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Le divorce pour faute

Ce sont les articles 242 à 245 qui régissent la demande initiale. Depuis
2004 la faute n’est plus cause péremptoire de divorce. Avant 2004,
l’article 243 prévoyait qu’en cas de condamnation pénale d’un des époux,
juge devait prononcer d’office divorce pour faute d’un époux. La faute
spéciale supprimée par loi du 26 mai 2004, cad qu’aujourd’hui la faute
devra correspondre aux conditions de l’article 242. Les conditions sont :
- la violation des devoirs et obligations du mariage
- la violation doit être grave ou renouvelable
- la vie commune est intolérable (appréciation subjective au regard de
l’époux demandeur)

Avec cette suppression, la faute est une cause facultative de divorce. Peut
importe le devoir du mariage auquel il a été porté atteinte, le maintien
intolérable de la vie commune laissé à l’appréciation du juge.
Le juge garde un pouvoir souverain d’appréciation et peut refuser de
prononcer le divorce pour faute. Avant il devait énumérer les 3 conditions
dans le prononcé du divorce : aujourd’hui, il n’en est plus obligé (arrêt de
la cour de cass du 6 juillet 2005)

Au final, la demande peut connaître 4 sorts différents :


- la demande est accueillie purement et simplement et le tort est prononcé
au tort de l’époux assigné
- la demande est rejetée purement et simplement, le mariage est maintenu
- le divorce est prononcé mais aux torts partagés des époux
- le divorce est prononcé aux torts exclusifs du demandeur
Le sort de la demande dépend du juge.

I) La réconciliation :
C’est l’article 244 alinéa 1 qui pose que la réconciliation des époux va
rendre la demande irrecevable. Mais il existe des limites à cet article :

1ere limite :
- condition objective = reprise de la vie commune
- condition subjective = volonté de pardonner

2ème limite : la réconciliation n’efface pas les fautes passées qui peuvent
toujours être réutilisées dans la procédure.
II) Les fautes du demandeur :
Selon l’article 245 al 1, les fautes de l’époux demandeur ne constituent
jamais une fin de non recevoir mais elles peuvent être évoquées à
l’instance de 2 manières différentes :

A) La défense au fond :
L’époux demandeur se défend, il peut faire valoir les fautes de l’époux
demandeur pour atténuer/annuler ses fautes (caractère de gravité des ses
fautes) : il invoque l’excuse de réciprocité. Si le juge estime que l’excuse
est valable, la demande initiale est rejetée.

B) L’appui en demande reconventionnelle :


Il est régit par l’article 245 alinéa 2 CC. Les fautes de l’époux demandeur
répondent à 3 critères de l’article 242 (conditions + strictes). Le juge a le
choix entre 3 possibilités :
- il rejette les 2 demandes
- il rejette l’une et accueille l’autre puis prononce le divorce aux torts
exclusifs de l’époux dont la demande est rejetée
- il accueille partiellement les demandes et prononce le divorce aux torts
partagés

Même si l’époux demandeur n’invoque pas les fautes du demandeur, le


juge peut décider de les relever d’office.