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Université Abdelmalek Essaâdi

Ecole Nationale des Sciences Appliquées - Tanger

THEORIE DES ANTENNES

Pr. Ahmed EL OUALKADI


eloualkadi@gmail.com

2ième année du cycle d’ingénieur


Année universitaire : 2017/2018
Sommaire

Chapitre 1 : Propriétés générales des antennes

Chapitre 2 : Antennes filaires

Chapitre 3 : Antennes multiéléments

Chapitre 4 : Ouvertures rayonnantes

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Sommaire
Chapitre 1 : Propriétés générales des antennes
• Introduction
• Mode d’alimentation
• Théorème de réciprocité
• Polarisation
• Intensité de rayonnement
• Diagramme de rayonnement
• Directivité
• Gain d’une antenne
• Aire équivalente d’une antenne
• Hauteur équivalente ou hauteur effective
• Résistance de rayonnement
• Impédance d’entrée
• Adaptation d’une antenne, bande d’utilisation
• Application à l’équation des télécommunications

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Introduction

- Historiquement l’antenne a été découverte par Alexandre Popov.

- Les antennes constituent des dispositifs indispensables à toute liaison sans fil.

- Leur rôle est d’assurer le couplage entre un circuit électronique et le milieu de


propagation.

- En général, ce couplage est réciproque, c-à-d que le même dispositif permet,


aussi bien de créer un rayonnement lorsqu’on lui fournit une certaine puissance
(antenne d’émission) que de recueillir de l’énergie quand il est plongé dans un
rayonnement électromagnétique (antenne de réception).

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Introduction
Définition:

L’antenne est un conducteur électrique, plus ou moins complexe, permettant de


convertir les courants alternatifs en ondes électromagnétiques (cas de
l’émetteur) et les ondes électromagnétiques en courants alternatifs (cas du
récepteur).

D’une extrémité à l’autre du spectre radioélectrique (3 104  3 1011), les


antennes ont des formes et des dimensions extrêmement variables (pylônes
verticaux, antennes filaires, réflecteurs et ouvertures rayonnantes...). Leur
éventail est très étendu cependant, leur rayonnement est étudié et caractérisé
au moyen de définitions et de propriétés communes.

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Mode d’alimentation
L’antenne est généralement déployée à l’extérieur, voire fixée au sommet d’un mât.

Pour acheminer vers l’antenne l’énergie à haute fréquence fournie par l’émetteur
ou en sens inverse amener le signal capté par l’antenne jusqu’à l’entrée du
récepteur, on utilise une ligne bifilaire, un câble coaxiale ou pour les ondes
centimétriques et plus courtes un guide d’ondes.

Cette ligne de transport d’énergie est appelée « feeder ».

Pour obtenir un fonctionnement optimal, l’impédance au point d’alimentation doit


être du même ordre que l’impédance caractéristique de la ligne d’alimentation.

L’ordre de grandeur des impédances rencontrées est de quelques dizaines (50 ou


75 ohms pour le câble coaxial) et quelques centaines d’ohms (300 ohms pour une
ligne bifilaire).

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Théorème de réciprocité (1)
Le théorème de réciprocité dit de Carson peut s’énoncer comme suit :
« Si une f.é.m. est appliquée à l’entrée d’une antenne A, et si l’on mesure le
courant produit par cette antenne aux bornes d’une antenne B, on trouve un
courant égal à celui que l’on aurait eu aux bornes de l’antenne A si la f.é.m. avait
été appliquée à l’entrée de l’antenne B ».

Ceci peut s’exprimer plus généralement :


Soient deux antennes utilisées l’une à l’émission, l’autre à la réception: le rapport
de la puissance émise à la puissance reçue reste constant quand on permute le
rôle des deux antennes.

Dans ces conditions, on peut se demander ce qui différencie une antenne


d’émission d’une antenne de réception??

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Théorème de réciprocité (2)
En fait, se sont essentiellement les conditions économiques. L’exemple le plus
évident est fourni par la radiodiffusion. L’antenne d’émission est constituée d’un
pylône de quelques centaines de mètres. II est évident que tous les auditeurs
potentiels ne peuvent ni se payer, ni loger une telle antenne. II est d’ailleurs
beaucoup plus logique de faire l’effort financier une seule fois à l’émission afin de
permettre aux usagers de se contenter d’une antenne rudimentaire.

