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2019

RÖLE DES PRINCIPES DE LA BONNE

GOUVERNANCE
DANS LES
SERVICES PUBLIC TERRITORIAUX

Encadré par :
Dr. SABRI Brahim

Préparé par :
 ABIDI AHLAME  EL BAKKALI YOUSRA
 BENKACEM MOUAD  EL HAITOUT NAOUAL
 BENYAHYA ZAID  EL HAMMOUCHI HAJAR
 BGIGHEL DRISS  KOUBAITI TARIK
 CHAFI NOMANE  SADIKI SALMA
 DAOUD FOUAD  SAHIH FELLOUS CHAIMAE

MASTER : MANAGEMENT PUBLIC ET DEVELOPPEMNT TERRITORIAUX


POLITIQUES PUBLIQUES TERRITORIAUX

REMERCIEMENT
Nos remerciements vont particulièrement à notre Professeur
Dr. SABRI Brahim de nous avoir donné
L’opportunité de faire cet exposé et d’échanger nos
connaissances avec nos collègues.
Nous tenons à remercier également les intervenants du groupe
qui ont contribué à l’élaboration de ce modeste travail.

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SOMMAIRE

INTRODUCTION

AXE 1 : ANALYSE JURIDIQUE DE LA BONNE


GOUVERNANCE

AXE 2 : LA BONNE GOUVERNANCE DANS LES


SERVICES PUBLIC TERRITORIAUX

CONCLUSION

ANNEXE : TABLE DE MATIERES

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INTRODUCTION
Un État qui met le citoyen au centre de ses préoccupations trouve son sens et sa
légitimité dans sa capacité à assurer le bien-être social et c’est à la faveur de cette
utilité sociale, reconnue et approuvée, qu’il garantit sa viabilité politique. La
satisfaction des besoins sociaux préserve en effet la cohésion du tissu social et,
par là-même, la stabilité des nations par l’épanouissement individuel et la
prospérité collective qu’elle offre aux citoyens. Parce que c’est surtout à leur
niveau que se noue et se joue la relation du citoyen avec les pouvoirs publics, les
services publics sont le fer de lance de cette mission de l’État. Leur
développement, en adéquation avec les besoins, les droits et les attentes de la
population, représente pour la puissance publique, quelles que soient les
difficultés intrinsèques, un impératif incontournable.

C’est donc à travers le service public, à travers sa capacité à satisfaire dans la


qualité tous les besoins incompressibles de la population, que l’on peut mesurer
la crédibilité démocratique d’un État. Le service public occupe ainsi un rôle
essentiel dans la régulation sociopolitique, surtout auprès des catégories les plus
vulnérables, les plus démunies, car il représente l’ultime rempart qui peut protéger
du désespoir.

Un service public est une activité exercée directement par l’autorité publique
(État, collectivité territoriale ou locale) ou sous son contrôle (on parle alors de
service public délégué), dans le but de satisfaire un besoin d’intérêt général. La
définition de ces besoins et les services pris en compte varient selon les États, en
fonction de leur histoire, de leurs spécificités et des choix politiques qui sont les
leurs : les pays scandinaves ont opté pour des services publics forts alors que
d’autres pays, comme les États-Unis, ont opté pour une limitation de l’action
publique auprès des citoyens, ouvrant davantage le champ en ce qui concerne le
secteur marchand des services à l’usager.

Chaque pays a donc sa propre définition du service public, laquelle évolue


d’ailleurs avec le temps. En revanche, les États démocratiques se retrouvent tous
dans l’obligation d’efficience des services publics, tels qu’ils ont été définis et mis
en place, dans le respect des droits, notamment à l’égalité, et de la dignité du
citoyen.
Alors que le Maroc s’est engagé depuis de nombreuses années dans la
construction d’un État démocratique, force est de constater que les services
publics restent la cible des revendications portées par la rue, lors des différents
mouvements sociaux, et par le plaidoyer des acteurs de la société civile. Le même

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discrédit de la plupart des services publics, constaté dans le pays, se retrouve dans
les différentes publications, déclarations et analyses des organisations
internationales qui s’intéressent à cette problématique.

Le rejet de Al-Fassade dans tous ses avatars, corruption, clientélisme, conflit


d’intérêts, privilèges, iniquité , le refus de toute forme d’abus de pouvoir et de la
dilapidation des deniers publics vont de pair avec la promotion d’une culture de
la transparence, de la responsabilité et de la reddition des comptes, avec la volonté
du citoyen de s’impliquer dans la vie publique et de jouir pleinement de ses droits
civils, politiques et économiques. Pourtant, des efforts ont été faits, notamment
financiers, mais l’augmentation des dépenses publiques ne débouche pas
systématiquement sur une amélioration du service rendu.

