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Chapitre 16

Travail et classes sociales depuis la Révolution industrielle (à


partir de l’exemple des ouvriers en France).

1-STRATIFICATION SOCIALE ET SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE.

1­1 Les critères de stratification : la richesse et le travail.

1­2 Classifier…
1­2­1 Des individus aux groupes sociaux.
1­2­2 Des groupes fondés sur le travail ; les CSP et les PCS.

2-LES CLASSES SOCIALES.

2­1 L’analyse marxiste des classes sociales.
2­1­1 Une analyse et un projet.
2­1­2 Une philosophie de l’Histoire et du capitalisme.
Karl MARX et Friedrich ENGELS, L’idéologie allemande, 1845
2­1­3 Exploitation et lutte des classes.
2­1­4 La classe sociale comme acteur.
Karl MARX, Le 18 Brumaire de Louis Napoléon Bonaparte, 1852

2­2 Une autre vision de la stratification : classes et statut selon Max Weber.

3-L’ÉVOLUTION DE LA CLASSE OUVRIÈRE EN FRANCE.

3­1 La France du 19ème siècle, pays industriel ?
3­2­1 La tardive « fin des paysans ».
Henri MENDRAS, La fin des paysans, 1967
3­2­2 Les ouvriers, moins qu’ailleurs et plus divers qu’ailleurs.

3­2 Emergence et développement de la classe ouvrière.
Gérard NOIRIEL, Les ouvriers dans la société française, 19ème – 20ème siècle, 1986
3­2­1 La naissance des organisations ouvrières en France.
3­2­2 Croissance et apogée de la classe ouvrière.

3­3 Le déclin statutaire de la classe ouvrière.
Stéphane BEAUD et Michel PIALOUX, Retour sur la condition ouvrière, 2000
Chapitre 16
Travail et classes sociales depuis la Révolution industrielle (à
partir de l’exemple des ouvriers en France).

La croissance a détruit les sociétés traditionnelles, le capitalisme marchand apparaissant à cet égard
comme une libération des cadres anciens.
La stratification sociale reste un élément permanent des sociétés, toujours inégalitaires à des degrés
divers. Mais les formes changent :
­quel critère de stratification ? la stratification conduit à identifier des groupes sociaux.
­les groupes sont­ils des acteurs ? et sont­ils en conflit ?

1-Stratification sociale et société industrielle.


