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‫وزارة التعليم العالي و البحث العلمي‬

‫جامعة العلوم و التكنولوجيا بوهران‬


Université des Sciences et de la Technologie d’Oran
Faculté de Physique
Département de Génie Physique

Interaction
Rayonnement-Matière
(Cours et Exercices)

(Master de ‘Sciences Radiologiques et Imagerie’)

Belbachir Ahmed Hafid

Septembre 2010
USTO\Département de Physique Master SRI & PM Interaction Rayonnement-Matière 2010/2011- A. H. Belbachir

Chapitre 1

INTRODUCTION SUR L’INTERACTION


DES RAYONNEMENTS AVEC LA MATIERE

1.1 Généralités
1.1.1 Types de rayonnement
On distingue trois types de rayonnement:
- rayonnement électromagnétique ou photons; comme rayonnement gamma, rayonnement X et la
lumière, ...etc.
- particules chargées; comme les protons, particules alpha, ...etc.
- particules non chargées; comme les neutrons, faisceaux d’atomes ou de molécules, ...etc.

1. 1.2 Rayonnement ionisant et non ionisant.


Définition : Un rayonnement particulaire ou électromagnétique est ionisant lorsqu'il est
susceptible d'arracher des électrons de la matière.
Pour cela, il est nécessaire que l'énergie individuelle des particules ou des photons soit supérieure
à l'énergie de liaison minimale des électrons du milieu considéré. Le tableau suivant résume la
valeur minimale d'énergie à apporter pour arracher les électrons liés des principaux atomes
constitutifs de la matière biologique.

Energie de première ionisation


Élément
(eV)
Carbone 11,2
Hydrogène 13,6
Oxygène 13,4
Azote 14,2
Les rayonnements ionisants sont de 2 types avec les caractéristiques suivantes :

Rayonnements directement
Rayonnements indirectement ionisants
ionisants
ces particules ionisent
indirectement le milieu par
particules non
l'intermédiaire des particules
particules chargées : chargées :
ionisantes qu'elles mettent en
électrons photons
mouvement :
protons neutrons
deutons (21H) ultra-violet C
photons --> électrons
particules alpha (42He) rayons X
rayons gamma
neutrons --> protons et noyaux
atomique

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1.1.3 Interaction avec la matière

o
photon o o o

rayonnement  particule o o o

o noyau

Atome

Quand un rayonnement passe à travers la matière il peut y avoir les interactions suivantes:
a) Interactions avec l’atome pour un rayonnement dont la longueur d’onde est de l’ordre de la
dimension de l’atome (quelques angströms). Dans la majorité des cas l’interaction se fait avec les
électrons atomiques, comme par exemple; l’effet photoélectrique ou l’effet de Compton. On peut
avoir aussi la diffraction d’ondes électromagnétiques ou de faisceaux d’électrons par un
ensemble d’atomes ou cristaux.
b) Interactions avec le noyau atomique pour un rayonnement de longueur d’onde de l’ordre de la
dimension du noyau (quelques fermis), c’est le cas des réactions nucléaires
c) Interactions avec les nucléons (constituants du noyau atomique; neutrons et protons) pour un
rayonnement d’énergie élevée, c’est le cas des bombardements des particules dans les
accélérateurs de particules de haute énergie.
D’une manière générale; chaque interaction a une certaine probabilité de se produire. Cette
probabilité dépend de la nature et de l’énergie du rayonnement.

Rayonnement incident
Particule cible

Dans une interaction nous avons un rayonnement incident (particule ou photon) et une cible (la
particule ou l’atome avec laquelle il y a interaction). On utilise souvent le mot « collision » ou
« choc » au lieu du mot interaction malgré que dans certains cas il n’y a pas de collision dans le
sens classique avec un contact effectif des deux particules; c’est le cas par exemple de
l’interaction d’une onde électromagnétique avec un électron ou le cas d’une particule alpha avec
un noyau atomique où un contact effectif est remplacé par une répulsion de la force de Coulomb
sauf si les alpha sont très énergétiques et vaincront cette force.
Interactions d’Absorption (ou capture)

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Dans ce cas la particule incidente est complètement absorbée par la cible. Si la particule
absorbée était un photon, la cible reçoit une énergie pure, ce qui cause soit une excitation de
l’atome ‘un électron atomique passe à un état d’énergie plus élevé), soit son ionisation (l’atome
perd un ou plusieurs de ses électrons), soit encore une excitation du noyau atomique même. Dans
tous les cas, plus tard, l’atome se désexcite et émet des photons nouveaux. Le noyau peut se
désintégrer et émettre de nouvelles particules. L’absorption des particules se fait exclusivement
par le noyau atomique(exception faite à l’annihilation du positron avec l’électron pour créer une
paire de photons de même énergie et de directions opposées).
Interactions de diffusion

cible
particule force répulsive cible particule
incidente incidente
force attractive
force

direction de diffusion

` photon diffusé

 photon incident électron

La particule incidente ou le photon incident entre en collision avec la particule cible, cette
dernière se recule en prenant une partie de l’énergie du rayonnement qui se dévie dans une autre
direction.
Dans une diffusion élastique, l’énergie cinétique du système est conservée et les deux particules
se comportent comme si elles étaient dans un choc élastique classique.
Dans une diffusion inélastique, il n’y a pas de conservation d’énergie cinétique et une partie de
cette énergie sert à exciter soit l’atome (les électrons atomiques), soit le noyau (les constituants du
noyau). Dans ce dernier cas, le résultat pour la cible est similaire à celui de l’absorption d’un
photon.
Certaines de ces réactions sont utiles pour l’étude de la structure des matériaux d’autres le sont
pour la détection d’un rayonnement donné. La diffusion des particules alpha ou des neutrons est
utilisé pour étudier la structure de la matière. La même chose pour la diffusion de la lumière ou
des électrons mais à une échelle plus grande. La diffusion cohérente(ou diffraction) du
rayonnement X est utilisé en cristallographie tandis que la propriété de son absorption
différentielle (ça dépend de milieu) est utilisée en radiographie.

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La détection des rayonnements nécessite des interactions qui ont une grande probabilité de se
produire et causant l’absorption d’une grande partie de l’énergie du rayonnement si ce n’est pas la
totalité de son énergie.
En conséquence, on peut dire qu’il y a au moins deux raisons pour lesquelles on étudie las
interactions des rayonnements avec la matière; l’une c’est l’étude de la matière même et l’autre
c’est la détection et la mesure des rayonnements. La première fera l’objet en principe du
domaine « des technique d’analyse par le rayonnement », la deuxième fera l’objet de la détection
est la mesure des rayonnements.
Réactions Nucléaires
Toute interaction faisant intervenir un noyau atomique comme cible est une réaction
nucléaire qui peut être représentée par une équation de la forme générale suivante:

x+X Y+ y (1.1)

où x représente la particule incidente, X représente la cible, Y représente le noyau produit ( ou le


noyau de recul) et y représente la particule produite (ou émise) par la réaction.
Dans une réaction d’absorption, dans une étape de transition, un noyau intermédiaire se forme
qu’on appelle le « noyau composé » X* puis la réaction se poursuit;
x+X X* Y+y (1.2)

il y a trois possibilités:
1- X* est un noyau stable, dans ce cas la réaction s’arrête la et la réaction s’appelle
« transmutation»
exemple: 1P1 + 25Mn55 56
26Fe (stable)
2- X* est un noyau radioactif, dans ce cas le noyau se désintègre après un certain temps et donne
les produits Y et y selon la loi de la radioactivité.
exemple: 0n1 + 27Co59 60
27Co (radioactif)
la réaction est dite « activation »
3- X* est un noyau complètement instable et se désintègre immédiatement pour donner Y et y.
C’est une réaction nucléaire « absorption-émission »
Exemple: 2He4 + 7N14 9F
18 1
1 p + 8O
17

Le noyau composé se forme en général dans un état d’énergie excité et tend à se débarrasser de
son excès d’énergie en émettant des particules. En général, les particules finales sont différentes
des particules initiales.
Dans une réaction de diffusion les particules finales Y et y sont identiques aux particules initiales
X et x. Si la diffusion est inélastique, la particule diffusée est remplacée par x` au lieu de y.
Pour toutes les réactions nucléaires on utilise la notation conventionnelle suivante;
X(x,y)Y et on l’appelle la réaction de type (x,y).
xemple: la réaction 7N14(,p) 8O17 est une réaction de type (,y)
Q de la Réaction
Dans une réaction d’absorption la somme des masses finales n’est pas égale à la somme des
masses initiales. Une partie de la masse est convertie en énergie. Dans le cas inverse une partie de
l’énergie mise en jeu est convertie en masse selon la formule connue; E = mc2. La différence
d’énergie est appelée la Q de la réaction.
En ignorant les énergies d’excitation;

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Q = (MX + Mx)c2 - (MY + My)c2 (1.3)


Q = TY + Ty - TX - Tx (1.4)
où TY ,Ty , TX et Tx représentent les énergies cinétiques des particules de la réaction
respectivement.
Si Q est positive, une partie de masse est convertie en énergie comme dans les réactions de
fission et de fusion nucléaires. Si Q est négative, une partie d’énergie est convertie en masse.

1.2. Notion de la Section Efficace


Les interactions du rayonnement avec la matière ne se font pas toutes de la même façon. Chaque
interaction se fait avec une certaine probabilité bien déterminée. Ces probabilités sont connues en
termes de quantités appelées « sections efficaces ». Considérons une cible mince ayant une
surface S et d’une épaisseur dx, contenant N atomes par unité de volume (concentration
d’atomes), placée dans un faisceau de particules mono-directionnel et uniforme d’intensité I qui
tombe sur toute la surface de la cible.

S
rayonnement
incident

dx
L’intensité I est par définition, le nombre de particules qui traverse l’unité de surface par
unité de temps.
On montre que le nombre d’interactions par unité de temps(ou le taux d’interaction) au sein de la
cible est proportionnel à l’intensité I du faisceau incident, à la concentration des atomes N et
l’épaisseur de la cible. Ces observations peuvent être résumées dans la relation suivante:
le taux d’interaction R   . IN Sdx (1.5)
où  est une constante de proportionnalité qui est appelée section efficace.

taux d ' int eraction



I .N .S .dx

taux d ' int eraction


 (1.6)
I . nombre d ' atomes
La quantité N.S.dx est le nombre total d’atomes de la cible. De cela on peut dire que 
représente le taux d’interaction par atome de la cible par unité d’intensité du rayonnement
incident.
La probabilité pour qu’une quelconque des particules du faisceau incident produise une
interaction est le rapport du nombre de particules qui ont interagi sur le nombre de particules
incident sur la cible pendant l’unité de temps.
nombre de particules qui a int eragi  .I .N .S .dx
p 
le nombre de particules incidents I .S

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p . N . S. dx (1.7)
S
Comme N.S.dx est le nombre total d’atomes dans la cible, la quantité  /S définit la probabilité
pour qu’un atome de la cible interagisse avec le rayonnement. La surface S de la cible est fixée
par l’expérience, donc; la probabilité d’interaction est entièrement déterminée par la section
efficace  seulement.
Les sections efficaces ont la dimension d’une surface comme le montre l’équation (1.7) et ont, en
général, des petites valeurs mesurées en unités de barn ( 1 barn 1 b = 10-24 m2 ).
Chaque type d’interaction ou mécanisme d’interaction est décrit par une section efficace
spécifique. Le neutron par exemple a :
- une section efficace de diffusion élastique S
- une section efficace de diffusion inélastique in
- une section efficace de capture radiative 
- une section efficace de fission F , . . . etc.
Le taux d’interaction total de tous ces mécanismes d’interaction est égale à la somme des taux
d’interaction de chacun de ces mécanismes. Si T est la section efficace totale de tous les
mécanismes d’interaction du neutron avec la matière, le taux total d’interaction s’écrit:
taux total d ' int eraction   T .I .S .N .dx   i .I .S .N .dx
d’où la relation entre la section efficace totale et les sections efficaces partielles:
T = i = S + in +  + F + . . . (1.8)
La section efficace totale donne une mesure de la probabilité d’une interaction quelconque qui
peut avoir lieu quand un neutron frappe la cible.
La section efficace d’absorption: La section efficace d’absorption est la somme des sections
efficaces de tous les mécanismes d’interaction qui conduisent à l’absorption du neutron.
a =  + F + p +  + . . .
La section efficace non-élastique: La section efficace non-élastique est égale à la différence
entre la section efficace totale et la section efficace élastique, ne = T - S
La section efficace différentielle :

surface active du détecteur

X
détecteur

l’angle solide d
rayonnement 
Z

cible
*-*

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Le nombre de particules détectées par le détecteur est proportionnel à l’angle solide d(,) avec
lequel on voit la surface active du détecteur à partir de la cible qui est fonction donc des angles de
diffusion  et .
dn( ,  )   ( ,  ). I . N . S. dx. d( ,  ) (1.9)
où dn(,) représente le nombre de particules diffusées par la cible dans l’angle solide d(,)
autour de la direction définie par les angles  et, et détectées par le détecteur. Le coefficient de
proportionnalité ( ,) défini par l’équation (1.9) est appelé la section efficace différentielle de
diffusion.
( ,) est proportionnelle à la probabilité pour qu’une particule sera diffusée après interaction
avec la cible dans l’angle solide autour de la direction (,). La section efficace globale qui donne
la probabilité pour qu’une particule soit diffusée dans une direction quelconque est donnée par
l’intégrale suivante:
    ( ,  )d
La diffusion est souvent symétrique autour de la direction d’incidence et par conséquent elle est
indépendante de l’angle .
  2   ( ) sin( )d
si on pose  = cos( )
1
  2 
1
( ) d  (1.10)

1.3 Système du Centre de Masse (SCM)

Les calculs de la cinématique des interactions sont considérablement simplifiés dans le système
des coordonnées du système du centre de masse (SCM).

