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SOCIOLOGIE DE LA SANTE DE LA MEDECINE ET DE LA MALADIE

COURS 1 : Maladie et santé et mort comme fait social

Site de biographie : Cairn / Persée / ClassiquessciencesSociales.uqbc / gallica

Marcel Mauss : père fondateur de l’anthropologie français, neveux de Durkheim considéré


comme père fondateur de la sociologie française.
Mauss : professeur à l’EPHA (école pratique des hautes Etudes) et professeur au collège de
France. Il est né en 1872 – 1950.

Principaux écrits 20ème siècle.

Il a travaillé sous l’égide d’Emile DURKHEIM. Il n’a jamais écrit d’ouvre mais des recueils de
textes. Ses textes sont souvent des conférences ce sont ses étudiants qui ont mis à l’écrit ses
conférences.
Il s’est intéressé : biologie et social, intersection de deux éléments du vivant : corps et
extérieur du corps. Pour étudier cette interaction, il a travaillé sur une observation de
certaines tribus : idée que la mort survient de l’impulsion collective, pressions. Observé fin 19
début 20ème S sur des sociétés dites société traditionnelle = faible division du travail et le
sentiment collectif prime sur le sentiment individuel dit solidarité mécanique.

On a étudié les sociétés australiennes et la Nouvelle Zélande.


Observation rapportée par des médecins occidentaux et anglais car ils étaient sous
domination anglaise.
Ces médecins ont observé que si les individus ne respectent pas une règle collective dit
normes sociales alors il est contrainte à mourir. Signifie qu’il a rompu le lien avec le reste des
individus. Sentiment d’être exclu qui entraine cette mort et cette exclusion va devenir une
mort biologique.

Il y a des rituelles qui peuvent interrompre ce rituel, cette mort. Ces indices sont jeunes, et
hommes. Lié à une division du travail entre les sexes, ce qui fait que ces femmes sont moins
soumises à la règle de la vie collective.
Totem : lien qui relie un groupe entre eux. Chaque groupe a son propre totem, noue les
liens entre les individus, éléments de reconnaissance. Ce totem est souvent un animal. Par
ex il y a beaucoup de règles liées à l’alimentation. Ces règles sont des interdits alimentaires
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comme le fait de ne pas manger du gibier avant l’âge adulte. Les femmes sont exclues
d’en manger. Pour les hommes, cette règle permet de laisser du gibier pour tout le monde.
Si la règle est violé, alors l’individu sera exclu, l’individu devra se débrouiller seul ainsi ces
chances de survie seront réduit.
Opossum : violation. Les femmes n’ont pas le droit d mangé d’opossum.

Une manière de rompre cette exclusion : le groupe des sages (ne sont pas identifié selon le
sexe, troisième groupe sociale qui est là pour veiller au respect des règles de vie). Il y une
pratique qui est d’aller chercher l’os de la mort qui a une forme particulière dans le désert.
Si on trouve cette os on le ramène dans le groupe, on fait une fête, ainsi le processus
d’exclusion sera rompue. Ce sont les sages qui doivent aller chercher l’os de la mort.
Ce phénomène n’a rien avoir avec le suicide. Ce dernier est un acte conscient d’un point
de vue individuel. On appelle cela des morts spontanées sous l’effet de la collectivité ou
de l’idée du collectif. Cela s’observe essentiellement dans les sociétés traditionnelles :
toutes mort violentes est une mort naturelle ex : meurtre blessure, les autres morts sont
considérées comme surnaturel qui est souvent de type magique. Dans d’autres sociétés
cela peut relever d’une croyance religieuse. En effet, souvent les individus associent à leur
mort, maladie des causes.
Le gibier incorporé par le jeune veut sortir, les cris poussés par l’homme est celui du gibier. Il
y a là l’idée de vengeance.
En Australie on meurt lentement puisque personne n’apporte de soin, moins d’apport
alimentaire.
La magie est très active par ex entre deux employés indigènes et blanches. Une lui dit tu es
trop méchante tu vas mourir. Plusieurs semaines après, la personne blanche mourut. Par
que ce phénomène agisse il faut y croire. Ce système de croyance demande trois acteurs :
un sorcier un ensorceler et un dénonciateur. C’est un système d’interaction.
Taboo : interdit lié au totem.

Dans une autre société : MAORIS de Nouvelle Zélande.


C’est une société plus segmentée par rapport aux indigènes d’Australie. Société plus
complexe et intermédiaire mais surtout c’est une société ou le système de croyance est
proche des australiens mais beaucoup forte, c.-à-d. l’exigence du respect des règles
morales est beaucoup plus intransigeante. Les règles morales sont riches denses,
complexes. La sanction est souvent la mort. Dans ce cas-là, lorsqu’on est soumis à l’idée de
mort sous l’effet du collectif on va mourir très vite. En moyenne la mort se fait au bout de
trois à quatre jours. La mort est purement biologique : interaction entre la conscience de
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l’individu et son corps. Dans les sociétés traditionnelles, les hommes savent contrôler leur
corps tel que le rythme cardiaque. Les maoris savent qu’il n’y a pas d’autres issus que la
mort dans leur collectif. Cette culture maori on se suicide très facilement où on s’attend à
ce qu’on nous tue.

Phénomène de l’AMOK : dit courir l’amok, marcel MAUSS le décrit à travers son texte, effet
physique chez l’individu de l’idée de mort suggéré par le collectif 316, concerne que les
hommes, ils parcourent autant de villes et tuent autant de gens qu’ils peuvent sur les
chemins jusqu’à ce qu’ils soient eux mm abattu. C’est une sorte de mise à l’épreuve du
groupe pour qu’il nous tue. Il le fond pace qu’ils estiment avoir subi une injure dans leur vie.
Il connaisse l’issu du processus : leur mort. Ce phénomène assez courant vers les années
1920 30 ph connu dans les sociétés occidentales, c’est une mise à l’épreuve du collectif,
vis a vis de l’individu pour voir si le collectif est puissant.
L’AMOK répandu dans les sociétés traditionnelles, mais il peut se retrouver dans nos sociétés
actuelles. Dans toute société le collectif agit sur l’individu, le collectif est une contrainte
extérieure. Ce comportement se déploie son l’individu en a l’emprise. De nos jours dans les
sociétés occidentales, il y a beaucoup de chose qui permette d’éviter ce phénomène tel
qu’assistante sociale, parents qui peuvent empêcher ce comportement. Ce phénomène
est une valeur inculquée aux garçons et non aux filles. Les femmes sont sur une posture
offensive.
Donc amok : mettre à l’épreuve la puissance du collectif sur l‘individu.

TERME IMPORTANT : Un phénomène peut être individuel et social en mm temps, c.-à-d. que
l’individu ne s’oppose pas au social. D’autre part le social et collectif n’est pas à confondre.
Le collectif n’est pas un syndicat de social. Le social est individuel est collectif.

Les morts spontanées on en rencontre encore dans nos sociétés : les gens très âgées ayant
perdu tout leur entourage vont s’éloigner de la vie sociale : perdre le gout à la vie. La
personne se sent inutile. Parfois aucun signe biologique ne permettait de diagnostiquer une
mort proche. L’individu s’exclut. Vis-à-vis de la collectivité (société, groupe d’ami,
entourage), on doit avoir une utilité (notion intériorisée). Progressivement cette pensée se
traduit par une mort. On peut l’observer a des intensités moindre quand on parle d’état
d’âme « on a l’âme prise, on a des états d’âme, on a des idées noires » on se pose des
questions. Cette expression est proche de ce que pensent les maoris quand ils parlent de
possum. Mais cela conduit moins souvent à une mort spontanée sauf pour les personnes
âgées.
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Il n’y a pas de rupture entre les sociétés, on retrouve toujours certains comportements chez
les uns et les autres. Exotisme : manière de mettre à distance les autres. On appelle cela
une prénotion.

La maladie santé et mort peuvent se présenter comme des ph sociaux.


La question de la variabilité de ces ph not sur les maladies. Maladie et santé sont deux
termes dépendants. Ces deux termes inventé peuvent traduire un bien être ou de maladie.
C’est un couple sémantique. Quand on pense maladie il faut penser santé.
Il y a des sociétés qui reconnaissent des maladies différentes. Il existe une définition de la
santé générale de l’OMS de la constitution de 1946. La santé est un état complet de bien-
être physique mental et social et qui ne consiste pas seulement en l’absence de maladie
ou d’infirmité.
D’un pt de vue socio et anthropo la maladie et santé constitue des états qui s’oppose et
pourvue de significations sociales et opposées. Etre en bonne santé permet de remplisse
activités et tache à remplir pour la collective alors que la maladie est une entrave à son
bien-être et vis-à-vis de la société. Autrement la signification relève de norme morales
définit de chacun des sociétés et dépend de leur organisation (des sociétés). On va voir les
variabilités dans les sot ; Ce qui n’est pas variable est l’opposition : être en bonnes santé on
est dans la norme morale être en mauvaise santé est être anormal.

Emile DURKHEIM donne une définition de la notion de santé et de la maladie dans son
ouvrage les règles de la méthode sociologique. Dans le chapitre le normal et le
pathologique. Cette définition est que la santé consiste dans un heureux développement
des forces vitales et se reconnait à la parfaite adaptation de l’organisme à son milieu.
Toutefois, on ne peut pas appeler maladie tout ce qui trouble l’adaptation (=le
vieillissement) puisque c’est un affaiblissement naturel de l’organisme qui entraine une
inadaptation de l’organisme. Dans cette définition sociologique il faut prendre en compte
l’âge. Cette définition a été retravaillé et reprise par un philosophe et médecin de
formation : Georges CANGUILHEM. Le normal et le pathologique. Il a fait a thèse sur cette
question du normal et du pathologique. Il insiste sur le fait que la norme représente la santé
et ne renvoie pas seulement à un état organique. Mais que la norme qui définit la santé
comprend tout l’environnement qui va développer la normalité corporelle. Ex un australien
est-il en bonne santé il est possible qu’on pense qu’il e soit pas en bonne santé (trop
maigre…) idem pour quelqu’un dans le temps. Donc pour lier à santé est lié à
l’environnement qui l’entoure.

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OMS s’est inspirée de sa définition pour construire la sienne.
Définition : santé définit par la capacité de l’individu à maitriser son milieu non seulement
physique mais aussi social. Ce qui veut dire que la maladie et la santé va être définition en
fonction des exigences et attentes aux groupes, à l’insertion, à la société auxquelles on
appartient. Ainsi, il s’agit d’une interaction permanente entre l’individu et son groupe
d’appartenance.

Point essentiel : notion de sante et malade sont des constructions sociales qui reposent sur
des normes propres à chaque société et à chaque époque. Hors ces normes évoluent dans
le tps. Variance dans l’espace et le temps. Ce qui est constant est l’opposition entre santé
et maladie.
Dans les sociétés, il y a un système d’interprétation mis en place pour expliquer, attribuer
des causes sur santé et maladie.

Tous ce qui est collectif chez l’être humain relève du social. Nos pensées sont issues des
groupes dans lesquels nous avons été éduqués.
Collectif renvoie donc très souvent à social
Pour autant social ne veut pas dire collectif.
Un phénomène pour donc être individuel et social.

