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Chapitre 8

La tertiarisation des économies


développées

1-DE L’ÉCONOMIE INDUSTRIELLE À L’ÉCONOMIE DES SERVICES.

1-1 Définitions et mesures.

1-2 Les ressorts de la tertiarisation.


1-2-1 La dynamique de la consommation finale.
Daniel BELL, La société post-industrielle, 1973
1-2-2 Les stratégies des entreprises et la consommation intermédiaire de services.

2-UNE CROISSANCE PÉRENNE PAR LES SERVICES ?

2-1 Tertiarisation et ralentissement de la croissance.


2-1-1 L’insuffisante productivité des services.
William BAUMOL, Macroeconomics of unbalanced growth, 1967
2-1-2 Quels indicateurs ?

2-2 Une thèses néo-industrielle : l’économie de self-service.


Jonathan GERSHUNY, Après la société industrielle ? L’émergence de l’économie de self-service, 1978

2-3 La croissance transformée par les services.


2-3-1 Industries vs services ?
2-3-2 De nouvelles conventions de production.
Chapitre 8
La tertiarisation des économies
développées

•Les secteurs agricoles et celui des services ont connu des évolutions tendancielles opposées mais
sans rupture, contrairement à l’industrie dont les effectifs relatifs culminent généralement dans les
années 1960­1970, autour de 35% à 40% de la population active, avant de décroître. Aujourd’hui ce
sont   les   deux   tiers   (Allemagne,   Japon)   ou   les   trois   quarts   (Etats­Unis,   Royaume­Uni)   de   la
population active qui sont employés dans les services.
•Ceux­ci recouvrent une réalité variée et difficile à cerner, et difficilement repérable sur le plan
statistique.

1-De l’économie industrielle à l’économie des services.


