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Construction en terre :
Date de publication :
01 mars 2005 l’amélioration par la
stabilisation

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Construction en terre :
l’amélioration par la stabilisation

1. Qu’est-ce que la stabilisation ? ........................................................... TBA1510 - 2


I – Une amélioration de la terre ................................................................. — 2
II – Les trois grands procédés de stabilisation.......................................... — 2
III – Les six principaux moyens de stabilisation ....................................... — 2
IV – Les modes de stabilisation les plus répandus................................... — 3
A. La compression ................................................................................... — 3
B. La correction de texture ...................................................................... — 4
C. L’ajout de fibres ................................................................................... — 4
D. L’ajout de ciment................................................................................. — 4
E. L’ajout de chaux................................................................................... — 5
F. L’ajout de bitume ................................................................................. — 5
2. La stabilisation : évaluation générale................................................ — 7

u’entend-on par « stabilisation » ? Il s’agit, par l’ajout de divers stabilisants,


Q de modifier les caractéristiques d’une terre — en texture et structure — de
façon à obtenir en permanence un matériau exploitable et fiable en construction.
Trois procédés et six moyens de stabilisation (entre armer, imperméabiliser,
hydrofuger, etc.), on parle aussi de « modes de stabilisation », sont étudiés au
fil de cet article, dans le détail et avec leurs conséquences particulières.
Pour tous ceux qui veulent aller plus loin dans la connaissance de la construc-
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tion en terre, il est conseillé de lire les articles suivants :


– sur l’introduction à la construction en terre [TBA1500] ;
– sur le matériau « terre » [TBA1505] ;
– pratiques les bons essais en architecture de terre [TBA1515] ;
– tout savoir sur les qualités de la terre [TBA1520] ;
– les normes à connaître en construction de terre [TBA1525] ;
– les bases de l’architecture en terre [TBA1530] ;
– sur les recommandations majeures du secteur [TBA1535] ;
– à propos de l’actualité de la construction en terre [TBA1540].

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CONSTRUCTION EN TERRE : L'AMÉLIORATION PAR LA STABILISATION

1 Qu’est-ce que la stabilisation ?

I - UNE AMÉLIORATION DE LA TERRE Stabilisation chimique – L'ajout à une terre d'autres maté-
riaux (liants hydrauliques, par exemple) ou de produits
chimiques en modifie ses caractéristiques en générant des
Stabilisation – Les caractéristiques de très nombreuses réactions physico-chimiques qui peuvent entraîner la création
variétés de terre peuvent être améliorées grâce à l'ajout de d'une matrice d'enrobage ou de liaison des particules ou
stabilisants. La stabilisation consiste donc à modifier les carac- même la formation d'un autre matériau (réaction pouzzola-
téristiques d'une terre en vue de les améliorer. Elle induit des nique entre l'argile et la chaux, par exemple).
processus de modification qui agissent directement sur le
système terre/eau/air et permet l'obtention de propriétés per-
manentes qui peuvent convenir à une ou des applications
particulières du matériau terre en construction. III - LES SIX PRINCIPAUX MOYENS DE STABILISATION
Modifier la texture et la structure – Il est en fait possible
d'intervenir sur deux des principales caractéristiques d'une On dénombre six principaux moyens de stabilisation : densi-
terre qui sont la texture et la structure. fier, armer, enchaîner, liaisonner, imperméabiliser, hydrofuger
(cf. Tab 1).
Ces interventions visent notamment à agir sur trois propriétés
principales qui sont la porosité, la perméabilité et la résistance
mécanique. Les principaux objectifs que l'on poursuit en inter- Densifier – On peut densifier la terre par pétrissage ou com-
venant sur ces caractéristiques et ces propriétés sont : pactage. Ce moyen évacue l'air en réduisant les pores et
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canaux capillaires. Il contribue à réduire la porosité du maté-


