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SOMMAIRE

INTRODUCTION
CHAPITRE1. LES NEGOCIATIONS DIPLOMATIQUES DIRECTES

SECTION1. la notion de négociation

SECTION2. Les avantages et inconvénients de la négociation

CHAPITRE2. LES PROCEDES D’INTERVENTION DUTIERS

SECTION1. Procédés d’Origines Coutumières

SECTION2. Procédés d’Origines Conventionnelles

CONCLUSION
INTRODUCTION

Le principe pour les Etats du monde entier est de vivre ensemble, en harmonie et de cohabiter en
bonne intelligence.
C’est le fondement même des relations diplomatiques. Cependant, force est de constater que la
scène internationale a été marquée par de nombreux conflits depuis des temps immémoriaux,
conflits dont l’apogée fut atteinte avec la seconde guerre mondiale. Au terme de ce conflit, il est
apparu impérieux de mettre en place des procédures de règlement des différends internationaux
sans recourir à la force.
C’est dans cette optique que la charte des Nations Unies, en son article 33, alinéa 1,
dispose : « Les parties à tout différend dont la prolongation est susceptible de menacer le
maintien de la paix et de la sécurité internationales doivent en rechercher la solution, avant
tout, par voie de négociation, d'enquête, de médiation, de conciliation, d'arbitrage, de
règlement judiciaire, de recours aux organismes ou accords régionaux, ou par d'autres
moyens pacifiques de leur choix. » A la lecture de cet article, il ressort clairement qu’il existe
plusieurs mécanismes de règlements pacifiques des différends internationaux qu’on peut
regrouper en deux procédés : Les procédés politiques et les procédés juridictionnels.
Les procédés politiques comprennent ceux qu’on peut qualifier d’interétatiques en tant qu’ils
mettent aux prises les parties au litige de manière plus ou moins directe. Devant la lourdeur et le
caractère contraignant des procédés juridictionnels, les Etats préfèrent recourir aux procédés
interétatiques, plus souples. D’où la nécessité d’analyser le contenu de ces différents procédés
afin d’en comprendre le fonctionnement.
Quels sont donc les procédés interétatiques de règlements des différends internationaux et
comment fonctionnent-ils?
Pour répondre à ce problème, il conviendra d’analyser dans un premier temps les négociations
diplomatiques directes (Chapitre1), puis dans un second temps, les procédures d’intervention du
tiers1(Chapitre2)

1
David Ruzié, Droit international public, Dalloz, 14e édition, 1999, p.161

1
I.LES NEGOCIATIONS DIPLOMATIQUES DIRECTES
Il convient d’étudier la notion de la négociation (section1) puis ses avantages et ses
inconvénients (section2)

A- La notion de négociation
La négociation est le mode initial et le plus ordinaire de règlement des différends. On peut la
définir comme toute rencontre en vue de parvenir à un accord2. Elle peut bien entendu s'établir
dans un cadre bilatéral ou multilatéral. Elle est généralement considérée comme un préalable au
recours à tout autre mode de règlement, qui n'apparaîtra utile que dans la mesure où elle a
échoué. Elle paraît par ailleurs indispensable pour permettre de bien définir les positions en
présence et les arguments respectifs des parties. En application du principe général de règlement
des différends posé à l'article 2 paragraphe 3 de la Charte, on peut considérer qu'il existe pour les
États membres une obligation générale de ne pas se soustraire à la négociation qui leur est offerte
par un autre État avec lequel ils sont en litige. Cette obligation est certaine dans le cadre strict de
la Charte entre les États membres. Mais il y a tout lieu de penser qu'elle fait également partie du
droit international général à l'époque contemporaine3.

En application du principe de la bonne foi, « les parties ont l’obligation de se comporter de telle
manière que la négociation ait un sens 4».

La négociation, une fois entreprise, doit en particulier être menée avec la Volonté réelle
d’aboutir. Les négociations ne sauraient se résumer

« à une simple opposition entre les opinions ou intérêts juridiques des deux parties » ; la notion
de négociation ne se confond pas, ainsi, avec celle de « différend5 » . On doit cependant bien
préciser que l’obligation de négocier n’équivaut pas à une obligation de conclure; elle est une obligation
de comportement et non pas une obligation de résultat.

2
Pierre-Marie Dupuy Yann Kerbrat , Droit international public, Dalloz, (14e édition)p634
3
V. TIDM (Chambre spéciale), arrêt du 23septembre 2017, Différend relatif à la délimitation de la frontière
maritime entre le Ghana et la Côte d’Ivoire dans l’Océan atlantique (Ghana c/ Côte d’Ivoire), §.604.