1­1 Les critères de stratification : la richesse et le travail.
•D’abord, le statut de l’individu change nettement :
­la   société   européenne   restait   largement   holiste :   l’individu   n’existe   que   par   sa  place   dans   une
communauté, dans un tissu de relations sociales complexes, englobant les relations marchandes qui
n’en sont qu’un aspect subordonné.
­la rupture de ces nombreux liens laisse la place à une société individualiste, faites de membres
égaux en droit, ce qui n’empêche pas le lien social par exemple marchand qui met en relation les
hommes par la division du travail plus que par une relation subjective.
•Les sociétés d’Ancien Régime valorisent peu le travail.
Ex : les sociétés athéniennes valorisent les loisirs (otium, le commerce étant le negotium), l’action
politique, tandis que le travail est confié aux esclaves soumis aux nécessités de la vie.
Ex : le travail est considéré comme malédiction divine par la civilisation chrétienne, en paiement du
péché   originel.  Tocqueville  montre  que   la  société   aristocratique   méprise   le  travail,   valorise   les
prouesses guerrières et une certaine forme d’oisiveté.
•Le travail s’affirme progressivement comme une valeur importante dans la société, dans le courant
du 18ème siècle, mutation achevée fin 19ème.
Sur le plan religieux, Weber fait du travail la valeur morale suprême pour honorer Dieu, l’éthique
protestante suppose de travailler sans relâche (et d’accumuler) comme une vocation divine.
Sur le plan économique, le changement radical est l’idée de la valeur­travail :
­le travail est source des richesses chez les classiques (avec la critique du travail improductif de
l’aristocratie notamment chez Ricardo), ce qui justifie la nécessaire liberté du travail pour assurer la
liberté des échanges vue comme source de la prospérité économique.
­c’est une valeur socialiste également (Marx, le travail est l’expression même de l’humanité), même
si   la   condition   prolétaire   est   dénoncée :   le   travail   désaliéné   doit   permettre   une   libération   de
l’homme.
1­2 Classifier…
1­2­1 Des individus aux groupes sociaux.
La   tradition   sociologique   reconnaît   généralement   trois   niveaux :   individus,   groupes   (classe ?),
société (nation ?), et place le groupe social en position d’interface entre l’individu et la société.
•On peut définir minimalement le groupe social :
­d’abord,   les  comportements  particuliers   et   repérables   d’individus,   qui   produisent   à   certains
moments et dans certaines circonstances de la ressemblance. On peut donc cerner des régularités
sociales.
­ensuite,   le   groupe  social   bénéficie   d’une  reconnaissance  interne   et  externe :  sa  reconnaissance
sociale   passe   aussi   bien   par   la   conscience   d’appartenance   des   personnes   membres   que   par   la
signification  qu’en  donnent   les  non  membres.  Toutefois  cette   existence  interne  et  externe  peut
prendre des formes multiples. Par exemples, différents cadres, conscients d’appartenir au groupe
social des cadres ne donneront pas nécessairement la même explication à cette appartenance. Pour
les uns c’est le prestige qui l’emportera, pour d’autres le niveau de vie , pour d’autres encore le
pouvoir et les responsabilités…
­le groupe social est délimité et peut parfois être saisi par les statistiques. Il devient dès lors possible
de mesurer les groupes sociaux, donc de les comparer et de suivre leurs évolutions. Ce chiffrage
ouvre simultanément sur une autre perception des groupes sociaux, non plus par tel ou tel caractère
particulier mais par le poids social relatif
Le groupe social est alors caractérisé selon des critères scientifiques ou politiques. Il faut choisir les
critères de délimitation, ce qui peut résulter de rapports de force dans le champ scientifique mais
plus généralement social (ex : pauvreté ?). Le groupe social est alors la traduction institutionnelle de
forces agissantes qui ont des objectifs différents.
=>   une   fois   identifié,   le   groupe   social   peut   faire   l’objet   d’une   politique,   par   exemple   de
redistribution.
 1­2­2 Des groupes fondés sur le travail   ; les CSP et les PCS.
Le salaire (et donc type de travail) est la principale composante de l’inégalité des revenus même si
d’autres éléments sont à prendre en compte.
•Les préoccupations de classification sont anciennes, et les recensements fournissent une source
essentielle de l’analyse sociale en France.
­les   première   classifications   au   19ème  siècle   établissent   des   distinctions   selon   les   traditionnels
métiers mais pas selon la catégorie salarié / non salarié ou selon l’emploi public / privé.
­elles sont progressivement affinées avec la différenciation des métiers, les conventions collectives,
l’amélioration   de   l’appareil   statistique :   différenciation   du   salariat   (différents   types   d’ouvriers,
catégorie nouvelle des employés…)
•La   nomenclature   française   faite   par   l’INSEE comprend   les   CSP   (1954)   puis   les   PCS   (1982).
Objectif :  “classer  l’ensemble  de  la  population  en  un nombre  restreint  de  catégories   présentant
chacune une certaine homogénéité sociale”.
Le critère principal est la profession associée à des éléments de statut social (qualification, diplôme,
position   dans   la   hiérarchie,   public/privé)…   C’est   une   nomenclature   multidimensionnelle   et
partiellement hiérarchisée.
C’est  un outil   très   largement  utilisé   pour les  politiques  publiques,  les   études  de  comportement
(électorat,   marketing…),   les   enquêtes   sociologiques,   avec   des   séries   statistiques   longues   et
standardisées offrant une possibilité d’objectiver en France les inégalités socioprofessionnelles.
CCL : quel lien avec les classes ?

2-Les classes sociales.