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   
Soit r  OA le vecteur position de la particule incidente et R  OB le vecteur position de la
cible dans le système du laboratoire. La position du centre de masse est définie par le vecteur  .
 
 m r  MR
 (1.11)
mM
où m et M sont les masses de la particule incidente et de la cible respectivement.

La vitesse de m dans la référence du Labo


 
 dOA dr
vL  
dt dt
La vitessede Mdans la référence du Labo
 dOB dR
VL  
dt dt
La vitesse du centre de masse C
  
 d m v L  MV L
v0  
dt mM
Les coordonnées des deux particules dans le système du centre de masse (SCM) sont
respectivement;
   
rC  CA et RC  CB
  
rC  r  
  
RC  R  
on en déduit les vecteurs vitesses dans le (SCM):
  
 drC dr d  
vC     v L  v0
dt dt dt
  
 dRC dR d  
VC     VL  v0
dt dt dt
soit encore 

 M ( vL  VL )
vC 
m  M
 m(VL  vL )
VC 
m M

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Relations des Angles :


Le diagramme de la quantité de mouvement d’un système de deux particules en collision qui relie
les angles des deux systèmes de référence; le système du laboratoire et le (SCM) pour VL=0 est le
suivant:

P2

P1 P3


L

 L


P4
- P1

P5

mMv L
P1 
mM
m 2 vL
P2 
mM
P3  mv L' v L  vc  v0
P4  MVL'
P5  P1
   2 L
D’ P4  MV L  2 P1 cos( )
2
Or 2      2    

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2mM 
P4  2 v L cos( )
mM 2

Exercices du Chapitre 1
Exercice 1
La section efficace totale de l’interaction d’un rayonnement X d’énergie de 100 KeV avec un
atome d’hydrogène est ;  H  0,49 barn, celle avec un atome d’oxygène est ; 4,1 barn et celle
avec un atome d’azote ; 3,56 barn.
Calculer la section efficace de la molécule d’eau et celle de l’air (78% azote et 22%)

Exercice 2. L’isotope d’uranium possède une section efficace de fission pour les neutrons
de basse énergie (0,0253 eV) égale à 577 barns et une densité volumique égale à 18.8 g/cm3. Si
cet isotope est soumis à un flux de neutrons de basse énergie d'intensité de l’ordre de 1013
neutrons.cm-2.s-1, calculer :
1°/ la densité des neutrons dans le flux de neutrons
2°/ le taux de fission par unité de volume et par unité de temps.
3°/ Si dans chaque fission, l’énergie dégagée est de l’ordre de 200 MeV, calculer la puissance en
watt dégagée par un centimètre cube de sous irradiation (on ne tient pas compte des fissions
en chaîne qui peuvent être causées par les neutrons produits par fission).

Exercice 3
Montrer
 que la quantité
  de mouvement totale dans le (SCM) est toujours nulle;

PC  mvC  MVC  0

Exercice 4
Montrer que dans un choc élastique;
1
a) l’énergie cinétique totale dans le (SCM) s’écrit; E C  mV 2
2 r r
  mM
où Vr  Vr  vr et mr 
m M
b) les modules des vitesses des particules dans le (SCM) ne changent pas par collision;
vC  vC , VC  VC
Et dans tous les cas les particules émergeant d’une interaction ont des vitesses dans des directions
opposées dans le (SCM).

Exercice 5
On considère l’étude de la collision de deux corps de masses M et m dont leur vitesses dans le
système de référence du laboratoire sont V et v respectivement

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1) Montrer que la quantité de mouvement du système (M et m) dans le SCM est toujours


nulle

2) Montrer que la vitesse du centre de masse v 0 est constante
3) Déterminer l’énergie cinétique du système dans le SCM pour un choc élastique
4) Montrer que le moment cinétique du système par rapport au centre de masse, dans le SCM
est donné par ; , où d est la distance entre les deux corps, est la masse réduite et
est la vitesse relative.

Exercice 6
Montrer que ;
m
VL  2v L cos( )
m M
M sin( L )

m sin(2 L   L )

Exercice 7
Montrer que
sin( ) v0
tg  avec   qui dépend de l’énergie de la particule incidente et
  cos( ) vC
de la Q de la réaction (collision inélastique).

Exercice 8
Montrer que;
v0  vC cos( )
cos( L ) 
v L
vL  vC2  v02  2vC v0 cos( )
  cos( )
cos( L ) 
  2 cos( )  1
2

Exercice 9
Montrer que;
  2 cos( )  1
3
2 2

 ( L )   ( )
1   cos( )

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Chapitre 2

Interaction des Particules Chargées avec La Matière


2.1 Passage des particules chargées dans la matière
Le processus principal par lequel une particule chargée perd son énergie en passant à travers
la matière est l’interaction avec les électrons atomiques par la force de Coulomb.
Quand le travail nécessaire pour exciter ces électrons aux niveaux d’énergie plus élevés ou pour
les arracher de leurs atomes est petit devant l’énergie de la particule incidente, ce processus peut
être regardé comme un processus élastique.
Le processus d’interaction avec le noyau atomique lui aussi cause une perte d’énergie des
particules chargées mais d’une moindre importance. Cependant, ce processus a une grande
importance dans la diffusion de ces particules dans un milieu matériel.
L’enlèvement direct des électrons par la particule incidente est appelé « l’ionisation primaire »;
les électrons ainsi produits peuvent être très énergétiques et par la suite, peuvent eux aussi
produire d’autres ionisations ou une « ionisation secondaire ».
Quand la particule incidente devient incapable d’ioniser d’avantage; on dit qu'elle a atteint la fin
de son « parcours » ou son « range » dans le milieu.
Dans le cas de l’interaction avec le noyau, les mécanismes d’excitation et de transformation
nucléaires peuvent éliminer complètement des particules du faisceau incident et contribuer à
l’absorption effective de ces particules. Si ce dernier processus prend une importance
comparable aux processus d’ionisation dans la perte d’énergie des particules incidentes, il ne
sera pas possible dans ce cas de définir un « range » de ces particules dans ce milieu. Dans ce
cas, l’intensité du faisceau incident sera une fonction exponentielle décroissante en fonction de la
distance parcourue. Si dI est l’intensité absorbée pendant le parcours d’une distance dx, cette
diminution d’intensité s’écrit;
dI = - .I.N.dx(le signe moins pour indiquer une diminution de I) (2.1)
d’où par intégration, on obtient l’expression de l’intensité en fonction de la distance x parcourue
dans le milieu;
I ( x )  I 0e Nx  I 0ex (2.2)
où Io est l’intensité à x = 0 , et,  = Nappelé le coefficient d'atténuation linéaire dont la
dimension est m-1.
Le passage d’une particule chargée rapide près d’un noyau atomique peut lui causer un freinage
soudain (ou une accélération soudaine) de cette particule ce qui donnera une émission (ou
absorption) de radiation selon les lois de l’électrodynamique. Cette radiation émise qui est de
nature électromagnétique est appelée le rayonnement de freinage ou le «Bremsstrahlung » (ou le
« Bremsstrahlung inverse » dans le cas d’absorption). La perte d’énergie par ce mécanisme est
plus importante pour les particules chargées légères et très rapides.
En résumé, une particule chargée en mouvement dans un milieu matériel perd son énergie par
plusieurs mécanismes: par collision, par absorption de la particule même et par émission de
rayonnement électromagnétique.
Si T est l'énergie cinétique d’une particule chargée en mouvement dans un milieu matériel on
définit une grandeur appelée « perte d’énergie spécifique » ou parfois appelée « pouvoir d’arrêt
absolu » qui représente l’énergie perdue par unité de longueur, par cette particule par les
différents mécanismes d’interaction:
dT
 Perte d’énergie spécifique (ou pouvoir d’arrêt absolu), dont la dimension est le Jm-1
dx
dT dT dT dT
( )  ( ) C  ( ) R  ( ) A
dx dx dx dc

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dT
( ) C  perte d ' énergie par collision
dx
dT
( ) R  perte d ' énergie par radiation
dx
dT
( ) A  perte d ' énergie par absorption
dx

La perte d’énergie spécifique dans un milieu donné est une fonction de l’énergie et de la nature
de la particule considérée.
Exemple: Perte d’énergie dans un parcours de 1 cm d’eau
Particule Energie  = v/c par collision par radiation
Electron 100 Mev ~1 2 Mev 2 Mev
proton 1000 Mev ~ 0,87 2 Mev 1,7 Mev

La perte d’énergie par collision est pratiquement la même pour les particules de même charge et
de même vitesse et atteint un minimum pour des vitesses comparables à la vitesse de la lumière
(domaine relativiste). Pour les basses vitesses la perte par collision varie comme v-2, où v est la
vitesse de la particule. Après le minimum la perte d’énergie par radiation devient importante,
pour les électrons en particulier à cause de leur petite masse. Pour les particules lourdes la perte
par radiation est négligeable et les réactions nucléaires deviennent de plus en plus significatives
pour les grandes vitesses.

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2.2 Collision entre particules chargées (Diffusion de Rutherford)

On considère une particule de masse m de charge ze et de vitesse v s'approchant d'une particule


stationnaire au point S de masse M et de charge Ze. On suppose que la vitesse de la particule
incidente est petite devant celle de la lumière (cas non relativiste).
Pour simplicité on considère que M est trop grande devant m et reste pratiquement dans sa
position S, après la collision, et que la force d'interaction est répulsive (charges de même signe)
qui s’écrit :
Zze 2
F (2.3)
4 0 r 2
Le calcul montre que la trajectoire de m est une hyperbole avec S comme foyer externe. On
appelle la distance b le paramètre d'impact.
L'effet de la collision colombienne est de dévier la particule incidente d'un angle  sans changer
son énergie totale (au fur et à mesure que les deux particules se rapprochent, l'énergie cinétique
de m diminue et son énergie potentielle augmente, l'inverse se produit quand elles s'éloignent
l'une de l'autre). La distance d’approche minimales étant SA.
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 
L'impulsion P   Fdt due à la force d'interaction répulsive peut se projeter suivant la direction
SA et la direction perpendiculaire à SA
P   F cos( )dt  0
P   F sin( )dt  0 à cause de symetrie
ds r.d
La vitesse v   où ds  est la distance curviligne
dt sin( )
ds rd
on a dt  
v v sin( )
F cos( )rd
P  
v  sin( )
1 (  )
2
Zze 2 cos( )rd
P   4 0 r 2 v sin( )
1 (  )
2

Par ailleurs, la conservation du moment cinétique (pour m très loin et m dans la position actuelle)
s'écrit;
b. m. v  r. m. v.sin( )
En utilisant cette dernière équation pour éliminer sin() et v on obtient;
1
(   )
Zze2 2 Zze2 
P   cos( )d 
4 0bv  1 (  ) 2 0bv
cos( )
2
(2.4)
2
D'autre part, la variation de la quantité de mouvement de la particule incidente après la collision
S’écrit :
    
P  Paprès  Pavant  P   P
 
P   P car la collision est élastique

P P’

-P
A partir de cette construction géométrique simple on calcule le module de P :

15
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Zze 2 cos( )
  2
P  2 P sin( )  2mv sin( )  P 
2 2 2 0 bv
d ' où
Zze 2  D 
b cot( )  cot( ) (2.5)
4 0 mv 2
2 2 2
avec
Zze 2
D
2 0 mv 2

où b est le paramètre d'impact et D une grandeur appelée le diamètre de collision.


