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République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Scientifique

Université 20 Août 1955 - Skikda ( Algérie) -

Faculté des Sciences de l’Ingénieur

Département de Génie Civil

Mémoire de Magister en Génie Civil

Option : Géomécanique et Géotechnique

Intitulée :

Modélisation du comportement d’un pieu isolé


sous charges verticales

Présentée par :

Melle Moussaoui Moufida

Directeur de mémoire : Pr. M. HAMAMI

Soutenu devant le jury :

Président : Pr. M. BELACHIA Université de Skikda


Rapporteur : Pr. M. HAMAMI Université de Skikda
Examinateurs : Dr. N. CHELGHOUM Université de Annaba
Dr. M. MEKSSAOUINE Université de Annaba
Dr. M.S. NOUAOURIA Université de Guelma
DEDICACE

Je dédie ce travail à :

● ALLAH qui ma donné le courage et la volonté afin de poursuivre mes études.

● Mes chères et tendres parents, qui ont illuminé le chemin de ma vie par leurs

chaleur et leurs amour et qui n’ont jamais cessé de m’encourager durant toutes

mes années d’études. Que dieu les gardes et les rend heureux comme ils m’ont

rendu heureuse.

● A mes chers frères et sœurs.

● A mes chers amis sans citer de nom.

i
REMERCIEMENTS

Je tiens tout d’abord à remercier le professeur Hamami Mounir, pour avoir


encadré et suivi ma thèse. Sa patience, Ses remarques et ses documentations,
m’ont été d’un soutient particulièrement précieux et indispensable pour mener à
bien ce travail.
j’adresse mes vifs remerciements à Monsieur le professeur M. Belachia,
Docteur N. Chelghoum, Docteur M. Mekssaouine et Docteur M. S. Nouaouria qui
voulu accepter de participer au jury de ma thèse.
Mes remerciements vont également à l’ensemble des enseignants et tout
personnel du département de génie civil de l’université de Skikda et de
l’université de Annaba .
Enfin, je remercie énormément tous ceux qui ont participé de près ou de loin et
qui ont contribué à l’élaboration de ce travail.

Moufida

ii
RESUME

Le présent travail à caractère théorique et numérique étudie le comportement d’un pieu isolé
sous charges verticales dans un sol sableux, a partir d’un modèle de comportement avec
écrouissage (Hardening Soil Model (H.S.M)). L’exercice proposés dans le bulletin PLAXIS
N°4 d’octobre 2004 est pris comme base de départ. Une méthodologie générale de
modélisation numérique par éléments finis d’un essai de chargement vertical de pieu est
proposée. Le modèle bidimensionnel (2D) est établit avec le code de calcul aux éléments finis
PLAXIS, pour estimer le tassement admissible du pieu et identifier l’effet du frottement
négatif.
Mots-clés :
Pieu isolé, modèle de sol avec écrouissage (H.S.M), PLAXIS, tassement,frottement négatif,
courbe de chargement.

ABSTRACT
The theoretical and numerical study of the behaviour of the single piles under vertical loading
is presented herein in a sand soil . Starting from the hardening soil model. The exercise
proposed in bulletin PLAXIS N°4 of October 2004 is taken as bases departure. A general
methodology of numerical analyses by finite elements of a pile vertical loading test was
proposed. The two-dimensional model (2D) is etablished with the finite element program
PLAXIS, to consider the settlement acceptable of the pile and to identify the effect of
negative friction.
Key words :
single piles, Hardening Soil Model, PLAXIS, settlement, negative friction, loading curves.

iii
‫ﻣﻠﺨ ﺺ‬

‫ھﺬا اﻟﻌﻤﻞ ذو اﻟﻄﺒﯿﻌﺔ اﻟﻨﻈﺮﯾﺔ و اﻟﺮﻗﻤﯿﺔ ﯾﺪرس ﺳﻠﻮك ﺧﺎزق ﻣﻌﺰول ﺗﺤﺖ ﺗﺄﺛﯿﺮ ﺣﻤﻮﻻت ﻋﻤﻮدﯾﺔ ﻣﻄﺒﻘﺔ ﺑﻮﺳﻂ ﺗﺮﺑﺔ رﻣﻠﯿﺔ‪،‬‬
‫وھﺬا ﺑﺄﺧﺬ ﻧﻤﻮذج اﻟﺘﺮﺑﺔ اﻟﺼﻠﺒﺔ ﻣﻌﺘﻤﺪﯾﻦ ﻓﻲ ھﺬا اﻟﺼﺪد ﻋﻠﻰ اﻟﺘﻤﺮﯾﻦ اﻟﻤﻘﺘﺮح ﻓﻲ ﻧﺸﺮة ﺑﻼﻛﺴﯿﺲ رﻗﻢ ‪ 04‬ﻟﺸﮭﺮ أﻛﺘﻮﺑﺮ‬
‫‪ 2004‬ﻛﻘﺎﻋﺪة ﻋﻤﻞ ﻟﻠﺠﺰء اﻟﺘﻄﺒﯿﻘﻲ ﻟﮭﺬه اﻟﻤﺬﻛﺮة‪ ،‬ﻣﻦ ﺧﻼل اﻗﺘﺮاح ﻣﻨﮭﺠﯿﺔ ﻋﺎﻣﺔ ﻟﻠﺘﻤﺜﯿﻞ اﻟﻌﺪدي ﻋﻦ طﺮﯾﻖ اﻟﻌﻨﺎﺻﺮ‬
‫اﻟﻤﻨﺘﮭﯿﺔ ﻟﺘﺠﺮﺑﺔ اﻟﺤﻤﻮﻻت اﻟﻌﻤﻮدﯾﺔ اﻟﻤﻄﺒﻘﺔ ﻋﻠﻰ اﻟﺨﻮازق‪ ،‬وھﺬا ﺑﺄﺧﺬ ﻧﻤﻮذج ﺛﻨﺎﺋﻲ اﻷﺑﻌﺎد ﻣﻄﺒﻖ ﻣﻊ ﺑﺮﻧﺎﻣﺞ اﻟﻌﻨﺎﺻﺮ‬
‫اﻟﻤﻨﺘﮭﯿﺔ ﺑﻼﻛﺴﯿﺲ‪ ،‬ﻣﻦ أﺟﻞ ﺗﺤﺪﯾﺪ اﻟﺮص اﻟﻤﻘﺒﻮل ﻟﻠﺨﺎزق‪ ،‬وﺗﻮﺿﯿﺢ دور اﻹﺣﺘﻜﺎك اﻟﺴﻠﺒﻲ ‪.‬‬
‫اﻟﻜﻠﻤﺎت اﻷﺳﺎﺳﯿﺔ ‪:‬‬
‫ﺧﺎزق ﻣﻌﺰول‪ ،‬ﻧﻤﻮذج اﻟﺘﺮﺑﺔ اﻟﺼﻠﺒﺔ‪ ،‬ﺑﻼﻛﺴﯿﺲ‪ ،‬اﻟﺮص‪ ،‬اﻹﺣﺘﻜﺎك اﻟﺴﻠﺒﻲ‪ ،‬ﻣﻨﺤﻨﻰ اﻟﺤﻤﻮﻻت‪.‬‬

‫‪iv‬‬
Notations et abréviations

A : aire latérale du pieu (m2)


Ap : surface transversale du pieu
B : diamètre du pieu (m)
B : diamètre du forage (m)
c : cohésion du sol de fondation
cu : cohésion non drainée du sol sous la pointe du pieu
C : une constante (cm)
Cp,Cs : coefficients empirique
Cincrément : Cf modèle de Mohr-Coulomb
Cs, Cc : les paramètres de compressibilité
D50 : diamètre moyen des grains (mm)
Dr : densité relative
D : diamètre du pieu (m)
De : hauteur d’encastrement équivalente (m)
D : hauteur d’encastrement réelle du pieu (m)
Dc : profondeur critique (m)
D : longueur du pieu dans la couche molle (m)
Dc : profondeur critique (m)
Es : module de réaction
E : module d’Young (KN/m2)
Es : module de Young du sol (KN/m2)
E : rendement du mouton
e : enfoncement permanent (refus)
E : efficacité du mouton
Ep : module d’élasticité du matériau du pieu (KN/m2)
Ep : module de Young du matériau du pieu (KN/m2)
E50ref : Module sécant dans un essai triaxial (KN/m2)
ref
Eoed : Module sécant dans un essai oedométrique (KN/m2)
Eurref : Module en décharge (KN/m2)
f : résistance au frottement unitaire à la profondeur (z) (KN)
fav : résistance au frottement unitaire
fs : frottement latéral unitaire (KN/m2)
fu: résistance au frottement unitaire lors de l’arrachement du pieu (KN/m2)
Fs : facteur de sécurité
Gs : module de cisaillement du sol (KN/m2)
Gsf : frottement négatif total (KN/m2)
G : module de cisaillement (KN/m2)
h : hauteur de chute du mouton (m)
HE : taux d’énergie du mouton
H : hauteur de chute du mouton (m)
He : taux d’énergie max du mouton manufacturé
H : hauteur du remblai (m)
h : hauteur d’action du frottement négatif dans le sol compressible
v
Ir : indice de rigidité
Iwp, Iws: coefficients d’influence
k : coefficient de réaction (kN/m)
K : coefficient de poussée des terres
K0 : coefficient des poussées des terres au repos
kc : coefficient de portance
Ku : coefficient à l’arrachement
Kp : coefficient de réaction surfacique horizontal
Kh : module de réaction horizontale surfacique
K 0NC : coefficient des terres au repos pour un sol normalement consolidé
Lb : longueur d’ancrage dans la couche portante (m)
∆L : longueur du pieu (m)
L : longueur du pieu (m)
M0 : moment en tête du pieu (KN.m)
m : puissance
M : paramètre lié à K 0NC
N c , N q , N  : coefficients de capacité portante
N : résistance de pénétration standard moyen près du pieu
Nc : charge critique de flambement (KN)
P : la réaction du sol (KN/m)
p : pression de réaction (KPa)
P(y) : courbe de réaction du sol
Pu : réaction ultime
P : périmètre de la section transversale du pieu (m)
P : masse frappée (pieu+ casque + accessoire) (KN)
Ple : pression limite nette équivalente
Pl  (z ) : pression limite à la profondeur (z)
P : périmètre du pieu (m)
Pref : contraintes de références (KN/m2)
Q : charge totale du pieu (kN)
Qt : charge totale du pieu en arrachement (kN)
Qc : charge totale du pieu en compression (kN)
Qs : charge de frottement axial (kN)
Qp : charge en pointe du pieu (kN)
Qcu : charge limite de compression (kN)
Qpu : charge limite en pointe (kN)
Qsu : charge limite de frottement latéral (kN)
qp : pression limite sous la pointe du pieu (kN/m2)
qs : frottement latéral unitaire limite le long du pieu (kN/m2)
Qu : capacité portante globale ultime du pieu (kN/m2)
qs : frottement latéral unitaire limite le long du pieu (kN/m2)
Qu : capacité portante globale ultime du pieu (kN/m2)
qp : capacité portante unitaire (kN/m2)
q’ : contrainte effective au niveau de la pointe(kN/m2)
ql : résistance de pointe limite (kN/m2)
qce : résistance de pointe équivalente (KN)
qc(z) : résistance de pointe lissée à la profondeur (z) (KN)
vi
qpu : contrainte limite de pointe (KN/m2)
qce : résistance de pointe équivalente (KN)
qcc : résistance de pointe corrigée (KN)
Q1à Q2 : courbes de frottement latéral
∆Q : charge par incréments (KN/m2)
Qle : charge limite conventionnelle (KN/m2)
Qce : charge critique de fluage conventionnelle (KN/m2)
Qadd : capacité portante admissible (KN/m2)
Qwp : charge supporté par la pointe du pieu (KN)
Qws : résistance au frottement du pieu (KN)
qws : charge de pointe par unité de surface (KN/m2 )
q0 : surcharge (KN)
Qce : charge critique de fluage (kN)
Rn : rugosité normalisée
Rp : rugosité relative de l’interface
Rf : rapport de frottement
Rf : coefficient à la rupture
Rint : coefficient d’interface
S: section de la pointe du pieu (m2)
S : pénétration du pieu par coup du mouton
S : tassement élastique total du pieu (mm)
S1: tassement élastique du puit (mm)
S2: tassement élastique dû à la pointe du pieu (mm)
S3: tassement élastique dû à la transmission de la charge le long du puit (mm)
St : déplacement de la tête du pieu (mm)
Sp : déplacement de la pointe du pieu (mm)
Tug : capacité portante ultime globale (KN/m2)
Tun : capacité portante résiduelle à l’arrachement (KN/m2)
Ux : déplacement horizontal (m)
Uy: déplacement vertical (m)
WR : poids du mouton (KN)
Wp : poids du pieu (KN)
W : poids effectif du pieu (KN)
 0' : la contrainte effective normale moyenne au niveau de la pointe du pieu (KN/m2)
 v' : contrainte effective verticale à la profondeur (z) (KN/m2)
 v' : contrainte effective moyenne pour la longueur d’ancrage
 v' : contrainte effective à long terme verticale, à l’interface sol-pieu (KN/m2)
 h' : contrainte effective à long terme horizontale, à l’interface sol-pieu (KN/m2)
 tension : résistance à la traction (KN/m2)
 R : angle de frottement interne (°)
φ : force réduite
φcv : angle de frottement à volume constant (°)
φu : angle de frottement non drainé (°)
φ : angle de frottement effectif (°)
νs: coefficient de poisson
νur : coefficient de poisson en décharge recharge
∆ : déformation volumique moyenne dans la zone plastique sous la pointe du pieu
vii
δ : angle de frottement ( interaction) sol-pieu (°)
αn: pente du segment de la courbe de déplacement en fonction du logarithme décimal du
temps
ξ: dépend de la distribution de la résistance au frottement dans le puit du pieu
λ : coefficient d’accrochage
λ : demi-longueur réduite
 : indice de compression
α' : coefficient d’adhésion sol-pieu
ψ : angle de dilatance (°)
  : indice de fluage
αn : vitesse de fluage

Abréviations
MC : modèle de Mohr-Coulomb
HSM : Modèle de sol avec écrouissage (Hardening Soil Model)
SSM : Modèle pour sols mous (Soft Soil Model)
SSCM : Modèle pour sols mous avec effets du temps (Soft Soil Creep Model)
OCR : le degré de surconsolidation
POP : le poids des terres de préconsolidation (Pre Overbuden Pressure)

viii
Liste des figures

1.1a et b : schéma de quelque type des pieux en béton préfabriqués et leur section
1.2 : schéma d’un pieu en bois
1.3 : coupe longitudinale d’un pont renfoncé par des pieux en bois
1.4 : schéma de quelque forme des pieux métallique
1.5 : schéma d’un pieu refoulant le sol à la mise en place dans un milieu cohérent
1.6 : schéma d’un pieu ne refoulant pas le sol à la mise en place
1.7 : schéma d’un pieu flottant
1.8 : schéma d’un pieu chargé en pointe
1.9 : schéma d’une sonnette de battage
1.10 : schéma d’un vibrofonceur
1.11 : schéma de quelque type des pieux vissés
1.12 : schéma de quelque types d’outils de forage
1.13 : les phases d’exécution d’un pieu foré à la boue
1.14 : schéma de la tarière creuse
1.15 : schéma de principe du procédé d’un pieu foré à la tarière creuse
1.16 : schéma de la tarière Solétanche Bachy
1.17 : schéma de principe du procédé d’un pieu foré à la tarière Solétanche Bachy
1.18 : schéma de principe de l’instrumentation du procédé des pieux forés à la tarière
Solétanche Bachy
1.19 : Schéma de principe du procédé des pieux forés tubés
1.20 : Schéma présente les phases d’exécution d’un pieu foré tubé
1.21 : Schéma de ferraillage d’un type des pieux préfabriqués
1.22 : Schéma de ferraillage d’un pieu foré avec tubage
1.23 : Schéma de bétonnage d’un pieu à la benne à fond ouvrant
1.24 : Schéma de bétonnage d’un pieu au tube plongeur
1.25 : Mécanisme du frottement latéral positif et négatif
1.26 : Influence de la rugosité sur le comportement de l’interface sable dense-acier
1.27 : Zones de déformation du sol lors du fonçage de modèles de pieux dans du sable
1.28 : Mobilisation de la résistance de pointe et du frottement latéral en fonction du mode de
mise en place
1.29 : Influence du mode d’installation sur les mesures
1.30 : Pieu mobilisant la réaction latérale du sol
1.31 : Courbe de réaction
1.32.a : Capacité portante d’un pieu en compression
1.32.b : Mobilisation des charges d’un pieu
1.33 : Effet de la rugosité du pieu ( comparaison des courbes de mobilisation frottement-
déplacement)
1.34 : Mécanisme du frottement latéral dans le cas d’un pieu isolé
1.35 : Schéma présente le phénomène du frottement négatif (sous l’effet d’un remblai en
surface)
1.36 : Allure de la charge de frottement latéral, de la charge en pointe et de la charge totale en
fonction du déplacement vertical du pieu
2.1.a et b : Schéma présente le mécanisme de transfert de charge sur un pieu
2.2 :Variation de qc avec L/D (sol homogène)
2.3 : (Lb/D)cr et coefficient de capacité portante pour différentes angle de frottement 
(Meyerhof, 1976)
ix
2.4 :Variation de qc avec L/D (sol hétérogène)
2.5 : Résistance de frottement unitaire pour un sol homogène
2.6 : Application de la méthode λ à un sol hétérogène
2.7 : Variation de λ avec la profondeur L (Mc Clelland, 1974)
2.8 : Variation de α avec la cohésion non drainée cu
2.9 : Variation de N q avec L/D ( Coyle et Castello, 1981)
2.10 : Variation de K avec L/D ( Coyle et Castello, 1981)
2.11 : Définition de l’encastrement équivalent
2.12 : Résistance de pointe équivalente
2.13 : Définition de la pression limite équivalente au pressiomètre Ménard
2.14 : Comparaison des sollicitation du sol
2.15 : Courbe de frottement latéral
2.16.a : Droite et courbes de fluage des 2ème,5ème,7ème,et 9ème palier
2.16.b : Détermination de la charge critique de fluage Qce ( vitesse de fluage αn et calcul de
Qce)
2.17 : Courbe effort-déplacement en tête d’un essai de chargement de pieu
2.18.a : loi de mobilisation simplifiée du frottement latéral unitaire qs
2.18.b : loi de mobilisation simplifiée de la résistance de pointe qp
2.19 : Evolution de la résistance de pointe qp en fonction de la profondeur d’enfoncement du
pieu
2.20 : Caractéristique géométrique du pieu et du sol
2.21 : Essai de pénétration au pénétromètre statique et au carottier
2.22 : Evolution des paramètres avec la profondeur
2.23 : Comparaison des modules d’élasticité déduite des essais triaxiaux CU+U et de la
cohésion non drainée déduite des essais pressiometriques
2.24 : Diagramme des contraintes effectives
2.25 : Maillage d’éléments finis pour le pieu de diamètre 0.40 m
2.26 : Courbe charge-déplacement en tête du pieu de diamètre 0.35 m
2.27 : Courbe charge-déplacement obtenue pour le pieu de diamètre 0.35 m
2.28 : Courbe charge-déplacement obtenue pour le pieu de diamètre 0.40 m
2.29 : Courbe charge-déplacement obtenue pour le pieu de diamètre 0.50 m
2.30 : Zones plastiques associées au modèle de Nova pour les essais de traction et de
compression effectués sur le pieu de diamètre 0.40 m. Le chargement correspondent aux
derniers incréments appliqués
2.31: Distribution de frottement unitaire le long du puit du pieu
2.32 : Evaluation du frottement négatif sur un pieu isolé
2.33 : Calcul du frottement négatif pour un pieu isolé dans un sol homogène chargé par un
remblai
2.34 : Capacité portante à l’arrachement d’un pieu
2.35 : Variation de fu avec la profondeur (z)
2.36 : Variation de Ku avec l’ongle de frottement interne
2.37 : Variation de δ/φ avec l’indice de densité RD
2.38 : Flambement d’un pieu
2.39 : Force réduite d’un pieu dans un sol à raideur constante
3.1 : Les actions sur le domaine Ω
3.2 : Le domaine Ω discrétisé
3.3 : Modèle monodimensionnel du comportement élasto-plastique
3.4 : Représentation du comportement élastique-parfaitement plastique
x
3.5 : Représentation du comportement élasto-plastique avec écrouissage
4.1 : Définition du module à 50 % de rupture
4.2 : Représentation du Hardening Soil Model dans le repère contrainte-déformation
4.3 : Forme de surface de charge H.S.M
4.4 : Surface de rupture pour Hardening Soil Model cas d’un sol non cohérent
4.5 : Définition du module oedométrique tangent
4.6 : Définition de l’angle de dilatance
4.7 : Différente représentation lors d’un essai oedométrique
4.8 : Surface de rupture pour un Soft Soil Model ( SSM)
4.9 : Effet du temps sur les essais oedométrique
4.10 : Diagramme de peq dans p,q
5.1 : Schéma présente la géométrie du pieu
5.2 : Caractéristique générales du modèle
5.3 : Taille du maillage
5.4 : Coordonnées
5.5 : Première vue
5.6 : Modèle de référence utilisé pour le calcul d’un pieu isolé sous charges verticales
5.7 : Fenêtre des caractéristiques générales relative à la couche de sol
5.8 : Maillage du problème
5.9 : Contrainte initiales
5.10 : Mise en place du pieu
5.11 : Chargement unitaire du pieu
5.12 : Les différentes étapes de chargement
5.13 : Représentation du maillage déformé sous 6000 kpa
5.14 : Contrainte effectives (phase 05)
5.15 : Déplacement totaux (phase 05)
5.16 : Déplacement verticaux de l’interface sol-pieu (phase 05)
5.17 : Contraintes tangentielles relatives (phase 05)
5.18 : Représentation de la zone en plasticité (phase 05)
5.19 : Déplacement totaux du pieu (phase 05)
5.20 : Déplacement horizontaux du pieu (phase 05)
5.21 : Déplacement verticaux de l’interface sol-pieu (phase 05)
5.22 : Contraintes normales effectives sur l’interface sol-pieu ( phase 05)
5.23 : Contraintes tangentielles sur l’interface sol-pieu ( phase 05)
5.24 : Courbe charge –tassement du pieu
5.25 : Courbes charge-tassement du pieu présentées par quelques Géotechniciens (PLT1,
PLT2, PLT3, PLT4, PLT5) avec les même données de l’exercice proposé dans le bulletin de
plaxis N°4 d’octobre 2004 et le même modèle de comportement H.S.M .
5.26 : Coupe sous la pointe du pieu ( phase 05)
5.27 : Courbe de charge en pointe en fonction de la charge en tête (mobilisation du frottement
latéral du pieu)
5.28 : Courbe de la charge en pointe en fonction de la charge en tête (mobilisation du
frottement latéral du pieu) avec l’application du modèle de Mohr-Coulomb
5.29 : Second chargement
5.30.a : Déplacement de la base du pieu sous 6000 kpa ( phase 05)
5.30.b : Déplacement de la base du pieu sous l’effet du frottement négatif ( phase 06)
5.31.a : Courbe de frottement latéral sous 6000 kpa ( phase 05)
5.31.b : Courbe de frottement latéral ( phase 06)
xi
5.32 : Représentation du maillage déformé (phase 06)
5.33 : Contrainte effectives (phase 06)
5.34 : Déplacement totaux (phase 06)
5.35 : Déplacement horizontaux (phase 06)
5.36 : Déplacement verticaux (phase 06)
5.37 : Contraintes tangentielles relatives (phase 06)
5.38 : Représentation de la zone en plasticité (phase 06)
5.39 : Déplacement totaux du pieu (phase 06)
5.40 : Déplacement horizontaux du pieu (phase 06)
5.41 : Déplacement verticaux du pieu (phase 06)
5.42 : Contraintes normales effectives sur l’interface sol-pieu ( phase 06)
6.1 : Influence du maillage sur la courbe charge tassement du pieu
6.2 : Influence du maillage sur la contrainte normale sous la base du pieu
6.3 : Influence du maillage sur la charge en pointe du pieu
6.4 : Influence du maillage sur le déplacement total de la base du pieu
6.5 : Influence du maillage sur le frottement latéral du pieu
6.6 : Influence de la tolérance de calcul sur la courbe charge tassement du pieu
6.7 : Influence de la tolérance de calcul sur la contrainte normale sous la base du pieu
6.8 : Influence de la tolérance de calcul sur la charge en pointe du pieu
6.9 : Influence de la tolérance de calcul sur le déplacement total de la base du pieu
6.10 : Influence de la tolérance de calcul sur le frottement latéral du pieu
6.11 : Influence des dimensions du modèle sur la courbe charge tassement du pieu
6.12 : Influence des dimensions du modèle sur la contrainte normale sous la base du pieu
6.13 : Influence des dimensions du modèle sur la charge en pointe du pieu
6.14 : Influence des dimensions du modèle sur le déplacement total de la base du pieu
6.15 : Influence des dimensions du modèle sur le frottement latéral du pieu
6.16 : Influence de la cohésion sur la courbe charge tassement du pieu
6.17 : Influence de la cohésion sur la contrainte normale sous la base du pieu
6.18 : Influence de la cohésion sur la charge en pointe du pieu
6.19 : Influence de la cohésion sur le déplacement total de la base du pieu
6.20 : Influence de la cohésion sur le frottement latéral du pieu
6.21 : Influence de l’angle de frottement sur la courbe charge tassement du pieu
6.22 : Influence de l’angle de frottement sur la contrainte normale sous la base du pieu
6.23 : Influence de l’angle de frottement sur la charge en pointe du pieu
6.24 : Influence de l’angle de frottement sur le déplacement total de la base du pieu
6.25 : Influence de l’angle de frottement sur le frottement latéral du pieu
6.26 : Influence des modules E50ref , Eoed
ref
, Eurref sur la courbe charge tassement du pieu
6.27 : Influence des modules E50ref , Eoed
ref
, Eurref sur la contrainte normale sous la base du pieu
6.28 : Influence des modules E50ref , Eoed
ref
, Eurref sur la charge en pointe du pieu
6.29 : Influence des modules E50ref , Eoed
ref
, Eurref sur le déplacement total de la base du pieu
6.30 : Influence des modules E50ref , Eoed
ref
, Eurref sur le frottement latéral du pieu
6.31 : Influence du coefficient de poisson sur la courbe charge tassement du pieu
6.32 : Influence du coefficient de poisson sur la contrainte normale sous la base du pieu
6.33 : Influence du coefficient de poisson sur la charge en pointe du pieu
6.34 : Influence du coefficient de poisson sur le déplacement total de la base du pieu
6.35 : Influence du coefficient de poisson sur le frottement latéral du pieu
xii
6.36 : Influence du coefficient réducteur de l’interface sur la courbe charge tassement du pieu
6.37 : Influence du coefficient réducteur de l’interface sur la contrainte normale sous la base
du pieu
6.38 : Influence du coefficient réducteur de l’interface sur la charge en pointe du pieu
6.39 : Influence du coefficient réducteur de l’interface sur le déplacement total de la base du
pieu
6.40 : Influence du coefficient réducteur de l’interface sur le frottement latéral du pieu
6.41 : Influence du modèle de comportement sur la courbe charge tassement du pieu
6.42 : Influence du modèle de comportement sur la contrainte normale sous la base du pieu
6.43 : Influence du modèle de comportement sur la charge en pointe du pieu
6.44 : Influence du modèle de comportement sur le déplacement total de la base du pieu
6.45 : Influence du modèle de comportement sur le frottement latéral du pieu

