Vous êtes sur la page 1sur 14

Système radio navigation Chapitre 2 : Le système de positionnement par satellite

Chapitre 2 : Le système de positionnement par satellite

2.1 Introduction à la navigation par satellite

Un système de positionnement par satellites également désigné sous le


sigle GNSS (pour Géolocalisation et Navigation par un Système de Satellites1) est un
ensemble de composants reposant sur une constellation de satellites
artificiels permettant de fournir à un utilisateur par l’intermédiaire d'un récepteur
portable de petite taille sa position 3D, sa vitesse 3D et l'heure. Cette catégorie de
système de géopositionnement se caractérise par une précision métrique, sa
couverture mondiale et la compacité des terminaux, mais également par sa sensibilité
aux obstacles présents entre le terminal récepteur et les satellites. Certains systèmes
d'augmentation et de fiabilisation de portée régionale ou mondiales, gratuits ou
payants, permettent de fiabiliser le système et d'améliorer les performances
(DGPS, EGNOS, Assisted GPS (A-GNSS), etc.).
Le premier système de positionnement par satellites est développé par les États-
Unis avec TRANSIT à usage uniquement militaire en 1964 puis avec le Global
Positioning System (GPS) devenu opérationnel en 1995 qui fixe les principes de
fonctionnement repris par les systèmes de navigation par satellites développés par
d'autres pays. Aujourd'hui composé de 24 satellites en orbite à plus de 20 000km, le
système s'ouvre au civil en 2000.

Le système GPS repose sur une constellation d'une trentaine de satellites qui permet à
un utilisateur, situé sur n'importe quel point du globe, d'avoir toujours au minimum
quatre satellites à portée, dans l'hypothèse d'un environnement dégagé ("clear sky").
Le terminal de l'utilisateur calcule sa position grâce au signal émis par chacun des
satellites. À ce stade, la communication est mono-directionnelle, c'est-à-dire qu'il n'y a
pas d'émission de signaux du terminal vers les satellites, ce qui implique que le
système ne reçoit aucune information de la part de l'utilisateur. Celui-ci est donc le
seul à connaître sa position calculée.
L'URSS à la suite des États-Unis développe GLONASS entré en fonction en 1996 et
qui, après une période d'éclipse liée à l'éclatement de l'Union soviétique, est redevenu
opérationnel en 2010. L’Union européenne avec le système Galileo et la Chine avec le
système Beidou-2 (COMPASS) développent leur propre système qui devrait être
complètement opérationnel en 2020. Le Japon (QZSS) et l’Inde avec
l'IRNSS développent de leur côté un système assurant une couverture uniquement
régionale dont la Chine dispose également avec Beidou-1.
Après une exploitation purement militaire par les États-Unis, l'utilisation des
terminaux GPS (et plus généralement GNSS) s'est généralisée pour répondre aux
besoins des professionnels et du grand public (navigation - maritime, aérienne,
terrestre -, topographie, géodésie, génie-civil, agriculture, synchronisation du temps,