Notons aussi que l’émission est généralement pratiquée sur une fréquence bien
déterminée, sur laquelle on peut accorder le système rayonnant, alors que pour la
réception, on explore de larges gammes ou l’antenne doit récolter tout ce qui lui
parvient, autrement dit justifier l’appellation de « collecteur d’ondes » qu’on lui
donne parfois.

Conclusion:
Quelles que soient leurs caractéristiques, les antennes peuvent être utilisées
indifféremment en émission ou en réception. Les performances d’une transmission
entre deux antennes passives données ne dépendent pas du sens de cette
transmission.
8
Polarisation (1)
II découle de la notion d’ondes électromagnétiques, que celles-ci sont composées
de deux champs perpendiculaires entre eux; un champ électrique et un champ
magnétique; vibrant en phase, à la même fréquence et ayant des amplitudes
proportionnelles. Une onde peut donc être représentée au moyen de deux vecteurs
perpendiculaires et .

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Polarisation (2)
Par convention, la polarisation du champ électromagnétique rayonné par une
antenne est donnée par la direction du champ électrique.

Si garde une direction constante dans le temps, on dit que l’on a une polarisation
rectiligne. Si la direction varie avec le temps de telle sorte que si, en un point
donné, on schématise les positions successives de , l’extrémité du vecteur
représentatif décrit un cercle ou une ellipse. On dit alors que le champ rayonné est
à polarisation circulaire ou elliptique.

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Polarisation du champ électromagnétique
Polarisation (3)
Polarisation Horizontale Polarisation Verticale Polarisation Circulaire

• Peu de bruit électrique • Bruit électrique plus • Génère deux


présent dans les bandes polarisations en phase
• Meilleure sensibilité aux HF pour éviter les pertes en
signaux faible traversant l'ionosphère et
• Optimisation de l'espace pour compenser la
• Angle de rayonnement occupé par l'antenne rotation des satellites.
généralement plus élevé par
rapport au sol favorisant ainsi • Nécessite généralement • Rarement utilisée pour
de bons contacts locaux un bon plan de terre des contacts au sol
(Ground, masse)
• Grands espaces requis pour
le déploiement • Plus enclin à causer de
l'interférence dans les
bandes HF

• Angle de rayonnement
plus Bas

Caractéristiques de chacun des types de polarisations


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Rayonnement électromagnétique (1)
Les champs dans la proximité de l'antenne sont extrêmement complexes à
analyser.
La Figure suivant montre un exemple des lignes de champ produites par une
antenne demi-onde.

Lignes de champs produites par une antenne demi-onde

Dse est le diamètre de la surface équivalente de l'antenne et r la distance à


l'antenne. Les physiciens ont défini plusieurs zones autour de l'antenne
12
Rayonnement électromagnétique (2)

Zones de radiation d’une antenne.

13
Rayonnement électromagnétique (3)

Zones de radiation d’une antenne.

14
Intensité de rayonnement (1)
On appelle intensité de rayonnement I(,) d’une antenne dans une direction
donnée (,), la puissance rayonnée par unité d’angle solide dans cette direction;
soit:
dP(, )
I(, )  (Watts/Stéradian)
d
Par définition « La densité surfacique de puissance transportée par une onde
électromagnétique est égale à la grandeur du vecteur de poynting ».
  
SE H
On peut alors écrire que: la puissance rayonnée traversant une surface d est
égale à :

dP = S d

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Intensité de rayonnement (2)
L’angle solide élémentaire dΩ sous lequel on voit l’élément de surface d
depuis le point O vaut :
d
d  sin  d d 
r2

Où r est la distance entre l’antenne (point O) et la surface d. D’où l’intensité


de rayonnement :
S d
I(, )   S r2
d
16
Intensité de rayonnement (3)
Pour les zones lointaines E est inversement proportionnelle à r. En effet,
on peut montrer que le champ rayonne par une antenne quelconque à
grande distance peut se mettre sous la forme :

60 i max
E  F(, )
r

F est appelée fonction caractéristique du rayonnement.

S est donc inversement proportionnel à r². Par conséquent, l’intensité de


rayonnement est indépendante de la distance à la source. C’est une
grandeur caractéristique de l’antenne dans la direction (,); quelle que
soit la distance r considérée.

