plus concrètement


contribuer à l'étude exhaustive de la
danse, c'est à dire prendre en compte
diverses dimensions : thérapeutique,
artistique, sociologique, relationnelle,
économique, religieuse, psychologique...
afin de l'intégrer dans le cadre plus
global du développement socio-
économique national.

Ceci nous amène, dans le cadre précis de


ce Séminaire, à dire qu'il convient de
créer une structure plus vaste au sein de
laquelle interviendrait respectivement le
CICIBA, le Ministère de la Culture, le
Ministère du Plan, le Ministère de la
Santé, afin de susciter une politique
nationale de la danse, qui introduirait
l'homme africain dans la réalité subtile
de l'univers et, par conséquent,
contribuer à des niveaux différents au
développement de notre pays.

 
 
LA
PHARMACOPEE
ET
LE
GESTE
:
DANSES
D'HIER
ET
AUJOURD'HUI
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Jean Ondeno Rebieno

Auteur — Compositeur - Interprète

Tradithérapeute

Libreville, Gabon

Origine
Au commencement était l'émotion.
L'émotion suscita une expression dite
corporelle. De l'expression corporelle
sortirent les pulsations qui elles,
engendrèrent des pulsions. Les pulsions
donnèrent au corps une folle envie de
s'exprimer autrement que par l'usage de
la parole. Puis le pied commença à battre
la mesure, pour imposer une cadence. Le
rythme était né. Enfin, se leva l'homme
qui commença à extérioriser ses
sentiments par des mouvements
chorégraphiques dans l'espace. La danse
était née.

Qu'est-ce que la danse ?


Apparentée aux gestes de la vie
quotidienne, la danse est un moyen
d'expression par lequel l'homme utilise
des battements de mains, des
frappements de pieds, puis enfin, des
instruments pour s'accompagner afin
d'exprimer des sentiments intérieurs
par des mouvements dans l'espace.

Né du silence, le son serait la première


chose que l'humanité ait connue avant
toute existence. Le verbe étant une
émanation de celui-ci. Ainsi, selon toute
vraisemblance, la peur serait à l'origine
du premier pas de danse exécutée
inconsciemment par l'homme pour se
donner du courage face à l'inconnu et à
cet environnement qui lui est hostile et
qu'il ne maîtrise pas toujours.

En Afrique, la danse traditionnelle tire ses


origines en général de la forêt, de la
savane où l'on rencontre toutes espèces
d'animaux ou d'oiseaux. Observation
profonde et minutieuse faite par
l'homme afin de s'identifier et imiter un
comportement particulier d'un lion,
d'une panthère, d'un léopard, d'un
aigle. Animaux ou oiseaux ayant une
ascendance ou une domination établie
sur les autres espèces, ou ayant une
agilité (singe, écureuil, etc.... )
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De cette observation proviennent les


premiers danseurs qui sont les
acrobates, les jongleurs, les
funambules, etc. Puis plus tard, la
danse se stabilisera, s'anoblira. En fait
la danse démontrera tantôt sa fougue
et sa verve, tantôt sa grâce et son
élégance. Ainsi nous connaissons une
multitude de danses dont certaines sont :

 
1.       Les danses guerrières
Au Gabon, les danses guerrières étaient
un ensemble de mouvements
thérapeutiques du corps et de l'esprit
généralement rythmés et exécutés par un
groupe d'individus armés et dont la
chorégraphie, les chants et les slogans
précédaient ou laissaient deviner un
affrontement. Pour cela, les guerriers se
badigeonnaient de mixtures composées
d'écorces de bois rouges et noirs réduits
en poudre et mélangées à d'autres
recettes ayant pour but de les doper afin
de faire disparaître en eux la peur et la
pitié, et d'autre part les protéger, les
préserver ou les immuniser contre les
armes de l'adversaire. Ces recettes faites
des mixtures de plantes, et parfois
d'ossements pouvaient servir soit de
vaccin pour avoir de l'agilité, soit de
breuvage pour la transcendance ou
encore ignorer la peur et rendre les
guerriers invincibles, voire invulnérables
contre les épreuves de toutes les armes
(balles, sagaies, flèches, machettes ...)

Il fallait pour cela une complète


abstinence sexuelle afin que l'esprit du
guerrier soit en parfaite harmonie avec
son corps. Une alimentation stricte et
rigoureuse était conseillée et la
préparation de celle-ci faite uniquement
par des femmes n'ayant plus de relations
sexuelles ou par de grands initiés.

Les grands esprits guerriers et


protecteurs de la famille, de la tribu
étaient invoqués au cours de
cérémonies ou rituels sacrés et secrets.
Le caractère secret de tout ceci ne
devait être divulgué sous aucun prétexte.

Le maquillage effrayant devait rappeler


un animal féroce ou un oiseau vorace «

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totem » du clan, de la tribu ou de la


famille.

2.       Les danses funèbres


Rituel souvent exécuté au sein de sociétés
secrètes du Gabon, les danses funèbres
peuvent être organisées lors du décès
d'un initié, ou dans une moindre
mesure, lors du décès d'un jumeau ou
d'une jumelle. Les rituels peuvent varier
selon la société secrète dans laquelle
avait été initiée la personne décédée.
Dans le Bwiti « Disumba » par exemple,
au cours d'un rituel bien particulier, il est
donné à la personne décédée et enterrée
depuis un moment, de se matérialiser et
revenir auprès les initiés de sa confrérie,
danser pour la dernière fois avec eux
dans le corps de garde (La Mbanja), en
présence de l'assistance éberluée et
ébahie.

Rituel insoutenable pour certains


membres de la famille, il leur est
demandé néanmoins de s'abstenir de
pleurer, et cela, pendant tout le temps
que durera ledit rituel. Seul les grands
initiés auront le droit d'approcher et
même de lui demander de s'exprimer, si
ces derniers le désirent.

Ce rituel rare ne se passe que la nuit et


est appelé « Bwete amwenge » (deuil). Il
est accompagné de battements de trois
ou quatre tambours appelés « Ndungu »,
pour le tambour jouant les solos,
tambour représentant le mari ; le «
Mobenda » qui représente la femme et les
deux « Misumba » représentant les deux
enfants.

3.       Les danses initiatiques


Les danses initiatiques sont, de nos jours,
un ensemble des mouvements
constituant un rituel dans lequel, à
travers des chants, des gestes et une
chorégraphie codifiée et particulière, on
fait accéder un profane à un nouveau
groupe d'appartenance, en lui révélant à
travers ladite chorégraphie, les
rudiments de la connaissance de cette
société secrète à laquelle il va
désormais appartenir. Le nouvel initié

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09/10/2019 Gabon - Dance Therapy History

est accompagné en général de son


parrain et de son maître spirituel qui le
guide dans ses premiers pas et
enseignements. A ce premier rituel, le
nouvel initié ne comprend généralement
rien de tout ce qui se dit et se fait, mais
doit néanmoins non seulement être
associé mais exécuter ce rituel qui est
une thérapie et une forme d'acceptation
de l'ensemble des traitements qu'il aurait
reçus pendant son initiation.

La quasi-totalité des danses initiatiques


traditionnelles du Gabon ne peuvent se
faire sans l'apport du feu qui est, comme
l'eau, un élément sacré et purificateur.
Car, dans notre monde ésotérique, le feu
est la représentation matérielle de Dieu le
créateur.

4.       Les danses courtisanes


En Afrique centrale en général et au
Gabon en particulier, la chorégraphie de
la femme doit refléter sa fémininité et sa
grâce et, généralement, la partie
postérieure de cette dernière est
largement et souvent mise à contribution
pour magnifier la fécondité, alors que
pour l'homme, sa puissance, son agilité
et sa virilité priment. Nous remarquerons
qu'au cours d'une danse, tandis que la
femme s'emploiera à faire bouger son
postérieur, l'homme, quant à lui,
cherchera toujours à simuler le contact
avec la partie postérieure de la femme.
Et d'ailleurs, dans certains rites
initiatiques, la simulation de l'acte sexuel
est présent et parfois obligatoire dans la
chorégraphie des initiés qui à leur tour
s'emploieront à les faire exécuter aux
jeunes initié(e)s. La quasi-totalité des
ethnies du Gabon ont au moins une
danse courtisane, danse dont la
chorégraphie exécutée par une personne
se trouvant au centre du cercle et qui,
après quelques pas d'exhibition va inviter
une personne de sexe opposée en
simulant un acte sexuel.

A l'exemple du Mabumi (Massango),


Ekunda (Myènè), Malamu (Lumbu), Elone
(Fang), Ikoku (Punu) etc....ces danses
dites courtisanes peuvent également
avoir un caractère rituel (cérémonie des
jumeaux) dans laquelle des chansons
grossières sont souvent associés à une
chorégraphie les expliquant. Elles
peuvent être ou faire partie d'un rituel

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initiatique, d'un rituel faisant partie d'une


danse funèbre.