4
CIJ, 20févr. 1969, Plateau continental de la Mer du Nord (RFA c/ Danemark et Pays-Bas),
§ 85, rappelé dans l’arrêt du 20avr. 2010, Usines de pâte à papier sur le fleuve Uruguay (Argentine
c/ Uruguay), § 146, ainsi que dans l’arrêt du 5déc. 2011, Application de l’Accord intermédiaire du
13septembre 1995 (Ex-République Yougoslave de Macédoine c/ Grèce), § 132.

5
CIJ, arrêt du 1er avr. 2011, Application de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de
discrimination raciale (Géorgie c/ Russie) (exceptions préliminaires), § 157. Les négociations ne sauraient non plus
se limiter à « une série d’accusations et de réfutations, ni même à un échange de griefs et de contre-griefs
diamétralement opposés »

2
Ainsi que l’a posé la Cour permanente de Justice internationale dans l’affaire Mavrommatis

(30 août 1924, série A, n 2), il existe un lien entre le blocage des négociations et la naissance d’un
différend justiciable, c’est-à-dire un différend susceptible de faire l’objet d’un règlement par voie de
recours au juge international. Il peut exister en certains cas, sur la base d’obligations généralement
définies dans des traités liant les deux parties, des obligations qualifiées de négocier, comme par
exemple celle de ne pas recourir à des mesures dilatoires.

B. les avantages et inconvénients de la négociation

Si la négociation est souvent prisée, préférée et encouragée dans les rapports internationaux, il
n'en empêche qu'elle est parfois méprisée de par ses inconvénients accablants et les dérives
auxquelles elle peut conduire.

 Au regard de la procédure, la négociation est probablement le mode de règlement des


conflits le plus flexible puisque n'y participent que les intéressés, de même que leurs
représentants, le cas échéant. Les parties sont libres de préparer les négociations en
conformité avec leurs propres besoins. Elles fixent notamment l'ordre du jour, décident si
les négociations seront publiques ou secrètes, déterminent le nombre de participants, etc.
En s'assurant que toutes les parties intéressées ont été consultées sur leur volonté de
participer et qu'il existe des moyens adéquats d'empêcher les injustices au cours du
processus (c'est-à-dire, un déséquilibre de pouvoir entre les parties), les parties ont de
meilleures chances d'en arriver à un accord satisfaisant6
 A l'instar des autres modes diplomatiques de règlement des conflits, les négociations
n'offrent aucune garantie quant à l'obligation de leurs résultats ; les parties son effet libre
de s'en conformer ou non. Toutefois, les négociations sont plus susceptibles de réussir
lorsque les parties négocient de bonne foi et surtout si elles adoptent une approche gagne-
gagne. En effet, en se centrant sur leurs intérêts et sur leurs besoins réciproques, les
parties ont plus de chance de conclure une entente qui répond à leurs besoins que si elles
traitent exclusivement de questions précises sans tenir compte des propos des autres
parties. C'est ainsi que toutes les parties finissent par gagner7
 La négociation est un processus volontaire. Personne n'est forcé d'y participer.

6
Série sur le règlement des conflits, guide pratique 1, préparé par les Services de règlement des différends,
Ministère de la Justice (Canada). Voir : http://canada-justice.ca/fr/ps/drs/ref/ref-04.html
7
ibid

3
 Par les négociations, les parties n'ont généralement pas à recourir à une tierce partie
impartiale. Cet aspect de la négociation est important dans la mesure où il arrive que les
parties préfèrent qu'aucune autre partie étrangère ne participe au processus, notamment
lorsque la question qui doit être abordée ou le différend qu'il faut régler est de nature très
secrète, très sensible, très délicate ou très marginale pour permettre l'intervention d'un
tiers.
 En négociant de bonne foi, les parties pourraient arriver un accord qui tient compte de
leurs intérêts. Les négociations ainsi conduites peuvent permettre de préserver et, dans
certains cas, d'améliorer les rapports entre les parties.
 La négociation pourrait s'avérer moins coûteuse et moins longue qu'un autre mode de
règlement des différends internationaux.

Si, quand survient un litige, les Etats en cause peuvent négocier directement, ils ont également la
possibilité de faire appel à un tiers.