Les conceptions concernant les notions de santé et de maladie sont des constructions
sociales et collectives, propres à chaque société et à chaque groupe.
D’autre part ces conceptions sont dynamiques, elles se transforment.

Dans toutes les sociétés, il y a un travail d’interprétation pour identifier ce que l’on va
assimiler à la santé ou à la maladie.
On attribue des causes aux signes que l’on attribue à la maladie.
Ce travail d’interprétation a été mobilisé par un petit groupe qui est devenu le détenteur
légitime de ces interprétations.
Ces individus qui détiennent le savoir (ex : sorcier, chaman…) étaient souvent exemptés
d’autres taches.
Les pré-humains et les humain ont élaboré un certain nombre de croyance qui représente
la maladie, jugements naturels ou surnaturels qui vont entrainer des pratiques qui visent à
restituer l’état normal de l’individu (ex : avaler une potion).
Ces ensemble de croyances se trouvent dans toutes les sociétés et sont tjrs associé à des
pratiques.
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D’une manière générale, dans toutes les sociétés qu’on a pu étudier, il apparait que la
maladie est traitée comme une forme de malheur.
Cependant, ce malheur va être attribué à différentes chose (ex : colère d’un dieu).
Les épidémies de peste et choléra ont été attribué à des colères divines.
Dans d’autres société ou les croyances sont plus de l’ordre magique, la maladie sera
attribué au fait qu’on est rompu une règle du Totem.
Celui qui détient le monopole de l’interprétation, le thérapeute, à comme premier rôle de
donner du sens à ce qui s’est passé. Les pratiques qui en découlent doivent donc être
adaptées au sens de la maladie et visent à remettre en ordre l’organisation sociale.

Aujourd’hui dans nos sociétés, les spécialistes (médecins), qui ont le savoir légitime, effacent
relativement les concurrents.
En tant qu’individu, on a tjrs le recours de faire appel aux concurrents.
Avant, dans les groupes pré-humains tout le monde pouvait donner son interprétation de
la maladie ou de la santé.
Dans nos comportements aujourd’hui, on peut trouver des traces historiques des anciens
comportements.
Ces traces sont réactivées en cas de crises collectives.
Ex : épidémie de sida (les gens porteurs du sida ont pêchés, il faut les isoler).

Chaque société et chaque époque va privilégier un certain type de schéma interprétatif


des maladies. Cela ne veut pas dire que les anciens schémas ne perdurent pas. Mais il y a
un schéma prédominant et légitime.

Il y a deux approches dans ses schémas d’interprétations :

1) La causalité exogène
La cause de la maladie est extérieure au corps de l’individu

2) La causalité endogène
La cause de la maladie est liée au corps de l’individu.
Ex : pendant très longtemps on a cru que le cancer était endogène.

Notre capacité à identifier les signes de la maladie, les signes de morbidités, diffère selon
les groupes sociaux.
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Beaucoup étudié par la sociologue. Le fait de reconnaitre la douleur par exemple est un
apprentissage social, ce n’est pas spontané.

Aux EU, les médecins ont suscités des travaux.


Les plus célèbres, HERLICH Claudine « Médecine, maladie et société ».
BECKER, apprentissage du plaisir de fumer de la marijuana.
L’interprétation est individuel mais l’apprentissage passe tjrs pas des moments collectifs.

ZOLA Irving, sociologue (60-70) recherche sur deux groupes de malades (irlandais et
italiens) atteint d’une maladie ophtalmique. Il va recueillir leurs sensations et leurs plaintes.
Les irlandais indiquaient des localisations corporelles assez précises.
Les italiens ne localisaient pas leur douleur, ils avaient tendance à généraliser la douleur.
Ce qui les gênait est le fait que la maladie entravait leur relation avec les autres.
Ce que montre cette distinction entre irlandais et italien est que l’appartenance culturelle
est déterminante dans l’interprétation de la maladie.

La culture japonaise est restée comme un conservatoire, très peu mélanger avec d’autres
éléments culturels.
Au japon l’organe important est en fait un ensemble d’organes, l’abdomen.

Les sensations corporelles, leurs représentations diffèrent selon les cultures et selon les
sociétés.

Au sein d’une même société et d’une même culture on va aussi observer des variations des
interprétations. Elles sont liées à la place qu’occupe l’individu.
Ex : le langage
Il faut pouvoir verbaliser la maladie.
Selon la manière de parler on peut identifier la classe sociale d’un individu.
Ex : Il y a aussi des différences Nord-Sud.

BOLTANSKI, « la découverte de la maladie », « les usages sociaux du corps ».


Ce qu’il a observé c’est que plus les personnes apparaissent à des classes sociales dominé,
plus ils vont manquer de vocabulaire pour décrire leur sensations.
Les classes les plus riches sont capables d’utiliser le même vocabulaire que les médecins.

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Ex : « avoir un poids sur la poitrine » vocabulaire spécialisé des médecins au 19ème pour
caractériser un problème cardiaque, mais aujourd’hui cela n’a plus vraiment de
signification.

Les membres des classes supérieurs sont beaucoup plus attentifs aux sensations corporelles.
Les classes dominés du fait de leur activité nécessite souvent de mettre à mal leur corps, ils
vont apprendre très rapidement à passer outre la douleur.
Selon la classe sociale, le corps à un rôle différent donc le rapport au corps est différent.

Le sexe joue aussi un rôle important dans les représentations de la maladie.


Quelle que soit la classe sociale à laquelle on appartient, les femmes sont tenus à accorder
plus d’attention à leur corps que les hommes.
Les femmes sont apparentées à la nécessité de maintenir une apparence et de travailler
cette apparence, il faut maitriser le corps.
Les femmes font plus attention aux manifestations corporelles mais aussi morbides. Elles
acquièrent donc très vite le vocabulaire médical même si elles appartiennent aux classes
dominées.

 La variabilité dans le temps.


Les principaux repères historiques :
Dans la Grèce antique, on sait qu’on disposait d’un corpus de connaissance médicale
très solide. Les historiens considèrent que la médecine commence avec la Grèce
antique car on va arrêter d’interpréter de manière surnaturelle les maladies mais de
manière naturelle (lié à la nature et au corps).
Chez les Grec il y avait plusieurs corps de guérisseurs, ils vont rencontrer d’autre groupes
de guérisseurs et s’échanger les connaissances.
Le groupe le plus connu le corpus « Hippocratique », vont écrire des tablettes. Ils insistent
sur l’observation du corps pour poser un diagnostic.
Le traitement lui est un peu moins élaborer, on va puiser dans la nature pour réguler la
maladie.
L’hypothèse dans ce corps hippocratique est que la maladie est un disfonctionnement
de la nature. Le guérisseur a pour rôle d’accompagner la nature, il doit assister la nature
et non la contrarier. C’était une médecine douce.

Ces thérapeutes grecs avaient une très bonne connaissance des maladies des yeux et
des appareils digestifs, le diabète, la lèpre et le tétanos. Les historiens considère que les
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thérapeutes grecs ont connus leurs apogée autour de 130 et 200 après JC notamment
grâce aux travaux de Galien de Parme. Les travaux de Galien vont marquer la
médecine pendant au moins un millénaire, d’où l’importance de Galien. Il avait
développé une théorie, qui se nomme la théorie des humeurs.
Théorie des humeurs de Galien : on va définir par rapport à un organe une finalité et
une fonction qui lui ait propre. Pour quelques organes on attribue à l’organe une
humeur. Découverte très importance en anatomie, découverte des tissus. Corpus de
connaissances très fort.

Fin du M-A (14-15ème siècle) on commence à ouvrir les corps humains, on les dissèque
de manière quasi-automatique. Nouvelles connaissances, découvertes à un rythme
important. Mais on continue à enseigner les connaissances de Galien (ex : foie de
cochon/ foie d’homme). La découverte du continent américain amène aussi à une
explosion de la pharmacologie.
Tentatives de nouvelles théories qui vont essayer de se substituer à celle de Galien, on
peut encore aujourd’hui en retrouver quelques traces

Ex : Paracelse (1493-1541)
Il a été considéré comme un fou. Son idée, le corps humain est fait de minéraux et donc
on peut soigner les gens avec des minéraux. Il va soutenir que l’ensemble des maladies
sont d’origine chimique. Paracelse apporte une rupture avec la théorie des humeurs
de Galien. On peut dire qu’il est à l’origine des médicaments chimiques, visionnaire ?

Ex : Paré (1509-1590) va apporter des connaissances au niveau de la chirurgie.

Ex : Harvey (1578- 1657) est le premier à décrire la circulation sanguine. On fait les 1ères
transfusions animal-hommes puis hommes-hommes.

Toutefois, malgré toutes ces innovations, on ne peut pas dire que ce soit au niveau
médical qu’il y ait le plus de progrès. Le progrès se fait plus au niveau de la physique et
la chimie, qui elles vont entrainer des progrès en médecine.
Fin de la théorie des humeurs vers fin 19ème car 1860 (découverte des bacilles).
On commence donc grâce à cette découverte à chercher des causes aux maladies,
cela ouvre la voie à des thérapies par les causes. Ce mode de raisonnement remplace
celui des humeurs.
La thérapie par les causes permet aussi de penser à la prévention.
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Cela s’accompagne de découvertes scientifiques et technologiques, nouveaux
instruments plus fins et plus solides. On invente aussi l’anesthésie et l’asepsie ce qui va
permettre d’envisager des opérations qu’on ne pouvait pas pratiquer à cause des
infections possibles. Les chirurgiens vont donc devenir plus aventureux, ex : invention
des points de suture. Les connaissances augmentent très vite, tellement vite qu’on n’a
pas le temps de les diffuser à l’ensemble du corps médical. Dans les grandes villes les
connaissances se diffusent vite et à la campagne mois d’accès aux nouvelles
connaissances.
Des praticiens convenablement formés qui vont être capables de soigner une large
gamme de maladies.
Au début 20ème l’ensemble des praticiens vont avoir un certain nombre de
connaissances suffisantes pour pouvoir prendre en charge la population.
Au 19ème siècle transformation dans la prise en charge de la maladie et dans la prise
en charge du patient.
Siècle de la mise en place d’un corpus politique spécialisé, ce qui a des incidences sur
la population et la pratique médicale :
Le titre de docteur s’appliquait à tous ceux qui se sont formés au sein d’une université.
Les médecins pouvaient acquérir le titre de docteur, ce n’était pas spécifique au corps
médical.
Au M-A plusieurs systèmes pour devenir thérapeute : université où on apprenait la
théologie. Un barbier faisait les incisions du corps. Les matrones prenaient en charge les
accouchements. Les guérisseurs avaient une formation artisanale.
La Révolution Française a bousculer tout ça, elle va abolir les corporations. Elle met en
place le fait que tout le monde peut exercer le métier qu’il souhaite. La mairie délivre
une « patente » qui est payante et qui donne le droit d’exercer. Cette période très
ouverte, car n’exige aucune formation particulière, va durer 2-3 ans. Après la
population va se plaindre de l’incompétence des gens, les plaintes augmentent. Les
révolutionnaires vont réfléchir à la création de nouveaux diplômes. En médecine loi du
19 ventôse an XI (10 mars 1803), cette loi rétablit une définition légale de l’exercice de
la médecine en France, critères de compétences.
Il y a deux voies pour être médecins :
- La voie dominante : obtention d’un doctorat, càd passer au mois ans dans une
école spéciale de médecine, et il fallait passer examens payants et une soutenance
de thèse payante. Le titre décerné était celui de docteur en médecine.
Voie la plus valorisante.