1­1 Définitions et mesures.
•Sur   un   strict   plan   statistique,   les   définitions   varient   d’un   pays   à   l’autre.   En   France,   l’INSEE
propose   en   fait   une  définition   négative :   le   tertiaire   n’est   ni   primaire   (activités   consistant   à
l’exploitation des ressources naturelles sauf l’extraction) ni secondaire (activités de transformation
des matières premières et de construction).
Mais   le   classement   d’une   entreprise   ou   d’un   établissement   dans   un  secteur  d’activité   pose
également des problème, car il repose sur son activité principale (selon la nomenclature NAF), alors
qu’elle produit aussi des biens ou des services secondaires qui peuvent relever d’un autre secteur.
A   l’intérieur   même   du   secteur   tertiaire,   les   difficultés   de   classement   sont   grandes   car   il   n’est
généralement pas possible s’appuyer sur une nomenclature de produits (quels produits par exemple
associer au commerce d’alimentation ?). La classification est donc moins fine que pour l’industrie.
L’INSEE   distingue   les   services   marchands   (transports,   finances   et   immobilier,   services   aux
entreprises dont postes et télécommunications) des services administrés (dont associations, dont
une partie marchande).
•Comment caractériser un service autrement que par une définition négative ? Plusieurs approches
ont été proposées :
­une activité de service ne serait ni stockable ni transportable (mais l’information l’est pourtant).
­le service serait immatériel, il périrait à l’instant même de sa production comme le dit Smith (mais
les services de réparation, de restauration par exemple opèrent sur des réalités tangibles).
­la production d’un service supposerait une interaction étroite entre fournisseur et client.
Une définition englobante est proposée par Jean Gadrey. Il considère qu’il y a production de service
dans   une   économie   capitaliste   lorsque   un   agent   A,   qui   possède   une   capacité   technique   et   une
compétence, vend (ou propose à titre gratuit s’il s’agit de service non marchand) à un agent B « le
droit d’usage de cette capacité et de cette compétence pour une certaine période », afin de produire
des effets utiles sur l’agent B lui­même ou sur les biens qu’il possède.
Ainsi, la fonction du service serait de transformer la condition d’une personne ou d’un bien.
1­2 Les ressorts de la tertiarisation.
1­2­1 La dynamique de la consommation finale.
Daniel BELL, La société post-industrielle, 1973
•Les “lois d’Engel“ ont été formulée en 1857 par le statisticien allemand Ernst Engel à partir de
l’étude du budget d’un échantillon de familles belges. Il montre que la part du revenu consacrée à
l’alimentation diminue lorsque le revenu s’accroît.
Elle implique que lorsque le pouvoir d’achat croît, la demande porte successivement –une fois les
besoins primaires satisfaits ­ sur les biens secondaires (accès à la consommation de masse) puis sur
les biens “supérieurs“, principalement des services. Ces relations dessinent des “courbes d’Engel“
qui dépendent de l’élasticité­revenu de la demande de chaque type de service.
Ainsi, la croissance économique entraîne la tertiarisation de la demande finale.
•On peut aussi distinguer une hiérarchie de services dont la demande s’exprime de façon décalée au
cours du développement :
Dans un premier temps viennent les services qui gravitent autour des produits des deux premières
révolutions industrielles : eau, énergie puis banques, assurances… Ce sont les services du fordisme
et de la consommation de masse.
Par exemple c’est le cas des services liés aux échanges qui se développent dés l’industrialisation.
­les fonctions commerciales jouent un rôle évidemment important.
Par exemple les fonctions liées au négoce [commerce entre entreprises], d’où viennent beaucoup
d’entrepreneurs de la première génération, sont la clé d’accès au marché pour les industriels.
La grande distribution connaît un essor à partir des années 1950­1960 (Leclerc en 1959, Mulliez
avec Auchan en 1961…), particulièrement en France, au détriment du commerce de détail et avec
un remodelage important du paysage urbain.
­les  services  liés  aux  coûts  de transaction  se développement   également,  notamment  tout  ce  qu