1
Système radio navigation Chapitre 2 : Le système de positionnement par satellite

etc.). Les terminaux permettent souvent d'exploiter les signaux de plusieurs systèmes,
notamment GLONASS et GPS, augmentant de ce fait les performances de
positionnement, grâce à la redondance des satellites. Les terminaux, qui sont des
systèmes passifs, peuvent être complétés par des émetteurs de radiolocalisation pour
des applications de suivi logistique (APRS), de sauvetage (SAR), de surveillance de
trafic maritime (AIS), d’étude océanographique, de biologie (radiotracking), etc..
Cette retransmission de la position du terminal par télécommunication est également
largement généralisée aux smartphones qui sont aujourd'hui tous munis d'un récepteur
GNSS et dont de multiples applications exploitent la position de l'utilisateur. Cette
fonction de suivi, ou tracking, est souvent attribuée à tort au système GNSS lui-même
alors qu'il n'y est pour rien.
2.2 Principe de fonctionnement
Un système de positionnement par satellites fournit sur un récepteur les coordonnées
géographiques en trois dimensions (longitude, latitude, hauteur ellipsoïdale), la vitesse
de déplacement et la date / heure à son utilisateur. Ces informations sont calculées à
partir des mesures de distance à un instant donné entre le récepteur de l'utilisateur et
plusieurs satellites artificiels dont les positions dans l'espace sont connues avec
précision. En combinant la mesure simultanée de la distance d'au moins quatre
satellites, le récepteur est capable par multilatération de fournir la position et l'altitude
avec une précision de l'ordre du mètre, la vitesse avec une précision de quelques cm/s
et le temps avec une précision atomique. La précision dépend de très nombreux
facteurs, dont la qualité du récepteur, le mode de calcul et l'environnement proche. En
termes de position, elle peut descendre à quelques millimètres pour un récepteur de
type géodésique bi-fréquence utilisant la phase des signaux jusqu'à plusieurs dizaines,
voire centaines de mètres pour un récepteur bas de gamme en environnement urbain
dense. Le récepteur peut être au sol ou embarqué positionné dans un véhicule en
déplacement : automobile, navire, avion.
Par abus de langage, il est souvent fait référence au GPS alors que la plupart des
téléphones modernes embarquent de fait des puces de type GNSS capables d’utiliser
plusieurs constellations simultanément.
La multilatération est le processus qui consiste à déterminer l'emplacement de cibles
en mesurant leur distance par rapport à des points connus. Dans la gestion du trafic
aérien, la mesure des distances est effectuée par différentes méthodes radar par des
dispositifs installés à ces points connus.

2.3 Le principe de positionnement

Les systèmes de positionnement par satellites se fondent sur le principe de


trilatération qui repose sur l’hypothèse de la propagation à une vitesse constante
(proche de la vitesse de la lumière) des ondes émises par les satellites dans l’espace.
Un récepteur synchronisé peut alors calculer le temps de propagation de ce signal et
en déduire la distance associée qui le sépare du satellite, de position connue.

2
Système radio navigation Chapitre 2 : Le système de positionnement par satellite

2.3.1 Qu’est-ce qu’une position ?

On appelle une position un jeu de trois paramètres, qui permet de repérer un lieu dans
l’espace par rapport à une référence connue. Par exemple, la longitude, la latitude et
l’altitude permettent de repérer n’importe quel lieu à la surface terrestre. De même, ce
sont les distances d’un objet par rapport à un mur de gauche, à un mur de devant et au
sol qui permettent de le positionner dans l’espace d’une pièce. Nous concevons ainsi
intuitivement que nous ayons besoin de trois mesures par rapport à des repères dont la
position est connue pour déterminer la position d’un objet quelconque. Et pour mieux
comprendre cette définition, nous devons nous intéresser à la façon dont est obtenue
la mesure de distance entre le récepteur et un satellite.

2.3.2 Le temps de transmission d’un signal

Dans les systèmes de navigation par satellite, la distance géométrique entre un


satellite de la constellation GNSS et un récepteur au sol est déterminée en mesurant le
temps de propagation d'un signal émis par le satellite et répartis de telle façon qu’il y
ait une ligne de contact à vue au moins de quatre satellites. Chacun de ces satellites
est équipé d'horloges atomiques à bord qui permettant une mesure précise du temps et
engendrent une perte d'une seconde au maximum tous les 30.000à 1.000.000 années.
Les satellites GNSS transmettent leurs positions exactes et leurs heures d'horloges de
bord à la terre.
Ces signaux sont transmis à la vitesse de la lumière (300.000 km/s) et nécessitent
donc environ 67.3ms pour parvenir à une position sur la surface de la terre
directement sous le satellite. Les signaux nécessiteront une nouvelle tranche de 3.33μs
pour chaque kilomètre supplémentaire de voyage pour établir la position ; tout ce qui
est alors nécessaire sont un récepteur et une horloge précise. En comparant l'heure
d'arrivée du signal satellite avec l'heure de l'horloge à bord au moment où le signal a
été transmis, il est possible de déterminer, comme dans l'exemple de la voiture, la
distance D vers le satellite qui peut être déterminée à partir du signal temporel connu
Δτ ou D= Δτ×c.

2.3.3 Détermination de la trajectoire du satellite


Pour mesurer la distance entre le récepteur et le satellite, la trajectoire précise de ce
dernier doit être connue. Celle-ci est reconstituée à partir de deux types de message
envoyé par le satellite au récepteur :

 Les données d'almanach sont transmises en permanence et fournissent la


position approximative des satellites de navigation dans le ciel. Elles permettent
au récepteur de repérer rapidement les satellites visibles depuis la position de son
utilisateur.