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- La voie d’officier de santé : obtention de l’officiât de santé qui pouvait s’obtenir de
3 façons :
soit faire 3 années en école de médecine avec 2 examens payants
soit suivre pendant 5 ans la pratique d’un médecin dans un hôpital
soit suivre un médecin dans un cabinet en ville pendant 6 ans
Ce diplôme a attiré beaucoup de candidats. Cette voie était environ 5 fois moins
chère que l’autre.
Mais contraintes à respecter, pas le droit d’exercer en ville + obligation de rester
dans le département de formation. L’officier en cas de difficulté est obligé de faire
appel au médecin.
Corps crée en 1803 et prend fin vers 1920. Dès la création de ce corps les docteurs
en médecine vont dénoncer le diplôme d’officier de santé. L’unification du diplôme
sera faite par une loi du 1892 que le titre est abrogé en France, résultat d’une lutte
portée par les médecins.
En 1803 les médecins représentent seulement 23%. Fin 1880 le rapport s’inverse le
corps des docteurs devient plus important que celui des officiers. C’est ce qui rend
possible l’unification, les médecins vont utiliser leur statut social et politique pour
cela.
1858 : Association générale de prévoyance et de secours mutuel des médecins de
France. 1ère revendication abolir la loi de1803 et 2ème la lutte contre les charlatans.
1880 Ils vont créer une revue « Concours médical », il va porter une nouvelle
revendication la revalorisation financière des honoraires.
1884 : création d’un syndicat (illégal) « Union général des syndicats médicaux de
France » qui se scindera en deux plus tard. Ils obtiennent en 1889 une avancée
majeure sur le plan politique qui est que le docteur en médecine est exempté du
service militaire contrairement à l’officier de santé (3 ans).
Les officiers de santé acceptent une négociation avec le syndicat. Le syndicat
propose de lever les contraintes d’exercice pour ceux qui ont déjà leur titre. Ils
acceptent.

Ce qui aboutit à la Loi du 30 novembre 1892 (tjrs d’actualité).


Article 1 « Nul ne peut exercer la médecine en France s’il n’est muni d’un diplôme
de docteur en médecine, délivré par le Gouvernement français, à la suite
d’examens subit devant un établissement d’enseignement supérieur médical de
l’Etat ».
C’est par cette loi que les médecins ont un monopole de leur exercice en France.
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Les syndicats deviennent légaux, et ils deviennent les représentants des médecins,
ils sont confédérés.
Aujourd’hui 2 syndicats : syndicat majoritaire « la confédération des syndicats
médicaux de France » CSMF droite conservatrice, et le syndicat minoritaire
« Fédération des médecins de France » FMF, gauche.

Milieu 20ème siècle, plusieurs lois sont intervenues :


Création de l’ordre des médecins (organisation qui est à la fois public et privé et qui
joue le rôle de délégué de l’Etat pour gérer le corps médical), avec une fonction
juridique dont un tribunal qui sanctionnait (jusqu’en 2002 affaire du sang
contaminé).
On dit qu’il a été fondé en 1945 en réalité 1941 (pendant le régime de Vichy).

Loi du 21 décembre 1941 qui touche l’organisation des hôpitaux. Cette loi va ouvrir
les hôpitaux publics aux malades payants. Tous ceux qui étaient en mesure de payer
les soins ne pouvaient pas aller à l’hôpital (clinique privé, soins à domicile etc.)
Avec à cette loi, l’Etat va doter les hôpitaux de moyens financiers et ils vont donc
devenir très performants. L’hôpital devient donc plus attractif pour les médecins.
Il y a certains lits qui sont désigné comme « payants ».

La loi de 1958 invente le corps des médecins salariés.

Cette unification s’est accompagnée d’un autre processus qui est celui de
l’exclusion d’un certain nombre de praticiens.
Au long du 20ème siècle, bcp de pratiques disparaissent.
Professionnalisation : monopole par la protection de l’Etat, division du travail très
forte.
La division du travail médical a fait apparaitre une série de métiers paramédicaux.
La division des tâches a bcp changé, les métiers apparaissent par délégation de
taches qui paraissent subalternes, celles les moins spécialisées.
Ex : le médecin délègue les pansements aux infirmières.
Au fil des décennies, progressivement les infirmiers vont voir leur nombre de taches
augmenter et les taches des médecins se spécialisent.

Chapitre 2 : Approches sociologiques et


historiques des pratiques médicales :
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Transformation sociales de la médecine (XXe s)

Dans la Grèce Antique, on disposait d’un corpus de connaissance médicale très solide. Les
historiens considèrent que la médecine occidentale commence avec les guérisseurs
Antique. A partir de ce moment-là, on va arrêter d’interpréter les maladies comme
surnaturelles et on va les interpréter de manière naturelle. On va attribuer les maladies aux
corps des individus mais surtout dans l’environnement dans lequel ils vivent.
Chez les grecs, il y avait plusieurs corps de guérisseur. Ces guérisseurs vivent entre eux et se
promènent de cité en cité pour soigner les gens. Ils vont rencontrer d’autre guérisseur et
s’enrichir au fur et à mesure. Un groupe cohérent qui se revendique d’un soi-disant
Hippocrate et va constituer des tablettes répartissant les différentes maladies. Ce corpus
hippocratique insiste beaucoup sur l’observation du corps, de la maladie pour pouvoir
poser un pronostic et un diagnostic. Le traitement va être moins élaboré. C’est un
traitement qui relève de la nature. Par exemple le thym permet de guérir certaines
infections.
Hypothèse : la nature a des vertus curatives. La maladie est un dysfonctionnement de la
nature. Le rôle du guérisseur est d’accompagner la nature pour que l’individu aille mieux.
Le guérisseur doit être prudent il doit assister la nature et ne doit pas la contrarier.

I/ Unification du corps médical


Ces thérapeutes avaient une bonne connaissance de l’appareil digestif, l’appareil
oculaire, description des maladies comme le diabète, la lèpre, le tétanos. Les historiens
considèrent que les thérapeutes grecs ont connu leur moment de gloire autour de 130 –
200 après JC, notamment avec les travaux d’un savant Galien de Parme. Les travaux de
Galien vont marquer la pratique médicale pendant au moins 1 millénaire. Ses travaux
seront transmis comme connaissance pour soigner. Galien avait développé la théorie des
humeurs, considéré comme la théorie dominante jusqu’au XIXe s.
Théorie des humeurs de Galien : définir par rapport à un organe une finalité et une fonction
qui lui est propre. Pour quelque organes ont va attribuer à l’organe une humeur. Galien a
fait des découvertes très importantes en anatomie et en physiologie (fonctionnement des
tissus).

A la fin du Moyen Age (XIV-XVe s), on commence à ouvrir les corps humains, on les dissèque
de manière quasi-automatique. On augmente les connaissances pratiques et ouvre des
portes sur de nouvelles connaissances jusqu’au XV et XVIe s. La découverte du continent
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américain va révolutionner le monde de la pharmacologie puisque celui-ci contient une
flore très variée. Tentative de nouvelle théorie à la suite de Galien par Paracelse (1493-1541)

Paracelse était considéré comme un fou pendant longtemps. Son idée, le corps humain
était fait de minéraux on pouvait soigner les maladies avec des minéraux, il va mettre au
point des médications à base de minéraux. L’ensemble des maladies sont d’origines
chimiques d’après lui. Il apporte une rupture avec la théorie des humeurs.
A. Paré (1509-1590) va apporter des connaissances sur le plan de la chirurgie. Elément
novateur en termes de gestes et d’instruments chirurgicaux. Apporte des connaissances sur
les tissus des organes. Il joue un grand rôle dans le secteur de la chirurgie.

W. Harvey (1578-1657) est le premier à décrire la circulation sanguine. On fait les premières
transfusions de l’animal à l’homme puis d’homme à homme.

Ce sont des réalisations et des découvertes qui révolutionnent nos connaissances. Toutefois,
malgré toutes ces innovations on ne peut pas dire que ce soit au niveau médical qu’il y est
de gros progrès. Les plus gros progrès se font au niveau de la chimie et la physique, qui vont
entrainer une évolution en médecine.
En 1860 fin de la théorie des humeurs, le monde médical cesse de raisonner comme ça. La
découverte du Bacille va prouver que cette théorie n’est pas juste. A partir du moment
qu’on met en évidence qu’il existe des virus, on va chercher des causes aux maladies, on
va développer la thérapie des causes. Cette manière de penser est née à la fin du XIXe s.
La thérapie par les causes permet de penser en termes de prévention. Cela s’accompagne
à la fin du XIXe s de découvertes scientifiques et technologiques :
- nouveaux instruments plus fins et plus performants,
- invention de l’anesthésie et de l’asepsie
Ce qui va permettre d’envisager des opérations qu’on ne pouvait pas pratiquer à cause
des infections possibles. Les chirurgiens vont donc devenir plus aventureux, ex : invention de
point de suture. Les connaissances augmentent vite qu’on n’a pas le temps de les diffuser,
il y a un décalage entre ceux qui sont au centre de ces découvertes (qui vont se spécialiser)
et des médecins générales. Dans les grandes villes, les connaissances se diffusent vite. Dans
les campagnes, il faut attendre une nouvelle génération pour apporter ces connaissances.
On a des praticiens convenablement formés dans ces villes qui vont être capable de
soigner une large gamme de maladie. Au début du XXe s, l’ensemble des praticiens vont
avoir un minimum de connaissance qui leurs permettront de prendre en charge
relativement bien la population.
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Sociologie de la santé de la médecine et de la maladie

II/ Division social du travail médical : le cas de la médecine générale


Au XIXe s, il y a une transformation de l’organisation de la prise en charge de la maladie et
de la société française (transition de la monarchie à la République). Mise en place d’un
corpus juridique spécialisé qui a des incidences sur la population et la pratique médicale.
Le titre de docteur s’appliquait à tous ceux qui se sont formés au sein d’une université. Les
médecins pouvaient acquérir le titre de docteur, ce n’était pas spécifique au corps
médical. Au M-A, il y a plusieurs systèmes pour devenir thérapeute :
- Université où on apprenait la théologie
- Un barbier faisait les incisions du corps et non le médecin
- Les matrones prenaient en charge les accouchements
- Les guérisseurs avaient une formation artisanale
La Révolution française un peu bousculer tout ça, elle va abolir les corporations. Elle met
en place le fait que tout le monde puissent exercer n’importe qu’elle métier à partir du
moment qu’il déclare à sa mairie le métier qu’il veut faire et reçoit un papier « la patente »
(titre officiel qui décerne un titre en retour d’un paiement, d’une taxe) donc n’importe qui
pouvait être médecin. Cette période va durer très peu de temps 2-3 ans. A partir des
années 1792-94, énorme problème la population se plaint de l’incompétence de ceux qui
se dise médecin. Le gouvernement réfléchit sur la nouvelle mise en place de diplôme,
pouvoir encadré la formation de certain métier.
Pour la médecine, loi 19 Ventôse an 11 (10 mars 1803) rétablit une définition légale de
l’exercice de la médecine en France et selon un critère de compétences (connaissances
obligatoires). Deux voies possibles à l’époque :
- Voie dominante (plus cher et longue) : l’obtention du doctorat nécessite de passer
au moins 4 ans dans une école de médecine, subir 5 examens payants + 1
soutenance de thèse. Ce titre s’appelait docteur en médecine et nous permettait
d’exercer n’importe où sur le territoire français et de siéger dans l’administration
française.