– la réduction de la porosité ; riau et à augmenter sa densité.
– la diminution du gonflement ;
– le retrait de la terre ; Armer – Il s'agit d'introduire une armature dans la terre géné-
ralement constituée de fibres d'origine végétale (paille),
– l'obtention d'une meilleure cohésion ; animale (poils, bourre), minérale ou synthétique (fibres de syn-
– l'amélioration de la résistance à l'érosion et l'imperméabili- thèse). Ce moyen crée un réseau de fibres omnidirectionnel
sation de surface ; qui améliore notamment les résistances à la traction et au
– l'obtention de meilleures résistances à la compression sèche cisaillement et contribue à réduire le retrait.
et humide, à la traction et au cisaillement.
Enchaîner – Une matrice tridimensionnelle inerte et résistante
On remarquera que la stabilisation est un problème complexe est introduite dans la terre. Elle induit une consolidation par
qui fait intervenir de nombreux paramètres exigeant : cimentation (création d'un squelette) qui enrobe les grains et
s'oppose aux mouvements du matériau. Ce moyen améliore
– la connaissance des propriétés de la terre ;
la résistance mécanique et à l'érosion.
– la définition précise des améliorations envisagées ;
– l'économie du projet (coûts et délais) ; Liaisonner – Dans ce cas, la matrice inerte est aussi intro-
– les techniques de production et de construction employées ; duite dans les argiles et forme des liaisons chimiques stables
– le parti architectural et notamment la relation entre la struc- entre les cristaux d'argile. Ce moyen induit la formation
ture et la forme du bâtiment, l'entretien du bâtiment. d'autres matériaux par réaction physico-chimique (le cas de la
réaction pouzzolanique entre l’argile et la chaux). Ce moyen
améliore la résistance mécanique et à l'érosion.

II - LES TROIS GRANDS PROCÉDÉS DE STABILISATION Imperméabiliser – Une matière insensible à l'eau (bitume,
bentonite, etc.) est introduite dans la terre qui va remplir les
vides, pores et fissures et imperméabiliser la terre (film de sur-
On dénombre trois principaux procédés de stabilisation.
face). Ce moyen contribue à améliorer la résistance à l'érosion
Stabilisation mécanique – Elle s'opère par compactage de et à stabiliser le gonflement et le retrait.
la terre qui modifie sa compressibilité et sa densité, sa résis-
tance mécanique, sa perméabilité et sa porosité. Hydrofuger – Dans ce cas, on modifie l'état de l'eau intersti-
tielle et l'on réduit la sensibilité des plaquettes d'argile à l'eau.
Stabilisation physique – Il s'agit essentiellement d'une inter- Ce moyen qui fait intervenir des produits chimiques (chloride
vention sur la texture de la terre en modifiant sa composition de calcium, acides, amines quaternaires ou résines) ou bien
granulaire par tamisage de fractions de grains excédentaires l'échange ionique contribue à éliminer au maximum l'absorp-
ou par apport de fractions de grains faisant défaut. tion et l'adsorption d'eau.

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Tab. 1 – Moyens de stabilisation des terres

Stabilisant Nature Procédé Moyens Principe Symbole

Sans apport de stabilisant Mécanique


Créer un milieu dense qui bloque
Densifier
les pores et les canaux capillaires
Minéraux

Stabilisants
inertes Physique Créer une armature omnidirectionnelle
Fibres Armer qui réduit le mouvement

Créer un squelette inerte qui s'oppose


Enchaîner
à tout mouvement

Avec apport Liants


de stabilisant
Liaisonner Former des liaisons chimiques stables
entre les cristaux d'argile
Stabilisant
physico- Chimique
chimique
Entourer les grains de terre d'un film
Imperméabiliser imperméable et boucher
les pores et canaux

Hydro-
phobants Éliminer au maximum l'adsorption et
Hydrofuger l'absorption d'eau
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IV - LES MODES DE STABILISATION LES PLUS RÉPANDUS – l'énergie de compactage, observant qu'une plus grande
énergie diminue la TEO et augmente la densité sèche mais
que de trop fortes énergies peuvent être néfastes : effets de
On retiendra ici six principaux modes de stabilisation qui cor- laminage du matériau, par exemple ;
respondent aux principaux moyens de stabilisation – la texture de la terre, sachant que les granularités étroites
précédemment évoqués. ne donnent pas de fortes compacités alors que les granularités
étalées donnent des courbes de compactage a maxima
accentuées.

