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INTRODUCTION :

Le droit fiscal international peut être défini comme étant « la branche du droit fiscal
qui s’intéresse aux aspects internationaux de l’impôt, ou qui traite du régime fiscal applicable
aux situations présentant un caractère d'extranéité, c’est- à-dire un rapport avec l’étranger».
Les inconvénients de la fraude, de l’évasion fiscale et de la double imposition frappant
les contribuables engagés dans des activités internationales, ont poussé les Etats à élaborer
des règles juridiques qui sont susceptibles d’y remédier. Cet ensemble de règles juridiques
forme une branche de Droit fiscal dénommée Droit fiscal international.

CHAPITRE 1 : LES SOURCES UNILATÉRALES :

Dans le cadre du premier chapitre, nous allons tout d’abord étudier les sources internes
édictées par les autorités constitutionnellement habilitées en matière fiscale (section 1),
ensuite il y a lieu également pour des sources supranationales en raison des compétences que
les autorités communautaires peuvent exercer sur le fondement du traité de Rome (section
2)
Section 1 : Les sources internes :
La fiscalité marocaine tire ses lois de plusieurs sources notamment : La constitution ; c’est la
loi suprême qui contient des dispositions intéressant les fondements de l’obligation fiscale et
l’autorité compétente pour l’établir.
Et d’autres sources internes à savoir : les règlements, la jurisprudence fiscale et la doctrine
administrative.

A. La loi fiscale:
Principale source de droit fiscal, la loi fixe les règles concernant l’assiette de l’impôt ainsi que
son taux et les modalités de son recouvrement. Lorsqu'on parle de loi, on parle
exclusivement du texte législatif voté au parlement par les représentants du peuple c'est-à-
dire, par les parlementaires, et par le biais de deux chambres : la chambre des conseillers qui
statue sur l'aspect technique et professionnel des lois, et la chambre des représentants qui
statue sur la constitutionnalité et sur l'incidence des nouvelles lois sur leurs électeurs. Le
parlement est seul compétent pour établir ou lever de nouveau impôt. Cette compétence
exclusive est valable quelle que soit le bénéficiaire de l’impôt, Etat ou collectivité locales. Le
législateur peut en outre déléguer la prise de décision relative aux mesures nécessaires à
l’application des lois fiscales. Le seul domaine pour lequel le parlement ne peut rien déléguer
est la création de nouveaux impôts qui est de sa seule compétence.

B. - Les autres sources internes:


Après avoir étudié la loi en tant que source principale de l’impôt, nous allons maintenant voir
les autres sources internes du droit fiscal, qu’il s’agisse des règlements, la jurisprudence, ou
plus encore, de la doctrine administrative.

➢ a- Les règlements
En effet, le législateur ne prévoit en général que les dispositions nécessaires à l’application
de la loi fiscale, il se trouve que de plus en plus le législateur se limite à voter des lois cadres
qui feront par la suite l’objet de décrets d’application rentrant dans les détails purement
techniques.
➢ b - La jurisprudence fiscale
La jurisprudence n’est pas reconnue comme une source officielle du droit fiscal mais elle
occupe une place importante par son influence sur les l’interprétation des textes fiscaux. Le
rôle de la jurisprudence est primordial dans l’application, l’évolution et l’interprétation des
textes fiscaux. Les contribuables qui ne sont pas satisfaits d’une décision prise à leur
encontre par l’administration ont le droit de contester la légalité de cette décision devant les
tribunaux

➢ c- La doctrine administrative :
Ce sont l’ensemble des opinions émises par les auteurs sur les problèmes juridiques. Elle
s’exprime par des écrits qui peuvent prendre des formes très diverses tel que les chroniques
ou les notes d’arrêt, les articles manuels, les traités, les thèses de doctorat...

Section 2 : Les sources supranationales :

Les sources supranationales sont, comme les sources internes, multiples. Le droit
communautaire comprend. En effet. Aussi bien le traité de Rome lui même, dans la mesure
où il renferme des dispositions directement applicables dans chacun des Etats membres que
le droit dérivé, c’est-à-dire les normes édictées par les autorités habilitées par le traité dans
la sphère de compétences que ce dernier leur assigne.

A- La directive:Le traité de Rome formule une théorie des directives que la pratique
communautaire a quelque peu falsifiée, en matière fiscale en particulier.

➢ la théorie des directives:


Aux termes de l’article 189 du traité de Rome: " La directive lie tout Etat membre
destinataire quant au résultat à atteindre, tout en laissant aux instances nationales la
compétence quant à la forme et moyens". La directive a donc des effets précis pour les
Etats : si ces derniers sont tenus par l’objectif qu’elle fixe. Ils conservent.

➢ la pratique des directives:


La pratique des directives fait, en réalité, apparaître une double dénaturation de la théorie
formulée par le Traité.
La première est le fait de la commission et du Conseil qui élaborent les directives qui sont le
plus souvent matérialisées dans des textes trop généraux. Les Etats pourront donc échapper
à l’obligation de résultat qui leur incombe.7481
La deuxième dénaturation tient à l’influence de la Cour de Justice des Communautés
européenne et elle concerne l’effet juridique attaché aux directives. Bien qu’il résulte du
Traité de Rome que les dispositions des directives ne sont pas directement exécutoires dans
les Etat membres, la cour de justice.