Les aspirations fortes des citoyens, clairement manifestées à l’échelon national


font, sur ce plan, écho au mécontentement général qui se manifeste à des degrés
divers dans la région MENA : elles interpellent sur le sens et la finalité de l’action
publique, sur l’intelligibilité et l’appropriation collective du service public, sur les
différents acteurs et sur leur rôle effectif, sur les interdépendances à prendre en
compte et sur les synergies à construire.
Aujourd’hui, la gouvernance des services publics a été conforté dans son choix
par la nouvelle Constitution de juillet 2011 qui consacre l’obligation de bonne
gouvernance qui permet de contribuer à apporter des réponses aux exigences
pressantes et légitimes des concitoyens, à leurs espoirs d’équité sociale, d’une
économie ouverte et au service du développement humain, d’une gouvernance
cadrée par les principes de transparence, de responsabilité et de reddition des
comptes.

La nouvelle Constitution réaffirme de nombreux principes en matière de


gouvernance publique, tels que le droit de pétition des citoyens (art.139),
l’indépendance de la Cour des comptes (Art.147 à 150), ou le renforcement de
l’institution du Médiateur (Art.162). La Constitution du Royaume consacre aussi
les droits du citoyen à des services publics efficaces, à l’information et à l’égalité
d’accès à ces mêmes services, dans le respect de la dignité.

En phase avec la Constitution, de nombreuses réformes ont vu le jour. Concernant


plus globalement le fonctionnement de l’Administration, compte tenu des
critiques des usagers relatives à la qualité médiocre des services publics (temps
d’attente, mauvaise information, personnel peu avenant, corruption, …), une
charte d’accueil dans les services publics a été adoptée en 2016. Cette dernière
prévoit la formation du personnel d’accueil, la mise en place d’une signalétique,
la gestion des temps d’attente, la publication des procédures administratives et la
mise en place d’un système de gestion des réclamations.

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L’organisation des services administratifs locaux a été revue dans le cadre du


programme de «régionalisation avancée », qui a modifié le cadre légal et
réglementaire en 2015, créé douze agences d’exécution de projets au niveau
régional, permis l’adoption de dix plans de développement régional et lancé la
mise en ligne du portail national des collectivités territoriales.
La Gouvernance, issue du "gouvernement", une manière de légitimer les pouvoirs
des Etats ou groupement d’Etats et de lustrer leurs façades, La gouvernance est
aussi « l'ensemble des règles et méthodes organisant la réflexion, la décision et le
contrôle de l'application des décisions au sein d'un corps social » selon
CHANTARAUD. Il « désigne avant tout un mouvement de "décentrement" de la
prise de décision » selon l’échelle retenue, une sorte de répartition des
prérogatives de décision et de participation ouverte aux différents acteurs en
question.
Le terme gouvernance devenu anglophone au XIVe siècle après avoir tombé en
désuétude en France. Il est ressuscité à partir des années 1970. La gouvernance
«… est l’ensemble des organes et règles de décision, d’information (transparence)
et de surveillance permettant aux ayants droit et partenaires d’une institution, de
voir leurs intérêts respectés et leurs voix entendues dans le fonctionnement de
celle-ci ». Il a ici un sens plutôt économique. Ce n’est donc pas une chose
nouvelle.
Emprunté au management d’entreprise, dans les années 1980, elle reflète la
tendance politique d’alléger l’Etat de ses charges en les transférant aux autres
acteurs suivant sa « logique minimaliste de l’État ». Cette décentralisation du
pouvoir concerne les prérogatives non stratégiques et n’a pas une finalité de
démocratisation. C’est plutôt un déclin de l’Etat qui gouverne à celui qui règne.
Elle intègre le sens de déconcentration au niveau administratif ou même de
délocalisation au niveau économique.
L’approche onusienne n’a pas pu se démarquer d’une vision traditionnelle de
puissances au lieu d’une démocratie à idéal égalitaire et universaliste des Etats .
Cette approche ne pourra, à notre avis, favoriser une « bonne gouvernance ». Sa
focalisation sur l’environnement, malgré son importance n’est qu’une sorte
d’esquive.
La Banque Mondiale a mis en avant des impératifs d’ordre administratif, qu'elle
associe à la "bonne gouvernance". Le concept y est défini, de manière large,
comme étant « la manière dans laquelle un pouvoir est exercé dans le management
économique et social pour le développement d’un pays et les principes applicables
à la bonne gestion des entreprises le sont également pour le peuple. Ainsi, la
transparence, l'accès à l'information, l'État de droit, la responsabilisation, et la

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gestion du secteur public sont toutes des caractéristiques liées à une bonne
gouvernance »
Aujourd’hui le Maroc cherche à Instaurer le Principe de Bonne Gouvernance
comme une condition préalable à l’organisation et à la gestion du service public ;
veiller sur la primauté du mérite, l’intégrité, la transparence et l’égalité des
chances pour l’ensemble des Marocaines et Marocains, tout en activant
l’opérationnalisation du principe constitutionnel de corrélation entre
responsabilité et reddition des comptes.
Pour cela, nous avons choisi de traiter la problématique suivante :
«QUEL EST LE ROLE DES PRINCIPES DE BONNE GOUVERNANCE
DANS LES SERVICES PUBLICS TERRITORIAUX ? »
Nous avons tout d’abord analysé la bonne gouvernance selon la constitution
marocaine, et cela nous a permis d’expliquer la gouvernance des services publics
territoriaux ; leurs dysfonctionnements et les principales recommandations
permettant d’améliorer la gouvernance des services publics.