A. La compression Effets du compactage – Les effets du compactage sont sen-


sibles, selon la teneur en eau de compactage, sur la structure
des argiles. On observe en effet deux types de structure argi-
La stabilisation par compactage ou compression est un mode leuse (cf. Fig. 1) :
qui correspond à des procédés traditionnels de réalisation de
bâtiments en terre compactée dans des banches ou en blocs – la structure dispersée (forces de répulsion dominantes entre
de terre comprimée. L'effet direct du compactage est de les plaquettes d'argile) qui correspond à des teneurs en eau
réduire les vides et donc l'air, de fermer la porosité et donc la élevées, dites à droite de l'optimum de compactage (TEO) sur
perméabilité, d'augmenter la densité et donc la résistance à la la courbe Proctor ;
compression.
– la structure floculée (forces d'attraction dominantes entre les
plaquettes d'argile) qui correspond à des teneurs en eau fai-
Méthodes de compression – Il existe quatre principales bles, dites à gauche de l'optimum de compactage (TEO) sur
méthodes de compression : la compression par pétrissage, la la courbe Proctor.
compression statique, la compression dynamique par vibration
et la compression dynamique par impact. À chacune de ces D'une manière générale, un matériau à structure floculée est
méthodes de compression correspond un mode de production moins compressible qu'un matériau à structure dispersée.
ou de mise en œuvre du matériau terre. L'ajustement de la pression de compactage permet de faire
tendre ces deux matériaux vers un même état et une même
Paramètres du compactage – Deux paramètres sont parti- compressibilité en favorisant un réarrangement des grains
culièrement agissants : entre eux.

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balle des céréales, fibres de chanvre, de noix de coco, de


sisal, débris du teillage du lin ou du chanvre, charges végé-
tales légères telles que sciures de bois et copeaux. On utilise
aussi dans certaines traditions des fibres d'origine animale
telles que poils, crins ou bourre d'animaux et plus récemment
des fibres de synthèse telles que cellophane, fibres d'acier ou
de verre.

D. L’ajout de ciment

La stabilisation au ciment a été développée dès le début du


XXe siècle dans les travaux publics pour la construction de
routes et de pistes d'aérodromes. Ce n'est que plus récem-
ment, soit après la Seconde Guerre mondiale, qu'elle a été
appliquée aux travaux de bâtiment. Les techniques sont
aujourd'hui totalement maîtrisées.

Mécanismes – Ajouté à la terre, le ciment hydraté réagit de


deux façons : d'une part avec lui-même, en formant un mortier
de ciment pur hydraté, et d'autre part avec la fraction sableuse
selon le mécanisme classique de formation d'un mortier.

Mais le ciment réagit également avec les argiles selon trois


Fig. 1 : Influence de la structure des argiles sur la densité. phases :

