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Marouan EL-LAMRANI / FGO

La finance comportementale

Histoire : 1

Précisément l'histoire débute à la fin des années 1960, alors que les deux compères DANIEL KAHNEMAN
et AMOS TVERSKY (psychologues à l'université hébraïque de Jérusalem) réfléchissent, à la demande
d'instructeurs de l'armée de l'air israélienne, sur la meilleure façon de motiver les jeunes pilotes à
l'entraînement.
A l'époque, les instructeurs s'élevaient notamment contre la sagesse populaire qui prétend que l'encouragement
donne de meilleurs résultats que la punition.

Ils avaient en effet remarqué que les pilotes qui se faisaient réprimander après un mauvais vol s'amélioraient
la fois suivante alors que ceux qui recevaient des félicitations après un vol réussi tendaient à être moins
performants le vol d'après. Pour eux le lien était évident et la conclusion aussi. En fait, ils ignoraient (ou
oubliaient d'appliquer) le concept statistique élémentaire de régression vers la moyenne.

Quand quelqu'un réalise une performance très en dessous de son niveau, la probabilité qu'il s'améliore au
prochain coup est très importante. Et inversement celui qui a réussi exceptionnellement bien a de grandes
chances de moins bien réussir la fois suivante. Cela ne veut pas dire que la conclusion des instructeurs soit
nécessairement fausse ; il faudrait faire des tests pour s'en assurer. Ce qui est sûr c'est que le raisonnement qui
les a conduits à cette conclusion est fallacieux : les faits observés peuvent très bien s'expliquer sans faire
intervenir les méthodes de motivation.

C'est à partir de ce moment que les deux chercheurs n'ont plus cessé de s'intéresser aux « heuristiques » de
jugement, c'est-à-dire aux règles non écrites qui permettent aux individus de se faire un avis rapidement et de
prendre une décision.

Ils l'ont fait en Israël puis aux Etats-Unis où leurs recherches ont enfin trouvé l'écho qu'elles méritent,
KAHNEMAN enseignant à Princeton et TVERSKY à Stanford jusqu'à sa mort en 1996.

La façon novatrice d'aborder les comportements économiques qu'ils ont initiés s'est diffusée durant la dernière
décennie au domaine de la finance où la recherche dispose désormais d'un courant comportementaliste très
dynamique. La finance comportementale permet notamment d'éclairer ce qui motive les décisions des
investisseurs.

1- Le comportement psychologique de l'investisseur - Boujlida Ahmed


Définition de la finance comportementale :

THALER (1993) définit la finance comportementale comme une simple « ouverture d'esprit », c'est-à-dire
que pour trouver une solution à un problème empirique (financier), il est nécessaire de déterminer l'état ou la
situation dans laquelle certains agents, appartenant à l'économie, agissent d'une façon moins importante que
l'ensemble des agents rationnels.

LINTNER (1998) définit la finance comportementale comme l'étude du comportement de l'individu, quand il
analyse et agit en présence de décisions d'investissements.

OLSSEN (1998) affirment que la finance comportementale, n'a pas pour objectif de définir un comportement
rationnel ou une décision d'étiquette, mais elle cherche à comprendre et à prédire les implications
systématiques et financières liées au marché, et au processus psychologique de prise de décision.

La « finance comportementale » est basée sur deux hypothèses complémentaires, qui se démarquent de
manière significative des hypothèses qui sont à la base de l’hypothèse d’efficience des marchés.2

La première est que certains investisseurs ne sont pas pleinement rationnels et que leur demande d’actifs
financiers à risque est affectée par leurs croyances ou leurs émotions, lesquelles ne sont évidemment pas
pleinement justifiées par les « fondamentaux » économiques. Dans le jargon des financiers, ces investisseurs
sont appelés métaphoriquement des noise traders, parce que leurs anticipations sont biaisées par des
considérations qui ont un effet similaire à celui des « bruits parasites » dans un phénomène de communication
radioélectrique.2
La seconde hypothèse de base est que l’arbitrage, activité à laquelle va se livrer la seconde catégorie
d’investisseurs, qui sont, eux, pleinement rationnels, est une activité non dénuée de risque et dont l’efficacité
est par conséquent limitée.2
Les arguments de la finance comportementale : 3

Le grand mérite de la finance comportementale aura été de remettre en cause les deux principales hypothèses
de la théorie de l’efficience des marchés :
Tout d’abord, elle prouve que les investisseurs sont rarement rationnels en situation d’incertitude car ils sont
soumis à des biais psychologiques de deux types (cognitifs et émotionnels).