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PARTIE 1 : ANALYSE JURIDIQUE DE LA BONNE GOUVERNANCE

1) La bonne gouvernance à la lumière de la constitution de 2011.

La bonne gouvernance est traitée par la nouvelle constitution marocaine


promulguée par Dahir n° 1.11.91 du 29 juillet 2011 dans les articles suivants :
TITRE XII1
DE LA BONNE GOUVERNANCE

Principes généraux

Article 154

Les services publics sont organisés sur la base de l'égal accès des citoyennes et
citoyens, de la couverture équitable du territoire national et de la continuité des
prestations. Ils sont soumis aux normes de qualité, de transparence 2, de reddition
des comptes3 et de responsabilité, et sont régis par les principes et valeurs
démocratiques consacrés par la Constitution.

Article 155

Leurs agents exercent leurs fonctions selon les principes de respect de la loi, de
neutralité, de transparence, de probité4, et d'intérêt général5.

Article 156

Les services publics sont à l'écoute de leurs usagers et assurent le suivi de leurs
observations, propositions et doléances. Ils rendent compte de la gestion des
deniers publics conformément à la législation en vigueur et sont soumis, à cet
égard, aux obligations de contrôle et d'évaluation.

1
Dahir n°1-11-91 du 27 chaabane 1432 (29 Juillet 2011) Portant promulgation du texte de la Constitution
2 Parfaite accessibilité de l'information dans les domaines qui regardent l'opinion publique.
3 La reddition de comptes est l'opération effectuée par un mandataire ou l'administrateur du patrimoine d'autrui, dans le cadre d'une tutelle
par exemple. Il s'agit de tenir des livres de comptes justifiant des interventions de l'administrateur ou du mandataire sur ledit patrimoine.
4 La probité est une qualité morale de droiture, de bonne foi et d'honnêteté qui se manifeste par l'observation rigoureuse des règles morales
et des principes de la justice. Synonymes : rectitude, droiture, honnêteté, incorruptibilité, intégrité, loyauté, moralité.
5 L'expression "intérêt général" désigne les intérêts, valeurs ou objectifs qui sont partagés par l'ensemble des membres d'une société. Elle
correspond aussi à une situation qui procure un bien-être à tous les individus d'une société.

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Article 157

Une charte des services publics fixe l'ensemble des règles de bonne gouvernance
relatives au fonctionnement des administrations publiques, des régions et des
autres collectivités territoriales et des organismes publics.

Article 158

Toute personne, élue ou désignée, exerçant une charge publique doit établir,
conformément aux modalités fixées par la loi, une déclaration écrite des biens et
actifs détenus par elle, directement ou indirectement, dès la prise de fonctions, en
cours d'activité et à la cessation de celle-ci.

Article 159

Les instances en charge de la bonne gouvernance sont indépendantes. Elles


bénéficient de l'appui des organes de l'État. La loi pourra, si nécessaire, créer
d'autres instances de régulation et de bonne gouvernance.

Article 160

Toutes les institutions et instances visées aux articles 161 à 170 de la présente
Constitution doivent présenter un rapport sur leurs activités, au moins une fois par
an. Ces rapports sont présentés au Parlement et y font l'objet de débat.

2) Les instances de bonne gouvernance au Maroc :

Les instances de bonne gouvernance et de régulation

Article 165

La Haute autorité de la communication audiovisuelle6 est une institution chargée


de veiller au respect de l’expression pluraliste des courants d’opinion et de pensée
et du droit à l’information, dans le domaine de l’audiovisuel et ce, dans le respect
des valeurs civilisationnelles fondamentales et des lois du Royaume.

Article 166
6La Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle est un organisme indépendant créé le 10 juillet 1999 par décret royal avec pour but
de réguler le paysage audiovisuel marocain, public et privé.

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Le Conseil de la concurrence7 est une autorité administrative indépendante


chargée, dans le cadre de l’organisation d’une concurrence libre et loyale,
d’assurer la transparence et l’équité dans les relations économiques, notamment à
travers l´analyse et la régulation de la concurrence sur les marchés, le contrôle des
pratiques anticoncurrentielles, des pratiques commerciales déloyales et des
opérations de concentration économique et de monopole.

Article 167

L’Instance nationale de probité et de lutte contre la corruption8, créée en vertu de


l’article 36, a pour mission notamment de coordonner, de superviser et d’assurer
le suivi de la mise en œuvre des politiques de prévention et de lutte contre la
corruption, de recueillir et de diffuser les informations dans ce domaine, de
contribuer à la moralisation de la vie publique et de consolider les principes de
bonne gouvernance, la culture du service public et les valeurs de citoyenneté
responsable.