concerne les professions juridiques. C’est particulièrement net aux Etats­Unis et leurs Law Schools.
­les services de transport ont joué un rôle important dans la croissance du 19 ème siècle, comme les
chemins   de   fer   (à   plusieurs   niveaux :   système   technique,   structure   des   marchés,   effets
d’entraînements, gestion de l’entreprise…). Ils sont rendus aujourd’hui cruciaux par les modes de
productions   à   flux   tendus,   la   mondialisation   (avec   la   révolution   du   conteneur)   ou   les   réseaux
informationnels.
•Ensuite   la   société   de   services   commence   à   s’affirmer   pour   elle­même.   Ce   sont   les   services
personnels comme les loisirs, le spectacle, la culture en général et les services à caractère collectif
comme la santé ou l’éducation ainsi que les services aux entreprises.
Comme   le   souligne   Jean   Gadrey,   « ces   pôles   exceptionnels   de   croissance   sont   constitués
majoritairement  d’activités   “relationnelles“ :   assistance   ou   soins,   conseil   et   transfert   de
connaissances. »
La production de service est en partie socialisée avec le développement des systèmes éducatifs et de
l’Etat­providence   particulièrement   depuis   1945.   Cette   tendance   n’est   pas   interrompue   par   les
retournements conjoncturels.
•La société  post­industrielle  décrite  par Bell, est de plus  en plus tournée vers  la  production  et
l’échange d’information, avec des contacts directs entre personnes. Ce modèle d’économie et de
société est centré sur le savoir et les services supérieurs.
1­2­2 Les stratégies des entreprises et la consommation intermédiaire de services.
•La thèse de Bell s’attache peu au développement des services aux entreprises, qui ont augmenté
pour plusieurs raisons :
1­La grande entreprise industrielle moderne de Chandler, organisée autour de plusieurs divisions en
râteau   (firme   M)   abrite   en   fait   un   grand   nombre   de   fonctions   tertiaires   qui   accompagnent   la
croissance   organique.   Selon   Hubert   Bonin,   « l’ampleur   de   l’internalisation   qui   a   prédominé
pendant presque trois quarts de siècle a donc quelque peu faussé les statistiques »
Les choix stratégiques en matière de lean production ont conduit à l’externalisation de pans entiers
du processus de production qui n’étaient plus considérés comme stratégiques. Le choix de la sous­
traitance et des flux tendus conduit aussi à une explosion des flux, notamment routiers mais aussi
maritimes, et des entreprises associées.
Cette recomposition de la division du travail a eu un gros impact statistique, révélant le “tertiaire
caché“. La tertiarisation apparaît ainsi comme le résultat de la capacité des grandes entreprises à
développer des innovations organisationnelles, entraînant une hausse de la demande de services aux
entreprises.
2­L’accroissement   des   services   aux   entreprises   ne   relève   cependant   pas   seulement   de
l’externalisation. La complexification des systèmes de production – interne (produits, machines,
informatique…)  et externe (différenciation  des marchés, internationalisation,  réglementations…)
conduisent   les   groupes   à   s’appuyer   sur   des   compétences   externes   en   achetant   des   services
“intellectuels“ comme les activités de conseil en tous genre (ressources humaines, management,
études de marchés, informatique …).
3­Un certain nombre de ces services sont aussi contraints : les entreprises doivent faire certifier
leurs comptes, présenter des garanties et des normes pour leurs produits (en matière sanitaire par
exemple…).
•Les choix opérés à l’échelle internationale conduisent aussi à la tertiarisation. Les délocalisations
concernent principalement les activités manufacturières, et les entreprises industrielles deviennent
de plus en plus des entités de direction et de conception. Elles conservent les activités les plus
qualifiées (finances, ingénierie, gestion des flux, encadrement en général) qui sont des services. Ces
activités continuent à réclamer une certaine proximité.
=> en ce sens, la tertiarisation résulterait de la désindustrialisation.
CCL : quel impact sur la croissance ?