La condition imposée pour avoir M stationnaire en S peut être levée en remplaçant m dans
mM
l'expression (2.5) par la masse réduite  = et l'angle de déflexion  devient alors l'angle
m M
de déflexion dans le système du centre de masse (SCM).
Zze 2 
b cot( ) (2.6)
4 0 v 22

2.3 Section efficace de diffusion


Les formules établies précédemment permettent de calculer la probabilité de diffusion d'une
particule selon un angle entre  et  +d.

La section efficace différentielle () peut être imaginée comme une surface fictive présentée
par la particule cible et vue par la particule incidente venant de loin de sorte qu'une interaction
aura lieu entre les deux particules si seulement la particule incidente est dirigée vers un point de
16
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cette surface fictive dS(). Souvent on peut prendre pour cette surface l'aire d'un anneau
circulaire d'épaisseur db autour de la particule cible à une distance b qui est le paramètre
d'impact.
dS ( )   ( )d
dS  2bdb
soit en utilisant l'expression du paramètre d'impact b de l'équation (2.6);
 Zze 2 
2
1
 ( )    (2.7)
 8 0 v 2  
sin ( )
4
2
Cette expression est connue sous le nom de la section efficace de Rutherford.
La section efficace de Rutherford augmente rapidement pour les petits angles, mais il ne faut pas
penser que cette augmentation doit continuer sans limite, car pour les petits angles on a un
paramètre d'impact très grand. Dans ce cas la charge du noyau atomique cible sera écrantée par
les électrons atomiques par exemple, et par conséquent la force d'interaction électrique sera
affaiblie. Il y a des limites aussi pour le paramètre d'impact qu’en général ne doit pas être nul ou
très petit. L'incertitude sur ce paramètre b est imposée par le principe de l'incertitude de la
mécanique quantique.
b.P   / 2 où P est l'incertitude dans la quantité de mouvement.
Utilisant l'expression de P de l'équation (2.4) on détermine b:
  0 bv
b  
2 P 
Zze 2 cos( )
2
On doit avoir normalement une incertitude b<< b ce qui nous donne la condition suivante:
b  0 v
 << 1
b 2 
Zze cos( )
2
soit encore
Zze 2
>> 1 (2.8)
2 0 v
Cette inégalité est vérifiée pour la plus part des cas où Z est grand et pour les particules
incidentes d'énergie moyenne. Mais, elle n'est pas vérifiée pour les particules rapides incidentes
sur les électrons (Z = 1), dans ce cas il faut utiliser un traitement à l’aide de la mécanique
quantique.

2.4 Perte d'énergie par collision


On peut montrer que l'énergie cinétique perdue par une particule incidente de masse m et
1 2
d'énergie cinétique E  mv après un choc élastique avec une particule de masse M au repos
2
est:

T  T0 sin 2 ( ) ( voir chapitre1) (2.9)
2

4mM
T0  E (2.10)
m  M 2
et  est l'angle de diffusion dans le système du centre de masse.

Exercice 1
Démontrer l'expression (2.9).

17
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Considérons un faisceau de particules chargées traversant un milieu matériel d'épaisseur dx


contenant N atomes per unité de volume. Chaque particule donnée peut avoir un certain nombre
de collisions causant des pertes d'énergie dans chaque collision; ∆T1 , ∆T2,, ∆T3 , ... etc.
Si P1 , P2,, P3 , ... etc. sont les probabilités de chacune de ces collisions respectivement, l'énergie
totale perdue le long de la distance dx est ;
T   i Ti Pi
où Pi est la probabilité de perdre une énergie cinétique ∆Ti dans la collision i.
D'après l'équation (1.7) du chapitre précèdent;
Pi  N ( i )ddx
2
 Zze2  1
 (i )   
2 
 8 0 v  sin 4 ( i )
2
où i est l'angle de diffusion dans le CSM après la collision i.
Comme  peut prendre toutes les valeurs possibles, on passe à une sommation continue c’est-à-
dire une intégration sur tous les angles.


dPc  T0 sin 2 ( )N ( )ddx
2
avec d  2 sin( )d
2  max
dP   Zze 2   sin( )d
dx 
( ) c  T0 sin 2 ( )N ( )d  2T0 N 
2  0

 8 v 2 

 sin 2 ( )
2 sin 4 (  )
 min
2
2  max sin 3 ( ) cos( )d ( )   
dP 4mM 1 2  Zze 2  2 2 2
( ) c  2
dx 2
(m  M ) 2
mv N
 2 
4
 8 0 v   min
 
sin 4 ( )
2
2  max  
s cos( )d ( )
2 
2 
dP mM  Zze  2 2
( ) c  16
dx (m  M ) 2
mv N
 8 v 2 
 0 
 sin( )

 min
2
mM
On a la masse réduite  
mM
2  max 
d (sin( ))
2 m  M 2
2 
dP mM  Zze  2
( ) c  16N
dx (m  M )2
mv (
mM
)
 8 v 2 
 0 
 
sin( )
 min
2
2  max 
2 d (sin( ))
2 m  M  
2
dP mM  Zze  2
( ) c  16N
dx (m  M ) 2
mv  
 mMv 2   8 0   
 min sin( )
2
  
sin( max ) 
dP NZ 2 z 2 e 4  2 
( )c  ln
dx 2
4 0 Mv 2 
 sin( min ) 
 
 2 

18
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Au lieu d’utiliser l’angle  comme variable, on pouvait utiliser l’énergie cinétique perdue
  min
T  T0 sin 2 ( ) comme variable qui varie entre Tmin  T0 sin 2 ( ) et
2 2
 max
Tmax  T0 sin 2 ( ) écrire la perte d'énergie cinétique par collision par unité de longueur:
2
2 2 4
dT NZ z e Tmax d ( T )
 ( )C 
dx 8 02 Mv 2 T min T
dT NZ 2 z 2 e 4 T
( )C  ln( max ) (2.11)
dx 2
8 0 Mv 2 Tmin
La particule incidente m peut interagir avec les électrons des atomes du milieu ralentisseur et
avec les noyaux de ces atomes. Dans le cas des électrons (la cible est un électron); M=me ,la
masse de l'électron, Z = 1 et le nombre d'électrons par unité de volume est ZN où Z est le nombre
atomique du milieu. La perte d'énergie de la particule incidente due à ses collisions avec les
électrons s'écrit alors;
dT NZ z 2 e 4 T
 ( )e  ln( max ) e (2.12)
dx 2
8 0 me v 2 Tmin
La perte d'énergie due aux collisions avec les noyaux atomique s 's'écrit aussi;
dT NZ 2 z 2 e 4 Tmax
 ( )N  ln( )N (2.13)
dx 8 02 M N v 2 Tmin
où MN est la masse du noyau.
Le rapport des deux pertes d'énergie; celle qui est due aux collisions avec les électrons sur celle
qui est due aux collisions des noyaux atomiques est en général très grand devant l'unité;
( dT
)e  T 
dx M T M
 ln ( max ) e ( min ) N    1
dT Zm   Tmin Tmax  Zm e
( )N
dx
Ceci montre que les particules chargées perdent la majorité de leur énergie par collisions avec les
électrons du milieu ralentisseur.
L'énergie maximale perdue dans une collision ∆Tmax est donnée par la relation (2.9) pour 
Mm 2
Tmax  T0  2 v 2 (2.14)
( M  m) 2

L'énergie minimale que la particule chargée peut perdre dans une collision est imposée par le
faite que la cible n'absorbe pas n'importe quelle quantité d'énergie, mais une certaine quantité
suffisante pour être excitée dans un niveau d'énergie supérieur bien déterminé. Pour les électrons
atomiques par exemple; ils sont liés, et si l'énergie à absorber n'est pas supérieure à l'énergie
nécessaire pour faire passer l'électron à un niveau d'énergie supérieur non occupé il n'y aura pas
d'absorption d'énergie.
D'une manière générale l'énergie à absorber par la cible ∆Tmin doit être supérieure à une certaine
valeur d'énergie. Dans ce contexte on définit une énergie minimale moyenne appelée "Energie
d'Excitation Effective Moyenne" et notée m telle que ∆Tmin>m .
La valeur de m n'est pas la même pour tous les matériaux. En pratique, cette valeur est
déterminée expérimentalement. Pour les électrons atomiques, elle peut être calculée
théoriquement par une formule comme celle ci-dessous;
m = kZ (ev) aveck ~ 11.5 et Z le nombre atomique.
dT NZ 2 z 2 e 4 2me m 2 v 2
( ) C  ln( ) (2.15)
dx 8 02 me v 2 (me  m) 2  m

19
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Pour les particules incidentes lourdes comme les protons et les alphas on a m >>meon obtient
alors;
dT NZ 2 z 2e4 2mev 2
( ) C  ln( ) (2.16)
dx 8 02mev 2 m
Le traitement de la mécanique quantique dans le cas relativiste donne la formule de
Bethe-Bloch de la perte par collisions connue dans la littérature:
dT NZ 2 z 2 e 4 2 me v 2 v 2 v 2 Ck
 ( )C  [ln( )  ln(1  2 )  2  ] (2.17)
dx 4 02 me v 2 m c c Z
Dans le cas non relativiste où on a v << c on retrouve le résultat classique de l'équation (2.16) à
un facteur de 2 près.
Les formules (2.16) et (2.17) montrent que la perte d'énergie par collisions d'une particule
chargée est:
- proportionnelle au carré de la charge de la particule (ze)2
- inversement proportionnelle au carré de sa vitesse v
- indépendante de sa masse m.

A partir de cette étude, on peut aussi montrer que la perte d'énergie varie en fonction de la
distance de pénétration de la particule dans la matière. Un exemple est donné pour une particule
alpha dans la figure ci-dessous.

Courbe de Bragg typique pour une particule alpha montrant la perte d'énergie en fonction de la
distance parcourue à l'intérieur de la matière.

Ce type de courbe est connu sous le nom de courbe de Bragg.


Étant donné que la perte d'énergie est fonction de l'énergie cinétique, la particule ne perdra pas la
même quantité d'énergie durant tout son parcours. Elle est beaucoup plus ionisante vers la fin de
sa trajectoire, comme la montre bien la figure. A la fin de la trajectoire, la particule commence à
se lier aux électrons et la perte d'énergie augmente. Ce comportement est particulièrement utilisé
dans les applications médicales où l'on désire donner une grande dose de radiation à une certaine
distance de la surface.

2.5 Perte d'énergie par rayonnement (Bremsstrahlung)


Bremsstrahlung ou le rayonnement de freinage est un processus par lequel on a émission de
rayonnement électromagnétique par les particules chargées en mouvement lorsqu'elle subissent
une brusque décélération près d'un noyau ou d'un électron dan le milieu ralentisseur. Ce
processus est analogue à celui de la désexcitation d'un électron atomique sauf que la particule en
mouvement n'a pas de niveaux d'énergie bien déterminés mais des niveaux continus, par ce
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qu'elle n'est pas liée, elle est libre. Le rayonnement émis ne sera donc pas discret mais continu,
comme dans le cas par exemple du rayonnement X utilisé dans la radiographie.
On montre en électrodynamique que toute particule chargée en mouvement capable d'émettre un
rayonnement électromagnétique avec une intensité proportionnelle au carré de la décélération. Si
la charge de la particule incidente est ze est la charge du noyau atomique est Ze, la force
Zze 2 Zze 2
d'interaction électrostatique est , l'accélération est où m est la masse de la
4 0 r 2 4 0 mr 2
particule en mouvement. L'énergie émise sera proportionnelle au carré de l'accélération;
dT ( Zze 2 2 Z 2 z 2 e 2
( ) R  ( ) 
dx m m2
On voit que la perte d'énergie par radiation est beaucoup plus grande pour les électrons que pour
les autres particules lourdes à cause du facteur 1/m2. Elle est aussi proportionnelle à l'énergie E
de la particule en mouvement, d'où;
dT Zze 2
( )R  ( ) E
dx m
La perte d'énergie par le processus de "Bremsstrahlung" est dominante aux énergies élevées
tandis que la perte par collision ou ionisation est dominante aux énergies basses. Une formule
connue et utile pour la comparaison des deux pertes est la suivante:
dT
( )
dx R  ZE
dT 800
( )C
dx
où E est l'énergie de la particule en Mev et Z le nombre atomique du milieu.

2.5.2 Rayonnement Cerenkov


Dans son mouvement à travers la matière la particule chargée produit des paires d'ions et excite
des atomes. Dans certains matériaux appelés les scintillateurs les atomes excités se désexcitent
immédiatement en émettant de la lumière visible. Cependant, dans tous les matériaux les
particules chargées peuvent produire une faible émission de la lumière visible appelée
"rayonnement Cerenkov". Le mécanisme de cette émission est lié à la polarisation temporaire
que peut produire la charge le
long de sa trajectoire dans la
matière.