3
Système radio navigation Chapitre 2 : Le système de positionnement par satellite

 Les données d'éphémérides fournissent des données de position beaucoup plus


précises qui sont actualisées périodiquement (toutes les 4 à 6 heures pour le
système GPS) afin de tenir compte des plus petits changements affectant l'orbite
des satellites. Ce sont ces données qui sont utilisées pour le calcul de la position.


3.3.4 Détermination de l’heur
Connaissant la trajectoire que suit le satellite, le récepteur, pour calculer la position,
doit théoriquement utiliser la même heure que le satellite. En effet, compte tenu de la
vitesse à laquelle circule le signal (300 000 km/s), une désynchronisation de 10
millisecondes entre l'horloge du satellite et celle du récepteur engendre une erreur de
calcul de la position de 3 000 km. La précision et la stabilité de l'heure du satellite est
garantie par l'emport de plusieurs horloges atomiques qui fournissent une heure qui ne
dérive que de quelques nanosecondes par jour. Le récepteur, par contre, ne peut être
équipé d'une horloge aussi précise pour des raisons de coût et d'encombrement.
L'heure est fournie par un oscillateur à quartz dont la dérive journalière moyenne est
de 10 millisecondes. Lors du calcul de la position, le décalage entre le temps du
récepteur et le temps des satellites est traité comme une inconnue et calculé en même
temps que les coordonnées du récepteur.

3.4 Le GPS, qu’est-ce que c’est ?

Le Système de positionnement mondial (GPS, Global Positioning System) est un


utilitaire qui appartient aux Etats-Unis et qui assure des services de positionnement,
de navigation et de référence temporelle, dits « services PNT » (positioning,
navigation, and timing).

Il se compose de trois segments : le segment spatial, le segment de contrôle et le


segment utilisateur.

a. Segment spatial

Le segment spatial est formé par une constellation de satellites en orbite autour de la
terre. Chaque satellite émet un signal RF constitué de codes distance et de messages
de navigation. Les codes diffusés par les satellites, sont utilisés par les récepteurs pour
mesurer le délai de transmission des signaux RF et déterminer ainsi la distance entre
le satellite et l’usager.

La constellation est organisée autour de 24 satellites principaux qui assurent la


disponibilité mondiale du GPS. Les satellites sont répartis sur 6 plans d’orbite à 60°
les unes des autres, et à une inclinaison de 55° par rapport à l’équateur. Ils effectuent 1
révolution autour de la terre environ toute les 12 h (1/2 jour sidéral) à la vitesse de
16.265 km Hr.

La constellation GPS est constituée de 31 satellites (mars 2017) mais le nombre de


satellites en service à une date précise peut varier. La constellation est organisée

4
Système radio navigation Chapitre 2 : Le système de positionnement par satellite

autour de 24 satellites principaux qui assurent la disponibilité mondiale du GPS , ce


qui permet d'avoir au moins quatre satellites visibles du sol partout dans le monde.
Depuis 2011, la configuration de la constellation principale est augmentée
à 27 emplacements afin de fournir une meilleure couverture mondiale. Leur période
de révolution est égale à 11 h 58 min 2sec, soit un demi-jour sidéral, chaque satellite
reprend la même position tous les 2 tours, vu du sol terrestre. Il y a six plans orbitaux
pratiquement circulaires à une altitude moyenne de 20 200 km, à une vitesse de 14
000 km/h (3,88 km/s). Chaque orbite inclinée à environ 55 degrés par rapport au plan
équatorial comporte 5 ou 6 satellites. Cette constellation fournit à l'utilisateur entre
cinq et huit satellites visibles de n'importe quel point sur la terre.

b. Segment de contrôle

Le segment de contrôle se compose de stations, réparties à travers le monde, qui sont


chargées de piloter et de surveiller le système ; elles veillent au maintien des satellites
en orbite, procédant le cas échéant à des manipulations et à l’ajustement des horloges
des satellites. Ces stations poursuivent les satellites GPS, téléchargent les données de
navigation mises à jour et enregistrent l’état de santé des satellites.

