Vous êtes sur la page 1sur 4

LE RISQUE POLITIQUE :

Les risques politiques : des situations diverses impactant les marchés

Est perçu comme risque politique tout changement politique,


social ou sécuritaire susceptible d'avoir un impact significatif sur
des intérêts, notamment économiques.

Selon la COFACE (Compagnie Française d'Assurance pour le


Commerce Extérieur), dont la vocation est de garantir les
entreprises contre les risques financiers à l'export, le risque
politique recouvre deux grands ensembles : « le risque
sécuritaire, qui inclut celui de conflit et le terrorisme, et le risque
de fragilité politique et sociale qui comprend une mesure du
populisme pour les pays développés. »

On voit donc bien qu'il existe deux sortes de risques politiques qui
peuvent chacun prendre de nombreuses formes. Ainsi, le risque
sécuritaire peut concerner une guerre (qu'elle soit civile, comme
en Syrie, ou menée contre d'autres pays), un mouvement de
révolte ou des attentats terroristes. Le risque politique et sociale
comprend à la fois les évènements et les décisions politiques ou
administratives pouvant engendrer des pertes économiques,
commerciales ou financières pour les entreprises. À ce titre, des
ruptures d'accord (comme le traité iranien de non-prolifération du
nucléaire par exemple, ou encore l'accord de Paris sur le climat)
des décisions de confiscation ou de nationalisation, des décisions
d'expropriation, l'évolution d'une politique macroéconomique
(comme l'évolution de la politique monétaire des banques
centrales par exemple) font également partie des risques
politiques.
Risque politique : quel impact sur les marchés

Le risque politique, puisqu'il engendre des pertes financières


et/ou commerciales pour des entreprises, a un effet non
négligeable sur les marchés qui anticipent cette baisse.

Attention, il n'est pas nécessaire que l'évènement redouté se


produise pour que les marchés le prennent en compte. Bien au
contraire ! C'est parfois même l'incertitude plus que l'évènement
ou la décision qui provoque la chute des cours. On peut par
exemple penser au Brexit. Plus que le Brexit en lui-même, c'est le
fait de ne pas savoir comment ce dernier se déroulera qui
pénalise l'économie britannique.

Un risque politique, qu'il soit supposé ou avéré, entraîne donc


une baisse des marchés financiers concernés, mais pas
seulement. En effet, très souvent, les secteurs d'activité annexes
ou les classes d'actifs annexes subissent aussi de plein fouet les
réponses des marchés au risque encouru. Ainsi, c'est l'ensemble
des secteurs d'activité qui sont touchés par la guerre commerciale
sino-américaine même si les droits de douane devraient avant
tout porter sur un certain nombre restreint de secteurs. Depuis
l'attaque de pétroliers en mer d'Oman et la destruction d'un drone
américain survolant l'Iran au mois de juin, les cours du pétrole
flambent, mais les tensions entre Washington et Téhéran freinent
aussi les initiatives en Bourse.

Notez également que l'impact du risque politique sur les marchés


financiers est d'autant plus élevé que les volumes d'échanges
sont moindres. Ainsi, à l'approche de l'été, lorsque les volumes
d'échange tendent à diminuer, les risque politique a lui tendance
à augmenter.
Mesurer le risque politique et l'anticiper

Comment prendre en compte le risque politique, comment


l'anticiper pour ne pas subir de plein fouet son impact sur ses
investissements ?

D'abord, sachez qu'il existe des indices du risque politique, qui


varient selon les acteurs qui les ont mis au point. Ainsi, le
COFACE a créé son propre indice reposant sur 3 critères :

L’indice de conflit s'appuyant sur l'occurrence des conflits, leur


intensité et les types d'acteurs impliqués ; le risque de terrorisme ;
l'indice de fragilité politique et sociale prenant notamment en
compte la nature du régime politique, la fragmentation ethnique et
linguistique, les libertés politiques et les droit civique.

Les professionnels de la finance ont aussi créé des indices du


risque politique. Chez Saxo Banque par exemple, l'indice élaboré
à partir des travaux de Dario Caldara et Matteo Iacoviello se
fonde sur le nombre d'articles évoquant le risque politique dans
les principaux médias nationaux et internationaux en pourcentage
du nombre total d'articles.

Tous les grands acteurs du monde de la finance cherchent à


mesure le risque, à le quantifier, à l'anticiper. Alors, où en est-on
aujourd'hui ?

L'indice de risque politique est relativement haut en ce milieu


d'année 2019.

On observe en effet depuis plusieurs années déjà une


augmentation du risque politique à l'échelle mondiale. Cependant,
cette hausse est très hétérogène et s'accompagne de fortes
disparités en fonction des régions du globe. Sans surprise, c'est
le Moyen-Orient qui reste la zone la plus à risque. Et ce n'est pas
les récents évènements dans le Golfe d'Oman qui vont venir
démentir le rapport du COFACE sur le sujet. Le risque s'est aussi
accru en Afrique sub-saharienne et dans la CEI (Communauté
des États Indépendants) regroupant Arménie, Azerbaïdjan,
Biélorussie, Kazakhstan, Kirghizstan, Moldavie, Ouzbékistan,
Russie, Tadjikistan, Turkménistan, Ukraine et Géorgie où en juin
2019 des dizaines de personnes ont été blessées lors d'émeutes
au Parlement dues à la prise de parole d'un député russe.

Les pays occidentaux connaissent eux aussi une importante


recrudescence du risque politique. En cause : la montée du
populisme et l'augmentation du risque d'attentats.

Aux investisseurs, à l'aune de ces informations d'anticiper au


mieux le risque politique qui, même s'il sera le plus souvent
défavorable à l'investisseur, peut aussi lui être bénéfique s'il l'a
bien anticipé. Il pourra en effet jouer les marchés concernés à la
baisse en se positionnant sur des produits dérivés spécifiques
(ETF bear, Turbo Short, Option Put, etc.) ou bien investir dans les
actifs qui lui paraissent bénéficier du risque qu'il anticipe (une
montée des cours du Brut due à des tensions au Moyen-Orient
par exemple).

Vous aimerez peut-être aussi