xiii
Liste des tableaux

Tableau 1.1 : Influence de la densité du massif sur le coefficient de poisson des terres
Tableau 2.1 : Coefficient de capacité portante pour fondation profondes N cetN
Tableau 2.2 : Valeurs de coefficient Ir pour différents type de sols
Tableau 2.3 : Valeurs de kc selon le fascicule 62
Tableau 2.4 : Valeurs de β et qsmax selon le fascicule 62
Tableau 2.5 : Valeurs de kp selon le fascicule 62
Tableau 2.6 : Choix de la courbe de frottement latéral
Tableau 2.7 : Valeurs des paramètres en fonction de la profondeur
Tableau 2.8 : Valeurs des paramètres en fonction de la profondeur
Tableau 2.9 : Valeurs des pressions limites et du module
Tableau 2.10 : Calcul de Plav, h, S et Qs1 en fonction de la profondeur
Tableau 2.11 : Résumé des calculs avec les trois types d’analyses
Tableau 2.12 : Caractéristiques des Maillage d’éléments finis
Tableau 2.13 : Valeurs des paramètres du modèle de Mohr-Coulomb
Tableau 2.14 : Valeurs des paramètres du modèle de Nova (Version 1982)
Tableau 2.15 : Module d’Young du béton pour les pieux en traction et en compression
Tableau 2.16 : Paramètres pour le comportement d’interface
Tableau 2.17 : Types de Cp
Tableau 2.18 : Valeurs du terme K tanδ pour l’évaluation du frottement négatif
Tableau 4.1 : Valeurs des paramètres de compressibilité et de gonflement λ et K
Tableau 5.1 : Valeurs des différents paramètres du sol.
Tableau 6.1 : Valeurs des paramètres du modèle de Mohr-Coulomb (MC)

xiiii
SOMMAIRE
DEDICACE.……………………………………………………………………………………i
REMERCIEMENTS…………………………………………………………………………...ii
RESUME..…………………………………………………………………………………….iii
ABSTRACT….……………………………………………………………………………….iii
‫……………………………………………………………………………………… ﻣﻠﺨ ﺺ‬.iv
Notations et abréviations ………………………………………………………………………v
Liste des figures ………………………………………………………………………………ix
Liste des tableaux …………………………………………………………………………..xiiii
SOMMAIRE…………………………………………………………………………………...y
Chapitre 01 : Étude bibliographique sur la technologie des pieux………....1
1.1 Introduction ………………………………………………………………………………..1
1.1.1 Suivant la nature du matériau constitutif…………………..……………………….….1
1.1.2 Suivant le mode de mise en place des pieux……………………………………….......4
1.1.3 Suivant le mode de fonctionnement des pieux………………………………………...9
1.2 Technique d’exécution des pieux…………………………………………………..……..10
1.2.1 Pieux préfabriqués…………………………………………………………………….10
1.2.2 Pieux exécutés in situ…………………………………………………………………11
1.3 Armature des pieux…………………………………………………………………….....17
1.4 Bétonnage des pieux…………………………………………………………………...…18
1.4.1 Bétonnage à sec……………………………………………………………………….18
1.4.2 Bétonnage à l’eau……………………………………………………………………..19
1.4.3 Outils de bétonnages……………………………………………………………...…..19
1.5 Choix du type de pieux………………………………………………………………..….20
1.6 Comportement des pieux isolés………………………………………………………......21
1.6.1 Introduction …………………………………………………………………………..21
1.6.2 Mécanisme de frottement latéral ……………………………………………………..22
1.6.3 Facteurs influent sur le comportement d’un pieu ……………………………….…....23
1.6.4 Les paramètres influençant la capacité portante d’un pieu isolé…………………...…28
1.6.5 Mécanisme de rupture d’un pieu sous charges axiales ………..……………………. 30
1.6.6 Synthèse…………………………………………………………………………...….32
Chapitre 02 : Méthodes de calcul des pieux isolés.................................................33
y
2.1 Introduction……………………………………………………………………………….33
2.2 Méthodes statiques………………………………………………………………………..33
2.2.1 Capacité portante de pointe (Qp)……………..……………….………………………34
2.3 Méthodes dynamiques…………………………………………………………………….45
2.3.1 Méthode Engineering News Record (E.N.R)…………………………………............46
2.3.2 Méthode des Hollandais………………………………………………………………46
2.3.3 Méthode de Crandall………………………………………………………………….47
2.3.4 Méthode Engineering News Record (E.N.R) modifiée………………………............47
2.3.5 Méthode Michigan State Highway…………………………………………………...47
2.3.6 Méthode Danoise……………………………………………………………………..48
2.3.7 Pacific Coast Uniform Bulding Code………………………………………...............48
2.3.8 Méthode de JANBU…………………………………………………………………..48
2.4 Méthodes pratiques……………………………………………………………………….49
2.4.1 La capacité portante d’un pieu isolé à l’aide d’essai au pénétromètre statique………49
2.4.2 La capacité portante d’un pieu isolé à l’aide d’essai pressiométrique……………..…53
2.4.3 La capacité portante d’un pieu isolé à l’aide d’essai de chargement statique………...57
2.5 Méthode numériques ( la méthode des éléments finis)…………………………………...75
2.6 Capacité portante admissible (Qad)……………………………………………………….83
2.7 Calcul des tassements……………………………………………………………………..83
2.8 Evaluation du frottement négatif maximal………………………………………………..86
2.8.1 Principe de l’évolution du frottement négatif maximal………………………………86
2.8.2 Hauteur d’action du frottement négatif……………………………………………….87
2.8.3 Valeur du terme Ktanδ………………………………………………………………..87
2.8.4 Contrainte verticale effective  V' , effet d’accrochage……………………………….88

2.9 Résistance a l’arrachement d’un pieu …………………………………………………...90


2.10 Evaluation du flambement d’un pieu …………………………………………………..93
2.10.1 Méthode de M. Mandel………………………………………………….….………..94
Chapitre 03 : La méthode des éléments finis en géotechnique……..………..96
3.1 Introduction……………………………………………………………………………...96
3.2 Concepts de base………………………………………………………………………...96
3.3 Présentation de la méthode des élément finis …….……………………………………..97
3.4 Formulations de la méthode des éléments finis…………………………………………97
yi
3.5 Synthèse……………………………………………………………………………...…..98
Chapitre 04 : Présentation du code éléments finis PLAXIS………………….99
4.1 Introduction……………………………………………………………………………...99
4.2 Le logiciel Plaxis………………………………………………………………………...99
3.3 Les modèles de comportement intégrés dans Plaxis…………………………………….100
3.3.1 Introduction………………………………………………………………………….100
3.4.2 Synthèse …………………………………………………………………………….111
Chapitre 05 : Établissement d’un modèle de référence pour le calcul d’un
pieu isolé sous charges verticales……………………………………………………112
5.1 Introduction……………………………………………………………………………...112
5.2 Saisie des données……………………………………………………………………… 112
5.3 Paramètres des matériaux ……………………………………………………………….114
5.4 Maillage…………………………………………………………………………………115
5.5 Condition initiales……………………………………………………………………….116
5.6 Première phase de calcul………………………………………………………………...116
5.7 Premiers résultats………………………………………………………………………..118
5.8 Second chargement ……………………………………………………………………..127
5.9 Effet du frottement négatif………………………………………………………………127
5.10 Résultats de la phase finale…………………………………………………………….129
5.11 Synthèse………………………………………………………………………………..135
Chapitre 06 : Étude paramétrique………………………………………………….136
6.1 Introduction……………………………………………………………………………...136
6.2 Effet des paramètres de modélisation…………………………………………………...136
6.2.1 Le maillage…………………………………………………………………………..136
6.2.2 La précision des calculs……………………………………………………………..138
6.2.3 Dimensions du modèle de référence ………………………………………………..141
6.3 Effet des paramètres géotechniques……………………………………………………..143
6.3.1 Effet des paramètres du sol………………………………………………………….143
6.3.2 Effet de l’interface…………………………………………………………………..152
6.3.3 Effet du modèle de comportement du sol…………………………………………...154
6.4 Synthèse ……….….……..….………………………………………………………......157
Conclusion générale………………………………………………………………………..158
yii
Recommandations ………………………………………………………………………....159
Références bibliographiques………………………………………………………………161

yiii
CHAPITRE 1 : Étude bibliographique sur la technologie
des pieux

1 .1 Introduction
Les fondations profondes sont utilisées lorsque les charges à transmettre au sol sont très
importantes et lorsque le terrain en surface est de mauvaise portance (argiles molle ou vases),
afin de reporter les charges, dues aux superstructures, en profondeur sur une couche plus
dure, qui est d’ailleurs très rarement rocheuse. Les fondations profondes sont surtout utilisées
pour les ouvrages importants supportant de fortes charges (bâtiments industriels, ouvrages
d’art,..). On appelle “fondations profondes” toute les fondations dont l’encastrement D dans
D
le sol excède quatre (4) fois la largeur B de la fondation (  4 ), Cette utilisation est
B
tellement évidente, que l’homme faisait déjà ses fondations sur pilotis, et cela uniquement par
expérience. Les différents types de fondations profondes actuels sont : les pieux, les puits,
les parois ou caissons. Les pieux sont les fondations profondes les plus courantes
D
(  10 ), Ce sont généralement des structures très élancées en bois, en métal ou en béton, de
B
formes diverses. Avec la technologie actuelle, il est possible de réaliser, à terre, des pieux
d’une longueur de 80 mètres et d’un diamètre maximal d’environ 3 mètres. Dans le domaine
pétrolier, les pieux offshore peuvent atteindre une longueur de 120 mètres pour un diamètre
de diamètre de 1,5 à 2 mètres. Traditionnellement, on classe les pieux :
● Soit suivant la nature du matériau constitutif : bois, métal, béton ;
● Soit suivant le mode de mise en place des pieux ;
● Soit suivant le mode de fonctionnement des pieux.

1.1.1 La nature du matériau constitutif


1.1.1.1 pieux en béton
Les pieux en béton (armé ou précontraint) préfabriqués (figure -1.1-a et b) ou coulés sur
place, sont utilisables pour une grande gamme de charge qui dépend de la géométrie du pieu,
de la résistance en compression du béton et des armatures. Le béton a l'avantage d'être
utilisable dans les sols corrosifs. Les pieux en béton peuvent se présenter soit d'une seule
longueur soit en plusieurs tronçons jointifs ; cette seconde forme facilite de transport et allège
les moyens de mise en oeuvre. On les utilise sans raccord jusqu'à 15 m dans le cas de pieux

1
en béton armé, jusqu'à 40m dans le cas des pieux en béton précontraints et à des profondeurs
supérieures pour des pieux avec des raccords. Ces pieux doivent être préfabriqués sur une
aire de stockage qui prend beaucoup de place et ne peuvent être battus, en général, qu’après
28 jours de séchage.

(a)

(b)

Figure -1.1-a et b Schéma de quelque type des pieux en béton préfabriqués et leur section

1.1.1.2 pieux en Bois


Les pieux en bois (figure 1.2) sont probablement la plus vieille méthode de renforcement
des fondations (figure 1.3). Dans certains pays et pour des cas particuliers, cette méthode est
encore appliquée. Les plus grands inconvénients de cette méthode sont la variation de la
qualité des pieux en termes de géométrie et de résistance et le risque de détérioration sous la
nappe. Pour de faibles charges (inférieures à 500kN), et des longueurs d'ancrage ne dépassant
pas 12m, cette méthode est utilisable sous certaines précautions. Les pieux en bois sont
souvent utilisés dans le Nord de l'Amérique, en Chine et dans les pays scandinaves. Ils sont
souvent utilisés pour des travaux de renforcement temporaires.

2
La mise en oeuvre des pieux se fait par battage ; pour faciliter la pénétration et ne pas
endommager les pieux, des précautions particulières doivent être prises : pointe en acier à la
base du pieu, bande d'acier autour de la tête du pieu, pré-forage.

Figure - 1.2- Schéma d’un pieu en bois

Figure - 1.3- coupe longitudinale d’un pont renforcé par des pieux en bois

1.1.1.3 pieux métalliques


Les pieux métalliques préfabriqués sont généralement des profilés en H ou des tubes
cylindriques ou de forme quelconques (figure 1.4) qui ne sont pas remplis de béton. Les
longueurs usinées vont de 12 à 21 m. À cause des risques de corrosion. Cependant, dans des
conditions normales de sols non contaminés, le taux de corrosion reste faible. Chaque pieu
peut reprendre une charge comprise entre 350 et 1800 kN.
Les pieux métalliques peuvent être mis en place avec des engins de haute capacité
d'enfoncement. Pour une même longueur de pieu, les pieux métalliques sont plus coûteux que
les pieux en béton, mais ils ont une plus grande capacité de reprise de charge pour un poids

3
donné, ce qui peut réduire les coûts de mise en oeuvre. Les types de pieux métalliques les
plus employés sont :
- les pieux tubulaires ;
- les profilés H (pieux H);
Les profilés en H génèrent un faible déplacement de sol.

Figure -1.4- Schéma de quelques forme des pieux métallique

1.1.2 suivant le mode de mise en place des pieux


1.1.2.1 Pieux refoulant le sol à la mise en place
Sont les pieux dont la mise en place provoque un refoulement de sol (figure 1.5).

Q Soulèvement

Surpressions
Interstitielles

Figure - 1.5 - Schéma d’un pieu refoulant le sol à la mise en place dans un milieu cohérent

1.1.2.1.1 Pieux préfabriqués (en béton armé, précontraint ou en acier)


Les pieux préfabriqués en béton armé ou en précontraint sont enfoncés dans le sol, soit par
battage, soit par pression, rotation, lançage ou vibration. Leur section est en général
constante, mais elle est quelquefois élargie à la base. Ils peuvent être creux, ou évidés, ou à
vis. Pendant le battage, ces pieux sont soumis à des efforts considérables, ils doivent être

4
réalisés avec du béton de très haute qualité. Ils nécessitent, à partir d’une certaine longueur,
une armature de flexion importante pour permettre leur bardage. D’une manière courante les
pieux métalliques sont battus à l’aide d’un mandrin de même forme. Et les principaux types
de pieux actuels entrant dans ce groupe sont les suivants :
● Pieu préfabriqué battu
Ces pieux, préfabriqués en béton armé ou précontraint, sont fichés dans le sol par battage ou
vibrofonçage.
● Pieu en métal battu
Ces pieux, entièrement métalliques, constitués d’acier E24-2 ou similaire avec addition
éventuelle de cuivre (0,2 à 0,5%), sont fichés dans le sol par battage. Leurs sections sont :
- en forme de H ;
- en forme d’anneau (tube) ;
- en forme quelconque (palpieux), obtenues par soudage de palplanches.
● Pieu en béton foncé
Ces pieux sont constitués d’éléments cylindriques en béton armé, préfabriqué, de 0,50 à 2,50
m de longueur et de 30 à 60cm de diamètre. Les éléments sont foncés dans le sol à l’aide
d’un vérin qui prend appui sous un massif de réaction.
● Pieu en métal foncé
Ces pieux, entièrement métallique, sont constitués d’acier E24-2 ou similaire avec addition
éventuelle de cuivre (0,2 à 0,5%). Ils sont foncés dans le sol à l’aide d’un vérin qui prend
appui sous un massif de réaction.
● Pieu battu pilonné
Un tube, muni à sa base d’un bouchon de béton ferme, est enfoncé par battage sur le bouchon.
En phase finale, le béton ferme est introduit dans le tube par petites quantités, successivement
pilonnées à l’aide du mouton de battage au fûr et à mesure de l’extraction du tube. Suivant les
cas, les pieux peuvent être armés.
● Pieu battu moulé
Un tube, muni à sa base d’une pointe métallique ou en béton armé, ou d’une plaque
métallique raidie ou d’un bouchon de béton, est enfoncé par battage sur un casque placé en
tête du tube ou par battage sur le bouchon de béton. Le tube est ensuite rempli totalement de
béton d’ouvrabilité moyenne, avant son extraction. Le cas échéant, ces pieux peuvent être
armés.
● Pieu battu enrobé
Ce pieu à âme métallique (acier E24-2) est constitué :

5
- de tube d’acier de 150 à 500 mm de diamètre extérieur ;
- de profilés H ;
- de caissons formés de profils ou de palplanches à 2,3 ou 4 éléments.
La pointe du pieu comporte un sabot débordant qui assure un enrobage du métal du fût du
pieu de 4 cm au minimum. Au fûr et à mesure du battage, un mortier est envoyé par un ou
plusieurs tubes débouchant au voisinage du sabot afin de constituer l’enrobage en remplissant
le vide annulaire laissé par le débord de celui-ci.
● Pieu tubulaire précontraint
Ce pieu est constitué d’éléments tubulaires en béton légèrement armé, assemblés par
précontrainte, antérieurement au battage. Les éléments ont généralement 1,5 à 3 m de
longueur et 0,70 à 0,90 m de diamètre intérieur, leur épaisseur est voisine de 0,15 m. des
passages longitudinaux de 2 à 4 cm de diamètre sont menés pour permettre l’enfilage des
câbles de précontrainte. La mise en œuvre est normalement faite par battage avec base
ouverte.
● Pieu vissé moulé
ce procédé, qui ne s’applique pas aux sols sableux sans cohésion situés sous la nappe en
raison des éboulements importants qu’il risquerait de provoquer, consiste à faire pénétrer
dans le sol, par rotation et fonçage, un outil en forme de double vis surmonté d’une colonne
cannelée et muni d’un bouchon. Au sommet de la colonne est disposé un récipient rempli de
béton. L’extraction de l’outil est obtenue en tournant dans le sens inverse de celui de la
pénétration. Le béton prend en continu, sous l’effet de la gravité, la place laissée par l’outil.
Les principaux avantages et inconvénients des pieux préfabriqués sont :
- Avantages
- matériau des pieux peut être contrôlé avant l'insertion dans le sol,
- procédure de mise en oeuvre non affectée par le niveau de la nappe,
- de très grandes longueurs de pieux peuvent être mises en oeuvre.
- de très grande résistance aux sollicitations de battage (pieux métalliques).
- Inconvénients
- risque de casse lors de la mise en place occasionnant des délais supplémentaires pour le
remplacement,
- cause de nuisance et risque de dégâts par le bruit et les vibrations,
- impossibilité d'insérer de gros diamètres (supérieur à 50 cm) parce que l’énergie de battage
devient considérable et il est très difficile à mettre en place les pieux,

6
- risques de dégâts sur les structures adjacentes dus au déplacement du sol lors de la mise en
œuvre,
- les pieux métalliques sont relativement chers du fait du prix de l’acier.

1.1.2.2 Pieux ne refoulant pas le sol à la mise en place


Sont les pieux dont la mise en place ne provoque pas un refoulement de sol (figure 1.6).

Figure - 1.6 - Schéma d’un pieu ne refoulant pas le sol à la mise en place

1.1.2.2.1 Pieu exécutés in situ


On distingue essentiellement les pieux forés sans tubage, et les pieux forés à l’abri d’un
tube de travail (pieux forés avec tubage).
-les pieux forés sans tubage
Lorsque les conditions le permettent (mais ce cas se présente rarement), on peut exécuter
les forages à sec ou sous eau claire. Il faut, bien évidement, que le sol traversé soit très
cohérent pour que les parois du forage soient auto-stables. Mais dans le cas général, le
soutènement des parois du forage est assuré par une boue à base de bentonite. Le forage à la
boue n’est envisageable que si l’on ne risque pas de pertes brutales de la boue, comme, par
exemple, dans les terrains calcaires ou gypseux dans lesquels on peut rencontrer des poches
de dissolution. Les principaux types de pieux actuels entrant dans ce groupe sont les suivants :
● Pieu foré simple
Mis en œuvre à partir d’un forage exécuté dans le sol par des moyens Mécaniques tels que
tarière, benne, etc. Ce procédé, qui n’utilise pas le soutènement de paroi, ne s’applique que
dans les sols suffisamment cohérents et situés au-dessus des nappes phréatiques.
● Pieu tarière creuse
Mis en œuvre avec une tarière à axe creux, d’une longueur totale au moins égale à la
profondeur des pieux à exécuter, vissée dans le sol sans extraction notable de terrain. La

7
tarière est extraite du sol sans tourner pendant que, simultanément, du béton est injecté dans
l’axe creux de la tarière, prenant la place du sol extrait.
On distingue trois types de matériel :
- Type 1: la tarière creuse continue sans enregistrement spécifique des paramètres de
forage et de bétonnage.
- Type 2 : la tarière creuse continue avec enregistrement spécifique des paramètres de
forage et de bétonnage (profondeur, pression du béton, quantité de béton).
- Type3 : la tarière de type 2 équipée d’un tube de bétonnage télescopique rétracté
pendant la perforation et plongeant dans le béton pendant l’opération de bétonnage
( pieux starsol).
● Pieu foré à la boue
Mis en place à partir d’un forage exécuté dans le sol par des moyens mécaniques tels que
la tarière, benne, etc., sous protection d’une boue de forage. Le forage est rempli de béton de
grande ouvrabilité sous la boue, en utilisant une colonne de bétonnage.
-les pieux forés avec tubage
Lorsque le soutènement des parois du forage ne peut être assuré à l’aide de boue, on
exécute le forage à l’intérieur d’un tube de travail (tube circulaire de forte épaisseur) qui est
battu, ou bien vibrofoncé, ou encore, dans certains procédés particuliers, foncé par
louvoiement. Le forage sous tubage est souvent employé en site aquatique, et lorsque l’on
doit traverser des couches dures ou le tube permet de guider l’outil de forage. Et le type des
pieux actuels entrant dans ce groupe sont les suivants :
● Pieu foré tubé
Mis en œuvre à partir d’un forage exécuté dans le sol par moyens mécaniques tels que
tarière, benne, etc., sous protection d’un tubage dont la base est toujours située au-dessous du
fond de forage. Le tubage peut être enfoncé jusqu’à la profondeur finale par vibration, ou
foncé avec louvoiement au fûr et à mesure de l’avancement du forage. Le forage est rempli
d’un béton de grande ouvrabilité, puis le tubage est extrait sans que le pied du tubage puisse
se trouver à moins de 1 m sous le niveau du béton, sauf au niveau de la cote d’arase.
Les principaux avantages et inconvénients des pieux exécutés en place sont :
-Avantages
- variation de la longueur pour mieux s'adapter aux conditions du sol,
- insertion de gros diamètres,
- installation sans bruit ni vibrations notables,
- pas de risque de soulèvement de sol.

8
- Inconvénients
- risque de striction dans les sols compressibles,
- installation du béton non faite dans des conditions idéales.

1.1.3 Suivant le mode de fonctionnement des pieux


1.1.3.1 pieux flottants : (figure 1.7)
- Dans un sol à gros grains, très perméable
Lors du battage, le pieu refoule et compacte le terrain. Au voisinage du pieu la porosité et
la compressibilité du sol sont réduites, de ce fait le frottement latéral sur le pieu est augmenté.
Ces pieux transmettant d’ailleurs la plus grande partie des charges par l’intermédiaire du
frottement latéral, c’est pourquoi on les appelle des pieux flottants.
- Dans un sol à grains fins de faible perméabilité
Ces pieux se comporte comme les précédents mais ne compactent pas le sol de façon
appréciable.

Qc

Qs Sol
Faible

Figure -1.7- Schéma d’un pieu flottant

1.1.3.2 pieux chargés en pointe (figure 1.8)


Ils reportent pratiquement toutes les charges sur une couche résistant située à une
profondeur importante au-dessus de la construction.

Qc

Sol
Faible

Qp
Roche

Figure -1.8- Schéma d’un pieu chargé en pointe

9
1.2 Techniques d’exécution des pieux
1.2.1 Pieux préfabriqués
Les principaux procédés de mise en œuvre sont le battage, et dans une moindre mesure, le
vibrofonçage, le vérinage et le vissage.
-Le battage est un procédé très ancien qui consiste à foncer, par percussion, un élément
préfabriqué dans le sol. Le battage proprement dit est effectué à l’aide d’un mouton diesel qui
coulisse sur un mat et dont la cadence de frappe se situe généralement entre 40 et 60 coups
par minute. Le poids des moutons varie de 10 à 100KN et l’énergie de battage varie de 30 à
160MNm. Le battage est une technique de fonçage relativement économique dans les terrains
peu compacts ou compressible, “ propre ” et rapide, mais bruyante et de performances très
médiocres dès que l’on cherche à traverser des couches dures même de faible épaisseur. Et
les machines généralement de battage sont les sonnettes (figure 1.9).
-Le vibrofonçage (figure 1.10), est un procédé consistant à fixer, sur le système à foncer, un
vibrofonceur constitué de moteurs hydrauliques ou électriques entraînant des balourds
excentrés et un système oscillant. Le poids du vibrofonceur, sa puissance et la fréquence de
vibration est choisi en fonction des terrains à traverser, et du poids et des dimensions de
l’élément à vibrer. Le vibrofonçage est une technique très rapide et spectaculaire, mais
présente les mêmes avantages et inconvénients que le battage. De plus, le vibrofonçage au
voisinage de constructions existantes peut les endommager.
-Le vérinage et le vissage, constituent une technologie belge. L’intérêt de cette technique, est
dû à la possibilité d’une mise en oeuvre rapide des pieux vissés (figure 1.11) sans vibration et
avec faible niveau de bruit. Ces derniers aspects jouent un rôle très important surtout dans les
zones d’habitat dense et les zones fortement urbanisées.

Figure - 1.9- Schéma d’une sonnette de battage

10
Figure - 1.10- Schéma d’un vibrofonceur

Figure -1.11- Schéma de quelque type des pieux vissés

1.2.2 Pieux exécutés in situ


Contrairement aux précédents, ces pieux sont réalisés par extraction du sol à l’aide d’un
procédé quelconque, puis par mise en place d’une cage d’armatures préfabriquée et
bétonnage de l’excavation ainsi réalisée. Le choix entre l'utilisation de pieux forés avec
tubage et les pieux forés sans tubage (forés simple) dépend de la cohésion du sol et de la
position de la nappe :
- le procédé du pieu foré avec tubage est utilisé dans un sol ne permettant pas de réaliser un
forage sans "coffrage temporaire", il consiste à réaliser un pieu foré à l'intérieur d'un tube
préalablement inséré dans le sol.
- le procédé du pieu foré sans tubage est utilisé dans un sol cohérent et hors nappe, il consiste
à forer le sol, puis à mettre en place dans le forage le ferraillage et le béton (gravitairement).
Et les principaux procédés de mise en œuvre pour les pieux forés avec tubage et les pieux
forés sans tubage sont :
1.2.2.1 Les pieux forés sans tubage
Pratiquement tous les types d’outils de forage (tarières, bennes, trépans, grappins,…)
(figure 1.12), s’accommodent de la présence de la boue, mais ils doivent être guidés en tête

11
pour assurer la rectitude du forage (on les monte généralement sur une poutre métallique
appelée “ KELLY”, maintenue par une grue). La figure 1.13 présente les principales phases
d’exécution d’un pieu foré à la boue.

Figure - 1.12 - Schéma de quelques types d’outils de forage

Figure - 1.13- les phases d’exécution d’un pieu foré à la boue

Et les outils de forage les plus employés pour l’exécution des pieux forés sont :

-La tarière creuse


La tarière creuse (figure 1.14), permet d’exécuter des forages dont le diamètre va de 0,80 à
2,50 m assez couramment, en site terrestre et dans des sols meubles et cohérents, la tarière est
également un excellent outil de forage, et le procédé des pieux forés à la tarière creuse (figure
1.15) se caractérise par le forage du sol à l'aide d'une tarière jusqu'à la profondeur souhaitée,
puis par l'injection du béton sous pression par l'axe de l'outil tout en remontant celui-ci. La
cage d'armature est mise en place par vibreur. Les foreuses sont équipées en général d'un
système d'enregistrement numérique des paramètres de forage (vitesse d'avancement, vitesse
de rotation) et de bétonnage (pression d'injection, débit, vitesse de remontée).

12
Figure -1.14- Schéma de la tarière creuse

Figure - 1.15- Schéma de principe du procédé d’un pieu foré à la tarière creuse

-La Super Tarière Soletanche Bachy


La Super Tarière Soletanche Bachy (figure 1.16), renouvelle la technique d'exécution des
pieux forés (figure 1.17). Une tête de rotation puissante, mue par un moteur hydraulique
compact, entraîne simultanément une tarière creuse et un tube plongeur. La tarière et le tube
sont munis d'outils de coupe du terrain à leur base. L'ensemble est vissé dans le sol à forte
cadence, avec la possibilité d'ancrage dans des couches dures ou mi-dures. Le système de
bétonnage, par deux lumières latérales situées à la base du tube plongeur, cumule les
avantages du bétonnage classique à la colonne et du bétonnage sous pression. En permanence,
le volume et la pression du béton sont contrôlés. Un dispositif dégage automatiquement les
déblais au fûr et à mesure de la remontée de la tarière. Des cages d'armatures complètes
peuvent être mises en place après la fin du bétonnage. Solétanche Bachy met en avant les
avantages suivants pour le procédé :

13
- pas de tubage ;
- pas de boue de forage ;
- aucun risque d'éboulement ;
- début du bétonnage sans relevage de la tarière ;
- béton coulé sous pression ;
- bétonnage dans la masse au tube plongeur ;
- contrôle permanent de la pression du béton ;
- contrôle permanent du volume du béton.