a. Segment d'utilisateur

Le segment utilisateur est constitué par l'ensemble des récepteurs militaires et civils
susceptibles de décoder les signaux transmis par les satellites pour calculer des
données de position, de vitesse ou de temps. La plupart des GPS modernes sont
équipés de récepteurs à canaux parallèles et sont capables de suivre 5,6,7 satellites
voire plus et de choisir ceux donnant le meilleur signal (rejet éventuel des satellites
trop bas sur l'horizon) et de les combiner pour améliorer la précision de la mesure.
Comme les utilisateurs ne font que recevoir (ils n'émettent pas vers les satellites), le
système ne peut être saturé et le nombre maximum d'utilisateurs GPS est illimité
mettent en œuvre des techniques permettant d'utiliser le code P.

3.4.1 Schéma de principe d’un récepteur

La conception d'un récepteur varie selon le constructeur, mais chaque récepteur ont en
commun un certain nombre éléments

5
Système radio navigation Chapitre 2 : Le système de positionnement par satellite

Fig.1 Schéma de principe d’un récepteur

La transmission des données se fait selon le principe CDMA ( Code Division Multiple
Access), c'est à dire que chaque satellite de la constellation dispose d’une clé (mot
d’un code) à l’aide de laquelle il code l’information à transmettre. Connaissant la clé
d’un satellite donné, le récepteur est capable d’extraire le message de ce satellite du
signal composite reçu.

Les signaux GPS sont générés dans les satellites en tant qu’ondes sinusoïdales pures,
puis sont modulés. Pour cela on utilise les codes PRN et les données de navigation.

Les informations constituant le signal GNSS (code(s) pseudo-aléatoire(s) et message


de navigation) sont véhiculées sur l'onde porteuse sous la forme de codes binaires
suivant la technique de modulation par inversion de phase (ou BPSK pour Binary
Phase Shift Keying). Cette modulation consiste à inverser la phase de la porteuse en
fonction de la valeur du code binaire (0 ou 1) comme illustré sur la figure 1.4. Pour
plus de détails sur cette technique de modulation, se référer.

Fig.2 Modulation de l'information binaire sur l'onde porteuse par inversion de la phase .

6
Système radio navigation Chapitre 2 : Le système de positionnement par satellite

Chaque satellite transmet deux codes PRN différents : le code C/A


(Coarse/Acquisition) et le code P(Y) Précis. Le code C/A est une série de 1023
chiffres binaires à la période d’une milliseconde et à la longueur d’onde de 300 m.
Chaque satellite envoie son propre code C/A. Il y a 32 codes C/A différents plus 4
codes C/A supplémentaires pour le secteur de commande.

3.4.2 Structure du message de navigation

Les informations contenues dans le message de navigation ont la structure de trame de


base représentée ci-dessous. Un message complet se compose de 25 trames, chacune
contenant 1500 bits à 50 Hz (ce qui signifie que l’on transmet 50 bits par secondes).
Chaque trame est subdivisée en cinq sous-trames de 300 bits : 6sec et chaque sous-
trame se compose de 10 mots de 30 bits : 0,6sec. Le premier mot de chaque sous-
trame est SLT (mot de télémétrie), il contient des informations sur l'actualité des
éphémérides. Il est suivi du mot Comment (mot de transfert) contenant le nombre Z
époques compté. Ces données incluent le temps écoulé depuis le dernier redémarrage.
La transmission du message complet de navigation de 25 trames nécessite 750 s ou
12,5 min. Les données restantes de la première sous-trame contiennent des données
sur l'état et la précision du satellite ainsi que les valeurs de correction d'horloge. La
deuxième et troisième sous-trame contiennent des paramètres de l'éphéméride, et les
sous-trames 4 et 5 comprennent enfin les almanachs.

a. Données "almanach"

Les données "almanach" fournissent toutes les informations nécessaires pour


permettre à l'utilisateur de calculer l'emplacement approximatif de chaque satellite
dans la constellation GPS à un moment donné. Les données d'almanach ne sont pas
suffisamment précises pour déterminer la position mais peuvent être stockées dans un
récepteur où elles restent valables pendant plusieurs mois. Elles sont principalement
utilisées pour déterminer quels satellites sont visibles à un endroit donné afin que le
récepteur puisse rechercher ces satellites lorsqu'il est activé.

