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Université François Rabelais de Tours

Département de Mathématiques

Td 1 : Formes linéaires, Hyperplans, Dualité

Algèbre Semestre 4, 2015

Exercice 1
Soit n un entier naturel supérieur ou égal à 2.
1. Rn−1 est-il un hyperplan de Rn ? Donner la forme générale des formes linéaires sur Rn , en déduire
une caractérisation de ses hyperplans.
2. Rn−1 [X] est-il un hyperplan de Rn [X] ? Si oui, en donner tous ses supplémentaires.
Solution. 1. Non ! En fait Rn−1 6⊂ Rn .
Une forme linéaire sur Rn est de la forme :
n
X
ϕ(x1 , . . . , xn ) = λi xi où λi ∈ R pour tout i ∈ {1, . . . , n}
i=1

et donc les hyperplans de Rn sont de la forme

{x = (x1 , . . . , xn ) ∈ Rn | λ1 x1 + . . . + λn xn = 0}.

2. Méthode 1. L’ensemble des polynômes de degré inférieur ou égal à n − 1 est clairement inclu dans
l’ensemble des polynômes de degré inférieur ou égal à n. Montrons que Rn−1 est bien un s.e.v de Rn :
1. Le polynôme nul est bien dans Rn−1 [X] ;
2. Soit P, Q ∈ Rn−1 [X] et λ ∈ R. Alors deg(P + λQ) ≤ n − 1 et on a bien P + λQ ∈ Rn−1 [X].
On montre facilement que la famille (1, X, . . . , X n−1 ) est une base de Rn−1 [X], et donc dim(Rn−1 [X]) = n.
Comme dim(Rn [X]) = n + 1, Rn−1 [X] est bien un hyperplan de Rn [X].

Méthode 2. Soit
ϕ: Rn [X] −→ R
n
ai X i 7−→ an
P
P =
i=0

L’application ϕ est une forme linéaire. Elle est non nulle puisque ϕ(X n ) = 1. De plus ker(ϕ) = Rn−1 [X]
et donc Rn−1 [X] est bien un hyperplan de Rn .

Supplémentaires de Rn−1 [X]. On rappelle le résultat de cours suivant (Chapitre 1, Théorème 1) où


K désigne un corps et E un espace vectoriel de dimension finie :

H est un hyperplan de E ⇐⇒ ∀u0 ∈


/ H, H ⊕ Vect(u0 ) = E

Ainsi si P est un polynôme de degré n alors Vect(P ) est un supplémentaire de Rn−1 [X].

Il reste à montrer que tous les supplémentaires de Rn−1 [X] sont de cette forme. Soit D un supplémen-
taire de Rn−1 [X]. Le s.e.v D est de dimension 1 donc D est engendré par tous ses vecteurs non-nuls.
Puisque D 6⊂ Rn−1 [X], D contient nécessairement un polynôme de degré n. Ainsi D = Vect P où
P ∈ D est un polynôme de degré n.
Exercice 2
Dans E = R5 , muni de sa base canonique B0 = (e1 , e2 , e3 , e4 , e5 ), on considère :
F = Vect(u, v, w, t) où : u = (1, 0, 2, 0, 3); v = (2, 0, 1, 0, −1); w = (−1, 0, 1, 0, 2); t = (−1, 0, 4, 0, 9).
Par la méthode d’échelonnement, déterminer :
— le rang de la famille (u, v, w, t)
— une base de F , sa dimension, l’un de ses supplémentaires dans E et l’un de ses systèmes d’équations.
Solution. On a


1 0 2 0 3 1
0 2 0 3 1
0 2 0 3 1
0 2 0 3
2 0 1 0 −1 0 0 −3 0 −7 0 0 −3 0 −7 0 0 −3 0 −7
−→ −→ −→

−1 0 1 0 2 0 0 3 0 5 0 0 0 0 −2 0 0 0 0 −2
−1 0 4 0 9 0 0 6 0 12 0 0 0 0 −2 0 0 0 0 0

et donc la famille (u, v, w, t) est de rang 3. De plus, on voit que


1. la famille  
(1, 0, 2, 0, 3), (0, 0, −3, 0, −7), (0, 0, 0, 0, 2)

est une base de F , donc dim(F ) = 3


2. le s.e.v : 
  x1 = 0

G = Vect (0, 1, 0, 0, 0), (0, 0, 0, 1, 0) d’équations x3 = 0

x5 = 0

est un supplémentaire de F .