B- .- les autres sources supranationales: Les autres instruments prévus par le Traité de
Rome sont le règlement, la décision, la recommandation et l’avis.

a- Le règlement:
Aux termes de l’art 189 du Traité: " Le règlement a une portée générale. Il est obligatoire
dans tous ses éléments et il est directement applicable dans tout Etat membre".
Le règlement apparaît ainsi comme une manifestation du pouvoir normatif reconnu aux
autorités européennes par le Traité. A la différence de la directive, il s’agit en effet d’un acte
applicable de plein droit et dans tous ses éléments sur le territoire de tous les Etats
membres.

b- La décision:
Selon l’article 189 du traité de Rome: " La décision est obligatoire en tous ses éléments pour
les destinataires qu’elle désigne".
Selon son objet, la décision est adressée soit à un particulier, soit à un ou plusieurs Etats. Dans
ce dernier cas, elle est susceptible d’avoir des effets fiscaux.
Son régime juridique ambivalent : comme la directive, son exécution suppose qu’elle ait été
préalablement traduite en acte nationaux par l’autorité compétente dans chaque Etat.

a- La recommandation et l’avis:
A la différence des directives, des règlements et des décisions, les recommandations et les
avis n’ont pas d’effet juridique : aux termes de l’article 189 du Traité, ils ne lient pas les
Etats.

CHAPITRE II : LES SOURCES CONVENTIONNELLES DU DROIT FISCAL INTERNATIONAL :

Il est à noter que les sources internes et supranationales demeurent incapables pour régler
tous les problèmes fiscaux internationaux. C’est la raison pour laquelle les Etats font recours
à la conclusion des conventions bilatérales ou multilatérales.

Section 1 : la diversité des sources conventionnelles


Les conventions fiscales internationales se voient en général assigner un triple objectif : elles
visent l’élimination des doubles impositions, la lutte contre la fraude mais aussi la protection
des contribuables.

Paragraphe 1- Les conventions fiscales


A- Les conventions à portée générale

Ces conventions ne se limitent pas à traiter un problème particulier mais plutôt édictent des
principes généraux susceptibles de remédier aux différents problèmes fiscaux qui peuvent
naître entre les Etats contractés.
Ainsi, les conventions de non double imposition est l’exemple typique des conventions à
portée générale. Il s’agit d’un traité entre deux ou plusieurs Etats visant à éviter la double
imposition des personnes physiques et morales.

➢ Les conventions fiscales internes

Il peut arriver que les phénomènes de double imposition et de refus de l’impôt soient
engendrés par la coexistence des systèmes fiscaux de deux collectivités territoriales d’un
même Etat.
C’est notamment le cas de la France où malgré que les autorités étatiques sont
compétentes tant pour définir les impôts qui seront perçus au profit des diverses collectivités
territoriales de la république que pour édicter les règles d’assiette, de liquidation et de
recouvrement desdits impôts, on trouve que les territoires d’outre-mer ont une organisation
particulière tenant compte de leurs propres intérêts.
Et afin de remédier à ces problèmes les autorités des deux collectivités peuvent conclure
une convention, selon la m:éthode habituellement utilisée par les Etats indépendants

➢ Les conventions fiscales internationales

Les conventions fiscales internationales sont des traités internationaux dont l’objet est
purement fiscal ; ces conventions doivent donc être distinguées des autres accords
internationaux comportant des dispositions fiscales. Les conventions fiscales les plus
importantes sont celles dont l’objet est général, c’est-à-dire celles qui règlent les relations
entre deux États pour tout ce qui concerne les impôts sur le revenu, les droits de succession,
de donation et de timbre.

B- Les conventions à portée spécifique :

Il est vrai que les conventions sur la double imposition ont joué un rôle primordial dans la
création d’un paysage juridique international en matière fiscale. Pourtant, en raison de leur
caractère général, ces conventions risquent de créer des lacunes juridiques sur des questions
très spécifiques. C’est la raison pour laquelle les Etats font toujours recours à la conclusion des
conventions à objet spécial sous forme des conventions fiscales à objet particulier ou des
conventions non fiscales mais prévoyant des mesures fiscales.
Pour ce qui est des conventions fiscales à objet particulier, il s’agit des traités qui régissent
une partie seulement d’un problème fiscal. Elles ont un objet limité qui complète les
conventions de portée générale (convention sur la double imposition).

Paragraphe 2 : Objectifs des sources conventionnelles :

A- Détermination des droits des Etats et leurs modalités de collaboration

La détermination des droits d’imposition des divers éléments du revenu et de la fortune sont
répartis par les conventions entre l’Etat de la résidence du contribuable et/ou l’Etat de la
source de la matière imposable.
En effet, la coopération des Etats est aujourd’hui une nécessité s’ils veulent maîtriser les
situations représentant un caractère international.
Cette coopération peut prendre des formes diverses et se traduit généralement par les
procédures de règlement amiable des différends ou encore par les procédures d’assistance
administrative

B- La sauvegarde des intérêts des contribuables :

La sauvegarde des intérêts des contribuables est d’autant mieux assurée que les conventions
renferment en général une clause de non-discrimination qui s’inspire là encore des termes
des modèles de l’O.C.D.E.
Toutefois, ce principe de non-discrimination ne prohibe pas l’existence, dans l’un des Etats,
de traitements fiscaux différents selon la nationalité des contribuables ; il exige seulement
que les nationaux des Etats co-contractants ne soient pas pénalisés par cette différence de
traitement.