– l'hydratation qui produit des gels de ciment à la surface des


agglomérats d'argile et la chaux libérée lors de ce processus
B. La correction de texture d'hydratation du ciment qui réagit avec l'argile : consommation
de la chaux et début de dégradation des argiles ;
Principe – La correction de texture consiste à modifier la – la progression de l'hydratation qui active la dégradation des
texture initiale de la terre, soit par tamisage (écrêtement) argiles ; les gels de ciment pénètrent en profondeur ;
de fractions de grains excédentaires, soit par apport de – l’interpénétration des gels de ciment et des agglomérats
fractions de grains faisant défaut. L'opération de tamisage d'argile dégradés qui favorise une nouvelle structuration du
est en général pratiquée sur les terres trop riches en élé- matériau avec formation d'une matrice inerte sableuse liée au
ments grossiers (cailloux et graviers), et l'opération ciment, d'une matrice d'argile stabilisée et d'une matrice de
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d'apport sur des terres trop riches en fractions de grains terre non stabilisée. Ces trois structures coexistent, la matrice
fins (argiles notamment) en augmentant les quantités de stabilisée enveloppant des agrégations composites non
grains grossiers (apport de gros sables, graviers et stabilisées.
cailloux).
Efficacité et dosage – La meilleure efficacité est obtenue, en
Établir la courbe granulométrique – Ces procédures sont équivalent de résistance, avec des terres sableuses et grave-
délicates, particulièrement celle consistant à ajouter des frac- leuses plutôt qu'avec des terres silteuses ou argileuses. Les
tions de grains faisant défaut. On aura préalablement pris soin dosages dépendent de la texture et de la structure de la terre
d'établir le tracé de la courbe granulométrique de la terre ini- ainsi que du mode de production du matériau mais l'on con-
tiale, et l'on prendra un soin égal à bien vérifier les résultats sidère qu'il faut au moins 6 % de ciment pour obtenir de bon
obtenus en traçant la nouvelle courbe granulométrique après résultats. Au-delà de 10 %, la stabilisation au ciment n'est éco-
avoir modifié la texture initiale de la terre. nomiquement plus rentable, voire inutile, pouvant traduire un
manque de connaissance des caractéristiques et propriétés du
matériau terre.
C. L’ajout de fibres
Paramètres d'efficacité – Presque toutes les terres peuvent
Principe – La stabilisation par ajout de fibres est couram- être stabilisées au ciment, bien que les meilleurs résultats
ment employée dans les techniques traditionnelles de soient obtenus avec des terres sableuses et graveleuses (for-
construction en terre. Elle consiste notamment à ajouter de mation d'un « béton maigre de terre » où les gros grains –
la paille dans les terres qui sont travaillées par pétrissage graviers et gros sables – constituent les agrégats comme dans
puis appliquées sur des clayonnages en bois ou moulées le cas d'un béton ordinaire). En revanche, les matières orga-
sous forme de blocs de terre séchés au soleil, technique pré- niques sont en général nocives et peuvent ralentir la prise du
sente dans de nombreuses régions du monde depuis des ciment, réduire la résistance. La présence de sulfates est éga-
millénaires. lement très néfaste car elle contribue à la destruction de la
matrice de terre-ciment et à l’augmentation de la sensibilité à
Rôle – L'ajout de fibres joue plusieurs rôles : l'humidité des argiles. La présence d'oxydes de fer ou d'alu-
minium n'a en général que peu d'effets. Enfin, on veillera, dans
– réduction, voire élimination de la fissuration de retrait ; le processus d'hydratation de la terre-ciment, à ne pas
– accélération du séchage par drainage de l'humidité vers employer des eaux chargées en matières organiques ou
l'extérieur du matériau ; salées qui peuvent donner lieu à l'apparition d'efflorescences.
– allégement du matériau ;
– augmentation de la résistance à la traction, ce qui est sans Effets – Les effets de la stabilisation au ciment sont notam-
doute le meilleur avantage. ment :

Fibres employées – Hormis la paille qui est la plus courante, • l'élévation de la densité sèche pour les terres qui se compac-
sont également utilisées d'autres fibres végétales telles que tent mal (inversement pour celles qui se compactent bien) ;