- Voie d’officier de santé : l’obtention de l’officiât de santé en 3 façons :


o Soit faire 3 années en école de médecine avec 2 examens payants sans thèse
o Soit suivre pendant 5 ans la pratique d’un médecin dans un hôpital
o Soit suivre un médecin dans un cabinet en ville pendant 6 ans
Ce diplôme a attiré beaucoup de candidats. Cette voie était environ 5 fois moins
chère que l’autre.

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Sociologie de la santé de la médecine et de la maladie
Mais contraintes à respecter, il n’a pas le droit d’exercer en ville et à l’obligation de
rester dans le département de formation.
Il est obligé de faire appel au médecin en cas de difficulté. Accord en 1803 et
s’éteint vers les années 1920, dès la création de ce corps d’officier de santé, les
docteurs en médecine vont dénoncer ce diplôme et demander sa suppression.
L’unification du diplôme se fait par une loi de 1892.

En 1803, les médecins représentent seulement 23%. Fin 1880 le rapport s’inverse le corps des
docteurs devient plus important que celui des officiers. C’est ce qui rend possible
l’unification, les médecins vont utiliser leur statut social et politique pour cela.

En 1858, création d’une association générale de prévoyance et de secours mutuels des


médecins de FR (AGMF) qui est une organisation politique pour défendre les privilèges du
corps médical. Leur 1ère revendication est d’abolir la loi de1803 et 2ème revendication la lutte
contre les charlatans. En 1880, ils vont créer une revue « concours médical » et apporte une
nouvelle revendication de la revalorisation financière des honoraires.

En 1884, création d’un syndicat en toute illégalité : l’union générale des syndicats médicaux
de FR. Ils obtiennent politiquement en 1889 une avancée majeure sur le plan politique, le
docteur en médecine est exempté du service militaire alors que l’officier de santé est obligé
de le faire durant 3 ans. Les officiers de santé acceptent une négociation avec le syndicat.
Le syndicat propose de lever les contraintes d’exercice pour ceux qui ont déjà leur titre et
ils acceptent.
Ce qui aboutit à la loi du 30 novembre 1892 art 1 « nul ne peut exercer la médecine en
France s’il n’ait munit d’un diplôme en médecine, délivré par le gouvernement français, à
la suite d’examens subit devant un établissement d’enseignement supérieur médical de
l’Etat». C’est une loi qui établit le monopole légale de l’exercice de la profession médicale
en FR. Cette loi fixe les limites juridiques des praticiens et déterminent la subordination de
certaines professions (ex : sage-femme).
En 1894, une loi va légaliser les syndicats médicaux. Les syndicats de médecins deviennent
des représentants officiels entre 1892 et 1941. Ces syndicats sont confédérés dans une
association nationale. Aujourd’hui il y a 2 syndicats :
- Le syndicat majoritaire « la confédération des syndicats médicaux de France » CSMF
droite conservatrice
- Le syndicat minoritaire « Fédération des médecins de France » FMF, gauche.

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Sociologie de la santé de la médecine et de la maladie
En 1941, plusieurs lois sont intervenues concernant la médecine :
- Création de l’ordre des médecins : organe public et privé qui joue le rôle de délégué
de l’Etat pour gérer le corps médical, avec une fonction juridique dont un tribunal
qui sanctionnait (jusqu’en 2002 affaire du sang contaminé). On dit qu’il a été fondé
en 1945 en réalité 1941 (pendant le régime de Vichy).
- Loi du 21 décembre 1941 : qui touche l’organisation des hôpitaux. Cette loi va ouvrir
les hôpitaux publics aux malades payants. Tous ceux qui étaient en mesure de payer
les soins ne pouvaient pas aller à l’hôpital (clinique privé, soins à domicile etc.). Avec
cette loi, l’Etat va doter les hôpitaux de moyens financiers et ils vont donc devenir
très performants. L’hôpital devient donc plus attractif pour les médecins.
Il y a certains lits qui sont désigné comme « payants ».
- Loi Debré 1958 : invente le corps des médecins salariés. Création des hôpitaux
universitaires (1846), conforté par la loi de 1958 réforme médicale qui oblige dans
l’apprentissage de la médecine à avoir des stages hospitaliers, obligation du tiers
temps (avoir exercé à l’hôpital).

III/ Les métiers paramédicaux : les cas des infirmières


Cette unification s’est accompagnée d’un autre processus qui est celui de l’exclusion d’un
certain nombre de praticiens.
Au long du XXe s, beaucoup de pratiques disparaissent.
Professionnalisation : monopole par la protection de l’Etat, division du travail très forte.
La division du travail médical a fait apparaitre une série de métiers paramédicaux.
La division des tâches a beaucoup changée, les métiers apparaissent par délégation de
taches qui paraissent subalternes, celles les moins spécialisées.
Ex : le médecin délègue les pansements aux infirmières.
Au fil des décennies, progressivement les infirmiers vont voir leur nombre de taches
augmenter et les taches des médecins se spécialisent. Dans cette hiérarchie, les médecins
se trouvent au-dessus, ils dominent. On a une déclinaison des métiers dans cette hiérarchie :
médecin ; sage-femme ; les infirmières ; les aides-soignantes. Hiérarchie qui s’établie par la
dépendance au corps médical et au diplôme. Les métiers subordonnés au corps médical
sont apparus progressivement et la professionnalisation a eu à la fin du XIXe s.
Le besoin d’assistance auprès des familles est exprimé du côté de la famille et du guérisseur.
Il est nécessaire de laisser qqn au chevet du malade, appelé garde malade, car on a
confiance en personne en vers le corps médical. Ce rapport de manque de confiance est
lié à la pratique des soignants. Le bon malade est celui qui prend bien la prescription. Le
garde malade apparait très anciennement dès le 8e av JC. Avec l’apparition du
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Sociologie de la santé de la médecine et de la maladie
christianisme, les choses ont changé. Le christianisme change notamment la signification
accordée à la maladie, rupture avec les représentations pré chrétienne. Chez les premiers
chrétiens, la maladie va prendre un aspect religieux, cela s’accompagne de l’idée de
charité. Selon la charité, si on vient en aide à qqn on participe à sauver son âme mais aussi
on sauve notre propre âme. Cette idée va être à la base de l’organisation des hôpitaux
qui avait une fonction d’accueil. Elle induit la construction de bâtiments qui vont être dirigés
par des religieux. Pour ces religieux, le fait d’accueillir des voyageurs, vagabonds… leur
permet d’assurer leur propre salue. Apparition du garde malade, certains religieux vont se
mettre aux pieds du lit du malade et prier pour le salue du malade et de leur propre salue.
C’est un exercice spirituel mais aussi un exercice moral, en aucun cas médical (ex : l’Hôtel-
Dieu). Ces religieux des hôpitaux ont acquis des expériences et réaliser des observations sur
les maladies. Mais ces expériences, n’ont jamais été transmises pour être enseignées et ce
pendant longtemps. Ceux qui ont été accueillis se sont plaints notamment des écrivains qui
venaient dans les hôpitaux. Les indigents et les malades portes plaintes contre les
religieux car :
- Ils n’administraient pas les remèdes proscrits par les médecins
- Les religieux ne faisaient pas les toilettes
- Ils refusaient de coiffer les malades…
- Au moment des accouchements, les religieuses fermaient les yeux au lieu d’aider la
femme. Elles vont accueillir les filles mères (femme enceinte avant le mariage).
⇨ En gros les religieux ne servent à rien.

Les derniers religieux en FR ont été expulsés en 1908 après la séparation de l’Etat et de
l’Eglise en 1905. Excepté les religieuses qui vont poursuivre une formation d’infirmière et
continuer de travailler au sein des hôpitaux.
Le métier d’infirmière date de la fin du XIXe s début XXe s en dehors des congrégations
religieuses et des hôpitaux. Le métier d’infirmière se met en place progressivement au XIXe
s.
Le métier d’infirmière apparait à partir des années 1860, sans diplôme sans formation. On
va essayer de vider certaines fonctions carcérales des hôpitaux, on enfermait les prostituées
et les femmes trouver dans la rue. L’idée est d’expurger la fonction carcérale c'est-à-dire
utilisée certaine de ces femmes comme infirmière. Les infirmières sont des anciennes
prostituées, alcooliques, dépravées et ce jusqu’à à la 2ndGM. Dans les années 1860
changement du rapport entre médecin, religieux et infirmière.

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Sociologie de la santé de la médecine et de la maladie
Cette transformation se cristallise au travers de NI Florence, c’est une anglaise née à
Florence en 1823 – 1910. Elle est une figure marquante du métier d’infirmière en Europe.
Florence a suivi des études. Elle est partie se former en tant que garde chevet du malade
auprès d’un pasteur allemand. La formation a duré a peu près deux ans. Elle a compris
qu’en ayant des gestes de soins auprès des malades, ils guérissaient. En Angleterre, elle
ouvre une institution nommée institution d’assistance aux dames de bonne famille, créée
en 1853. Cette institution va accepter des malades femmes appartenant à des couches
aisées de la société anglaise. La pitié n’a pas de place dans son institution. Elle se pose
quelques questions philosophiques :
- Est ce qu’elle peut donner un ordre à une malade issue de la hiérarchie supérieure ?
- Est-ce qu’une dame peut soigner un malade qui n’est pas une dame ?
- Est-ce qu’une dame peut assister aux examens physiques ?
⇨ Questions d’ordre du statut social.
Elle n’apporte pas de réponses précises avant la guerre de Crimée. Au moment de la
guerre de Crimée qui débute en 1854 et dure 10 ans environ. Cette guerre donne
l’occasion à Florence de quitter son institution et d’aller sur le champ de bataille à la fin des
années 1850. Elle part avec quelques jeunes femmes. Elle va créer un premier costume pour
ces dames de couleur gris (qui ne salie pas trop et n’attire pas l’œil). Une infirmière n’est
pas une femme, mais qqn qui remplit une fonction. La guerre de Crimée permet de voir de
nouvelles blessures qu’on ne connait pas (nouvelles armes de feu) tels que les membres
arrachés. Les chirurgiens refusent l’aide de ces infirmières. Florence et ses infirmières vont
faire une grève. Elles vont refuser de faire des gestes simples tels que donner de l’eau pour
pouvoir pratiquer des gestes plus techniques. Au bout de quelque jours, les chirurgiens vont
accepter par écrit le secteur d’activité des infirmières et celui des chirurgiens => définition
des gestes / soins techniques et elles acceptent d’être sous l’autorité hiérarchique des
chirurgiens. Mais ces soins techniques relèvent de la hiérarchie des chirurgiens. Quand
Florence revient chez elle en Angleterre, elle est accueillie comme une héroïne ce qui lui
permet de récolter des fonds et d’ouvrir des écoles de formation pour former des infirmières.
Toutefois, les médecins anglais ne sont pas d’accord avec ce projet. Les directrices des
écoles sont ses anciennes infirmières. Elle s’adresse aux classes lettrées pour les écoles de
formation. Elle abandonne les questions qu’elle se posait au début. Ses questions vont plus
se poser sur l’aspect technique des gestes. La formation morale repose sur le caractère de
l’infirmière qui doit être solide.