7 Le Maroc s'est doté d'un Conseil de la concurrence en 2009, mais ses pouvoirs étaient limités. La nouvelle loi (loi n° 20--13 relative au
conseil de la concurrence) lui en donne davantage ; trois Nouveaux pouvoirs conférés au conseil de la concurrence : Pouvoir décisionnel,
pouvoir d'enquête et pouvoir de sanction
L'ensemble du nouveau fonctionnement du Conseil de la concurrence a pour objectif de pallier les écueils constatés lorsque cette institution
n'était qu'un organe consultatif.
- Le Conseil de la Concurrence dispose dorénavant également d'un véritable pouvoir décisionnel en matière de concentrations et de pratiques
anticoncurrentielles (ententes anticoncurrentielles et abus de position dominante, pratiques de prix abusivement bas).
- Outre le pouvoir d'instruire, le Conseil de la concurrence peut mener des enquêtes concernant les pratiques anticoncurrentielles et le
contrôle des opérations de concentration économique.
A ce sujet, on rappellera quelques faits évoqués dans le rapport annuel du Conseil de la concurrence de l'année 2013. Ce dernier avait relevé
de forts indices d'ententes et sollicité des services administratifs compétents (Direction des Prix et de la Concurrence) pour enquêter sous
autorisation judiciaire. Ces demandes étaient restées sans suite.
Enfin, le Conseil de la concurrence est dorénavant habilité à prendre des mesures conservatoires et à prononcer des sanctions pécuniaires
pouvant représenter jusqu'à 10% du chiffre d'affaires mondial ou national de l'entreprise contrevenante (ou des parties impliquées).

8
Le Maroc à créée l'Instance Centrale de Prévention de la Corruption par le Décret n° 2-05-1228 (13 mars 2007) suite à la Convention des
Nations Unies contre la Corruption signé en 2003 et ratifiée en 2007.

L'article 6 de ladite Convention met à la charge des Etats Parties l'obligation de mettre en place un ou plusieurs organes chargés de prévenir
la corruption.

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3) Le Principe de libre administration des collectivités territoriales

Le principe de libre administration des collectivités territoriales est affirmé par


l’article 136 de la Constitution du 29 juillet 2011. Selon cet article :
« L’organisation territoriale du Royaume repose sur les principes de libre
administration, de coopération et de solidarité… ». C’est ainsi que ce principe,
qui n’avait pas d’existence juridique en droit marocain, a été érigé au rang de
principe constitutionnel. Par conséquent, il s’impose au législateur et à toutes les
autorités administratives.
La constitutionnalisation de ce principe traduit la volonté du constituant de faire
des collectivités territoriales des véritables institutions décentralisées, libres et
autonomes par rapport aux autres administrations de l’Etat. Il s’agit donc d’une
garantie constitutionnelle de la liberté de ces collectivités à l’encontre des
ingérences dans leurs propres affaires par les représentants de l’Etat.
Cependant, le texte constitutionnel ne donne aucune définition précise du
principe en question ; il ne fixe pas non plus les conditions relatives à l’exercice
de la libre administration par les collectivités territoriales. Dans cette situation, il
appartient à la loi, à la jurisprudence mais aussi à la doctrine de développer les
différents aspects devant définir et encadrer ce principe.
 La personnalité juridique:

Cependant, la seule reconnaissance par l’État de structures administratives gérant


des intérêts particuliers distincts de l’intérêt général ne suffit pas à caractériser la
décentralisation. L’attribution de la personnalité juridique est un élément
nécessaire, car elle conditionne l’autonomie organique et fonctionnelle des
structures infra-étatiques, malgré le principe de spécialité des personnes morales
de droit public.
 L’autonomie administrative:

Pour permettre une décentralisation effective, cette autonomie doit se traduire


par :
 l’indépendance organique, assurée lorsque les organes dirigeants des
collectivités décentralisées ne relèvent pas du pouvoir hiérarchique et
disciplinaire du pouvoir central. L’élection est une garantie de cette
indépendance organique ;
 des pouvoirs de décision propres, indépendants du pouvoir central, dans
le respect de la Constitution, des lois et des règlements qui les

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définissent. En la matière, la liberté des autorités décentralisées est la


règle, et l’intervention de l’État l’exception. Les pouvoirs de décision
des collectivités territoriales sont garantis par le droit d’ester en justice
permettant d’obtenir la sanction d’un empiètement de l’autorité
publique sur leur domaine de compétences ;
 des pouvoirs de décision garantissant l’indépendance des collectivités
territoriales les unes par rapport aux autres ;
 des moyens suffisants et garantis par l’autonomie financière, et par
l’autonomie de recrutement et de gestion du personnel.