2­1 L’analyse marxiste des classes sociales.
2­1­1 Une analyse et un projet.
•L’œuvre de Marx est à la fois une analyse économique et un projet de société, avec une forte
dimension militante. Ses idées sont liées à un courant politique puissant, sans doute suscité par la
constatation des conditions sociales parfois effroyables des débuts du capitalisme. En fait, comme le
souligne Phelps, le capitalisme a suscité beaucoup d’oppositions et « avec le recul, il apparaît que
le thème majeur du courant classique et néoclassique en économie politique a été son approbation
prudente,   constamment   réexaminée   tout   au   long   de   ces   deux   siècles,   de   l’éthique   capitaliste
bourgeoise ».
1818 : naissance à Trêves.
1841 : docteur en philosophie.
1848 : témoin des révolutions qui secouent l’Europe,  Manifeste du parti communiste avec Friedrich
Engels, qui restera toute sa vie un très proche compagnon et un mécène (par ailleurs employé d’une
filature familiale à Manchester…).
1849 : expulsé de partout, installation à Londres.
1864 : création de la 1ère  Internationale (Association Internationale des Travailleurs), par exemple
pour des collectes de solidarité avec les grévistes.
1867 : premier volume du Capital.
1871 : étudie la Commune dans La guerre civile en France.
1875 : s’oppose aux idées présidant à la naissance du SPD dans Critique du programme de Gotha.
1883 : meurt l’année ou naît Keynes.
1891 : 2ème Internationale, parfois réformiste, dissoute dans la Première guerre des unions sacrées.
1919 : 3ème Internationale communiste et moscovite.
•Marx critique le socialisme “utopique“ (Robert Owen, Charles Fourier) qui se cantonne selon lui à
une critique morale du capitalisme et à l’impossibilité de créer des îlots de socialisme. Il faut faire
une analyse scientifique du capitalisme, beaucoup plus développée d’ailleurs dans son œuvre que la
description de la société communiste.
2­1­2 Une philosophie de l’Histoire et du capitalisme.
Karl MARX et Friedrich ENGELS, L’idéologie allemande, 1845
•Formé à la philosophie allemande, notamment hégélienne, Marx a des points communs avec  une
école historique puissante qui accorde une grande importance aux démarches inductives partant de
l’observation   du   réel,   à   l’encontre   des   lois   naturelles   de   l’économie   anglaise,   fondées   sur   une
démarche hypothético­déductive. Ainsi sont mises en avant des spécificités nationales (comme chez
List   et   son  Système  national  d'économie   politique),   avec   une   influence   plus   tard   sur   les
institutionnalistes.
•Marx   fonde   une   théorie   générale   de   l’histoire   appelée  matérialisme   historique.   Selon   elle,   la
structure   économique   (ou  infrastructure)   d’une   société   détermine   la  superstructure  (les   formes
juridiques, politiques, religieuses…). L’infrastructure dépend des forces productives (techniques,
main d’œuvre…) et des rapports sociaux de production (c’est­à­dire des conditions dans lesquelles
les hommes entre en relation pour produire dans la cadre de la division du travail, qui toujours
existé) qui se nouent dans ce cadre. Par exemple, « le moulin à bras nous donnera la société avec le
suzerain, le moulin à vapeur, la société avec le capitaliste industriel » (Misère de la philosophie).
La combinaison des forces productives et des rapports de production dominants forme un  mode
production.   Celui­ci   évolue,   au   gré   notamment   du   développement   de   forces   productives   qui
deviennent incompatibles avec les rapports sociaux de production existants, dialectique entraînant
alors   une   époque   de   révolution   sociale.   Plusieurs   modes   de   production   se   succèdent :   antique,
féodal, capitaliste, puis communiste ?
Ainsi,   le   long   processus   d’“accumulation   primitive“   s’étalant   du   Moyen   Age   à   la   Révolution
industrielle   (par   exemple   avec   le   grand   commerce)   est   en   fait   l’émergence   des   conditions
nécessaires à la naissance du capitalisme. L’ordre social de l’Ancien Régime est remplacé par un
nouveau rapport social de production : le  salariat, qui correspond à la marchandisation du travail,
cas particulier de la marchandisation du monde que dénonce Marx.
•Marx   admire   les   réalisations   du   capitalisme   et   montre   une   fascination   pour   la  bourgeoisie,
véritablement révolutionnaire car créatrice de forces productives (progrès technique, transports…)
« plus colossales que l’avaient les générations passées prises ensemble » et qui ont accouché du
capitalisme. La bourgeoisie a détruit les relations féodales (suscitant une interprétation marxiste de
la révolution française), le succès économique effaçant la légitimité historique et le rôle militaire de
la noblesse.
Plus encore, la bourgeoisie est à l’origine d’un mouvement d’extension sans fin du capitalisme,
fondée sur l’innovation et la concurrence (ce qui a beaucoup influencé Schumpeter).
Enfin, selon Marx, elle est au pouvoir puisque l’Etat est aux mains de la classe dominante. Dans le
cas de la France, le suffrage censitaire jusqu’en 1848, le poids des professions libérales sous la IIIè