21
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La vitesse de la particule doit être supérieure à la vitesse de phase c/n de la lumière dans le
c
milieu (où n est l'indice de réfraction du milieu). v  . Dans un tel cas, une onde
n
électromagnétique cohérente est créée, qui se manifeste par une lumière bleu intense.
Ce rayonnement n'a pas une grande importance dans le bilan de l'énergie d'une particule chargée
puisque il ne représente que 0,1% de la perte d'énergie totale, mais il a une importante
application dans la détection des particules d'énergie élevée.
2.6 Annihilation
Les antiparticules interagissent avec la matière de la même manière que les particules jusqu'au
moment où elles rencontrent leurs particules correspondantes pour se détruire ensemble. Le
positron est un cas spécial par ce que la matière est riche en électrons ; les particules
correspondantes. Pour cette raison le positron ne peut pas aller très loin dans la matière et
souvent son parcours ne dépasse quelques millimètres pour s'approcher suffisamment d'un
électron et s'annihilent ensemble. Dans cette interaction l'électron d'abord capture le positron et
forme avec lui un système électron-positron appelé "positronium" pour une période de temps très
courte de l'ordre de 10-7 seconde. Puis, les deux particules s'annihilent en transformant toute leur
masse en énergie électromagnétique selon la relation E = mc2 = 2m0c2 1,02 Mev

Comme les deux particules sont pratiquement au repos et compte tenu de la conservation de la
quantité de mouvement de celle de l'énergie; deux photons sont générés avec chacun une énergie
de m0c2 = 0,511 Mev et dans deux directions opposées. En général, l'annihilation se produit dans
la source même qui émet les positrons comme le cas du sodium 11Na22
11Na 10Ne +  + 
22 22 +

La section efficace de l’annihilation d’un positron est donnée par la formule suivante :

Zre2  2  4  1  3 
 (E, Z )   ln(   2  1)  
 1   1 2
 2 1
E
où   , E est l’énergie du positron et Z le nombre atomique du milieu.
m0 c 2
2.7 Parcours Moyen R (ou le Range)
Les parcours des particules lourdes comme alpha sont en général droits et courts, par contre ceux
des particules légères comme les électrons sont en zigzagues et longs.

particule alpha

électron

22
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On définit le parcours moyen comme étant; la distance moyenne parcourue dans une direction
donnée, par la particule avant de perdre totalement son énergie cinétique. On peut l'écrire d'une
façon formelle:
0 dT E dT
R  E  0
dT dT
( ) ( )
dx dx
où E est l'énergie cinétique de la particule
Le fait que les particules chargées perdent de leur énergie dans la matière amène à se poser la
question de distance parcourue dans cette matière. La portée (range) est la distance maximale
parcourue par une particule donnée d'une énergie donnée dans un matériau donné.
On détermine cette portée expérimentalement en envoyant un faisceau de particules d'une
énergie choisie à travers différentes épaisseurs du matériau que l'on veut étudier. On y mesure le
nombre de particules transmises par rapport au nombre de particules incidentes. Une courbe
typique de ce type d'expérience est donnée dans la figure suivante.

Dans l'interaction des électrons avec la matière, les trois processus suivants jouent un rôle
important:
- la diffusion inélastique sur les électrons atomiques (diffusion de Möller).
- la diffusion élastique sur les noyaux (diffusion de Mott).
-la diffusion inélastique sur les noyaux (Bremsstrahlung).
La diffusion de Möller est en principe similaire à la diffusion étudiée pour les autres particules
chargées. La diffusion de Mott s'apparente à la diffusion de Rutherford, avec les électrons qui ont
généralement des vitesses relativistes. Le traitement de cette diffusion au niveau relativiste a été
effectué par Mott. Lorsque l'électron passe à proximité du noyau, il subit une
accélération/décélération qui peut causer l'émission d'un photon. Cette perte d'énergie par
émission a été considéré auparavant qui a été appelée parte par rayonnement ou Bremsstrahlung
(ou rayonnement de freinage).
Le parcours moyen est parfois plus utile que la perte d'énergie spécifique, mais son expression
analytique ne peut pas être obtenue exactement pour tout l'intervalle [0, E].
Des formules empiriques et semi-empiriques sont utilisées:
- pour les particules alpha
3
Rair  0.322E 2 pour 2MeV  E  8MeV
La relation entre le range d’un milieu absorbant Rm et celui de l’air est donnée par larelation :
1 1
Rm  m Aair2  Rair  air Am 2
où Aair et Amsont les nombres de masse atomique de l’air et du milieu, air et m les masses
volumiques correspondantes en g/cm3 et Rair le parcours moyen dans l'air.
Pour un alpha de 5,3 MeV par exemple Rair = 3,8 cm.
Exemple : Dans l'aluminium AAl= 27 et Al = 2,7 g/cm3 d'où RAl =0.026mm
23
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- pour les électrons:


Req = R = 0,542E - 0,133 E > 0,8 Mev
Req = R = 0,407E 1,38
0,15 Mev < E <0,8 Mev
E en Mev et R = R en g/cm
\ -2

Les parcours moyens sont en général mesurés ou calculés et présentés sous forme de tableaux ou
sous forme graphique.

Le parcours moyen ou le range dans l’air sec pour les électrons, les protons et les particules alpha

Il est important de noter que le range exprimé en épaisseur équivalente Req = R pour les
électrons est pratiquement indépendant de la nature du milieu, une courbe de R\en fonction de E
peut être utilisée pour tous les matériaux. Les figures suivantes montrent cette propriété du
parcours équivalent Req pour les particules alpha et les électrons dans le plomb et dans l’eau
liquide respectivement.

24
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25
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2.7 Production de Rayons X


Les sources de rayons X sont des dispositifs dont le principe est basé sur la production du
rayonnement de freinage ou Bremsstrahlung par un faisceau d'électrons accélérés à une grande
vitesse pour avoir une énergie cinétique de plusieurs dizaines de KeV(35 à 130 KeV).
Ces dispositifs sont appelés tubes de rayons X et caractérisés par le métal cible qui donne le type
de spectre voulu. La figure ci-dessous montre le principe de fonctionnement d'un tube à
tungstène.

26
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Le voltage d'accélération VA doit être purement continu et stabilisé. Il est directement lié à
l'énergie cinétique maximale communiquée aux électrons qui sont émis par un filament chauffé
par courant électrique. E max  eVA . La fréquence maximale  max des photons X produit (ou la
longueur d'onde minimale  min ) est lié au voltage d'accélération du tube VA par la loi connue de
Duane-Hunt;
hc
qVA  h max 
min

La figure ci-dessus montre un spectre de rayons X obtenu avec un tube à tungstène (W) et un
autre spectre superposé au premier obtenu avec un tube à Molybdène (Mo) avec un voltage
VA=35 kev

27
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Il faut remarquer que les deux spectres ont la même longueur d'onde minimale  min qui
correspond à l'énergie cinétique maximale des électrons qui est dans ce cas 35 keV ou VA le
voltage appliqué au tube qui est 35000 volts. Cette longueur d'onde est prévue par la loi de
Duane-Hunt:
hc 6,63  10 34  3  108
min   19
 0.355  10 10 m
eVA 1,6  10  35000
Il faut remarquer aussi que le spectre de Molybdène est caractérisé par deux pics qui sont ses
raies caractéristiques k  et k  .

28
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Exercices du Chapitre 2
Exercice 1
On considère la formule de perte d'énergie d'une particule de charge ze par collisions avec les
électrons d'un milieu uniforme caractérisé par un nombre atomique Z et une concentration
d’atomes ou molécules par unité de volume N (formule de Bethe-Bloch).
dT NZ 2 z 2 e 4 2m e v 2 v2 v2
 ( )c  [ln( )  ln(1  )  ]
dx 4 02 m e v 2 m c2 c2
1) Montrer que cette formule peut s'écrire sous la forme:
dT Anz 2 2 me c 2  2 Anz 2
 ( )c  [ln( )   2
]  [ F (  )  ln( m )] MeV/cm
dx 2  m (1   2 ) 2
où A est une constante, n =N.Z est le nombre d'électrons par unité de volume et
2m c 2  2
F(  )  ln( e 2 )   2 une fonction sans dimensions de 𝛽 = .
(1   )
2) Calculer numériquement A et n pour le cas où le milieu est l’eau
3) Calculer la perte d'énergie par collision des électrons de 20 MeV dans l'eau en joule/m,
puis en MeV/cm. On donne pour l’eau 𝜖 = 74,6 eV (Attention aux unités)

Exercice 2
On considère une particule lourde chargée de masse m et de charge ze et de vitesse v traversant
un milieu matériel dans la direction des x.

1)
(me,e) db
2)
3) b Trajectoire de la particule
4)
(m, ze) x
5)
6)
(me,e) db
7)
8)
9)
1) En supposant que la trajectoire de la particule et la position des électrons ne sont pas
affectées par l’interaction, Montrer que la quantité de mouvement transférée à un
électron se trouvant à une distance b de la trajectoire rectiligne de la particule incidente
peut être donnée par ;
 bze 2 dx ze 2
p  p    F .dt   
 3
v 2 0 bv
4 0 ( x 2  b 2 ) 2
où F est la composante perpendiculaire à la trajectoire de la force de coulomb entre la
particule et l’électron.

2) Montrer que l’énergie transférée à tous les électrons se trouvant à une distance entre b
et b+db dans un intervalle dx, est donnée par :
(p) 2 2b.NZ.db.dx z 2 e 4 NZ.db.dx
E  
2m e 4m e  02 b.v 2
où N est le nombre d’atomes par unité de volume et Z le nombre atomique du milieu
ralentisseur.
3) En intégrant sur le paramètre d’impact b, montrer que l’énergie perdue par la particule
par unité de longueur dx peut s’écrire :
29
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dE z 2 e 4 NZ b
  ln max
dx 4 0 m e v
2 2
b min

bmin et bmax étant les deux limites inférieure et supérieure d’intégration.

Exercice 3
Lequel des phénomènes n’impliquent pas une interaction avec les électrons orbitaux ?
a) Excitation. b) Ionisation c) Diffusion Rutherford d) Bremsstrahlung e) aucun de ces
phénomènes

Exercice 4
En utilisant la définition du range, montrer que la relation entre le range d'une particule de charge
z1 et le range d'une particule de charge z2 ayant la même vitesse est:
v
z12 R1 (  )  z 22 R2 (  ) où 
c
Exercice 5
Le maximum d’énergie transférable à un proton par un neutron de 2 MeV
a) est 4 MeV b) est 2MeV c) se produit pour θ=0° d) se produit pour θ=90° e) est 1 MeV

Exercice 6
Une particule chargée interagit plus probablement avec
a) Les protons b) Le noyau c) Les électrons d) Les neutrons

Exercice 7
a) Quelle est l’épaisseur en cm nécessaire du plomb (11,34 g/cm3) pour arrêter toutes les
particules bêta de 10 MeV d’énergie ?
On donne la formule empirique du range en g.cm-2 , R  0,426 E 1,14 , 0,1 MeV≤ 𝐸 ≤ 10 𝑀𝑒𝑉
b) Quelle est l’énergie minimale des particules bêta capables de pénétrer 30 cm dans le issu
humain ? Quelle est celle qui peut pénétrer la couche épidermique de 7 mm ?.

Exercice 8
1) Dans les conditions normales de température et de pression atmosphérique, le nombre
d'électrons dans un centimètre cube d'air 𝑁. 𝑍 = 3.88 × 10 et l'Energie d'Excitation et
d'Ionisation Effective Moyenne 𝜖 = 86 𝑒𝑉 . Calculer la perte spécifique d'énergie ( )
dans l'air d'une particule Bêta (électron) d'énergie égale à 0.1 MeV.