Figure -1.16 - Schéma de la tarière Soletanche Bachy

Figure - 1.17- Schéma de principe du procédé d’un pieu foré à la Tarière Soletanche Bachy

14
Les caractéristiques d'exécution et les contrôles qualité que subit un pieu foré à la Tarière
Soletanche Bachy (Figure 1.18) sont faits par un appareil spécial (ENBESOL) qui saisit et
gère, en temps réel, les indications de 4 capteurs qui donnent la vitesse d'avance et le couple
de rotation pendant le forage ainsi que la pression et le volume de béton pendant la remontée
de l'outil.

Figure - 1.18 - Schéma de principe de l'instrumentation du procédé des pieux forés à la


Tarière Soletanche Bachy

1.2.2.2 Les pieux forés avec tubage


En général le procédé la plus employé pour l’exécution d’un pieu foré avec tubage (figure
1.19), est le battage à l’aide d’une sonnette à mouton sec hydraulique ou diesel d'un tube
bouchonné jusqu'à une cote prédéterminée. Le ferraillage et le bétonnage gravitaire se fait à
l'abri du tube, le tube est récupéré, on le retire au fur et à mesure du bétonnage du pieu
(figure 1.20). Parfois on laisse en place pour des raisons de résistance mécanique (fondations
soumises à des chocs de bateaux), ou de résistance à l’abrasion de courants (notamment en
site affouillable, on laisse souvent en place un tube sur la partie susceptible d’être dégagée
par l’affouillement). Compte tenu des difficultés de fonçage et de récupération du tube dès
que le sol est un peu cohérent, les pieux forés avec tubage sont envisagés pour des longueurs
ne dépassant pas la vingtaine de mètres, et leur diamètre n’excède guère 1.20m. Les pieux
forés tubés nécessitent des moyens puissants.

15
(a)

(b)
Figure -1.19 - a et b - Schéma de principe du procédé des pieux forés tubés

Figure -1.20 - Schéma présente les phases d’exécution d’un pieu foré tubé

16
1.3 Armatures des pieux
Les armatures nécessaires pour assurer la stabilité des pieux sont évidemment disposées
dans les organes préfabriqués (pieux préfabriqués) (figure 1.21), avec les pieux forés (figure
1.22), il est facile de descendre dans le forage arrêté à sa cote définitive, une cage
d’armatures, proportionnée aux efforts résultant du calcul. Cage comporte essentiellement
des fers longitudinaux maintenus par une hélice en Ø 6 ou 8. Quelquefois. L’essentiel est de
ne pas faire ainsi des mailles trop petites, si non le béton passe trop mal. Pour indiquer des
chiffres faciles à retenir, disons qu’une maille libre de 10 × 10 cm est la limite extrême au-
dessous de laquelle il ne faut absolument pas descendre. On risque même avec elle d’avoir
des malfaçons.
Lorsque les pieux ne supportent que des charges axiales, l’armature est tout à fait inutile.
Le diamètre réel du pieu n’est pas connu avec précision après bétonnage ; il est donc
vraiment superflu de vouloir ajouter quelques pour cent supplémentaires à la section
théorique en mettant des armatures. On peut même affirmer que, dans ce cas-là, les armatures
sont nuisibles. En effet, la frette en spirale répond très rarement aux conditions nécessaires
pour que les armatures ne flambent pas, en voulant donc augmenter la sécurité, on prévoit des
organes qui commence par désorganiser le béton, c'est-à-dire le matériau qui doit résister aux
compression pure, on ne dispose, en général, que quelque armatures de liaison piquées dans
le béton après achèvement du pieu, ces armatures sont largement suffisantes pour assurer la
liaison pieu-longrine.
Lorsque le pieu doit résister à des moments fléchissant, il faut des armatures. Mais ce cas
ne doit se produire que pour des pieux traversent des couches molles susceptibles de fluer
sous l’action des charges qu’elles supportent, il faut toujours prévoir une armature, ne serait
ce que pour maintenir au contact les morceaux provoqués par une flèche du pieu trop
importante. Les moments fléchissant exercés en tête du pieu sont sensiblement annulés vers 5
à 7 m de profondeur par suite des réactions horizontales du sol. Seulement il est très difficile,
pratiquement parlant, de mettre simplement des armatures sur cette hauteur. Il vaut mieux
alors armer le pieu sur toute sa hauteur.
Malgré les cales que l’on peut prévoir, la cage d’armatures flambe avant le bétonnage. La
position des fers n’est donc jamais connue avec précision et il faut bien se garder de la
comparer avec celle obtenue en superstructure. On doit en tenir compte dans le calcul, en
prenant un coefficient de sécurité élevé. Il est, en effet, économiquement impossible de

17
soutenir la cage à son extrémité supérieure pendant le bétonnage, c’est-à-dire pendant
l’extraction du tube de revêtement.

Figure -1.21- Schéma de ferraillage d’un type des pieux préfabriqués

Figure -1.22- Schéma de ferraillage d’un pieu foré avec un tubage

1.4 Bétonnage des pieux


On distingue deux types de bétonnage des pieux :
1.4.1 Bétonnage à sec
Lorsque le forage est parfaitement sec, soit qu’il n’y ait pas d’eau dans le terrain, on peut
faire le bétonnage en déversant le béton à partir de la surface du sol. Pour que cette méthode
donne des résultats acceptables, malgré une ségrégation plus ou moins importante du béton, il
faut utiliser un béton sec et le damer fortement avec un pilon spéciale.
Ce procédé convient pour un pieu non armé lorsque le pilon à une section voisine de celle
du tube. Dans le cas contraire, la ségrégation aident, des bouchons risquent de se former en
s’accrochant aux armatures, et leur enfoncement avec le pilon se fait en provoquant le
flambage de celles-ci, si non le pieu est interrompu. Ce procédé est donc très délicat à utiliser,
quand il y a des armatures.

18
1.4.2 Bétonnage à l’eau
S’il y a de l’eau dans le forage, la méthode élémentaire consiste à déverser depuis le haut
le mélange sec d’agrégats et de ciment. Le gâchage se fait tout seul lors de la descente dans
l’eau. Le plus curieux c’est que ce procédé ahurissant ne donne pas des résultats
catastrophiques. Il vaut tout de même mieux ne pas l’utiliser pour des pieux lourdement
chargés.
1.4.3 Outils de bétonnages
Le bétonnage se fait couramment :
- à la benne à fond ouvrant ;
- ou au tube plongeur.
- à la benne à fond ouvrant (figure 1.23)
Faut il avoir des bennes à fond ouvrant automatique, s’ouvrant automatique, c’est-à-dire
s’ouvrant lorsque la benne arrive dans le béton déjà en place, ou au contraire des bennes à
ouverture manuelle. Les avis sont partagés. La commande manuelle permet l’ouverture à
n’importe quel moment. Quand à la commande automatique, elle fonctionne toute seule si la
benne arrive trop vite au contact de l’eau. Avec l’un et l’autre système, on risque, si le
spécialiste n’est pas très consciencieux, de voir le béton traverser plusieurs mètres d’eau
avant de venir s’arrêter sur celui déjà en place. Il est inutile de préciser que dans ces
conditions le béton n’est pas fameux. Et ceci sans parler du bétonnage fait en actionnant
correctement une benne descendue trop vite. Si celle-ci n’est pas munie d’un couvercle, les
remous délavent complètement la partie supérieure du béton. De très nombreux pieux moulés
dans le sol sont bétonnés de cette manière. Quand on a la curiosité d’aller voir le résultat, on
ne peut que constater des malfaçons plus au moins grave. Fort heureusement, il en faut de
très graves pour que les pieux ne jouent pas leur rôle.

Figure -1.23- Schéma de bétonnage d’un pieu à la benne à fond ouvrant

19
- au tube plongeur (figure 1.24)
Devant la difficulté d’obtenir un béton satisfaisant mis en place avec des bennes, on a
depuis longtemps préféré le bétonnage au tube plongeur. Celui-ci consiste à faire arriver le
béton par un tube de petit diamètre : 100 à 200 mm par exemple, descendu jusqu’au bas du
forage. L’amorçage se fait avec une boule de mortier plastique chassée par le premier béton
introduit dans le tube. La chasse provoquée par le béton s’écoulant à la base du tube-plongeur
est très importante. C’est elle qui en réalité achève le nettoyage du fond du trou et évite de
bétonner le pieu sur un matelas de sédiments compressibles comme cela arrive avec les
bennes. Le premier béton est chassé vers le haut par les gâchées suivantes arrivant au-dessous.
C’est donc lui seul qui est susceptible d’être délavé. Quand il apparaît à la surface, on
l’enlève.

Figure -1.24-Schéma de bétonnage d’un pieu au tube plongeur

1.5 Choix du type de pieux

-Avec les pieux moulés il n’est pas nécessaire, comme avec les pieux battus en béton,
d’attendre quelques jours avant leur mise en œuvre pour que la résistance au battage et au
choc du mouton soit suffisante. Le béton durcit dans le sol même, après avoir épousé toutes
les aspérités des parois de forage. La résistance au frottement du fût en est améliorée. En
outre, le chantier peut commencer très rapidement.
-L’évaluation préliminaire d’une longueur de pieux aussi précise que possible est inutile,
alors qu’avec des pieux préfabriqués elle est indispensable économiquement parlant. Les
pieux forés s’adaptent automatiquement à toutes les irrégularités de profondeur de la couche
portante et si les pieux doivent être très longs, on n’a pas besoin de sonnettes gigantesque.
Les entures sont également inutiles. C’est ainsi que des pieux de 60 à70 m de long ont été
assez facilement réalisés.

20
-Les blocs ou les couches dures, trop minces pour servir d’appui, sont facilement traversés
avec des pieux forés, alors qu’ils s’arrêtent où provoque la rupture des pieux battus. De plus,
une couche résistante de faible épaisseur peut parfaitement supporter la charge d’un pieu
isolé et être poinçonnée par celle d’un groupe de pieux. Il est alors indispensable de la
traverser, ce qui n’est possible qu’avec les pieux forés.
-Au voisinage de vieilles constructions, il vaut mieux éviter les pieux battus, car les
vibrations provoquées par le choc du mouton sont très nettement supérieures à celles que peut
produire l’exécution d’un pieu foré.
-La possibilité de donner aux pieux forés de très grandes sections leur permettant de
supporter des charges de 2000 à 3000 tonnes, a nettement étendu le domaine de l’utilisation
de ce type de pieu. C’est ainsi que pour des bâtiments industriels très lourdement chargés.

1.6 Comportement des pieux isolés


1.6.1 Introduction
Les pieux se différencient des fondations superficielles essentiellement par la prise en
compte d’un frottement sur leur paroi. Ce frottement latéral peut exister sur la totalité de la
paroi. Ou seulement sur une partie si certaines couches de sol n’ont pas la résistance
suffisante pour générer ce frottement (figure 1.25).

Figure -1.25 - Mécanisme du frottement latéral positif et négatif

21
1.6.2 Mécanisme de frottement latéral
Le frottement latéral qui se développe le long du fût dépend fortement du type de pieu
(matériau constitutif et aspect de l’interface, technique de mise en place), et il provient :
- du cisaillement causé par le transfert au sol d’une partie de la charge appliquée au pieu. Le
frottement est positif lorsque le pieu est sollicité en compression et négatif lorsqu’il est
sollicité en traction (figure 1.26).
Les observations expérimentales montrent que le frottement latéral est un phénomène très
localisé autour du fût d’un pieu. En particulier, dans le cas des sols pulvérulents, les
déformations de cisaillement du sol sont concentrées dans une étroite bande de sol
d’épaisseur très faible, d’environ 10 fois le diamètre moyen des grains.
Les expérimentations indiquent également que le frottement latéral augmente
approximativement de façon linéaire avec la profondeur jusqu’à 10 fois, voire 20 fois le
diamètre du pieu. Au-delà, le frottement latéral est à peu près constant.

Pu Tu

Pp

-a- compression -b- arrachement

Figure -1.26 - Mécanisme du frottement latéral dans le cas d’un pieu isolé

- Cas particulier du frottement négatif


Le frottement négatif (figure 1.27) se développe lorsqu’un pieu est battu dans un massif de
sol qui tasse plus que le pieu. Trois causes principales sont souvent à l’origine de ce
phénomène : le tassement du sol sous son poids propre, l’effet d’un rabattement de la nappe
ou encore l’effet d’une surcharge en surface (remblai, bâtiment, stockage de matériaux, etc.).

22
Le principal effet du frottement négatif est donc d’augmenter la charge axiale dans le pieu et
d’accroître le tassement du pieu. Ce phénomène peut causer de graves désordres dans les
structures supportées par les pieux, entraîner la rupture du sol sous la pointe. Ces effets sont
plus importants pour les pieux chargés en pointe que pour les pieux flottants.

Figure -1.27 - présente le phénomène du frottement négatif (sous l’effet d’un remblai en
surface)

1.6.3 Facteurs influant sur le comportement d’un pieu


Le comportement des pieux est généralement lié aux facteurs suivants :
1.6.3.1 L’état de surface du pieu
L’état de surface de la structure influe énormément sur le comportement de l’interface. La
Rmax L  D50 
plupart des auteurs utilisent le concept de rugosité normalisée définie par : Rn 
D50
où le terme R max est défini par Uesugi et Kishida (1986) comme étant la profondeur des
aspérités sur une longueur L égale à D50 (D50 est le diamètre moyen des grains (mm)).
Unterreiner (1994) a classé les surfaces des structures suivant l’échelle de rugosité notée Rp .
D50 D50
L’interface est dite lisse lorsque Rp  0 ; elle est rugueuse pour <Rp< et très
10 2
rugueuse quand R p > D50 R p étant la différence entre le point le plus bas et le point le plus
haut sur une surface de 2,5 mm de long.
Par ailleurs, Navayogarajah et al. (1992) ont défini la rugosité relative de l’interface qui varie
Entre 0 et 1 par analogie à la densité relative d’un sol. Ce paramètre est défini par le rapport
entre la rugosité normalisée et la rugosité normalisée critique (Hassan 1995 ; Paikowsky et al.
1995 ; Reddy et al. 2000 ; Dove et Jarrett 2002). Si la rugosité normalisée augmente, la
valeur du pic ainsi que la valeur résiduelle de la résistance au cisaillement deviennent plus
importantes. De plus, Hu et Pu (2004) ont montré qu’il existe deux modes de rupture dus à la

23
différence de rugosité : un mode élastique parfaitement plastique quand Rn< 0,1(interface
lisse) et un mode avec pic et radoucissement quand Rn > 0,1 (interface rugueuse) (Figure
1.28).
Dans le cas d’un sable dense. L’enchevêtrement entre les grains et les aspérités du pieu
confèrent une résistance supplémentaire par rapport à l’interface lisse, phénomène expliqué
aussi par Schlosser et Guilloux (1981). En ce qui concerne les déformations volumiques, la
plupart des observations expérimentales ont montré que plus la structure est rugueuse, plus
les variations volumiques sont importantes (Hoteit 1990 ; Boutrif 1993 ; Hassan 1995 ;
Fakharian et Evgin 1996 ; Lerat 1996 ; Dumitrescu 2005). De plus, un comportement
essentiellement contractant est observé pour l’interface lisse et contractant-dilatant pour
l’interface rugueuse. La contractance maximale est plus importante pour l’interface lisse.

Figure -1.28 - influence de la rugosité sur le comportement de l’interface sable dense-acier


( Hu et Pu 2004)

1.6.3.2 La méthode d’installation des pieux


La méthode d’installation d’un pieu (fonçage, battage, forage puis moulage en place, etc.),
peut avoir un effet très important au voisinage du pieu (déformations, déplacement,
densification) et sur la réponse mécanique du pieu (capacité portante). L’impossibilité de
visualisations en grandeur nature a orienté les travaux de recherche dans ce domaine vers des
visualisations en laboratoire sur modèles réduits.
Lors du fonçage de pieux modèles dans un sol pulvérulent, plusieurs auteurs ont affirmé
que la zone d’influence autour du modèle augmente avec la densité (Vesic 1977; Sid Ahmed
1989). Par ailleurs, d’autres auteurs ont aussi remarqué en plus des déplacements importants
et du compactage du sol pulvérulent en dessous de la pointe, des déplacements du sol à
proximité du fût. Le mouvement des grains est quantifiable jusqu’à une distance de 3 à 4

24
diamètres dans la direction latérale et de 2,5 à 3,5 diamètres en dessous de la pointe
(Robinsky et Morisson 1964). Dans ce cadre, Shakhirev et al. (1996) ont mis en évidence, à
proximité du fût d’un pieu modèle foncé, des zones où les déplacements du sol pulvérulent
sont dirigés vers le bas (zone compactée qui augmente avec la profondeur) et plus loin des
zones où les déplacements du sol sont dirigés vers le haut (zone d’inversion des déplacements
verticaux et de refoulement du sol). De plus, les déplacements horizontaux du sol entraînent
également la formation d’une zone comprimée qui est semblable à la zone comprimée dans la
direction verticale (Figure 1.29). Quant aux contraintes de compression étudiées par
l’intermédiaire de l’examen des zones de déformation, elles apparaissent tant au niveau du fût
qu’en dessous de la pointe verticalement ou horizontalement. Pour le comportement du
massif à l’interface du point de vue déplacement, un entraînement vers le bas du matériau
situé au voisinage de l’interface est observé. Il est cependant difficile de tirer des conclusions
en ce qui concerne le comportement de l’interface face à ces grands déplacements. L’analyse
a montré que la forme du trajet de déformation révèle une compression verticale élevée sous
la pointe suivie d’une compression horizontale lorsque le sol migre vers le fût du pieu.

Figure -1.29 - Zones de déformation du sol lors du fonçage de modèles de pieux dans du
sable (a) déplacements verticaux (b) zone de sol compactée et refoulée (c) déplacements
horizontaux (Shakhirev et al. 1996)

En ce qui concerne l’effet du forage, très peu de données expérimentales sont disponibles.
Certains auteurs constatent qu’il est probable que le forage produise un relâchement dans le
sol au niveau de la pointe (Poulos et Davis 1990 ; Tomlinson 1995) ce qui permet de
proposer pour les pieux forés l’utilisation de l’angle de frottement résiduel pour l’évaluation
de la résistance limite en pointe. Lorsque le forage est ouvert, la contrainte normale à la paroi

25
du trou est nulle puis augmentera d’une manière plus au moins importante en fonction de la
technique de bétonnage ou de scellement adoptée. Théoriquement, l’injection sous pression
(cas des micropieux, par exemple) crée une compression du sol qui est favorable à la
mobilisation du frottement latéral. La pression d'injection a un effet notable sur le frottement
latéral (Bustamante et Doix 1985) ; dans ce cas, le frottement latéral dépend de la nature du
sol, de sa compacité et du mode du scellement choisi.
L’influence du mode d’installation sur la réponse mécanique du pieu a été étudiée par
plusieurs auteurs (Foray et al. 1989 ; Flemming et al. 1992 ; De Gennaro 1999). Ces auteurs
ont présenté les résultats montrant l’effet de la mise en place sur la capacité portante des
pieux modèles dans les sables. Foray et al. (1989) constatent que la mise en place par
moulage (par rapport à celle par fonçage et battage) mobilise le moins de résistance (figure
1.30). Flemming et al. (1992) ont estimé le frottement mobilisé par un pieu foré à 70% de
celui mobilisé par un pieu battu. De Gennaro (1999) a comparé les réponses de pieux
modèles foncés à différentes contraintes de confinement à celles d’un pieu modèle moulé. Il a
constaté que le pieu moulé mobilise moins de résistance en pointe et de frottement latéral et
une réduction des valeurs de charge limite en tête d’environ 50% du pieu moulé par rapport
au pieu foncé (figure 1.31).

Figure -1.30 - Mobilisation de la résistance de pointe et du frottement latéral en fonction du


mode de mise en place (Foray et al. 1989)

26
Figure -1.31- Influence du mode d’installation sur les mesures (a) de la courbe charge totale-
déplacement (b) du frottement latéral (c) de la résistance en pointe (De Gennaro 1999)

1.6.3.3 Contraintes résiduelles


Les contraintes et les déformations provoquées dans le massif au cours de l’installation ont
des conséquences pratiques importantes sur le comportement du pieu au chargement en
termes de courbes charge-tassement. De nombreux auteurs ont étudié les lois de
mobilisations du frottement axial et de la résistance en pointe qui prennent en compte
clairement les contraintes résiduelles après installation (Hunter et Davisson 1969 ; Briaud et
Tucker 1984 ; Poulos 1987 ; Foray et al. 1989 ; Kraft 1991 ; Altaee et al. 1991a et b ; Lehane
1992 ; Chow 1997 ; Alawneh et Malkawi 2000 ; Alawneh et al. 2001 ; Costa et al. 2001 ;
Randolph 2003 ; Jardine et al. 2005). Ces auteurs affirment que, sous chargement en
compression, ignorer les contraintes résiduelles peut mener à une surestimation du frottement
latéral et une sousestimation de la résistance en pointe.
De plus, l’évolution de la contrainte normale à l’interface au cours de l’installation est
reliée par certains auteurs à celle du coefficient K des pressions de terres (Kraft 1991 ;
Boulon et Foray 1986 ; Boulon 1995). Ces auteurs affirment que, pour un sable dense, ce
coefficient augmente (comportement d’interface dilatant) et, pour un sable lâche, K diminue
(comportement d’interface contractant) ; d’où la dépendance de l’évolution de la contrainte
normale à l’interface en fonction de la compressibilité, de l’état du sable et de la rugosité de
l’interface.

27
Généralement, les effets de l’installation d’un pieu ne se font pas sentir au-delà de 10 à15
fois son diamètre. Des valeurs plus précises sont indiquées plus loin selon le type de pieu
(préfabriqué ou exécuté en place), la technique de construction et la nature du sol.

1.6.4 Les paramètres influençant la capacité portante d’un pieu isolé


La capacité portante s’écrit dans le cas des pieux qui travaillent en compression:
Qc = Qp+Qs -W , et dans le cas des pieux qui travaillent en arrachement : Qt = Qp+Qs + W
(W étant le poids propre du pieu). La mobilisation des charges totale Q, de frottement Qs et
en pointe Qp en fonction du tassement des pieux est donnée sur la figure 1.32 -b où le poids
propre du pieu est négligé. Dans la suite, on considère le frottement positif lorsque la
contrainte de cisaillement est dirigée vers le haut (figure 1.32 - a).
On s’intéresse ici aux paramètres influençant le frottement axial Qs et la résistance en
pointe Qp. Plus particulièrement, on discute de l’effet de la densité du massif, de la rugosité
du pieu et de l’effet du temps en termes de fluage sur la mobilisation du frottement axial et la
résistance en pointe au cours du chargement du pieu.

Figure - 1.32 - (a) Capacité portante d’un pieu en compression (b) Mobilisation des charges
d’un pieu

1.6.4.1 Densité du massif


La plupart des auteurs ont évalué l’influence de la densité initiale du sable par l’évolution
du coefficient de poussée des terres K et donc des contraintes normales à l’interface Puech et
al. 1979 ; Eissautier 1986). Le tableau suivant résume l’évolution de K en fonction de la

28
densité. A noter que parfois certains auteurs donnent l’effet combiné entre la densité du sable,
le mode d’installation et la rugosité du pieu.

Type de pieu K ( sable lâche ) K (sable dense )


Pieu en acier 0.5 1
FON (1972) Pieu d’interface rugueux 1 2
Pieu d’interface lisse 0.5 1
Pieu en bois de forme conique 1.5 4
Puech et al (1979) Pieu modèle moulé 1.5 3.8
Eissautier (1986) Pieu battu 2à3 3à5
Pieu foré 0.75 à 1.5 1à2

Tableau (1.1) : Influence de la densité du massif sur le coefficient de pression des terres

1.6.4.2 Etat de surface des pieux


L’état de rugosité du pieu a un effet non négligeable sur le comportement en frottement.
Une surface du pieu plus rugueuse (striée) conduit à en une courbe de cisaillement avec pic,
supérieure à la courbe correspondante avec une surface lisse (Schlosser et Guilloux 1981)
(figure 1.33).

Figure -1.33 - Effet de la rugosité du pieu : Comparaison des courbes de mobilisation


frottement- déplacement (Schlosser et Guilloux 1981)

29
1.6.4.3 Effet du temps
Jardine et al. (2006) ont montré des augmentations remarquables dans les capacités
portantes des pieux dans les mois qui suivent l’installation. Les résultats obtenus dans les
sables de Dunkerque montrent une augmentation de la capacité entre 70% et 90% sur 6 mois.
La résistance en pointe n’évolue pas, mais le frottement axial est très influencé.

1.6.5 Mécanisme de rupture d’un pieu sous charges axiales


Pour les pieux travaillant en compression ou en traction axiale, l’étude de stabilité est
menée en écrivant l’équilibre vertical au moment de la rupture :
a) la charge limite de compression (capacité portante) Qcu s’écrit :

Qcu = Qpuc + Qsu –w (1.2)

Ou Qpuc est la charge limite de pointe et Qsu , la charge limite de frottement latéral .

b) la charge limite de traction Qtu s’exprime par :

Qtu = Qput + Qsu + w (1.3)

classiquement, le calcul des charges limites de pointe et de frottement latéral est effectué
séparément, soit à l’aide de résultats d’essais de laboratoire, soit à l’aide de résultats d’essais
en place, soit à l’aide d’essais en vraie grandeur. La charge de pointe Qpu (ou résistance de
pointe) et la charge de frottement latéral Qsu sont données par les expressions suivantes :
Qpu = S qp et Qsu =A qs ; ou S est la section de la pointe du pieu ; qp, la pression limite sous
la pointe du pieu, A, l’aire latérale du pieu et qs, le frottement latéral unitaire limite le long du
pieu. Dans un sol cohérent, la charge limite de frottement latéral est généralement
prédominante, tandis que dans un sol non cohérent la charge limite totale est plus également
répartie entre le fût et la pointe.
L’allure générale des courbes représentant les évolutions de la charge en pointe, de la
charge de frottement latéral et de la charge totale en fonction du déplacement vertical du pieu,
est décrite sur la figure 1.34. Trois types d’évolution sont distingués :
● la charge de frottement latéral, courbe A, présente d’abord une partie linéaire correspond à
un état ou tous les points de l’interface entre le pieu et le sol restent collé. Puis, le frottement
est peu à peu mobilisé ; la mobilisation est complète pour un déplacement vertical de l’ordre
de 0,5 à 2 % du diamètre. Dans les argiles, le déplacement nécessaire est compris entre 5 à 10
mm, et semble relativement indépendant du diamètre et de la longueur du pieu [ Coyle et
Reese (1966) ; Bowles (1988)].

30
● la charge en pointe, courbe B, présente également une partie linéaire correspondant à un
comportement élastique. Puis, la rupture se produit sous la pointe du pieu pour un
déplacement vertical relativement important (palier d’écoulement plastique), de l’ordre de 5 à
10 % du diamètre du pieu. Des valeurs encore plus importantes ont été observées pour
certains sables, de l’ordre de 10 % pour un pieu battu et jusqu’à environ 30% pour un pieu
foré (Bowles (1988) ; Fleming et al. (1992)).
● La charge totale (courbe C) est la somme des deux charges précédentes (A et B). Cette
courbe est trilinéaire, avec un palier d’écoulement plastique.
Ces courbes sont appelées courbes de mobilisation des charges en pointe et de frottement
latéral. Elles sont ici idéalisées car, en fait, le passage d’une partie linéaire à un palier
d’écoulement se fait progressivement ; le frottement latéral est mobilisé par le glissement
successif des pointes le long de l’interface. De même, la charge limite en pointe n’est atteinte
que lorsqu’un mécanisme plastique s’est nettement constitué. Ces courbes de mobilisation
dépendent évidemment des facteurs liés au pieu (géométrie, propriétés mécaniques), au sol
(propriétés physiques et mécaniques), à leur interface et au type de chargement (compression,
traction, etc.).