République, le rôle des notables industriels (de Carmaux à de Wendel en passant par les Périer)
montrent le poids politique de la bourgeoisie.
2­1­3 Exploitation et lutte des classes.
•Un de ses principaux concepts philosophiques, avant même son analyse économique, est celui
d’aliénation : c’est un processus de dépossession, qui peut­être religieux (créer une mystification
hors de l’homme) ou par le travail.
Le travail est au cœur de l’humanité, condition de l’existence de sociétés humaines. Mais l’homme
capitaliste est rendu étranger à lui­même par le travail qui n’est pas « la satisfaction d’un besoin
mais seulement un moyen de satisfaire des besoins en dehors du travail » (Manuscrits de 1844). Le
travail dans la société capitaliste n’est pas une manifestation de la personnalité humaine, avec une
forme   particulière   d’aliénation :   le   producteur   est   rendu   étranger   au   produit   de   son   travail   qui
appartient à son employeur.
•L’analyse   proprement  dite   du fonctionnement  du  capitalisme   est  faite  dans  Le Capital,  œuvre
maîtresse, autour de la question du salariat et de sa rémunération.
Il se place dans la lignée classique en adhérant à la valeur­travail. Mais celle­ci est réinterprétée, en
considérant que le travail est la substance de la valeur (au­delà de sa grandeur). Il ne distingue que
deux types de revenus, ceux du travail salarié et ceux des propriétaires de moyens de production (ou
capital, lui­même issu d’un travail antérieur) appelés “plus­value“.
Le raisonnement est le suivant : la valeur de la marchandise force de travail est comme pour les
autres marchandises le temps de travail nécessaire à sa production. Il s’agit en fait de reproduction,
effectuée à travers la consommation de diverses marchandises (alimentation, logement…) qui forme
un “panier de subsistance“ [idée assez proche du salaire de subsistance de Ricardo].
La “plus­value“ vient de l’écart entre la valeur créé par le travail des salariés et la valeur de leur
force de travail (c’est­à­dire la valeur des biens nécessaires à la reproduction de cette force) qui leur
est payée sous forme de salaire. C’est ce que Marx appelle l’exploitation, reposant sur une base non
pas   juridique   (comme   dans   la   société   féodale)   mais   sur   l’inégale     possession   des   moyens   de
production. 
•En fait, les modes de production (antique, féodal, capitaliste) qui se sont succédés dans l’histoire
ont toujours été marqués par le caractère antagonique des rapports de production. Les conditions
dans lesquelles les hommes entrent en relation pour produire sont inégales (par exemple patriciens
et esclaves, possession on non des biens de production …), et génèrent un conflit. Dans le cas du
capitalisme, on peut distinguer deux catégories selon la propriété :
­ceux qui possèdent des marchandises ordinaires, les capitalistes.
­ceux qui ne possèdent que la force de travail, et seulement cela, les travailleurs. Ils sont privés de la
propriété des moyens de production et donc dans l’incapacité d’utiliser eux­mêmes  leur propre
force   de   travail.   Mais   ils   sont   libres   de   contracter,   et   la   plus­value   est   conforme   aux   lois   de
l’échange.
Cette confrontation entre deux groupes est conflictuelle. La lutte des classes est donc inhérente à la
production,   il   s’agit   d’un  déterminisme   économique :   les   institutions   capitalistes   que   sont   la
propriété privée et le marché du travail engendrent des groupes d’intérêts rivaux.
Rq : les classes sont présentes chez les  classiques, définies  par l’origine  du revenu. Mais leurs
rapports ne sont pas pensés ainsi.
2­1­4 La classe sociale comme acteur.
Karl MARX, Le 18 Brumaire de Louis Napoléon Bonaparte, 1852
•On peut véritablement parler de classe si :
­objectivement, la position dans les rapports sociaux de production est similaire (classe en soi).
­subjectivement, il existe une capacité une conscience de classe, un sentiment d’appartenance, une
capacité d’action collective (classe pour soi). La mémoire du groupe, de ses luttes notamment, peut
constituer un ciment (du 1er mai au Mur des Fédérés). On est dans une perspective encore holiste.
­un   contre­exemple   est   celui   de   la   paysannerie   française   étudiée   à   la   suite   du   coup   d’état   de
Napoléon   III   (comme   beaucoup   d’événements   de   l’histoire   de   France).   Même   si   la   position
objective de ses membres créé de la ressemblance, elles n’agit pas du tout dans le sens d’une classe,
attachée à sa parcelle héritée de la révolution.
•Et les autres groupes sociaux ?
­les   groupes   précapitalistes   (paysans,   artisans)   vont   devoir   s’intégrer   aux   rapports   salariés   de
production (Marx a bien vu l’extension du salariat, malgré la persistance des indépendants).
­les professions intellectuelles et/ou libérales sont intégrées à la bourgeoisie : elles la légitiment
(scientifiques…), ou elles profitent de sa richesse en lui vendant des services (médecins…).
•Quelle influence sur les mouvements ouvriers ? Beaucoup de mouvements s’engagent dans une
voie réformiste, comme le trade­unionisme britannique et son expression Labour, ou le SPD.`