2) Si l'énergie moyenne pour créer une ionisation dans l'air est = 34 𝑒𝑉 , calculer le nombre
d'ionisations spécifique (par unité de longueur) crées dans l'air par la particule Bêta.
3) On définit par fois le pouvoir d'arrêt massique S par le rapport de la perte spécifique
d'énergie et la masse volumique du milieu𝜌, 𝑆 = . Calculer le pouvoir d'arrêt
massique 𝑆 de l'air
4) Calculer le pouvoir d'arrêt massique relatif (par rapport à l'air) du graphite dont la masse
volumique est 2.25 g/cm3,défini par 𝜌 =

30
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Exercice 9
Le range en cm des particules alpha de 2 à 8 MeV dans l’air, dans les conditions normales de la
température et de la pression atmosphérique peut être calculé par l’expression
𝑅 = 0,322 𝐸 où E est son énergie en MeV.
1) Quelle est l’épaisseur de l’eau et celle de l’aluminium pour stopper totalement le
rayonnement alpha de 5,3 MeV émis par le Polonium Po210 ? Les masses volumiques de
l’air, l’eau et de l’aluminium sont respectivement 1,9x10-3g/cm3, 1 g/cm3 et 2,7 g/cm3.
2) Quel est le range de ce rayonnement dans le Plomb Pb207 (11,34 g/cm3)
3) Calculer le pouvoir d’arrêt de l’eau pour les particules alpha émises par Po210. Comparer
avec le range dans l’eau.
4) Si l’énergie d’ionisation moyenne de l’eau est 12,5 eV, déterminer le nombre d’ions crées
par unité de longueur par ces particules alpha dans l’eau.
On donne le pouvoir d’arrêt dû aux collisions avec les électrons d’une particule chargée
de charge ze :
dT NZz 2 e 4 2m e v 2
 ( )C  [ln( )   2]
dx 4 0 me c 
2 2 2
(1   ) m
2

Exercice 10
Un proton et un alpha sont incidents dans l'eau avec la même vitesse.
a) Laquelle de ces 2 particules transféra plus d'énergie à un électron?
b) Laquelle pénétra plus dans l'eau? Expliquer.
L'énergie du proton est 1,2 MeV et celle du proton est 30,5 MeV
 dT 
c) Déterminer le pouvoir d'arrêt    et le range R de chaque particule dans l'eau
 dx 
d) Quelle est l'énergie maximale transférée par chacune des deux particules aux électrons
e) Quels sont les ranges de ces électrons

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Exercice 11
Le Plutonium Pu239 émet un alpha d'énergie de 5,6 MeV, estimer la valeur du range en cm dans:
a) Les muscles
b) Les os (masse volumique de 1,9 g/cm3)
c) L'air dans les conditions normales de TP

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Exercice 12
Un électron éjecté par l'effet de Compton selon un angle 𝜑 = 0° a été complètement stoppé par
une feuille d'aluminium (ρ = 2,7 g/cm3) d'épaisseur de 1,7 mm, estimer:
a) l'énergie cinétique de l'électron
b) l'énergie du photon incident

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Chapitre 3
Interaction du rayonnement électromagnétique avec la matière

Introduction
Il y a cinq types d'interactions avec la matière par les photons des rayons X et Gamma qui doivent être
considérés dans la physique radiologique:
1. Effet photoélectrique
2. Diffusion Compton
3. Production de paires
4. Dispersion (logique) de Rayleigh
5. Interactions photon-nucléaires
Les trois premiers de ces derniers sont les plus importants, car ils ont comme conséquence le transfert de
l'énergie aux électrons, qui donnent alors cette énergie à la matière par plusieurs interactions Coulombiennes
le long de leurs trajet à travers la matière. La diffusion de Rayleigh est élastique ; le photon est simplement
réorienté par un petit angle pratiquement sans perte d'énergie. Les interactions photon-nucléaires sont
seulement significatives pour des énergies de photon au-dessus de quelques MeV, où elles peuvent créer des
problèmes de protection contre le rayonnement des neutrons et Gamma produits par la radioactivation
conséquente.
L'importance relative de la diffusion Compton, de l'effet photoélectrique, et la production des paires dépend
de l'énergie du photon E   et du nombre atomique Z du milieu absorbant. La figure Fig.3.1 montre les
régions de E et Z dans lesquelles chaque interaction prédomine. Les courbes montrent où deux types
d'interactions ont la même probabilité d'avoir lieu. On peut voir que l'effet photoélectrique est prédominant
aux basses énergies, et la production des paires est prédominante aux hautes énergies, tandis que l'effet de
Compton est prédominant aux énergies moyennes. Pour les milieux de petit Z (par exemple, carbone, air,
eau, tissu humain) la région de la prédominance de l'effet de Compton est très large, s'étendant de 20 keV à
environ 30 MeV. Cette région diminue graduellement avec l'augmentation de Z.

Fig.3.1 montre les régions de prédominances des trois plus importants processus
D'interaction des photons avec la matière. Les courbes représentent le lieu où les deux processus ont la
même probabilité ou section efficace.

1. L'effet Photoélectrique
L'effet photoélectrique est l'absorption d'un photon (de fréquence  ) par un électron atomique et l'émission
de cet électron de l'atome. L'énergie de l'électron émis est
E e  h  E L

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Rayonnement-Matière
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où E L est l'énergie de liaison de l'électron dans la couche K, L, M, …etc, de l'atome. Il est donc évident que
le photon doit avoir une énergie supérieure à l'énergie de liaison de l'électron, pour que le phénomène puisse
se produire.

Fig. 3.2 Section efficace de l'effet photoélectrique dans le plomb


A chaque valeur de Bi , la section efficace fait un saut, représenté dans la figure ci ci-dessus
dessus par une sorte de
dents de scie. L'état L ayant 3 sous-couches,
couches, la courbe fait 3 petits sauts correspondants au nombre de sous
sous-
couches. On voit très bien que la section efficace diminue rapidement pour les énergies supérieures à celle
des énergies de liaisons des électrons dans la couche K. Ces pics et diminutions sont appelés les bords
d'absorption (K-edge).
Conformément à la loi de conservation de la quantité de mouvement, un photon ne peut pas céder toute sa
quantité de mouvement et par conséquence toute son énergie à un électron libre. Il faut un troisième corps
pour absorber la quantité de mouvement de rec recul. Le processus est possible pour un électron lié, parce que
l’atome absorbe la quantité de mouvement
ouvement de recul. Presque 80% de l'absorption par effet photoélectrique se
fait dans la couche K, où les électrons sont plus liés à l’atome que les électrons périphériques.
pér On peut dire
d’une autre manière que plus l'énergie du photon augmente, plus l'électron apparaît moins lié ou libre, de
sorte que la section efficace diminue avec l’augmentation de l’énergie du photon. Cette dépendance varie
1
selon la loi de puissance dans les régions intermédiaires entre deux bords successifs. Pour les
( h )7 / 2
1
énergies élevées l’absorption suit une loi de puissance de . L’absorption dépend aussi du nombre
h
atomique Z de l’atome. Elle est approximativement proportionnelle à Z 5 .

35
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Section efficace de l’effet photoélectrique


Le calcul de la section efficace de l'effet photoélectrique est difficile, car l'électron atomique doit être traité
de façon relativiste (équation de Dirac). Un calcul réaliste doit traiter trois régions différentes :
1) Régions aux voisinages des bords d’absorption
2) Régions intermédiaires entre les bords d’absorption
h
3) Casrelativiste où    1
m 0c 2
Dans la région intermédiaire et dans l’approximation de Born non relativiste et pour la région après le Bord
d’absorption K la section efficace total de l’effet photoélectrique est donnée par :
1
 32  2
 pe    7  Z 4  Th cm2 par atome
4
(3.1)
 
1 8
Où   la constante de structure fine et Th la section efficace de Thomson pour l’électron;  Th  re2
137 3
e2
Où re  est le rayon classique de l'électron.
m 0c 2
Dans la région où h  Bk il est nécessaire d’introduire un facteur multiplicatif de correction de la forme
k
f( )
  k
Dans le cas relativiste la dépendance en Z reste pratiquement la même Z 5 , mais la dépendance en énergie du
photon suit une autre loi de puissance  1 :
3
 pe   4 Z 5 Th (3.2)
2
Distribution angulaire
Pour les faibles énergies du photon, l’émission des photoélectrons se fait dans une direction faisant un angle
avec la direction d’incidence proche de 90°. Au fur et à mesure que l’énergie du photon augmente cette
direction d’émission se rapproche de la direction d’incidence vers l’avant comme le montre la figure ci-
dessous.

Distribution angulaire pour différentes énergies du photon incidentFig.3.3


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Pour un rayonnementélectromagnétique linéairement polarisé une formule donnant la distribution angulaire


est la suivante :
w ( e )  sin 2  e cos 2  (1   cos  e ) 4
Où e la direction de l’émission de l’électron par rapport à la direction d’incidence,  est l’angle entre le
plan de l’émission défini par la direction de l’émission de l’électron et le plan de polarisation du photon et
V
  e la vitesse du photoélectron divisée par la vitesse de la lumière.
c
2. Effet de Compton

L'effet de Compton est basé sur le comportement corpusculaire du rayonnement incident et c'est un
processus de diffusion incohérente sur les électrons libres et/ou atomiques. Ces électrons peuvent être décrits
comme quasi-libre, c.-à-d., ayant une énergie de liaison très petite devant celle du photon incident et qui
peut être négligée dans les calculs. En plus, il est considéré comme un processus inélastique, bien que la
description de cinématique de la réaction soit celle d'une collision élastique. Ce phénomène a été observé par
Compton (1922), qui a fourni une explication théorique schématisée dans la figure Fig.3.3. Dans l'effet de
h
Compton, un photon incident de quantité de mouvement entre en collision avec un électron quasi-libre
c
h 
au repos. Après la collision le photon sera diffusé dans un angle q avec une quantité de mouvement ,
c
 
alors que l'électron recule sous un angle f avec une quantité de mouvement p  mv .

Avec l'hypothèse de conservation de quantité de mouvement et celle de l'énergie on a:


h h 
 cos  p cos  (3.3)
c c
h 
0 sin   p sin  (3.4)
c
E e  h  h  (3.5)

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A l'aide des équations (3.3), (3.4) et (3.5) on peut obtenir les relations suivantes:
h
- La longueur d'onde du photon diffusé      (1  cos )
m0c
1
- L'énergie du photon diffusé h   h
1   (1  cos  )
 (1  cos )
- L'énergie cinétique communiquée à l'électron E ce  h
1   (1  cos )
h
avec  
m 0c 2
Section efficace de la diffusion de Compton
La probabilité d'une interaction de Compton avec un électron diminue avec l'augmentation de
l'énergie du photon et est indépendant du nombre atomique du milieu matériel.Dans l'effet de Compton, chaque électron agit en
tant que centre de diffusion etles propriétés en bloc de dispersion de la matière dépend principalement de la densité d'électrons
par unité de masse. La probabilité d'interaction ou de diffusion de Compton est donnée sur la base d'un électron.
La section efficace théorique de la diffusion Compton aétéobtenue par Klein etNishina

La section efficace différentielle de diffusion de photon dans un angle solide dΩ autour de la direction θ qui
a été obtenue est la suivante:

3. Production de paires
Un photon avec une énergie deux fois plus grande ou égale à l'énergie d'électron au repos; h  2m 0 c 2
peut être matérialisé par la création d'une paire électron-positron dans le champ d'un noyau atomique. La
production des paires électron-positron peut également se produire dans le champ d'un électron atomique,
mais avec une très faible probabilité et le seuil d'énergie est deux fois plus grand ( h  4m 0 c 2 ). Ce
processus est souvent appelé la production de « triplet » en raison de la présence de l'électron de recul
atomique en plus de la paire électro-positron. Quand la production de paires se produit dans un champ

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nucléaire, le noyau massif recule avec de énergie négligeable. Par conséquent, toute l'énergie du photon est
convertie en 2m 0 c 2 plus les énergies cinétiques de l'électron et du positronEe et Eprespectivement.
h  2 m 0 c 2  E e  E p

La longueur d'onde de photon de seuilpour la production de paires est 0.012 Å. La production de paires
devient plus probable avec l'augmentation de l'énergie de photon, et elle est approximativement
proportionnelle au carré du nombre atomique du milieu Z
( ≈Z2). On rappelle que le processus inverse se produit également quand un électron et un positron annihilent
pour produire des photons en passant par la formation d'un positronium. Le positronium est un système lié,
analogue à l'atome d'hydrogène, constitué par une paire d'électron-positron orbitant autour de leur centre de
la masse. Le positronium existe pour une durée de vie de l'ordre de 10-10 s avant que l'électron et le positron
annihilent et produisent deux photons ayant la même énergie 0.511 MeV et deux directions opposées.

4 Interaction Photo-nucléaire (ou photodésintégration)


Un photon peut être absorbé par un noyau atomique et cause l'éjection d'un nucléons (un proton ou un
neutron). Ce processus s'appelle aussi la photodésintégration. Un exemple est la capture de rayons gamma
par le noyau du plomb 82 Pb 206 avec l'émission d'un neutron : 82 Pb 206 ( , n ) 82 Pb 205
Le photon doit avoir suffisamment d'énergie pour vaincre l'énergie de liaison du nucléon éjecté, qui est
généralement plusieurs MeV. Comme l'effet photoélectrique, la photodésintégration peut se produire
seulement aux énergies de photon au-dessus d'une valeur seuil. L'énergie cinétique du nucléon éjecté est
égale à l'énergie de photon moins l'énergie de liaison du nucléon.La probabilité pour des réactions photo-
nucléaires est des ordres de grandeur plus petits que les probabilités pour l'effet photoélectrique, la diffusion
Compton, et de production de paires, respectivement. Cependant, à la différence de ces processus, les
réactions photo-nucléaires peuvent produire les neutrons, qui posent souvent des problèmes spéciaux de
radioprotection. En outre,les noyaux résiduels résultants des réactions photo-nucléaires sont souvent
radioactifs. Pour ces raisons, les réactions photo-nucléaires peuvent être importantes autour des accélérateurs
d'électrons de grande énergie qui produisent les photons énergiques par rayonnement de freinage.
Les seuils pour les réactions (γ, p) sont souvent plus hauts que ceux pour les réactions (γ, n) en raison de la
barrière répulsive de coulomb qu'un proton doit surmonter pour s'échapper
du noyau (voir figure). Bien que la probabilité pour les deux réactions soit à peu près identique dans les
éléments les plus légers, cependant dans les éléments lourds, la réaction (γ, n) est beaucoup plus probable
que (γ, p).