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Diagramme de rayonnement (1)
Etant donnée une antenne alimentée avec une puissance donnée, on
appelle « surface caractéristique de rayonnement » la surface fermée
obtenue en portant, à partir d’un point pris comme origine, un vecteur dont
la longueur est une fonction simple du champ créée à une distance
constante de l’antenne, dans la direction du vecteur.
Cette fonction simple peut être le champ lui même, le carré du champ
(puissance rayonnée) ou le logarithme du champ.

En d’autre terme le diagramme de rayonnement peut être défini comme la


surface d’équation polaire :
  E(, )
ou son logarithme
E(, )

E MAX

18
Diagramme de rayonnement (2)

Généralement, comme il est extrêmement difficile de représenter (voir de


calculer) la surface caractéristique de rayonnement d’une antenne, on se
contente de représenter des coupes planes de cette surface.

Ces coupes appelées diagrammes de rayonnement (ou de directivité) sont


généralement effectuées dans des plans de symétrie -s’il en existe- ou bien
de façon conventionnelle dans des plans orthogonaux correspondant aux
plans contenant respectivement le champ électrique (plan E) et le champ
magnétique (plan H).

On obtient ainsi des diagrammes en champ, des diagrammes en puissance


ou des diagrammes en décibels.

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Diagramme de rayonnement (3)
Les systèmes rayonnants sont souvent construits de façon à concentrer
l’énergie dans une direction déterminée, par exemple la direction Oz. Dans
ce cas le diagramme dans un plan contenant la direction de rayonnement
maximum à l’allure indiquée à la figure suivante.

Diagramme de rayonnement d’une antenne directive

20
Diagramme de rayonnement (4)

Les antennes qui favorisent dans leur rayonnement une direction ou deux
sont appelées « antennes directives » alors que celles qui rayonnent
uniformément dans toutes les directions sont dites « antennes
omnidirectionnelles » cependant il n’existe pas d’antenne qui rayonne
exactement la même énergie dans toutes les directions.

Elle est toutefois utilisée comme antenne de référence pour la définition


générale du gain des antennes sous l’appellation d’antenne isotrope.

Remarque :
De par le théorème de réciprocité, une antenne présente le même
diagramme de rayonnement en réception qu’en émission.

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Directivité (1)
La directivité d’une antenne caractérise la manière dont cette antenne
concentre son rayonnement dans certaines directions. Elle peut alors être
définie par le rapport de l’intensité de rayonnement dans une direction
(0,0) a la moyenne de cette intensité dans tout l’espace, soit :
dP
( 0 ,  0 )
I( 0 ,  0 )
D(  0 ,  0 )   d
1 Pr
4 
I ( ,  ) d
4
Pr désignant la puissance totale rayonnée dans l’espace, c’est à dire dans
un angle de 4π stéradian. Une source isotrope à une directivité : D =1 (0
dB).

Le maximum de la fonction D(,) soit DM est appelé souvent, par


négligence, la directivité de l’antenne.

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Directivité (2)
Relation entre la directivité et le diagramme de rayonnement

Le facteur représentant dans l’espace le diagramme de rayonnement


normalisé s’écrit :
D(, )
r (, ) 
DM
La directivité, le diagramme de rayonnement et l’intensité de rayonnement
sont lies entre eux par:

D(, ) I(, ) E 2 (, )


r(, )    2
DM IM E Max
IM : est l’intensité de rayonnement dans la direction de directivité maximale
DM.

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Directivité (3)
La puissance totale rayonnée s’écrit :
IM 1 Pr   I(, ) d  I M  r(, ) d
D’où :  4 4
Pr  r (, ) d
Comme 4
I(, ) IM
Pr  4  4
D(, ) DM
Connaissant le diagramme de
Alors : I M  D M
rayonnement r(,) on peut calculer la
Pr 4 directivité maximale DM.
4
D’où : D M 
 r(, ) d
4
Remarques:
1- Une directivité élevée signifie que le rayonnement est pour sa plus
grande part localisée dans un angle solide restreint.
2- Les grandes antennes sont en général très directives inversement les
petites antennes sont peu directives.
24
Gain d’une antenne (1)
Le gain d’une antenne dans une direction (,) est le rapport entre
l’intensité de rayonnement, I(,), dans cette direction, et l’intensité de
rayonnement d’une antenne de référence IAref(,), alimentée avec la
même puissance soit :
I(, )
G(, ) 
I Aref (, )
Si l’antenne de référence est une antenne isotrope, le gain ainsi défini
est appelé gain absolu et il est exprime en dBi. Dans les autres cas, on
parle de gain relatif.
Soit une antenne A alimentée par une puissance P. Supposons que le
champ rayonné dans la direction (,), à la distance r, a pour valeur
efficace Eeff(,).
Son gain absolu s’écrit:

I(, ) S(, ) I(, ) S r 2


G a (, )    
Ii (, ) Si (, ) P P
4 4
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Gain d’une antenne (2)

Le vecteur de poynting dans cette direction et à cette distance a pour valeur


moyenne :
1  0 E eff
2
S  E H  E eff H eff  E eff
2

2  0 120
D’où le gain absolu :

2
E eff (, ) 2 4 E eff
2
(, ) r 2
Ga  r 
120 P 30 P

26
Gain en champ d’une antenne
Le gain en champ dans la direction (,) est le rapport des valeurs
efficaces des champs rayonnés dans cette direction et à la même distance r
par l’antenne considérée et par une antenne de référence. Ces deux
antennes étant alimentées par la même puissance P, il vient :
E eff (, )
Gc 
E A Reff (, )
Dans le cas de source isotropique, il s’écrit : E eff (, )
G Ci 
E i Reff (, )
2 2
E eff E ieff
Nous avons vu que : S  et Si 
120 1 120
 S 2 1
D’où: G 
   Ga
2
Ci
 Si 
 E eff 
Si on exprime le gain en décibels, nous aurons : G c  20 log 
 E A Reff 
27
Gain en puissance d’une antenne
Le gain en puissance dans une direction donnée est le rapport des
puissances qu’il faudrait fournir à l’antenne de référence d’une part, à
l’antenne étudiée d’autre part, pour produire le même champ dans la
même direction et à la même distance.
PAref
Gp 
P
Pour avoir un gain Gp supérieur à 1, on met P au dénominateur. On conçoit
qu’il faut fournir plus de puissance à la source isotropique pour produire le
même champ dans la même direction et a la même distance.
Si on choisit la source isotropique comme élément de référence, on a:
Pi
Gp 
P
Nous avons vu que l’antenne A alimentée par P rayonne, dans la direction
(,) et à la distance r, une puissance :
2
E eff
S
120
28
Gain en puissance d’une antenne

Pour que la source isotropique rayonne dans les mêmes conditions la


même puissance (S=Si), elle doit être alimentée par :

Pi  4r 2Si  4r 2S

D’où : 4r 2S 4r 2 E eff


2 2
E eff r2
Gp   
P 120 P 30 P

Le gain en puissance par rapport à la source isotropique est égal au gain


absolu.

29
Remarques
1- Si l’antenne considérée est sans pertes, son gain absolu est égal à sa
directivité. Dans ce cas toute la puissance d’alimentation est rayonnée par
l’antenne.
G(, )  D(, )
Autrement, on définit le rendement de l’antenne par :
Puissance rayonnée

Puissance d' alimentation
On a alors : G  D

2- Généralement, on confond gain et directivité. En effet bien qu’ils soient


mesurés par le même nombre, ces deux notions sont différentes, car la
directivité se définit à partir des caractéristiques de l’antenne considérée,
alors que le gain fait intervenir la comparaison de deux antennes.

30
Aire équivalente d’une antenne
Etant donné une onde de densité de puissance S en un point M. Une
antenne de réception, placée en ce point et reliée à une charge adaptée,
capte une certaine puissance Pr, proportionnelle à S.
La puissance recueillie s’écrit alors :

Pr = A S

Le coefficient de proportionnalité A, qui a les dimensions d’une surface, est


appelé aire équivalente et parfois aire de captation. En général, cette aire
n’a pas de relation simple avec les dimensions géométriques de l’antenne.
Pour les antennes a ouverture rayonnante plane telles que le paraboloïde
ou les cornets la surface équivalente est égale à la surface géométrique de
leur ouverture, multipliée par un coefficient (fg < 1) soit :

A= fg
Ce coefficient appelé facteur de gain, dépend de la loi de variation de
l’amplitude du champ sur l’ouverture, comme nous le verrons
ultérieurement.
31
Remarque
La puissance recueillie dépend essentiellement de l’orientation de
l’antenne, de la polarisation de l’onde, et de l’adaptation du récepteur. Nous
pouvons considérer que A est une fonction de  et de  et l’écrire sous
forme A(,).
Si Amax est la valeur maximale de A(,), correspondant au maximum de la
puissance reçue, nous pourrons définir le diagramme de rayonnement à la
réception par la relation : A(, )
r (, ) 
A max
Ce diagramme étant le même pour l’antenne travaillant en émission, nous
voyons que: A(, ) G(, )