Le SPD est fondé en 1875 à Gotha. Dés le début, courant révolutionnaire et courant
réformiste de Lassalle (nationaliste, pour la conquête du pouvoir par le suffrage universel)
s’affrontent. Ainsi au Congrès d’Erfurt en 1891, sous l’œil du vieil Engels, des théoriciens
socialistes de premier plan comme Kautsky (révolutionnaire) ou Bernstein (contre les
“dogmes périmés ») s’opposent. Les réformistes militent pour la démocratie et les libertés
politiques en même temps que pour des avancées sociales. Les assurances bismarckienne
vont dans ce sens.
Il devient un parti de masse, au fort poids électoral (environ 1/3 des voix à la veille de la
guerre), mais aussi nationaliste pendant la Première guerre. La répression des spartakiste
par Weimar (dont le SPD), la scission du KPD comme ailleurs en Europe affaiblit beaucoup la
gauche allemande et facilite la montée du nazisme.
Après-guerre et après des hésitations, il devient nettement et franchement proeuropéen et
social-démocrate, position entérinée au Congrès de Bad Gotesberg en 1959 sous la houlette
entre autres de Willy Brandt et Helmut Schmidt.
La noblesse britannique a constitué un modèle pour Marx, au contraire des paysans
français
Elle n’a pas de privilèges fiscaux. Elle est hétérogène, de la nobility (qui compose la Chambre
des Lords) à la gentry très ouverte pou peu que l’on ait revenus fonciers nécessaires pour
mener une vie de gentleman. Ses contours ne sont pas une préoccupation de la Couronne.
La concentration des terres en d’immenses estates est fortement accentuée pendant tout le
18ème siècle et même ensuite. Vers 1870, ce sont environ 7000 familles qui possèdent les 4/5
du sol britannique autour de leur château, parmi lesquels quelques patriciens (duc de
Westminster…) possèdent ¼ des terres. La propriété foncière est alors également recherchée
par la bourgeoisie. Après une éducation dans les public schools et Oxbridge, l’aristocratie
contrôle une bonne partie de la Chambre des Communes et des portefeuilles ministériels, la
diplomatie, l’armée et la Navy.
Elle doit faire quelques concessions, comme l’abrogation des Corn Laws de 1846, sous la
pression d’un autre groupe social, celui des libéraux anglais représentant les hommes
d'affaires (notamment les industriels de Manchester John Bright et Richard Cobden et
Ricardo, député aux Communes). La longue campagne de l’Anti Corn Laws League met en
œuvre de gros moyens : brochures, journaux dont The Economist fondé en 1843, campagnes
électorales, réunions…
C’est seulement dans le dernier quart du siècle que ce pouvoir de l’aristocratie est ébranlé
sans disparaître. Les réformes successives (1832, 1867, 1884-1885 sous l’impulsion de
Gladstone) qui élargissent le suffrage font de la Chambre des Communes le cœur du pouvoir
dans la monarchie parlementaire.
Ainsi, l’aristocratie anglaise est un modèle conceptuel pour beaucoup d’auteurs.
-ce n’est ni une caste ni une création de la loi (état, corps…).
-elle a une unité économique mais aussi une unité politique avec la fusion presque parfaite
entre propriété foncière et pouvoir politique (sièges parlementaires mais aussi fonctions
administratives locales ou comtales).
-elle présente des attributs culturels et même linguistiques.