Exercice 3
Dans E = R4 , muni de sa base canonique B0 = (e1 , e2 , e3 , e4 ), on considère :

F = {(x, y, z, t) ∈ E | x + y − z − t = 0}.

Justifier que F est un hyperplan de E, en déduire sa dimension, puis en donner une base,
toutes ses équations et tous ses supplémentaires dans E.

Solution.
1. F est un hyperplan. La forme linéaire

ϕ: R4 −→ R
(x, y, z, t) 7−→ x + y − z − t

est non nulle car ϕ(1, 0, 0, 0) = 1 6= 0 et F = ker(ϕ). Ainsi F est un hyperplan de E.


2. Dimension de F . Puisque F est un hyperplan de R4 , qui est de dimension 4, F est de dimension 3.
3. Equations de F . Toutes les équations de F sont de la forme λ · (x + y − z − t) = 0 avec λ ∈ K∗ .
4. Base de F . Les vecteurs de F sont de la forme
       
z+t−y −1 1 1
 y   1   0 
  0 
  = y +z + t  où y, z, t ∈ R.
 z   0   1   0 
t 0 0 1

    
−1 1 1
 1   0   0 
On voit donc que la famille composée des vecteurs   0 , 1 ,
     est une famille
0 
0 0 1
génératrice de F , de plus elle clairement libre, ainsi c’est une base de F .
5. Supplémentaire de F . Comme F est un hyperplan,
 tous
 les supplémentaires de F sont de la forme
x
 y 
Vect(u) où u ∈
/ F . En d’autres termes, si u = 
 z  est tel que x + y − z − t 6= 0 alors Vect(u)

t
est un supplémentaire de F .

Exercice 4
Dans E = R2 [X], on considère : F = {P ∈ E | P (1) + P ′ (0) = 0}.
Justifier que F est un hyperplan de E, en déduire sa dimension, puis en donner une base,
toutes ses équations et tous ses supplémentaires dans E.

Solution.
1. F est un hyperplan. La forme linéaire

ϕ : R2 [X] −→ R
P 7−→ P (1) + P ′ (0)

est une forme linéaire. En effet, si P, Q ∈ R2 [X] et λ ∈ R alors

ϕ(P + λQ) = (P + λQ)(1) + (P + λQ)′ (0)


= P (1) + λQ(1) + P ′ (0) + λQ′ (0)
= P (1) + P ′ (0) + λ(Q(1) + Q′ (0))
= ϕ(P ) + λϕ(Q).

De plus ϕ est non-nulle, par exemple on a ϕ(X) = 1+ 1 = 2. Et donc ker(ϕ) = F est un hyperplan
de E.
2. Dimension de F . Puisque F est un hyperplan de R2 [X], qui est de dimension 3, F est de dimen-
sion 2.
3. Equations de F . Tout polynôme P ∈ R2 [X] s’écrit sous la forme aX 2 + bX + c avec a, b, c ∈ R.
On a donc
ϕ(P ) = 0 ⇐⇒ a + b + c + b = 0 ⇐⇒ a + 2b + c = 0.
Toutes les équations de F sont donc de la forme λ · (a + 2b + c) = 0 avec λ ∈ K∗ .
4. Base de F . Les polynômes appartenant à F sont de la forme :

(−2b − c)X 2 + bX + c = b(−2X 2 + X) + c(−X + 1)

Ainsi la famille composée des polynômes −2X 2 + X et −X + 1 est une famile génératricee F , de
plus elle clairement libre, c’est donc une base de F .
5. Supplémentaire de F . Comme F est un hyperplan, tous les supplémentaires de F sont de la forme
/ F . En d’autres termes, si P = aX 2 + bX + c vérifie a 6= −2b − c alors Vect(u) est
Vect(u) où u ∈
un supplémentaire de F .