A max G
Relation entre le gain et l’aire équivalente:
Une même antenne peut être utilisée à l’émission où a la réception. II doit
donc y avoir une relation entre le gain et la surface équivalente A qui
caractérisent respectivement son fonctionnement à l’émission et à la
réception. On démontre que cette relation est : G 4

A 2 32
Hauteur équivalente ou effective
Une antenne de réception placée dans un champ électromagnétique est un
dipôle actif qui peut être assimile à un générateur de tension et une
résistance. Lorsque l’antenne est plongée dans un champ
électromagnétique défini par la valeur instantanée E de sa composante
électrique, la f.é.m. du générateur de tension est égale à :

V = E heff

Dans cette relation, heff est un paramètre, ayant la dimension d’une


longueur, appelé hauteur équivalente ou hauteur effective de l’antenne.

Définition:
On appelle hauteur effective heff d’une antenne, la longueur qu’aurait un
doublet isolé dans l’espace parcouru par le courant de référence de
l’antenne IM pour produire un champ égal à celui de l’antenne dans la
direction de rayonnement maximal (=π/2).

33
Résistance de rayonnement (1)
Une antenne d’émission rayonne de l’énergie réelle; elle pourra donc, dans
une certaine mesure, être assimilée à une résistance, et, si ieff est le
courant efficace en un point Q d’une antenne et P, la puissance totale
rayonnée, la résistance de rayonnement de l’antenne au point Q sera
donnée par la loi d’ohm:
2 Pr Pr
R rQ  2  2
i Q max i Qeff

En général le courant varie d’un point à un autre de l’antenne, alors il a été


le convenu de définir la résistance de rayonnement d’une antenne en
prenant pour référence le maximum de courant i. Soit:

2 Pr
Rr  2
i Q max

34
Résistance de rayonnement et fonction caractéristique (2)

On montre que le champ rayonne par une antenne quelconque a grande


distance peut ce mettre sous la forme:
60 i max
E  F(, )
r
F(,) est appelée fonction caractéristique du rayonnement.

Connaissant la fonction caractéristique de rayonnement, on calcule Rr :


Par définition : P
Rr  2
r
i eff
Or la puissance rayonnée s’écrit:

Pr   I(, ) d   I(, ) sin d d d  sin d d


4 4

1
D’où: Rr 
i 2  I(, ) sin d d
eff 4  35
Résistance de rayonnement et fonction caractéristique (3)

I(, ) E 2 (, )
Comme: r (, )   2
I Max E Max
I Max
Alors: Rr  2
i eff  r(, ) sin d d
4
1 E 2
 E 2

Sachant que: I Max  S r 
2 Max 2
r  S  eff

2 120  120 
E (, )
2
Et que: r (, )  2
E Max
E 2
r 2
E 2
(, )
Alors: R r  Max 2  2 sin d d
240 i eff 4  E Max
2
1 r2  60i max  2
Soit: Rr 
240 i eff
2 4  r  F (, ) sin d d
30
D’où: R r   F2 (, ) sin d d
 4 36
Impédance d’entrée (1)
Considérons une antenne dont on peut définir les deux bornes d’entrées A
et B, ce qui est généralement le cas des antennes linéaires. Soient Ve la
tension entre les bornes A et B, et ie le courant d’alimentation de l’antenne.
L’impédance d’entrée de l’antenne considérée est donnée par :

Ve
Ze   R e  jX e
ie

Puisque ce rapport est complexe, la puissance fournie à l’antenne se


compose :

D’une puissance active : Pa = ½ Re i²max

D’une puissance réactive : Prea = ½ Xe i²max

37
Impédance d’entrée (2)
La puissance active est la somme
D’une puissance rayonnée : Pr = ½ Rr i²max

D’une puissance dissipée par effet joule dans les résistances de perte de
l’antenne.
Pp = ½ Rp i²max
D’où : Re = Rr + Rp
Pr Rr 1
On définit alors le rendement de l’antenne par :    
Pa R r  R p Rp
1
Rr
On cherche à maximiser  et donc à minimiser Rp. Lorsque c’est le cas Rr
donne une bonne approximation de la valeur de Re.

Remarque :
Lorsque Xe = 0 on dit que l’antenne est accordée ou résonante.
La longueur d’onde correspondante est appelée longueur d’onde de
résonance.