2­2 Une autre vision de la stratification : classes et statut selon Max Weber.
•Weber occupe une position intermédiaire en retenant trois niveaux de classification permettant de
définir des groupes d’individus partageant une dynamique probable (ou Lebenschancen, “chances
de vie“) sans qu’ils en soient nécessairement conscients. Ici, la classe est définie de l’extérieur, elle
est un nom plus qu’une chose réelle.
•Classifications :
­la  classe  est une réalité strictement économique, même si elle peut recouvrir les autres groupes
issus des autres critères.
Elle   rassemble   « un   certain   nombre   de   personnes   ont   en   commun   une   composante   causale
spécifique   des   chances   que   leur   offre   leur   vie ».   « Cette   composante   représente   exclusivement
l'intérêt   économique   de   la   possessions   des   biens   et   d'occasions   de   revenus ».   La   classe   est
davantage   une   somme   d’individus   qu’une   communauté,   car   il   n’y   a   pas   nécessairement   de
sentiment d’appartenance.
­le  groupe   de   statut  présente   l’originalité,   de   regrouper   des   individus   qui   ont   des   liens   extra
économiques et hors marché.
C’est   un   groupe   basé   sur   le   prestige,   l’honneur,   plus   généralement   sur   la  reconnaissance
intersubjective  d’une certaine position liée au métier, au style de vie (la domesticité par exemple
distingue la bourgeoisie), au type d’instruction, ou au prestige de la naissance (mais ce n’est pas un
groupe   de   droit   comme   dans   les   ordres   d’Ancien   régime),   aux   relations   sociales   sans   objectif
économique ou fonctionnel et souvent restreintes à certains cercles. Ces critères génèrent donc des
regroupements et même des ségrégations.
La condition statutaire peut reposer sur une situation de classe, mais ceux qui ont statut s’opposent
souvent aux "prétentions de la propriété", bref aux nouveaux riches qui n’ont qu’une possession
purement économique.
­le groupe défini par le pouvoir politique est distinct des deux précédents, éventuellement entre les
mains d’une bureaucratie et des partis politiques qui « habitent la maison du pouvoir ».
•A ce titre, les PCS seraient une catégorie plus wébérienne.
­le classement dépasse la profession et rassemble suivant une position sociale. Les PCS peuvent être
relativement   homogènes   de   ce   point   de   vue,   mais   pas   forcément   avec   une   existence   propre,
repérable et consciente. C’est très différent de la conception marxiste (position dans les rapports de
production fondés sur la propriété), même si les PCS se fondent sur des conventions collectives
issues de négociations entre partenaires sociaux.
­elles  peuvent  être cependant  très  hétérogènes,  dans le cas  des  cadres  (différences  entre cadres
dirigeants du privé et enseignants…) ou des indépendants (artisans comme PDG de son entreprise).
Il peut y avoir des relations  entre sous­groupes au­delà de leur appartenance à différentes CSP
(enseignants du primaire ou supérieur), élites (les cercles dirigeants n’apparaissent pas mais forment
un réseau).
 [tableau Bosc p. 60]