Cette chorégraphie peut prendre des


allures d'une danse de provocation pour
une danse guerrière ou une danse de
réjouissance ou profane.

5.      Les danses rituelles


Les danses rituelles sont en général des
danses exécutées pour les circonstances
particulières (jumeaux, offrandes, etc....)
et dont l'ensemble des mouvements et
comportements sont généralement
codifiés. Ces mouvements et
comportements sont fondés sur la
croyance et l'efficacité de leurs effets qui
peuvent souvent se répéter. Ces
cérémonies rituelles peuvent se faire avec
ou sans tam-tam, mais rien qu'avec des
chants appropriés qui peuvent le maître
des cérémonies à exhiber parfois
quelques pas de danse. Chorégraphie
se rapportant à une situation précise, un
animal précis ou un comportement.

 
6.       Les danses profanes,
danses de réjouissance et danses
modernes
Les danses de réjouissance sont, en
général, un ensemble de mouvements
de corps généralement rythmés et
cadencés, exécutés par un individu ou
un ensemble d'individus, et dont la
chorégraphie exécutée est libre et ne fait
pas partie d'un rite particulier.

Puisées généralement dans les danses


traditionnelles, les danses modernes
deviennent souvent des phénomènes de
société, et contribuent à exprimer un
sentiment de joie, de désir de
répulsion...

De nos jours, elles peuvent traduire


également des contestations, des
problèmes d'environnement, de
pauvreté, ou dénoncer même une
oppression.

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A travers elles, l'homme dévoile une


facette de sa personnalité. L'homme ne
peut vivre sans la danse, en un mot, sans
le rythme. Ce rythme qui, associé à
certaines sonorités deviennent la
musique, cette musique qui est notre
partenaire de tous les temps et qui, sans
elle, le monde n'aurait aucun sens

ROLE DE LA DANSE SACREE DANS


LA THERAPIE INITIATIQUE
BWITISTE
Mme Francine Yveline Nnoh

Conférencière
Internationale en
matière d'Iboga et de
Bwiti Secrétaire de
Direction Centre
International des
Civilisations Bantu,
Gabon

Introduction
Au regard de l'extension de la dimension
culturelle du développement de
l'humanité, le Festival International de la
Danse (FIDA) et le CID-UNESCO ont initié
une nouvelle vision de la culture à base
d'une série de séminaires et de colloques.
Il nous a donc été demandé d'analyser les
aspects régénérateurs de la danse
africaine dans sa fonction thérapeutique
et dont les arcanes relèvent du sacré.

Ainsi, nous avons choisi le thème «Le Rôle


de la Danse Sacrée dans la Thérapie
Initiatique Bwitiste» . Et s'il est un des
traits qui caractérise la conscience
bwitiste à l'aube du 3ème millénaire, au
moment où s'interroge la Conscience
Universelle sur le sort de l'homme et de
l'humanité, c'est bien la quête perpétuelle
de la naissance, de la vie, de la mort- de
la connaissance de soi et de l'autre, de la
cosmogonie, de Dieu et de ses mystères.
Mais avant d'aborder notre thème qui est
de nature multidimensionnelle, il serait
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bon que l'on s'attarde d'abord sur


l'asphyxie culturelle que les peuples
africains ont connue au cours de leur
existence. Car, en tant que précurseur de
la modernité, l'expérience coloniale a,
entre autres, milité contre la
communication verbale comme
expression de la culture africaines vivante
et dont fait partie la pratique médicale
traditionnelle. N'était-ce pas là une façon
de freiner l'évolution de l'Afrique ?

Soulignons que l'Afrique, même après les


indépendances, est restée traumatisée et
embrigadée par une colonisation qui, en
s'imposant à elle par l'iconoclasme a nié
toutes ses valeurs culturelles. Ce qui a
d'emblée limité à mémoire historique,
géographique, culturelle et spirituelle. En
effet il nous revient de revigorer ou de
remuer cette mémoire ; de la placer à une
échelle universelle en redéfinissant notre
histoire et en nous affirmant dans nos
cultures afin de revaloriser ce qui avait
été rejeté et détruit par les civilisations
dites supérieures (sic)

Dans ce processus de quête perpétuelle


de la recherche de notre identité
culturelle il est donc vital et essentiel
pour l'homme de se redécouvrir dans sa
totalité. Pour cela il lui faut réintroduire et
réinsérer ses valeurs ancestrales dans
toute la globalité de son être, de son
existence et de son environnement. L'un
des aspects de cette découverte est
l'initiation au bwiti avec l'Iboga où la mort
devient comme fin et moyen d'aller
véritablement au-delà du paraître pour
pénétrer la vérité de l'être. C'est à ce
moment qu'intervient la danse du bwiti :
l'être humain cherche davantage à
transcender la mort et les mystères de la
vie. Il faut donc danser ; et danser devient
dans ce sens une guérison, une
philosophie, un désir inavoué
d'affirmation où se complet et s'équilibre
la subtile relation qui existe entre la
substance et l'essence, les phénomènes
et les noumènes, ce qui conduit à la
connaissance de la vraie sagesse.

Et notons d'abord que la sagesse de


l'Iboga n'soit pas de ce siècle : c'est la
sagesse de Dieu, mystérieuse et cachée.
Dieu l'a peut-être destinée pour notre
gloire. Il nous révèle cette sagesse par
l'Iboga car l'Iboga sonde les
profondeurs de l'âme et de Dieu. Elle

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nous fait découvrir l'Esprit de Vérité afin


que nous connaissions les choses que
Dieu nous a données. Nous ne pouvons
pas recevoir cette sagesse dans un état
naturel mais plutôt dans un état
spirituel et c'est cet état spirituel qui
nous permet de parler de la danse sacrée
comme thérapie.

Avant d'aborder notre thème nous nous


poserons les questions ci-après :

1. Qu'est-ce que la danse initiatique


bwitiste et sur quels éléments s'appuie-t-
elle ?

2. Est-elle une danse curative ?

3. Quelle est sa fonction dans le bwiti


et que procure-t-elle à l'homme ?
4. Quelle philosophie s'en dégage ?
5. La danse du chat de la harpe
sacrée

Qu'est-ce que la danse initiatique


bwitiste et sur quels éléments
s'appuie-t-elle ?
Parler de la danse initiatique bwitiste
comme thérapie dans la
psychopathologie africaine, revient à
aborder les différents aspects
phénoménologiques de l'état de
conscience de l'homme au cours du rite
initiatique. Nous parlerons de cet état de
bien être dans le domaine de la danse
initiatique bwitiste mêlée au son de la
Harpe sacrée, du Mugongo, des
tambours Tam-tam et des incantations
suivies de la danse.

De cette danse sacrée se dégage toute la


problématique de l'existence humaine
car à travers elle, on n'appréhende pas
seulement le mouvement simple du
corps physique mais la profondeur du
geste de l'âme. La danse initiatique est
une danse mystique qui s'exécute selon
plusieurs formes sous la rigueur flexible
du corps. Le geste, d'une insistance
obsessionnelle, traduit en même temps
la quiétude et la sérénité, soit en
compagnie du chant sacré vocal, soit en
compagnie de l'instant instrumental ou
d'autres éléments (tambours-mbein ou
ngom hochets-soki'ét l'obàka-sorte de
bois Ion rarement sculpté accompagné
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de 4 bâtonnets) etc. Ainsi, avec


l'eurythmie de toute cette batterie
initiatique on trouve à la fois le
mouvement de la création de
l'humanité, le mouvement de la
naissance, le mouvement de la mort, le
mouvement de la résurrection, le
mouvement de la vie, en un mot le pas
mythique. La danse Bwitiste est un
itinéraire spirituel par lequel l'être
humain dans sa fusion avec l'âme
recherche constamment l'état spirituel
suprême qui amène à la béatitude qui
est le plus haut point de la guérison.

Est-elle une danse curative ?


La danse initiatique bwitiste exige un
certain échelonnement de dispositions
psycho-spirituelles exprimant en même
temps la souffrance, la peur, la mort la
naissance, la vie, la recherche de
l'immortalité. Le chant réincarnateur,
celui qui vous amène dans votre
antériorité pour vous révéler votre
véritable nature, celle qui ne se perd
jamais, qui reste en filigrane et vous
guérit de votre ignorance dans les
espèces générées du temps de votre
existence et de celui de l'humanité. Il y a
une certaine libération de l'âme de
l'homme et de l'Ame de l'humanité et
c'est ainsi que s'accomplira le destin
dans la rencontre avec la vérité
non réfractée celle qui est Supérieure à
toute vérité ; l'Origine sans forme de
toutes les origines, le Néant qui
cependant est Tout.

La danse initiatique s'accompagne donc


d'un grand nombre de connotations
ésotériques qui s'expriment dans une
thématique variée. Il faut par le rythme et
la cadence de toute la batterie initiatique,
arriver à s'exiler, et « Extraire la beauté du
mal » pour parler comme Baudelaire
c'est-à-dire sortir du corps physique
pour faire vibrer l'être spirituel dans le
but de guérir d'un mal physique ou
spirituel.