L’idée d’un diplôme national émerge dans les années 1900 - 1902. Elle s’oppose à cette
idée jusqu’à sa mort. Ce n’est qu’en 1922 - 1923 que sera inventé le 1er diplôme d’infirmière.
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Sociologie de la santé de la médecine et de la maladie
Pour elle, un diplôme ne vaut rien, seul vaut la formation jugée par la directrice et reconnu
en tant qu’infirmière.

En FR, séparation de l’Etat et de l’Eglise en 1905, la 1ère école publique a ouvert en 1907 et
le diplôme d’Etat date de 1922. Il existait un peu d’école privée mais qui ont fermé. Dans
les pays européens c’est après la 2nd GM que cela c’est institutionnalisé.
A partir du moment ou on accorde un diplôme

Au sein des hôpitaux ….

VOIR AMANDINE

IV/ La naissance de la cancérologie


Texte de Pinell
Les hôpitaux recevaient uniquement des indigents et des malades non payant et
remplissaient une fonction d’asile et carcérale.
Au cours de la crise révolutionnaire (1789-1803), il y a eu une suppression d’un certain
nombre d’institution et la nature des hôpitaux va changer. Quelques hôpitaux (ex : Necker,
Salpêtrière) vont abandonner les deux fonctions (carcérale et d’asile) pour en garder
qu’une seule celle du soin.
Après la crise révolutionnaire, on va renforcer la médicalisation des hôpitaux. Les médecins
sont attirés par cette médicalisation car les malades ont des maladies différentes. Ils en ont
marre de leur cabinet de ville car c’est toujours les mêmes maladies. Ces médecins
développent un intérêt grandissant pour l’hôpital. Progressivement se met en place un
contrat tacite, l’hôpital accueil les malades pauvres et ces médecins soignent les pauvres.
Ces malades pauvres offrent surtout leur corps à l’observation. Naissance de la clinique
médicale début du XIXe s.

L’observation et l’expérimentation prime sur la théorie.


Mise en place des outils de pensées notamment les classifications de maladie, de
symptôme et à pouvoir transmettre ce savoir.
L’anatomo-clinique (examen physique du malade) type d’examen réalisé et routinisé. On
invente aussi les gestes de palpations et les instruments (ex : stéthoscope) qui vont
révolutionner le champ du diagnostic. Ces évolutions vont rapprocher le médecin du
malade (physiquement).

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Sociologie de la santé de la médecine et de la maladie
Théorie localiste : on va supposer que les maladies sont des maladies des tissus. Les maladies
touchent les structures intimes des organes.
On affine les descriptions, on devient de plus en précis ce qui amènent à faire des
typologies plus fines. Les connaissances augmentent mais il n’y a pas de répercussions
directes sur le malade.
A mesure qu’on découvre les organes nouveaux, on découvre qu’ils peuvent être atteints
de cancer (dysfonctionnement cellulaire). On peut avoir des tumeurs, excroissance de
cellules qui ne sont pas forcément cancérigène. A l’époque on ne sait pas distinguer la
tumeur maligne et la tumeur bénigne. La seule chose qu’on sait faire s’est observé
l’évolution du cancer. Certaines tumeurs régressent naturellement. On a des descriptions
très fines de l’évolution de ces cancers. On peut prédire si la tumeur va évoluer ou non. On
va concevoir le cancer comme une maladie locale, il faut expliquer pourquoi chez certain
malade, le cancer local devient général (dissémination de métastase).

Entre 1800 et 1850, le savoir augmente de manière importante. Ces nouveaux savoirs vont
avoir des répercussions thérapeutiques vers 1880 - 1890. Entre 1800 et 1890, le cancer est
une maladie incurable c'est-à-dire qu’on nous donnera aucun soins et les incurables sont
envoyés dans une institution appelé hospice.

Il y a d’autre découverte

COURS DU 07/10/14

L’asepsie va faire son entrée dans les hôpitaux (vêtements particuliers, lavages des mains)
pour empêcher les infections.
Cette asepsie sera d’abord mise en œuvre dans les hôpitaux parisiens puis petit à petit dans
les zones rurales. Il a fallu inventer des nouveaux métaux résistants à l’asepsie.
Stérilisation mise en œuvre la 1ère fois à l’hôpital Bichat mais il n’est pas systématique.
Il faudra attendre plusieurs dizaines d’années pour qu’elle devienne systématique.
Là où s’est mis en place les résultats sont parlants, les chances de survie augmentent
brutalement.
Cela réorganise la pratique chirurgicale, idée de la pièce stérile.
On invente le latex (gants en caoutchouc), les masques etc.
Innovations chirurgicales importantes notamment au niveau des sutures vasculaires.
Invention des points de suture.
On a compris que si on endormait le patient, il était plus facile d’opérer.
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Sociologie de la santé de la médecine et de la maladie
Fin 19ème on découvre le chloroforme.
Au vue de tous ces éléments la chirurgie des cancers va devenir de plus en plus
performante, notamment la chirurgie du sein, opérations de l’estomac.
Les chirurgiens reprennent espoir, ils sentent qu’ils peuvent guérir.
Changement de mentalité vis-à-vis du cancer, on peut le guérir.
Ces succès change la mentalité des médecins et des chirurgiens mais au niveau des
patient cela est bcp plus difficile.
Si on prend très tôt la maladie les chances de guérison augmentent. On est curable si on
est pris tôt.
Avec ces innovations pasteuriennes, de rayons X et du radium vont toucher plutôt la
pratique médicale. Les médecins et chirurgiens ne se côtoient pas vraiment.
Radium : Collaboration entre physicien et médecins.
L’institut Régaud (puis Marie Curie) articulation complète entre tous les domaines de
recherches. Cet institut a eu deux tutelles (institut marie curie et institut pasteur). La faculté
n’apparait pas du tout dans cet institut.
Nos médecins fondamentaux sont prêts à expérimenter les effets du radium.
La 1ère GM marque le début de l’intervention de l’Etat français dans la lutte contre le
cancer.
L’Etat va devenir directif dans cette lutte contre le cancer.
Tout au long de la GM, il a fallu mobiliser des hommes de plus en plus âgés pour les intégrer
dans l’armée. Quand on recrute dans l’armée, on fait passer une visite médicale pour voir
l’aptitude. Les chirurgiens remarquent qu’ils y a bcp d’hommes touchés par des cancers.
L’Etat avait la volonté de les soigner avant de les envoyer combattre.
Le cancer apparait avec le vieillissement des cellules. Plus on vieillit plus on a de chances
de voir émerger un cancer.
Auparavant, on ne voyait pas le cancer comme une maladie collective.
Le gouvernement de l’époque va mettre en place des services (3) médico-chirurgicaux
pour soigner les soldats cancéreux, ils les équipent de radium, d’un appareil à rayons X et
des chirurgiens. Ces services ont été rattachés au service général des armées. A l’intérieur
des services de médecins pour manipuler le radium et des chirurgiens pour opérer, jusque-
là ils n’avaient pas l’habitude de travailler ensemble. C’est Claudus Régaud qui va mettre
en place ces 3 services.
Les bénévoles (médecins et chirurgiens) qui travaillent dans ces services vont avoir l’idée
de créer une association contre le cancer : la ligue contre le cancer (mars 1918).

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Sociologie de la santé de la médecine et de la maladie
C’est une association privé qui est un organe de l’Etat, but non lucratif, qui va définir la
politique de l’Etat français sur la lutte contre le cancer et la prise en charge des malades
du cancer.
Le gouvernement demande à Jean Bergonié de réunir une commission.

1924, on va arrêter toutes créations de nouveau centre.


En France déjà 22 centres qui existent (créés en 1922 et 1924). La ligue et l’Etat vont essayer
de trouver des ressources pour financer les centres déjà existants (le radium coute très cher).
Bilan en 1924, fait par Claudus Régaud qui explique que ce qui ne va pas dans ces centres
s’est que les chirurgiens et les médecins ne s’entendent pas du tout. Mésentente très
profonde entre médecins et chirurgiens sur les soins à apporter face aux cancers.
Puis on décide que les centres n’auront plus de médecins. Seuls les centres sachant utiliser
le radium pourront ausculter les patients cancéreux.
C’est la ligue qui doit organiser la propagande, axé sur des mots d’ordre dont l’idée du
traitement précoce.
Enseignement avec des cours du soir avec des médecins volontaires.
Lutte contre le charlatanisme (mauvais médecins qui ne sont pas spécialistes du cancer).
S’ils ne font pas l’effort de se former ils vont devenir des criminelles, la pop ne peut pas avoir
confiance en ces médecins.
Profond bouleversement symbolique sur la représentation corporelle.
Idée utiliser les médecins généraliste comme dépisteur du cancer, fonction préventive.
C’est autour du cancer que va se jouer le renversement des médecins.
Le ministère va autoriser le fait que la radio consacre une heure par jour (sur les quelques
heures par jour) sur la question du cancer.
Une phobie du cancer va se développer dans la pop. (Cancrophobie/Cancérophobie).
Les généralistes vont dénoncer le fait que les spécialistes créé cette maladie à la radio.
Le ministère va répondre qu’il est bien mieux de faire peur pour pouvoir un jour guérir les
malades du cancer.
Moment où on apprend à aller voir un médecin même lorsqu’on n’est pas malade.
1er objectif de la propagande : prévention précoce
2ème objectif : introduire cette idée que la maladie est curable (objectif tjrs pas vraiment
atteint).
Roussy, 1er film de propagande.
Soirée, galas pour récolter de l’argent pour la lutte contre le cancer.
Affiches et autres formes de propagandes. « Quand la douleur est là c’est trop tard » texte

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Sociologie de la santé de la médecine et de la maladie
jamais tué personne alors que le cancer lui tue, il cautionne la propagande sous forme de
la peur et se met du côté des chirurgiens. Le ministère de l’éducation national, va mettre
dans son programme le fait de sensibiliser les enfants sur le cancer par le biais de livres et
de message transmis par les maitresses. C’est surtout la pop très urbaine, pop moyenne et
les classes dominé qui se soumettent au dépistage, et la pop rural échappe au dépistage.
La pop en général à progressivement intériorisé le vocabulaire médicale des médecins,
car avant la pop et les médecins eux même ne comprenaient pas le vocabulaire car il était
créé au fur et à mesure et peu utilisé.