Exercice 5
Dans E un K- espace vectoriel de dimension finie n, où n ∈ N∗ , on considère deux vecteurs distincts
u et v de E. Construire une forme linéaire ϕ sur E telle que : ϕ(u) 6= ϕ(v).
[Indication : Compléter e1 = u − v en une base B de E.]

Solution. On pose e1 = u − v. D’après le théorème de la base incomplète, il existe une famille de


vecteurs (e2 , . . . , en ) tels que B = (e1 , . . . , en ) forme une base de E. Soit B ∗ = (e∗1 , . . . , e∗n ) la base
duale de B. Par définition, on a e∗1 (e1 ) = 1. Or e∗1 (e1 ) = e∗1 (u) − e∗1 (v) 6= 0 et donc e∗1 (u) 6= e∗1 (v). La
forme linéaire e∗1 convient.
Exercice 6
Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie n, n ∈ N∗ .
1. Soient H1 et H2 deux hyperplans de E, discuter la dimension de H1 ∩ H2 . Plus généralement, si
F est un s-ev de E, discuter la dimension de H1 ∩ F .
2. Soient Hi = ker ϕi , où 1 6 i 6 3 et ϕi ∈ E ∗ \{0}, trois hyperplans de E. Discuter suivant le
rang r de (ϕ1 , ϕ2 , ϕ3 ) la dimension de H1 ∩ H2 ∩ H3 . Interpréter géométriquement les résultats
pour n = 3.
3. Si H1 , H2 , ..., Hp sont p hyperplans de E, prouver que : dim(H1 ∩ H2 ∩ ... ∩ Hp ) > n − p.
4. Soient H un hyperplan et u un vecteur de E\H.
Prouver que l’on peut construire une base de E contenant u et aucun vecteur de H.
Solution. 1. Si H1 = H2 alors dim(H1 ∩ H2 ) = dim(H1 ) = n − 1. Supposons maintenant que H1 6= H2 .
Tout d’abord, on sait que

dim(H1 + H2 ) = dim(H1 ) + dim(H2 ) − dim(H1 ∩ H2 )

Comme H1 6= H2 , il existe u0 ∈ H1 \H2 et comme H2 est un hyperplan, on sait que H2 ⊕ Vect(u0 ) = E.


On obtient alors H1 + H2 = E et :

dim(H1 ∩ H2 ) = dim(H1 ) + dim(H2 ) − dim(H1 + H2 ) = n − 2.

Si F ⊂ H1 alors dim(H1 ∩ F ) = dim(F ). Supposons maintenant que F 6⊂ H1 . Alors il existe u0 ∈ F \H1


et comme H1 est un hyperplan, on a H1 ⊕ Vect(u0 ) = E. On obtient alors H1 + F = E et :

dim(H1 ∩ F ) = dim(H1 ) + dim(F ) − dim(H1 + F ) = (n − 1) + dim(F ) − n = dim(F ) − 1.

2. Si r = 1 alors il existe ϕ ∈ E ∗ tel que Vect(ϕ1 , ϕ2 , ϕ3 ) = Vect(ϕ) et dans ce cas H1 = H2 = H3 . On


a alors dim(H1 ∩ H2 ∩ H3 ) = n − 1 = n − r.

Si r = 2, alors il existe ψ1 , ψ2 ∈ E ∗ linéairement indépendantes telles que Vect(ϕ1 , ϕ2 , ϕ3 ) = Vect(ψ1 , ψ2 ).


De plus on a
ker(ϕ1 ) ∩ ker(ϕ2 ) ∩ ker(ϕ3 ) = ker(ψ1 ) ∩ ker(ψ2 ).
D’après le théorème de la base incomplète, on peut compléter la famille (ψ1 , ψ2 ) en une base B ∗ =
(ψ1 , ψ2 , ψ3 , . . . , ψn ) de E ∗ . Soit (e1 , . . . , en ) la base préduale de B ∗ . On a alors
n
X
∀x ∈ E, x = ψi (x)ei .
i=1

On voit donc
n
X
x ∈ ker(ψ1 ) ∩ ker(ψ2 ) ⇐⇒ x = ψi (x)ei ⇐⇒ x ∈ Vect(e3 , . . . , en )
i=3

et donc dim(ker(ψ1 ) ∩ ker(ψ2 )) = n − 2 = n − r.