Courbe C
Charge
Charge

Totale

Courbe A Frottement
Latéral

Courbe B
Charge en pointe
(compression)
Courbe Bt
Charge en pointe
(Traction)
Tassement du pieu

Figure -1.34- Allure de la charge de frottement latéral, de la charge en pointe et de la charge


totale en fonction du tassement du pieu

31
1.6.6 Synthèse
Le frottement latéral constitue donc une partie de la capacité portante des pieux en
compression axiale et la totalité de la capacité en traction axiale (arrachement). Pour les
calculs courants, il est admis qu’il n’y a pas de différence importante sur la valeur du
frottement latéral mobilisé par un pieu chargé en traction ou en compression. Le mécanisme
de rupture par arrachement peut être de l’un des types suivants :
- arrachement du pieu par rapport au massif de sol ;
- soulèvement d’un bloc de sol contenant le pieu.

32
CHAPITRE 2: Méthodes de calcul des pieux isolés

2.1 Introduction
Les méthodes de calcul des pieux sont utilisées pour le dimensionnement des pieux ou
pour faire des recherches. Ces méthodes consistent à évaluer la charge admissible d’un pieu
isolé et à vérifier la stabilité (calcul de la charge limite) pour s’assurer que les tassements
sont admissibles pour la structure supportée. Généralement, les méthodes de
dimensionnement des pieux isolées sous charge axiales s’appuient principalement sur :
- les méthodes statiques;
- les méthodes dynamiques pour les pieux battus;
- les méthodes pratiques à partir des essais in-situ et des essais de chargement statiques ;
- les méthodes numériques (la méthode des éléments finis).

2.2 Méthodes statiques


Les formules dites statiques constituent une adaptation aux fondations sur pieux des
méthodes de calcul de la capacité portante des fondations superficielles. Ainsi, la charge
ultime Qu d’un pieu est la somme de la charge supportée par la pointe du pieu Qp et la
résistance du frottement totale de la surface latérale du pieu en contact avec le sol adjacent Qs
(figure 2.1 a et b) :
Qu = Qp + Qs (2.1)
Avec :
Qu : capacité portante globale ultime du pieu ;
Qp : capacité portante globale de la pointe du pieu ;
Qs : résistance au frottement de la surface latérale du pieu.
Une infinité de méthodes ont été publiées pour l’évaluation de Qp et Qs par Braja, Das
(1984).

33
Qu
Q(z=0) Q(z=0)
Q(z=0)

∆z
∆Qz
z
Qz

Q1 L

Q2
Q2 Qp Qs
Profondeur

( a)

Qu Résistance au frottement unitaire

z=0

Qs Qz
L f( z ) 
pz
z =L
Qp

Profondeur

( b)

Figure - 2.1 a et b - présente le Mécanisme de transfert de charge sur un pieu

2.2.1 Capacité portante de pointe Qp


La capacité portante ultime à la pointe peut s’exprimer par :
qu  q p  cN C  qN q  DN 
(2.2)
Où N c , N q , N  sont les coefficients de capacité portante qui tiennent compte de la forme et la

profondeur de la fondation. Comme le diamètre du pieu est relativement petit alors le terme
DN  devient nul et l’équation de la capacité portante devient :

q p  cN C  q' N q
(2.3)
Le terme q est remplacé par la contrainte effective q’ pour prendre en compte l’effet d’une
éventuelle nappe phréatique. D’où la charge sur la pointe du pieu est :

34

Qp  Ap.q p  Ap . cN C  q' N q 
Ap : surface transversale du pieu ;
c : cohésion du sol de fondation ;
qp : capacité portante unitaire à la pointe ;
q’ : contrainte effective au niveau de la pointe.
Plusieurs méthodes pour évaluer les coefficients de capacité portante ont été proposées dont :
(a) la méthode de Meyerhof, (b) la méthode de Vesic, (c) la méthode de Coyle et Castello.

2.2.1.1 Méthode de Meyerhof (1976)


a- les sols sableux
La capacité portante unitaire qp d’un pieu dans le sable généralement augmente avec le
ratio de la longueur d’ancrage dans la couche portante au diamètre du pieu Lb /D (figure 2.2).
Cette capacité portante qp atteint une valeur maximale à un rapport Lb/D = ( Lb/D)cri. Au-delà
de cette valeur critique, la capacité portante unitaire qp reste constante. Elle est dite limite :
qp = ql (2.4)
Le ratio critique varie d’un sol à un autre comme le montre la figure 2.3 pour différentes
valeurs de  . Basé sur cette dernière, Meyerhof suggère la procédure suivante pour
l’évaluation de la capacité portante de pointe d’un pieu dans un sol pulvérulent :

Résistance de pointe unitaire

(Lb / D)cr

qp = q1

L/D = Lb/D

Figure - 2.2- variation de qc avec L/D (sol homogène)

35
Figure - 2.3 - ( Lb/D)cr et coefficient de capacité portante pour différente angles de frottement
 ( Meyerhof, 1976).

Suite à des observations pratiques, Meyerhof calcule la capacité portante de pointe dans un
sol homogène (Lb=L) avec l’équation suivante :
qp ( KN/m2) = 40 N. L/D ≤ 400N
N : étant la résistance de pénétration standard moyen près du pieu à environ 10D au-dessus
et 4D au-dessous de la pointe du pieu.
Dans plusieurs situations, un pieu pénètre une couche de sable lâche puis une autre couche
de sol pulvérulent dense (figure 2.4) pour un tel cas la capacité portante est :

Résistance de pointe unitaire

Sable
Ql(1) meuble
L

Lb 10D

Sable
Ql(d) dense

Profondeur

Figure -2.4- variation de qc avec L/D (sol hétérogène).

36
q p  ql( l )
q
l d  
 ql l  Lb
 ql d  (2.5)
10 D
 
ql( l ) : Résistance de pointe limite dans le sable lâche calculée par ql KN / m 2  50 N q tan  ,

ou N q et  sont les paramètres du sable lâche.

 
ql ( d ) : Résistance de pointe limite dans le sable dense calculée par ql KN / m 2  50 N q tan  ,

ou N q et  sont les paramètres du sable dense.

Lb : longueur d’encrage dans le sable dense.


b) argile saturées condition ( u  0 )
La capacité portante de la pointe est donnée par la formule :
Q p  A p cu N c  9c u A p (2.6)

cu : Cohésion non drainée du sol sous la pointe du pieu.

c) argiles partiellement saturée avec c ≠ 0 et  ≠ 0 (en contraintes effectives)



Q p  A p q p  A p c' N c  q ' N q  (2.7)

Dans la plupart des calculs, l’angle de frottement  est supposé inférieur à 30°. Pour un

tel cas la procédure suivante est utilisée pour évaluer les coefficients N q et N c à partir de la

figure 2.3.

2.2.1.2 Méthode de Vesic (1977)


Vesic (1977) propose une autre méthode de calcul en fonction des contraintes effectives,
la capacité portante de pointe est donnée par l’équation :

Q p  A p q p  A p cN c   0' N   (2.8)

Où  0' est la contrainte effective normale moyenne au niveau de la pointe du pieu


exprimée par la formule :
 1  2K 0  '
 0'   q (2.9)
 3 
Ko : coefficient des poussées des terres au repos de JAKY
Ko = 1- sin  (2.10)

N c , N  : Coefficients de capacité portante


N c  N q  1 cot   (2.11)

37

3 N q
N 

1  2 K 0 
Selon la théorie de Vesic le coefficient N q est fonction de l’indice de rigidité réduit du sol

Irr donné par :


Ir
I rr 
1  I r  
Ir : indice de rigidité calculée par l’équation suivante :
Es Gs
Ir   (2.12)
21   s c  q ' tan   c  q' tan  

Es : module de Young du sol ;


νs : coefficient de poisson ;
Gs : module de cisaillement du sol ;
∆ : déformation volumique moyenne dans la zone plastique sous la pointe du pieu.
Pour les conditions volumique moyenne dans la zone plastique (argile saturée, sable dense),
la valeur de ∆ est nulle d’où :
Irr = Ir (2.13)
Le tableau (2.1) donne les valeurs de N c et N  pour différentes valeurs de  et Irr.

Pour u  0 , le coefficient N c est calculé par l’équation :

N c 
3
log I rr  1    1 (2.14)
4 2
Le coefficient Ir est évalué au laboratoire lors d’un essai de consolidation à l’oedomètre ou
au triaxial. Cependant, pour des études préliminaires les valeurs du tableau (2.2) peuvent être
utilisées.
Irr
 10 20 40 60 80 100 200 300 400 500
0 6.97 7.90 8.82 9.39 9.75 10.04 10.97 11.51 11.89 12.19
1.00 1.00 1.00 1.00 1.00 1.00 1.00 1.00 1.00 1.00
10 11.55 14.08 16.97 18.86 20.29 21.46 25.43 28.02 29.99 31.59
3.04 3.84 3.99 4.32 4.58 4.78 5.48 5.94 6.29 6.57
20 18.83 24.56 31.81 36.92 40.99 44.43 56.97 65.79 72.82 78.78
7.85 9.94 12.58 14.44 15.99 17.17 21.73 24.94 27.51 29.67

38
30 30.03 41.49 57.08 68.69 78.30 86.64 118.53 142.27 161.91 178.98
18.24 24.95 33.95 40.66 46.21 51.02 69.43 83.14 94.48 104.33
40 47.03 68.04 98.21 121.62 141.51 159.13 228.97 283.19 329.24 370.04
40.47 58.10 83.40 103.05 119.74 134.52 193.13 238.62 227.26 311.50
50 73.19 109.70 164.21 207.83 245.60 279.55 417.82 528.46 624.28 710.39
88.23 131.73 196.70 248.68 293.70 334.15 498.94 630.80 744.99 847.61

Tableau (2.1) : coefficient de capacité portante pour fondations profondes N c (dessus) et N 

(dessous)
Type de sol Ir
Sable 70-50
Limon et argile (conditions drainées) 50-100
Argiles (conditions non drainées) 100-200

Tableau (2.2) : valeurs de coefficient Ir pour différents types de sols

2.2.1.2.1 Résistance au frottement Qs


La résistance au frottement d’un pieu donnée par l’équation :
Qs = ∑ p.∆L.f (2.15)
Avec :
P : périmètre de la section transversale du pieu.
∆L : longueur du pieu (figure 2.5).
f : résistance au frottement unitaire à la profondeur (z).

2.2.1.2.1.1 Résistance au frottement des pieux dans le sable


La résistance au frottement unitaire d’un pieu à une profondeur donnée (z) est :
f = K  v' tan  (2.16)

Avec :
K : coefficient des poussées des terres ;
 v' : contrainte effective verticale à la profondeur en considération (z) ;
 : Angle de frottement (interaction) sol-pieu.

39
Résistance au frottement unitaire

L’
f
z

L  v'

∆L

Profondeur

Figure - 2.5 - résistance de frottement unitaire pour un sol homogène

La valeur numérique du coefficient des poussées des terres K est fonction de la profondeur
z. ce coefficient est égal au coefficient des poussées des terres passives (K= Kp) au sommet
du pieu et il est inférieur au coefficient des poussées des terres au repos (K ≤ Ko) à la base du
pieu. K dépend aussi de la nature de l’installation du pieu. Basée sur les résultats disponibles
de nos jours BRAJA (1984) recommande l’utilisation des coefficients suivants :
- pour les pieux forés :
K = Ko = 1-sin 
- pour les pieux battus à petits déplacements
Ko ≤ K ≤ 1.4 Ko
- pour les pieux battus à grands déplacements
Ko ≤ K ≤ 1.8 Ko
Comme déjà indiqué sur la figure 2.5 la résistance au frottement unitaire augmente jusqu’à
une valeur maximale à une profondeur de 15-20D et reste constante.
La longueur critique L’ dépend de plusieurs facteurs dont l’angle de frottement interne  ,
la densité relative RD et la compressibilité du sol. Lors des calculs la valeur de L’= 15D est
prise comme valeur approximative. L’angle de frottement d’interaction sol-pieu est pris dans
l’intervalle :
0.5  ≤ δ ≤ 0.8 
Meyerhof (1976) indique la moyenne de résistance au frottement unitaire fav peut être
obtenu à partir de l’essai pénétromètrique (SPT).

40
- pour les pieux battus à grands déplacements
fav (KN/m2) = 2 N
- pour les pieux battus à petits déplacements
fav (KN/m2) = N

Où N est la valeur SPT moyenne. D’où la résistance au frottement est :


Qs = p.L. fav

2.2.1.2.1.2 Résistance au frottement des pieux dans les argiles


Il y a plusieurs méthodes qui permettent d’estimer la résistance au frottement d’un pieu
dans l’argile. Ci-dessous sont deux méthodes largement acceptées dans la conception des
pieux.
a) méthode λ
Cette méthode a été proposée par Viayavergia et Focht (1972). Elle suppose que le
déplacement du sol du à la pénétration du pieu, entraîne une pression latérale passive sur
toute la profondeur, d’où la résistance au frottement moyenne peut s’écrire :


f av    v'  2cu  (2.17)

 v' : La contrainte effective moyenne pour la longueur d’ancrage ;


cu : résistance au cisaillement moyenne ( concept u  0 ) ;

La valeur de λ varie avec la profondeur de pénétration du pieu (figure 2.7) d’où :


Qs = p.L. fav (2.18)

Dans le cas d’un sol hétérogène, les paramètres cu et  v' sont des valeurs moyennes leur
calcul est expliquée par la figure 2.6.

41
'
Contrainte verticale (  v )
Cohésion non drainée (cu)

cu(1)
L1 Section = A1

cu(2) Section = A2
L L2

cu(3)
L3 Section = A3

Profondeur Profondeur (c)


(a) (b)

Figure -2.6- application de la méthode λ à un sol hétérogène


cu1 L1  cu2 L2  ...
cu = (2.19)
L
A1  A2  A3  ...
 v' = (2.20)
L
A1 , A2, A3 : surface des diagrammes des contraintes effectives.

λ
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5

10

20
L(m)
Pile embedement lenght ,

30

40

50

60

70
80

90

Figure - 2.7- variation de λ avec la profondeur L (Mc Clelland, 1974)

42
b) méthode α
Selon la méthode α, la résistance au frottement unitaire dans un sol argileux est :
f = α .cu
α est un coefficient empirique d’adhésion, ses valeurs approximatives en fonction de la
résistance au cisaillement cu du sol sont données par la figure 2.8. Pour les argiles
normalement consolidées avec cu ≤ 50 KN/m2 le coefficient α = 1 d’où :
Qs   pLf =  cu pL (2.21)

Figure - 2.8- variation de α avec cohésion non drainée cu .

c) méthode β
Lorsque le pieu est enfoncé dans un sol argileux saturé, la pression interstitielle dans le sol
adjacent au pieu augmente. Cet excès de pression interstitielle dans une argile normalement
consolidée peut atteindre la valeur de 4 à 5 fois la cohésion non drainé cu .
Cependant, après un certain temps (un mois environ) il y aura une dissipation de cette
pression interstitielle ( u 
 0 ). Ainsi, la résistance au frottement unitaire en toute
profondeur (z) pour un pieu est déterminée en fonction des contraintes effectives de l’argile
remaniée (cu = 0).
f   v' (2.22)

Avec :
 v' : Contrainte effective en toute profondeur (z) ;

  K tan  R

43
 R : Angle de frottement interne de l’argile remaniée.
K : coefficient des poussées des terres. Cette valeur peut être prise égale à Ko ou bien à :
K  1 sin  R Argile normalement consolidée

K  1  sin  R  OCR Argile sur- consolidée


Ainsi la résistance au frottement unitaire f est calculée par :
f  1  sin  R  tan  R v' Argile normalement consolidée

f  1  sin  R  OCR tan  R v' Argile sur-consolidée


Une fois la valeur de f déterminée, la résistance au frottement totale sera calculée comme suit :
Qs   pLf (2.23)

2.2.1.3 Méthode Coyle et Castello


Coyle et Castello (1981) ont fait beaucoup d’études expérimentales sur des pieux à
échelles réelles sur chantiers, enfoncées dans des sols sableux. Dans cette méthode, la charge
ultime d’un pieu peut être donné par l’équation :
Qu  Q p  Qs  q ' N q A p  f av pL (2.24)

Avec :
q ' : contrainte effective verticale à la pointe du pieu ;

f av : Résistance au frottement moyenne sur la longueur (L) du pieu ;

f  K  v' tan  (2.25)

N q : Coefficient de capacité portante donné par figure 2.9 ;

K : coefficient des poussées des terres dont la valeur est fonction du rapport (L/D) et l’angle
de frottement interne  (figure 2.10) ;

 v' : Contrainte effective due au poids propre du sol sur toute la longueur (L).
 : Angle de frottement sol-pieu pris égal à 0.8  .

44
Figure - 2.9- variation de N q avec L/D (Coyle et Castello, 1981)

Figure - 2.10- variation de K avec L/D (Coyle et Castello, 1981)

2.3 Méthodes dynamiques


Un certain type de pieux sont enfoncés dans le sol par battage à l’aide d’un mouton. Cette
méthode permet d’apprécier la résistance opposée par le terrain. Elle englobe nécessairement
la résistance sous la pointe et celle qui se manifeste le long du fût. Elle est appelée méthode
globale ou méthode dynamique.
Beaucoup de formules ont été proposées. Elles sont toutes basées sur la superposition qu’il y
a équivalence entre le travail du mouton et le travail de forces résistantes qui s’opposent à
l’enfoncement du pieu. C’est sur cette base simple que Sanders (1950) donna l’équation :
WR .h
Qs  (2.26)
S

45
Cette formule est inexacte en raison du fait qu’une partie de l’énergie de battage ne sert pas
à l’enfoncement du pieu, mais perdue : chaleur, vibration du mouton et du pieu, déformation
élastique du pieu et du terrain.
Si cette énergie perdue avait servi à l’enfoncement du pieu, celle-ci aurait augmenté d’une
quantité c. c’est sur cette base de raisonnement qu’a été établie la formule de l’Engineering
News Record qui est utilisée au Etats-Unis.

2.3. 1 Méthode Engineering News Record ( E.N.R)


Cette méthode est basée sur le principe que l’énergie de travail fournie est égale au produit
de la résistance du pieu par la pénétration par coups de mouton:
WR .h
Qu  (2.27)
S C
WR : poids du mouton ;
h : hauteur de chute du mouton ;
S : pénétration du pieu par coups de mouton ;
S= moyenne arithmétique des derniers coups (cm)
C : une constante (cm) ;
C = 2.54 cm 
 mouton en chute libre
C = 0.254 cm 
 mouton à vapeur
Pour le calcul de Qad un coefficient de sécurité (Fs =6) est recommandé. Il faut noter que
pour un mouton à simple ou à double coup :
WR = E.HE (2.28)
E : rendement (efficacité) du mouton
HE : taux d’énergie du mouton
E.H E h
Qu  (2.29)
S C

2.3.2 Méthode des Hollandais


La pratique a montré que le ratio P/M (poids du pieu /poids du mouton) a un rôle très
important dans le battage des pieux. En effet un mouton avec poids très petit que celui du
pieu (M<<P) ne provoque aucun déplacement et crée seulement des déformations élastiques,
d’où l’amélioration de l’équation de Sanders en multipliant le deuxième terme par M/( M+P).
Cette méthode est utilisée de préférence pour des refus moyens supérieur à 5 millimètres, son
expression est :

46
M 2H
Qu  (2.30)
eM  P 
P : masse frappée (pieu+casque+accessoires) ;
H : hauteur de chute du mouton ;
e : enfoncement permanent ou refus moyen sous une volée de 10 coups.
Pour le calcul de la capacité portante admissible, un coefficient de sécurité de 6 est
recommandé.

2.3.3 Méthode de Crandall


Utilisée pour des refus inférieurs à 5 millimètres. Elle s’écrit :
M 2H
Qu  (2.31)
 e 
 e  1 M  P 
 2
e1 : le refus élastique du pieu
Le refus est mesuré sur un enregistrement graphique du mouvement de la tête du pieu.
Cette formule n’est autre que celle des hollandais pour laquelle le refus élastique du pieu est
pris en compte. La capacité portante admissible est calculée pour un coefficient de sécurité
égal à 4.

2.3.4 Méthode Engineering News Record ( E.N.R) modifiée


Des corrections ont été suggérées à la première méthode qui a abouti à l’équation:
2
E.WR h WR  n W p
Qu  (2.32)
S  C WR  WP
Avec :
E : efficacité du mouton ;
C : coefficient pris égal à 0.254 ;
Wp : poids du pieu ;
n : coefficient de restitution entre le mouton et le pieu ;
Pour le calcul de la capacité portante admissible un coefficient de sécurité de 4 à 5 et
recommandé.

2.3.5 Méthode Michigan State Highway


2
2.5H e WR  n W p
Qu  (2.33)
S  C WR  W p

47
He : taux d’énergie max. du mouton manufacturé ;
C = 0.254. cu
Le facteur de sécurité recommandé Fs = 6.

2.3.6 Méthode Danoise


E.H E
Qu  (2.34)
EH E L
S
2 Ap E p

Ep : module d’élasticité du matériau du pieu ;


L : longueur du pieu ;
Ap : section transversale du pieu ;
Le coefficient de sécurité recommandé Fs = 3 à 6.

2.3.7 Pacific Coast Uniform Bulding Code


2
EH E WR  n WP
WR  W p
Qu  (2.35)
S  EH E L
AE
n = 0.25 
 pieu métallique
n = 0.1 
 autres pieux
Le coefficient de sécurité recommandé Fs = 4.

2.3.8 Méthode de JANBU


EH E
Qu  (2.36)
S  Ku
Avec :
  
K u  C d 1  1  (2.37)
 C d 

 Wp 
C d  0.75  0.15  (2.38)
 WR 
EH E L
 (2.39)
Ap E p S 2

48
Le coefficient de sécurité recommandé est de l’ordre de Fs = 4 à 5. Il est conseillé d’utiliser
ces formules de façon très prudente en vérifiant les charges admissibles à l’aide des formules
statiques. Le battage des pieux peut modifier de façon très sensible les caractéristiques
mécaniques du sol.
Les coefficients de sécurité sont pris très élevés, ce qui traduit la prudence dont il faut faire
preuve dans l’emploi de ces formules dynamique.

2.4 Méthodes pratiques


Plusieurs méthodes pratiques peuvent être utilisées, tant pour une sollicitation en
compression qu’en arrachement. Elles sont basées sur les essais ci-après.
- essais au pénétromètre statique ( SPT). Ces essais sont très bien adaptés. Mais l’utilisation
du pénétromètre est limitée aux pieux fichés dans les sols suffisamment meubles pour que les
essais puissent être poursuivis au-delà de la pointe du pieu.
- essais au pressiomètre Ménard. Il s’agit de la méthode la plus utilisée, les essais
pressiomètriques présentant le grand avantage d’être réalisables dans tous les terrains. De
plus, cette méthode a été validée par de nombreux essais de chargement de pieux réels.
- essais de chargement statique du pieu. Cette méthode, qui consiste à charger directement un
pieu réalisé dans les conditions du chantier.

2.4.1 La capacité portante d’un pieu isolé à l’aide d’essai au pénétromètre statique
La similitude de sollicitation du sol entre un essai au pénétromètre statique et un pieu
soumis à une charge verticale centrée laisse supposer que cet essai permet d’obtenir une
bonne appréciation de la force portante des pieux. Il est cependant rappelé que l’utilisation du
pénétromètre statique est limitée aux pieux fichés dans des terrains meubles.
La méthode exposée ci-après est celle qui est utilisée couramment en France : il s’agit
d’une méthode empirique calée sur le dépouillement d’essais de chargement de pieux
grandeur nature. Elle nécessite l’utilisation de coefficients numériques.
Les valeurs des coefficients, proposées par différents auteurs sur la base d’essais différents
de chargement, peuvent varier sensiblement. Ces divergences montrent bien le caractère
empirique de cette approche.
Selon le fascicule 62, la hauteur d’encastrement équivalente (figure 2.11) De est donnée par la
formule :

49
D
1
De = (2.40)
qce d
qc ( z ).dz

Avec qce : résistance de pointe équivalente ;


qc(z) : résistance de pointe lissée à la profondeur z ;
d : pris général égal à zéro ;
D : hauteur d’encastrement réelle du pieu.

Figure - 2.11- définition de l’encastrement équivalent

2.4.1.1 Contrainte limite de pointe


La contrainte limite de pointe qpu est donnée par la formule :
qpu = kc . qce (2.41)
Avec kc : coefficient de portance ;
qce : résistance de pointe équivalente .
Le coefficient de portance traduit la proportionnalité entre la résistance de pointe du pieu et
celle du pénétromètre. Ce coefficient dépend de la nature du sol et mode de mise en œuvre du
pieu (pieu foré ou battu). Les valeurs de kc données dans le fascicule 62 figurent dans le
tableau (2.3).

Nature du sol et catégorie Pieux mis en œuvre sans Pieux mis en œuvre avec
refoulement du sol refoulement du sol
Argile et limon
A- mous
B- fermes 0,4 0,55
C- très fermes à dures

50
Sables et graves
A- lâche
B- moyennement compacts 0,15 0,50
C- compacts
Craies
A- molles 0,20 0,30
B- altérées 0,30 0,45

Tableau ( 2.3) valeur de kc selon le fascicule 62

Lorsque des essais de pénétration statique sont réalisés avec des pénétromètres de diamètre
variable, les diagrammes obtenus sont différents. Plus le diamètre est petit, plus les courbes
font apparaître les variations locales de résistance. Autrement dit, il y a un effet de lissage des
courbes de pénétration croissante avec le diamètre. D’où la nécessité de déterminer la
résistance de pointe équivalente du pieu de diamètre B fiché à la profondeur D par lissage de
la courbe de pénétration statique.
La résistance de pointe équivalente est obtenue par la formule :
D 3 a
1
qce = q cc ( z ).dz (2.42)
(b  3a) D b

Selon le fascicule 62, les valeurs de a et b sont :


a = max ( B /2 ;0,50), B étant la largeur de la fondation et a étant exprimé en m ;
b = min ( a ;h), h étant l’ancrage de la fondation dans la couche porteuse ;
qcc : résistance de pointe corrigée ( figure 2.12).

Figure - 2.12- résistance de pointe équivalente

51
qce est obtenue comme suit :
- calcul de la contrainte moyenne qcm sur la hauteur b à + 3 a par rapport à la base du pieu.
- plafonnement à 1,3 qcm des résistances supérieures à cette valeur, soit qcc(z) le diagramme
écrêté.
- calcul de la nouvelle moyenne qce avec prise en compte des valeurs plafonds.
2.4.1.2 Frottement latéral unitaire limite
Il est tentant de relier directement le frottement latéral unitaire fs mesuré sur le manchon
du pénétromètre statique et le frottement latéral unitaire limite qs du pieu. Cependant à ce jour,
cette approche n’a pas permis d’aboutir à une méthode pratique de détermination du
frottement latéral mobilisable par les pieux. Les méthodes pratiques de dimensionnement
s’appuient non pas directement sur la valeur de fs mais font référence à la résistance de pointe
qc. L’interprétation statique des essais de pénétration statique a permis de corréler le rapport
de frottement Rf = fs/qs avec la nature du sol. Il s’ensuit qu’il est possible de relier le
frottement latéral unitaire limite qs du pieu et la résistance à la pénétration statique qc par la
formule :
qc
qs = (2.43)

Toutefois, comme précédemment (46), il convient de plafonner la valeur de qs donnée par
cette formule, soit :
qc
qs = min  ; q s max  (2.44)

Les valeurs de  et qsmax sont données dans le tableau 2.4. Elles sont fonction du type de
pieu et de la nature du sol. Comme pour le coefficient de portance, les valeurs de  et de
qsmax indiquées par le D.T.U.13.2 de 1992
Argile-limons Sables-graves Craies
A B C A B C A B
Foré β - - 7(1) - - 200 200 200 125 80
qsmax 15 40 80(1) 40 80(1) - - 120 40 120
(kpa)
Foré β - 100 100(2) - 100(2) 250 250 300 125 100
tubé qsmax 15 40 60(2) 40 80(2) - 40 120 40 80
(tube ( kpa)
récupéré)

52
Métal β - 120 150 300 300 300
battu qsmax 15 40 80 - - 120 (3)
fermé (kpa)
Battu à β - 75 - 150 150 150
fût béton qsmax 15 80 80 - - 120 (3)
(kpa)
(1) pieux réalisés et rainurés en fin de forage, uniquement.
(2) Forage à sec, tube non louvoyé.
(3) Le frottement latéral peut être très faible dans les craies avec ces types de pieux. A
défaut d’essai de chargement statique sur le site même, il convient de se référer à des
essais de chargement exécutés dans des conditions similaires.