CONCLUSION. Les classes reflètent :
­des inégalités dans le système productif.
­mais  aussi des identités : temporelle (permanence d’une catégorie assez homogame), culturelle
(références symboliques, modes de vie) et collective (capacité d’action).

3-L’évolution de la classe ouvrière en France.


3­1 La France du 19ème siècle, pays industriel ?
 3­2­1 La tardive «    fin des paysans   ».
Henri MENDRAS, La fin des paysans, 1967
•D’abord, la France reste longtemps  un pays d’indépendants. Le salariat ne s’y diffuse donc que
lentement, puisque dans les années 1930 encore 1 actif sur 2 est son propre maître : paysans, mais
aussi artisans, boutiquiers…
•Les agriculteurs représentent la plus grosse part, à laquelle il faut ajouter les salariés agricoles,
mais qu’il ne faut pas confondre avec la population rurale.
­le pays fortement  rural  jusqu’à la Libération. La population urbaine l’emporte sur la population
rurale dans les années 1920 seulement, et l’industrie artisanale est très présente (avec par exemple la
persistance très longtemps des forges de village : l’industrialisation française est un grand musée où
se côtoient l’ancien et le nouveau).
­le pays reste fortement agricole et même agraire au sens où on peut parler de civilisation paysanne.
L’attachement à la terre reste fort, comme en témoigne la recherche du patrimoine foncier (par
exemple, grand mouvement d’acquisition des terres dans les années d’après Première guerre). Ces
valeurs sont partagées aussi bien par la Laïque que par l’Eglise. L’émiettement qui en résulte, lié
aussi à l’équipartage, ne favorise pas la modernisation.
•Ces catégories sociales sont protégées par l’Etat (notamment le parti radical, notamment le Sénat),
comme   incarnation   de   l’idéal   politique   d’une   démocratie   de   petits   propriétaires   hostiles   au
communisme (les “partageux“), comme France des “petits“ contre les “gros“ capitaliste, mais aussi
comme France malthusienne.
•C’est la deuxième moitié du 20ème siècle qui marque la fin de ce monde :
­les   exploitations   disparaissent   en   nombre,   ainsi   que   le   salariat   agricole.   L’agriculture   devient
productiviste, encadrée par la PAC, et très minoritaire en nombre. Elle reste néanmoins un secteur
stratégique en France.
­le monde agricole est très organisé (syndicats, mutuelles), très inégalitaire aussi, et confronté à des
changements d’orientation difficiles à mettre en œuvre.
­le changement civilisationnel est profond.
3­2­2 Les ouvriers, moins qu’ailleurs et plus divers qu’ailleurs.
Par conséquent, le poids numérique des ouvriers, et la puissance de leur organisation collective,
semblent moindre en France qu’ailleurs.
•La définition statistique est compliquée, même si c’est sur les ouvriers qu’on dispose des données
de longue période car au milieu du 19ème siècle la majorité des salariés sont des ouvriers.
­les recensements à partir de 1851 (le premier a lieu en 1801) comportent quelques données sur la
profession. Celles­ci sont précisées nettement à partir du recensement e 1896 puis avec les CSP
après la Seconde guerre mondiale.
­la catégorie “ouvrier“ reste difficile à cerner car elle est souvent imbriquée avec le monde rural. La
transformation des ouvriers­paysans en ouvriers d’usine est lente, le travail à domicile et saisonnier
reste   longtemps   important   (proto­industralisation).   Des   travailleurs   des   services   partagent   les
conditions de vie ouvrières mais ne sont pas comptabilisés, comme les métiers urbains (tramways,
compagnies de gaz, entrepôts) et de plus en plus les cheminots. De plus, les ouvriers agricoles
restent nombreux jusqu’à 1945.
En chiffres : 30% de la PA au début du 20ème siècle, auxquels plus de 10% d’ouvriers agricoles (en
plus des 30% d’agriculteurs exploitants).
•Le   monde   ouvrier   reste   très   divers,   en   fonction   des   qualifications,   des   secteurs   et   du   type
d’entreprise, mais évolue nettement dans le dernier quart du 19ème siècle.
Ainsi,   les   “gens   de   métier“   ne   sont   pas   les   “gens   de   peine“ :   la   déqualification   liée   à   la
rationalisation du travail n’élimine pas les ouvriers qualifiés, notamment dans les secteurs du luxe
ou demi luxe spécialité française.
De même, l’atelier n’est pas l’usine et nombre d’ouvriers travaillent dans des petites structures. Peu
nombreux sont les prolétaires idéaux de la théorie, dans les mines et la sidérurgie par exemple. 
Enfin, la féminisation croissante du monde ouvrier (plus qu’ailleurs) concerne certaines spécialités
suivant une division sociale du travail (textile, agro­alimentaire notamment). La présence de plus en
plus importante d’immigrés (Belges, puis Italiens et Polonais) souvent dans les tâches les moins
qualifiées génèrent de la xénophobie ou de l’antisémitisme (contre par exemple les Juifs d’Europe
de l’Est dans la confection à Paris).
•D’autres facteurs jouent plutôt dans le sens d’un rapprochement :
­la concentration géographique se renforce, en gros dans le quart nord­est plus Lyon et alentours et
quelques îlots du Tarn au Creusot… Cela joue en faveur du développement d’une identité ouvrière.
­la condition ouvrière est partagée : travail manuel, mode vie précaire tourné vers la reproduction de
la force de travail, clôture spatiale et sociale, bref sous l’empire de la nécessité. Logement insalubre,
maladies… diminuent l’espérance de vie (à Bordeaux en 1913, 11 ans de moins qu’un bourgeois).
Le monde ouvrier est mal intégré à la société et relativement enfermé.
=> organisation pour donner naissance à une classe ?
3­2 Emergence et développement de la classe ouvrière.
Gérard NOIRIEL, Les ouvriers dans la société française, 19ème – 20ème siècle, 1986
3­2­1 La naissance des organisations ouvrières en France.
La   plupart   des   organisations   ouvrières   pérennes   naissent   au   tournant   du   siècle,   marquant   une
institutionnalisation du mouvement. Mais dés le départ, la division s’inscrit durablement, entre un
syndicalisme révolutionnaire et une action partisane réformiste.
•Le   syndicalisme   s’organise   d’abord   autour   des   Bourses   du   Travail   («services   de   mutualité,
d'enseignement   et   de   propagande»   interprofessionnels   à   l’échelle   d’une   ville)   dont   le   premier
congrès a lieu en 1892 sous l’égide de Fernand Pelloutier. La CGT naît ensuite en 1895, mais les
effectifs   restent   faibles,   peut­être   350.000   adhérents   en   1906   (taux   de   5% ?)   à   comparer   aux