Conformément aux règles du droit administratif général, les collectivités


territoriales disposent de prérogatives de puissance publique, notamment la
possibilité d’imposer des obligations à leurs administrés (actes administratifs
unilatéraux).
 Une mise en application renouvelée:

Enfin, la libre administration des collectivités territoriales ne saurait remettre en


cause l’unité de l’ordre juridique. Aussi, un certain nombre de dispositifs de
contrôle ont été prévus par le législateur afin de prévenir ou de sanctionner le non-
respect des lois et règlements. L’existence d’un contrôle de l’État sur les activités
et les actes des collectivités est inscrite dans l’article 72 de la Constitution, comme
l’a d’ailleurs confirmé la décision du Conseil constitutionnel du 25 février 1982
rendue dans le cadre du contrôle de constitutionnalité de la première loi de
décentralisation, promulguée le 2 mars 1982.

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Partie 2 : la bonne gouvernance dans les services publics territoriaux

1) Les principes de bonne gouvernance : rôles et objectifs

Principe 1 – Participation, Représentation, Elections Conformes Au Droit

 Les élections locales sont tenues librement et correctement,


conformément aux normes internationales et à la législation nationale, et
sans fraude.
 Les citoyens sont placés au cœur de l’action publique et sont impliqués
d’une manière clairement définie dans la vie publique au niveau local.
 Tous les hommes et toutes les femmes ont le droit de faire entendre leur
voix lors de la prise de décisions, que ce soit directement ou par
l’intermédiaire d’organes légitimes qui représentent leurs intérêts. Cette
conception de la participation, qui fait intervenir l’ensemble des citoyens,
repose sur les libertés d’expression, de réunion et d’association.
 Toutes les voix, y compris celles des plus défavorisés et des plus
vulnérables, sont entendues et prises en compte lors de la prise de
décisions, entre autres celles qui concernent l’allocation de ressources.
 Des efforts raisonnables sont toujours entrepris pour tenter de concilier
divers intérêts légitimes et de parvenir à un large consensus sur ce qui est
dans l’intérêt de l’ensemble de la communauté, ainsi que sur les moyens
d’y parvenir.
 Les décisions sont prises en fonction de la volonté de la majorité des
citoyens, tout en respectant les droits et les intérêts légitimes de la
minorité.
PRINCIPE 2 – Réactivité

 Les objectifs, règles, structures et procédures sont adaptés aux attentes


légitimes et aux besoins des citoyens.
 Les services publics sont assurés et il est fait suite aux demandes et aux
plaintes dans un délai raisonnable.
PRINCIPE 3 – Efficacité et efficience

 Les résultats sont conformes aux objectifs fixés.


 Les ressources disponibles sont utilisées de façon optimale.
 Des systèmes de gestion de la performance permettent de mesurer et
d’améliorer l’efficacité et l’efficience des services.
 Des audits sont effectués à intervalles réguliers afin d’évaluer et
d’améliorer les services.

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PRINCIPE 4 – Ouverture et transparence

 Les décisions sont prises et mises en œuvre conformément à la


règlementation.
 Le public a accès à toutes les informations qui ne sont pas classées
secrètes pour des raisons spécifiées et prévues par la loi (comme la
protection de la vie privée ou la garantie de l’impartialité des procédures
de passation de marchés).
 Les informations sur les décisions, la mise en œuvre des politiques et les
résultats sont rendues publiques de manière à permettre à la population de
suivre et de contribuer effectivement à l’action de la collectivité locale.
PRINCIPE 5 – État de droit

 Les collectivités locales respectent la loi et les décisions judiciaires.


 Les normes et les réglementations sont adoptées conformément aux
procédures définies par la loi ; elles sont appliquées de manière
impartiale.
PRINCIPE 6 – Comportement éthique

 L’intérêt général est placé au-dessus des intérêts individuels.


 Il existe des mesures efficaces pour prévenir et combattre toutes les
formes de corruption.
 Les conflits d’intérêt sont déclarés en temps voulu; les personnes
impliquées doivent s’abstenir de prendre part aux décisions qui s’y
rapportent.
PRINCIPE 7 – Compétences et capacités

 Les capacités professionnelles des personnes qui assurent la gouvernance


sont entretenues et renforcées en permanence afin d’obtenir une
production et un impact plus importants.
 Les fonctionnaires sont encouragés à améliorer continuellement leurs
performances.
 Des méthodes et des procédures pratiques sont créées et utilisées, visant à
changer les aptitudes en compétences et à obtenir de meilleurs résultats.
PRINCIPE 8 – Innovation et ouverture d’esprit face au changement

 Des solutions nouvelles et efficaces aux problèmes sont recherchées et


des méthodes modernes sont employées pour assurer les services.