Tableau (2.4) valeur de  et qsmax selon le fascicule 62

2.4.2 La capacité portante d’un pieu isolé à l’aide d’essai pressiométrique


La propriété la plus remarquable de la méthode pressiométrique est qu’elle est applicable à
tous les sols et à tous les types de pieux. Bien entendu, elle ne met pas à l’abri des évolutions
de certains sites pour des causes naturelles ou artificielles (frottement négatif, efforts
parasites divers, etc.).
Comme pour le pénétromètre statique, il s’agit d’une méthode essentiellement empirique
mais qui a pu être calée sur un très grand nombre d’essais de chargement ou d’arrachement.
La hauteur d’encastrement équivalente De est donnée par la formule :
D
1 
De =  p l ( z ).dz (2.45)
ple d

Avec ple : pression limite nette équivalente ;

pl (z ) : Pression limite obtenue à la profondeur z par interpolation linéaire entre les

pl mesurées immédiatement de part et d’autre de cette profondeur ;

d : pris en général égal à zéro ;


D : hauteur d’encastrement réelle du pieu.

2.4.2.1 Contrainte limite de pointe


La contrainte limite de pointe qpu est donnée par la formule :

53
qpu = kp . ple (2.46)

Avec kp : coefficient de portance ;


ple : Pression limite nette équivalente ;

Le coefficient de portance traduit la proportionnalité entre la résistance de pointe du pieu et


la pression limite du sol sollicité horizontalement par la sonde pressiométrique. Ce coefficient
dépend de la nature du sol et du mode de mise en œuvre du pieu (tableau 2.5).

Nature des terrains Eléments mis Eléments mis


en œuvre sans en œuvre avec
refoulement du refoulement du
sol sol
A- argiles et limons mous 1,1 1,4
Argiles-limons B- argiles et limons fermes 1,2 1,5
C- argiles très fermes à dures 1,3 1,6
A- lâche 1,0 4,2
Sables-graves B- moyennement compacts 1,1 3,7
C- compacts 1,2 3,2
A- molles 1,1 1,6
Craies B- altérées 1,4 2,2
C- compacts 1,8 2,6

Tableau ( 2.5) valeurs de kp selon le fascicule 62.

Comme précédemment, les valeurs numériques peuvent varier sensiblement selon les
hauteurs et les règlements. Dans l’attente d’une uniformisation, seules les valeurs extraites du
fascicule 62 sont présentées. Elles doivent être assorties de certains commentaires.
La pression limite nette équivalente (figure 2.13) est donnée (selon le fascicule 62) par la
formule :

54
D 3 a
 1 
p =
le p l ( z ).dz (2.47)
b  3a D b

Avec a : max (B /2 ; 0,50m) ;


b : min (a, h) ;
h : ancrage dans la couche ou se situe la pointe du pieu.

Figure - 2.13 - définition de la pression limite équivalente au pressiomètre Ménard

2.4.2.2 Frottement latéral unitaire limite


La similitude entre la sollicitation du sol par le pieu en frottement latéral et par le
pressiomètre Ménard est loin d’être évidente (figure 2.14 a et b). Toutefois, des corrélations
ont été établies entre le frottement latéral unitaire qs et la pression limite du sol pl.

(a) pressiomètre (b) pieu

Figure -2.14 - comparaison des sollicitations du sol.

55
Cependant, le frottement latéral, qui peut s’apparenter à un cisaillement rectiligne au
contact du sol et du fût du pieu, est différent dans un sable et une argile possédant la même
pression limite. Il a donc été nécessaire d’établir des lois qs = f (pl) différentes selon la nature
du sol, son état et le type de pieu considéré.
La méthode générale consiste à choisir une courbe représentant une relation particulière
entre qs et pl, ceci en fonction de la nature du sol et du type de pieu. Là encore, il existe
actuellement des divergences plus ou moins importantes selon les règlements considérés.
La valeur de qs selon le fascicule 62 est donné par Les lois qs = f( pl) sont données par les
courbes Q1 à Q7 de la figure 2.15 et le choix de la courbe à considérer est donné par le tableau
2.6.

Figure - 2.15- courbes de frottement latéral

Type de Argiles-limons Sables-graves craies marnes roches


pieu A B C A B C A B C A B

Foré Q1 Q1, Q2, Q1 Q3 Q4, Q3 Q4, Q6


simple Q2(1) Q3(1) Q5(1) Q5(1)

Foré à la Q1 Q1, Q1 Q2, Q3, Q1 Q3 Q4, Q3 Q4, Q6


boue Q2(1) Q1(2) Q2(2) Q5(1) Q5(1)

Foré tubé Q1 Q1, Q1 Q2, Q3, Q1 Q2 Q3, Q3 Q4


(tube Q2(3) Q1(2) Q2(2) Q4(3)
récupéré)
Foré tubé Q1 Q1 Q2 (4) Q2 Q3
(tube
perdu)

56
Métal battu Q1 Q2 Q2 Q3 (4) Q3 Q4 Q4
fermé
Battu Q1 Q2 Q3 (4) Q3 Q4 Q4
préfabriqué
béton
Battu Q1 Q2 Q2 Q3 Q1 Q2 Q3 Q3 Q4
moulé
Battu Q1 Q2 Q3 Q4 (4) Q3 Q4
enrobé
Injecté Q1 Q2 Q3 Q2 Q3 Q4 Q5
basse
pression
Injecté Q4 Q5 Q5 Q6 Q7 Q6 Q6 Q7(7)
haute
pression
(5)
(1) réalésage et rainurage en fin de forage
(2) pieux de grande longueur (supérieure à 30m)
(3) forage à sec, tube non louvoyé
(4) dans le cas des craies, le frottement latéral peut être très faible pour certains types de pieux
(5) sans tubage ni virole foncés perdus (parois rugueuses)
(6) injection sélective et répétitive à faible débit
(7) injection sélective et répétitive à faible débit et traitement préalable des massifs fissurés ou
fracturés avec obturation des cavités.

Tableau (2.6) choix de la courbe de frottement latéral


2.4.3 La capacité portante d’un pieu isolé à l’aide d’essai de chargement statique
C’est un essai à charges contrôlées, essai par paliers de fluage, qui consiste à mettre le pieu
en charge par incréments ∆Q égaux à 0,1Qmax jusqu’à Qmax. Il permet de déterminer la charge
limite conventionnelle Qle et la charge critique de fluage conventionnelle Qce. Pendant chaque
palier de fluage, maintenu 60 minutes, on enregistre le déplacement de la tête du pieu en
maintenant la charge rigoureusement constante. Pour chaque palier Qn on calcule la pente αn
du segment de la courbe de déplacement en fonction du logarithme décimal du temps entre
30 et 60 minutes (Figure 2.16.a). La charge critique de fluage est déterminée par la
construction effectuée sur la courbe de αn en fonction de la charge au palier Qn (Figure
2.16.b). Cette courbe permet de distinguer une première partie pour laquelle le fluage est

57
faible et peut être supporté par la structure portée par la fondation profonde et une seconde
partie où le fluage du sol entraînerait des déplacements incompatibles avec le bon
fonctionnement de la structure.

Figure -2.16.a- droite et courbes de fluage des 2ème,5ème,7ème,et 9ème palier

Figure -2.16.b- détermination de la charge critique de fluage Qce (vitesse de fluage  n et

calcul de Qce )

Considérons, pour simplifier, un pieu de longueur D, dans un sol homogène, soumis à un


chargement vertical de compression axiale. Si on enregistre pendant le chargement du pieu
l’effort et le déplacement en tête on obtient la courbe effort-déplacement de la figure (2.17).

58
Figure - 2.17- Courbe effort-déplacement en tête d’un essai de chargement de pieu

Cette courbe donne la charge limite QLE ou Qu qui correspond à la rupture du sol pour un
grand déplacement. Cette charge limite est équilibrée par deux réactions limites : la résistance
de pointe qu qui donne la charge limite de pointe Q pu  q u . A (A : section droite de la pointe

du pieu) et le frottement latéral qs qui s’exerce sur la surface latérale du pieu qui donne la
charge limite de frottement latéral Qsu  q s . .B.D .

QLE  Q pu  Qsu (2.48)

Pour atteindre cette charge limite QLE , le pieu s’est déplacé en tête de st et en pointe de sp
(st > sp). Si on considère maintenant le chargement progressif du pieu de la charge 0 à la
charge QLE on constate qu’on mobilise d’abord le frottement latéral puis l’effort de pointe.
Sous une charge Q la tête du pieu se déplace de st et la pointe de sp (st > sp) et tout point du fût
du pieu se déplace de s par rapport au sol. Toutes les mesures qui ont été faites sur chantier
montrent qu’on mobilise beaucoup plus vite le frottement latéral qs que la résistance de pointe
qu (Figure 2.18). On peut estimer en première approximation qu’il faut de l’ordre de 5mm pour
atteindre le frottement latéral limite et de l’ordre de 5cm pour atteindre la résistance de pointe
limite.

59
Figure -2.18.a- loi de mobilisation simplifiée du Figure -2.18.b- loi de mobilisation
Frottement latéral unitaire qs simplifiée de la résistance de pointe qu

Le pieu se déplaçant plus vers la tête que vers la pointe et le frottement latéral se
mobilisant beaucoup plus vite que la résistance de pointe, le pieu mobilisera d’abord sous les
premières charges Q le frottement latéral. Quand le frottement latéral sera complètement
mobilisé les charges supplémentaires seront transmises à la pointe. Enfin quand la résistance
de pointe sera complètement mobilisée, on atteindra la rupture totale du sol.
En général, compte tenu des coefficients de sécurité appliqués aux résistances limites, le
pieu sous les charges de service travaillera essentiellement au frottement latéral et peu en
pointe.

2.4.3.1 Evolution de la résistance de pointe qu en fonction de la profondeur


Quand on enfonce un pieu à partir de la surface du sol dans un terrain homogène, la
résistance de pointe augmente pratiquement linéairement en fonction de la profondeur
jusqu’à une profondeur appelée profondeur critique Dc et reste quasi-constante (Figure 2.19)
ensuite la valeur de Dc varie avec le type de sol, elle augmente avec le diamètre du pieu et la
résistance du sol. Pour simplifier et dans les cas courants on pourra adopter les valeurs de Dc
préconisées par la norme DTU 13-2 / P 11-212 :
- pour une seule couche de sol Dc = 6B avec un minimum de 3m,
- pour un sol multicouche pour lequel la contrainte effective σv’ due au poids des
terrains au-dessus de la couche d’ancrage est au moins égale à 100kPa (environ 7 à 10m de
terrain) Dc = 3B avec un minimum de 1.5m ; c’est la règle classique des 3 diamètres
d’ancrage du pieu dans la couche résistante.

60
Figure - 2.19 - Evolution de la résistance de pointe qu en fonction de la profondeur
d’enfoncement du pieu

● Exemple de calcul (Prévisions de capacité portante d’un pieu foré)

1. Introduction
Il s’agit de calculer la portance d’un pieu foré à la tarière continue soumis à une charge
axiale centrée (présentés par M. Hamami et N. Chelghoum au Symposium International pour
le 50ème anniversaire du pressiomètre en France le 22-24 Août 2005). S’appuyant sur les
analyses suivantes :
-Analyse des résultats du CPT
-Analyse des résultats des essais triaxiaux
-Analyse des résultats pressiométriques de Ménard
Le pieu a un diamètre de D = 0,5 m et une longueur de 12 m (figure 2.20).

Figure - 2.20 - Caractéristiques géométrique du pieu et du sol

61
● Propriétés des sols déduites d’essais in situ
Les lectures de trois sondages pressiométriques sont fournies en annexe. Il est demandé de
dépouiller les essais en décrivant la méthode utilisée. Des sondages au pénétromètre statique
(CPT) et au carottier (SPT) sont donnés pour compléter la campagne d’essais
pressiométriques et peuvent être utilisés pour proposer une variante du calcul (figure 2.21).
● Propriétés des sols déduites d’essais de laboratoire
Les essais réalisés donnent des caractéristiques physiques relativement homogènes (figure
2.22). Les paramètres de résistance au cisaillement sont c’= 57 kPa et φ’ = 23 degrés. La
figure 2.23 compare les modules déduits d'essais triaxiaux CU+u et UU. La cohésion non
drainée déduite des essais pressiométriques a été obtenue en utilisant la corrélation du LCPC.

Figure - 2.21- Essais de pénétration au pénétromètre statique et au carottier

62
Figure - 2.22- Évolution des paramètres avec la profondeur

63
Figure - 2.23 - Comparaison des modules d’élasticité déduits des essais triaxiaux CU+u et de
la cohésion non drainée déduite des essais UU et des essais pressiométriques

Solution
Une infinité de méthodes ont été publiées pour l'évaluation de la capacité portante d’un pieu.
Une revue bibliographique sur les méthodes de calculs les plus récentes (Meyerhof,1976 ;
Vesic,1977 ; Coyle et Castello, 1981) est éditée par Das en 1984.

0 v'
15 kN/m3
27 kN/m2
sat18.5 kN/m3
32.10 kN/m2

sat19.2 kN/m3

120.42 kN/m2

Figure - 2.24- Diagramme des contraintes effectives

64
D’une manière générale, la capacité portante d’un pieu est donnée par la relation :

Qu  Q p  Qs

Qp : Capacité portante globale de la pointe du pieu

Qs : Résistance au frottement de la surface latérale du pieu

L’évaluation de Qp et de Qs dépend des essais (en laboratoire et /ou in-situ) et des méthodes
de calculs employés.

2. Analyse des résultats du CPT


2.1 Effort de pointe Qp

2.1.1 Méthode Begerman ( Das,1984)


L’effort de pointe Qp peu être donné par l’équation suivante:

q p  1  qc  qc  (2.49)
2  1 2

qc Valeur moyenne de qc sur la hauteur égale à un diamètre au-dessus de la


1

pointe du pénétromètre (0.5m).

qc Valeur moyenne de qc sur la hauteur égale à un diamètre au-dessous de la


2

pointe du pénétromètre (0.5m).

D’après la figure 2.21 qc a tendance à se stabiliser à partir de 8m pour une valeur de

qc 2.4MPa .

q p  1 2.4 2.4 2.4Mpa 2400kN / m2


2

2 2
Ap  D  3.140.5 0.19625m2
4 4

Q p  Ap q p (0.19625)(2400)471 kN

2.1.2 Méthode de Meyerhof (1976)


L’effort de pointe unitaire d’un pieu dans une argile saturée est donné par la relation suivante:

65
q p  Nccu (2.50)

cu : Cohésion non drainée du sol. D’après le CPT, la cohésion d’argile non drainée est

donnée par la relation :

qc 2.4
cu   0.12 Mpa120 kN / m2
20 20

qc : Valeur de la résistance à la pointe du pieu ( qc 2.4Mpa )

N c : Coefficient de capacité portante (terme de cohésion). Pour une argile saturée (concept

u 0 ), ce coefficient est N c 9 . D’où la capacité portante a pour valeur :

Ap 0.19625m 2

2
q p 91201080 kN /m

Q p  Ap q p (0.19625)(1080)212 kN

La résistance de pointe d’après le CPT sera alors comme étant la valeur moyenne obtenue par
les deux méthodes :

Qp Q p
Qp  (BEGERMANN) (MEYERHOF)
 471 212 342 kN
2 2

2.2 Résistance au frottement Qs

La résistance au frottement d'un pieu peut être donnée par l'équation:

Qs   p  L  f (2.51)

Avec
p : Périmètre de la section transversale du pieu.
L : Longueur du pieu.
f : Résistance au frottement unitaire à la profondeur (z).

66
2.2.1 Méthode 
Selon la méthode  (Das, 1984), la résistance au frottement unitaire dans un sol argileux est
égale à :

f    cu (2.52)

 : est un coefficient empirique d'adhésion. Ses valeurs approximatives sont fonction de la


résistance au cisaillement.
Cu : cohésion non drainée du sol. Etant donné que Cu varie en profondeur, sa valeur sera alors
prise par approximation sur la longueur L . Ces valeurs moyennes de la cohésion sont
résumées sur le tableau 2.7 ci-après :

profondeur L qc  qc f    cu Qs  DL f
cu  kN / m2
20
2-4 1.6 1.2 0.60 60 36 90.43
4-6 2 2.0 0.457 100 45.7 143.5
6-8 2 2.4 0.315 120 37.8 118.7
8-10 2 2.4 0.315 120 37.8 118.7
10-12 2 2.4 0.315 120 37.8 118.7
L’effort de frottement total 590 kN

Tableau (2.7 ) Valeurs des paramètres en fonction de la profondeur

2.2.2 Méthode 
Cette méthode a été proposée par Viayavergia et Focht, 1972 (cité par Das, 1984). Elle
suppose que le déplacement du sol du à la pénétration du pieu, entraîne une pression latérale
passive sur toute la profondeur. Par conséquent, la résistance au frottement moyenne peut
s’écrire:
'
fav    v  2cu  (2.53)
 
'
 v : la contrainte effective moyenne pour la longueur d’ancrage

'
 v  32.10120.42 76.26 kN / m2
2

cu : Résistance au cisaillement moyenne sur la longueur du pieu (concept u 0 ) donnée par

le CPT.

cu 
601.6100231202105.83 kN / m2
1.6 232

67
 : Coefficient empirique donné par la figure 2.7 de Mc. Clelland en fonction de
l’encastrement du pieu. D’après la figure 2.7 et pour l’encastrement du pieu dans la couche
portante ( L9.6m ), la valeur de  est égale à  0.265 :

f av 0.265(76.26 2105.83)76.30 kN / m2

Qs  DL fav (3.14)(0.5)(9.6)(76.30)1150 kN

Qs  Qs  590  1150


Qs    870 kN
2 2

La capacité portante limite est égale alors :


Qu Q p Qs 3428701212 kN

3. Analyse des résultats du Laboratoire (Triaxial)


3.1 Analyse à court terme
3.1.1 Effort de pointe Qp

Méthode de Meyerhof (1976)

q p  N ccu (2.54)
Le coefficient de capacité portante pour une argile saturée (concept u 0 ) est de N c 9 .

D’après la figure 2.23, la cohésion non drainée donnée par l’essai triaxial à la pointe du pieu
est :

cu 0.24 Mpa240 kN / m2

Ap 0.19625m2

2
q p 92402160 kN /m

Q p  Ap q p (0.19625)(2160)423.9 kN

3.1.2 Résistance au frottement Qs

Qs   pL f (2.55)

68
Méthode 

f  cu
(2.56)

cu : valeur approximative de la cohésion non drainée obtenue par l’essai triaxial par bande de

sol de longueur ∆L

profondeur L cu  f    cu Qs  DL f


2-4 1.6 - - - -
4-6 2 50 0.875 43.75 137.375
6-8 2 120 0.437 52.44 164.66
8-10 2 170 0.3125 53.125 166.81
10-12 2 240 0.156 37.44 117.56
L’effort de frottement total Qs 586.41kN

Tableau ( 2.8) Valeurs des paramètres en fonction de la profondeur

Méthode 
L’effort de frottement unitaire moyen sur la longueur du pieu est

fav    v 2cu 


'
(2.57)
 
La contrainte verticale le long du pieu est :
'
 v  32.10120.42 76.26 kN / m2
2
La cohésion moyenne le long du pieu est :

cu 
50212021702(2402)(01.6) 120.83kN / m2
22 221.6

D’après la figure 2.7 de Mc. Clelland (Das, 1984) et pour l’encastrement du pieu dans la
couche portante ( L9.6m ), la valeur de  est égale à  0.265 :

fav    v 2cu 0.265(76.26 2120.83)84.25 kN / m2


'

 

Qs  DL fav 3.140.59.684.251269.82 kN

Qs Qs
Qs   
 586.411269.82 928.12 kN
2 2

Qu Qp Qs 423.9928.121352 kN

69
3.2 Analyse à long terme en (  ' )
3.2.1 Effort de pointe Qp

Méthode Meyerhof (1976)

Qp  Ap q p  Ap (c' Nc  q' N q ) (2.58)

Ap : Surface transversale du pieu, Ap 0.19625m 2

c' : Cohésion du sol de fondation, c' 57kN / m2

q' : Contrainte effective au niveau de la pointe, q' 120.42kN / m2

q p : Capacité portante unitaire

N c , N q : coefficients de capacité portante des fondations sur pieu.

Lb
 '' 23 Abaque de Meyerhof  ( ) 3.75m
D cr

Lb 9.6m : Enfoncement du pieu dans la couche portante.

D : Diamètre du pieu

Lb 9.6
 19.2m
D 0. 5

Lb Lb
( )  N c , N q : seront les valeurs max. de la courbe donnée par Meyerhof, 1976
D D cr

N c 40 , N q 17

Qp  Ap q p 0.19625(5740120.4217)849.2kN

3.2.2 Résistance au frottement Qs

Méthode 

Qs   p  L  f (2.59)

f     v' (2.60)

 v' : Contrainte effective moyenne sur la longueur L du pieu.

70
 v'  32.10120.42 76.26 kN / m2
2
  K  tan R

R : Angle de frottement interne de l'argile remaniée

K : Coefficient des poussées des terres. Pour une argile surconsolidée la valeur du

coefficient est :

K (1sinR ) O.C.R (2.61)

Prenons une moyenne de l’OCR=5

f (1sinR ) O.C.R tanR  v'

f (1sin 21) 5tan2176.2641.36 kN / m2

Qs  DL f 3.140.59.641.36623.38kN

Qu Qp Qs 742.11623.381365.49kN

4. Analyse des résultats pressiométriques de Ménard


Elle est présentée dans le tableau 2.9 suivant

Pressions limites de MENARD Module pressiométrique


Prof S1 S2 S3 PLM S1 S2 S3 EM
1 2.7 5.6 2.8 03.70 34 40 40 38.00
2 3.6 3.7 3.9 03.70 56 19 50 41.67
3 5.6 4.0 5.8 05.13 92 22 44 52.67
4 7.4 8.2 8.6 08.05 157 84 143 128.0
5 8.6 9.8 8.1 08.83 78 124 112 104.67
6 9.5 11.8 10.7 10.70 74 84 235 131
7 11.5 12.5 10.7 11.57 174 213 124 170.3
8 10.6 12.9 11.7 11.73 113 201 226 180
9 12.8 13.4 11.8 12.67 256 193 174 207.7
10 14 13.4 15.3 14.23 200 162 507 289.7
11 13.2 15.3 15.4 14.63 258 360 355 324.3
12 15.9 17.3 14.4 15.87 249 535 311 365
13 16.9 17.8 19.1 17.93 557 709 371 545.7
14 17.1 19.9 17.1 18.03 338 954 385 559

Tableau (2.9) Valeurs des pressions limites et du module pressiométrique

71
La capacité portante est déterminée, comme précédemment sous la forme suivante :

Qu  Q p  Qs1  Qs2 (2.62)

4.1 Effort de pointe Qp

Q p  k  pl  Ap
Ap 0.19625m 2

q p q0  k  pl  p0 
3 e 

q0 : Pression verticale au repos du terrain au niveau de la pointe du pieu, q0 120.42 kN / m2 .

k : Facteur de portance sans dimension


p0 : pression horizontale totale au repos du terrain au niveau de l’assise prévus au moment de
l’exécution des essais (p0 = K0 q0 ), K0 = 1- sinφ)

La pression limite équivalente pl est définie comme étant la moyenne géométrique des
e

valeurs de pl obtenues près du niveau de la fondation.

pl 3 pl  pl  pl
e 1 2 3
(2.63)

pl : valeur de pl mesurée à un niveau situé à un diamètre au-dessus du niveau de la base de


l

fondation , pl 15.25bars .
l

pl : Valeur de pl mesurée au niveau de la base de fondation, pl 15.87bars .


2 2

pl : Valeur de pl mesurée à une profondeur d'un diamètre sous la base de fondation,


3

pl 16.9bars
3

pl 3 15.2515.8716.9 15.99 bars


e

La hauteur équivalente he est définit comme suit

z
he  1  pl dz

pl
0
e
(2.64)

72
z

 p dz 12(3.71) 12(3.75.13) 12(5.138.07) 12(8.078.83) 12(8.8310.7)


0
l

1 (10.711.57) 1 (11.5711.67) 1 (11.6712.67) 1 (12.6714.23)


2 2 2 2
1 (14.2314.63) 1 (14.6315.87)111.3bars
2 2

z
he  1  pl dz  1 111.36.96m

pl 15.99
e 0

C’est un pieu fictif de 6.96 m dans un sol homogène de 15.99 bars.

R D  0.5 0.25m
2 2
he 6.96
 27.8m
R 0.25

Le sol de fondation étant une argile avec une pression limite de 15.87 bars, il est donc de

he
catégorie 2 avec un facteur de portance de 3.2 ( valeur limité à 3.2 pour un rapport très
R

élevé), la valeur de p0 0.8bars .

q p q0  k  pl  p0 120.42 3.2 (1599800)972.69 kN / m2


3 e  3

Q p (0.19625)(972.69)190.9 kN

4.2 Résistance au frottement Qs

Qs Qs Qs
1 2
(2.65)

Qs Désigne la résistance au frottement totale du terrain encaissant, sur la hauteur du fût du


1

pieu diminué de trois diamètres au niveau de la base du pieu. Cette résistance est donnée par
la formule suivante

Qs1  S '  L  h
(2.66)

L : Périmètre du pieu : L  D3.140.51.57m


h : Hauteur du fut diminuée de 3D = (122.4)(30.5)9.61.58.1m

S ' : Valeur du frottement latéral limite unitaire définie en fonction de la pression limite .

73
Profondeur Pression limite moyenne h S' Qs1 S 'Lh
pl av
2-3 1(3.75.13)4.42 0.6 0.53 50
2
3-4 1 (5.138.07)6.6 1.0 0.67 105.2
2
4-5 1 (8.078.83)8.45 1.0 0.73 114.6
2
5-6 1(8.8310.7)9.77 1.0 0.77 120.9
2
6-7 1 (10.711.57)11.14 1.0 0.79 124
2
7-8 1 (11.5711.73)11.65 1.0 0.80 125.6
2
8-9 1 (11.7312.67)12.20 1.0 0.80 125.6
2
9-10 1 (12.6714.23)13.45 1.0 0.81 127.2
2
10-11 1(14.2314.63)14.43 0.5 0.825 64.8
2
La somme Qs 957.9kN
1

Tableau (2.10) Calcul de Plav, h, S et Qs1 en fonction de la profondeur

Qs2  S  L  3D
(2.67)

Qs : est la résistance au frottement améliorée comptée dans la couche d'assise, sur trois
2

diamètres au-dessus de la base du pieu.


A trois fois le diamètre au-dessus de la pointe du pieu la pression limite est égale à :

pl 15.8714.6314.23 14.91 bars1491 kN / m2


3

Pour une telle pression la courbe B de la figure de MENARD donne S 1.25 bars

Qs 1.251.5730.5294.4kN
2

Qs Qs Qs 957.9294.41252.3kN


1 2

Qu Q p Qs 190.91252.31443.2kN

74
Synthèse

Les résultats de calculs de capacité portante sont résumés dans le tableau 2.11 suivant :

Type d’analyse Portance limite en kN


CPT Qu 1365.49
Laboratoire Qu 1352
Pressiométrique (Ménard) Qu 1443.2

Tableau (2.11) Résumé des calculs avec les trois types d’analyses

Les résultats obtenus sont très satisfaisants compte tenu des écarts « raisonnables » entre les
méthodes employées.