Cours du 14/10/2014
LES SPECIALITES MEDICALES

Il y a une très grande stabilité dans la hiérarchie des spécialités.

- Origine par sexe


L’appartenance sexuelle est un critère déterminant pour évaluer la place des individus
dans un métier.
Tous les ans, il né plus de garçons que de fille (Constante sociale) 51% de garçons.
Les candidats au baccalauréat : nbre de candidats par sexe est plus élevé chez les filles
que chez les garçons : 56% de filles.
Parmi les reçus : les filles sont en tête 57% des admis sont des filles.
Après le bas, les filles ont plus souvent tendance à s’inscrire à l’université que les garçons,
56% pour les filles toutes discipline confondues.
En 1er cycle de médecine : les filles sont plus nombreuses, environ 64% de filles. Forte
présence féminine en 1ere année de médecine et qui augmente avec le temps.

Au-delà, le rapport Homme/Femme va s’inverser.


Actuellement, en 3ème année environ 50% de garçons et 50% de filles.
La part des filles diminue entre le 2ème et le 3ème cycle.

Au moment du 2ème cycle préparation du concours de l’internat.


Jusqu’en 1992, pour devenir spécialiste : soit concours de l’internat soit formation
universitaire.
Après 1992, internat élargit qui s’impose à tous sauf pour la médecine générale.
Ceux qui réussissent le concours sont payés, apprentissage pratique en CHU.
Les 1ers classés choisissent leur spécialité.
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Sociologie de la santé de la médecine et de la maladie
Les spécialités les moins bien choisis : médecine générale et psychiatrie.

En 3ème cycle, préparation d’un DES (diplôme d’étude spécialisée).


Ce qu’on voit c’est que les femmes s’orientent plus souvent vers des DES assez élaborés et
moins souvent vers la médecine générale.
- Anesthésie réanimation
- Cardiologie
- Chirurgie
- ORL
- Ophtalmologie
- La dermatologie
- Gynécologie/obstétrique
- Pédiatrie
- Psychiatrie
- Radiologie (radiodiagnostic)
- Radiothérapie
- Rhumatologie

Différences très fortes.


Spécialités « féminine » :
La pédiatrie est fréquentée à plus 70% par des femmes.
La dermatologie/vénérologie comprend 64% de femmes.
La rhumatologie et psychiatrie sont aussi très féminisées (58 et 57% de femmes)

La gynécologie-obstétrique est autour de 50-51% de femmes.

Spécialités masculines :
La chirurgie, la cardiologie et ORL sont masculinisé, plus de 80% d’effectif masculin.
L’anesthésie réanimation, la radiothérapie et l’ophtalmologie, 2/3 d’hommes.

Si on regarde la tendance dans le temps : presque l’ensemble des spécialités connaissent


une tendance à la féminisation.
ORL = féminisation
Anesthésie= féminisation
Chirurgie= féminisation (à nuancer)
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Sociologie de la santé de la médecine et de la maladie

Exceptions: dans les spécialités masculines


La cardiologie se renforce, la proportion d’hommes augmente. L’ophtalmologie aussi.

On a une structure en deux pôles : un masculin l’autre féminin


Avant les 80’s la gynéco se dispersait en 3 (gynéco médicale de ville, médicale hospitalière
et obstétrique).
90’s réunion de ces 3 spécialités. Réunion des groupes de médecins de sexe différents,
donc à peu près 50%-50%.
Aujourd’hui tendance à la masculinisation.

- Origine sociale
Les lauréats du bac, son tendanciellement des enfants issus des classes dominantes (cadres
sup, prof. Libérales) 30-35%.
Enfants d’ouvrier ne représentent que 10% des lauréats.

A l’Université, 30% d’enfants de classes dominantes.


Les enfants d’ouvriers représentent 12% des inscrits à l’Université.

En médecine, les étudiants inscrits en médecine proviennent majoritairement des classes


dominantes 40%. Les étudiants enfants d’ouvriers représentent seulement 7% en médecine.
Plus on avance dans les études de médecine, plus les enfants issus de classes favoriser
réussissent.
Au 3ème cycle, plus que 3-4% d’enfants d’ouvrier. Alors que tjrs 35% d’enfants de prof libérale.

Les enfants d’ouvrier s’orientent généralement vers la médecine générale.


Les enfants d’origine dominante ont autant de chance d’être en médecine générale que
spécialisés.

Les étudiants subissent une double sélection :


- Au moment des deux 1ers cycles
- A l’entrée au 3ème cycle (concours d’internat) sélection de spécialisation.
(A ce niveau les étudiants de classes dominés sont exclus des spécialités les plus
pointus).

Les étudiants de classes dominés s’orientent aussi vers la médecine interne.


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Sociologie de la santé de la médecine et de la maladie
La médecine interne = spécialité créé en 1980, remplace la médecine générale dans les
CHU.
80’s réformes, médecine générale : péjoratif, idée de la rebaptiser « médecine interne ».
Résultat : service où on envoie les malades dont on ne trouve pas la pathologie, ou qui sont
trop vieux.

On observe que les étudiants de classes dominés sont orientés vers d’autres spécialités,
notamment la psychiatrie, la radiodiagnostic, la rhumatologie et la pédiatrie.

L’évolution récente :
On observe que les étudiants dont les parents sont cadres sup et prof libérales s’orientent
bcp plus vers la chirurgie, la dermatologie, la cardiologie et ORL.

La pédiatrie, rhumatologie, psychiatrie voient progressivement l’origine sociale augmenter.

Structure avec un pôle avec des spécialités caractérisé par les étudiants d’origine sociale
favorisé. A l’opposé, des spécialités occupées par des étudiants d’origine sociale dominées
(médecine interne, méd. Générale, radiodiagnostic et radiothérapie)

Sexe et origine sociale


Si on croise CSP des parents et sexe des étudiants, une structure de distingue en 3 pôles :
- Deux pôles représentés par les étudiants d’origine sociale dominante (1 homme, 1
femme)
Ce sont les voies royales :
Hommes : cardiologie
Femmes : rhumatologie, ophtalmologie

- Un pôle dont l’origine social est plus structurante que le sexe.


Regroupe toutes les autres spécialités

- Les revenus
Le revenu ne différencie les spécialités que pour les pratiques privées (libérale).
Le revenu joue énormément dans le fait de faire médecine.
Une bonne proportion s’oriente en médecine pour des raisons financière, ils vont donc
s’orienter dans le privé.

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Sociologie de la santé de la médecine et de la maladie
L’échelle des hiérarchies est très stable.
Il y a des spécialités très rentables et d’autre moins.
En haut de la hiérarchie :
Les radiologues (libérales) arrivent nettement avant toutes les autres spécialités. (Spécialité
de diagnostic) ils investissent dans des machines extrêmement couteuses. Ils ont des dettes
de plusieurs millions qu’ils rentabilisent avec les clients.
Après chirurgien, puis anesthésiste, ensuite cardiologue, ORL, Ophtalmologie et
gynécologie gagnent plus que le revenu moyen des médecins (plus de 4 500€ net/mois).

En dessous de la moyenne, la rhumatologie, dermatologie, généralistes, pédiatre,


psychiatre.

On a une échelle assez constante dans le temps, et selon le type de revenus déclaré.
L’échelle des bénéfices est analogue et prouve que les spécialités médicales sont
caractérisées par une stabilité de rentabilité.
Plus l’activité est couteuse en frais et investissement, plus elle rapporte.

Revenu avec CSP et sexe :


Donne une nouvelle structure :
Les spécialités dont les étudiants sont issus des classes dominantes se retrouvent dans des
spécialités de rentabilité supérieure à la moyenne (chirurgie, cardiologie, ORL, ophtalmo).

Les spécialités les moins rentables sont fréquentées par des étudiants d’origine sociale
dominée. (rhumato, dermato, psychiatrie).

Deux spécialités rentables fréquentées par des étudiants d’origine sociale basse (radiologie
et gynécologie obstétrique dans une moindre mesure).

Différenciation très claire selon les sexes :


Les spécialités les plus rentables sont masculines.

- Le taux de décès par services


En France, 70% de chances de mourir dans un lit d’hôpital (public ou privé).
On a une stabilité très forte qui est lié à la stabilité de l’organisation de la prise en charge
de la maladie et de la fin de vie.
A l’hôpital 3% de décès par an.
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Sociologie de la santé de la médecine et de la maladie
Si on regarde les taux de décès par mortalité (dans le milieu public):
Service facile = faible taux de décès
Service difficile= fort taux de décès
Il faut saisir la perception qu’à un étudiant dans un service hospitalier.
Les services difficiles :
Anesthésie-réanimation 11% de décès en moyenne
Médecine interne ou général 6% de décès.
Les services moyens : environ 3%
Radiothérapie
Cardiovasculaires
Les services faciles : entre 1 et 2%
La chirurgie
Dermatologie
ORL
Pédiatrie
Psychiatrie
Rhumatologie
Les services très faciles : moins de 1%
Ophtalmologie
Gynécologie obstétrique

Cette stabilité renvoie à l’organisation de la division technique du travail médicale.


La division est elle-même très stable.

Si on compare avec sexe, origine sociale et revenu :


Nouvelle structure
Les spécialités qui connaissent des forts taux de mortalité sont fréquentées par des
médecins d’origine sociale dominée.
Les spécialités fréquentées par des médecins d’origine sociale dominante, présentent des
taux de mortalité inférieur à la moyenne.

Les spécialités féminisées correspondent à des spécialités à faible taux de décès.

CCL :
A partir du sexe, de l’origine sociale, le revenu et le taux de décès dans le secteur hospitalier
de court séjour, il se dégage un double phénomène :
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Sociologie de la santé de la médecine et de la maladie
- Quasi-impossibilité d’avoir une spécialité à fort taux de décès et à fort taux de
féminisation
- Quasi-impossibilité d’avoir une spécialité à fort taux de décès et à fort taux
d’étudiants d’origine sociale dominée.
Ce qui permet de mettre en évidence une division sociale du travail médical, fortement
polarisé selon le sexe et l’origine sociale.
Cette division sociale du travail médical gouverne aussi bien l’orientation des étudiants au
cours de leur formation (inconscient), gouverne aussi l’organisation économique et
technique des rapports entre les spécialités et l’exercice de la médecine.

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Sociologie de la santé de la médecine et de la maladie
LE RELATION ENTRE SOIGNANTS ET SOIGNES

Cette question a d’abord été développée dans la sociologie américaine.


« Médecine, maladie et sociologie » Claude HERLICH

Le 1er sociologue a abordé la question est Talcott PARSONS (américain).


Il a élaboré un modèle pour expliquer la relation, ouvrage paru en 1951 juste après la 2ème
GM. Montre le rôle que joue la profession médicale au sein de la société.
PARSON analyse la prof médicale comme étant le modèle idéal de ce qu’est une
profession. La médecine a été le modèle de la sociologie des professions.