Si r = 3, alors la famille (ϕ1 , ϕ2 , ϕ3 ) est linéairement indépendante. D’après le théorème de la base


incomplète, on peut donc la compléter en une base B ∗ = (ϕ1 , ϕ2 , ϕ3 , . . . , ϕn ) de E ∗ . Soit (e1 , . . . , en )
la base préduale de B ∗ . On a alors
n
X
∀x ∈ E, x = ϕi (x)ei .
i=1

On voit donc
3
\ n
X
x∈ ker(ϕi ) ⇐⇒ x = ϕi (x)ei ⇐⇒ x ∈ Vect(e4 , . . . , en )
i=1 i=4
et donc dim(ker(ϕ1 ) ∩ ker(ϕ2 ) ∩ ker(ϕ3 )) = n − 3 = n − r.

3. Soient (ϕ1 , . . . , ϕp ) ∈ E ∗ tels que Hi = ker(ϕi ) pour tout 1 ≤ i ≤ p. Soient r = rang(ϕ1 , . . . , ϕp ), on


remarque que r ≤ p. Il existe alors r formes linéaires indépendantes ψ1 , . . . , ψr tels que Vect(ϕ1 , . . . , ϕp ) =
Vect(ψ1 , . . . , ψr ). On a alors
\p \r
ker(ϕi ) = ker(ψi ).
i=1 i=1

D’après le théorème de la base incomplète, on peut compléter la famille (ψ1 , . . . , ψr ) en une base
B ∗ = (ψ1 , . . . , ψn ) de E ∗ . Soit (e1 , . . . , en ) la base préduale de B ∗ . On a alors
n
X
∀x ∈ E, x = ψi (x)ei .
i=1

On voit donc
r
\ n
X
x∈ ker(ψi ) ⇐⇒ x = ψi (x)ei ⇐⇒ x ∈ Vect(er+1 , . . . , en )
i=1 i=r+1
T
et donc dim( ker ψi ) = n − r ≥ n − p. Dans le cas où r = n = p, l’équivalence ci-dessus devient
n
\
x∈ ker(ψi ) ⇐⇒ x = 0
i=1
T
soit dim( ker ψi ) = 0.

4. Soit ϕ ∈ E ∗ tel que H = ker(ϕ). On a ϕ(u) 6= 0 puisque u ∈ / H. Soit maintenant (e2 , . . . , en )


une base de H. On voit que (u, e2 , . . . , en ) forme une base de E puisque H ⊕ Ku. On pose B =
(u, e2 +u, . . . , en +u). Montrons que B est aussi une base de E. Pour cela, puisque B contient n vecteurs
et que E est de dimension E, il suffit de montrer que c’est une famille libre. Soient λ1 , . . . , λn ∈ K tels
que
Xn
λ1 u + λi (ei + u) = 0E .
i=2
On a
n
X n
X  n
X
λ1 u + λi (ei + u) = λi u + λi ei = 0E
i=2 i=1 i=2

et donc, comme (u, e2 , . . . , en ) est une base de E cela implique


n
X
∀2 ≤ i ≤ n, λi = 0 et λi = 0
i=1

et donc λi = 0 pour tout i. Ainsi B est bien une base de E. De plus

ϕ(u) 6= 0 et ϕ(ei + u) = ϕ(ei ) + ϕ(u) = ϕ(u) 6= 0, ∀i ∈ {2, . . . , n}

donc B contient u et aucun vecteur de H.