2.5 Méthodes numériques (la Méthodes des éléments finis)


Les applications de cette méthode pour le calcul des pieux sont relativement rares (si on
les Compare aux autres méthodes). Cet outil permet, toutefois, de modéliser le chargement
des pieux ainsi que leur mise en place dans le sol par forage ou par battage (Mestat, 1998).
Ellison et al. (1971) ont été les premiers a utiliser une analyse axisymétrique par éléments
finis pour étudier le comportement de pieux isolés sous charge axiale.
Frank, Guenot et Humbert (1980) utilisent la méthode des éléments finis pour modéliser des
essais de chargement axial de pieux en vraie grandeur. Le sol est considéré comme élastique
linéaire isotrope.

● Exemple de calcul (Étude du comportement de pieux forés -Modélisation

par éléments finis-)


1 Introduction
Dans le cadre d’une recherche commune menée par le LCPC et l’école d’ingénieurs de são
Carlos de l’université de são paulo (Brésil). Des essais en vraie grandeur sur des pieux forés
isolés de différents diamètres (0.35, 0.40 et 0.50m) soumis à des charges axiales de traction et
de compression ont été modélisés à l’aide du code de calcul par éléments finis CÉSAR-
LCPC. Deux modèles ont été utilisés pour représenter le comportement du sol : un modèle
élastique parfaitement plastique (Mohr-Coulomb) et un modèle élastoplastique avec
écrouissage (Nova, 1982). Les résultats numériques obtenus (courbes charges-déplacement)
sont ensuite comparés aux mesures disponibles.

75
2 Modélisation des pieux expérimentaux
● Maillage
Comme les pieux étudiés sont cylindriques de section circulaire, isolés et chargés
axialement, la modélisation peut être réalisée en symétrie de révolution, dans un plan
méridien. La discrétisation du sol et du béton est effectuée à l’aide d’éléments
quadrangulaires à huit nœuds.
Les dimensions des maillages sont choisies de manière à ce que la frontière latérale soit
distante de 60 r0 de l’axe de symétrie ( r0 est rayon du pieu), et la frontière inférieure située à
une longueur l de la pointe du pieu ( l est la longueur du pieu). Les conditions aux limites
appliquées sont alors les suivantes (fig. 2.25)
- déplacement horizontaux nuls sur la frontière latérale (segment AB) et sur l’axe de symétrie
(segment OC) ;
- déplacement verticaux nuls sur la frontière inférieure (segment BC).
Pour chaque diamètre de pieu, deux maillage ont été élaborés : l’un relativement grossier et
d’autre plus raffiné, avec une bonne finesse autour des interfaces (pointe et fût des pieux).
Le tableau 2.12 présente les caractéristiques des six maillages auxquels on a abouti pour les
différents diamètres de pieux. Pour un même diamètre, le modèle est identique pour les
études en traction et en compression. Les figures 2.25 a et b montrent respectivement un
maillage grossier et un maillage raffiné pour le pieu de diamètre 0.40 m (Neves, 1993)

Tableau (2.12) Caractéristiques des Maillage d’éléments finis

76
Figure - 2.25 - Maillage d’éléments finis pour le pieu de diamètre 0.40 m

77
3 Modèle de comportement et paramètres de calcul
Les tableaux 2.13 à 2.16 résument les valeurs retenues des résultats d’essais de laboratoire
(pour les sols et interface) et in situ (pour le béton des pieux). Les valeurs du coefficient de
poisson et du poids volumique du béton ont été fixées à des valeurs habituelles : ν = 0.3 et γ =
24 KN/m3.

Tableau (2.13) Valeurs des paramètres du modèle de Mohr-Coulomb

Tableau( 2.14) Valeurs des paramètres du modèle de Nova (Version 1982)

Tableau (2.15) Module d’Young du béton pour les pieux en traction et en compression

78
Tableau (2.16) Paramètres pour le comportement d’interface

4 Comparaison des résultats obtenus avec le maillage grossiers et le maillage raffinés


La Comparaison des résultats obtenus avec le maillage grossiers et raffinés a démontré que,
pour un modèle élastoplastique parfait, les courbes charge-déplacement étaient très proches,
tant pour les essais de compression que ceux de traction. La figure 2.26 illustre ces
comparaisons dans le cas des pieux de diamètre 0.35 m. Cette bonne concordance justifie
l’emploie des maillages grossiers pour les modèles de Mohr-Coulomb. Le gain en temps de
calcul est alors très appréciable. En revanche, pour le modèle de Nova, il a été nécessaire
d’employer les maillages raffinés car les différences avec les résultats fournis par les
maillages grossiers étaient trop importantes (Neves, 1993) (fig 2.26).
Comparaison des résultats obtenus avec les maillages grossier et raffiné pour le modèle de
Mohr-Coulomb :

Figure -2.26 - Courbes charge-déplacement en tête du pieu de diamètre 0.35 m

5 État initial et loi de chargement


La mise en place des pieux par forage conduit nécessairement à un remaniement du sol
autour des pieux. Celui-ci est très difficile à estimer expérimentalement et à simuler
numériquement. Aussi, l’installation des pieux a été modélisée par une étape de chargement

79
initial dans laquelle sont appliqués le poids volumique du pieu et celui des différentes
couches de sol. Il s’ensuit un certain état de contraintes (dans le sol et aux interfaces) et un
champ de déplacement dû à la gravité. Ces déplacements sont ensuite annulés et l’état de
contraintes initial obtenu, est ensuite introduit dans l’étape de chargement des pieux.
Les calculs sont effectués de manière incrémentale en appliquant progressivement les charges
de traction ou de compression jusqu’à l’apparition de grands déplacements pour de faibles
accroissements du chargement. Le plus souvent, les calculs sont menés jusqu’à l’apparition
d’un palier de glissement. Le palier d’écoulement plastique n’a jamais été atteint dans cette
étude.

6 Comparaison des courbes charge-déplacement théorique et expérimentale


L’analyse des courbes charge-déplacement (figures 2.27 à 2.29) montre que :

Figure - 2.27- courbes charge-déplacement obtenues pour le pieu de diamètre 0.35 m

80
Figure - 2.28 - courbes charge-déplacement obtenues pour le pieu de diamètre 0.40 m

Figure - 2.29 - courbes charge-déplacement obtenues pour le pieu de diamètre 0.50 m

- le modèle de Mohr-Coulomb fournit une simulation satisfaisante des essais de traction sur
les pieux de diamètre 0.35 et 0.40m, et de l’essai de compression sur le pieu de 0.40 m (fig.
2.27a, 2.28a et 2.28b).
- le modèle de Nova conduit à de meilleurs résultats, dans l’ensemble plus proches des
mesures que le modèle de Mohr-Coulomb. Les meilleures simulations obtenues avec le
modèle de Nova sont relatives au pieu de 0.50 m en traction et au pieu de 0.40 m en
compression.

81
7 Zone plastiques autour des pieux
Les zones plastiques constatées à la fin des calculs sont assez peu étendues et localisées au
voisinage du pieu. Une très grande partie du massif de sol demeure dans domaine élastique.
La figure 2.30 illustre cela dans le cas de la modélisation avec le modèle de Nova du pieu de
diamètre 0.40 m.
Pour le modèle de Mohr-Coulomb, la zone plastique pour les essais de traction est limitée à la
pointe du pieu, ou il y a eu décollement de la base. Pour l’essai de compression, une zone
plastique de faible étendue se développe autour de la base du pieu. Ces deux zones occupent
une surface à peu près similaire. Le frottement latéral est en fait totalement mobilisé et le pieu
glisse avant que ne se développe la plasticité dans le sol.
Pour le modèle de Nova, les zones plastiques sont plus importantes mais elles restent au
voisinage immédiat des pieux et présentent l’aspect général d’une bande entourant les pieux.
Pour l’essai de traction, cette bande se termine en surface par une zone plastique plus
étendue. Et réciproquement, pour l’essai de compression, cette bande de plasticité se termine
à la base du pieu par une zone plastique plus large, causée par la pénétration dans le sol de la
pointe du pieu. Là encore, le frottement latéral est totalement mobilisé et le pieu glisse avant
que la plasticité et l’écrouissage ne se développent réellement dans le massif de sol.

Figure -2.30 - zones plastiques associées au modèle de Nova pour les essais de traction et de
compression effectués sur le pieu de diamètre 0.40 m. Le chargement correspondent aux
derniers incréments appliqués

82
Synthèse
Les essais de chargement de pieux forés, réalisés à l’école de São Carlos de l’université de
São paulo (Brésil), ont été modélisés à l’aide du progiciel de calcul par éléments finis
CÉSAR-LCPC. Le comportement du massif de sol a été décrit successivement par les
modèles de Mohr-Coulomb (élastoplasticité parfaite) et Nova (élastoplasticité avec
écrouissage). Des résultats satisfaisants ont été obtenus en ce qui concerne les courbes
charge-déplacement vertical en tête des pieux pour les essais de compression. En revanche,
pour les essais de traction. D’une manière générale, les simulations effectuées avec le modèle
de Nova conduisent aux meilleurs résultats.

2.6 Capacité portante admissible, Qadd


La charge portante ultime d’un pieu est déterminée par la somme de la charge portante de
pointe Q p et la résistance au frottement Qs . Un coefficient de sécurité raisonnable est choisi

pour le calcul de la charge admissible que doit supporter chaque pieu :


Qu
Qad  (2.68)
Fs

Qad : Force admissible de chaque pieu ;


Fs : Coefficient de sécurité pris égal à 2.5-4.

2.7 Calcul des tassements


Tassement élastique d’un pieu :
Le tassement élastique total d’un pieu sous une charge verticale Qw est :
S = S1+S2+S3 (2.69)
Avec :
S : tassement élastique total du pieu
S1: tassement élastique du puit
S2: tassement élastique dû à la pointe du pieu
S3: tassement élastique dû à la transmission de la charge le long du puit
-calcul de S1
Le matériau constituant le pieu est supposé être élastique. Le tassement élastique du puit est
donné par le principe de la mécanique des matériaux :

83
S1 
Qwp  Qws L
(2.70)
Ap E p

Avec :
Qwp : Charge supporté par la pointe du pieu sous les conditions de travail ;

Qws : Résistance au frottement du pieu sous les conditions de travail ;

Ap : section transversale du pieu ;


L : longueur du pieu ;
Ep : module de Young du matériau du pieu ;
La valeur de ξ dépend de la distribution de la résistance au frottement dans le puit du pieu
(figure 2.31).

Figure - 2. 31- distribution de frottement unitaire le long du puit du pieu

- calcul de S2
Le tassement élastique dû à la pointe du pieu est :
q wp D
S2 
Es
1   I
2
s wp (2.71)

Avec :
D : diamètre ou largeur du pieu ;
q wp : Charge de pointe par unité de surface ;

Qwp
q wp 
Ap

Es : module de Young du sol ;


νs : coefficient de poisson du sol ;
Iwp : coefficient d’influence donné par l’abaque de Harr ;

84
Ce tassement élastique peut aussi être calculé par une méthode empirique proposée par Vesic
(1977) :
Qwp C p
S2  (2.72)
Dq p

Ou :
qp : capacité portante de pointe ultime du pieu ;
cp : coefficient empirique ( tableau 2.17) .

Type de sol Pieu battu Pieu foré


Sable (dense à lâche) 0.02-0.04 0.09-0.18
Argile (raide à mou) 0.02-0.03 0.03-0.06

Tableau (2.17) types de Cp

- calcul de S3
De même le tassement dû à la transmission de charge le long du puit est donné :
Q  D
S 3   ws   
1   s2 I ws (2.73)
 PL  E s
Avec :
P : périmètre du pieu ;
L : longueur d’ancrage du pieu ;
Iws : coefficient d’influence donné par l’expression :

L
I ws  2  0.35
D
Qws
f av  est la valeur moyenne le long du pieu. Le tassement S3 a été donné aussi par une
PL
formule empirique par Versais (1977) :
Qws C s
S3  (2.74)
Lq p

Cs : est le coefficient empirique donné par :


 L
Cs =  0.93  0.16 C p
 (2.75)
 D 

85
2.8 Évaluation du frottement négatif maximal
2.8.1 Principe de l’évaluation du frottement négatif maximal
On calcule la valeur maximale, à long terme, par la méthode suivante (figure 2.32). A
niveau donné z, la valeur du frottement négatif unitaire limite est donnée par :
fn =  h' tan    v' K tan  (2.76)
Avec
 h' et  v' : contrainte effectives à long terme horizontale et verticale, à ’interface sol-pieu ;

K : rapport  h' /  v' ;

δ : angle de frottement du contact sol-pieu .

Figure - 2.32- évaluation du frottement négatif sur un pieu isolé

On en déduit le frottement négatif total dans le remblai et la couche de sol compressible :


h
G sf  p  K tan  . v' dz (2.77)
H

Avec
P : périmètre du pieu (2 π R pour un pieu circulaire, R rayon du pieu) ;
H : hauteur du remblai ;
h : hauteur d’action du frottement négatif dans le sol compressible .

86
2.8.2 Hauteur d’action du frottement négatif
La hauteur h ne représente pas forcément toute la couche de sol compressible. En effet, le
frottement négatif n’apparaît que si le tassement du sol autour du pieu est supérieur au
tassement propre du pieu. En pratique, on retiendra pour h l’une ou l’autre des deux valeurs
suivantes, selon la qualité du sol.
● En sol suffisamment compressible
h1 : profondeur ou la contrainte  v' devient égale à la contrainte effective préexistante à toute

surcharge et en l’absence du pieu. Cette condition n’est possible que si l’on prend en compte
un effet d’accrochage du sol autour du pieu.
● En sol très peu compressible
h2 : profondeur ou le tassement prévisible final du sol atteindra, après mise en place du pieu,
0,01B (ou B = 2R est le diamètre ou la largeur du pieu). Ce tassement peut être calculé par les
méthodes oedométriques habituelles (calcul à effectuer sans tenir compte de la présence du
pieu).

2.8.3 Valeur du terme K tanδ


On pourra adopter les valeurs de K tanδ données au tableau 2.18, dépendant de la nature du
sol et du type de pieu.
Type de pieu Pieux forés tubés Pieux forés Pieux battus
Tourbes Sols organiques 0,10 0,15 0,20
Argiles-limons Mous 0,10 0,15 0,20
Ferme à durs 0,15 0,20 0,30
Sables-graves Très lâches 0,35
Lâches 0,45
Autres 1,00

Tableau ( 2.18) valeurs du terme K tanδ pour l’évaluation du frottement négatif

Un moyen utilisé pour réduire le frottement négatif consiste à enduire les pieux de bitume,
du moins dans les sols fins. Dans ce cas, le produit K tanδ est pris égal à 0,05 au maximum.

87
2.8.4 Contrainte verticale effective σ’v, effet d’accrochage
L’expression générale de la contrainte verticale effective à l’interface sol-pieu est de la
forme suivante dans les intervalles ou d σ’v (z)/dz est constant :
1 d 1' ( z) 1 d 1' ( z )
 v' ( z )   e  mz [ v' (0)  ] (2.78)
m dz m dz
Avec
2 K tan 
m= , ou λ, coefficient d’accrochage, prend les valeurs suivantes :
1  R
1
 Si K tanδ ≤ 0,15
0,5  25K tan 

λ = 0,385- K tanδ si 0,15 ≤ K tanδ ≤ 0,385

λ = 0 si K tanδ ≥ 0,385
σ’1(z) contrainte verticale effective à l’emplacement du pieu, régnant en l’absence de celui-ci :
λ = 0 (et m = 0) correspond à l’accrochage maximal pour lequel :
d 1' ( z )
 v' ( z )   v' (0)  z   1' ( z ) (2.79)
dz
λ = ∞ correspond à l’accrochage nul pour lequel :
 v' ( z )  0 (Pas de frottement négatif).
● dans le cas simple d’un sol homogène de poids volumique déjaugé γ’ situé sous un remblai
apportant une surcharge ∆σ’ (z) (figure 2.33) :
 1' = γ’z + ∆σ’ (z) (2.80)

L’expression de  v' ( z ) à prendre en compte pour le calcul du frottement négatif devient :

1 d ' ( z ) 1 d ' ( z )


 v' ( z )  [ ' ]  e  mz [ v' (0)  ( ' )] (2.81)
m dz m dz
Le frottement négatif total, dans la couche compressible, jusqu’à la cote z, est donné par :
2RK tan 
G sf  [ ' z   ' ( z )   ' (0)   v' (0)   v' ( z )] (2.82)
m
● dans le cas général ou λ≠0 (ou m≠0),  v' ( z ) est inférieur à  1' (z) et atteint la valeur γ’z à

une certaine profondeur. Cette profondeur h1 détermine un point neutre au-dessous duquel il
n’y a plus de frottement négatif.

88
Figure - 2.33 - calcul du frottement négatif pour un pieu isolé dans un sol homogène chargé
par un remblai
On obtient alors :
- si h1 (calculé) < D :
2RK tan 
G sf  [ ' (h1 )   ' (0)   v' (0)] (2.83)
m
- si h1 (calculé) >D :
2RK tan 
G sf  [ ' D   ' ( D )   ' (0)   v' (0)   v' ( D )] (2.84)
m

● Dans le cas ou l’on peut considérer la surcharge comme uniforme et indéfinie ( ∆σ’(z) = q0 )
et l’accrochage considéré comme maximal dans le remblai (  v' (0)   1'  q 0 ), ces

expressions deviennent :
- si h1 (calculé) < D :
2RK tan 
G sf  q 0 (Proportionnalité entre G sf et q0) (2.85)
m

- si h1 (calculé) > D :
2RK tan 
G sf  [ ' D  q 0   v' ( D )] (2.86)
m

Il y a lieu, évidemment, d’ajouter le frottement négatif dans le remblai sus-jacent.

89
- si h2 est largement inférieur à h1 ou à D (sol très peu compressible), on utilise les même
analyses jusqu’à z = h2 uniquement.
● dans un but de simplification, on peut parfois se contenter d’estimer une borne supérieure
du frottement négatif en supposant que l’accrochage est maximal, soit λ = 0 ( ou m = 0),
conduisant à :
 v' ( z )  q0   ' z (2.87)

L’application de cette relation au cas courant de la figure 2.20, conduit à la force totale de
frottement négatif limite :
H2 D2
Gsf  p[( K tan  ) r  r  ( K tan  ) S1 ( r HD   ' )] (2.88)
2 2
Ce type d’expression, fréquemment employé, donne donc une borne supérieure du
frottement négatif limite, l’accrochage étant maximal (λ=0) et la prise en compte du
frottement négatif se faisant dans toute la couche du sol compressible h = D, ce qui peut être
justifié dans le cas d’une surcharge q0 importante sur un sol suffisamment compressible.

2.9 Résistance a l’arrachement d’un pieu


Les fondations de certaines structures tel que les plates de formes offshores, sont soumises
à des efforts de soulèvement. Dans ces conditions les pieux sont utilisés pour résister aux
efforts d’arrachement. La résistance ultime globale d’un pieu soumis à un effort
d’arrachement est (figure 2.34) :
Tug  Tun  W (2.89)

Tug : Capacité portante ultime globale

Tun : Capacité portante résiduelle à l’arrachement


W : poids effectif du pieu

90
Tug

z W
L
Tun

D
D

Figure - 2.34 - capacité portante à l’arrachement d’un pieu

● Cas des argiles saturées


Pour le cas des sols argileux la capacité portante résiduelle à l’arrachement est déterminée
par la méthode de Das et Sheeley (1982).
Tun  Lp ' cu (2.90)

L : longueur du pieu ;
P : périmètre de la section transversale du pieu ;
cu : cohésion de l’argile non drainée ;
 ' : Coefficient d’adhésion sol-pieu donné par l’équations ci-dessous :
- Pour les pieux coulés sur place :
Si cu ≤ 80 KN/m2 
  ' = 0.9 – 0.00625. cu (2.91)
Si cu > 80 KN/m2 
  ' = 0.4 (2.92)
- pour les pieux à section creuse (tubulaire) :
Si cu ≤ 27 KN/m2 
  ' = 0.715 – 0.0191. cu (2.93)
Si cu > 27 KN/m2 
  ' = 0.20 (2.94)

● Cas des sols sableux


Pour le cas des pieux enfoncés dans des sols sableux la capacité portante à l’arrachement
est donnée par l’équation :

91
L
Tun   f u pdz (2.95)
0

f u : Résistance au frottement unitaire lors de l’arrachement du pieu

p : périmètre de la section transversale du pieu


La résistance au frottement unitaire varie avec la profondeur (z) (figure 2.35)

Résistance au frottement unitaire (fu)

Lcr

Profondeur

Figure - 2.35 - variation de f u avec la profondeur (z)

 f u  K u v' tan 
Pour z ≤ Lcr  (2.96)

K u : Coefficient à l’arrachement

 v' : Contrainte effective à la profondeur (z)


 : Angle de frottement sol-pieu
Le coefficient Ku est fonction de l’angle de frottement du sol. Il est donné par la figure 2.36.

92
Figure - 2.36 - variation de Ku avec l’ongle de frottement interne

Lcr Et δ sont des paramètres qui dépendent de la densité relative du sol et sont donnés par

la figure 2.37 . Les étapes à suivre pour calculer Tun Sont :

Figure - 2.37 - variation de  /  avec l’indice de densité RD

2.10 Évaluation du flambement d’un pieu


Si les pieux de section courante sont pratiquement insensibles au flambement, parfois
sollicités par des contraintes axiales élevées, dès qu’ils traversent des sols très mous. Le
D.T.U.13.2. Recommande de vérifier au flambement ce type de fondation (figure 2.38).

93
(a) charge critique (b) pieux avec hauteur libre (c) défaut de forme
de flambement
Figure - 2.38 - flambement d’un pieu
2.10.1 Méthode de M. Mandel
Elle permet de calculer la charge critique d’un pieu fiché au sein d’un milieu caractérisé
par son coefficient de réaction surfacique horizontal kp.
La charge critique de flambement Nc est déterminée comme décrit ci-après :
- calcul de la demi-longueur réduite λ (sans dimension) ;
- lecture de la force réduite φ sur la figure (2.39);
Les différentes courbes correspondent aux conditions aux limites suivantes :
Courbe 1 : pieu dont les deux extrémités ne peuvent subir aucun déplacement transversal ;
Courbe 2 : pieu encastré aux deux extrémités ;
Courbe 3 : pieu libre ;
Courbe 4 : pieu ayant une extrémité encastrée et une extrémité libre ;
Détermination de Nc en fonction de φ.

Figure - 2.39- force réduite d’un pieu dans un sol à raideur constante

94
Les expressions de λ et φ sont données sur la figure (2.39).
Les notations utilisées sont les suivant :
D : longueur du pieu dans la couche molle ;
Kh: module de réaction horizontale surfacique ;
EI : rigidité du pieu ;
B : diamètre du forage.
En général, un coefficient de sécurité minimal de 2,5 est adopté entre la charge sous état
limite de service et la charge critique Nc.

95
CHAPITRE 3 : La Méthode des éléments finis en
géotechnique

3.1 Introduction
L’évolution de la technologie amène l’ingénieur à réaliser des projets géotechniques de
plus en plus complexes, coûteux et soumis a des contraintes de sécurité de plus en plus
sévères. Pour réaliser ces projets et vu la complexité des méthodes analytiques de la
résistance des matériaux, l’ingénieur a recours aux méthodes qui lui permettent de simuler le
comportement des systèmes physiques complexes. Conditionnée par les progrès effectues
dans le domaines informatique et les acquis des mathématiques. La méthode des éléments
finis (MEF) est devenue éventuellement la plus performante des méthodes numériques vu
son grand champ d’application ou elle est utilisée dans de nombreux secteurs de l’industrie :
génie civil, construction navale, mécanique, technique off-shore, etc.
La méthode des éléments finis est donc une technique récente a caractère pluridisciplinaire
car elle met en œuvre les connaissances de trois disciplines de base :
- la mécanique des structures : élasticité, résistance des matériaux, dynamique, plasticité, etc.
- l’analyse numérique : méthodes d’approximations, résolution des systèmes linéaires, etc.
- l’informatique appliquée : techniques de développement et de maintenance de grands
logiciels.

3.2 Concepts de base


La méthode des éléments finis consiste a remplacer la structure physique a étudier par un
nombre finis d’éléments qui représentent un maillage. Ces éléments sont liés entre eux par un
nombre de points appelés nœuds. On considère d’abord le comportement de chaque partie
indépendante, puis on assemble ces parties de telle sorte qu’on assure l’équilibre des forces et
la compatibilité des déplacement réel de la structure.
La méthode des éléments finis est extrêmement puissante puisqu’elle permet d’étudier
correctement des structures continues ayant des propriétés géométriques et des conditions de
charges compliquées.

96
3.3 Présentation de la méthode des éléments finis
Il existe une grande analogie entre le développement de la résistance des matériaux au
19eme siècle et celui de la méthode des éléments finis aujourd’hui. La résistance des
matériaux a vu le jour grâce a des hypothèses cinématiques qui ont permis de simplifier
considérablement l’élasticité. De même, la méthode des éléments finis courante, formulée en
déplacements, est née à partir d’hypothèses cinématique locales (le champ de déplacement
au sein d’un solide est continu par morceaux (un morceau = un élément). La méthode des
éléments finis continue à se développer grâce aux progrès permanents sur les lois de
comportements, et dans le domaine informatique

3.4 Formulations de la Méthode des éléments finis


Nous présentons ci-après un bref rappel de l’écriture de la méthode des éléments finis,
sous sa forme la plus simple (pour un solide drainé), lors d’une étape de chargement statique
non linéaire ; au demeurant, cette présentation est extrêmement classique.
Le principe des puissances virtuelles permet d’écrie l’équilibre exact du solide occupant le
domaine  quelle que soit sa loi de comportement (figure 3.1) :

T0 T0 T0

     n1 d   u  f n  f n 1 d   u  t n  t n1 d


 
n
  

u : vecteur déplacement réel (petits déplacements).


u* : vecteur déplacement virtuelle.
 : pseudo- vecteur contrainte (réel).
 : pseudo- vecteur déformation (réelle).
* : pseudo- vecteur vitesse de déformation virtuelle.
f : vecteur forces de volume.
t: vecteur contrainte ou forces de surface sur la partie  de la frontière de  (conditions aux
limites en contraintes).
Conditions aux limites en déplacements (uu = uσ) sur le complément u de  (= u U ).
Indice n : relatif à l’étape de chargement numéro n (dont la solution est Inconnue).
Indice (n-1) : relatif à l’étape de chargement précédente numéro n-1 (dont la solution est
parfaitement connue).
L’espace est discrétisé en éléments ayant en commun ou en propre des nœuds (figure 3.2).

97
Figure -3.1- les actions sur le domaine Ω
Les inconnues de l’étape de chargement sont :
- d’une part le champ de déplacement nodal en fin d’étape n (inconnues principales) ;
- d’autre part les chemins de contraintes au cours de l’étape de chargement n (inconnues liées
aux inconnues principales).

Figure - 3.2- domaine Ω discrétisé

3.5 Synthèse
- La méthode des éléments finis fait apparaître en présence de deux solides (sol est pieu par
exemple) des intégrales supplémentaires de surface, impliquant des élément spéciaux
(d’interface), au sein desquels le déplacement relatif entre les deux solides remplit le rôle
joué par les déformations dans les solides. Ces éléments mettent en jeu un comportement
« d’interface ».
- Il arrive qu’on associe la méthode des éléments finis aux solides volumiques, lorsqu’on
traite un problème impliquant des pieux, palplanches ou des parois moulées, ceci conduit à
une économie de degrés de liberté (composantes de déplacement) et donc de mémoire et de
temps de calcul .