39
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D'autres réactions photo-nucléaires peuvent avoir lieu également. comme les réactions d'éjection de deux-
nucléon comme (γ, 2n) et (γ, n p), ainsi l'éjection de particule alpha (γ, α). L'absorption de photon peut
également induire la fissiondes noyaux lourds.

Exemple
Calculer le seuil d'énergie pour la réaction (γ, n) du noyau 82 Pb 206 . Quelle est l'énergie cinétique du neutron
éjecté par l'absorption du noyau d'un photon de 10 MeV

Solution
Les difficiles de masse sont 23.79 MeVpour 82 Pb 206 , 23.77 MeVpour 82 Pb
205
, et 8.07 MeV pour le
neutron.
La différence de masse après la réaction est  23,77  8,07  15,70 MeV
Le seuil d'énergie pour enlever un neutron du noyau 82 Pb 206 est donc:
15,70  ( 23,79)  8, ,09 MeV. L'absorption d'un photon de 10-MeV produit un neutron et le noyau de recul
206
82 Pb avec une énergie cinétique totale de 10 - 8.09 = 1.91 MeV. Cette énergie est partagée par le noyau
et le neutron.
La conservation de la quantité de mouvement s'écrit:
  
Pphoton  Pnoyau  Pnetron
 
La quantité de mouvement du photon est négligeable et on aura Pnoyau   Pnetron ou MV  mv
L'énergiecinétique totale est
1 1
Q  MV 2  mv 2
2 2
De ces 2 dernières équations on tire l'énergie cinétique du neutron
1 M 205
mv 2  Q 1.91  1,9 MeV
2 Mm 206
1 m 1
et l'énergie cinétique du noyau MV 2  Q 1.91  0,009 MeV
2 Mm 206

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5 Coefficient d'atténuation
la pénétration d'un photon dans la matière estrégi statistiquement par sa probabilité d'interagi avec la matière
par un processus physique ( effet de Compton, effet photoélectrique, production de paires, etc.) par unité de
distance parcourue. Cette probabilité, dénotée par µ, s'appelle le coefficient d'atténuation linéaire ou section
efficace macroscopique dont la dimension est l'inverse de la longueur (par exemple cm-1) Le coefficient
d'atténuation linéaire µ dépend de l'énergie du photon et du milieu matériel.
Le coefficient d'atténuation massique est défini par le rapport de µ sur la masse volumique ρ, c.-à-d. µ/ρ. Il
est habituellement exprimé en cm2 de g-1, et représente la probabilité d'une interaction par g/cm2 du milieu
matériel traversé.
Des photons mono-énergétiques sont atténués exponentiellement dans une cible uniforme. La figure ci-
dessous représente un faisceau étroit des photons N0 mono-énergétiques incident normalement sur un bloc
matériel homogène.

Au fur et à mesure de la pénétration du faisceau certains photons seront absorbés et d'autres seront diffusés.
Soit N (x) représentant le nombre de photons qui atteignent l’abscisse x sans subir d'interaction. Le nombre
de photon dN(x)qui peut interagir dans la distance dx autour de x est proportionnel à la fois à N(x) et à dx et
peut s'écrire:
dN ( x )   N ( x )dx
Où la constante de proportionnalité est le coefficient d'atténuation linéaire µ.
L'intégration de dN(x) entre 0 et x donne
N( x )  N 0 e  x
Le coefficient d'atténuation linéaire pour des photons d'une énergie donnée dans un matériel donné comporte
les différentes contributions des divers processus physiques cela
peut enlever des photons du faisceau étroit soit par l'absorption totale(photoélectrique et production de
paires) soit par diffusion (Compton). L'atténuation totale due à ces trois processuspeut s'écrire:
µ=τ+σ+κ
oùτ, σ, et κ dénotent, respectivement, les coefficients d'atténuation linéaire dus à l'effet photoélectrique, la
diffusion Compton et la production de paires.

Coefficient d'atténuation massique


On définit les coefficients d'atténuation massiques correspondants à ces trois processus en les divisant par la
masse volumique du milieu ρ; τ/ρ, σ/ρ, et κ/ρ.

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Nous pourrions également ajouter éventuellement les petites contributions à l'atténuation due aux réactions
photo-nucléaires et la diffusion de Raleigh, mais en générale nous les négligeons.
   
  
   
Les courbes ci-dessous donnent les coefficients d'atténuation massiquesde certains matériaux pour des
photons avec des énergies de 0.010 MeV à100MeV. La structure de ces courbes reflètentles processus
physiques que nous avions discutés. Aux basses énergies des photons l'effet photoélectrique est l'interaction
dominante et les matériaux de nombre atomique élevé causent une plus grande atténuation et absorption,
qui diminuent rapidement avec l'augmentation de l'énergie des photons.

Quand l'énergie des photons est de plusieurs centaines de keV ou plus, l'énergie de liaison des électrons
atomiques devient relativement sans importance et l'interaction dominante est la diffusion de Compton. A
l'exception de l'hydrogène les matériaux contiennent presque le même nombre d'électrons par unité de
masse, pour cela il n'y a pas une grande différence entre leurs coefficients d'atténuation massiques. La
diffusion de Compton Continue à être importante au-dessus du seuil de la paire-production 1.022-MeV
jusqu'à ce que ce dernier processus devienne plus important. L'atténuation par production de paires est plus
importante pour les noyaux ayant une plus grande charge nucléaire.

Le coefficient d'atténuation et la section efficace


Le coefficient d'atténuation linéaireµ est également égal au produit de la densité d'atomes par unité de
volume N et la section efficace atomique de tous les processus σa
µ =Nσa
Le nombre d'atomes par cm-3 d'un élément est donné par N = (ρ/A) N0, où ρ est la masse volumique du
matériau en g/cm-3, A est le nombre de masse atomique exprimé en gramme (ou l'atome-gramme), et N0 est
le nombre d'Avogadro. Ainsi, nous pouvons écrire

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N 0 a
 ou le coefficient d'atténuation massique
A
 N 0 a

 A

Pour un composé ou un mélange, on peut ajouter les contributions séparées de chaque élément pour obtenir
µ.
Exemple
Quelle est la section efficace atomique du plomb des photons de 1 MeV ?
Solution
D'après les courbes d'atténuation massique ci-dessus µ/ρ = 0.07 cm2/g pour le plomb qui un nombre
atomique A=207. D'après la relation entre le coefficient d'atténuation et la section efficace on a
 A 207
a   0,16   2.4  10 23 cm 2  0,24 barn
 N0 6,02  10 23

Coefficients de Transfertd'énergie et Absorption d'énergie

En dosimétrie on est intéressé par l'énergie absorbée dans la matière exposée aux photons.Cette énergie est
liée au coefficient d'atténuation linéaire discuté auparavant. Pour établir la relation entre l'énergie absorbée
et ces coefficients d'atténuation considérons la figure ci-dessus représentant un faisceau de photons mono-
énergétique parallèle et uniforme tombant normalement sur milieu ralentisseur d'épaisseur x.

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Définitions

Soit n le nombre total de photons incidents normalement sur le bloc

dn
0  : est la fluence (le nombre de photons par unité de surface) initiale
dS

  d : est le débit de la fluence (le nombre de photons traversant l'unité de surface par unité de temps)
 0
dt
initial

0 : est la fluence énergétique (l'énergie incidente par unité de surface) initiale

 : est le débit de fluence énergétique (l'énergie traversant l'unité de surface par unité de temps) initial
 0

Pour déterminer la fraction d'énergie absorbée dans le bloc matériel on doit comparer le débit de fluence
énergétique reçu par le détecteur   au débit de fluence énergétique initial   . Comme le détecteur reçoit
0
des photons qui n'ont pas interagit et des photons qui ont subi des interactions   sera plus grand que
 e  x . et l'atténuation due à l'absorption des photons par le bloc sera plus petite
0
En prenant par exemple le cas où un électron est sur la couche électronique K d'énergie EK, après son éjection par
effet photoélectrique, un autre électron présent sur la couche L, d'énergie EL descend sur la couche K en émettant
un photon de fluorescence. Ce photon va aller frapper un électron sur la couche M, d'énergie EM, qui va quitter
l'atome (c'est l'électron Auger).
Alors l'énergie du photon de fluorescence se calcule par la relation:
1
E K  E L  E M  mv 2
2
et l'énergie E de l'électron Auger se calcule :
1
E  mv 2  E K  E L  E M
2
La fraction de   transférée aux électrons (c.-à-d., le photoélectron et les électrons Auger) peut être exprimé
0
comme : Δ𝐸 = ℎ𝜈 − 𝐸 + 𝐸 = ℎ𝜈 − 𝐸 + 𝐸 − 𝐸 − 𝐸 = ℎ𝜈 − 𝐸 − 𝐸
E E  EM 
1 L 1
h h h
où δ est l'énergie moyenne du rayonnement de fluorescence émise après l'absorption photoélectrique. Donc,
l'atténuation due à tout le transfert d'énergie dans l'effet photoélectrique doit être corrigée. On peut définir le
coefficient d'atténuation de transfert d'énergie dans ce cas comme étant:

 tr  (1  )
h
Pour l'effet de Compton la fraction d'énergie moyenne communiquée initialement à l'électron diffusé peut
E moy
s'écrire: où Emoy est l'énergie cinétique moyenne communiquée à l'électron diffusé.
h
Le coefficient d'atténuation de transfert d'énergie pour ce cas est:
E moy
 tr  
h

44
USTO/Faculté de Physique / Master SRI/ Interaction Rayonnement-Matière 2010/2011, A. H. Belbachir

Pour la création de paires électron-positron avec une énergie cinétique totale initiale h  2m 0 c 2 et le
coefficient d'atténuation de transfert d'énergie dans ce cas s'écrit:
2m 0 c 2
 tr   (1  )
h
Le coefficient de transfert d'énergie massique total est la somme des coefficients précédents:
tr  tr  tr  tr    Emoy  2m c 2
    (1  )  (1  0 )
     h  h  h
Ce coefficient détermine l'énergie cinétique totale de tous les électrons produits par le photon directement (
par effet photoélectrique, effet de Compton et la production de paires) et indirectement (les électrons
Auger). Une partie de cette énergie cinétique peut être émise sous forme de bremsstrahlung. Si g est la
fraction de l'énergie émise par ces électrons sous forme de bremsstrahlung, on peut définir le coefficient
d'absorption d'énergie massique comme:
en tr
 (1  g )
 
Où g représente la fraction d'énergie qui échappe du milieu d'interaction sous forme de rayonnement
bremsstrahlung et fluorescence. La valeur de g est importante pour les milieux qui ont un grand nombre
atomique Z et pour les photons incidents de grande énergie.

La figure ci-dessus montre le coefficient massique d’absorption énergétique et les autres coefficients.

La figure ci-dessous montre l'absorption d'énergie massique ou en pour certains éléments

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Le tableau suivant montre les différences des différentes atténuations massiques de l'eau et du Plomb.

Calcul de transfert d'énergie et d'absorption d'énergie


On peut utiliser les coefficients  en et  tr pour calculer l'énergie absorbée ou transférée à un élément de la
matière. On doit supposer que l'élément matériel est un bloc d'épaisseur mince x plut petite que le parcours
libre du photon et que les photons de fluorescence et de bremsstrahlung peuvent échapper de cet bloc. En
plus on suppose que les multiples diffusions du photon sont négligeables. Dans ces conditions le débit de
fluence énergétique transmis est    e  en x
0
Selon l'hypothèse de mince épaisseur µenx<<1 d'où     (1   x) soit:
0 en
     x 
0 en 0
Si la surface du bloc est A, le taux d'énergie absorbée par le bloc par unité de temps est:
dE    )  A x 
 A( 0 en 0
dt

46
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Comme la masse du bloc dm  Ax , le taux moyen ou aussi le débit moyen d'absorption d'énergie par unité

de masse D   dE ab 1   en  
0
dt dm 
 est aussi appelé le débit moyen de la dose absorbée par le bloc.
D
De la même manière on peut facilement déterminer le débit moyen de transfert d'énergie par unité de masse:
  dE tr 1   tr 
K 
0
dt dm 
 est aussi appelé le débit moyen du kerma
K
Exemple
Un faisceau parallèle de photons de 1 MeV est normalement incident sur un bloc d'aluminium de 1.2 cm
d'épaisseur (ρ = 2.70 gcm-3) avec un débit de fluence de 103/s Les coefficients sont respectivement,
 en 
 0,027 cm 2 g 1 et  0,062 cm 2 g 1 .
 