Exercice 7
Dans E = R3 , muni de sa base canonique B0 = (e1 , e2 , e3 ), on considère :
u1 = e2 + e3 , u2 = e2 − e3 et u3 = e1 + e2 − 2e3 .
1. Justifier que B = (u1 , u2 , u3 ) est une base de E et déterminer sa base duale B ∗ . En déduire la
matrice de passage Q de B à B0 .
2. On pose F = Vect(u1 , u2 ). Justifier que F est un hyperplan de R3 et déterminer l’une de
ses équations.
3. Déterminer un système d’équations de G = Vect(u3 ).
Solution. On calcule de déterminant de la famille B dans la base canonique :

0 0 1
1 1
1 1 1 =
= −2

1 −1 −2 1 −1

et donc B forme bien une base de E. Soit B ∗ = (u∗1 , u∗2 , u∗3 ) la base duale de B. On doit donc résoudre :
u∗i (uj ) = δi,j pour tout 1 ≤ i, j ≤ 3.

i = 1 On pose u∗1 = ae∗1 + be∗2 + ce∗3 où a, b, c ∈ R. On a


 
 u∗1 (u1 ) = b + c = 1  a = 1/2
u∗1 (u2 ) = b − c = 0 =⇒ b = 1/2
 ∗
u1 (u3 ) = a + b − 2c = 0 c = 1/2

i = 2 On pose u∗2 = ae∗1 + be∗2 + ce∗3 où a, b, c ∈ R. On a


 ∗ 
 u2 (u1 ) = a + c = 0  a = −3/2
u∗2 (u2 ) = a − b = 1 =⇒ b = 1/2
 ∗
u2 (u3 ) = b − c = 0 c = −1/2

i = 3 On pose u∗3 = ae∗1 + be∗2 + ce∗3 où a, b, c ∈ R. On a


 ∗ 
 u3 (u1 ) = a + c = 0  a=1
u∗3 (u2 ) = a − b = 0 =⇒ b=0
 ∗
u3 (u3 ) = b − c = 1 c=0

Finalement on a B ∗ = ( 12 (e∗1 + e∗2 + e∗3 ), 21 (−3e∗1 + e∗2 − e∗3 ), e∗1 ). On sait que
3
X
∀v ∈ E, v = u∗i (v)ui .
i=1

Ainsi
3
X 1 3
e1 = u∗i (e1 )ui = u1 − u2 + u3
2 2
i=1
3
X 1 1
e2 = u∗i (e2 )ui = u1 + u2
2 2
i=1
3
X 1 1
e3 = u∗i (e3 )ui = u1 − u2
2 2
i=1

et  
1 1 1
1
Q = −3 1 −1 .
2
2 0 0
2. Puisque B = (u1 , u2 , u3 ) est une base de E, tout sous famille de B est une famille libre. Ainsi (u1 , u2 )
est une famille libre de E et donc (u1 , u2 ) engendre un espace de dimension 2. On a dim(F ) = 2, c’est
donc un hyperplan de R3 . On a
u = (x, y, z) ∈ F ⇐⇒ u ∈ Vect(u1 , u2 ) ⇐⇒ u∗3 (u) = 0 ⇐⇒ x = 0.
Ainsi x = 0 est une équation de F .
(
x+y+z =0
3. On a u = (x, y, z) ∈ G ⇐⇒ u ∈ Vect(u3 ) ⇐⇒ u∗1 (u) = u∗2 (u) = 0 ⇐⇒ .
−3x + y − z = 0
Exercice 8
Sur E = R3 [X], on considère les cinq formes linéaires φ1 , φ2 , φ3 , φ4 et ψ définies par :
Z 1
φ1 (P ) = P (0), φ2 (P ) = P ′ (0), φ3 (P ) = P (1), φ4 (P ) = P ′ (1) et ψ(P ) = P (t)dt.
0

1. Prouver que (φ1 , φ2 , φ3 , φ4 ) est une base de E ∗ et déterminer sa base préduale (H1 , H2 , H3 , H4 ).
2. Déterminer le quadruplet (a, b, c, d) de R4 tel que : ψ = aφ1 + bφ2 + cφ3 + dφ4 .
Solution. Puisque dim(E ∗ ) = dim P E = 4, il suffit de montrerP que (φ1 , φ2 , φ3 , φ4 ) forme une famille
libre. Soient λ1 , . . . , λ4 tels que λi φi = 0, c’est-à-dire λi φi (P ) = 0 pour tout P ∈ R3 [X]. On a
donc P 
 λi φi (1) = 0