7
Système radio navigation Chapitre 2 : Le système de positionnement par satellite

b. Données "éphémérides"

Les données éphémérides sont semblables aux données d'almanach mais permettent
une détermination beaucoup plus précise de la position du satellite nécessaire pour
convertir le retard de propagation du signal en une estimation de position de
l'utilisateur. Contrairement aux données d'almanach, les données éphémérides d'un
satellite ne sont diffusées que par ce satellite et sont actualisées périodiquement
(toutes les 4 à 6 heures pour le système GPS) afin de tenir compte des plus petits
changements affectant l'orbite du satellite. Ce sont ces données qui sont utilisées pour
le calcul de la position. Chaque satellite transporte plusieurs horloges atomiques pour
obtenir un temps très précis. Mais les horloges atomiques de chaque satellite ne
correspondent pas au temps de référence GPS, mais courent librement. C'est pour
cette raison, que les paramètres de correction des horloges de chaque satellite sont
nécessaires. Le temps de référence GPS diffère également de l'heure UTC (temps
universel), qui est adaptée à la rotation de la Terre sur une base régulière (secondes
bissextiles).

3.4.3 Données de synchronisation du signal

Le flux de données à 50 bits comprend un marquage temporel, qui est utilisé pour
établir le temps de transmission des points spécifiques sur le signal GPS . Ces
informations sont nécessaires pour déterminer le délai de propagation du satellite à
l'utilisateur.

3.4.4 Données de retard ionosphérique

Les erreurs de répartition dues aux effets ionosphériques peuvent être partiellement
annulées en utilisant des estimations du retard ionosphérique qui sont diffusées dans
le flux de données.

3.4.5 Message sur la santé des satellites

Le flux de données contient également des informations concernant la santé actuelle


du satellite, de sorte que le récepteur peut ignorer ce satellite s'il ne fonctionne pas
correctement

3.4.6 Système référentiel utilisé par le GPS

Le système référentiel utilisé par le GPS est le WGS-84 (World Geodetic Sytem
version 1984) qui est un modèle de représentation globale de la Terre. En effet il faut
tenir compte que la terre n'est pas une sphère parfaite, mais aplatie aux pôles ce qui
donne dans le système choisi WGS-84 un rayon terrestre de 6378,137 km à l’équateur
et 6356,7523142 km aux poles.

8
Système radio navigation Chapitre 2 : Le système de positionnement par satellite

Les paramètres qui définissent la géodésie en un point M de la surface topographique


sont ses coordonnées cartésiennes X, Y et Z ou ses coordonnées géographiques
longitude et latitude.

La longitude ƛ : angle formé en un point de la surface terrestre, par le méridien du


lieu avec le méridien Greenwich.
Le méridien d'origine 0° est celui de Greenwich.
La latitude ɸ : angle formé en un point de la surface terrestre par la verticale du lieu
avec le plan de l'équateur.
La hauteur h : est la distance algébrique entre le point M et l'ellipsoîde

3.5. Détermination de la position


Celui-ci consiste à calculer notre position en connaissant la distance qui nous sépare
de plusieurs points de repère ainsi que la position de ces points de repère. Il ne doit
pas être confondu avec le principe de triangulation qui utilise aussi des points de
repère, mais calcule la position en fonction des angles mesures, et non des distances.
Pour savoir la position d’un utilisateur qui se déplace dans un vaste plateau ; dans un
plan (X/Y) y a deux satellite qui sont en orbite au-dessus de ce récepteur qui
transmettent leurs heures d'horloge et leurs positions. En utilisant le temps de
transmission des deux signaux de satellite ; le récepteur va dessiner deux cercles de
rayons R1 et R2 autour de ces satellites. Chaque rayon correspond à la distance
calculée entre le récepteur et le satellite.

Fig.3 La position du récepteur à l'intersection des deux cercles.

La position du récepteur est au point exact où les deux cercles se coupent sous les
satellites. Dans le cas réel, une position doit être déterminée dans l'espace en trois
dimensions plutôt que sur un plan qui veut dire qu’il y aura une dimension
supplémentaire (Z) donc un troisièmes satellite additionnel devrait suffire pour
déterminer la position correcte. Si les distances des trois satellites sont connues alors
toutes les positions possibles sont situées sur la surface de trois sphères dont les
rayons correspondent à la distance calculée.