2-Une croissance pérenne par les services ?


2­1 Tertiarisation et ralentissement de la croissance.
2­1­1 L’insuffisante productivité des services.
William BAUMOL, Macroeconomics of unbalanced growth, 1967
•Baumol étudie notamment le secteur des arts de la scène, qui ne peut bénéficier  d’importants
progrès  technique  générant  des   gains  de  productivité : par  exemple,  le  temps  nécessaire   à  une
répétition   pour   jouer   un   morceau   de   Beethoven   n’a   pas   beaucoup   changé   depuis   l’époque   du
compositeur. D’autres secteurs comme l’éducation sont confrontés à cet obstacle.
•Il construit un modèle (1967) à deux secteurs :
­un secteur “progressif“ (industriel) dont la productivité augmente.
­un secteur  “non progressif“ où le  travail  fourni  est lui­même  le  produit final  (c’est  le cas  de
nombreux services).
Par hypothèse, les salaires ne diffèrent pas tellement d’un secteur à l’autre, car ceux­ci suivent les
mêmes conventions salariales qui se diffusent ou qui sont réglementées. Ils progressent au rythme
des gains de productivité dans l’industrie. Du coup, il y a une forte hausse des prix relatifs du
secteur “non progressif“.
Beaucoup de services  font l’objet d’une demande assez peu  élastique  au prix et la quantité de
travail continue a y augmenter, tandis qu’elle diminue dans le secteur industriel. La production de
ce   type   de   service   mobilise   donc   une   part   croissante   des   ressources :   c’est   le  cost   disease  ou
“maladie de Baumol“.
Si   certains   services   sont   finalement   considérés   comme   trop   chers,   alors   la   demande   peut   être
relayée par des subventions (cas des arts scéniques).
=> tendanciellement, l’emploi dans les secteurs industriels tend vers zéro, et la croissance tend vers
zéro.
La hausse de la proportion  de l’emploi  tertiaire  est plus que proportionnelle   à la hausse de la
demande. Elle s’explique donc par les faibles gains de productivité, et la baisse relative de l’emploi
primaire ou secondaire par de forts gains de productivité mais pas par une désindustrialisation.
C’est un modèle proche de la théorie du déversement d’Alfred Sauvy.
 2­1­2 Quels indicateurs   ?
La plupart des théories relatives au secteur tertiaire admettent que sa productivité augmente moins
vite que celle de l’industrie.
•Les données peuvent conduire à des conclusions contradictoires.
­le   niveau   de   tertiarisation   semble   corrélé   positivement   avec   le   niveau   de   développement,   par
exemple aux Etats­Unis, et négativement avec le chômage. En première approche, un important
secteur tertiaire n’est donc pas incompatible avec la poursuite de la croissance.
­mais le ralentissement du rythme de la croissance et des gains de productivité depuis les années
1970, associé à un recul absolu de l’industrie, conduit à une réévaluation de celle­ci comme moteur
de l’ensemble de l’économie et de l’extension du tertiaire.
•La mesure de la productivité des services soulève de grandes difficultés.
­on peut évaluer la valeur d’un service selon le coût de sa production, et déterminer une valeur
ajoutée.
­mais il est beaucoup plus difficile d’évaluer l’impact sur l’usager du service (voir définition), qui
dépend de l’usager, qui peut s’opérer à moyen terme (formation, santé)…
Les   conventions   d’évaluation   de   la   productivité   sont   typiquement   industrielles,   fordistes,   mais
moins bien adaptées à une économie tertiarisée.
2­2 Une thèses néo­industrielle : l’économie de self­service.
Jonathan GERSHUNY, Après la société industrielle ? L’émergence de l’économie de self-service, 1978
•Depuis Adam Smith, un courant considère les services comme des activités improductives. Smith
considère que certains services (ceux produits par les domestiques, agents de l’Etat, artistes… mais
pas le commerce) sont intangibles et ne sont donc pas des productions de richesses contrairement
aux activités manufacturières. Marx reprend cette approche, montrant que les services tirent leur
rémunération de la valeur créée par la production matérielle (on peut y voir une des raisons des
orientations industrialistes des économies socialistes).
•La théorie de self­service de Jonathan Gershuny est un ensemble complet et opposé à celui de la
société post­industrielle.
­pour une satisfaction donnée, le consommateur a le choix entre acheter un bien ou un service.
L’approche   se fait   en terme  de  besoins, de  fonctions  qui  peuvent   être  satisfaits  ou  remplis  de
plusieurs  manières   différentes.   Par  exemple  pour  se  déplacer   (besoin)   on  peut  prendre   un  taxi
(service)   ou   acheter   une   voiture   (bien) ;   pour   laver   le   linge   on   peut   faire   soi   même   avec   une
machine ou utiliser les services d’une blanchisserie…
Il y a donc toujours un arbitrage, sous contrainte de revenu et de temps personnel disponible.
­Gershuny ne conteste pas les effets des lois d’Engel quant  à l’évolution des besoins, mais ces
besoins peuvent être satisfaits de différentes manières. L’accroissement des besoins culturels par
exemple peut conduire à aller davantage au cinéma ou bien à acheter un téléviseur. On ne peut pas
en conclure à l’accroissement de la demande de services pour satisfaire ces besoins.
­les arbitrages devraient être rendus de plus en plus en faveur du self­service, grâce précisément à
des innovations majeures sur des biens qui ont pénétré la sphère domestique. C’est d’autant plus
intéressant   que   par   ailleurs   le   coût   des   services   a   considérablement   cru   à   cause   des   écarts   de
productivité.
­ainsi, la consommation finale ne devrait pas tellement s’orienter vers les services. Pour autant,
l’emploi tertiaire peut augmenter. D’abord, il y a beaucoup de services à l’industrie i.e. des services