38
Adaptation d’une antenne & bande d’utilisation (1)
L’impédance Ze d’une antenne reliée à une ligne d’impédance
caractéristique Zc est la même que cette antenne travaille à l’émission où à
la réception. Par conséquent, le coefficient de réflexion est le même dans
les deux cas. Z Z
 e c
Ze  Zc
Nous pouvons écrire : Pu  Pa (1   2 )
A l’émission : Pa est la puissance fournie par l’émetteur et Pu est la
puissance délivrée à l’antenne.
A la réception: Pa est la puissance captée par l’antenne et Pu est la
puissance fournie au récepteur.

Dans ces conditions de désadaptation une puissance Pa est :


Renvoyée vers le générateur, dans le cas de l’émission
Renvoyée par l’antenne, dans le cas de la réception

Dans les deux cas, il s’agit d’une puissance perdue d’où l’importance du
problème de l’adaptation de l’antenne à sa ligne d’alimentation qui est
obtenue lorsque Ze = Zc. 39
Adaptation d’une antenne & bande d’utilisation (2)
pour qu’un feeder puisse transmettre à une antenne le maximum de
puissance, il faut que celui-ci soit adapté, autrement dit que le taux d’onde
stationnaire (T.O.S) dans la ligne soit égal à l’unité.
S’il n’en était pas ainsi, une partie de la puissance incidente était ré-
rayonnée quand l’antenne travaillait en réception, ce qui va correspondre
évidemment à une diminution du gain. Ceci peut être acceptable dans
certains cas. Mais, si l’antenne travaille en émission, la présence de T.O.S
risque de gêner l’adaptation de l’émetteur au feeder où de perturber le
fonctionnement de la source de puissance. Dans ces conditions, on devra
limiter la bande d’utilisation de l’antenne aux fréquences pour lesquelles le
TO.S ne dépasse pas la valeur compatible avec le bon fonctionnement de
l’émetteur. Généralement, la variation du T.O.S d’une antenne en fonction
de la fréquence présente l’allure indiquée sur la figure suivante.

40
Adaptation d’une antenne & bande d’utilisation (3)

Si le T.O.S maximal admissible est par exemple égal à 1,5, la bande d’utilisation
de l’antenne est comprise entre f1 et f2.

II existe cependant d’autres considérations qui peuvent limiter cette bande


comme:
- L’augmentation prohibitive du niveau des lobes secondaires
- La diminution trop importante du gain;
- Les déformations inadmissibles du lobe principal.

Remarques :
1- Il est fréquent qu’une antenne soit utilisée en réception largement en dehors de
sa bande d’utilisation, c’est le cas des antennes d’auto-radio dont la fréquence de
résonance se situe souvent à plus de 200 MHz et que l’on utilise pour l’écoute de
la bande de radiodiffusion "FM" vers 100 MHz, voire la gamme des grandes
ondes ne dépassant pas quelques centaines de kilohertz.
2- Certaines antennes dites multi-bandes peuvent fonctionner correctement sur
des segments discontinus sans dispositif particulier. D’autres nécessitent l’emploi
d’un circuit adaptateur d’impédance.

41
Application à l’équation des télécommunications (1)

L’utilisation des paramètres que nous venons de définir permet d’obtenir la


valeur de la puissance disponible aux bornes d’une antenne de réception.
En effet, soit un système de télécommunication constitue à l’émission par
une antenne de gain Ge, alimentée par une puissance Pe et à la réception
par une antenne de gain Gr, située à la distance r de l’antenne d’émission.
Cherchons la puissance Pr reçue.

La puissance reçue est obtenue à partir de la surface équivalente de


l’antenne de réception par:
2G r
Pr=S Ar avec: A r 
4 42
Application à l’équation des télécommunications (2)

II reste à déterminer la densité de puissance S en fonction de Pe et Ge.


Le gain à l’émission est donné par : I S r2
Ge  e

Ii Ii
Ii étant l’intensité de rayonnement que créerait l’antenne isotropique à la
distance r lorsqu’on lui applique la puissance Pe.
Elle vaut : P
Ii  e

4
S r2
Ge  4
Pe
Pe G e G r 2   
2

En utilisant les formules précédentes on obtient : Pr   G e G r Pe  


4r 4
2
 4r 

  
2
On peut en déduire l’affaiblissement de la liaison : Pr
e   G eG r  
Pe  4 r 
43