Parler de la danse initiatique c'est aussi


parler de la transe positive où le corps
de l'homme subit avec aisance et amour
certaines vibrations et mouvements
recommandés par l'esprit. Dans cet état
de choses, l'être vit une certaine
globalité de son être. Son but : celui de
la guérison du corps et de l'âme. C'est
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l'instant de vérité et d'union. Le corps est


soumis à une grande purification pour se
fondre dans le Grand esprit, l'union de
l'être atome avec l'être sublimé.

En fait, ce n'est plus l'être physique qui


danse comme dans la rumba, ou la
pachanga, pop, folk et autres, mais c'est
votre ego qui fait vibrer l'être physique. A
ce moment donc naît une sorte
d'équilibre psychophysiologique et c'est
cela qui permet au banzi (initié)
d'exécuter toutes sortes de danse,
toutes sortes de pas, sans heurter ni
tomber avec une dextérité d'orfèvre, ex.
: l'Obango, les danseurs de Vickos
Ekondo, les danseuses de l'Elomba avec
les batteurs de tambours. L'esprit rentre
en conformité et en harmonie avec le
corps par l'élément gestuel.

Dans cette forme de thérapie, nous ne


pouvons parler de danse de guérison
sans parler du chant de la harpe sacrée,
catalysatrice de la danse initiatique
bwitiste se déroulant évidemment au
cours d'une séance de manducation de
l'Iboga. La danse bwitiste est une danse
de rite qui passe par une approche
multidimensionnelle. Le patient est
substitué à un conditionnement physique
et spirituel, ce qui permettrait au
guérisseur de l'ouvrir au monde supra
sensoriel, afin qu'il se connaisse et qu'il
saisisse la portée du chant de la harpe et
de ses instruments d'accompagnement
suivi d'invocations. Pendant l'initiation
tout cela se passe en trois phases : le
chant vocal, les instruments et la
réaction du patient suite à cette
eurythmie dans l'application du rite de
passage qui est le point du départ, la
transition le voyage et le point final, la
réconciliation du corps avec l'esprit, d'où
guérison.

Quel est sa fonction dans le bwiti


et que procure-t-elle à l'homme ?
La danse bwitiste a pour fonction de
réguler les sensibilités du corps et de
l'esprit pour vivre et créer une harmonie.
En dansant et en esquissant des pas au
son de l'eurythmie de la batterie
initiatique, l'être s'exile de son corps
physique. Il s'auto visionne et reste dans
une sorte d'abstraction physique. La
danse, dans ce sens, apprend à vivre, à
apprendre, à comprendre, à se
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transcender au niveau de «l'être» et


non de «l'avoir», à s'auto-découvrir, à
s'auto-critiquer, et à s'auto discipliner
pour revêtir le manteau de l'homme
nouveau en se dépouillant du vieil
homme. Chaque pas esquisse, chaque
geste devient un langage, une expression
une manière de traverser le temps et de
s'y fondre pour une finalité cognitive et
thérapeutique.

La cadence de la danse bwitiste est


dynamique, et cette cadence induit les
gestes d'évacuation ou de libération et
les gestes d'intégration ou d'harmonie.
Ces mouvements réactivent l'esprit qui,
partant du point de départ (gestes
d'évacuation) passant par l'initiation
(transitioaboutissent au point final
(gestes d'intégration ou d'approbation)
créant une harmonie perpétuelle de l'âme
et de l'esprit. On peut alors parler de
guérison.

Le chant de la Harpe Sacrée dans


la danse bwitiste
Dieu est l'émanation de Tout. Il est un
Tout dans Tout, se révélant dans son
omniscience, dans son omniprésence et
son omnipotence. Et si l'on y croit
fortement, il nous est possible de
comprendre la puissance de la Harpe
sacrée.

En effet, la problématique de la harpe


sacrée a souvent été un sujet
énigmatique dans la conception humaine
: soit par refus de comprendre ou de
connaître, soit par ignorance totale.
L'existence ou l'acceptation de la harpe
comme instrument de sanctification est
un sujet qui semble opaque, à cause de
sa subtilité, de sa sensibilité spirituelle, de
sa nature éthérique et fluidique. La Harpe
Sacrée est par définition un instrument
de guérison par excellence, et de son
chant se dégage la danse sacrée ou de
guérison. La quintessence de la harpe
sacrée peut paraître de nos jours comme
une pierre philosophale, une énigme,
dont les hommes qui ne comprennent
rien et ne cherchent pas a comprendre
ont préféré en faire du philistinisme.

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Le chant de la harpe est une musique


kaléidoscopique, riche en sons, notes,
symphonies et mélodies. Dans ces notes,
ces sons se trouvent l'exodus et
l'équinoxe spirituel de l'univers qui, très
souvent, entraînent l'être dans les
profondeurs des domaines de la création,
du mysticisme et du mythique. C'est ainsi
que l'être malade, dans cette admiration
parvient à oublier son mal et à le
détruire. Et c'est dans ce sens que le
chant de la harpe sacrée est
thérapeutique car son chant unit les
sensibilités les plus fines du corps aux
sensibilités les plus fines de l'esprit,
procurant une véritable harmonie
guérissante.

Ce n'est pas un simple instrument de


musique : c'est un instrument de valeur
spirituelle quintessenciée. Nous avons
pensé qu'il serait judicieux et opportun
de pouvoir rendre audible et crédible la
mystique du chant sacré et de la danse
sacrée de la harpe. Ceci dit, le chant de la
harpe n'est pas un chant vain, car si déjà
les chants folkloriques font émulsion
dans l'esprit de l'homme, serait-il pour
le chant de la harpe sacrée, qui instruit,
élève et édifie l'être qui l'écoute. Il
stimule la pensée et remue le champ
cosmique de la sagesse divine partant
ainsi du microcosme physique au
microcosme spirituel. Ce son sacré, mêlé
aux notes stellaires revêt une
symphonie et une mélodie divines qui
sont d'une captivité très remarquable,
appréhendant les sensibilités de la
nature fluidique de toute chose, de toute
substance. C'est donc ce chant qui
guérit, soigne, en harmonie avec l'Iboga
et les principes bwitistes.

Le son de la harpe sacrée permet à


l'homme de se réconcilier et de vivre en
harmonie avec lui-même. Il régule, sans
que le néophyte le sache, l'activité de
tous les éléments cosmiques et
cosmogoniques. La symbolique de la
danse est très essentielle dans le rite
bwitiste et on ne peut parler de bwiti
sans parler de danse. Ces sons émis par
la harpe et qui font vibrer notre énergie
ont en eux la magie de la guérison.
C'est ainsi que se passe le film de notre
vie (négatif ou positif) et celui du mystère
de la création.

Sa mélodie est une puissance divine qui


s'imprègne dans toute la nature
atteignant en une fraction de seconde le
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magma et l'écorce terrestre pour


atteindre l'abîme et rejaillir sur
l'écoumène afin de pénétrer l'air, l'eau,
le feu, la terre et les plantes qui sont les
éléments moteurs du cosmos, atteindre
leur quintessence, et les faire vibrer dans
le but de louer Dieu (conf. Bible Psaume
150, doxologie finale).

Pour que ces sons fassent vibrer vos


membres, il faut nécessairement passer
par une initiation dans un des rites
bwitistes où se fera une communion
parfaite du corps et de l'esprit. Ce
mécanisme ou cette phénoménologie,
commence par un nettoyage
systématique de votre inconscient et de
votre subconscient après manducation.
De ce fait votre corps et votre âme ne
peuvent s'accorder en cette danse
magique et curative que si votre esprit
est libéré pour peser moins d'un
gramme. Et dans cette forme de danse-
transe on vit l'extériorisation de la
pureté car la pureté rend le corps flexible,
une certaine exultation se dégage de vous
et suscite une exaltation totale similaire à
la guérison et la beauté du geste inspirée
dans toute sa dimension du sacré par
l'esprit au cours de la danse initiatique.
Cette danse est donc sacrée en dehors de
son aspect magique et révélateur, car, si
au cours de la manducation de l'Iboga on
rentre en contact avec les plans divins,
c'est justement à cause de cette
symbiose de chants, de danses, de sons,
de paroles.... qui se passent dans
l'homme. Chaque geste a un sens et
chaque sens a son geste. Dans un aspect
thérapeutique, il faut tuer le mal,
l'écraser, le refouler, s'en dessaisir à
l'exemple du Gospel et du Jazz qui ont
été des musiques d'évasion de l'âme au
cours de la traite des Noirs aux Etats-
Unis.