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 Il existe une disponibilité d’accepter de piloter et de tester de nouveaux


programmes, ainsi qu’à apprendre de l’expérience des autres.
 Il est instauré un climat favorable aux changements en vue d’atteindre de
meilleurs résultats.
PRINCIPE 9 – Durabilité et orientation à long terme

 Les politiques actuelles prennent en compte les besoins des générations à


venir.
 La durabilité de la communauté est constamment prise en compte.
 Les décisions sont prises dans l’objectif d’internaliser tous les coûts et
d’éviter de transmettre aux générations futures les tensions et les
problèmes, qu’ils soient d’ordre environnemental, structurel, financier,
économique ou social.
 L’avenir de la communauté locale est envisagé à long terme, selon un
large perspectif; cette conception s’accompagne d’une conscience des
besoins qu’entraîne un tel développement.
 Cette perspective se fonde sur une compréhension des complexités
historiques, culturelles et sociales
PRINCIPE 10 – Gestion financière saine

 Les charges n’excèdent pas le coût des services assurés et ne réduisent


pas la demande de façon trop importante, notamment dans le cas des
services publics essentiels.
 La gestion financière est assurée avec prudence, en particulier lorsqu’il
s’agit de contracter des prêts et d’utiliser cet argent, d’estimer les
ressources, les recettes et les provisions, et d’utiliser les recettes
exceptionnelles.
 Des programmes budgétaires pluriannuels sont préparés en consultation
avec le public.
 Les risques sont calculés et gérés correctement, ce qui passe notamment
par la publication des comptes consolidés et, dans le cas des partenariats
public-privé, par un partage réaliste des risques.
 La collectivité locale participe aux accords de solidarité entre communes,
à la répartition équitable des charges et des bénéfices et à la diminution
des risques (systèmes de péréquation, coopération intercommunale,
mutualisation des risques, etc.).

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PRINCIPE 11 – Droits de l’Homme, diversité culturelle et cohésion sociale

 Les Droits de l’Homme sont respectés, protégés et appliqués, et la


discrimination, fondée sur quelque critère que ce soit, est combattue, dans
la limite des compétences des collectivités locales.
 La diversité culturelle est considérée comme une richesse et des efforts
sont entrepris en permanence pour s’assurer que tous les citoyens ont un
rôle à jouer dans leur communauté locale, qu’ils s’identifient à elle et
qu’ils ne s’en sentent pas exclus.
 La cohésion sociale et l’intégration des régions défavorisées sont
encouragées.
 L’accès aux services de base est garanti, notamment pour les tranches de
la population les moins favorisées.
PRINCIPE 12 – Obligation de rendre des comptes

 Tous les décideurs, qu’il s’agisse de groupes ou d’individus, sont tenus


pour responsables de leurs décisions.
 Les décisions font l’objet de comptes-rendus; elles sont expliquées et
peuvent être sanctionnées.
 Il existe des mesures efficaces pour remédier aux abus administratifs et
aux agissements des collectivités locales qui bafouent les droits civils.

2) Les disfonctionnements de la gouvernance au Maroc

Plusieurs insuffisances et dysfonctionnements entachent la gouvernance au


Maroc et ce à tous les niveaux susmentionnés, notamment :
 Les mentalités des responsables des administrations publiques
territoriaux :
L’administration marocaine ne pourra se hisser au niveau d’efficience et
d’efficacité souhaitée, s’il ne s’opère pas un changement de mentalités et
une rupture avec des postures, des pratiques inavouables qui nuisent à
l’administration et à son personnel. Nous pensons bien évidemment à la
corruption, la prévarication, l’abus de pouvoir et l’absence de discipline
dans l’exercice professionnel. Dans ce cas le Maroc occupe la 73ème place
en 2018 selon l’indice de perception de corruption parmi 180 pays9.
9
https://fr.hespress.com/45492-indice-de-perception-de-la-corruption-2018-le-maroc-gagne-8-places.html

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POLITIQUES PUBLIQUES TERRITORIAUX

 Les réformes de la gouvernance restent souvent fragmentaires :


La réforme est alors considérée comme un outil servant uniquement à
réaliser des économies et à réduire la taille de l'État, plutôt que comme un
moyen de relever des défis politiques complexes et de promouvoir le
développement du pays.
 L’absence de participation et d’intégration de l’ensemble des
composants de la société et des espaces territoriaux dans la voie du
développement.
 L’absence de responsabilisation et de reddition des comptes de la part
des gestionnaires des affaires publiques10.

3) Les recommandations du CESE pour améliorer la gouvernance des services


publics :

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) est une


institution indépendante consultative marocaine créée le 21 février 2011
par dahir royal.
Dans l’exercice de ses attributions, le CESE réalise des avis, études et
recherches, soit à la demande du Gouvernement, de la Chambre des
Représentants ou de la Chambre des Conseillers (saisine) soit de sa propre
initiative (auto-saisine)11.

