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Défintion de la conscience

« Sous le terme de conscience, par ailleurs, on n'envisage plus la " co-science " comme
une science plus élevée, mais comme l'autodétermination individuelle que personne ne
peut réglementer, par laquelle l'individu décide pour lui-même de ce qui est moral dans
une situation donnée... Une indication qui vient de l'extérieur ne peut en aucun cas fonder
des obligations décisives » (La documentation Catholique, p. 847-848).

La « con-science » (« savoir avec » en latin) désigne une science plus élevée en ce sens
seulement qu'elle signifie un savoir sur lequel on réfléchit en soi-même, ou que l'on
partage en intimité, pour le bien, et c'est la « confidence », ou pour le mal, et c'est la «
complicité ».
Cf. Rey-Mermet Théodule, Conscience et liberté, Nouvelle cité, Paris 1990, p. 10.

La conscience pssychologique
C'est la conscience psychologique : la connaissance de soi et de son activité, la présence
de la personne à elle-même : à son corps, à ses sensations, à son environnement, à ses
actes physiques, à ses états intérieurs (pensées, souvenirs, joies, projets, souffrances,
désirs, intentions, regrets, etc.). Ainsi, l'un et l'autre montent au Temple pour prier et ils le
savent par l'intuition qu'a leur esprit de leurs actes et de leur but.
Cf. Rey-Mermet Théodule, Conscience et liberté, Nouvelle cité, Paris 1990, p. 13-14.

La conscience réfléchie
L'homme, au contraire, peut penser qu'il sent ou qu'il vit ceci et cela. C'est la conscience
réfléchie : nous avons la faculté de revenir activement sur nos sensations, nos sentiments,
nos idées, nos actes passés, nos décisions, et porter sur eux une appréciation, un jugement
de valeur; nous pouvons nous prendre nous-mêmes comme objet de pensée, comme on se
regarde dans une glace. C'est proprement la « réflexion », la « con-science » où l'on se
met en face de soi-même, ou d'un autre, pour « savoir avec ».
Cf. Rey-Mermet Théodule, Conscience et liberté, Nouvelle cité, Paris 1990, p. 14-15.

La conscience morale
Quand la conscience psychologique s'adonne ainsi à distinguer le bien et le mal, elle
devient conscience morale.
Cf. Rey-Mermet Théodule, Conscience et liberté, Nouvelle cité, Paris 1990, p. 15-16.

Conscience erronée
Chez notre Pharisien, elle est
rétrospective, puisqu'elle est un
regard sur le passé. Les savants
l'appellent conséquente, parce
qu'elle vient après l'acte qu'elle
juge. Elle est une sorte d'examen
de conscience. Cet examen est ici
tout en sa faveur et lui donne
donc bonne conscience.
Reste à savoir s'il peut se reposer, comme il le fait avec ostentation, sur cette bonne
conscience? Certainement pas : Dieu le renvoie comme pécheur « non justifié ». Sa
conscience morale est donc erronée. En quoi? Est-ce péché de fuir la rapacité et
l'adultère, de jeûner et de donner beaucoup plus que la loi juive ne le prescrit?
Évidemment non. Et une conscience qui se trompe de bonne foi est-elle coupable? Bien
sûr que non. Alors?... Alors sa conscience est déformée, coupablement aveuglée par son
pharisaïsme : « Le Seigneur dit cette parabole pour certains qui se croyaient assurés d'être
justes et qui méprisaient les autres », écrit Luc.
Cf. Rey-Mermet Théodule, Conscience et liberté, Nouvelle cité, Paris 1990, p. 16.

La conscience fait l’homme


. C'est ainsi que l'on qualifie d'« homme de conscience », d'employé ou de magistrat «
consciencieux », celui qui a l'habitude de suivre le meilleur de lui-même, d'obéir à son
sens moral, au lieu de privilégier ses intérêts, ses penchants, ses plaisirs ou son profit.
Ce sens moral existe naturellement en tout être humain normal. Saint Thomas observe
que tout homme porte en lui une lumière lui permettant un certain discernement du bien
et du mal, et une exigence l'incitant à faire le bien et à éviter le mal. Cet appel est, dans
l'homme, un reflet de Dieu, à l'image de qui il a été créé. C'est cet appel qui fait l'homme.
Cf. Rey-Mermet Théodule, Conscience et liberté, Nouvelle cité, Paris 1990, p. 18.

La conscience comme lieu de décision

. « Évite le mal et fais le bien » :


tel est l'impératif fondamental de
la conscience morale. Comme les
phares d'une voiture, son rôle
essentiel est d'éclairer l'avenir, la
route à suivre. Elle doit être
surtout prospective
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(« antécédente », disent les spécialistes : les feux sont devant) : elle est le jugement de
notre sensibilité spirituelle et de notre raison, énonçant ce qu'il nous faut faire ou ne pas
faire en fonction de la loi morale. Elle est comme un « voyant » intérieur qui éclaire
chacun sur sa ligne à suivre et ses marges de liberté.
Cf. Rey-Mermet Théodule, Conscience et liberté, Nouvelle cité, Paris 1990, p. 17-18.