Les 50’s aux EU ou en France, correspondent à un moment très fort de la médecine


moderne.
Ce sont des années prolifiques dans l’approche thérapeutique (usage de la pénicilline et
des 1ers antibiotiques).
C’est aussi une période de mise en place des sciences sociales. Or, ce secteur s’est bcp
appuyé sur les travaux qui ont été fait aux EU à partir de 1940. Les EU vont imposer un
modèle de travail, qui est tjrs d’actualité. Ils l’imposent car ceux sont eux qui financent la
reconstruction (de redressement) de l’Europe (Plan Marshall).
La sociologie prend son essor après le 2ème GM, il y a des départements de sociologie qui
s’ouvrent.
Aux EU, sur le plan politique, on a un élan conservateur très fort (conséquence de la
guerre) : Période de lutte contre le communiste, qui est considéré comme l’ennemi n°1.
PARSONS essayé de protéger l’universitaire contre cette lutte, il défend l’idée de
l’autonomie de la profession contre l’emprise du monde politique. Période du
« Maccarthisme », chasse aux sorcières et guerre froide.
PARSONS va réfléchir aussi aux valeurs morales que doit défendre une telle profession.
En France, autre contexte, volonté de neutralité, d’autonomie entre les deux blocs.

Il faut que les individus qui forment la société soient en bonne santé. Le fait d’être malade
entraine des incapacités qui perturbent l’économie et le rôle social.
La notion de la déviance a été très travaillée par PARSONS, pour lui la maladie est une
déviance par rapport à l’ordre sociale. Distinction en terme morale, la santé est bonne pour
la société et la maladie est mauvaise. (On est très loin de la définition de DURKHEIM).

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Sociologie de la santé de la médecine et de la maladie
Cette approche, il la pose sur les sociétés industrielles. PARSONS a d’abord été formé en
tant qu’économiste, il est donc très attentif à l’économie. Pour lui l’individu est un
producteur, il doit produire. De ce fait, il dit qu’on impose d’être à l’individu d’être un
producteur mais certains n’arrivent pas à remplir ce rôle, ils vont donc se réfugier dans la
maladie.
PARSONS va indiquer qu’il existerait une attirance spontanée pour l’état de maladie pour
certains individus. Le fait d’être malade permet de se faire exempter de ses obligations liées
aux rôles sociaux.
Cette exemption entraine de fait une déviance, mais ce n’est pas une déviance définitive,
elle est temporaire et potentielle vis-à-vis de l’ordre social. La société a mis en place toute
une organisation pour contrôler et réduire cette déviance : la médecine.
Il va attribuer à la profession soignante un rôle de stabilité sociale. Les soignants sont là pour
canaliser la déviance potentielle et temporaire de la maladie.

Comment doit se passer la relation entre le patient et le médecin ?


- Les patients doivent reconnaitre qu’ils ont besoin d’une aide médicale.
- Les médecins doivent avoir conscience qu’ils doivent se comporter de manière à
apporter la guérison. Ils doivent convaincre le patient qu’il faut atteindre la guérison.

C’est un modèle à la fois consensuel et asymétrique car l’un a un rôle actif (soignant) et
l’autre un rôle passif (patient). Seul le médecin peut résoudre le problème.
Dans l’aspect consensuel : il faut que le malade reconnaisse le pouvoir du médecin.
Ce modèle peut se décliner aussi en termes de rôles.
PARSONS va définir le rôle du malade : lorsqu’un individu est malade, il est exempté de ses
responsabilités sociales habituelles. Le malade doit jouer ce rôle, sinon il n’est pas un bon
malade. Cette injonction morale rentre dans le schéma moral du professionnel.
Si le malade se comporte bien, alors il ne sera pas tenu responsable de sa déviance et la
société lui apportera même assistance. PARSONS qualifie cela de privilèges.
Jouer son rôle de malade veut dire concrètement considérer la maladie comme
indésirable càd souhaiter aller mieux. Il faut avoir la capacité de rechercher une aide
efficace et compétente.
Le malade a aussi le devoir de coopérer avec cette autorité compétente (ne pas contester
la prescription). C’est à ce prix que le caractère de déviance peut être complètement
annulé.
Transforme l’état de malade en état légitime si on respecte toutes ces conditions.

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Sociologie de la santé de la médecine et de la maladie
Le médecin pour PARSONS se définit par sa compétence technique, par le fait qu’il est un
monopole d’exercice, et par l’autonomie de son exercice par rapport aux autres métiers
et à l’Etat. Le médecin a une compétence technique qui le désigne comme le spécialiste
dans le domaine de la santé et a un monopole du domaine de la santé.
Tous les autres métiers ne sont pas légitimes pour se faire soigner.
Rôle du médecin : ne doit pas reposer sur des rôles personnels, il doit reposer sur des rôles
techniques. Il devient légitime pour le malade de rompre avec le médecin s’il n’apparait
pas comme compétent.
Le médecin doit être neutre affectivement, il ne doit pas projeter ses sentiments. Théorie
abstraite qui semble une valeur importante. Dans la réalité, les enquêtes montrent qu’il y a
tjrs du sentiment qui s’installe dans la relation.
Cette posture d’objectivité (neutralité affective) est nécessaire au médecin pour pouvoir
analyser la maladie. Face à un individu il est très dure de garde cette posture.
Les chirurgiens sont un corps qui n’intervient pas réellement dans la relation soignants-
soignés (relation minimale).
Cette neutralité joue différemment selon les métiers, selon la spécialité plus ou moins de
neutralité affective.
Enfin PARSONS, dit que la pratique des soignants devrait être orientée vers le bien universel,
pratique altruiste.

Les contemporains vont critiquer ce modèle avec bcp de poids.


Ils vont faire des enquêtes empiriques. Ils regardent ce qui se passe dans les cabinets
médicaux et les hôpitaux. C’est le moment de l’expansion des enquêtes de terrain.
Les contemporains de PARSONS (fin 50- début 60’s), voient les choses différemment.
On va voir des travaux qui vont émerger qui vont porter sur :
- l’étude des maladies chroniques (qui mettent longtemps en présences les patients et
les médecins).
Ex : un malade atteint de diabète acquière assez rapidement une maitrise des
techniques de soins. Il n’a pas le rôle passif décrit par PARSONS.
Ex : l’épileptique, essaie de maitriser ses crises pour ne pas mettre en péril son rôle social.
Le malade devient actif très vite car c’est dans son intérêt.
Les médecins peuvent y voir un contrepoids à leur pouvoir.
Les rôles définit par PARSONS peuvent être confus.
Le patient va tjrs être un danger, quelqu’un qui pourrait prendre le rôle médical.
Cette notion de rôle ne sera jamais réaliste, il faut bien distinguer l a relation
patient-soignant dans une maladie aigue et dans une maladie chronique.
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Sociologie de la santé de la médecine et de la maladie

- L’automédication
Ne rentre pas du tout dans le modèle sociologique de PARSONS. Soit par procuration
quand on a un enfant soit quand on est adulte et qu’on le fait nous-même.
L’automédication a pendant longtemps été dénoncé par les médecins.
Depuis les 90-2000’s, on prend comme constat que cela existe. Les médecins doivent
prendre en compte cet aspect.
Les travaux sur l’automédication sont assez récents.

- La sociologie interactionniste
S’intéresse aux interactions. Sociologie qui analyse les relations entre les individus.
Microsociologie, qui est adapté à l’étude de cette relation.
Elle a pris son essor aux EU, à l’Université de Chicago. Elle est née pour contrer la
sociologie de PARSONS (il enseignait à Harvard).
Ces sociologues estiment que le monde social est construit par la signification que
chaque individu porte au monde.
Face à ca PARSONS présuppose que c’est la société qui façonne ces individus.
Les interactionnistes vont donc privilégier les enquêtes qualitatives, mais utilisent tout de
même les statistiques.
Ex : Sue FISHER interactionniste américaine, elle a analysé la relation entre la patiente
(cliente) et le gynécologue à partir d’une enquête à la demande de l’Etat fédéral
national.
L’idée de l’Etat fédéral est de sensibiliser les femmes à la consultation gynécologique.
Pas de prise en charge médicale et seules les femmes dans les très grandes villes
consultaient des gynécologues.
A l’époque, idée de financer une caravane pour proposer des consultations gratuites.
FISHER va obtenir l’autorisation d’enregistrer les conversations. Elle a un matériel
empirique très riches, puis après les consultations elle faisait des entretiens avec le
médecin et les patientes.
Résultat : une grande partie des consultations n’ont pas abouti : absence de patient,
une grande partie des consultations n’ont pas abouti à l’examen gynécologique.
Ces campagnes a été mitigé, le dépistage (frottis) n’a pas été réalisé très souvent.
Plus l’origine social du médecin est éloigné du patient, moins il pourra anticiper les
demandes. Le rapport au corps est différent selon le milieu social.

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Sociologie de la santé de la médecine et de la maladie

COURS DU 04/11/2014
Freidson « La profession médicale » 1870.
Il fait une synthèse des deux types d’approche (interactionniste/fonctionnalisme). Il
veut trouver un entre deux. Il a passé sa carrière à travailler sur la médecine. Il a écrit
une douzaine d’ouvrages sur la médecine. Il a fait sa carrière à l’université publique de
New-York.
Il va reprendre les caractéristiques des professions donné par Parson en s’appuyant sur
l’interactionniste.
Def Profession = « une occupation qui contrôle son propre travail qui est organisé en
institutions spécialisées reposant sur l’idéologie propre de l’expertise et du service ».
Il utilise le terme de professionnalisme pour caractériser cette idée.
Les professions portent sur 3 critères :
- L’autonomie de l’exercice
- L’autorégulation professionnelle (juger par les pairs)
- Monopolisation de l’exercice

Il s’est posé la question de l’influence du patient sur la pratique du médecin. Il en est


venu à conclure que toute relation entre en patient et un soignant relève d’un conflit
de perspectives.
A partir de ces deux perspectives, pluralités de configurations d’actions possibles pour
régler le problème. Caractéristiques qui influent sur la relation entre le patient et le
médecin :
- La configuration dépend de la spécialité du médecin.
La spécialité du médecin va jouer dans la relation avec le patient (Friedson souligne
bien ce point).
Ex : chirurgien/psychothérapeute

- L’espace dans lequel la relation se passe (l’environnement)


En cabinet de ville, relation très directe. A l’hôpital, relation bcp moins directe entre
médecins et patients.

Chez Freidson on tient compte de ces caractéristiques. De toute façon aucune raison
de s’entendre avec son médecin.
Il n’y a pas une suprématie définitive.
La négociation est un mode de régulation des relations sociales.
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Sociologie de la santé de la médecine et de la maladie
On ne sait jamais vraiment quel objectif on va atteindre, il n’est pas prédéterminé.
La dimension temporelle est un facteur essentiel du processus de négociation.
Tout le monde ne dispose pas des mêmes ressources pour négocier. Plus on a de
ressources, plus la négociation s’oriente vers ses propres intérêts.

La relation soignant-soigné n’est pas consensuelle et harmonieuse. Relation qui met en


jeu des intérêts qui ne sont pas les mêmes. La consultation consiste à faire converger
ses intérêts divergents.