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• l'amélioration de la résistance à la compression sèche et hu- Efficacité et dosage – La réaction exothermique d'hydratation
mide qui fait intervenir de façon complexe plusieurs paramètres de la chaux contribue à assécher la terre. Pour 2 à 3 % de
qui sont : chaux ajoutée, on observe une diminution de la plasticité et
une brisure des mottes, notamment des agrégations argi-
– la densité sèche avec une élévation de la résistance pour leuses. On pratique en général des dosages en chaux de
de faibles densités sèches et des dosages en ciment élevés l'ordre de 6 à 12 %.
(de 5 à 10 %) ;
– l'indice des vides et la limite de liquidité avec une augmen- Paramètres d'efficacité – L'efficacité de la stabilisation à la
tation de la résistance pour de faibles indices des vides (30 %) chaux est notoire sur les terres argileuses riches en silicates
et de faibles limites de liquidité ; d'alumine, en silice et en hydroxydes de fer ainsi que sur les
– l'indice de plasticité et le dosage en ciment avec une aug- pouzzolanes naturelles. La présence de matières organiques
mentation de la résistance pour de faibles dosages (2 à 5 %) peut bloquer les échanges ioniques mais ne bloque pas la
et des indices de plasticité de valeur moyenne (entre 10 à réaction pouzzolanique. Les sulfates sont surtout néfastes à
18 %) ; l'état humide mais ceux de calcium le sont moins que ceux de
magnésium.
• l'amélioration de la résistance à la traction qui suit l'améliora-
tion de la résistance à la compression du 1/5 au 1/10 ; Effets – Ils sont notoires sur quatre propriétés :

• la diminution des variations dimensionnelles du matériau – sur la densité sèche qui est réduite en même temps que la
(gonflement et retrait) ; TEO est élevée du fait de la floculation ;
– sur la résistance à la compression qui tend à croître avec
• l'amélioration de la résistance à l'érosion de l'eau (pluie), no- l'âge du matériau mais qui exige une maîtrise du dosage
tamment pour les terres à texture grossière. optimal de chaux ajoutée (essais préalables) ;
– sur la résistance à la traction qui dépend essentiellement de
Principes de mise en œuvre – La stabilisation au ciment la quantité et de la qualité des argiles en présence dans la
exige le respect d'une procédure de mise en œuvre qui con- terre et de la teneur en eau de moulage ou de compactage
cerne notamment : (faible TEO pour les faibles teneurs en argiles et TEO élevée
– la phase de mélange entre la terre et le ciment : elle doit pour les teneurs en argile élevée) ;
impérativement être faite à sec et garantir un mélange homo- – sur les variations dimensionnelles avec une réduction
gène des constituants. L'hydratation n'est pratiquée que dans notoire du retrait et une suppression du gonflement.
un deuxième temps ; Principes de mise en œuvre – On observera que les
– un moulage ou une mise en forme par compactage du meilleurs résultats de stabilisation à la chaux sont obtenus sur
mélange terre-ciment juste après le malaxage humide et à une des terres argileuses et avec l'emploi de chaux aériennes
teneur en eau proche de l'optimum Proctor (TEO). Les terres vives ou éteintes plutôt qu'avec des chaux hydrauliques qui se
argileuses doivent plutôt être compactées du côté humide de comportent comme des ciments. Parmi les chaux hydrauli-
la TEO, et les terres sableuses du côté sec de la TEO ; ques, on préférera les chaux de qualité naturelle (CL et CL)
– le séchage du matériau terre-ciment : on observe une aug-
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plutôt que celles de qualité artificielle (NHL et HL). Les chaux