L'évocation de certains chants


initiatiques amène l'homme à se repentir.
Le repentir est, dans le cadre de la
métaphysique africaine, la première étape
de la guérison. C'est avec elle qu'il se
débarrassera de ses scories et de ses
fautes, ex. ma dzoba ne minsem miam :
genre de mea culpa considéré en
initiation comme le premier chant pour
accéder à la guérison avant
manducation, et avant d'avoir pris
contact avec le monde spirituel. Même si

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le patient n'avait ni la force ni le courage


ni l'idée de le faire, rien qu'en écoutant
ce chant il vous emporte de façon
psychosomatique dans le film négatif de
votre vie passée, présente et à venir. Ce
chant provoque en vous un sorte d'auto-
psychanalyse un peu comme la théorie
de Sigmund Freud qui, mettant le patient
sur le divan l'accablait de questions pour
remuer son subconscient afin de le
libérer (méthode d'ailleurs très appréciée
par la science initiatique). C'est d'ailleurs
par cette méthode qu'on peut faire une
synergie entre la psychanalyse et la
manducation de l'Iboga. Le chant « ma
dzoba ne minsem miant » fait connaître
au patient tout en dansant, la dimension
paramétrique de ses péchés et c'est à ce
moment qu'il les regrette amèrement.

De la philosophie de la danse
sacrée
La philosophie est la base de toute
spiritualité puisqu'il faut nécessairement
passer par des méditations. La curiosité
en matière philosophique et mystico-
spirituelle peut se justifier par la
connaissance de soi et de Dieu dans la
vérité. Cette quête de connaissance fait
naître en nous la curiosité qui est le désir
de connaître les choses. Elle se manifeste
au-dedans et autour de notre espace
vital dans un contexte environnemental
dans lequel l'homme doit pour accéder
au salut, abolir son moi, le dissoudre
dans le Tout pour une destination vers
la guérison éternelle. Nous allons donc
affirmer pour ainsi dire que la danse du
sacré est une sorte de dialectique entre
le fini et l'infini. La spiritualité étant un
aspect de la culture, l'on peut dire que
l'Iboga est le pôle autour duquel tournent
toutes les étoiles de la constellation de la
science spirituelle au niveau du monde.

Après la manducation naît une sorte de


joie déterminée par une fin intrinsèque et
essentielle pour la vie de l'initié. L'âme de
l'homme rentre dans une sorte
d'émerveillement qu'on peut qualifier
d'admiration ; quelque peu surprise elle
se porte à considérer avec une attention
particulière les objets, les entités,
l'enseignement sapiential, les pas de
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danses qu'elle a découverts et qui lui


semblent rares et extraordinaires. Elle
rentre désormais dans une certaine
consubstantialité avec le divin et se sentira
guérie à jamais.

Nous savons qu'au point de vue


scientifique, notre cerveau sécrète des
neurotransmetteurs qui nous permettent
de saisir certains phénomènes de la
nature et le physique, moral et spirituel
que fait l'Iboga dans la découverte de soi ouvre
à de merveilleux dons en ce sens que nous
pouvons dire que la conscience est un champ
utile et fertile où l'intelligence et la sagesse se
cultivent avec des plantes essentielles comme la
philosophie, la culture, la science, la danse, la
musique et l'art.

Si nous nous référons à la philosophie


cartésienne «Je pense, donc je suis » :
donc j'existe ! Je suis où et comment ? Je
pense à quoi ? Et où ? Et comment ?
J'existe où ? Et de quelle manière ? Tout
cela s'exprime dans le chant et la danse
initiatique. Par rapport à la nature je suis
un microcosme dans le macrocosme,
j'existe négativement ou positivement
par rapport à ce macrocosme, je me
définie. Pour que je prenne conscience
de mon existence il faut que je me
reconnaisse, que je me découvre et que
je sache qui je suis, où je suis, qui j'ai
été, qui je serai, où je serai et encore ce
que je serai.

Je pars donc de l'être atome (néophyte,


mauvais danseur) à l'être sublimé
(bandzi, sage, intelligent, bon danseur)
tout en considérant que la danse devient
dans ce sens une véritable philosophie de
la vie. Et si je me connais, par analogie,
je connais la cosmogonie qui me
détermine et la théogonie dont je suis
sujet. Je connais désormais mon lien avec
l'univers avec la Grande Ame, avec l'Etre
Sublimé. Je me connais physiquement et
spirituellement. Je peux discerner le bien
et le mal. Je connais la voie de mon
destin et même celui de l'humanité. Je
vis, je pense j'existe donc réellement car
je suis moi-même. « ô bonghi dzam ô
buneghe wa myen dan dan wa myen
etam » Ce qui signifie « N'être que soi

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dans toute action et en tout lieu, en


toute circonstance ; être son libre arbitre,
exorciser la peur, la peur de mourir, la
peur d'être, celle d'être face à un obstacle
et de pouvoir transcender »

Conclusion
On peut ainsi dire que les incantations
qui sont des paroles c'est à dire des
ondes, mêlées à la danse, ont une
puissance mystique sur la guérison de
l'homme. Car, pour le tradipraticien, la
vie, c'est l'union du corps, des sens, de
l'esprit et de l'âme.

Ainsi, le rite de la danse sacrée bwitiste,


mêlé à la puissance du verbe, permet de
partir de la double ignorance à la vérité :
ignorance de soi, de l'autre, de l'Etre
supérieur et des mythes et mystères qui
entourent l'univers. Aller de l'identité
physique à l'identité spirituelle, de l'état
de néophyte à celui de sage, de la
maladie à la guérison ; et sortir du
gouffre de cette double ignorance par la
danse n'est-ce pas là une forme de
guérison ?

Cet exposé nous a permis de savoir que


l'on peut restaurer sa santé, créer un état
de bien être physique, moral et spirituel
en passant par la thérapie de la danse
qui, aujourd'hui joue un rôle de guérison
très considérable dans nos sociétés
africaines. La danse initiatique n'est pas
la vie mais elle est au-delà de la vie,
c'est la recherche systématique de
dépasser la vie pour la recherche de
l'Absolu. Dieu danse à travers nous,
pour extirper le mal, le détruire afin de
l'oublier, en nous emportant dans une
extase céleste lointaine. Il nous infuse et
nous instruit à tout moment et en tous
lieux. Toute l'action de l'homme est
d'abord conçu sur le plan de la pensée,
de la réflexion et de la méditation. Le
bwiti est une unité transcendantale
deconnaissance et de révélation où
toutes les lois de la nature se joignent et
convergent vers la vérité.

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09/10/2019 Gabon - Dance Therapy History

Le rythme dans la musique


traditionnelle agit à la façon d'un
médicament essentiel. Il intervient dans
les rites de possession, dans le
diagnostic, l'examen du malade, le
traitement de la maladie, le
rétablissement de la santé. Le rythme
africain est une force vibratoire
exceptionnelle. La danse initiatique
bwitiste n'est pas une danse de
superstition, mais une façon particulière
et originale de voir le monde et de le
transcender.

Pour construire notre unité, nous devons


tous profiter des séminaires, colloques et
conférences sur nos cultures, afin que
dans un élan commun, la conscience
africaine soit bêchée, remuée, fouillée et
que soit ainsi mise en évidence la
richesse enfouie à travers les âges,
pour que « l'os soit brisé pour en sucer
la substantifîque moelle ».

LE SENS DE LA DANSE « MUTUASHI


» DANS LE SACRE CONGOLAIS
CHEZ LES BALUBA

Conseil Africain d'Actions Concertées


(CAFAC)
Libreville, Gabon

Permettez-moi de commencer mon


propos sur une note de grands
remerciements que j'adresse à Monsieur
le Ministre de la Culture et aux
organisateurs de ce séminaire, pour avoir
bien choisi ce moment précis pour
réunir la communauté culturelle
internationale afin de débattre d'un
vieux sujet qui traîne dans nos tiroirs
depuis la nuit de temps.

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09/10/2019 Gabon - Dance Therapy History

Je voudrais vous parler de la danse, non


pas en tant que spécialiste de la Scène ou
des Arts du Spectacle, mais à travers la
vision d'un rapporteur du vécu qui
touche l'Anthropologie. J'ai donné à
cette communication le Titre : « Le sens
de la danse « Mutuashi » dans le sacré
congolais chez les Baluba ». Je cherche
par là à faire ressortir la place d'une
structure fondamentale de la parole ou
d'une tradition orale d'une société que
nous pouvons appeler: « Civilisation de la
parole » des Lubas du Kasaï au Congo-
Kinshasa.

Dans cette « Civilisation de la parole »,


la structure fondamentale prend
souvent diverses formes, soit la forme de
contes, de fables, de devinettes,
d'épopées, de chants, de musiques, de
rites mais également de danses. Les
Lubas de ce pays font partie de la
Civilisation bantu, un monde qui
rassemble aujourd'hui plus de 150
millions d'hommes, disséminés du Bak-
El-Ghazal des franges soudanaises
jusqu'aux rochers du Cap. Baigné par
l'Atlantique à l'Ouest, l'Océan indien à
l'Est, il se compose de peuples divers et
multiples unis par des parentés de sang,
de culture, par des religions, des
philosophies communes, aussi bien que
par leurs dons artistiques et leurs
caractères métaphysiques.