1)Quelle est la fraction des photons transmis sans interaction?
2) Quelle fraction de l'énergie des photons incidents transmise par le bloc?
3) Combien d'énergie est absorbée par seconde par le bloc?
4) Quelle est la fraction de l'énergie transmise qui a été transportée par les photons qui n'ont pas interagi?

5) Si tr  0,0271 cm 2 g 1 quelle est la fraction de l'énergie cinétique initialement transférée aux électrons

dans le bloc et émise sous forme de bremsstrahlung?
Solution
1) µ = 0.0620× 2.70 = 0.167 cm-1. La fraction des photons qui pénètrent 1.2 cm sans interagir est donc e-
(0.167×1.2)
= 0.818.
2) µen = 0.0270×2.70 = 0.0729 cm-1

 e   en x  e 0,07291, 2  0,916

0
dE    84 MeV
3) La fraction de l'énergie absorbée est 1-0,916=0,084 donc  0  
dt
4) L'énergie transmise des photons qui n'ont pas interagi d'après 1) est Eno=0,818x1000=818 MeV. Comme
l'énergie absorbée est 84 MeV donc l'énergie totale transmise (bremsstrahlung inclus) est 1000-84=916
MeV.
La fraction d'énergie transmise transportée par les photons no interagis est 818/916=0,893
   0,0270
5) On a en  tr (1  g ) d'où g  1  en  1   0,0037
   tr 0,0271

Exemple
Une source de Césium Cs137 stockée dans le laboratoire. Le débit de fluence des photons émis dans le
voisinage de la source est 5,14x107 m-2s-1. Calculer le taux ou débit de la dose dans l'air près de la source.
Solution
L'énergie des photons émis par Cs137 est 0,662 MeV. Pour l'air µen/ρ= 0.030 cm2 g–1.
Le taux ou le débit de la fluence énergétique    h  5,14  10 7  0,662  3400 MeVm 2 s 1

   en 
D   102 MeV g 1s 1  1,63  10 8 J.Kg 1.s 1  0,0587 mGy h 1

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Exercices du Chapitre3
Exercice 1
La section efficace totale de l’interaction d’un rayonnement X d’énergie de 100 KeV avec un atome
d’hydrogène est ;  H  4,62.104 barn et, celle avec un atome d’oxygène est ;  O  1,59.10 1 1.59x10-01
barn.
1) Calculer la section efficace de la molécule d’eau.
2) On définit le coefficient d’atténuation d’un milieu matériel par    .N et le coefficient d’atténuation
 .N
massique par  m  , où N est la densité atomique ou moléculaire et ρ la masse volumique. Calculer

l’atténuation massique de l’eau et la comparer aux valeurs correspondantes mesurées pour les milieux
suivants : air (0,1541 cm2/g), eau (0,1707 cm2/g) Plomb (0,1710 cm2/g ), os (0,1855 cm2/g) et tissus de
muscle (0,1693 cm2/g). Les masses volumiques sont respectivement 1,205x10-3 g.m-3, 1,000 g.m-3, 11,35
g.m-3, 1,920 g.m-3 et 1,127 g.m-3
3) Calculer l’atténuation  de ces milieux. Quelle est votre conclusion ?
Exercice 2

Un rayonnement X est incident sur un bloc matériel de section efficace totale par atome σ.
Montrer que le taux d’interaction R (par unité de volume et par unité de temps) au point x dans le bloc peut
être écrit ; R  .N.I 0 Exp( .N.x )  I 0Exp( x ) où I0 est l’intensité du faisceaudu rayonnement dans le
vide.
Exercice 3
Dans une expérience on utilise l’atténuation sélective du Plomb de masse volumique   11,35g.cm3 pour
distinguer entre deux rayonnements l’un avec une énergie de 80 KeV et l’autre avec une énergie 88 KeV.
1) Quelle est l’épaisseur du plomb nécessaire pour avoir le rapport des atténuations des deux
rayonnements égal à 10 ? (on donne  m1  2,419 cm 2 / g pour 80 KeV et  m 2  1,910 cm 2 / g pour 88
KeV)
2) déterminer l’atténuation de chaque rayonnement après cette épaisseur.

Exercice 4
Libeller les régions et les axes de l’interaction des
photonsdans La figureci-contre
1) Effet de Compton prédominance
3) Photoélectrique prédominance
4) Energie du photon incident
5) Production de pair prédominance
6) Nombre atomique de la cible
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USTO/Faculté de Physique / Master SRI/ Interaction Rayonnement-Matière 2010/2011, A. H. Belbachir

Exercice4
La section efficace de l’effet photoélectrique est proportionnelle à
Z4 Z3 Z3 Z E2
a) b) c) d) e)
E3 E4 E2 E3 Z3

Exercice 5
Une source de Cobalt-60 de 50 Ci émet un faisceau de photons de forme cylindrique de 1 cm de diamètre et
d’intensité uniforme I0.
a) Calculer l’intensité I0
b) On utilise cette source directement dans la radiothérapie d’une tumeur de forme supposée
cylindrique de 1 cm de diamètre et 1 cm de hauteur. Si la dose nécessaire pour arrêter les fonctions
cellulaires (mort de cellule) est de l’ordre de 100 Gy, estimer le temps d’irradiation nécessaire pour
tuer cette tumeur(1g/cm3) ?

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USTO\Département de Physique Master SRI & PM Interaction Rayonnement-Matière 2010/2011- A.
H. Belbachir

Chapitre 4
Interaction des Neutrons avec La Matière

Contrairement aux particules chargées du fait de leur neutralité électrique, les


neutrons perdent de l'énergie essentiellement par collisions nucléaires. Ces collisions
qui se font entre le neutron et les noyaux atomiques conduisent aux différentes
réactions nucléaires possibles.
4.1 Diffusion Elastique(ou diffusion élastique potentielle)
La réaction la plus simple est la diffusion élastique simple ( ou potentielle) dans
laquelle le neutron entre en choc avec le noyau atomique sans le pénétrer. Cette
collision est similaire à celle qui peut se produire entre deux sphères dures (comme le
cas des boules de billard) où la section efficace est essentiellement la surface
géométrique apparente du noyau. cette section efficace est pratiquement constante
pour l'énergie des neutrons allant de 1eV à 1MeV environ. Le neutron perd la majorité
de son énergie dans un milieu matériel par la diffusion élastique. L’énergie maximale
4mM 4A
que peut transférer à un noyau de masse M est : Q  En  où A est
( m  m) 2
( A  1) 2
le nombre de masse du noyau considéré.

4.2 Noyau Composé


Un autre type de réactions est celui pour lequel le noyau ZXA absorbe le neutron
incident pour former un nouveau noyau ZXA+1 dit; "Noyau Composé", dans une
première étape. Dans une deuxième étape ce noyau composé (ZXA+1)* se désintègre et
émet une ou plusieurs particules énergétiques.
La formation d'un noyau composé se produit dans plusieurs réactions nucléaires,
comme la fission, la capture radiative des neutrons et certains types de diffusions des
neutrons.

diffusion élastique de résonance


diffusion inélastique
capture radiative

0 n1 + ZX
A
(ZXA+1)*

en deuxième étape le noyau composé se désintègre:


A 1
ZX + 0n (diffusion élastique de résonance)
A 1
(ZX )* + 0n (diffusion inélastique)
(ZXA+1)*
A+1
ZX + (capture radiative)
A1 A2
Z1X + Z2X + (2-3) 0n1 (fission)

Le mécanisme de ces réactions se fait dans un temps relativement long qui est de
l'ordre de 10-14 secondes, tandis que le temps nécessaire pour traverser un noyau est de

50
USTO/Faculté de Physique Master SRI/Interaction Rayonnement-Matière 2010/2011, A. H. Belbachir

l'ordre de 10-17 secondes pour un neutron de basse énergie de vitesse de l'ordre de 105
cm/s. Le temps des réactions passant par la formation d'un noyau composé est à peu
près 1000 fois le temps de transit normal des neutrons causant ces réactions. Il semble
donc que le neutron incident est d'abord absorbé par le noyau atomique initial, puis il
commence à se balader à l'intérieur du noyau tout en distribuant son énergie cinétique
et son énergie de liaison (due à sa présence dans le noyau) aux nucléons, avant que le
noyau ainsi formé se désintègre.
La longue durée de vie du noyau composé indique que le processus de cette
désintégration est indépendant de sa formation initiale. Ce qui permet aussi de dire
que ce temps est suffisant pour que le neutron incident oublie son identité ou ses
caractéristiques (comme sa direction d'où il vient et son énergie par exemple,... ). La
formation d'un noyau composé correspond aussi à ce qui est appelé la "réaction de
résonance" dans laquelle le neutron incident a une énergie égale à celle d'un niveau
d'énergie du noyau composé. Pour être plus spécifique; considérons un neutron
d'énergie E incident sur un noyau ZXA. L'énergie disponible pour cette réaction est
celle calculée dans le système de centre de masse;
M
EC  E
M m
où m est la masse du neutron, E son énergie dans le système de laboratoire et M la
masse du noyau.
Si EL est l'énergie de liaison du neutron et si on est dans le cas où EC + EL est à peu
près égale à un niveau nucléaire du noyau composé ZXA+1 , on peut s'attendre à une
plus grande probabilité d'avoir la formation de ce noyau que dans le cas où les deux
énergie sont très différentes. Par conséquent on doit s'attendre à ce que la section
efficace des réactions d'un tel noyau composé aura des pics ou des résonances pour
les énergies du neutron pour lesquelles il y a égalité avec les énergies des niveaux du
noyau composé, c'est-à-dire quand EC = En - EL
où En indique les niveaux d'énergie du noyau composé.

4.3 Désintégration des états Excités :

La loi fondamentale de la radioactivité montre que la durée moyenne  pour


qu’un noyau se désintègre est constante.
Il est parfois commode d’exprimer cette quantité (durée de temps) en terme d’une
autre quantité  appelée largeur de niveau (ou largeur de raie) selon la relation :  =
h /  qui a la dimension de l’énergie.

Les largeurs d’un grand nombre de niveaux d’énergie ou états d’excités sont
mesurés expérimentalement. Par exemple, le premier niveau excité de U239 a une
largeur =0.027 eV.
La durée de cet état est donc  = h /  = 2.4 x 10-14 s

La désintégration d’un noyau dans un état excité peut se faire avec un certain
nombre de façons différentes. La probabilité par unité de temps pour chaque mode de
désintégration d’un état excité est décrite en terme de largeur partielle caractérisant le
dit mode ou processus.

51
USTO/Faculté de Physique Master SRI/Interaction Rayonnement-Matière 2010/2011, A. H. Belbachir

Par exemple la désintégration par émission de rayonnement gamma () est


caractérisée par une largeur partielle. Celle de la désintégration par émission d’un
neutron est caractérisée par n dite largeur du neutron et ainsi de suite.
La largeur totale est la somme des largeurs partielles :  =  + n + …
La probabilité relative pour qu’un état excité se désintègre par un mode donné est
évidemment le rapport de la largeur partielle et la largeur totale ;  /  , n /  …etc.

etc.
etc.

inélastique
Ec
élastique

Formation noyau
 composé
inélastique
A
ZX + neutron

Capture radioactive 

A+1
ZX

Diagramme montrant la formation et la désintégration du noyau composé.

4.4 Diffusion inélastique.

Dans cette réaction, le neutron est d’abord absorbé pour former le noyau
composé. Ensuite ce noyau décomposé se désintègre en remettant un neutron.
Cependant le noyau final est laissé dans un état excité. Une telle réaction arrive
normalement seulement avec des neutrons d’énergie relativement élevée de l’ordre de
10 Kev, car l’énergie du neutron doit dépasser un certain seuil pour pouvoir exciter le
premier état excité du noyau composé au moins.
Comme une certaine quantité d’énergie cinétique du neutron incident peut-être
convertie en énergie d’excitation du noyau cible, il est possible pour le neutron de
perdre une grande partie de son énergie cinétique par une diffusion inélastique. De
toutes les façons l’énergie cinétique n’est pas conservée dans une telle réaction.

Ec
Neutron incident

inélastique

(ZXA )*
Emission 
52

A
ZX + neutron
i (Ei)
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4.5 Diffusion élastique de résonance.