Recommandations du CESE :

Les recommandations du CESE été orientées par un premier objectif qui


est celui de l’intégration des services intra et inter-administrations, afin de
garantir au citoyen un accès unique à l’administration pour chaque
service, dans des conditions de célérité, d’accueil, d’égalité, d’équité et de
transparence. Ces recommandations, qui constituent un ensemble global et
cohérent s’articulent autour des cinq axes suivants12 :
Définir une stratégie d’approche globale, comme socle pour l’ensemble
des réformes et actions des administrations en charge des services publics

10
http://www.oecd.org/mena/governance/accompagner-les-reformes-de-la-gouvernance-locale-au-maroc.pdf

11
http://www.ces.ma/Pages/missions.aspx
12
Selon le rapport de la CESE sur la gouvernance des services publics (Auto-Saisine n° 13/2013), p14

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POLITIQUES PUBLIQUES TERRITORIAUX

Cette refondation de la gouvernance des services réclame une stratégie


d’approche globale, adossée à des actions fortement coordonnées, pour en
assurer la cohérence et pour augmenter l’impact sur la qualité des services
publics, en mettant les citoyens, les entreprises et autres usagers, au centre de
l’orientation de tous les services. Cela nécessite une vision portée par une
mobilisation générale, cohérente et décloisonnée de l’ensemble des services
publics.
Améliorer la disponibilité, la fiabilité et l’accès à l’information

La Constitution consacre le droit du citoyen à un accès à l’information le plus


large possible, limité seulement dans les cas prévus par la loi. Une loi d’accès des
citoyens aux documents administratifs et aux données publiques devrait permettre
de rendre systématique cet accès. Elle fixera les règles et les engagements de
l’Administration, ainsi que les cas explicites de dérogation à ces mêmes règles.

Afin de garantir ce droit, les procédures d’accès aux services publics seront
clairement formalisées, réunies dans un référentiel qui en facilite l’accessibilité
aux citoyens. Les moyens d’accès devant, le cas échéant, être multiples et surtout
adaptés selon une catégorisation qui permette de répondre aux conditions et
capacités des différents citoyens et usagers bénéficiaires.

Simplifier les démarches et les procédures et assurer le recours

Selon l’étude, 96% des citoyens, 96% des entreprises et 98% des résidents à
l’étranger jugent cette mesure importante ou très importante.

Le service rendu à l’usager constitue en soi la finalité de l’action administrative


: il doit être effectué dans un strict respect de la loi, avec rapidité et efficacité. Les
contraintes internes à l’administration ne doivent donc pas peser sur l’usager ; les
services publics doivent en permanence rechercher les moyens et les
améliorations pour alléger les démarches et les formalités que doivent accomplir
les usagers pour bénéficier d’un service ou d’une prestation. Les efforts de

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POLITIQUES PUBLIQUES TERRITORIAUX

simplification et clarification administratives sont en effet un levier essentiel de


l’amélioration de la relation des services publics avec leurs usagers.

Organiser l’accueil, dans le respect de l’usager, de ses attentes, avec écoute,


conseil et recours le cas échéant

Il s’agit de doter tous les services publics d’outils et de modes organisationnels


basés sur un référentiel commun, intégrant des principes d’efficience, de
transparence, d’égalité entre les usagers, afin d’améliorer de façon rapide et
effective le fonctionnement de ces services, en leur donnant une cohérence, une
logique, toujours dans l’intérêt de l’usager, et en limitant les risques de
clientélisme et de corruption.

Réorienter et accélérer la stratégie e-gov et généraliser le recours à la


dématérialisation des procédures

Le CESE préconise la refonte et l’harmonisation rapides des sites et portails


gouvernementaux, dans le respect d’une stratégie de communication entre
l’administration et les citoyens et usagers. Cela passe par la définition d’un
référentiel, unifié et accessible en ligne, des procédures et de l’accès au service
public.

Les chantiers actuels, comme les déclarations et les paiements en ligne, les
commandes de documents via Internet, le suivi en ligne de l’état d’avancement
des dossiers, les prises de rendez-vous par le même canal, doivent être
standardisés, accélérés et généralisés.

Les services en ligne existants et opérationnels doivent être ouverts à toutes les
populations concernées.

La sécurisation des données personnelles, conformément à la loi 09-08 de


protection des données à caractère personnel, doit être intégrée et effective, dans
toutes les initiatives et les évolutions de la démarche e-gouvernement.

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POLITIQUES PUBLIQUES TERRITORIAUX

CONCLUSION
La bonne gouvernance est une nouvelle notion dans la culture administrative au
Maroc. Il y a quelques années, il s’agissait d’un concept qui a été élaboré et étudié
dans les établissements universitaires. Des thèses ont été axées sur ce concept qui
a été, par la suite, constitutionnalisé en 2011 à travers un certain nombre d’articles
stipulant que le service public doit se soumettre aux règles de bonne gouvernance
comme la transparence et le respect de la loi. La Constitution de 2011 a apporté
des garanties qui n’ont pas toutes été mises en œuvre. Il faut dire qu’il ne suffit
pas de promulguer des textes ou d'imposer des mécanismes. Il s’agit là de toute
une culture.
Devant le décalage existant entre la consécration des droits du citoyen,
clairement affirmée dans la Constitution (articles 154 à 157), et la réalité vécue au
quotidien par les citoyens et usagers dans leur recours aux services publics,
L’adoption d’une charte des services publics n’est pas un choix mais plutôt une
exigence constitutionnelle. En effet, l’article 157 de la loi fondamentale stipule
qu’une charte des services publics fixe l’ensemble des règles de bonne
gouvernance relatives au fonctionnement des administrations publiques, des
régions et des autres collectivités territoriales et des organismes publics. C’est un
élément clé pour la réussite de la réforme du secteur. La charte devra avoir une
force juridique exécutoire pour que ses principes soient contraignants. C’est pour
cette raison que le gouvernement a choisi de l’éditer sous forme de loi. La mise
en œuvre de tous les principes est prévue dans le cadre de plans d’action.
Le projet de loi n°54.19 relatif à la charte des services publics adopté par le
Conseil du gouvernement, réuni jeudi 04 juillet 2019 à Rabat sous la présidence
du chef du gouvernement, comporte six chapitres. Le premier concerne les
définitions et le champ d’application et définit le sens de certains termes, tels que
les espaces publics, le citoyen et les services publics, tout en déterminant les
organismes concernés par cette Charte.
Le deuxième définit les objectifs du code de la bonne gouvernance et ses
principes qui incluent le respect de la loi, l’égalité et la continuité dans la
prestation des services, la qualité, l’équité, la transparence, l’intégrité, la reddition
des comptes et l’ouverture.
Le troisième chapitre définit, quant à lui, les règles relatives à l’efficacité des
services publics au niveau de l’organisation et de la gestion.