L'exemple de la représentation orientée


vers le public des danses Ngang chez les
Fangs du Gabon nous est très utile dans
ce cas. Etudiée en 1966 par Jacques
Binet, professeur de l'art africain à la
Sorbonne, elle faisait intervenir une
maîtresse de chœurs, chanteuse assise.
Vêtue à l'instar des modes
traditionnelles, elle essaie d'évoquer le
passé : touffes de raphia ou de rubans
aux biceps, plumes sur la tête, peaux
de bêtes à la ceinture, plumes et
rubans flotteurs selon la cadence. Les
peuplades « Lubas » constituent donc un
ensemble d'une masse cohérente et
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09/10/2019 Gabon - Dance Therapy History

ancienne de l'univers Bantu, l'une des


plus grandes entités humaines de
l'Afrique.

En décrivant pour vous la danse


Mutuashi, au moyen d'exemples, notre
but principal est de donner la relation
qui est à l'origine de celle-ci avec le
sacré chez les Bantu du Congo-
Kinshasa. Pour qu'enfin l'on puisse
comprendre, même si cette danse est
aujourd'hui passée de la tradition orale à
la scène, qu'elle garde toujours pour les
connaisseurs, un rituel qui se doit au
respect quand on veut l'utiliser comme
un langage sacré

Le sens de la danse en Afrique


Peuple de la danse disait L.S. Senghor à
juste titre, en Afrique. Cet Art est au
carrefour de toute recherche artistique,
selon Jacques Binet. D'après lui, la
sculpture est dans la plupart des cas
utilisée pour produire des masques de
danse, la musique où dominent
percussion et rythmes est là pour
accompagner la danse, et la peinture
orne les corps des danseurs.

Une réflexion plus poussée sur la danse


africaine peut fournir des explications
plus claires. Car, en tant qu'Art
complexe, les Occidentaux du XXème
Siècle, en ont oublié le caractère sacré
pour retenir le plaisir des mouvements
qui mobilisent et harmonisent les êtres
dans une communion.

Cependant en Afrique, l'aspect


spectaculaire et théâtral n'a jamais été
prédominant dans les danses tout en
étant présent par rapport à l'aspect
sacré.

L'exemple de la représentation orientée


vers le public des danses Ngang chez les
Fangs du Gabon nous est très utile
https://sites.google.com/site/dancetherapyshistory/gabon 34/53
09/10/2019 Gabon - Dance Therapy History

dans ce cas. Etudiée en 1966, par


Jacques Binet, elle faisait intervenir
une maîtresse de chœurs, chanteuse
assise. Vêtue à l'instar des modes
traditionnelles, elle essaie d'évoquer le
passé : touffes biceps, plumes sur la
tête, peaux de bêtes à la ceinture,
plumes et rubans flotteurs selon la
cadence.

Des sonnailles attachées aux genoux


marquent le rythme avec le tambour
Ngou. Les récitatifs sont composés de
proverbes, de minces historiettes
villageoises ; comme nous le savons,
jadis, les histoires contées étaient
mystérieuses. Une cosmogonie oubliée
s'y révélait. On y voyait alors Dieu (ou
l'Ancêtre) recréant ses filles avec le sang
des bêtes.

En prenant l'exemple d'un ballet


spectaculaire, comme la danse Akwa,
chez les fangs, nous pouvons valoriser
le sens du Spectacle dans certaines
danses en Afrique. L'akwa est de
création récente disent les fondateurs.
(Pourtant ce nom signifierait la « Forge »
où Dieu a créé l'homme). Elle vient d'un
rêve fait par deux frères en 1959. L'un a
eu la révélation de la musique, l'autre
celle des chants et de la chorégraphie.
Après consultation, ils organisèrent une
tragédie de danse comprenant un corps
de ballet de 7 personnes en tenue de
sport, culotte de foot, chemisettes à
liserés. Deux rondes concentriques
tournent en sens contraire. Puis elles se
rompent et deux filles se séparent,
s'éloignent se rapprochent, les femmes
font tournoyer un foulard qu'elles vont
une par une porter au garçon de leur
choix. Ceux-ci retournent la politesse,
aux mêmes et à d'autres. Les hommes
prennent des positions qui évoquent la
gymnastique : marche accroupie, bras
dessus-bras dessous, courbés, se tenant
en un bloc.

Un « commissaire » est là pour activer


les danseurs, pour contrôler la justesse
de leurs mouvements et pour veiller au
règlement, politesse, propreté,
discipline. De temps en temps une
choriste se détache du groupe et vient
saluer les autorités. Des chants
amoureux accompagnent la transmission
du foulard et les incursions des hommes
vers les femmes.

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Dans la diversité des éléments


constitutifs de ce ballet, nous retrouvons
le sens spectaculaire de la danse en
Afrique : les déclarations amoureuses et
la magie, mélangées avec le sens de
l'organisation

Les danses africaines, du même auteur


déjà cité, suggèrent un érotisme qui
révèle des hymnes à la joie et libère des
censures, des tambours comme c'est le
cas chez les Yaka du Congo et du Gabon
avec les danses et les chansons des
jumeaux.

D'autres danses remettent en scène, avec


leur pas guerriers et les chansons viriles,
déclamées, les gloires des peuples qui
ont combattu pour la libération de leurs
communautés, comme dans les
chansons Zoulous et Kossa.

La danse en Afrique devient alors


langage et emportement qui peuvent
être compris comme des manifestations
fantasmatiques de sublimation, de
perfection ou du sacré. C'est donc une
science infuse où le corps réagit à tel
son ou a telle musique particulière. Elle
est plus que théâtre dans un sens sacré.

Danse « Mutuashi » et le sacré


Luba
Chez les peuples Luba du Congo
Kinshasa que nous avons choisi, on danse
pour les activités économiques, on danse
pour l'amour et aussi pour la mort. Il y a
des danses que l'on appelle profanes,
profane dans le sens où le sacré a déjà
perdu de sa force ; effectivement lorsque
le sacré devient obsolète, on tombe dans
le profane.

D'autre part celle qui nous intéresse ici,


Mutuashi et que j'appellerai danse
sacrée, vient du sud-est du Congo
Kinshasa, plus précisément du Kasai
oriental. Elle permet le contact entre
l'homme et sa conscience ou l'homme et
le cosmos, selon qu'il s'agit de la
réjouissance ou du sacré.

Elle devient alors pour le peuple Luba


danse thérapeutique et l'initiation dans

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09/10/2019 Gabon - Dance Therapy History

certain cas ou spectacles de réjouissances


dans d'autres dans le premier cas, elle
renvoie à un rapport cosmo-humain. Au
niveau de cette danse sacrée, Mutuashi,
intervient la tenue et le corps. Car, la
préparation du danseur c'est ce qu'il va
porter ou bien ce qu'il ne va pas porter,
parce que chez les Balubas, l'absence de
tenue est déjà une tenue de danse, dans
des situations particulières. Cette
pratique existe en bien d'autres lieux
comme la Bible le dit du roi David, qui, en
extase, dansait nu devant ses serviteurs.

En prenant le Mutuashi comme des


jumeaux elle est complètement sacrée.
Car elle est constituée d'une cérémonie,
comprenant une tenue appropriée et un
rituel. Elle s'opère au moment de la
présentation des enfants jumeaux au
public. A cette occasion, le papa des
jumeaux, ou Shambuyi en langue
Tshiluba et la maman de jumeaux ou
Muambuyi dans la même langue, sont
nus et, n'ont droit qu'a un petit morceau
d'animal, en général (léopard) comme
cache-sexe avec une ceinture en herbe
qui entoure la hanche plus deux bâtons
de bambous de chine portés autour de
la hanche de chaque côté. L'autre aspect
de la tenue est que, de façon générale
dans cette danse et dans ce cas précis,
le corps des acteurs non concernés par
la naissance des jumeaux est vêtu de
vêtements qui sont faits de raphia avec un
maquillage composé de fards, huiles,
onguents, poudres ...

Et aux sons tambours et chansons, les


deux parents de jumeaux vont exhiber
les gestes de tours de reins, dans le but
mouvement érotique qui a amené
l'homme à fouiller dans la matrice de la
femme où seraient cachées les ovules qui
ont la même ressemblance que Dieu leur
a réservée. A ces tours de reins de
l'homme, la femme doit répondre de la
même manière en cherchant à dépasser
son coéquipier l'image de montrer pour
l'homme « qu'il est fait l'image de Dieu »,
et pour la femme comme pour dire que «
ce que femme veut Dieu le veut ».

Le caractère sacré et mythique de cette


danse ressort dans le fait que toutes ces

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09/10/2019 Gabon - Dance Therapy History

gestuelles symbolisent l'amour


indéfectible qui existe entre le couple
avant la naissance des jumeaux, la
protection de la virilité des enfants et la
prévention des mauvais sorts de tous
genres de la part des jaloux.