C’est une réaction très similaire à celle de la diffusion inélastique en ce qui


concerne la formation du noyau composé, sauf que le noyau final est laissé dans son
état initial et l’énergie cinétique est conservée.

Il est possible de décrire la théorie générale de la diffusion élastique dans la


région de résonance mais l’expression de la section efficace qu’on peut obtenir est
compliquée et elle n’a pas beaucoup d’intérêts pratiques. Mais aux basses énergies et
pour les résonances bien séparées, il y a une formule assez simple appelée formule de
Breit-Wigner qui décrit la section efficace au voisinage d’une résonance E0.

 e (Ec)  0 n
 1 
1
2
 2 0 R
 1 
x
2
 4 R
2

x 0
x
où :

0  4 g 2 n
 0
x  2 (Ec  Eo)

Ec est l’énergie cinétique totale du neutron et la cible dans le (SCM)
    mM
0 2Eo
avec
m  M

H/2
FWHM

E
 est la largeur totale de résonance qui caractérise la largeur du niveau
d’énergie excité et aussi ce qu’on appelle la largeur totale à la moitié du
maximum(Fall Width at half Maximum FWHM)
n est la largeur de raie du neutron qui caractérise la probabilité pour que le
noyau se désintègre par émission d’un neutron.

R est le rayon du noyau R  1.25 x 10-13 A1/3 cm


1 si I=0

 
g =
1 2J  1 si I0
2 2I  1
Où I est le spin de la cible.
J le spin du noyau composé.

53
USTO/Faculté de Physique Master SRI/Interaction Rayonnement-Matière 2010/2011, A. H. Belbachir

On rappelle qu’il y a deux types de diffusion élastique à savoir ; la diffusion


élastique potentielle qui se produit pour toutes les énergies du neutron ; la diffusion
élastique de résonance qui se produit pour certaines valeurs de l’énergie du neutron et
se fait via un noyau composé.

Le premier terme de l’expression de la section efficace de diffusion élastique


représente la diffusion élastique de résonance ; le troisième terme représente la
diffusion élastique potentielle. Le terme au milieu représente l’interférence au sens
quantique des ondes associées avec les deux mécanismes de diffusion.

Pour Ec < Eo ce terme est négatif et pour Ec > Eo il est positif. Pour des
valeurs de Ec en dehors des zones de résonances (éloignées de Eo)  e(Ec) approche la
valeur constante4R2. Pour cette raison  e(Ec) est constante pour les basses énergies,
malgré que la section efficace des processus comme la fission ou la capture radiative
est très grande dans ce domaine d’énergie, de telle sorte qu’il est impossible de
mesurer directement  e(Ec)

 e(Ec)
Diffusion de résonance

Diffusion élastique potentielle

4R2

Section efficace de diffusion élastique.


Ec
4.7 Capture radiative.

Cette réaction peut se produire pour pratiquement toutes les énergies du


neutron mais elle est particulièrement plus probable pour les basses énergies. Elle
passe d’abord par l’absorption du neutron pour former un noyau composé de longue
durée de vie comparée à l’échelle nucléaire.
Par exemple pour faire un tour dans le noyau un nucléon a besoin d’un temps
de l’ordre de 10-21s alors que l’émission de gamma nécessite un temps de l’ordre de
10-14s.

Comme a été discuté avant le noyau composé est formé dans un état très excité
parce que le neutron a amené au noyau (au système) son énergie cinétique Ec et son
énergie de liaison EL.

Le système peut se désintégrer soit par émission de neutron soit par émission
de rayonnement. Mais ce qui se passe c’est que l’énergie supplémentaire est
distribuée sur les autres nucléons et l’émission d’un nucléon est reportée jusqu’au
moment où un des nucléons obtient une énergie (dans les collisions avec les nucléons)
supérieure à son énergie de liaison dans le noyau.

54
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Il est donc raisonnable de penser que lorsque l’énergie d’excitation est partagée par un
grand nombre de nucléons. Le temps moyen qui passe avant qu’un nucléon peut être
éjecté du noyau est plus long que dans le cas où cette énergie est partagée par un petit
nombre de nucléons. Par conséquent la capture radiative est plus importante pour les
noyaux lourds que pour les noyaux légers. Près d’une résonance isolée la section
efficace est donnée par la formule de Breit-Wigner.

 (xc)  0  1 
1
2
x
4.8 Fission.

L’énergie de liaison par nucléon dans un noyau atomique atteint un maximum


de 8,7 Mev pour les noyaux dont le nombre de masse A est autour de 50.

A 2
(ZMp  (A  Z)Mn  MZ x ) C
EL 
A

EL (Mev)

1
A
Energie de liaison par nucléon en fonction du nombre de masse
60 120 180 240

Il est possible de produire des noyaux intermédiaires plus liés (avec énergie de
liaison plus élevée ) soit par fission d’un noyau lourd pour avoir deux noyaux
intermédiaires soit par fusion de deux noyaux légers pour former un noyau
intermédiaire. Ces deux processus conduisent à un dégagement d’énergie qu’on
appelle énergie nucléaire.

Mécanisme de fission :

D’après la mécanique quantique tous les noyaux lourds ont la possibilité de ses
diviser spontanément mais avec une probabilité très faible , par exemple pour avoir
une fission du noyau de U238 il faut attendre en moyenne 6,5 x 1015 ans.

55
USTO/Faculté de Physique Master SRI/Interaction Rayonnement-Matière 2010/2011, A. H. Belbachir

Pour avoir des fissions avec une probabilité raisonnable il faut fournir de
l’énergie au noyau d’une façon ou d’une autre afin de vaincre la barrière de fission.

La barrière de fission est de l’ordre de 6 à 9 Mev pour la plupart des noyaux


lourds. Une des façons de donner de l’énergie au noyau est l’absorption d’un neutron.
Dans ce cas l’énergie à fournir est bien l’énergie cinétique du neutron Ec plus son
énergie de liaison ( Ec plus EL).
Le processus de fission n’est pas connu exactement en détail, mais ce qui est
très clair il y a à la fin de l’état intermédiaire du noyau composé la formation de deux
noyaux. Z1XA1 et Z2XA2

r
A
ZX A1 A2
Z1X Z2X

R1 R2
Considérons l’énergie potentielle des deux blocs de masse en voie de
séparation l’un de l’autre. Elle est égale à l’énergie totale du système moins l’énergie
cinétique. Quand r = o l’énergie totale est MAC2 où MA est la masse du noyau initial et
l’énergie cinétique est nulle.

Pour pouvoir déformer le noyau composé dans une configuration de deux


blocs distincts en voie de séparation il faut donner de l’énergie au système. Ceci cause
une augmentation de l’énergie potentielle nucléaire avec l’augmentation de r jusqu’au
point où les deux fragments se séparent l’un de l’autre. A partir de ce point l’énergie
nucléaire des fragments reste constante tandis que leur énergie potentielle commence
à décroître selon la loi de force répulsive de Coulomb des deux nouveaux noyaux.

L’énergie minimum nécessaire qu’il faut fournir au noyau pour avoir la fission
est appelée l’énergie critique ou seuil d’énergie. Ecrit et peut-être estimé de la figure
ci-dessous.

E crit
2
MAC
Eq
Q
(MA1 + MA2)C2

r
R1 + R2
Elle est simplement égale à l’énergie de Coulomb Eq calculée à r = R1 + R2
moins la valeur Q de la réaction.
Ecrit = Eq – Q
Z1Z2 e2
1
Eq 
40 R1  R2
Si on utilise R 1.25 x 10-15 A1/3 m

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Z 1Z 2 e2
Eq 
4 0 x1.25 x 1015 ( A11 / 3  A12/ 3)
Si on suppose que A1 = A2 = A/2 , Z1=Z2=Z/2  Eq  0.16 Z2 / A1/3
Pour l’Uranium, Eq est approximativement 212Mev.
La valeur moyenne de Q est 212 Mev d’où écrit  6 Mev.

Pour des noyaux légers l’énergie critique est considérablement plus grande ;
pour cette raison la fission n’a d’importance pratique que pour les noyaux les plus
lourds.
On appelle les noyaux fissionables les éléments qui peuvent avoir la réaction
de fission avec des neutrons d’énergie inférieure à 10 Mev comme U238, U235, U233,
P240, Th232.
On appelle les éléments fissiles ceux qui peuvent avoir la réaction de fission
avec des neutrons d’énergie cinétique très faible de l’ordre de zéro ou fraction de 1 ev,
parmi ces fissiles on a U235, U233, Pu239, Pu241.

La réaction de fission typique est celle :

+ 92U235  (92U236)*  produits de fission


0n1
 39Y95 + 53 I 139 + 2(0n1)
Les produits de la fission sont les deux fragments des neutrons (2 à 5 ) des
rayonnements gamma, beta et neutrinos. Une grande énergie est dégagée de l’ordre de
200Mev pour chaque fission.
Pour chaque fission il y a aussi une émission de 3 neutrons en moyenne, ce qui
permet de maintenir une réaction en chaîne. La majorité des neutrons sont émis
instantanément (dans 10-14 s) avec l’événement de la fission. Ces neutrons on les
appelle les neutrons prompts. Une fraction de l’ordre de 1 % des neutrons sont émis
un peu en retard (de 0,25 à 555) après la désintégration radiative des fragments. Ces
neutrons on les appelle les neutrons retardés.
Le nombre total des neutrons lâchés dans une réaction de fusion que l’on note
(E) varie en fonction de l’énergie du neutron incident et la nature du noyau cible.
C’est une fonction croissante de l’énergie E du neutron incident.
Les neutrons des fissions émergent avec des énergies différentes mais avec
une moyenne de 2Mev approximativement.
On appelle X(E) le spectre de fission qui est la distribution des neutrons selon leur
énergie.
X(E) d E = le nombre des neutrons de fission émis avec une énergie E dans
l’intervalle dE.
Pour U235 on a une formule semi-empirique,
X(E) = 0.453 e –1.036E sinh(2.29E)
La majorité d’énergie lâchée dans une fission est en forme d’énergie cinétique
des fragments des neutrons et des bêtas qui facilement récupérable dans un réacteur
nucléaire, le reste de l’énergie est lâché sous forme de rayonnement gamma et des
neutrinos.

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Produit de réaction % d’énergie Range


Energie cinétique des fragments 80% instantanée <0.01 cm
Neutrons rapides 3% instantanée 10 – 100cm
Gamma 4% instantanée 100 cm
Désintégration des fragments par beta 4% retardée Court
Neutrinos 5% retardée
Capture radiative des fragments 4% retardée 100 cm

Pourcentage des énergies lâchées par une fission :

U233 : 190.0  0.5 Mev par fission


U235 : 192.9  0.5 Mev par fission
Pu239 : 198.5  0.8 Mev par fission
Pu241 : 200.3 0.8 Mev par fission
U238 : 193.9  0.8 Mev par fission
La figure ci-dessous montre la section efficace totale d’interaction des neutrons avec
l’hydrogène et le carbone.

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Exercices du Chapitre 4

Exercice 1. L’isotope d’uranium possède une section efficace de fission


pour les neutrons thermiques (d’énergie 0,0253 ev) égale à 577 barn et une
densité volumique égale à 18.8 g/cm3. Si cet isotope est soumis à un flux de
neutrons thermiques de l’ordre de 1013 cm-2.s, calculer :
1°/ la densité des neutrons.
2°/ le taux de fission par unité de volume et par unité de temps.
3°/ Si l’énergie dégagée dans une fission est de l’ordre de 2000 Mev, calculer la puissance en watt
dégagée par un centimètre cube de (on ne tient pas compte des fissions en chaîne qui peuvent être
causées par les neutrons produits par fission).

Exercice 2
Un faisceau de neutrons d’énergie de 1 Mev, et d’intensité de 5. 108 neutrons/cm2 .
sec frappe une cible mince de 12C, de surface de 0.5 cm2 et de 0.05 cm d’épaisseur.
Pour cette énergie la section efficace totale du 12C est 2,6 barns.
Sachant que la surface active du faisceau est de 0.1 cm2
1°/ A quel taux se passent les interactions dans la cible ?
2°/ Quelle est la probabilité pour qu’un neutron du faisceau incident subisse une
collision dans la cible ?
On donne : la densité des atomes de la cible 0.080 . 1024 dans les mêmes unités..

Exercice 3
Il y a seulement deux réactions d’absorption, la capture radiative et la fission, qui se
produisent lorsque 0.0253 ev neutrons interagit avec 235U. Les sections efficaces pour
ces réactions sont 99 b et 582 b, respectivement.
Lorsque des neutrons de 0.0253 ev sont absorbés par 235U, quelle est la probabilité
relative pour que la fission aura lieu.

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