 λ1 + λ3 = 0

P λ φ (X) = 0 
λ + λ + λ = 0
i i 2 3 4
P 2) = 0
⇐⇒
λ
P i i

 φ (X  3

 λ + 2λ 4 = 0
 λ φ (X 3 ) = 0
 
λ + 3λ = 0
i i 3 4

ce qui implique λ1 = λ2 = λ3 = λ4 = 0. Ainsi (φ1 , φ2 , φ3 , φ4 ) forme une base de E ∗ .


Pour déterminer la base préduale de (φ1 , φ2 , φ3 , φ4 ) on doit résoudre φi (Hj ) = δi,j pour tout 1 ≤ i, j ≤ 4.

i = 1 On pose H1 = aX 3 + bX 2 + cX + d où a, b, c, d ∈ R. On a
 

 φ1 (H 1 ) = d = 1 
 a=2
φ2 (H1 ) = c = 0 b = −3
 
=⇒
φ (H ) = a + b + c + d = 0 c=0
 3 1

 

φ4 (H1 ) = 3a + 2b + c = 0 d=1

soit H1 = 2X 3 − 3X 2 + 1.

i = 2 On pose H2 = aX 3 + bX 2 + cX + d où a, b, c, d ∈ R. On a
 

 φ1 (H2 ) = d = 0 
 a=1
φ2 (H2 ) = c = 1 b = −2
 
=⇒
φ (H ) = a + b + c + d = 0 c=1
 3 2

 

φ4 (H2 ) = 3a + 2b + c = 0 d=0

soit H2 = X 3 − 2X 2 + X.

i = 3 On pose H3 = aX 3 + bX 2 + cX + d où a, b, c, d ∈ R. On a
 

 φ1 (H3 ) = d = 0 
 a = −2
φ2 (H3 ) = c = 0 b=3
 
=⇒
 φ3 (H3 ) = a + b + c + d = 1
 
 c=0
φ4 (H3 ) = 3a + 2b + c = 0 d=0
 

soit H3 = −2X 3 + 3X 2 .

i = 4 On pose H4 = aX 3 + bX 2 + cX + d où a, b, c, d ∈ R. On a
 

 φ1 (H4 ) = d = 0 
 a=1
φ2 (H4 ) = c = 0 b = −1
 
=⇒
φ (H ) = a + b + c + d = 0 c=0
 3 4

 

φ4 (H4 ) = 3a + 2b + c = 1 d=0

soit H4 = X 3 − X 2 .
2. On a
4
X 1 1 1 1
ψ= ψ(Hi )φi = H1 + H2 + H3 − H4 .
2 12 2 12
i=1

Exercice 9
Dans E = R5 , muni de sa base canonique B0 = (e1 , e2 , e3 , e4 , e5 ). On considère l’ensemble F1 des
vecteurs (x, y, z, t, u) de E vérifiant

 x + 2y + 3z + 4t + 5u = 0
x+y+z+t+u = 0 .
5x + 4y + 3z + 2t + u = 0

1. Justifier que F1 est un s.e.v de E et que 2 6 dim(F ) 6 4.


2. Les vecteurs u = (6, −9, 1, 1, 1) et v = (2, −1, 1, −2, 1) appartiennent-ils à F1 ?
3. Déterminer une base de F1 , en déduire sa dimension.
4. Déterminer un supplémentaire G1 de F1 dans E, en donner un système d’équations.
5. On pose F2 = Vect(e1 , e2 ). Déterminer F1 ∩ F2 .
Solution. Soient ϕ1 , ϕ2 , ϕ3 ∈ E ∗ les 3 formes linéaires définies par
ϕ1 (x, y, z, t, u) = x + 2y + 3z + 4t + 5u
ϕ2 (x, y, z, t, u) =x+y+z+t+u
ϕ3 (x, y, z, t, u) = 5x + 4y + 3z + 2t + u

On a alors F1 = ker ϕ1 ∩ ker ϕ2 ∩ ker ϕ3 . Ainsi, F1 est bien un s.e.v de E. Soit r = rang(ϕ1 , ϕ2 , ϕ3 ).
Puisque les formes linéaires ϕ1 , ϕ2 , ϕ3 sont non nulles, on voit que 1 ≤ r ≤ 3. On sait que dim(F1 ) =
n − r et donc 2 ≤ dim(F1 ) ≤ 4.