CHAPITRE 2.LES PROCEDES D’INTERVENTION DU TIERS


On distingue les procédés d’origine coutumière (section1) et ceux d’origines conventionnelles (section2).

Section1.Procédés d’Origines Coutumières


Les procédés d’origines coutumières sont les bons offices et la médiation. Ces institutions ont
toutefois fait l'objet d'une codification par les conventions de La Haye du 29 juillet 1899 et du 18
octobre 1907 ; cette dernière dispose à cet égard en son article 2 : « En cas de dissentiment
grave ou de conflit, avant de passer aux armes, les puissances contractantes conviennent
d'avoir recours, en tant que les circonstances le permettront, aux bons offices ou à la
médiation d'une ou plusieurs puissances amies ».

Ces deux notions sont très proches en vérité, mais il convient de ne pas les confondre.
En effet, les bons offices et la médiation sont des procédures diplomatiques qui comportent
l'intervention de négociateurs d'un ou de plusieurs pays tiers, il peut s’agir de représentants de
gouvernements, d’organisations internationales ou de personnalités indépendantes. En outre, tous
les bons offices et la médiation sont soit proposés spontanément par le tiers, soit demandés par

4
l’une ou les deux parties en litiges. Il convient de souligner qu’en cas d’offre, les bons offices et
la médiation peuvent être refusés par les parties car ils gardent un caractère facultatif.8
Mais la différence essentielle consiste dans l’étendue des tâches confiées à la partie tierce.

 Dans les bons offices, la partie tierce se limite à établir le contact entre les parties ou à le
rétablir s’il a été rompu. Sa tâche est terminée dès lors que les parties en litige acceptent
de négocier. Elle ne prend pas une part active aux négociations. C’est l’exemple des bons
offices exercés par les Etats-Unis en 1946 entre la France et la Thaïlande ; il
s’agissait en l’occurrence d’un litige frontalier entre la France agissant pour le compte
du Cambodge alors sous protectorat et la Thaïlande.

 Par contre dans la médiation, le médiateur, en plus d’établir le contact propose en outre
aux parties une base d'accord possible, des solutions sur lesquelles celles-ci auront à se
prononcer. Le médiateur à la possibilité de suivre et même de guider la négociation
jusqu'à son aboutissement. Comme illustration, il convient de citer l’accord de Tachkent
du 1er novembre 1966, signé à la suite d’une médiation de l'URSS entre l'Inde et le
Pakistan ; et celui de Camp David, signé à la suite d’une médiation des Etats-Unis
entre Israël et l'Égypte le 17 septembre 1978 par les Présidents Sadate (Egypte),
Begin (Israël) et Carter (Etats-Unis)9

Toutefois, les parties en litiges sont libres de refuser les solutions proposées par le médiateur.
Elles ne sont donc pas liées par celles-ci sur le fondement de L'article 6 de la convention de La
Haye du 18 octobre 1907 qui dispose : « Les bons offices et la médiation, soit sur le recours des
parties au conflit, soit sur l'initiative des puissances étrangères au conflit, ont exclusivement le
caractère de conseil et n'ont jamais force obligatoire ».
La seule exception réside dans le fait pour les parties de s’engager par avance à se conformer aux
solutions proposées par le médiateur comme ce fut le cas dans l’affaire du "Rainbow Warrior"
en 1986 (médiation de Javier Perez de Cuellar entre la France et la Nouvelle Zélande) 10

 8
Decaux, Emmanuel,de Frouville, Olivier, Droit international public,Dalloz, 11e édition, p 400

9
http://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Camp_David (consultée le 20/12/2019)
10
https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_du_Rainbow_Warrior (consultée le 20/12/2019)