mentation de la résistance avec la durée, et l'on considère réservées à l'amendement agricole n'ont en général aucun
qu'une cure de séchage de 14 jours minimum en ambiance effet.
humide (bâchage plastique à l'abri du soleil et du vent) est très
favorable pour l'optimisation des effets favorables de la stabi- La stabilisation à la chaux exige le respect d'une procédure
lisation au ciment. de mise en œuvre qui concerne notamment :
– la pulvérisation préalable de la terre qui doit être effectuée
avec grand soin, notamment en ce qui concerne la brisure des
E. L’ajout de chaux mottes argileuses. L'hydratation de la terre mélangée à de la
chaux est pratiquée dans un deuxième temps ;
La stabilisation des terres à la chaux a été développée grâce – le malaxage à sec et très soigné dans un premier temps qui
aux travaux routiers dès le début du XXe siècle et suscite un peut être réalisé en deux phases espacées de 1 à 2 jours pour
intérêt croissant dans le domaine du bâtiment. les terres très plastiques ;
– la mise en œuvre par moulage ou compactage qui ne
Mécanismes – On identifie cinq mécanismes de base :
s'effectue qu'après avoir observé un temps de retenue du
– l'absorption d'eau : dans une terre humide, la chaux vive mélange terre et chaux humide de plusieurs heures (de 2 à
subit une réaction d'hydratation qui s'accompagne d'un impor- 16 heures) ;
tant dégagement de chaleur ; – la vérification de la teneur en eau qui sera plutôt du côté
– l'échange cationique : l'état de saturation en ions de calcium humide de la TEO du fait de la réaction exothermique d'hydra-
d'une terre humidifiée ajoutée de chaux est modifié par phé- tation de la chaux qui assèche la terre ;
nomène d'échange cationique, les ions de calcium se – la cure de séchage qui peut être allongée et en ambiance
substituant aux cations échangeables du complexe de la terre humide (bâchage) sous le soleil pour une augmentation de la
tels que magnésium, sodium, potassium et hydrogène ; température et de l'humidité relative qui sont favorables à
– la floculation et l'agglomération des particules de la terre l'optimisation des effets de la stabilisation à la chaux.
comme effet de l'échange cationique qui charge l'eau intersti-
tielle en électrolytes. La texture et la structure changent ;
– la carbonatation qui résulte d'une réaction de la chaux avec F. L’ajout de bitume
le dioxyde de carbone de l'air contenu dans la terre et qui
forme des ciments carbonatés ; L'emploi du bitume pour stabiliser la terre remonte à l'Anti-
– la réaction pouzzolanique que l'on considère être le méca- quité, consigné dans les écrits de Hérodote sur la construction
nisme le plus important. Il contribue à une dissolution des babylonienne (Ve siècle avant J.-C.). Toutefois l'utilisation du
minéraux argileux en milieu alcalin suivi d'une création de sili- bitume est demeurée limitée au cours de l'histoire, et ce n'est
cates d'aluminium et de calcium (recombinaison de la silice et que récemment, avec le développement de l'industrie pétro-
de l'alumine des minéraux argileux) qui cimente les grains lière, qu'elle s'est affirmée comme un nouveau procédé de
entre eux. stabilisation de la terre, à partir d'applications réalisées aux