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POLITIQUES PUBLIQUES TERRITORIAUX

Le quatrième comprend des règles organisant la relation des citoyens avec les
services publics, relatifs à l’ouverture de ces espaces sur les citoyens, la
communication, l’amélioration des conditions d’accueil, ainsi que des règles
encadrant les prestations de ces services, notamment la facilitation des mesures,
des procédures administratives et sa numérisation, tout en œuvrant à développer
ces services et relever leur qualité en s’intéressant aux doléances des citoyens,
tout en ayant recours aux compromis pour résoudre les différends qui peuvent
survenir entre eux.
Le cinquième chapitre définit les règles relatives à la moralisation du service
public, en prévoyant des codes de bonne conduite, qui devraient être respectés par
les ressources humaines et l’élaboration d’un programme pour renforcer les
valeurs de transparence et de prévention contre toutes les formes de corruption,
tout en consolidant les valeurs de la moralisation de la gestion de ces services.
Le sixième et dernier chapitre est consacré à la mise en place d’un mécanisme
pour suivre la mise en œuvre de la dite charte.
Par ailleurs, ce projet prévoit la création d’un observatoire national des services
publics, qui devra s’occuper de l’évaluation de la performance de ces services et
de leur efficacité ainsi que les programmes et les stratégies mis en œuvre, outre la
proposition de mesures et de procédures à même de développer la performance de
ces services et relever leur qualité13.
La mise en place des règles et principes de bonne gouvernance est une question
de mentalités. Par exemple, pour le texte de loi sur le droit d’accès à l’information,
Le fonctionnaire public doit avoir la capacité de traiter l’information pour qu’elle
soit lisible et la mettre à la disposition des citoyens. L’administration doit avoir la
culture d’ouverture et mettre fin à la culture du secret. Il faut donc sensibiliser et
accompagner les fonctionnaires et avoir beaucoup de patience, sans quoi on ne
fera que brutaliser l’administration avec un certain nombre de concepts qui ne
sont pas assimilés.

13
https://fr.hespress.com/82400-conseil-de-gouvernement-adoption-du-projet-de-loi-relatif-a-la-charte-des-
services-publics.html

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Biblio / Webographie
 Dahir n°1-11-91 du 27 chaabane 1432 (29 Juillet 2011) Portant
promulgation du texte de la Constitution

 http://www.ces.ma/Pages/missions.aspx

 Rapport de la CESE sur la gouvernance des services puplics (Auto-


Saisine n° 13/2013), p14

 https://fr.hespress.com/45492-indice-de-perception-de-la-corruption-
2018-le-maroc-gagne-8-places.html
 http://www.oecd.org/mena/governance/accompagner-les-reformes-
de-la-gouvernance-locale-au-maroc.pdf
 https://fr.hespress.com/82400-conseil-de-gouvernement-adoption-du-
projet-de-loi-relatif-a-la-charte-des-services-publics.html

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TABLE DE MATIÈRE
SOMMAIRE ............................................................................................................................................. 2

INTRODUCTION.................................................................................................................................... 3

PARTIE 1 : ANALYSE JURIDIQUE DE LA BONNE GOUVERNANCE................................................ 7

1) La bonne gouvernance à la lumière de la constitution de 2011. ...................................... 7

2) Les instances de bonne gouvernance au Maroc : .................................................................... 8

3) Le Principe de libre administration des collectivités territoriales ........................................ 10

Partie 2 : la bonne gouvernance dans les services publics territoriaux : .................................... 12

1) Les principes de bonne gouvernance : rôles et objectifs ...................................................... 12

2) Les disfonctionnements de la gouvernance au Maroc .......................................................... 15

3) Les recommandations du CESE pour améliorer la gouvernance des services publics : .... 16

CONCLUSION...................................................................................................................................... 19

Biblio / Webographie.......................................................................................................................... 21

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