 
 
KEU-MI :
DANSE DE
POSSESSION
CHEZ LES
AKYE (SUD-
EST DE LA
COTE
D'IVOIRE)
Adepo Yapo
Ethnomusicologue
Côte d'Ivoire

Introduction
Ayant étudié la musicologie,
particulièrement l'ethnomusicologie, il
est plus facile pour moi de parler du
recours à la musique comme moyen
thérapeutique que celui que l'on pourrait
attribuer à la danse. Mais, lorsque dans la
majorité des cas, mes recherches sur le
terrain font apparaître que musique et
danse participent à une même réalité,
sur le plan cognitif anthropologique de
certaines sociétés africaines, il me paraît
possible d'entrevoir des effets
thérapeutiques au travers d'une pratique
de la danse, possibilité que les
recherches sur la musicothérapie ont,
pour leur part, établie.

Ce phénomène, je l'ai vécu en tant que


musicien au cours de différentes
performances dans la pratique de cet art.
De plus en plus, la pratique
thérapeutique par le biais de l'art est
admise.

Par l'exécution d'un morceau de musique


composé à partir d'une combinaison
heureuse de sonorités douces d'une
sanza shona du Zimbabwe (Mbira) et
d'une berceuse ougandaise, j'ai réussi à

https://sites.google.com/site/dancetherapyshistory/gabon 38/53
09/10/2019 Gabon - Dance Therapy History

soulager des personnes qui avaient des


maux de tête. Ceci me laisse croire que
la danse, manifestation la plus visible et
active d'une audition musicale pourrait
entraîner chez l'auditeur mis en
mouvement en état d'extase où les
sentiments d'angoisses et de refoulement
connaîtraient un dissipement, signe d'un
soulagement semblable à une guérison
car les effets de cette pratique sont
bénéfiques pour le corps et l'esprit de
l'exécutant, ce qui peut lui permettre
de maintenir ou d'établir un état de
santé. La santé selon l'OMS est un état
de complet bien-être à une absence de
maladie en d'infirmité. Dans les pages
qui suivent je vais parler de ce qui se
fait chez les Akyé du sud-est de la
Côte, une société africaine dans
laquelle j'ai effectué la majorité de mes
enquêtes sur le terrain dans le domaine
de l'ethnomusicologie.

Contexte Social
Chez les Akye de Côte d'Ivoire, comme la
plupart des peuples africains, la musique
et la danse connaissent une unicité
conceptuelle. En effet le terme MI
désigne à la fois la musique qui à son
tour renvoie aux instruments de musique
et à la danse. De ce fait il y a MI que l'on
danse.. Si jouer la musique équivaut
pour l'Akyé, lancer et jeter, danser
correspond à trembler tourbillonner se
mettre en mouvement.

Ainsi la danse qui trouve ses reprises


rythmiques dans la musique lui donne
plus de visibilité au plan spatial. C'est
peut-être pourquoi les Akyé n'ont pas
trouvé nécessaire de désigner
différemment. Ceci a permis à Gilbert
ROUGET de dire ceci « les Africains
dansent leurs chants et chantent leurs
danses ». Chants et danses en Afrique
s'inscrivent dans deux catégories. Ici
l'on dénombre le sacré et le profane.
Cette notion de sacré et de profane est
largement déboîté dans les cosmogonies
de chaque peuple. Chez les Akyé, Keu-
Mi, danse de possession ou des
guérisseurs, se range dans la catégorie
du sacré, c'est-à-dire qu'elle est

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09/10/2019 Gabon - Dance Therapy History

strictement réservée à des personnes


initiées et qui constituent une dont le
cercle serait fermé à quelqu'un qui n'est
pas des leurs.

Le mot Keu désigne une catégorie de


signes, des animaux très habiles et
agités dont le pelage conserve des poils
blancs sur le thorax. Ces animaux
constituent le totem des personnes
initiées à cette danse Ken-Mi, qui dans
le sens premier voudrait dire danse des
singes ken à qui l'on attribue en pays
akye, une qualité : malicieuse. Les Akye
disent que l'on ne peut devenir Ken se
en ken-shi que si l'on est doté d'une
intelligence malicieuse.

Qui est Ken-sé ou Ken shi ? Qui


peut devenir Ken-sé ?
La tentative de faire apparaître des
éléments de réponse à ces
interrogations pourrait nous amener à
comprendre le processus en pays akye,
pour le commun des mobiles toute
personne est en proie à ce
conditionnement qui entraîne ou
enclenche de phénomène para-normal
que nous désignons ici sur le vocale de
personne possédée par un génie, un
esprit ou une autre force dotée de
puissance surnaturelle.

La possession se manifeste sous deux


formes. La première résulte d'un état
pathologique du sujet qui, dans un
premier temps, oblige les parents à
engager des dépenses onéreuses pour
que la personne concernée recouvre la
santé.

Si l'état de santé du sujet ne s'améliore


pas, l'on cherche d'autres moyens de
guérison. Après plusieurs tentatives
vaines, le sujet commence, au travers des
songes qu'il fait régulièrement, à recevoir
des messages du génie possesseur qui
lui indique ses intentions, celles de se
servir de son corps comme support pour
opérer des pratiques thérapeutiques
parmi les humains.

La seconde forme de manifestation est


plus spectaculaire. En effet, le cas de
possession des génies, notamment ceux
de la forêt, se traduit par un
enlèvement d'une personne dans le
village et à qui les visiteurs font subir
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09/10/2019 Gabon - Dance Therapy History

une réclusion en forêt et ce, pour une


période plus ou moins longue. Quelque
temps après le disparu regagne les
siens, vêtu et entillé des attributs des
guérisseurs.

Dans les deux cas, les néophytes doivent


subir une initiation chez un maître qui
est lui-même guérisseur. Pendant la
période initiatique, le néophyte reçoit
des instructions relatives aux pratiques
qu'il est contraint désormais de
développer. Outre l'enseignement du
maître, le génie possesseur, les lutins,
les génies géants et d'autres
transmettent, par le biais du songe, les
connaissances théoriques et pratiques
relatives à cette profession de guérisseur.
Parmi les connaissances, la musique et
la danse ont une place fondamentale
car au sortir de cette initiation c'est par
elles que l'évaluation des apprentis
guérisseurs sera faite. En effet, c'est au
travers des événements artistiques
rendus possibles par la musique et la
danse que le néophyte sortant d'une
longue période pathologique va se libérer
et retrouver l'équilibre nécessaire à la
santé dite parfaite. Il est troublant
d'observer parfois des néophytes, qui
auparavant n'avaient jamais pratiqué la
danse, exécuter des pas de danse aux
gestes purs et raffinés que l'on
reconnaît aux maîtres de cet art. Ceci
traduit éloquemment que ce phénomène
décrit bien la danse de possession où le
secret et le sacré se mêlent au corps et
à l'esprit de l'initié pour rendre visible un
autre monde auquel ne peuvent accéder
les profanes.

Danser, dans ce contexte, est un acte


de guérison pour le néophyte sortant de
la période initiatique ; ce geste artistique
ayant pour support rythmique la
musique, permet au pratiquant

de réaliser une seconde guérison, celle de


pouvoir diagnostiquer les maux dont
souffrent les patients ; ce
conditionnement réalisé à l'aide de la
danse permet également de dégager la
posologie du mal ou de la maladie : «
ordonnance ».

https://sites.google.com/site/dancetherapyshistory/gabon 41/53
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Si la pratique de la danse, les


mouvements, les sentiments de
satisfaction et de plaisir peuvent opérer
une thérapie plausible, il n'est pas moins
vrai que le spectacle qui en découle peut
également entraîner d'autres sensations
qui procurent au public des extases
pouvant générer un bien-être. Le
raffinement d'une chorégraphie peut créer
une thérapie pour certains malaises
d'ordre psychologique. Alors il serait
aussi de compter donc le rôle social
des danses populaires qui rythment la
vie des populations en milieu rural. C'est
sur ces notes rassurantes que je partirai
de ce séminaire avec l'espoir que les
hommes pourront expérimenter de façon
consciente ces pratiques thérapeutiques
dans l'art comme thérapie en général et
plus particulièrement l'usage de la danse
comme moyen thérapeutique.

LE GESTE DANS LES DANSES


DE GUERISON D'AUJOURD'HUI

1.       Les danses de guérison


Dans son acceptation la plus générale,
les danses de guérisons sont l'art de
mouvoir le corps humain selon un certain
accord entre l'espace et le temps, accord
rendu perceptible grâce au rythme et à la
composition chorégraphique.

Qu'elle soit spontanée ou organisée la


danse de guérison est souvent
l'expression d'une situation donnée et
peut éventuellement s'accompagner
d'une mimique destinée à la rendre plus
intelligible.
Répondant à une aspiration inhérente à
l'homme, la danse de guérison peut être
considérée par certains, car elle obéit à
une impulsion irrésistible et satisfait
tant le sens artistique que l'exaltation
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09/10/2019 Gabon - Dance Therapy History

nerveuse ou musculaire. Elle a pour


instrument parfois exclusif le corps qui
engendre sa propre rythmique, si elle
n'accède à un degré satisfaisant
d'élaboration que grâce à l'homo ludens.