98
CHAPITRE 4 : Présentation du code éléments finis
PLAXIS

4.1 Introduction
L’analyse des projets géotechniques est possible grâce à de nombreux codes éléments finis
(EX : PLAXIS, le code éléments finis utilisé dans notre étude). L’ingénieur ayant de
l’expérience en ce domaine sait que le poids des hypothèses permettent le passage de la
réalité au modèle est difficile à évaluer. Il sait que le code éléments finis est parfois rebutant
il souhaiterait ne pas avoir à intervenir sur la numérotation des nœuds, des éléments, sur
certains choix réservés au numéricien.

4.2 Le logiciel Plaxis


Le code éléments finis Plaxis représente certainement un optimum actuel sur le plan
scientifique et pratique. Scientifiquement, c’est un outil d’analyse non linéaire en élasto-
plasticité (5 paramètres), avec prise en compte des pressions interstitielles, doté des méthodes
de résolution, éprouvés, ainsi que de procédures de chois automatique évitant des choix
délicats à l’opérateur peu averti. Bien que très fiable sur le plan numérique. Du point de vue
pratique, le système de menus arborescents à l’écran rend l’utilisation souple, car l’opérateur
ne s’encombre pas l’esprit outre mesure. Le recours aux manuels devenant rare, ceux-ci sont
de volumes réduits, faciles à consulter. L’ensemble des options simplifiées (initialisation des
contraintes, pressions interstitielles) permettent d’aller au but (prévoir le comportement d’un
ouvrage). Le système d’options du code plaxis commencent par :
● Le Maillage : l’opérateur peut bien entendu spécifier un maillage très détaillé, mais si
seules les grandes lignes de celui-ci importe de détail des éléments, agencé de manière
optimale du point de vue numérique, sera entièrement généré par le logiciel à partir d’un petit
nombre de nœuds, avec contrôle permanent à l’écran.
● Les conditions aux limites en déplacement : si celles-ci sont complexes, l’ingénieur
devra en spécifier les subtilités d’une manière précise (vecteur déplacement nul à la base du
domaine étudié et vecteur déplacement horizontal nul sur ses faces latérales), l’application
peut être réalisée automatiquement (par défaut) à partir du menu avec contrôle immédiat du
résultat à l’écran.

99
● Les contraintes initiales dues au poids des terres : peut être réalisée de manière exacte
par activation du multiplicateur de chargement relatif au poids propre. Par contre, si comme
bien souvent en géotechnique on connaît ou on sait estimer un état k0 donné, celui-ci peut être
spécifié directement. Dans ce cas, le massif est souvent en léger déséquilibre (incompatibilité
entre k0 et les autres caractéristiques mécaniques). Le menu permet alors, par un changement
fictif nul, de rééquilibrer le massif, puis de réinitialiser à zéro le champ de déplacement de
manière à prendre comme nouvelle origine l’état du matériau après application de la gravité
L’option k0 est particulièrement intéressante dans le cas d’un modèle hétérogène de surface
libre presque horizontale.
● Les pressions interstitielles : ont été l’objet d’un soin particulier dans Plaxis pour qui
souhaite faire un calcul précis du champ de pressions interstitielles , Mais bien sûr, cette
opération demande du temps (d’opérateur et de machine).
● Le coefficient de sécurité : est une notation très importante en géotechnique, puisqu’il
résume en une seule information une qualité considérable de données, supposant une
réduction proportionnelle de la résistance mécanique des matériaux impliques, ce qui ne
constitue pas un état réel de rupture. C’est la même approche, adaptée aux éléments finis
élasto-plastiques, qui présider à l’évaluation du coefficient de sécurité dans Plaxis.
Un calcul par élément finis fournit une masse imposante de résultats : résultats
directement utiles au projeteur : déplacements, contraintes, pressions interstitielles à un stade
donné du chargement, et des résultats plus mathématiques concernant le déroulement du
processus de calcul proprement dit. L’ensemble de ces résultats est accessible, selon que l’on
est intéressé par l’un ou l’autre aspect.

4.3 Les modèles de comportements intégrés dans Plaxis


4.3.1 Introduction
Les modèles de comportement de sols sont très nombreux ; depuis le modèle élastique
plastique de Mohr-Coulomb jusqu’aux lois de comportement les plus sophistiquées
permettant de décrire presque tous les aspects du comportement élasto-visco-plastique des
sols. Ces modèles ont été développés dans le but d’être intégrés dans les calculs par éléments
finis. La modélisation par éléments finis permet de résoudre le problème aux limites en tenant
compte du comportement réel du sol. Deux difficultés majeurs ont empêché la réalisation
complète de ce schéma : d’une part les loi de comportement qui décrivent bien le
comportement des sols sont complexes et demande, pour la détermination des paramètres

100
qu’elles contiennent, des études spécifiques lourdes sortant du cadre des projets d’ingénierie
même complexe. La validation des lois de comportement a fait l’objet, dans les année 80 de
plusieurs ateliers pour comparer les réponses des différents modèles sur différents chemins
de sollicitation (colloque de Villard de l’an (1984), colloque de Cheveland (1987)…). La
seconde difficulté a été l’intégration de ces lois de comportement dans des codes de calcul
par éléments finis, bi ou tridimensionnels. Peu de codes sont opérationnels actuellement, avec
des lois sophistiquées. Le coût de ces calculs est généralement important.
La démarche suivie dans le développement du code Plaxis est différente. Un des objectifs
de Plaxis est de fournir à l’utilisateur un code d’élément finis, permettant de traiter des
problèmes géotechnique réels, dans un délais raisonnable en utilisant des modèles de
comportement de sols dont les paramètres puissent être déterminer à partir d’une étude
géotechnique normale. En ce sens, Plaxis peut apparaître comme une « règle de calcul » de
l’ingénieur géotechnicien. Les modèles de comportement utilisés dans plaxis sont :

4.3.1.1 Modèle élastique linéaire


Le modèle élastique utilisé dans Plaxis est classique. Les tableaux de rentrée des données
demandent le module de cisaillement G et le coefficient de poisson ν, l’avantage de G est
d’être indépendant des conditions de drainage du matériau (GU=G’), ce qui n’est pas le cas
des modules d’Young : le module de Young non drainé est supérieur au module de Young
drainé. G est en fait le module mesuré dans les essais pressiométriques. On passe de G à E
par la relation :
E= 2 G (1+ν)
Le modèle élastique de Plaxis peut être employé surtout pour modéliser les éléments de
structures béton ou métal en interaction avec le sol.
4.3.1.1.1 Le modèle de Mohr-Coulomb
Le modèle de Mohr-Coulomb demande la détermination de paramètres. Les deux premiers
sont E et ν (paramètres d’élasticité). Les deux autre sont c et φ respectivement, la cohésion et
l’angle de frottement. Ce sont des paramètres classiques de la géotechnique, certes souvent
fournis par des essais de laboratoires.
a) le module de Young
Le choix d’un module de déformation est un des problèmes les plus difficiles en
géotechnique. Le module de Young varie en fonction de la déformation et en fonction de la
contrainte moyenne. Dans le modèle de Mohr-Coulomb, le module de déformation est
constant. Ce module nécessite des essais spéciaux. Il est conseillé de prendre un

101
module « moyen », par exemple celui correspondant à un niveau de 50 % du déviateur de
rupture (Figure 4.1).

Figure -4.1- Définition du module à 50 % de la rupture.

b) Le coefficient de poisson
On conseille une valeur de 0.2 à 0.4 pour le coefficient de poisson. Pour des sols
incompressibles, le coefficient de poisson s’approche de 0.5 sans que cette valeur soit
utilisable.
c) L’angle de frottement
Plaxis ne prend pas en compte une variation d’angle de frottement avec la contrainte
moyenne. L’angle de frottement à introduire est soit l’angle de frottement « de pic » soit
l’angle de frottement de palier.
d) La cohésion
Il peut être utile d’attribuer, même à des matériaux purement frottants, une très faible
cohésion (0.2 à1kpa) pour des questions numériques. Pour les analyses en non drainé avec
φu=0, Plaxis offre l’option de faire varier la cohésion non drainée avec la profondeur : ceci
correspond à la croissance linéaire de la cohésion en fonction de la profondeur observée dans
des profils au scissomètre ou en résistance de pointe de pénétromètre. Cette option est réalise
avec le paramètre C-depth.
e) L’angle de dilatance
Le dernier paramètre est l’angle de « dilatance » note  ; c’est le paramètre le moins
courant. Il peut cependant être facilement évalue par la règle (grossière) suivante :
 = φ - 30º pour φ 30º
=0 pour φ 30º
- Les cas ou  0 correspond à des sables très lâches.

102
- La valeur  = 0 correspond à un matériau élastique parfaitement plastique, ou il n’y a donc
pas de dilatance lorsque le matériau atteint la plasticité. C’est souvent le cas pour les argiles
ou pour les sables de densité faible ou moyenne sous contraintes assez fortes.

4.3.1.1.2 Modèle de sol avec écrouissage (Hardening soil Model (H.S.M))


Le modèle de sol avec écrouissage (H.S.M) a pour objet d’améliorer le modèle de Mohr-
Coulomb sur différents points, il s’agit essentiellement :
- De prendre en compte l’évolution du module de déformation lorsque la contrainte
augmente : les courbes oedométriques en contraintes-déformation ne sont pas des droites.
- De prendre en compte l’évolution non linéaire du module de déformation lorsque le
cisaillement augmente : le module E50 n’est pas réaliste : il y a une courbure des courbes
effort-déformation avant d’atteindre la plasticité.
- De tenir compte de la dilatance qui n’est pas indéfinie.
On pourrait dire que ce modèle est un dérivé du modèle hyperbolique de Duncan-Chang
car il en reprend et améliorant les formulations hyperboliques des courbes effort-déformation.
a) Courbes effort-déformation
1 q
 1  Pour q<qf
2 E 50 q
1
qa



Et avec q f  c cot    3' 12sin
sin 
et qa = qf /Rf

b) Les modules
m
ref  c cot    3'  ref
E50  E 50
 ref
 Avec p = 100 ( kpa)
 c cot   p 

Le paramètre Rf est analogue a celui introduit par Duncan.


Pour la décharge on prend :
m
ref  c cot    3' 
Eur  E ur
 ref

 c cot   p 
La figure 4.2 redonne ces définitions :

103
Figure -4.2- représentation du Hardening Soil Model dans le repère contrainte- déformation

c) La surface de charge
En fonction du paramètre d’écrouissage, on obtient alors dans le plan q-p la forme des
surfaces de charge (figure 4.3).

Figure - 4.3- Forme de surfaces de charge H.S.M

Figure - 4.4- Surface de rupture pour le Hardening soil model cas d’un sol non cohérent
-Paramètres de Mohr-Coulomb
C : Cohésion (effective) KN/m2
 : Angle de frottement effectif º

104
 : Angle of dilatance º

-Paramètres de rigidité
E50ref : Module sécant dans un essai triaxial KN/m2
ref
Eoed : Module sécant dans un essai oedométrique KN/m2

m : puissance (environ 0.58 pour les sables) -

-Paramètres avancés
Eurref : Module en décharge (par défaut Eurref = 4 E50ref ) : KN/m2

νur : Coefficient de poisson en décharge recharge -


(Par défaut νur= 0.2)
Pref : Contraintes de références (par défaut Pref = 100) KN/m2
K 0NC : K0-consolidation (par défaut k nc0 = 1-sin ) -

Rf : Coefficient à la rupture qf /qa (par défaut Rf = 0.9) -


 tension : Résistance à la traction (par défaut  tension = 0 ) KN/m2
C incrément : par défaut C incrément= 0 KN/m2

La définition du module oedométrique tangent est donnée sur la (figure 4.5) et celle de la
dilatance (éventuellement) sur la (figure 4.6).

Figure - 4.5- définition du module oedométrique tangent.

105
Figure - 4.6- Définition de l’angle de dilatance

4.3.1.1.3 Modèle pour sols mous (Soft Soil Model (S.S.M))


Ce modèle est un modèle dérivé du modèle de Cam-Clay. Historiquement le modèle de
Cam-Clay a été développé à Cambridge dans les années 60 par Roscoe, Schoffield et al.
L’idée de base de ce modèle est de prendre en compte l ‘effet d’écrouissage que provoque sur
les argiles. Sous l’effet d’une pression moyenne, la teneur en eau diminue et l’argile devient
plus résistante. Il s’agit d’un modèle élasto-plastique avec une surface de charge. Sous la
surface de charge, le matériau reste élastique.
a) Les paramètres de compressibilité
Les deux paramètres Cc et Cs décrivent le comportement oedométrique ou isotrope
observé dans des essais de laboratoire : ce seront les deux paramètres de base réglant la
position des lignes de consolidation. L’axe des contraintes est trace en logarithme naturel, ce
qui conduit a modifier la définition de Cc et Cs en  et K dans ce cas, l’axe des ordonnées est
l’indice des vides. Il peut être judicieux de remplacer l’indice des vides par la déformation
volumique (identique à la déformation axiale dans l’essai oedométrique).
On utilise alors * et K*. Dans ce cas, l’indice des vides variable apparaît dans les
expressions du tableau (4.1). Il peut dans la majorité des cas être pris constant, et égal à la
valeur initiale.
Les relations avec les paramètres du modèle de Cam-Clay sont indiquées dans le tableau
(4.1).

106
Relation avec l’indice des  k
(1) * = (2) K* =
vides. 1 e 1 e

Relation avec les


paramètres « Hollondais » (3) * = 1 (4) K* =
1   ur 3
cp 1   ur c p

Relation avec les l’indices


des compressibilités et de (5) * = cc 1   ur c s
(6)K* = 1,3
2,31  e  1   ur 1  e
gonflement.

Tableau ( 4.1 ) : Valeurs des paramètres de compressibilité et de gonflement  et K

La figure ci-dessous résume les différentes définitions des paramètres.

Figure - 4.7- Différentes représentations lors d’un essai oedométrique

b) La cohésion
Une cohésion effective peut être introduire dans le S.S.M. Elle peut être nulle.
c) Paramètre de frottement
On rentre directement les valeurs de cohésion et d’angle de frottement.
d) Paramètre de dilatance
Il est calculé automatiquement à partir de l’angle de dilatance : normalement, dans les sols
mous celui-ci est faible et la valeur nulle est proposée par défaut.
c) Paramètre de contrainte K0
Le paramètre M est calculé à partir de K0 par la formule ci-dessous :

107
M 3
1  K  
NC 2
0 1  K 1  2  / K  1
NC
0 ur
 

1  2 K  1  K 1  2  / K  1  K 1   
NC
0
NC
0 ur
  NC
0 ur

M = 3,0 – 2,8 K 0NC


Ceci permet de définir la forme de la surface d’écrouissage dans le plan p-q.
f) Coefficient de poisson
Dans les modèles de Cam-Clay et dérivés (dont le SSM), le coefficient de poisson est un
paramètre élastique important. Dans une charge-décharge oedomètrique, c’est ce paramètre
qui fait que les contraintes horizontales diminuent moins vite que les contraintes verticales.
Ce n’est donc pas le coefficient de Poisson qui pourrait être relié à une valeur de K0 mais une
valeur plus faible, typiquement 0,1 ou 0,2.
 ur  xx

1   ur  yy

Dans Plaxis la valeur de νur est prise de 0,15.


g) Prise en compte de la surconsolidation
Plaxis calcule la pression de préconsolidation pc à partir des données. Si un matériau est
surconsolidé, il est possible de prendre en compte le degré de surconsolidation (OCR) ou le
poids des terres de préconsolidation (POP) (Pre Overbuden Pressure).

- Les paramètres nécessaires au SSM


* : Indice de compression -
K* : Indice de gonflement -
C : Cohésion KN/m2 
 : Angle de frottement º
Ψ : Angle de dilatance º

- les paramètres avancés


νur : Coefficient de poisson en charge décharge -
K0NC : Paramètre de contrainte -
M : Paramètre lié à K0NC -

108
Figure - 4.8- Surface de rupture pour un soft soil model SSM

4.3.1.1.4 Modèle pour sols mous avec effet du temps (Soft Soil Creep Model (S.S.C.M))
Le SSCM, permet de prendre en compte l’écrouissage des argiles molles mais pas la
consolidation secondaire : celle-ci se traduit par une évolution de la déformation axiale dans
un essai oedométrique en fonction du temps, après la fin de la consolidation primaire. Cette
déformation évolue en fonction du logarithme du temps. Elle est caractérisée par le
paramètre C . Elle génère ce qui est appelé la quasi-préconsolidation dans des sols déposés

depuis longtemps.
La figure 4.9 résume ce phénomène. Ces déformations secondaires se rencontrent dans les
tassements différés, notamment sur sols argileux mous.

(a) (b)
Figure -4.9- effet du temps sur les essais oedométriques

Le soft soil creep model élargit ces résultats dans le plan p-q en introduisant des surfaces
de charges qui « s’appuient » sur l’évolution observée en consolidation secondaire sur l’axe
isotrope.

109
Figure - 4.10- Diagramme de peq dans le plan p,q

Avec les définitions suivantes des paramètres :


6 sin cv
M 
3  sin  cv

p eq
1  2 K 0NC
  '
 2

3 1  K 0NC  

 3 
M 1  2 K 0NC  
- Les paramètres du SSCM
Le paramètre de fluage est * défini par :
C
 
2,31  e 

- Paramètre du modèle de Mohr-Coulomb


C : cohésion KN/m2
φ : Angle de frottement º
 : Angle de dilatance º

- Paramètre de consolidation
K* : Indice de gonflement -
* : Indice de compression -
* : Indice de fluage -

- Les paramètre avances


νur : Coefficient de poisson en charge-décharge (par défaut 0,15) -
K 0NC
: xx /yy coefficient des terres au repos pour un sol normalement Consolide -

110
M : Pente de la ligne de l’état critique -

4.3.2 Synthèse

Les différents modèles utilisés dans Plaxis montre qu’il s’agit de modèles suffisamment
simples pour qu’il soit possible d’en déterminer les paramètres avec une étude géotechnique
classique ou avec des corrélation. L’utilisateur doit se concentrer sur deux choix : l’un est
inhérent à la géotechnique en général, l’autre concerne la simulation numérique.
La détermination des paramètres géotechnique à entrer dans Plaxis n’est pas différent d’un
choix de paramètre de calcul « manuel » pour un calcul de tassement ou de stabilité : à partir
d’essais, il est indisponible d’arriver à ce que l’on pourrait appeler un modèle géotechnique
de terrain. Certains des paramètres sont différents dans leurs expressions, mais toujours reliés
à des paramètres géotechniques classiques. Le choix du modèle de comportement dépend en
fait du problème posé.

111
Chapitre 5 : Établissement d’un modèle de référence pour
le calcul d’un pieu isolé sous charges verticales

5.1 Introduction
On s’intéresse ici au comportement d’un pieu isolé sous charges verticales. On prendra
comme base de départ l’exercice proposé dans le bulletin Plaxis N°4 d’octobre 2004.
Il s’agit d’un pieu vertical de 1.5m de diamètre et de 11.5m de longueur fiché dans du
sable. L’essai de chargement du pieu est faite par phases au moyen d’un vérin hydraulique
supporté par deux ancrages de réaction qui n’ont pas d’influence sur le déplacement du pieu .
La définition géométrique retenue pour l’ouvrage est présentée sur la figure (5.1).

Ancrage
11,5 m
Pieu

1,5 m

Figure -5.1 - schéma présente la géométrie du pieu

5.2 Saisie des données


Le modèle de référence est limité à un demi espace. Il présente une extension latérale de 12
m, depuis l’axe de l’ouvrage et descend verticalement jusqu’à 20 m au-dessous de la surface
du sol. On choisit dans le menu « general setting »
● Axysymetrie ;
● 15 Nœuds ;

112
● Maillage de 12*20 m.
On peut alors rentrer les différents points :
● La coordonnée x ;
● La coordonnée y.

Figure - 5.2- caractéristiques générales du modèle Figure - 5.3- taille du maillage 3

Les coordonnées des différents points du modèle sont données ci dessous (figure 5.4 et 5.5) :

3 6 2

4 5

0 x 1

Figure -5.4 - coordonnées Figure - 5.5- première vue

Pour pouvoir raffiner le maillage au tour du pieu, on crée un nouveau « cluster » (y=5, x=4).
Et on applique :
● Les interfaces le long du pieu.
● Les conditions aux limites standards :
- Le déplacement horizontal nul suivant les limites latérales du modèle (Ux = 0) ;
- Le déplacement vertical nul suivant la base du modèle (Uy = 0).
Le chargement est défini par une charge A répartie sur le pieu. On placera aussi une charge B
à l’extérieur pour tester l’effet du frottement négatif (figure 5.6).

113
Figure -5.6 - Modèle de référence utilisé pour le calcul d’un pieu isolé sous charges verticales

5.3 Paramètres des matériaux


Les propriétés des matériaux sont :
- pour le pieu élastique, E= 3.107 kpa, ν=0.2, γ= 25KN/m3.
- Pour le sol, on utilisera un modèle de sol avec écrouissage (Hardening Soil Model (H.S.M)),
et on précisera que le sol est (drainé). Les paramètres du sol sont donnés dans le tableau (5.1).

paramètres valeurs
γ 21KN/m3
C’ 1.0 kpa
φ' 35˚
Ψ’ 5˚
Knc0 0.426
νur 0.2
E50ref 4,5E4 kpa
Eoedref 4,5E4 kpa
Eurref 1,35E5 kpa
m 0.5
pref 100 kpa
Rinter 0.7

Tableau (5.1) : valeurs des différents paramètres du sol.

114
Figure - 5.7- fenêtre des caractéristiques générales relative à la couche de sol.

La loi retenue pour le contact entre sol- pieu, est de l’adhérence parfaite. Les calculs ont
été menés en élasto-plasticité en retenant une loi de comportement élastique linéaire pour le
pieu. Dans l’onglet « interface » on choisira un coefficient réducteur de 0,7.

5.4 Le Maillage
On peut alors lancer le génération automatique du maillage (Figure 5.8) : on raffinera le
maillage une fois dans le cluster voisin du pieu et ensuite deux fois dans le pieu.

Figure - 5.8- Maillage du problème.

115
5.5 Conditions initiales
Validez le poids volumique de l’eau.
L’initialisation des contraintes de ce sol peut se faire en conditions K0. Plaxis propose par
défaut un K0 selon la formule de jaky (K0 = 1-sinφ’) que l’opérateur peut modifier. Dans cette
phase d’initialisation des contraintes, il faut placer le sol initial à la place du pieu avant de
lancer le calcul. On obtient la figure ci-dessous (Figure 5.9).

Figure - 5.9- contraintes initiales

5.6 Première phase de calcul


Dans la fenêtre calcul, on choisit pour la première phase les options et dans l’onglet
parameters, on prend l’option « construction par étapes » puis on clique sur le bouton
« Define ». On obtient alors une vue du massif avec uniquement le sol. Il faut alors remplacer
le sol initial (figure 5.10) par le béton du pieu et aussi réactiver les deux interfaces.
Le pieu est maintenant mis en place. On procède ensuite, dans la même phase de calcul à la
validation de la charge A sur le pieu à une valeur unitaire de -1kpa (figure 5.11).
Le pieu peu alors être chargé. On choisit d’effectuer différents paliers de chargement.
● 1000 kpa ;
● 2000 kpa ;
● 3000 kpa ;
● 6000 kpa.

116
Figure - 5.10 - Mise en place du pieu Figure - 5.11- chargement unitaire du pieu

Il est nécessaire de choisir les points ou l’on veut visualiser les données, tant en
déplacement (des noeuds) qu’en contraintes (des points de gauss). On propose de suivre un
point en surface sur la tête de pieu A (0.00, 20.00), un point sur la base C (0.00, 8.50) pour
les déplacements. Pour les contraintes, il est intéressant de suivre les contraintes sous la base
du pieu. On pourra placer alors 4 à 5 points de suivi de contrainte dans le sol juste sous la
base du pieu (ex :E(0.03,8.46),F(0.16,8.47), G(0.32,8.47), H(0.67,8.47)) : ceci est intéressant
car on obtiendra ainsi une estimation de la charge transmise en pointe, et par différence avec
la charge totale, on obtient le frottement latéral global.
On peut alors lancer le calcul des différentes étapes de chargement (figure 5.12).

Figure -5.12 - les différentes étapes de chargement

117
5.7 Premiers résultats
On peut obtenir le maillage déformé sous un chargement de 6000 kpa (figure 5.13): le
tassement du pieu est de 214,66 mm, l’état limite ultime est sûrement atteint.

Figure -5.13 - représentation du maillage déformé sous 6000 kpa

Pour interpréter ce résultat, il est nécessaire d’aller dans le menu « curve » et de définir une
«nouvelle courbe ». On va alors tracer en axe des "x" le déplacement (-uy) du point A
(0.00/20.00) et en ordonnée le multiplicateur de chargement ∑load A : on obtient la figure
5.14.
Les courbes 1 et 2 correspondent ici aux point A (0.00, 20.00) à la tête du pieu et au point C
(0.00/8.50) à la base. A l’échelle de la courbe, le raccourcissement élastique du pieu n’est pas
visible.

118
Figure - 5.14 - courbe charge-tassement du pieu

Figure - 5.15 - courbes charge-tassement du pieu présentées par quelques Géotechniciens


(PLT1, PLT2, PLT3, PLT4, PLT5) avec les même données de l’exercice proposé dans le
bulletin de plaxis N°4 d’octobre 2004 et le même modèle de comportement H.S.M .

Pour évaluer la charge transmise en base du pieu, on se place dans le menu output/Stresses.
On peut tracer les contraintes totales, avec une coupe sous la base du pieu : on obtient la
figure (5.16).

119
Figure - 5.16 - coupe sous la pointe du pieu (phase 05)

En répétant cette opération pour les différents niveaux de chargement, on peut ainsi obtenir
le tracer de la charge en pointe du pieu, en fonction de la charge en tête : c’est le résultats de
la figure 5.17 : on a rajouté sur cette figure la droite à 1/1 partant du poids propre du pieu.
charge en pointe du pieu (kN/m 2)

-8000
-7000
-6000
-5000
-4000
-3000
charge en pied
-2000
droite (1/1)
-1000
0
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000

charge en tete du pieu (kN/m2)

Figure - 5.17- courbe de charge en pointe en fonction de la charge en tête (mobilisation du


frottement latéral du pieu)

120
Figure - 5.18 - courbe de la charge en pointe en fonction de la charge en tête (mobilisation du
frottement latéral du pieu) avec l’application du modèle de Mohr-Coulomb

Figure - 5.19 - contraintes effectives (phase 05)

121
Figure - 5.20 - Déplacements totaux (phase 05)

Figure - 5.21- Déplacements horizontaux (phase 05)

122
Figure -5.22- Déplacements verticaux (phase 05)

Figure -5.23- contraintes tangentielles relatives (phase 05)

123
Figure - 5.24 - représentation de la zone en plasticité (phase 05)

Figure - 5.25 - Déplacements totaux du pieu (phase 05)

124
Figure - 5.26 - Déplacements horizontaux du pieu (phase 05)

Figure - 5.27 - Déplacements verticaux de l’interface sol-pieu (phase 05)

125
Figure - 5.28 - contraintes normales effectives sur l’interface sol-pieu (phase 05)

Figure - 5.29 - contraintes tangentielles sur l’interface sol-pieu (phase 05)

126
5.8 Second chargement
Dans ce second chargement, on va appliquer la charge B en la plaçant à 40kpa : cela
correspond à la mise en place d’environ 2m de remblai à coté du pieu. On fera ce
chargement après la phase de calcul n˚3 correspond au chargement sous 2000 kpa.
On effectuera cela en une phase de calcul, en choisissant, dans le menu « Calculation »
(figure 5.30).
● Remise à zéro des déplacements, pour voir l’effet du frottement négatif ;
● Construction par étape et valider la charge B à 40 kpa (dans les deux zones) ;
● On peut alors relancer le calcul.

Figure - 5.30- second chargement

5.9 Effet du frottement négatif


Le déplacement de la base du pieu, qui était de 212,17 mm sous 6000 kpa (figure 5.31) a
subit un accroissement de 9,17 mm que l’on peut obtenir soit en allant dans les tableaux de
résultats en repérant les numéros des nœuds concernés, soit en faisant une coupe sous la
pointe du pieu (figure 5.31.b).