qui entourent la production de biens (assurance, réparation, entretien…). Les écarts de productivité
relative font le reste.
•Empiriquement, ces thèses ne sont pas bien validées.
Par exemple, un certain nombre d’opérations de self service ne donnent pas lieu à l’achat de biens
industriels. Ainsi, de nombreuses entreprises font réaliser par leurs clients une partie des opérations
de   production   du   service   final !   C’est   nette   dans   la   grande   distribution   (libre­service),   dans   la
banque (distributeurs de billets).
Mais le développement des réseaux pourrait mettre à mal certaines grandes figures de la société
postindustrielle,   comme   l’enseignant   ou   le   médecin,   avec   les   nouvelles   technologies   de   la
communication appuyées sur des biens industriels.
=> ces thèses font ainsi de l’industrie le moteur de la croissance.
2­3 La croissance transformée par les services.
 2­3­1 Industries vs services   ?
•Selon Gershuny, biens et services sont en concurrence au sens où ils sont substituables. C’est
vérifiable pour la satisfaction d’un certain nombre de besoins (manger chez soi ou au restaurant ?
prendre les transports en commun ou avoir une voiture ?).
Mais il y a beaucoup de situations où une complémentarité apparaît entre les deux modalités de
consommation que sont les biens et les services. Par exemple, les dépenses en services culturels
(cinéma, spectacle…) ont progressé dans les dernières décennies, de même que celles consacrées au
biens manufacturés supports (comme les téléviseurs, magnétoscopes…).
•La distinction entre tertiaire et secondaire devient de plus en plus floue, même si elle l’a toujours
été (ex : un restaurant vend­il un service ou un produit ?), et les causalités également.
Il   existe   de   nombreuses   complémentarités   entre   consommation   de   biens   et   de   services.   Par
exemple, l’achat d’une automobile est lié à celui d’une assurance, celui d’un iPod à l’achat de
musique.
Plus généralement, la recherche de nouvelles sources de profit et de marchés captifs conduisent les
firmes à incorporer de plus en plus de services dans les biens matériels qu’elles vendent, pour les
consommateurs (financement, garantie et SAV, entretien, abonnements comme autant de facteurs
de   différenciation)   comme   pour   les   autres   entreprises   (maintenance   informatique,   ingénierie
pétrolière…)   à   qui   sont   vendues   des   “solutions“.   On   parle   d’économie   de   l’usage   ou   de   la
fonctionnalité, consistant à répondre à un besoin plutôt qu’à la seule vente d’un bien.
Cette   approche   considère   cependant   que   les   effets   induits   de   l’industrie   sur   les   services   sont
importants,   la   réciproque   étant   moins   vraie.   Mais   ces   thèses   industrialistes   (les   biens   tirent   la
croissance, entraînant la production de services), peuvent être retournées car les liens de causalité
sont mal établis. Ainsi dans les TIC contenants et contenus interagissent.
•Enfin, il existe une demande autonome de services et de nombreuses innovations ont pour origine
le secteur tertiaire.
C’est le cas notamment avec la génération d’innovations liées aux TIC. La révolution numérique
est   une   révolution   de   la   connaissance   et   de   nombreuses   innovations   ne   concernent   que   des
informations comme les logiciels, les productions culturelles, les bases de données…
•Cela dit, les distinctions entre services et industries continuent à être pertinente.
Des différences majeures subsistent, par exemple en terme de mode d’appropriation (Peter Hill :
« on ne peut pas revendre une opération  de l’appendicite  après  l’avoir  achetée »). Cela  a des
conséquences   notamment   sur   l’organisation   spatiale   des   activités   de   services,   qui   souvent
continuent à impliquer une relation.
2­3­2 De nouvelles conventions de production.
La convention est ici une norme commune, une représentation qui fonde un cadre de référence
commun aux agents.
•Les   services   s’industrialisent   en   adoptant   les   conventions   de   production   issues   du   taylorisme.
Contraintes de temps, travail prescrit par l’informatique, norme strictes dans les relations avec les
clients conduisent à une forme de néotaylorisme, comme dans la logistique ou les centres d’appel
[voir chapitre 7].
Mais il y a également une extension des conventions de productions tertiaires à l’industrie avec la
fin de la standardisation fordiste. La flexibilité, la différenciation poussée, le service inclus dans le
produit sont autant de rupture avec la convention industrielle par excellence qu’est le fordisme. Les
économies de variété (economies of scope) l’emportent sur les économies d’échelle (economies of
scale).
•Les marchés du travail tertiaire présente des caractéristiques spécifiques :
­la dualité par le jeu des qualifications : des emplois de haut niveau rares et très bien payés ; un
tertiaire peu qualifié et aux faibles gains de productivité dans de nombreux domaines (services à la
personne par exemple), qui n’existe que si les salaires sont faibles, ce qui se répercute aussi sur les
salaires ouvriers.
­la féminisation qui est un trait majeur du second vingtième siècle. Ainsi, en France entre 1954 à
2005, l'emploi masculin est passé de 12,5 à 13,5 millions (+ 8 %). Celui des femmes de 6,5 à 11,4
millions (+ 75 %). Sur les 5,9 millions d'emplois ajoutés pendant cette période, les femmes en ont "
conquis " 83 %, l’augmentation la plus marquante concernant la tranche d’âge 25­49 ans où le taux
d’activité a considérablement augmenté.
Les catégories les féminisées sont les catégories tertiaires par excellence comme les employés ou
les professions intermédiaires.

 Conclusion   :
Transformation profonde résultant en fait d’une nouvelle division du travail.