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Indicateurs de la durabilité des bétons

1. Introduction

La durabilité de l’ouvrage caractérise sa capacité à conserver les fonctions d’usage, pour


lesquelles il a été conçu (fonctionnement structurel, sécurité, confort des usagers), et à
maintenir son niveau de fiabilité et son aspect esthétique dans son environnement, avec des
frais de maintenance et d’entretien aussi réduits que possible (sous réserve de la mise en
œuvre d’une maintenance préventive programmée).

 la pénétration d'agents agressifs qui peut conduire à l'amorçage (et au


développement) du processus de corrosion des armatures,

 les cycles de gel-dégel qui entraînent gonflements et fissuration du béton par gel
interne et un écaillage des surfaces exposées aux sels (de déverglaçage).

 les agressions liées à la carbonatation et à la pénétration des chlorures (en présence


de sels).

2. La pénétration des ions chlorure dans le béton :

• en pénétrant dans le béton par diffusion, les chlorures réagissent avec les hydrates
(Ca(OH)2 notamment) de la pâte de ciment, ce qui conduit à la dépassivation et à la
corrosion des armatures.

• la pénétration des chlorures est favorisée par des cycles séchage/humidité également.

• distinction entre chlorures libres sous forme ionique dans la solution interstitielle
(extractibles à l’eau) et chlorures totaux (extractibles à l’acide).

On considère que seuls les chlorures libres peuvent diffuser et jouer un rôle actif dans le
processus de dépassivation et de corrosion des armatures. Ces constatations expliquent le fait
que les bétons à base de CEM I à teneur relativement élevée en C3A soient plus résistants à la
corrosion induite par les chlorures en raison de leur capacité à fixer une quantité importante
de chlorures qui ne seront plus disponibles pour dépassiver les aciers.

3.La carbonatation du béton :

• le CO2 présent dans l’air pénètre dans le béton par le réseau poreux et les fissures et,
en présence d’eau dans les pores, abaisse le pH initialement de 13) de la solution
interstitielle du béton à 9 par réaction avec la pâte de ciment hydratée et notamment la
portlandite :

• au fur et à mesure de la progression


du front de carbonatation, les armatures

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initialement protégées par une couche
d’oxyde de fer (liée à l’alcalinité
de la solution interstitielle) sont alors
dépassivées et le phénomène de corrosion s’initie.
• la carbonatation est maximale lorsque l’humidité relative est modérée.

• après environ 30 ans, la profondeur de carbonatation dans un béton d’ouvrage peut


varier de 1 à 30 mm suivant la compacité du béton, la fissuration de peau et le milieu
environnant.

Alcali-réaction :
On désigne par alcali-réaction un ensemble de réactions chimiques internes au béton impliquant
certains types de granulats renfermant des espèces minérales qui peuvent se révéler comme
potentiellement réactives au contact de solutions riches en oxydes alcalins Na 2O et/ou K2O. Ces
oxydes alcalins peuvent être d’origine interne (ciment, additions minérales, granulats, adjuvants, eau
de gâchage) ou externe (sels de déverglaçage, par exemple). Ils se retrouvent dissous dans la solution
interstitielle du béton.
Les différents types d'alcali-réaction sont les suivants :

 réaction alcali-silice (impliquant des granulats essentiellement formés d'opale, de


calcédoine, de cristobalite, de tridymite, de quartz microcristallisé, de silex, ...),

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 réaction alcali-silicate (impliquant des roches polyminérales contenant des
minéraux silicatés d'origine magmatique, métamorphique ou sédimentaire :
grès, argiles, granits et basaltes, où la silice peut se présenter sous forme
microcristalline),

I.3.5 L’attaque sulfatique: Les phénomènes à l‟origine de l‟attaque sulfatique ne sont pas
parfaitement bien connus ni maîtrisés. L‟attaque sulfatique est associée à la précipitation de
produits sulfatés secondaires, d‟une expansion importante et de la détérioration chimio-
mécanique (modifications des propriétés de transport de la porosité, fissures, perte de
résistance et de cohésion,…). Ceci peut conduire à la ruine du matériau cimentaire, à plus ou
moins long terme en fonction de l‟attaque (nature, teneur et concentration des sulfates au
contact) et du ciment utilisé (type et rapport Eau/Ciment).

On distingue l‟attaque sulfatique interne, qui fait intervenir des sulfates déjà présents dans le
béton, de l‟attaque sulfatique externe qui se produit dès lors que les conditions externes sont
réunies.

L‟attaque sulfatique externe se produit lorsqu‟un matériau cimentaire se trouve en contact


direct avec une source de sulfate, comme dans les sols, les eaux souterraines, les eaux
d‟infiltration, les pluies acides (acide sulfurique) liées à la pollution industrielle
atmosphérique. Elle peut être décrite selon trois processus permettant d‟évaluer l‟agression :
 Le transfert dans le milieu poreux des ions sulfates qui est contrôlé par la perméabilité et la
diffusivité des matériaux,

 Les réactions chimiques entre les composants de la pâte de ciment, qui dépendent du ciment
utilisé, et de l‟apport en ions SO-2 4 ,

 Le phénomène d‟expansion, résultant de la cristallisation de nouveaux hydrates.

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Figure : Schéma simplifié des processus de détérioration du béton intervenant lors des attaques
sulfatiques (DEP : Dégradation en Eau Pure, ASSO : Attaque au Sulfate de Sodium Na2SO4).

Indicateurs de durabilité généraux :

Les indicateurs de durabilité généraux, les paramètres qui apparaissent fondamentaux, aussi bien vis-
à-vis de la prévention de la corrosion des armatures que de l'alcali-réaction, sont les suivants :
• porosité accessible à l'eau,
• coefficient de diffusion (apparent ou effectif) des ions chlorure,
• perméabilité aux gaz,
• perméabilité à l'eau liquide,
• teneur en portlandite Ca(OH)2.

marnage

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