2. On voit que u ∈ F1 et que v ∈


/ F1 puisque 2 − 1 + 1 − 2 + 1 = 1 6= 0.

3. On a
 
 x + 2y + 3z + 4t + 5u = 0  x + 2y + 3z + 4t + 5u = 0
x+y+z+t+u = 0 ⇐⇒ −y − 2z − 3t − 4u = 0
5x + 4y + 3z + 2t + u = 0 −6y − 12z − 18t − 24u = 0
 


x + 2y + 3z + 4t + 5u = 0
⇐⇒
−y − 2z − 3t − 4u = 0
Ainsi, les vecteurs de F1 sécrivent
       
z + 2t + 3u 1 2 3
−2z − 3t − 4u −2 −3 −4
       

 z  = z 1  + t 0  +z 0 
      
 t  0 1 0
u 0 0 1

On voit facilement que les 3 vecteurs u1 , u2 , u3 ci dessus forme une base de F1 . Ainsi dim(F1 ) = 3.

Vu la forme de u1 , u2 , u3 , on voit que Vect(e1 , e2 ) forme un supplémentaire de F1 dans E. En effet, la


famille
1 0 0 0 0

0 1 0 0 0

1 −2 1 0 0

2 −3 0 1 0

3 −4 0 0 1
est clairement de rang 5.

5. On a vu que F1 était un supplémentaire de F2 , donc F1 ∩ F2 = {0}.

Exercice 10
On se propose de prouver que pour toute forme linéaire ϕ sur Mn (K) existe une unique matrice A de
Mn (K) telle que : ∀X ∈ Mn (K), ϕ(X) = tr(AX).
1. Soit A ∈ Mn (K). Justifier que l’application ϕA de Mn (K) dans K définie par : ϕA (X) = tr(AX)
est une forme linéaire sur Mn (K).
2. On note φ l’application de Mn (K) dans son dual définie par : φ(A) = ϕA .
(a) Justifier la linéarité de φ.
(b) Montrer que ker(φ) = {On }. [Indication : Calculer ϕA (Eij ) voir Td 0.]
(c) En déduire que φ est un isomorphisme, puis conclure (c’est-à-dire : décrire (Mn (K))∗ ).
Solution. 1. Soient X, Y ∈ Mn (K) et λ ∈ K. On a

ϕA (X + λY ) = Tr(A · (X + λY )) = Tr(AX + λAY ) = Tr(AX) + λ Tr(AY ) = ϕA (X) + λϕA (Y )

et donc l’application ϕA est bien une forme linéaire.

2.(a). Il s’agit de montrer que Φ(A + λB) = Φ(A) + λΦ(B), c’est-à-dire que ϕA+λB = ϕA + λϕB . Soit
X ∈ Mn (K). On a

ϕA+λB (X) = Tr((A + λB) · X) = Tr(AX) + λ Tr(BX) = ϕA (X) + λϕB (X).

Ceci étant vrai pour tout X, on a bien ϕA+λB = ϕA + λϕB . L’application Φ est bien linéaire.

2.(b) Soit A ∈ Mn (K) telle que Φ(A) = 0, c’est-à-dire, telle que ϕA (X) = 0 pour tout X ∈ Mn (K).
En particulier, on a
ϕA (Ei,j ) = Tr(A · Ei,j ) = aj,i = 0 pour tout i, j
pusique la matrice A · Ei,j est la matrice dont toutes les colonnes sont nulles, à part la j ième qui est
égale à la iième colonne de A. Ainsi, la matrice A est nulle et ker Φ = {0n }.