5
En cas de succès de la procédure, un accord sera généralement signé.

Section2.Procédés d’Origines Conventionnelles


Ce sont l’Enquête Internationale et la Conciliation Internationale. Les deux procédés reposent
toujours sur un accord. En effet, n’ayant pas un fondement coutumier, elles ne s’imposent aux
Etats qu’en vertu d’un engagement conventionnel.
L’enquête trouve son fondement juridique dans les Conventions de la Haye du 29 Juillet
1899 (Articles 3 à 14) et du 18 Octobre 1907 (Articles 9 à 35). La conciliation quant à elle se
fonde sur l’article 15 de l’acte général d’arbitrage 26 Septembre 1928.
Ici aussi, les deux notions sont assez proches, mais se distinguent toutefois dans leur finalité. En
effet l'enquête a pour but de faciliter le règlement d'une crise internationale par une connaissance
impartiale des faits, établie (élucidée) par un organisme offrant toutes les garanties d'impartialité.
Cet organisme appelé Commission d’enquête a pour mission de rechercher les faits présentés
comme étant à l’origine d’un litige en vue de constater leur matérialité, leur nature, les
circonstances qui les accompagnent afin de fournir à terme un rapport d’enquête aux parties. Ce
rapport, n’a cependant aucun caractère obligatoire les parties étant libres de décider de la suite à
donner aux constatations de la commission.11 La Commission se trouve en outre limitée dans
l’établissement de son rapport dans la mesure où elle doit se contenter d’établir les faits sans en
tirer aucune conclusion. Cette interdiction s’impose même lorsque la conclusion découle
logiquement des faits. Comme exemple d’enquête internationale, on a la célèbre "Affaire de
Hull" dite du Dogger Bank", entre la Grande Bretagne et la Russie, dont le rapport a été
rendu le 25 février 1905.12

Dans la Conciliation en revanche, la Commission de conciliation à le pouvoir de procéder à un


examen des faits et à en tirer des conclusions afin de proposer des solutions aux parties en litige.
La Commission de conciliation instituée par le traité Austro-Allemand du 15 Juin 1957 a ainsi pu
résoudre de nombreux litiges sans qu’il soit nécessaire de recourir aux modes de règlements

11
Decaux, Emmanuel,de Frouville, op.cit

6
juridictionnels prévus en cas d’échec. Toutefois la Commission de Conciliation n’étant pas un
organe juridictionnel, sa solution ne saurait s’imposer aux parties en litige, celles-ci restent donc
libre de s’en écarter.13

En ce qui concerne la composition de la commission d’enquête ou de conciliation, il faut préciser


qu’elle constituée sur la base de l’accord qui la met en place et qui en précise la mission. Mais en
règle générale la Commission comprend à la fois des nationaux des Etats en litiges afin de
s’assurer que leur point de vue sera présenté sous tous ses aspects et des tiers pris à titre de
personnes privées qui assurent la neutralité de la commission. Ces commissaires neutres sont
choisis d’un commun accord pour avoir la confiance des deux Etats en litiges. 14 L’affaire Red
Crusader du 15 Novembre 1961 en donne une parfaite illustration à travers sa commission
d’enquête composée d’un Officier de marine hollandaise et des professeurs Charles de
Visscher (Belge) André Gros (Français).

13
Ibid
14
ibid

7
CONCLUSION

Nous retenons essentiellement que les procédés interétatiques sont les plus plébiscités quant à la

souplesse de leur mise en œuvre et au caractère non contraignant des solutions qui en découlent.

Les Etats ont, comme on l'a vu, la possibilité de solutionner entre eux-mêmes les litiges qui les

opposent, soit de manière directe par le biais des négociations diplomatiques; soit de manière un

peu moins directe avec l'intervention d'un tiers. En tout état de cause le recours à des moyens

pacifiques de règlements des conflits s'impose aux Etats… Cependant, les modes de règlements

Etat-à-Etat des conflits ne sont pas les seuls moyens d'aboutir à des solutions pacifiques. D'autres

voies, plus contraignantes existent, tels les moyens juridictionnels. Mais en quoi consistent-ils

concrètement?

8
Bibliographie

Ouvrages généraux

David Ruzié, Droit international public, Dalloz, 14e édition, 1999

Pierre-Marie Dupuy Yann Kerbrat , Droit international public, Dalloz, (14e édition) 2018

Decaux, Emmanuel,de Frouville, Olivier, Droit international public,Dalloz, 11e édition,2018

Texte de loi

convention de La Haye du 29 juillet 1899

convention de La Haye du 18 octobre 1907

webographie

http://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Camp_David
https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_du_Rainbow_Warrior

9
Table des matières

SOMMAIRE………………………………..……………………………………1
NTRODUCTION………………….…………………………………………….2
CHAPITRE1. LES NEGOCIATIONS DIPLOMATIQUES DIRECTES……….3

SECTION1. la notion de négociation……………………………………………3

SECTION2. Les avantages et inconvénients de la négociation ………4

CHAPITRE2. LES PROCEDES D’INTERVENTION DUTIERS……………….5

SECTION1. Procédés d’Origines Coutumières………………………………5

SECTION2. Procédés d’Origines Conventionnelles………………………..7

CONCLUSION………………………………………………………………………………9

Bibliographie………………………………………………………………………………10

10
11