Cette conscience comporte deux niveaux. Celui des principes théoriques : je sais, je sens,
je comprends qu'il ne faut pas mentir, ni voler, ni tuer, ni blasphémer... Celui des
applications pratiques dans mon action quotidienne : telle dissimulation est-elle discrétion
ou tromperie? suis-je assez malade pour me faire mettre au bénéfice de l'assurance ou
fais-je une simple crise de paresse? cette opération de bourse qui me promet un gain
confortable est-elle honnête ou non? suis-je, sur route, un chauffeur prudent ou un
assassin potentiel? Mon employée de maison est-elle convenablement rétribuée? pour qui
ou pour quoi voter?... Sur tous les points de la vie pratique, comme sur les grands prin-
cipes, la conscience éclaire et tranche : elle permet ou interdit, elle conseille ou ordonne
souverainement. Nous ne l'avons pas créée; nous ne pouvons pas lui fermer la bouche.
Elle promet ou menace, blâme ou encourage.
Cf. Rey-Mermet Théodule, Conscience et liberté, Nouvelle cité, Paris 1990, p. 18-19.

La conscience comme Juge.


Et si nous passons outre en la piétinant, elle nous mord au talon et ne lâche pas prise :
c'est le remords. Le remords devant soi, devant Dieu, et devant les autres dont on sait
qu'ils nous mépriseraient s'ils savaient. Le cri de Caïn est célèbre : « Ma peine est trop
lourde à porter... Je devrai me cacher loin de to face, ô Dieu, je serai un errant vagabond
sur une terre hostile » (Gn 4, 13-14). Dans La légende des siècles, Victor Hugo lui a
consacré un poème célèbre intitulé précisément « La conscience »

Caïn, ne dormant pas, songeait au pied des monts. Ayant levé la tête, au fond des cieux
funèbres, Il vit un coil, tout grand ouvert dans les ténèbres, Et qui le regardait dans
l'ombre fixement. « Je suis trop près », dit-il avec un tremblement.
Cf. Rey-Mermet Théodule, Conscience et liberté, Nouvelle cité, Paris 1990, p. 19.

La conscience ne meurt pas


; nous n'avons quasi aucun pouvoir sur notre conscience, du moins dans l'immédiat. Seul
un long temps de formation ou de déformation parvient à l'affiner ou à l'étouffer.
Peut-être parviendra-t-on à faire la sourde oreille et à lui imposer silence sur un point
déterminé; mais pour un temps seulement : elle refera surface obstinément. C'est dire
qu'elle est sans complaisance, intraitable même, aussi indestructible que nous-mêmes.
Parce qu'elle est nous-mêmes.
Cf. Rey-Mermet Théodule, Conscience et liberté, Nouvelle cité, Paris 1990, p. 20.

Cf. Rey-Mermet Théodule, Conscience et liberté, Nouvelle cité, Paris 1990, p.


Cf. Rey-Mermet Théodule, Conscience et liberté, Nouvelle cité, Paris 1990, p.
Cf. Rey-Mermet Théodule, Conscience et liberté, Nouvelle cité, Paris 1990, p.

Cf. Rey-Mermet Théodule, Conscience et liberté, Nouvelle cité, Paris 1990, p.


Cf. Rey-Mermet Théodule, Conscience et liberté, Nouvelle cité, Paris 1990, p.
Cf. Rey-Mermet Théodule, Conscience et liberté, Nouvelle cité, Paris 1990, p.
Cf. Rey-Mermet Théodule, Conscience et liberté, Nouvelle cité, Paris 1990, p.
Cf. Rey-Mermet Théodule, Conscience et liberté, Nouvelle cité, Paris 1990, p.

La conscience comme guide personnel


« La conscience est un guide personnel, écrit John Henry Newman dans sa Grammaire de
l'Assentiment; je m'en sers parce que je dois me servir de moi-même. Je ne peux pas
penser avec un autre esprit que le mien; autant respirer avec les poumons d'autrui. La
conscience est pour moi le plus proche de tous les instruments de connaissance. Elle
m'est donnée à moi comme elle est donnée à mes voisins. Chacun la porte dans sa propre
poitrine, elle n'a besoin de rien autre chose qu'ellemême; aussi transmet-elle
admirablement à chacun en particulier les connaissances qui lui sont le plus importantes
pour sa vie individuelle. Elle est pratiquement adaptée à toutes les classes sociales et à
toutes les conditions, aux grands et aux petits, aux jeunes et aux vieux, aux hommes et
aux femmes. Elle est indépendante des livres, des déductions savantes, des connaissances
physiques et de la philosophie. »
Cf. Rey-Mermet Théodule, Conscience et liberté, Nouvelle cité, Paris 1990, p. 20.

La conscience comme loi innée


la nature humaine comporte une fonction innée, source permanente, en chacun, des
premiers principes moraux et de leurs applications dans la vie concrète.
Cf. Rey-Mermet Théodule, Conscience et liberté, Nouvelle cité, Paris 1990, p. 21.