La danse de guérison ne satisfait pas


seulement les exigences physiques ou
esthétiques. Elle n'a cessé depuis les
origines les plus obscures de jouer un
rôle important dans le vie religieuse de
l'humanité. Elle est en effet un moyen
privilégié d'entraîner l'homme hors des
limites que lui impose la conscience de la
réalité quotidienne.

Cette sorte de gymnastique mystique


permet de communier avec la nature,
avec le rythme auquel est soumis
l'univers.

Il existe plusieurs types de danses de


guérison, car les moyens employés
comme les buts recherchés diffèrent
selon les communautés. Toutefois on
peut observer des constantes, par
exemple les mouvements répétés
obstinément tendent souvent à
provoquer au moyen d'un automatisme
musculaire, une sorte d'inconscience.

On ne peut à l'origine distinguer


danses religieuses et danses profanes.
La danse est génératrice d'extase,
imprégnée d'un caractère magique.
L'action hypnotique des rythmes,
conjuguée avec certaines évolutions
stéréotypées,
• provoquent des états
psychophysiologiques qui peuvent
suggérer à l'extrême limite de
l'excitation nerveuse, la «possession ».
• aboutissent souvent à une éclipse
plus ou moins prolongée de la vie
consciente.

De par leurs chorégraphies


cérémonielles (gestes), les danses de
guérisons peuvent être ramenées à trois
types principaux sans qu'intervienne une
antériorité quelconque.

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2.      Le geste dans les danses de


guérison
L'ivresse choréique
L'ivresse   choréique   relève  
essentiellement   de   la   frénésie
  rythmique.   Elle   consiste   en
trépignements, déhanchements,
balancements et tournoiements,
génuflexions, torsions du bi et de la tête
au moyen desquels les danseurs peuvent
accéder au monde surnaturel. C'est ainsi
que ces derniers sont sensés prendre
contact avec les génies susceptibles de
leur livrer des connaissances sur une
maladie ou sur un remède.

En Afrique, les Haoussas du Soudan ou


les Songhaïs du Niger entrent en relation
avec les esprits que viennent d'évoquer
les tambours sacrés.
L'érotisme se donne souvent libre cours
dans ces sortes d'ivresses choréiques.
Les extases pratiquées par les Ménades
et les Satyres dans l'oribasie, ont pu
être utilisées à titre thérapeutique afin
de guérir certains troubles. Actuellement
encore, des psychiatres au Brésil
notamment, tentent de les employer afin
de guérir les maladies mentales.

Initier au rituel, les célébrants revêtus de


costumes, voire de masques consacrés,
exécutent des évolutions rythmées. Les
confréries de danseurs jouent
notamment un rôle essentiel dans les
rites funéraires. Toutefois, l'Afrique se
caractérise par une intuition extravertie
ou imitative. S'élance, bondisse chaque
attitude, chaque geste y revêt une
signification précise. A l'aide d'un
nombre considérable de poses qui
commandent non seulement bras, mains,
jambes, mais aussi cou, yeux, sourcils,
front, le danseur parvient à exprimer les
êtres, les animaux, les fleuves, les
vents, le feu, les dieux et les astres. La
pratique de ce vocabulaire mimique
suppose une virtuosité, une souplesse et
un contrôle incessants de tous les
muscles, les jambes ainsi déployées se
détachent rarement du sol que martèlent
les pieds. Toute l'orchestration se
développe en dedans. La stylisation
s'ajoute à la combinaison. Fruit d'une
culture introvertie, cette évocation de la
réalité s'exprime uniquement par
l'abstraction.

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3.       Le geste et toute sa


signification
Ces différents systèmes de
communications, d'échanges ou de
régulation des rapports entre les dieux
et les hommes, utilisent un registre de
gestes rituels qui sont difficiles à isoler,
tant il est vrai que la place leur est
accordée à l'intérieur de chaque
système et les divers enchaînements
auxquels ils se prêtent, peuvent en
modifier la forme et le sens, à l'exemple
du sacrifice et de la prière qui le plus
souvent interviennent dans les rituels de
guérisons. Ce qui différencie ces deux
derniers est le système de mise à mort
de l'animal, de ce sang qu'il faut faire
couler afin que les esprits reçoivent leur
part dans le repas auquel toute la
communauté est conviée.

La logique sacrificielle présente deux


voies alternatives que l'on rencontre en
Afrique. En choisissant comme animal
sacrifié « le pangolin » ou « le fourmilier à
écailles », animal par excellence puisqu'il
contredit toutes les catégories animales
courantes par son ambiguïté.

La danse est célébration, la danse est


langage
• langage en deçà de la parole : les
danses nuptiales des oiseaux le montrent
;

• langage au-delà de la parole : là où


ne suffisent plus les mots, surgit la danse.

Et qu'est-ce que cette fièvre, capable de


saisir et d'agiter jusqu'à la frénésie toute
créature ? Sinon la manifestation
souvent explosive de l'instinct de vie,
qui n'aspire qu'à rejeter toute la

dualité du temporel pour retrouver d'un


bond l'unité première où corps et âme,
créateur et création visible et invisible se
retrouvent et se soudent hors du temps,
en une unique extase.

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La danse clame et célèbre


l'identification à l'impérissable
Telles sont toutes les danses
principielles, toutes les danses qui se
qualifient de sacrées. Mais telles sont
aussi dans la vie dite « profane »,
toutes les danses populaires ou
savantes, élaborées ou improvisées,
individuelles ou collectives qui peu ou
prou recherchent une libération dans
l'extase, que celles-ci se limitent au
corps ou qu'elles soient plus sublimées,
dans la mesure où l'on veut bien
admettre qu'il y a des degrés, des
façons et des mesures d'extases.

L'ordonnance de la danse, de son


rythme, représente l'échelle par laquelle
s'accomplit la libération, l'exemple de
l'Afrique, patrie des « orisha et du
vaudou », jusque dans les danses les
plus libres de notre temps, l'homme
exprime par la danse, le même besoin
d'affranchissement du périssable.
Les nombreuses danses rituelles
cherchent à fortifier et à conduire l'âme
sur l'invisible sentier qui mène du
périssable à l'impérissable.

Car si la danse est épreuve fervente et


théâtre, elle est aussi Prière
On pourrait en citer mille exemples : les
danses de possession montrent que ce
théâtre essentiellement symboliste,
possèdent aussi des vertus curatives, et
telle est sans doute la raison pour
laquelle la médecine découvre ou
redécouvre une thérapeutique de la
danse que les cultures dites « animistes »
ont toujours appliqué.

Elles impliquent de la part des


exécutants, des dons d'acteurs. Elles
supposent généralement, le port de
déguisements, de masques ou tatouages,
d'accessoires évocateurs. Grâce aux
gestes imitatifs, les danseurs croient
capter une force et l'asservir. En
concentrant leurs énergies, ils veulent
avant tout figurer les événements désirés
afin de les susciter.

Le rôle de l'autosuggestion préalable


suppose une exaltation plus ou moins
violente qui conduit de la simulation
consciente à la simulation inconsciente.
Ces danses incitatives s'inspirent d'abord
du cycle de vie humaine, souvent les
comportements d'animaux auxquels la
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collectivité se croit liée et des


phénomènes naturels que l'on va soit
provoquer, soit écarter.

Les premières sont essentiellement des


danses de fécondités pour soigner les
femmes ayant des complications
gynécologiques et sont moins fertiles.
Souvent phalliques et lascives, elles
mettent l'accent sur la sexualité, la
propagation de la vie. Certaines danses
magiques s'appliquent à imiter des
animaux auxquels les danseurs se
sentent liés par des affinités
mystérieuses.

Les unes ont un caractère totémique,


leurs exécutants cherchant à s'identifier
avec l'animal-type dans lequel ils voient
l'origine de leur clan, auront recourt à
son assistance dans les cérémonies de
guérisons collectives du clan.

4.      Les danses sacrées


Plus intéressantes sont les danses qui
cherchent à créer une communication
mystique entre l'homme  et la nature. 
Le  danseur doit faire  ici  un effort
plus  subtil  d'observation et
 
d'interprétation quand il veut évoquer ou
enter en contact avec les éléments. Ainsi
atteint-on le stade le plus élaboré des
danses religieuses qui substitue à
l'imitation naïve une partie symbolique
ou mystique et suppose l'adoption de
conventions.

• Les « Tété du Kasaï »


cherchent à jeter un pont sur la
distance qui s'agrandit
dangereusement entre les hommes
et les dieux. L'artifice rituel
consiste en l'absorption
alimentaire d'un être médiateur (
pangolin ) au sein duquel un
rapport de contiguïté
s'établit entre le ciel et la terre. Le
geste unit les contraires et de cette
union, se dégage
un pouvoir bénéfique.