127
Figure - 5.31.a- Déplacement de la base du pieu sous 6000 kpa (phase 05)

Figure - 5.31.b- Déplacement de la base du pieu sous l’effet du frottement négatif (phase 06)

Les courbes de répartition du frottement latéral le long du pieu sont différentes (figure 5.32 a
et b).

128
Figure -5.32. a- courbe de frottement latéral sous 6000 kpa (phase 05)

Figure - 5.32. b- courbe de frottement latéral (phase 06)

5.10 Résultats de la phase finale (sous l’effet du chargement B (phase 06))


On peut obtenir le maillage déformé sous l’effet du chargement B : le tassement du pieu
est de 13,54 mm.

129
Figure - 5.33 - représentation du maillage déformé (phase 06)

Figure - 5.34 - contraintes effectives (phase 06)

130
Figure - 5.35 - Déplacements totaux (phase 06)

Figure - 5.36 - Déplacements horizontaux (phase 06)

131
Figure - 5.37 - Déplacements verticaux (phase 06)

Figure - 5.38 - contraintes tangentielles relatives (phase 06)

132
Figure - 5.39 - Représentation de la zone en plasticité (phase 06)

Figure - 5.40 - Déplacements totaux du pieu (phase 06)

133
Figure - 5.41 - Déplacements horizontaux du pieu (phase 06)

Figure - 5.42 - Déplacements verticaux de l’interface sol-pieu (phase 06)

134
Figure - 5.43 - contraintes normales effectives sur l’interface sol-pieu (phase 06)

5.11 Synthèse
Dans ce chapitre on a essayé d’étudier :
● Le tassement admissible d’un pieu isolé sous charges verticales.
● Le rôle du frottement négatif qui se traduit sur les résultats par : un accroissement
important du tassement du pieu (égal à 9.17 mm).
● On remarque que l’allure de la courbe charge-tassement (figure 5.14) est proche aux celles
obtenue par les candidats PLT1, PLT2, PLT4, PLT5 (figure 5.15).
● On constate aussi que la courbe de chargement ne présente pas d’asymptote horizontale
marquée (figure 5.14, figure 5.15), ceci n’est pas en accord avec les essais des pieux. Il y a
plusieurs explications à cela :
- les zones plastiques sous la pointe continuent à s’étendre ;
- la taille du maillage en vertical n’est pas suffisante, bien que la zone en plasticité n’atteigne
pas le fond du maillage.
- l’angle de frottement sous forte contrainte diminue et ceci favorise la limitation de la charge.
● On s’aperçoit sur la figure 5.17 que le frottement latéral est complètement mobilisé à partir
d’un chargement en tête d’environ 1000 kN/m2 pour le modèle (H.S.M), et à 2000 KN/m2 si
on applique le modèle de comportement de Mohr-Coulomb ( figure 5.18 ), cette différence
est expliquée par un glissement plus rapide et successif des points le long de l’interface (sol-
pieu) pour le modèle de comportement de sol avec écrouissage (H.S.M) par rapport le cas où
on applique le modèle de comportement de Mohr-Coulomb (M.C).

135
Chapitre 06 : Étude paramétrique

6.1 Introduction
Après la première étude du modèle de référence et les résultats obtenus, on peut utiliser
notre modèle pour faire une deuxième étude qui est l’étude paramétrique. On va montrer
l’effet des paramètres sur le comportement du pieu et du sol. On utilise la même coupe du
projet, avec les mêmes données et on change à chaque fois le paramètre à comparer.
On a deux types de paramètres :
● Les paramètres de modélisation ;
● Les paramètres géotechniques.
La comparaison sera faite sur les résultats de cinq type de courbes (phase finale) :
● Charge-tassement du pieu ;
● Contrainte normale sous la base du pieu ;
● Charge en pointe du pieu (Mobilisation du frottement latéral);
● Déplacement total de la base du pieu ;
● Frottement latéral du pieu.
6.2 Effet des paramètres de modélisation
Parmi les paramètres de modélisation, on propose l’étude de l’effet des trois paramètres
suivants :
● Le maillage ;
● La précision de calcul ;
● Dimensions du modèle de référence.
6.2.1 Le maillage
On change le maillage des éléments à 06 nœuds et on compare les résultats obtenus aux
résultats du modèle de référence (15 nœuds).
La comparaison des résultats est présentée par les courbes sur les figures 6.1 à 6.5 suivantes :

136
charge en tête du pieu (kN/m2) 7000

6000

5000

4000

3000

2000 référ (15 Nœuds)


6 Noeuds
1000

0
0 0005 001 0015 002 0025
Déplacement vertical (Uy(m))

Figure - 6.1 - Influence du maillage sur la courbe charge-tassement du pieu

-8000
contrainte normale (kN/m2)

-7000
-6000
référ( 15 Nœuds)
-5000
6 Noeuds
-4000
-3000
-2000
-1000
0
1000
0 2 4 6 8 10 12 14
Distance horizontale (x(m))

Figure - 6.2 - Influence du maillage sur la contrainte normale sous la base du pieu

-8000
charge en pointe (kN/m2)

-7000
-6000
-5000
-4000
-3000
référ ( 15 Nœuds )
-2000
6 Noeuds
-1000
0
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000
charge en tête du pieu (kN/m2)

Figure - 6.3 - Influence du maillage sur la charge en pointe du pieu

137
Déplacement total de la base 00025

référ (15 Nœuds)


0002
6 Noeuds
du pieu (m)

00015

0001

00005

0
0 2 4 6 8 10 12 14
Distance horizontale (x(m))

Figure - 6.4 - Influence du maillage sur le déplacement total de la base du pieu

-1200
contrainte tangentielle (kN/m2)

-1000
référ( 15 Nœuds)
-800
6 Noeuds
-600

-400

-200

200
0 5 10 15 20 25
Distance verticale (y(m))

Figure - 6.5 - Influence du maillage sur le frottement latéral du pieu

6.2.2 La précision des calculs


La précision des calculs est définie par la tolérance sur la convergence des calculs. Par
défaut avec Plaxis V.08, la tolérance est de 1℅, celle utilisée pour le calcul du modèle de
référence.
Pour étudier l’effet de ce paramètre on fait le calcul pour :
- Une tolérance de 3℅ ;
- Une tolérance de 6℅.
Les résultats des calculs obtenus sont présentés par les courbes sur les figures 6.6 à 6.10
suivantes :

138
charge en tête du pieu (kN/m2) 7000

6000

5000

4000

3000
référ (tolérance de 1%)
2000 tolérance de 3%
1000 tolérance de 6%

0
0 0005 001 0015 002 0025
Déplacement vertical (Uy(m))

Figure - 6.6- Influence de la tolérance de calcul sur la courbe charge-tassement du pieu

-8000
contrainte normale (kN/m2)

-7000 référ(tolérance de 1%)


tolérance de 3%
-6000
tolérance de 6%
-5000
-4000
-3000
-2000
-1000
0
1000
0 2 4 6 8 10 12 14
Distance horizontale (x(m))

Figure - 6.7 - Influence de la tolérance de calcul sur la contrainte normale sous la base du
pieu

139
-8000
-7000
charge en pointe (kn/m2)

-6000
-5000
-4000
référ (tolérance de 1%)
-3000
tolérance de3%
-2000
tolérance de 6%
-1000
0
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000
charge en tête du pieu (kN/m 2)

Figure - 6.8 - Influence de la tolérance de calcul sur la charge en pointe du pieu

0001
Déplacement total de la base

00009 référ (tolérance de 1%)


00008 tolérance de 3%
00007 tolérance de 6%
du pieu (m)

00006
00005
00004
00003
00002
00001
0
0 2 4 6 8 10 12 14
Distance horizontale (x(m))

Figure - 6.9 - Influence de la tolérance de calcul sur le déplacement total de la base du pieu

140
contrainte tangentielle(kN/m2) -800
-700 réf ér (tolérance de 1%)
-600 tolérance de 3%

-500 tolérance de 6%

-400
-300
-200
-100
0
100
0 5 10 15 20 25
Distance verticale (y(m ))

Figure - 6.10 - Influence de la tolérance de calcul sur le frottement latéral du pieu

6.2.3 Dimensions du modèle de référence


On change les dimensions du modèle, on prend (la profondeur du terrain = 40m, et la
largeur du terrain = 24 m).
Les résultats des calculs obtenus sont présentés par les courbes sur les figures 6.11 à 6.15
suivantes :

7000
charge en tête du pieu (kN/m2)

6000

5000

4000

3000

2000 référ
Dimensions du Modèle
1000

0
0 0005 001 0015 002 0025
Déplacement vertical (Uy(m))

Figure - 6.11 - Influence des dimensions du modèle sur la courbe charge-tassement du pieu

141
-8000
contrainte normale (kN/m2)

-7000 référ
-6000 Dimensions du modèle
-5000
-4000
-3000
-2000
-1000
0
1000
0 5 10 15 20 25 30
Distance horizontale (x(m))

Figure - 6.12 - Influence des dimensions du modèle sur la contrainte normale sous la base du
pieu

-8000
charge en pointe (kN/m2)

-7000
-6000
-5000
-4000
-3000
référ
-2000 Dimensions du modèle
-1000
0
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000
charge en tête du pieu (kN/m2)

Figure -6.13 - Influence des dimensions du modèle sur la charge en pointe du pieu

00014
Déplacement total de la base

référ
00012
Dimensions du modèle
0001
du pieu (m)

00008
00006

00004

00002

0
0 5 10 15 20 25 30
Distance horizontale (x(m ))

Figure - 6.14 - Influence des dimensions du modèle sur le déplacement total de la base du
pieu

142
-800
contrainte tangentielle (kN/m2)

-700
-600
réf ér
-500
Dimensions du mdèle
-400
-300
-200
-100
0
100
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
Distance verticale (y(m ))

Figure - 6.15 - Influence des dimensions du modèle sur le frottement latéral du pieu

6.3 Effet des paramètres géotechniques


Pour ce qui concerne les paramètres géotechniques on va étudier l’influence de 03 types de
paramètres définis ci-après :
6.3.1 Effet des paramètres du sol
Les paramètres du sol sont : la cohésion (c’), l’angle de frottement (φ’), les modules (Eref50,
Erefoed, Erefur), le coefficient de poisson (νur).
a) influence de la cohésion (c’)
Dans le modèle de référence la cohésion est de c’ = 1 Kpa dans tout le sol. Pour l’étude
paramétrique on fait les calculs pour :
● c’ = 0 Kpa ;
● c’ = 5 Kpa.
Les résultats des calculs obtenus sont présentés par les courbes sur les figures 6.16 à 6.20
suivantes :

143
charge en tête du pieu (kN/m2) 7000

6000

5000
4000

3000 référ
2000 C'=0
1000 C'=5
0
0 0005 001 0015 002 0025
Déplacement vertical (Uy(m))

Figure - 6.16 - Influence de la cohésion sur la courbe charge-tassement du pieu

-8000
contrainte normale (kN/m2)

-7000
-6000 référ
-5000 C'=0
-4000
C'=5
-3000
-2000
-1000
0
1000
0 2 4 6 8 10 12 14

Distance horizontale (x(m))

Figure - 6.17 - Influence de la cohésion sur la contrainte normale sous la base du pieu

-8000
charge en pointe du pieu (kN/m2)

-7000
-6000
-5000
-4000
-3000
référ
-2000
C'=0
-1000
C'=5
0
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000
charge en tête du pieu (kN/m2)

Figure - 6.18 - Influence de la cohésion sur la charge en pointe du pieu

144
0006
Déplacement total de la base

0005 référ
C'=0
0004
du pieu (m)

C'=5
0003

0002

0001

0
0 2 4 6 8 10 12 14
Distance horizontale (x(m))

Figure - 6.19 - Influence de la cohésion sur le déplacement total de la base du pieu

-800
contrainte tangentielle (kN/m2)

-700
référ
-600
C'=0
-500
C'=5
-400
-300
-200
-100
0
100
0 5 10 15 20 25

Distance verticale (y(m))

Figure - 6.20 - Influence de la cohésion sur le frottement latéral du pieu

b) l’influence de l’angle de frottement (φ’)


Dans le modèle de référence l’angle de frottement est pris égal à 35º.
Pour l’étude paramétrique, on fait les calculs pour :
● φ’ + 5º ;
● φ’ - 5º.
Les résultats des calculs obtenus sont présentés par les courbes sur les figures 6.21 à 6.25
suivantes :

145
charge en tête du pieu (kN/m2) 7000

6000

5000

4000

3000
référ
2000
phi-5°
1000 phi+5°
0
0 0005 001 0015 002 0025

Déplacement vertical (Uy(m))

Figure - 6.21 - Influence de l’angle de frottement sur la courbe charge-tassement du pieu

-9000
contrainte normale (kN/m2)

-8000 référ
-7000 phi-5°
-6000 phi+5°
-5000
-4000
-3000
-2000
-1000
0
1000
0 2 4 6 8 10 12 14

Distance horizontale (x(m))

Figure - 6.22 - Influence de l’angle de frottement sur la contrainte normale sous la base du
pieu

146
charge en pointe du pieu (kN/m2)
-9000
-8000
-7000
-6000
-5000
-4000
-3000 référ
-2000 phi-5°
-1000 phi+5°
0
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000

charge en tête du pieu (kN/m2)

Figure - 6.23 - Influence de l’angle de frottement sur la charge en pointe du pieu

001
Déplacement total de la base

0009 référ
0008 phi-5°
0007
du pieu (m)

phi+5°
0006
0005
0004
0003
0002
0001
0
0 2 4 6 8 10 12 14

Distance horizontale (x(m))

Figure - 6.24 - Influence de l’angle de frottement sur le déplacement total de la base du pieu

-800
contrainte tangentielle (kN/m2)

-700
référ
-600
phi-5°
-500
-400 phi+5°
-300
-200
-100
0
100
200
0 5 10 15 20 25

Distance verticale (y(m ))

Figure - 6.25 - Influence de l’angle de frottement sur le frottement latéral du pieu

147
c) influence des modules ( Eref50, Erefoed, Erefur)
Dans le modèle de référence on a pris trois modules pour le sol : Eref50, Erefoed, Erefur.
Pour les calculs de l’étude paramétrique on utilise les mêmes pourcentages pour tous les
modules simultanément :
● E +25 ℅ ;
● E - 25 ℅.
Les résultats des calculs obtenus sont présentés par les courbes sur les figures 6.26 à 6.30
suivantes:

7000
charge en tête du pieu (kN/m2)

6000

5000

4000

3000
référ
2000 E-25%
1000 E+25%

0
0 0005 001 0015 002 0025 003
Déplacement vertical (Uy(m))

Figure - 6.26 - Influence des modules Eref50, Erefoed, Erefur sur la courbe charge-tassement du
pieu

-8000
contrainte normale (kN/m2)

-7000
-6000
référ
-5000
E-25%
-4000
E+25%
-3000
-2000
-1000
0
1000
0 2 4 6 8 10 12 14
Distance horizontale (x(m))

Figure - 6.27 - Influence des modules Eref50, Erefoed, Erefur sur la contrainte normale sous la
base du pieu

148
charge en pointe du pieu (kN/m2)
-8000
-7000
-6000
-5000
-4000
-3000 référ
-2000 E-25%
-1000 E+25%
0
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000
charge en tête du pieu (kN/m2)

Figure - 6.28 - Influence des modules Eref50, Erefoed, Erefur sur la charge en pointe du pieu

0009
Déplacement total de la base

0008 référ
0007 E-25%
0006
du pieu (m)

E+25%
0005
0004
0003
0002
0001
0
0 2 4 6 8 10 12 14
Distance horizontale (x(m))

Figure - 6.29 - Influence des modules Eref50, Erefoed, Erefur sur le déplacement total de la base
du pieu

149
-700
contrainte tangentielle (kN/m2)

-600
référ
-500
E-25%
-400
E+25%
-300
-200
-100
0
100
0 5 10 15 20 25
Distance verticale (y(m))

Figure - 6.30 - Influence des modules Eref50, Erefoed, Erefur sur le frottement latéral du pieu

d) influence du coefficient de poisson en décharge-recharge (νur)


Dans le modèle de référence le coefficient de poisson en décharge-recharge est pris égal à
νur= 0.2.
Pour l’étude paramétrique, on fait les calculs pour :
● νur + 0.1 ;
● νur - 0.1.
Les résultats des calculs obtenus sont présentés par les courbes sur les figures 6.31 à 6.35
suivantes :

7000
charge en tête du pieu (kN/m2)

6000

5000

4000

3000 référ
2000 Nu-0.1

1000
Nu+0.1

0
0 0005 001 0015 002 0025
Déplacement vertical (Uy(m))

Figure - 6.31- Influence du coefficient de poisson sur la courbe charge-tassement du pieu

150
-8000
contrainte normale (kN/m2)

-7000 référ
-6000 Nu-0.1
-5000 Nu+0.1
-4000
-3000
-2000
-1000
0
1000
0 2 4 6 8 10 12 14
Distance horizontale (x(m ))

Figure - 6.32 - Influence du coefficient de poisson sur la contrainte normale sous la base du
pieu

-8000
charge en pointe du pieu

-7000
-6000
-5000
(kN/m2)

-4000
-3000 référ
-2000 Nu-0.1
-1000 Nu+0.1
0
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000

charge en tête du pieu (kN/m 2)

Figure - 6.33 - Influence du coefficient de poisson sur la charge en pointe du pieu

0007
Déplacement total de la base

0006 référ
Nu-0.1
0005
du pieu (m)

Nu+0.1
0004
0003
0002
0001
0
0 2 4 6 8 10 12 14

Distance horizontale (x(m ))

Figure -6.34 - Influence du coefficient de poisson sur le déplacement total de la base du pieu

151
contrainte tangentielle (kN/m2) -700
-600 référ
-500 Nu-0.1
-400
Nu+0.1
-300
-200
-100
0
100
200
0 5 10 15 20 25
Distance verticale (y(m))

Figure - 6.35 - Influence du coefficient de poisson sur le frottement latéral du pieu

6.3.2 Effet de l’interface


Dans le modèle de référence, la définition d’une interface de part et d’autre du pieu, avec
Rint = +0.7.
Pour les calculs de l’étude paramétrique on utilise :
● Rint = +1;
● Rint = +0.5.
Les résultats des calculs obtenus sont présentés par les courbes sur les figures 6.36 à 6.40
suivantes :

7000
charge en tête du pieu (kN/m2)

6000

5000

4000

3000
référ(R=+0.7)
2000 R=+1
R=+0.5
1000

0
0 0005 001 0015 002 0025 003

Déplacement vertical (Uy(m))

Figure - 6.36 - Influence du coefficient réducteur de l’interface sur la courbe charge-


tassement du pieu

152
-8000
contrainte normale (kN/m2)

-7000
-6000 référ(R=+0.7)
-5000 R=+1
-4000 R=+0.5
-3000
-2000
-1000
0
1000
0 2 4 6 8 10 12 14
Distance horizontale (x(m))

Figure - 6.37 - Influence du coefficient réducteur de l’interface la contrainte normale sous la


base du pieu
charge en pointe du pieu (kN/m2)

-8000
-7000
-6000
-5000
-4000
-3000 référ(R=+0.7)
-2000 R=+1
-1000 R=+0.5

0
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000

charge en tête du pieu (kN/m2)

Figure - 6.38 - Influence du coefficient réducteur de l’interface sur la charge en pointe du


pieu

153
Déplacement total de la base 00025

référ(R=+0.7)
0002
R=+1
du pieu (m)

R=+0.5
00015

0001

00005

0
0 2 4 6 8 10 12 14
Distance horizontale(x(m))

Figure - 6.39 - Influence du coefficient réducteur de l’interface sur le déplacement total de la


base du pieu

-800
contrainte tangentielle (kN/m2)

-700
-600 référ(R=+0.7)
-500 R=+1
-400 R=+0.5

-300
-200
-100
0
100
0 5 10 15 20 25
Distance verticale (y(m))

Figure - 6.40 - Influence du coefficient réducteur de l’interface sur le frottement latéral du


pieu

6.3.3 Effet du modèle de comportement du sol


Dans le modèle de référence on a utilisé le modèle de sol avec écrouissage (Hardening Soil
Model), pour le calcul de l’étude paramétrique on utilise le modèle Mohr-coulomb (MC).
Les valeurs des paramètres du modèle de Mohr- coulomb est présenté dans le tableau (6.1) :

154
Paramètres valeurs
γ unsat = γsat 20 KN/m3
Kx = Ky 0.0086m/jour
E’ 60000Kpa
ν 0.3
C’ 30Kpa
φ 35º
ψ 0
Rint 0.7

Tableau (6.1) : Les valeurs des paramètres du modèle Mohr- coulomb (M.C)

Les résultats des calculs obtenus sont présentés par les courbes sur les figures 6.41 à 6.45
suivantes :

7000
charge en tête du pieu (kN/m2)

6000

5000

4000

3000

2000 référ
1000 Modèle MC

0
0 0005 001 0015 002 0025 003
Déplacement vertical (Uy(m))

Figure - 6.41- Influence du modèle de comportement sur la courbe charge-tassement du pieu

-8000
contrainte normale (kN/m2)

-7000
-6000 référ
-5000 Modèle MC
-4000
-3000
-2000
-1000
0
1000
0 2 4 6 8 10 12 14
Distance horizontale (x(m))

Figure - 6.42 - Influence du modèle de comportement sur la contrainte normale sous la base
du pieu

155
charge en pointe du pieu (kN/m2) -8000
-7000
-6000
-5000
-4000
-3000
-2000 référ
Modèle MC
-1000
0
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000

charge en tête du pieu (kN/m2)

Figure - 6.43- Influence du modèle de comportement sur la charge en pointe du pieu

0001
Déplacement total de la base

00009
référ
00008
00007 Modèle MC
du pieu (m)

00006
00005
00004
00003
00002
00001
0
0 2 4 6 8 10 12 14
Distance horizontale(x(m))

Figure - 6.44- Influence du modèle de comportement sur le déplacement total de la base du


pieu

156
-700
contrainte tangentielle (kN/m2)

-600
-500 référ
-400 Modèle MC
-300
-200
-100
0
100
0 5 10 15 20 25
Distance verticale (y(m))

Figure - 6.45- Influence du modèle de comportement sur le frottement latéral du pieu

6.4 Synthèse
L’étude paramétrique nous a permis d’étudier l’effet des différents paramètres sur les
résultats obtenus :
1- effet des paramètres de la modélisation
on remarque que la variation du maillage d’un élément de 15 nœuds à un élément de 6 nœuds
influe beaucoup plus sur les résultats que les autres paramètres de la modélisation ( la
précision de calcul, dimensions de modèle ).
● la variation du maillage provoque la rupture rapide du sol (sous chargement de 3000 kpa ),
qui se manifeste par une augmentation importante sur les incréments de déplacement total à
la base du pieu et la contrainte tangentielle. Cette variation favorise aussi la diminution de la
contrainte normale au début de chargement.
Pour la charge en pointe, on observe un palier constant traduit par un écoulement plastique,
due à la rupture qui se produit sous la pointe du pieu.
● Lorsque on change les dimensions du modèle, une diminution de la charge en pointe est
détectée. Celle-ci est exprimée par une faible mobilisation du frottement latéral, qui entraîne
par la suite un accroissement remarquable sur le déplacement total de la base du pieu au
début de chargement.
● l’effet de variation de la précision de calcul passant de 3% à 6 % est négligeable sur les
résultats obtenus.

157
2- effet des paramètres géotechnique
Pour la variation des paramètres géotechniques, l’attention a été portée d’abord sur
l’influence de l’augmentation de ces paramètres sur les résultats, qui se traduit par :
● Une diminution très sensible de la charge en pointe et de la contrainte tangentielle. Cette
diminution est nettement plus importante pour la variation de la cohésion (c’) et les modules
(Eref50,Erefoed,Erefur), que celle observé sur la variation de l’angle de frottement (φ’).
Le tassement du pieu devient important pour la variation de l’angle de frottement (φ’) et les
modules (Eref50,Erefoed,Erefur) que pour la variation de la cohésion (c’).
● L’effet du coefficient de poisson (ν) dans ce cas est négligeable.
En ce qui concerne la diminution de ces paramètres on observe :
● Une augmentation importante sur le tassement du pieu et le déplacement total à la base du
pieu au début de chargement. Cette augmentation est plus remarquable sur la variation de
l’angle de frottement (φ’) et les modules (Eref50,Erefoed,Erefur), que celle exprimé par la
variation du coefficient de poisson (ν).
● La contrainte normale, la charge en pointe et la contrainte tangentielle ont subit une
diminution considérable due à la variation de l’angle de frottement (φ’) et les modules
(Eref50,Erefoed,Erefur).
● L’effet de variation de la cohésion (c’) sur les résultats obtenus est négligeable.
● La variation du coefficient d’interface (Rint), a montré que l’influence de ce paramètre est
considérable lorsque ces valeurs sont plus grandes. L’effet de ce paramètre est exprimé par :
- une diminution très sensible sur le tassement du pieu et sur la contrainte normale au début
de chargement, accompagnée par une faible mobilisation du frottement latéral.
- un accroissement considérable sur le déplacement total de la base du pieu.
● L’utilisation du modèle de Mohr-Coulomb pour le comportement du sol montre une légère
diminution sur la mobilisation du frottement latéral et le déplacement total de la base du pieu
au début de chargement.

Conclusion générale
Nous avons présenté dans ce mémoire un travail de recherche théorique et numérique sur le
comportement d’un pieu isolé sous charges verticales dans un sol sableux. A ce sujet, on a
appliqué un modèle de calcul (proposé dans le bulletin N°4 du Plaxis d’octobre 2004) pour
estimer le tassement admissible du pieu. Une identification de l’effet du frottement négatif
due à la mise en place d’un remblai de 2 m à côte du pieu a été faite. Elle favorise

158
l’augmentation de la charge verticale dans le pieu et d’accroître le tassement du pieu. Ce
phénomène peut causer de graves désordre dans la structure supportées par les pieux
entraînant la rupture du sol sous la pointe, voire la rupture du pieu par écrasement. Ces effets
sont plus importants pour les pieux chargés en pointe que pour les pieux flottants.
● On constate aussi que la courbe de chargement ne présente pas d’asymptote horizontale
marquée. Ceci n’est pas en accord avec les essais des pieux.
● Dans l’étude paramétrique, on a fait varier plusieurs paramètres géotechnique et de
modélisation, pour étudier leur influence sur les résultats obtenus.
► Pour la variation des paramètres de la modélisation, nous constatons que les résultats
les plus affectés sont la charge en pointe (la mobilisation du frottement latéral) et le
déplacement total de la base du pieu.
Le tassement du pieu, la contrainte normale et la contrainte tangentielle sont moins affectés
par la variation de ces paramètres.
► L’étude des paramètres géotechnique a montré que l’augmentation de ces paramètres a
une influence beaucoup plus importante sur les résultats que leur diminution.
► On remarque que le passage d’un modèle de comportement de sol avec écrouissage
(Hardening Soil Model ) au modèle de Mohr-Coulomb a une influence considérable sur la
mobilisation de frottement latéral et le déplacement total de la base du pieu au début de
chargement.
● De nos jours, les méthodes d’analyse numérique et d’expérimentation ont fait de tels
progrès que la tendance actuelle est de considérer l’essai de pieu comme un véritable essai
géotechnique, s’il est correctement réalisé selon un mode opératoire précis il donne des
renseignements particulièrement intéressants sur le comportement des pieux.

Recommandations
A partir de ses constatations nous recommandons ce qui suit :
● Le manque des moyens et le coût élevé des essais de chargement statique appliqués sur les
pieux modèle ou sur les pieux en vraie grandeur, reste un obstacle qui nous empêche de
compléter ce travail de recherche par une étude comparative entre les résultats numériques
obtenus et les résultats expérimentaux. Ce genre d’étude est très intéressant pour renseigner
sur les meilleures méthodes d’analyse numérique utilisées dans le calcul des ouvrages
géotechniques.

159
● Le calcul numérique présenté dans ce mémoire comporte certaines insuffisances
caractérisées par l’absence de l’effet du frottement négatif sur l’augmentation de la charge
verticale dans le pieu qu’on doit prendre en considération dans le calcul des pieux pour éviter
la rupture du pieu par écrasement.

160
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