9
Système radio navigation Chapitre 2 : Le système de positionnement par satellite

Fig.4 Le positionnement par tri-altération.

3.5.1 Equations de base pour la navigation

a. Les équations de bases Supposons que l'on ait trois satellites il y a trois points à
des endroits connus r 1( x1, y1, z1),r 2( x2, y2, z2),r 3( x 3, y 3,z 3) un point inconnu ru.
Les distances entre les trois points connus au point inconnu peuvent être mesurées.
Ces distances peuvent s’écrire comme suit

ρ1 =√( x 1− xu )2 +( y 1 − y u )2 +( z 1−z u )2

ρ2 =√( x 2−xu )2 +( y 2− y u )2 +( z2−zu )2

ρ3 =√( x 3−x u )2 +( y 3− y u )2 +( z 3−z u )2

Les trois valeurs inconnues ( xu , yu , z u ) et peuvent être déterminées à partir de ces


équations.

Fig.5 Utilisation des positions connues pour trouver la position inconnue.

10
Système radio navigation Chapitre 2 : Le système de positionnement par satellite

3.5.2 L'horloge du récepteur

La génération de fréquence et de temps est basée sur une horloge embarquée d'une
très grande précision. Cette dernière est typiquement décalée par rapport à l'heure du
système. Cette mesure est déterminée par un processus de corrélation qui se présente
comme une « pseudo-distance ». Cette mesure est appelée « pseudo distance » car elle
est déterminée par multiplication du signal se propageant à une vitesse c par la
différence de temps entre deux horloges non synchronisées comme le montre la figure
suivante

Fig.6 Relations entre les temps pour mesurer la distance

Les mesures suivantes contiennent :

- la distance géométrique du satellite à l’utilisateur


- une compensation correspondant à la différence entre le temps système et
l'horloge de l'utilisateur.

Ts: Temps de transmission par le satellite.

Tu: Temps de réception par l’utilisateur

∂t : décalage de l'horloge satellite par rapport au temps système.

tu : décalage de l’horloge récepteur par rapport au temps système.

Ts +∂t : lecture d'horloge satellite au moment où le signal du satellite est transmis.

Tu +tu : lecture d'horloge du récepteur de l'utilisateur au moment où le signal


atteint le récepteur.

C: vitesse de lumière.

Les distance géométrique et pseudo distance sont respectivement données par:

11
Système radio navigation Chapitre 2 : Le système de positionnement par satellite

3.5.3 La vitesse Le système GPS

Mesure de la vitesse Le système GPS offre la possibilité de déterminer la vitesse de


l'utilisateur en trois dimensions.

Plusieurs méthodes peuvent être utilisées pour déterminer cette vitesse. Dans certains
récepteurs, la vitesse est estimée en formant une dérivée approximative de la position
de l'utilisateur.

Dans de nombreux récepteurs GPS modernes, les mesures de vitesse sont faites par le
traitement des mesures de la phase de la porteuse et permettent une estimation précise
de la fréquence Doppler des signaux satellites reçus. Le décalage Doppler est produit
par le mouvement du satellite par rapport à l'utilisateur, Le vecteur v de la vitesse de
satellite est calculé par utilisation des informations éphémérides et un modèle orbital
dans le système récepteur.

3.6 Système de positionnement par satellite GLONASS


GALILEO est le système de positionnement par satellites initié par l’Union
Européenne et l’Agence Spatiale Européenne dont le déploiement doit s'achever vers
2020. La nécessité d’un système de positionnement européen répond au besoin
d’indépendance face au système GPS américain. Ce système novateur et performant,
actuellement en phase de déploiement, supprime les restrictions (précision et fiabilité)
du GPS tout en restant entièrement sous contrôle civil. Il est donc à la fois concurrent
et complémentaire du GPS. En phase d’exploitation commerciale le
système GALILEO sera composé à terme de 30 satellites dont 6 de rechange. Cette
constellation est placée sur trois plans orbitaux distincts inclinés de 56° et situés
23220km d’altitude moyenne. Leur période de révolution est égale à 14 h 07 min. La
composante terrestre comprend 2 centres de contrôles coordonnant un minimum de 20
autres stations au sol. De plus, GALILEO diffusera 10 signaux sur 3 bandes de
fréquences : 6 signaux dédiés aux services gratuits, 2 signaux pour les services
commerciaux et 2 pour le service public réglementé. Il faudra attendre 2020, date à
laquelle une trentaine de satellites (contre une vingtaine actifs aujourd’hui) seront en
orbite, pour que le système européen puisse offrir sa meilleure précision sur tout le