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Sociologie de la santé de la médecine et de la maladie
LA GESTION SOCIALE DES STIGMATES

Goffman (sociologue) « Les usages sociaux du handicap ».


Handicap : social et physique
Il s’intéresse aux interactions.
C’est le fondateur de l’interactionnisme.
Il pose la question de l’usage.
Stigmate = renvoie aux marques corporelles qui servaient à exposer sur un individu le
fait qu’il avait eu un comportement détestable et immoral.
Grec (marque au fer chaud)
Cette personne est frappée d’infamie, ne mérite plus d’être fréquentée.
1ère signification : marque divine
2ème signification : (apporté par la médecine) signe corporel évoquant un désordre
physique
En grec ancien, un stigmate est une propriété dont dispose un individu qui lui jette un
discrédit.
La caractérisation négative ou positive du stigmate se fait dans la relation dans laquelle
se trouve l’individu.

 Des caractéristiques apportent discrédit de manière quasi-systématique dans les


sociétés occidentales : les attributs discrédités
Souvent ce sont les caractéristiques les plus visibles sont des attributs discrédités
Certaines maladies vont entrainer un discrédit dans la vie quotidienne (épilepsie,
diabète...)
 D’autres caractéristiques sont susceptibles d’apporter un discrédit : attributs
discréditables

Selon Goffman, d’autres handicaps ne sont pas visibles (ex : vie sexuelle marginale).
Tout individu qui normalement devrait se faire admettre dans le cercle de relations sociales,
si cet individu possède une caractéristique qui s’impose à l’attention de l’autre il est
discrédité.
Il y a des attentes sociales liées aux normes et aux valeurs des groupes, attentes
réciproques.
Ces attentes sont transformées si on attribue une caractéristique qui dévalorise l’individu.
On attribue une valeur négative à cette caractéristique.
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Sociologie de la santé de la médecine et de la maladie
Certains critères se sont construits socialement comme des caractéristiques de
différenciation.

Stratégies d’évitement :
- Traditionnel
Mise en place d’institutions qui permettent d’isoler les personnes fortement stigmatisé.
Ex : institution pour aveugles

- Quotidien
Eviter la mise en relation. Cela permet d’éviter la tension.

Dans ses stratégies d’évitement, les conséquences négatives portent sur la personne
stigmatisée.
La personne stigmatisée appréhende tjrs le regard de l’autre.
Incertitude permanente qui provient de l’idée de comment on est perçue.
Dans le cas de la rencontre la personne atteinte du stigmate se trouve tjrs dans une situation
d’incertitude.
Les personnes fortement stigmatisés ont le sentiment de ne pas savoir vraiment ce qu’on
pense d’elles.
On se rassure en se disant qu’il y a des normes. (ex : code de la route)
Pour les personnes fortement stigmatisé nécessité de se surveiller en permanence, ce qui
demande beaucoup d’énergie.
Selon les lieux cette surveillance va être plus ou moins forte.
La personne va être attentive à l’image qu’elle renvoie.
L’individu fortement stigmatisé va adopter des stratégies pour faire face à ces
comportements :
- Essayer de se faire discret
(ex : les enfants timides)
- La provocation càd l’exposition du stigmate
(ex : handicapé en chaise roulante)
Souvent la bravade n’est présente que de manière intermittente.
Résultats, les relations entre les individus et les stigmatisés sont caractérisés par une
interaction flottante, jamais stabilisé (càd interaction pleine d’incertitude).
Chacun va éprouver ce sentiment de malaise, qui se manifeste par des signes corporelles
(éloignement, bougeotte, rougir, parler pour ne rien dire…)
La personne fortement stigmatisée va vivre le plus souvent ces situations.
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Sociologie de la santé de la médecine et de la maladie
Stratégies pour aborder les gens et les mettre à l’aise.

Ces personnes ont aussi des soutiens


- Auprès des personnes qui sont eux aussi porteurs du même stigmate. Cette étape
ne se fait pas au tout début du stigmate.
Lorsqu’on s’appuie sur le groupe porteur du même stigmate l’intérêt est de pouvoir
se laisser aller.
Les associations protègent les personnes fortement stigmatisées en faisant écran
entre les stigmatisés et le reste de la société.

- Soutien de l’entourage proche


« Personnes initiées » se lassent mais bcp moins et bcp moins vite.
S’ils sont professionnels la profession les protège. Mais si c’est la famille possibilité de
se lasser (parfois stigmate cause de divorce).
Parfois pour répondre au lacement : indicibilité.
Les initiés vont prendre sur eux une partie du stigmate, ils vont partager le sentiment
de discrédit du stigmate. (Ex : homosexualité d’un membre de la famille accepté et
défendus par tous)

Socialisation du stigmate :
Les personnes affligées d’un stigmate acquiert une même expérience de leur sort et
vont connaitre un même itinéraire moral. Dans cette 1ère phase de la socialisation on
apprend en même temps qu’on est attend du stigmate et le point de vue du
dominant. On intègre le point de vue de la normalité, par la socialisation.
Puis, on acquiert une identité de nous-même que nous propose la société et les
conséquences que cela implique. C’est l’enchainement de ces deux étapes qui
structure la socialisation.

4 modalités de socialisation possible :


- Socialisation au sein d’une institution spécialisée
Apprendre et intégrer les critères liés au stigmate

- Socialisation au sein de la famille


La personne est préservée au début de sa vie du contact avec le reste du monde.
La famille va tenter de protéger le plus longtemps possible, cocon protecteur.
Souvent à l’arrivé à l’école l’exposition est brutale s’il a été trop protégé avant.
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Sociologie de la santé de la médecine et de la maladie

- Socialisation des personnes qui vont acquérir le stigmate tardivement


Ils vont être brutalement sortis de leur catégorie « supérieure » pour entrer dans la
catégorie « stigmatisé-inférieure ».
1ère étape : refus de changement de catégorie (on exige un changement
d’identité)
2ème étape : apprentissage du handicap/stigmate :
Collecte d’infos auprès des personnes ayant le même stigmate
Puis l’individu essaye de se distinguer des autres individus ayant le même stigmate

- Socialisation des stigmates dans des communautés très isolées


Soit l’individus vit isolé toute sa vie et ne partage que la normalité de ce groupe isolé.
Soit il va être sortie de ce groupe, très brutale.

L’individu fortement stigmatisé va devoir recomposer une nouvelle identité sociale.


Sentiments contradictoires.
On va hiérarchiser les individus et cette division du monde est faite de façon à être bien
placé, on hiérarchise selon de degré de visibilité du stigmate.
A l’extrême, certain essaye de renverser le stigmate. Il se confronte à la réalité avec l’idée
qu’il est plus fort.
Même si on est très dominé, on essaie de trouver une position qui valorise.
On peut se valoriser en créant des alliances avec des personnes plus dominantes.
Les individus qui tentent de renverser le stigmate sont des individus qui refusent l’alliance
avec des gens du même stigmate qu’eux.
Ex : les homosexuels vont s’entourer d’hétérosexuel.
Celui qui renverse le stigmate est quelqu’un qui rejette son stigmate.
Mais en règle générale, pour une personne fortement stigmatisée impossible de réellement
se fixer à un seul groupe car nostalgie de l’avant (sauf chez les personnes nées porteurs du
stigmate).
Diversités des conduites, mais certaines reviennent assez couramment :
- Ne pas faire un faux semblant intégral
- Ne pas reprendre à son propre compte les attitudes négatives qu’on les autres à leur
égard : càd ne pas s’auto-dévaloriser
- Ne pas tourner son stigmate en autodérision
- Ne pas trop afficher son stigmate
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Sociologie de la santé de la médecine et de la maladie
- Accepter que la personne stigmatisé accepte son stigmate (reconnaitre soi-même
qu’on a moins de valeur)

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Sociologie de la santé de la médecine et de la maladie
INEGALITE SOCIALE DEVANT LA MORT

On va la saisir à travers la notion d’espérance de vie.


- Espérance de vie à la naissance
- Espérance de vie à 30 ans
- Espérance de vie à 60 ans

Données sur le site de l’INED.


L’espérance de vie est calculée depuis fin 19ème, c’est une courbe ascendante.
(Seulement 2 chutes : pendant les GM).

Début 20ème s :
Espérance de vie à la naissance était de 43,4 ans pour les hommes et 47 ans pour les
femmes.
Les femmes ont une espérance de vie supérieure aux hommes.

Milieu 20ème s :1946


Espérance de vie à la naissance pour les hommes 59,9 ans et pour les femmes 65,2 ans.

En 50 ans, les hommes ont gagnés 16,5 ans de vie et les femmes 18,2 ans de vie.
L’augmentation de l’espérance de vie est plus forte chez les femmes.

Fin 20ème s : 1999


Les hommes ont une espérance de vie à la naissance de 75 ans, si c’est une femme 82,5
ans.
L’augmentation de l’espérance de vie est tjrs plus forte chez les femmes.

Constats :
 2009 on observe une espérance de vie à la naissance de 77,8 ans pour les hommes et
de 84,5 ans pour les femmes.
La vitesse relative de l’espérance de vie est plus favorable pour les hommes (même si
le nbre d’années est supérieures chez les femmes).

 2011 l’espérance de vie pour une femme 84,9 ans et pour un homme 78,2 ans.

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Sociologie de la santé de la médecine et de la maladie
Cause de l’augmentation de l’espérance de vie :
Baisse de la mortalité infantile car maitrise des maladies infectieuses.
1970’s progression lié au recul de la mortalité des grands âges, on maitrise de mieux en
mieux les maladies ischémiques.
1980’s maitrise des cancers

1990-2000’s, politique sanitaire de prévention accompagnée de progrès thérapeutiques.

1990’s, plus de suivi des femmes enceintes.

Dans ce bilan positif, petit point noir : la mortalité des jeunes adultes.
Notamment à cause des accidents de la route, frappe notamment les hommes jeunes.
Mortalité qui perdure tjrs mais qui a diminué.
Car taux de mortalité routière a diminué à partir de 80’s.
Dans la même période (1980’s) montée du SIDA.
La mortalité des jeunes adultes masculin ré-augmente, jusqu’à la création de la trithérapie.

Situation de la France par rapport aux autres pays européens est favorable : les personnes
âgées et les enfants meurent moins.
Seul le japon a été aussi rapide que la France pour la mortalité infantile.
Aujourd’hui la Suède a un taux de mortalité infantile bas.

+ Recul des maladies périnatales

En France espérance de vie à 60 ans la plus élevé parmi les pays européens.
Lié à la maitrise exceptionnelle des maladies cardiovasculaires.
France est le seul pays où les cancers sont les 1ères causes de décès, et non les maladies
cardiaques.

LA CONSOMMATION

Les couches moyennes recourent le plus, et elles consomment le plus de médicaments.


Il y a des comportements différenciés entre classes dominés et classé dominantes.
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Sociologie de la santé de la médecine et de la maladie
Les classes dominées vont plus souvent voir les médecins généralistes, et on les retrouve plus
souvent aux urgences.

Les classes supérieures recourent bcp plus aux spécialistes.

Les lieux d’hospitalisation sont différents selon les classes sociales.

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