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États-Unis, depuis les années 1940. Aujourd'hui, le bitume est Effets – Les effets du bitume sont notoires sur :
employé sous forme de « cut-backs » et d'émulsions bitumi-
neuses sous la forme de globules microscopiques en – la densité sèche avec une baisse qui suit l'augmentation du
suspension dans un solvant volatil ou dans de l'eau. dosage et qui accroît la teneur en eau ;
– la résistance à la compression sèche qui croît jusqu'à un
dosage en bitume optimal puis chute irrémédiablement. Elle
Mécanismes – Une fois mélangé à la terre, le solvant ou
augmente notoirement avec une longue cure de séchage du
l'eau des solutions bitumineuses s'évapore et les globules
matériau en ambiance sèche ;
de bitume s'étirent en films solides très fins qui adhèrent
– l'absorption d'eau qui diminue avec un dosage optimal en
aux grains de la terre et les enrobent. Les effets quasi
bitume après un séchage de quelques jours, pour rester
immédiats sont une imperméabilisation du matériau et
ensuite stationnaire ;
parfois une amélioration de la cohésion pour les terres peu
cohésives. – le gonflement qui est réduit en fonction de l'élévation de l'état
liquide du malaxage.
Dosages – La stabilisation au bitume convient plutôt pour les Principes de mise en œuvre – Les « cut-backs » sont des
procédés de fabrication de matériau qui réclament beaucoup bitumes fluidifiés par mélange à des solvants volatils : gasoil,
d'eau et c'est pour la fabrication des briques moulées à l'état kérosène, naphta.
plastique qu'elle convient le mieux. Les dosages classiques
sont de l'ordre de 2 à 3 % (en valeur non diluée dans le solvant Les émulsions bitumineuses proviennent d'une dispersion du
ou l'eau) mais varient selon l'importance de la surface spéci- bitume dans l'eau (55 à 65 %) à l'aide d'un émulsif (1 à 2 %).
fique des grains de la terre. Ils seront plus importants pour de On emploie deux types d'émulsions, les anioniques (rares) et
grandes surfaces spécifiques. les cationiques (plus répandues et plus compatibles).
L'efficacité de la stabilisation au bitume dépend de la mise en
Paramètres d'efficacité – La stabilisation au bitume est œuvre avec une attention portée aux phases suivantes :
plus efficace sur des terres sableuses ou limoneuses. Elle
ne convient pas pour des terres fines dont le pH et la teneur – le malaxage effectué à l'état liquide ou plastique de la terre,
en sels dissous sont élevés (régions arides). La présence homogène mais pratiqué sans excès sous risque de rompre
de matières organiques et de sulfates gêne l'efficacité de la prématurément l'émulsion ;
stabilisation car leur adhérence aux grains de la terre nuit à – le respect d'un temps de retenue entre le malaxage et la
leur enrobage homogène en bitume. Les matières organi- mise en œuvre si l'on emploie des stabilisants bitumineux à
ques neutres et alcalines des régions arides ne sont pas rupture semi-lente ou semi-rapide ;
nuisibles. La présence de sels minéraux est très néfaste – la cure de séchage qui doit plutôt être réalisée en ambiance
mais peut être neutralisée en ajoutant 1 % de ciment. sèche.
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CONSTRUCTION EN TERRE : L'AMÉLIORATION PAR LA STABILISATION

2 La stabilisation : évaluation générale

Classification des terres, composants dominants et stabi- s'imposent sur des échantillons de terre ou de matériaux.
lisation – La règle générale qui stipule que le ciment convient Enfin, on se rappellera que les conditions de laboratoire ne
aux terres sablo-graveleuses, le bitume aux terres sableuses sont pas celles du chantier exigeant des ajustements in situ.
et la chaux aux terres argileuses doit être considérée comme
valable, quoique générale et excluant beaucoup d'autres Évaluation générale des possibilités de stabilisation – On
méthodes de stabilisation. D'une manière générale, avant trouvera ici une évaluation générale des possibilités de stabi-
d'avoir recours à ces procédés, il faudra avoir épuisé les pos- lisation selon la classification symbolique des terres aux
sibilités préalables de stabilisation par compactage, par normes ASTM et USCS ainsi qu'en fonction des composants
correction granulaire (surtout par tamisage) et par ajout de dominants de la terre (cf. Tab. 1 et 2).
fibres, procédés plus accessibles au plan technique et écono-
mique. Il faudra bien sûr veiller à réaliser tous les essais qui

Tab. 1 – Types de terres (fractions dominantes) et stabilisant recommandé

Composant
Organique Stabilisant
Ciment Chaux Bitume Mécanique dominant Raisons
polymère recommandé
de la terre

• • • Sables grossiers
Argile
Pour stabilités
mécaniques
Ciment Pour densité et
• • • • Sables fins Bitume cohésion
Pour cohésion

• • • Silts grossiers
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• • • • Silts fins

• • • • Argiles grossières

• • Argiles fines

Allophanes Chaux Pour réaction


Chaux + gypse pouzzolanique
et densification

Kaolin Ciment Pour résistance


Chaux initiale, aisance
de travail et résistance
finale

Illites Ciment Pour résistance


Chaux initiale, aisance
de travail et résistance
finale

Montmorillonites Chaux Pour résistance


initiale, aisance
de travail

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CONSTRUCTION EN TERRE : L'AMÉLIORATION PAR LA STABILISATION

Tab. 2 – Classification des terres et stabilisation


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