L’arbitrage est limité et risqué contrairement au postulat de l’hypothèse de l’efficience des marchés.
Plusieurs raisons empêchent l’arbitragiste de réaliser pleinement son travail :

2- Nihat Aktas- LA « FINANCE COMPORTEMENTALE » : UN ÉTAT DES LIEUX


3- Investir sans criser : Bourse, saisir les opportunités - Kabbaj, Thami
1) le risque fondamental ;
2) le risque lié aux traders irrationnels (noise traders) ;
3) l’existence de coûts de transaction.

L e s P r i n c i p a u x b i a i s mi s e n é v i d e n c e p a r l a F i n a n c e C o mp o r t e m e n t a l e :

Les résultats des études empiriques menées par les chercheurs en finance comportementale concluent que les
investisseurs, ne sont pas pleinement rationnels. Leurs comportements affichent au contraire de nombreux
biais HERSH SHEFRIN a fait une distinction de ses biais en faisant la séparation en les facteurs cognitifs et
les facteurs affectif (émotionnels) à leur origine et ce de la manière suivante : « les aspects cognitifs
s’intéressent à la façon dont les personnes organisent leur information, tandis que les aspects émotionnels
traitent de ce que les personnes ressentent lors de l’enregistrement de l’information »

I- Les biais cognitifs :


Représentent en terme simple des défauts de raisonnement, ceux-ci traitent du volet qui s’intéresse aux
connaissances et aux croyances qui interviennent lors du processus de prise de décision.
Les plus importants biais cognitifs détecté à travers différentes études empiriques sont :
1- Biais de confirmation :

Représente la tendance des individus à persister à rechercher des informations allant dans un sens confirmerait
leurs hypothèses de départ.
1- Biais de représentativité :

Les individus utilisent l’heuristique de représentativité pour ranger rapidement les propositions auxquels ils
font face. Il s’agit donc de généraliser une situation à partir d’un cas particulier connu qui s’en rapproche.
2- Biais de disponibilité :

L’heuristique de disponibilité amène l’individu à rapprocher certaines situations à d’autres qui lui sont
familières sans tenir compte de leurs probabilités d’occurrence.
3- Défaut d’attention

Cette notion dévoile la tendance de l’individu à ne pas prendre en considération qu’un aspect d’un problème
posé en vue de trouver la solution au lieu de traiter le problème dans sa grande globalité.
II- Biais émotionnels :

Les biais émotionnels ou effectifs tentent de cerner la tendance des agents à ne s’intéresser qu’aux données
allant dans le sens qui leur convient et qui ont d’ailleurs été choisies bien avant la recherche de l’information.
1- L’excès de confiance et l’optimisme :

L’optimisme et la confiance dévoile la tendance des individus à surestimer leurs compétences.


2- Phénomènes moutonniers :

Ce phénomène consiste à adopter le même comportement que la « foule » afin d’éviter toute sanction
éventuelle (l’investisseur ne peut être sanctionné si sa décision de révèle erronée car tous les investisseurs se
sont trompés en même temps).
3- Le conservatisme

Le conservatisme est un biais qui consiste à sous-estimer les nouvelles informations et à accorder trop
d’importance aux anciennes. Les individus ont tendance à ne pas suffisamment réévaluer une situation en
fonction de nouvelles informations et à trop se fier à d’anciennes croyances.
Les limites de la finance comportementale :

La finance comportementale a privilégié les aspects cognitifs et psychologiques, d’autres ont opté pour des
facteurs culturels, sociaux, politique ;
Dans la finance comportementale nous parlerons d’une collection de biais psychologique qui interviennent a
tous les étages de la prise de décision et qui sont difficilement intégrales dans un modèle ;
La finance ou économie comportementale est un domaine qui non encore considéré totalement scientifique ni
pratique.
Conclusion :

La finance comportementale reste une discipline discutée. Sans pouvoir prouver l’apport de cette discipline
en termes de performances, on peut facilement lister et comprendre un certain nombre de biais susceptibles
d’influencer les décisions d’investissement.
L’investisseur doit donc élargir son de version pour tenir compte de cela dans tout choix d’investissement car
admettre l’importance de la psychologique de marché peut être un atout en sa faveur, voire une nécessité pour
sa survie.