L’inconscient
Cette source monte d'abord de
l'inconscient personnel et
collectif. Elle en monte, non pas
comme un instinct animal; au
contraire, comme une vocation
constitutive de tout homme, créé
qu'il est et appelé par Dieu, qu'il
le sache ou non. Tout à l'opposé
des pulsions dont est souvent le
jouet l'animal dit raisonnable que
nous sommes, cette vocation est
la racine inconsciente de la
personne spirituelle potentielle
qu'est chaque être humain dès sa
conception. Cette conscience
obscure devra s'épanouir, la
croissance venue, en intelligence
pratique et en volonté libre, pour
faire, de chaque personne, « un
être qui décide » (Karl Jaspers),
un être responsable.
D'ailleurs, même parvenue à la claire conscience et à la pleine liberté, la personne garde
cette profondeur inconsciente où domine, non le principe de plaisir ou celui d'agressivité,
mais la volonté de sens.
Cf. Rey-Mermet Théodule, Conscience et liberté, Nouvelle cité, Paris 1990, p. 21.

La conscience chez les non-croyants.


Ainsi l'esprit, en sa source première, est esprit inconscient, mais cet inconscient spirituel
pointe naturellement vers Dieu. Car c'est Dieu qui donne le sens. Les non-croyants, dont
souvent la vie morale nous émerveille, font seulement référence à l'homme, sans savoir
ce qu'il y a de divin dans l'homme. Ils n'ont pas tort : la raison ne conduit pas forcément à
l'aveuglement spirituel, comme certains tendent à le penser. Saint Thomas affirme au
contraire que la raison est la norme fondamentale de la moralité. C'est d'ailleurs dire
implicitement que cette norme est la volonté de Dieu, car la raison est le lieu privilégié en
l'homme où se réalise son être d'image de Dieu. Après saint Paul (Rm 1, 20-21), le
chrétien sait que sa raison est le terrain normal et préparé pour recevoir la semence de la
révélation de Dieu et de ses volontés.
Cf. Rey-Mermet Théodule, Conscience et liberté, Nouvelle cité, Paris 1990, p. 21-22.

La conscience pointe vers Dieu.


Toute liberté est liberté à l'égard
de quelque chose. A l'égard de
quoi l'homme peut-il se rendre
libre? A l'égard, d'abord, de ses
propres pulsions instinctives : être
responsable, c'est répondre de soi,
être maître de soi. A l'égard aussi
des autres : de la pression sociale,
des idées reçues, des moeurs
courantes, de l'éducation subie,
des lois civiles trop permissives,
etc. Dans notre environnement,
tout n’est pas toujours beau et
bon, loin de là. Nous avons donc
à être nous-mêmes, et non un
chien crevé au fil d’une eau
boueuse. Notre liberté, si elle est
fidèle à notre sens moral, est une
liberté pour le bien - que dis-je? -
pour le meilleur.
Liberté à l'égard de quelque
chose, route liberté est aussi
liberté en face de quelqu'un. Ma
conscience, qui me donne, ou
non, carte blanche, qui m'intime
de prendre le chemin qui monte,
me met, je le pressens, en face de
quelqu'un d'autre. En effet, je ne
suis pas responsable seulement
devant moi-même : cela n'aurait
pas de sens que de tourney en
rond dans un monologue. Je ne
puffs davantage être responsable
devant quelqu'un qui ne serait que
mon égal. Donc, à moins
d'admettre qu'elle est absurde, il
faut que cette conscience en moi,
il faut que ce témoin intérieur guff
me regarde, me juge, me
commande, m'ouvre telle porte ou
me l'interdit, il faut que ce témoin
soit quelqu'un, et quelqu'un de
plus grand que moi, quelqu'un de
plus

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qu'humain. Mes débats de
conscience ne peuvent être qu'une
conversation à deux, un dialogue
avec quelqu'un qui me dépasse,
qui me « transcende » : la
conscience ne peut être que la
voix de la transcendance.
L'homme irréligieux ne cherchera
pas si haut. Il ne verra peut-être
pas plus loin que lui-même et sa «
dignité »; ou du moms pas plus
loin que ses « semblables » et leur
collectivité, le bien commun.
Identifiant son sens moral à un
sens élevé de l'homme - et ce n'est
pas si mal -, il se croira peut-être
l'ultime instance qui décide du
bien et du mal. Il aura droit d'être
respecté dans sa conscience, car
sa liberté a été voulue et donnée
par Dieu.
L'homme religieux, lui, Bait qu'il nest pas l'ultime instance. Il se Bait fibre
psychologiquement devant le mal comme devant le bien; il se sait fibre moralement rant
que sa conscience ne lui intime pas un ordre ou une défense. Car il reconnaît n'être que
l'avant-dernière instance. Il sait que, derrière le « sur moi » qui ordonne ou qui défend, il
y a plus que l'image paternelle ou la pression du groupe humain : il y reconnaît le « Toi »
de Dieu.
Cf. Rey-Mermet Théodule, Conscience et liberté, Nouvelle cité, Paris 1990, p. 22-23.