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FEMINIST GROUP

Groupe Féministe du POED

Recommandations clés et Message au Forum Politique de Haut Niveau et à la Réunion


des Hauts Responsables

Les affectations budgétaires en faveur de l'égalité hommes-femmes et de l'autonomisation des femmes


ainsi que les obstacles administratifs auxquels se heurtent les organisations féminines constituent un
défi majeur. Parmi les 69 pays partenaires qui ont soumis un rapport au groupe de suivi du Partenariat
mondial pour une coopération efficace au service du développement sur leurs systèmes transparents
de suivi des allocations pour l'égalité hommes-femmes et l'autonomisation des femmes, seuls 19 %
remplissent pleinement leurs obligations. Nous sommes préoccupés par la faible proportion des
gouvernements - 19% - qui disposent des systèmes nationaux pour suivre et publier les allocations liées
au genre. Dans les pays, les femmes ignorent le montant total des dépenses publiques allouées aux
politiques et/ou programmes sensibles au genre dont l'objectif premier est l'égalité hommes-femmes.
De nombreux gouvernements ne prévoient pas un budget adéquat pour la réalisation des droits des
femmes et l'égalité hommes-femmes, lorsque cette égalité n'est pas un objectif de premier rang. Le
dernier rapport du POED indique que 57% des gouvernements n’affectent pas des ressources adéquates
pour soutenir les activités en faveur de l'égalité hommes-femmes, ce qui entraîne un important déficit
dans la mise en œuvre des politiques.

Garantir un financement adéquat et efficace est essentiel pour atteindre l'égalité hommes-femmes et
l'autonomisation des femmes et des jeunes filles. Nous devons plaider en faveur d'un financement
adéquat et efficace, car il est nécessaire de parvenir à l'égalité hommes-femmes et d'autonomiser
toutes les femmes et les jeunes filles. Les données recueillies par le GF sur l'indicateur 8 du PMCED 3MR
et l'indicateur 5.c.1 des ODD ont montré qu'il existe des difficultés dans le domaine des capacités en
matière de budgétisation sensible au genre et de communication de l'État, en particulier au niveau des
ministères des Finances, des ministères chargés des questions de genre et des organisations de femmes.

Il y a aussi des défis dans le domaine de la transparence, de la responsabilité mutuelle, de la


participation et de l'inclusion des OSC et des organisations de femmes dans la prise de décision politique
des gouvernements. L'instauration d'un environnement propice à la participation des organisations de
femmes à la planification et à l'examen de la mise en œuvre des engagements internationaux tels que
l’ODD5 est problématique et nécessite des ressources complémentaires. L'ODD 5.c.1 mesure les progrès
accomplis par les pays dans les efforts qu'ils déploient pour promouvoir l'égalité hommes-femmes et
l'autonomisation des femmes et des jeunes filles à tous les niveaux. En suivant de près l'affectation des
ressources et en les publiant, les gouvernements s'engagent à accroître la transparence et la
responsabilité dans l’élaboration des budgets.

Ces questions ne doivent pas être abordées de manière isolée. Nous avons besoin d'une approche
intégrée fondée sur la cohérence des politiques, les droits de l'homme et l'égalité hommes-femmes
pour lutter contre l'intégrisme, la violence contre les femmes, les jeunes filles et les LGTBI et lever les
obstacles systémiques qui entravent l’émancipation des femmes.

Le secteur privé est reconnu comme un acteur clé dans la réalisation des ODD. Cependant, leurs
interventions sont motivées par le profit et peuvent ne pas être centrées sur les personnes ou fondées
sur les droits humains et les droits des femmes.

Recommandations

Nous invitons les gouvernements à :

1. Renverser la tendance vers le sous-investissement dans l'égalité hommes-femmes et


l'autonomisation des femmes ;

2. S'engager davantage en faveur de l'égalité hommes-femmes et de l'autonomisation des femmes


et des jeunes filles en mettant en place des systèmes pragmatiques et durables pour remédier
aux inégalités hommes-femmes et aux injustices sociales afin de promouvoir les droits des
femmes et des jeunes filles. Les interventions ad hoc qui ne cherchent pas à s'attaquer aux
obstacles systémiques doivent être revues. Les gouvernements doivent prévoir un financement
adéquat et efficace pour parvenir à l'égalité hommes-femmes et à l'autonomisation de toutes
les femmes et de toutes les jeunes filles et mettre en place des systèmes transparents pour
suivre l'affectation des ressources publiques à l'égalité hommes-femmes et à l'autonomisation
des femmes et des jeunes filles ;

3. Améliorer la responsabilité pour ce qui concerne les engagements envers les droits des femmes,
les droits humains et la manière dont la participation des groupes de femmes est assurée dans
tous les processus de développement, ainsi que les engagements visant à renverser la tendance
vers le sous-investissement dans l'égalité hommes-femmes et la responsabilisation des
femmes ;

4. Combler les lacunes dans la mise en œuvre d'une budgétisation sensible au genre en
traduisant leur engagement en faveur de l'égalité hommes-femmes en ressources adéquates et
en systèmes de responsabilisation ;

5. Assurer que les moyens d'application promis pour la réalisation de l'égalité hommes-femmes et
les droits des femmes deviennent une réalité et qu'ils soient transparents et responsables ;

6. Améliorer la transparence, l'appropriation, la responsabilisation en matière de droits des


femmes et d'égalité hommes-femmes ;

7. Garantir des réformes adéquates et efficaces des systèmes financiers et fiscaux afin de combler
l'écart entre l'engagement politique et le niveau de soutien financier de ces engagements ;

8. Renforcer la volonté politique de l'État, le processus de communication et les capacités en


matière de budgétisation et de planification favorable à l’égalité hommes-femmes ;
9. Publier les ressources allouées à l'égalité hommes-femmes et à l'autonomisation des femmes
afin de renforcer le contrôle et la responsabilisation ;

10. Assurer une participation significative et un rôle fort pour les groupes de femmes dans l'examen
et la mise en œuvre du moyen d’application pour l’ODD 5 - il s'agit d'un défi énorme qui
nécessite des efforts de plaidoyer ainsi que des ressources et un renforcement des capacités ;

11. Accroître la participation des organisations de femmes aux partenariats pour le développement ;

12. Veiller à ce que les RNV incluent des rapports sur l'indicateur 5.c.1 des ODD ;

13. Faire preuve d’une volonté politique pour s'assurer que le secteur privé respecte les normes
internationales et nationales sur le travail, les femmes et les droits humains.

En suivant l'affectation des ressources, les gouvernements introduisent des mesures délibérées dans le
cycle de planification et de budgétisation pour atteindre leurs objectifs en matière d'égalité hommes-
femmes. En rendant ces affectations publiques, les gouvernements s'engagent à accroître la
transparence et la responsabilisation dans la prise de décisions budgétaires. Ce suivi permet également
d'évaluer le rôle des groupes de femmes dans le cadre des moyens d’application au titre de l’ODD 5, -
c'est un défi énorme et exige des efforts de plaidoyer.