2.(c) L’application Φ : Mn (K) −→ Mn (K)∗ est injective et dim(Mn (K)) = dim(Mn (K)∗ ), donc Φ est
bijective d’après le Théorème du rang. Ainsi, toute forme linéaire ψ ∈ M n (K)∗ admet un antécédent
par Φ, c’est-à-dire, il existe A ∈ Mn (K) tel que ψ = Φ(A) = ϕA . On a

Mn (K)∗ = {ϕA | A ∈ Mn (K)}.

Exercice 11
Soit A une partie du K-espace vectoriel E, on appelle annulateur de A la partie A0 de E ∗ définie par :

A0 = {ϕ ∈ E ∗ / ∀u ∈ A, ϕ(u) = 0}.

1. Déterminer {0E }0 et E 0 .
2. Prouver que si A1 ⊂ A2 ⊂ E, alors A02 ⊂ A01 ⊂ E ∗ .
3. Prouver que A0 est un s.e.v de E ∗ et que A0 = (VectA)0 .
4. Prouver que si E est de dimension finie, alors, pour tout s.e.v F de E on a

dim(F ) + dim(F 0 ) = dim(E).

[Indication : Compléter une base de F en une base B de E et utiliser sa base duale B ∗ .]


Solution. 1. On a {0E }◦ = {ϕ ∈ E ∗ | ϕ(0E ) = 0} = E ∗ et E ◦ = {ϕ ∈ E ∗ | ∀u ∈ E, ϕ(u) = 0} = {0E ∗ }.

2. Soit ϕ ∈ A◦2 . Soit u ∈ A1 . On a :

u ∈ A1 =⇒ u ∈ A2 =⇒◦ ϕ(u) = 0.
A1 ⊂A2 ϕ∈A2

Ainsi, ϕ(u) = 0 pour tout u ∈ A1 , en d’autres termes ϕ ∈ A◦1 . On a montré que A◦2 ⊂ A◦1 .

3. Tout d’abord, il est clair que 0E ∗ ∈ A◦ puisque 0E ∗ (u) = 0 pour tout u ∈ E. Soit ϕ1 , ϕ2 ∈ A◦ et
λ ∈ K. Pour tout u ∈ A, on a ∀u ∈ A, (ϕ1 + λϕ2 )(u) = ϕ1 (u) + λϕ2 (u) = 0 car ϕ1 (u) = ϕ2 (u) = 0.
Ainsi ϕ1 + λϕ2 ∈ A◦ et A◦ est bien un s.e.v de E ∗ .

Puisque A ⊂ Vect(A),
Pn on a Vect(A)◦ ⊂ A◦ d’après la question précédente. Montrons l’inclusion inverse.

Soit ϕ ∈ A et i=1 λi ui ∈ Vect(A), c’est-à-dire ui ∈ A pour tout 1 ≤ i ≤ n. On a donc :

Xn n
X
ϕ( λi u i ) = λi ϕ(ui ) = 0 car ϕ(ui ) = 0 pour tout 1 ≤ i ≤ n.
i=1 i=1

Ce qui montre que A◦ ⊂ Vect(A)◦ .

Finalement, on a bien montré A◦ = Vect(A)◦ .

4. Soit (e1 , . . . , ep ) une base de F que l’on complète en une base de E notée B = (e1 , . . . , ep , ep+1 , . . . , en ).
Soit B ∗ = (e∗1 , . . . , e∗n ) la base duale de B. On rappelle que
X X
∀x ∈ E, x = e∗i (x)ei et ∀ϕ ∈ E ∗ , ϕ = ϕ(ei )e∗i .

Ainsi, on a
n
X

ϕ ∈ F ⇐⇒ ϕ(ei ) = 0 pour tout 1 ≤ i ≤ p ⇐⇒ ϕ = ϕ(ei )e∗i ⇐⇒ ϕ ∈ Vect(e∗p+1 , . . . , e∗n )
i=p+1

et donc dim F ◦ = n − p. Autrement dit dim F + dim F ◦ = dim E.

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