• A l'opposé, les « Nuer du


Soudan » utilisent le sacrifice pour
mettre fin à la contusion
dangereuse du profane et du
sacré, source de désordre et de

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maladie. La consécration
de l'animal (notamment par le
frottement de cendre sur son dos
), qui est ici un animal
domestique (boeuf, poule ou
cabri ) appartenant au
sacrificateur,- est donc déjà une
partie mondaine de lui-même, vise
d'abord à marquer l'identification
du sacrificateur à
l'animal sacrifié et souvent par ce
biais, au destinataire lui-même
(esprit, génie, dieux). Cette fusion
mystique entre le donneur, sa
victime et son dieu . ne fait que
préparer
la séparation violente entre 1
"homme et l'esprit qui l'habite,
assurée par la mise à mort
et l'écoulement du sang.

• Chez les « Thongu du


Mozambique », le malade se
précipite sur la blessure de
l'animal sacrifié, en suce le sang
avec avidité pour aussitôt le
recracher et expulser
l'esprit.  Cet acte  de 
séparation,  qui pendant  la 
danse,  est toujours  une  forme
d'automutilation ou de sacrifice
de soi, libère la victime et le
sacrificateur d'une
confusion dangereuse et permet
ainsi de retrouver la bonne
distance entre les hommes
et les dieux.

Le geste du repas sacrifié repose sur un


partage qui non seulement recoupe les
divisions sexuelles et sociales du
groupe, mais distingue nettement la
part des dieux et la part des hommes
« Dieu prend le yegh, disent les Nuer,
c'est à dire la vie, l'homme prend le rivg,
la viande ». Chez les Thonga, le geste
est finalement un rituel d'exorcisme
qui vise à remédier aux troubles du
malade, interprétés comme effets
destructeurs de la présence d'une
puissance hostile, dangereuse et
étrangère au groupe, dans le corps du
sujet.

L'esprit maléfique est transféré par les


gestes, du corps du malade au corps de
l'animal. L'accumulation des gestes
concernant la guérison, illustre la façon
dont les sociétés africaines cherchent à
maintenir l'équilibre précaire, de
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maîtriser et de l'informer que


l'événement du geste peut rompre
brutalement.

C'est dans les rites des danses de


guérisons que s'affirme l'efficacité de
cette logique du symbolisme en Afrique
où la danse plus que partout ailleurs au
monde, extraversion, elle est la forme la
plus dramatique de l'expression
culturelle, car elle est la seule où
l'homme en tant que refus du
déterminisme de la nature, se veut non
plus seulement liberté, mais « libération
de ses limites ».

C'est pourquoi la danse est la seule


expression mystique de la religion
africaine.

QUAND LE BWITI ASSOCIE LA


DANSE A LA THERAPEUTIQUE

Gabon

Je ne suis pas guérisseur, je suis tout


simplement un universitaire qui croit à la
tradition et qui étudie depuis quelques
années certains des aspects de la
tradition Bwiti. J'ai observé, j'ai écouté,
j'ai noté et j'ai quelques résultats. C'est
pourquoi, je me permets aujourd'hui de
venir parmi vous pour vous parler d'un
aspect essentiel : Quand le Bwiti associe
la danse à la thérapeutique.

Les résultats que je rapporte ici ont été


obtenus dans une école traditionnelle à
Awendjé dans le Mbandja de Moveny à
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Libreville. La période d'études durait


de juillet 1997 à novembre 2000. Les
informations proviennent d'enquêtes et
d'observations personnelles.

1.      La problématique
Au Gabon, il existe une tradition
appelée Bwiti que les occidentaux
classent au rang de religion alors que le
Bwiti est plus qu'une simple religion.
C'est un tout. C'est la vie, tout court. Le
Bwiti englobe tout : l'homme, la
médecine, la danse, la chanson, le
comportement, la philosophie,
l'éducation, la politique, les palabres, etc.

Il y a une expression que les


Occidentaux ont souvent utilisée pour
traduire le fait que l'on fasse du Bwiti :
danser le Bwiti comme si le Bwiti était
limité à la seule danse.

Mais le Bwiti n'est pas synonyme de


danse. C'est pourquoi, je propose plutôt
que l'on parle de pratique du Bwiti, on
pratique le Bwiti quand on fait du Bwiti.

Quelle est la signification de la danse ?


Lorsqu'on parle de danse, le commun
des mortels pense automatiquement au
folklore, ce qui est la tendance générale
des gens, et nous avons souvent partagé
cet avis. C'est pourquoi, on parle dans le
langage courant « de danser au Bwiti ».

2.      La danse, c'est d'autre


chose
La danse est souvent liée à nos rites et
traditions. La danse est un moyen
d'expression, une technique d'accès au
sacré. La danse a été toujours pour les
Africains le moyen d'expression essentiel
de tout ce qui est important. Elle a
probablement été un mode de relation
avec le sacré et le conditionnement pour
communiquer avec l'au-delà.

3.       Relation entre la danse et la


guérison
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Lorsqu'on observe ce qui se passe à


l'intérieur de la tradition Bwiti, on se rend
compte que le malade qui suit les soins
est souvent invité à danser. Alors quelle
relation peut exister entre la danse et la
guérison ?

Il y a des choses qu'on n'arrive


difficilement à expliquer ou à
interpréter. Il importe simplement de
poser des hypothèses.

1) Pourquoi danse -t-on après avoir


consommé l'Iboga, (Tabernanthe iboga)
?
D'abord on prend l'Iboga pour se
soigner, on dit que le fait de danser
permet à une personne de combattre la
fatigue car l'Iboga vous rend lourd dès
que vous restez longtemps assis.

2) Pourquoi danse-t-on dès qu'on vient


de se faire consulter après avoir pris
l'Iboga ?
Il semble que la danse permet au
Nganga qui consulte de déceler les
parties malades du patient. C'est-à-dire
de le consulter à travers la danse.

3) Pourquoi un patient qui suit des


soins doit être amené à danser à
chaque fois souvent ?
On dit en médecine traditionnelle que la
danse est le tout premier soin qu'on
administre à un malade. On pense qu'en
fonction de la manière de danser du
patient, le guérisseur évalue si oui ou
non le malade recouvre sa santé d'antan.

Ces quelques exemples montrent que la


danse est liée au rite du Bwiti. A travers
donc le Bwiti, on découvre que la danse a
un rapport étroit avec le traitement des
malades.

Si la danse est parfois perçue comme un


spectacle par le grand public, force est
de constater que dans la tradition Bwiti,
la danse symbolise quelque chose de
plus profond. On pense que la divinité
parle parfois dans la musique du
Mungongo ou dans les chants
accompagnés des tambours.

On pense aussi que la danse est un


passage obligé quand on veut vraiment
atteindre un but. Il n'y a pas à
proprement parler de rites sans
l'organisation de la danse; si bien que la
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danse est devenue pour le Bwiti quelque


chose de sacré. On dit à cet effet que la
danse est imprégnée de sacré et tout se
passe dans cette logique qui montre que
toute la vie, toute la philosophie du Bwiti
tourne autour du sacré.

Nous avons retenu quelque chose


d'important, la danse est essentielle
dans le Bwiti. Il n'y a pas de Bwiti sans la
danse et la guérison suit le rythme de la
danse

Si le test est facile à faire pour le


guérisseur, il est plutôt difficile à
interpréter pour le commun des mortels.
Quand un malade qui danse sur une
piste a du mal à soulever ses pieds, le
guérisseur sait qu'il est lourd et par
conséquent, la maladie n'est pas encore
partie. Quand, par contre, un autre
patient qui danse donne l'impression
d'être très léger dans ses mouvements,
on dit que le malade commence à se
débarrasser de ses charges et par
conséquent sa vie commence à être
sauvée. La danse peut être considérée
dans le Bwiti comme étant un outil
d'appréciation de la maladie. Le geste, les
pas, le rythme du corps, l'humeur sont
des éléments d'appréciation qui aident le
guérisseur à apprécier l'état de santé du
malade.

LISTE DES INTERVENANTS


 

AMEGNOTO Régis (Togo)

AYERES Major (Sao-Tomé et

Principe)

BOURBOU BOURBOU Henri

(Gabon)

DELPHIN Carlos (Sao-Tomé et

Principe)
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KABEYA Hassan (Congo RDC)

KODJO Sodokin (Bénin)

LEKOSSO Lekosso Paul Henri

(Gabon)

MASSAMOUNA (Congo

Brazzaville)

MAYOUMA Omer Magloire

(Congo Brazzaville)

MMBA BITOME Jérôme (Gabon)

MMBA OSSA Domingo (Guinée

Equatoriale)

NKOGHE Stéphanie (Gabon)

N'NOH Francine (Gabon)

NDIAYE Mustapha (Sénégal)

OLABELE (Nigeria)

YAPO Adepo (Côte d'Ivoire)

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