12
Système radio navigation Chapitre 2 : Le système de positionnement par satellite

globe. GALILEO étant compatible avec le GPS, l’utilisateur pourra accéder aux deux
systèmes simultanément et améliorer la qualité et la fiabilité de sa position. Le service
européen se veut plus performant avec notamment un positionnement d’une précision,
de l’ordre du mètre, supérieure à celle de ses concurrents.

3.7 Système de positionnement par satellite Beidou


Le Beidou c’est un système de navigation et de positionnement par satellites chinois
dont la mise en service a été annoncée en 2012, a rejoint ainsi le GPS américain, le
russe GLONASS et le GALILEO européen. Il est actuellement opérationnel dans la
région Asie-Pacifique dont le Laos, le Pakistan et la Thaïlande, mais il est prévu qu’il
couvre le monde entier d’ici à 2020. Dans le domaine civil, il est utilisé notamment
dans des domaines comme la navigation, les transports et les prévisions
météorologiques. Il a également des applications dans le domaine militaire.

Tableau 2.1 Comparaison des caractéristiques des différents systèmes

Caractéristiques GPS GLONASS GALILEO BEIDOU

20 21
Altitude 19 100Km 23 220km
200Km 528km

Inclinaison 55° 64°8 56° 55°

Période orbitale 11h 58 11h 15 14h 07 12h 53

Nombre de plan orbitaux 6 3 3 3

Nombre de satellites opérationnels


31 (31) 24 (24) 14 (30) 15 (27)
(en cible)

Questions: 1-

Quelle est la nature des ondes émises par les satellites utilisés pour le système GPS ?
Quelle est leur vitesse de propagation ?

2-Evaluer le temps minimal de propagation du signal entre un satellite et un utilisateur


terrestre.

3-a Comment expliquer que les horloges des satellites « le temps propre du satellite
qui diffère à l’horloge terrestres ».

3-b Calculer le temps ∆t mesuré par l’horloge du satellite par rapport au temps ∆t0
mesuré par une horloge terrestre, avec v = 3,5 km.s-1, c = 3×108 m.s-1 et ∆t0 = 1s

13
Système radio navigation Chapitre 2 : Le système de positionnement par satellite

4- Le signal d’émission sur chaque satellite sur quel type et priser la page de
fréquence

Exercice 01 :

On a trois longueurs d’onde λ1, λ2 et λ3 correspondant aux fréquences f1, f2 et f3,


calculer λ1, λ2 et λ3.

Exercice 02
Le GPS utilise une vingtaine de satellites situés à une altitude de 20 184 km.

1. Combien vaut environ la distance sol-satellite ?

2. Sachant que la lumière se propage à une vitesse d’environ 300 000 km/s,
déduis-en la durée de propagation d’un signal émis entre le satellite et le
récepteur GPS.

Exercice 03

Les satellites émettent des signaux codés sous forme d'ondes radio émises sur deux
fréquences différentes et dont la réception au sol va permettre de calculer la position.
Un certain nombre de facteurs limite encore, et de façon systématique, la précision du
GPS. Par exemple, puisque le signal GPS n'est émis que toutes les millisecondes, un
récepteur mobile verra chuter la précision de ces mesures d'autant plus qu'il se déplace
vite. Les ondes ne se propagent pas à une vitesse constante dans la partie la plus haute
de l'atmosphère, car celle-ci n'est pas homogène. Dans cette question, on négligera les
perturbations introduites par l'atmosphère sur la durée du trajet des ondes.

3.1.1 Calculer les longueurs d'onde dans le vide des ondes émises par les satellites.

3.1.2 Quelle est la durée t mise par le signal pour aller du satellite S au récepteur R si
le satellite est situé à la verticale de R à l'altitude de 20 180 km ?

14

Vous aimerez peut-être aussi