4 millions des TUC. La théorie marxiste ne pénètre qu’une partie de ce monde divers.
Ces   mouvements   développent   un   syndicalisme   révolutionnaire,   mais   aussi   œuvrent   à   l’action
quotidienne en attendant la grève générale et le Grand soir. L’action locale est donc fondamentale,
en   utilisant   l’arme   de   la   grève   qui   reste   très   mal   acceptée   par   le   patronat.   Les   mineurs   sont
particulièrement   organisés,   à   la   fois   marxistes   et   réformistes,   et   obtiennent   les   premiers   des
avancées sociales.
Le syndicalisme révolutionnaire reste coupé de la lutte parlementaire dont il se méfie : la préférence
proudhonienne   et   sans­culotte   va   à   la   démocratie   directe,   les   libertés   sont   déjà   acquises   et   ne
requièrent pas une lutte, l’Etat est bourgeois.
•Le   socialisme   réformiste   et   républicain   profite   de   la   démocrate,   joue   le   jeu   de   l’action
parlementaire et s’inscrit dans l’héritage des valeurs de 1789, pour une République sociale et pour
la défense républicaine. La SFIO naît en 1905.
3­2­2 Croissance et apogée de la classe ouvrière.
L’entre­deux guerre marque l’essor de la classe ouvrière qui devient une grande figure sociétale.
Les effectifs syndicaux augmentent considérablement en 1919­1920, baissent dans les années 1920,
puis explosent en 1936­1937. Cet essor marque la naissance véritable de la classe ouvrière qui
devient une grande figure sociétale après la Seconde guerre mondiale.
•Le poids numérique augmente : plafonnement à 38% de la PA (8 millions) à la fin des années 1960
ce qui fait des ouvriers le principal groupe. Cette évolution générale est la  même dans les autres
pays, avec des niveaux différents cependant.
•Le groupe présente les attributs d’une classe.
­une organisation institutionnelle puissante : les syndicats sont à leur apogée (entre 15% et 25% des
salariés dans les Trente Glorieuses, encore une fois moins qu’ailleurs), le PCF est le “parti des
fusillés“ et le premier parti de France (25% de l’électorat).
Ex des bastions de la CGT comme l’atelier n°10 de Billancourt, où le secrétaire général Georges
Séguy   vient   en   mai   68   rendre   compte   des   négociations   de   Grenelle,   et   qu’il   ne   faut   pas
« désespérer ».
­il   existe   une   culture   ouvrière   spécifique   :   lieux   de   sociabilité   (bistrot,   foot),   habitat   regroupé
(toujours forte ségrégation, comme dans la “ceinture rouge“ parisienne), mémoire collective (la
Commune)   et   fêtes   (1er   mai…),   journaux   (l'Humanité),   loisirs   (les   colonies   de   vacances,   les
Jeunesses communistes ou les JOC).
=> l’ensemble forme un capital culturel et symbolique permettant une identification positive.
•Les conditions de vie s’améliorent nettement : élévation des salaires direct et indirect, accès au
logement salubre et à une consommation qui n’est plus majoritairement alimentaire, poursuite d’une
tendance séculaire à la diminution du temps de travail, bref, intégration dans la société.
[en gros, le temps de travail par an a été divisé par deux (et plus encore sur une vie) depuis la
Révolution industrielle. Le début du 19ème siècle a été marqué par une forte augmentation du temps
de travail, dans une croissance assez extensive, avec la suppression des très nombreux jours fériés
religieux  “médiévaux“,  l’électricité…  Puis les  premières  lois  restreignant  la  “liberté“  du travail
portent sur les enfants (1841)].
=> l’action revendicatrice devient donc de plus en plus réformiste.
3­3 Le déclin statutaire de la classe ouvrière.
Stéphane BEAUD et Michel PIALOUX, Retour sur la condition ouvrière, 2000
La classe ouvrière très touchée par la crise :
•Un déclin numérique absolu lié à la désindustrialisation, et un fort taux de chômage qui est une
menace permanente. Ceci se traduit par la perte de certains bastions traditionnels (comme la Loire)
et de certains forteresses (sidérurgie).
Ex de certains sites ouvriers transformés en musées de l’industrie (mines), ou reconvertis dans la
modernité urbaine (Modern Tate).
•La fin de l’augmentation rapide des niveaux de vie, qui limite les espoirs de mobilité sociale et de
rattrapage des autres. C’est très net dans une perspective dynamique, approchée par la mesure du
nombre d’années que mettrait un ouvrier à atteindre le salaire d’un cadre une année donnée, compte
tenu de la croissance du salaire ouvrier cette année­là.
­dans les Trente Glorieuses, où l’écart salarial allait de 1 à 4 : entre 30 et 40 ans.
­actuellement, avec un écart réduit et stabilisé depuis les années 1970 à 1 à 2,5 : de 150 à 300 ans,
car les salaires ouvriers croissent très lentement (0,5% par an). Les écarts sont moins franchissables
dynamiquement, et disparaît ainsi la perspective d’atteindre en une vie ce que l’on voit dans les
catégories salariales les plus favorisées.
•De nouvelles formes d’organisation du travail limitent les capacités d’action collective.
Ex de l’usine PSA de Sochaux et des sous­traitants étudiés par Beaud et Pialoux. Les usines sont
plus automatisées, les tâches et les salaires plus individualisées, générant plus de concurrence et
moins   de   solidarité.   De  plus,   les   horaires   flexibles   limitent   les   possibilités   de   sociabilité   et   de
solidarité. Les usines sont moins grandes et une partie de la main d’œuvre est chez les sous­traitants
dispersés, avec beaucoup de jeunes travailleurs sous contrat précaire, payés au SMIC sans beaucoup
d’horizon. dans l’ensemble, l’entreprise est moins intégratrice, avec une moins bonne transmission
de la mémoire ouvrière.
=> perte de la  conscience de classe  qui pouvait exister auparavant mais travail ouvrier maintenu
dans de nombreux métiers, notamment tertiaire (22% des actifs sont ouvriers, 29% employés soit la
moitié des actifs dans un travail d’exécution).
•Ainsi, le paradoxe est que – même si les conditions de vie sont bien meilleures qu’au 19 ème siècle ­
la question ouvrière demeure. Les catégories populaires (ouvriers et employés, forme d’“ouvriers du
tertiaire“) représentent la moitié de la population active.
Mais la représentation politique et syndicale est nettement affaiblie, la capacité d’action collective
et la conflictualité en baisse.
­la représentation politique traditionnelle est en chute libre (PCF), ce qui se traduit par le vote FN
ou le non­vote. Le terme  “ouvrier“ dans  le champ médiatique  a d’ailleurs  reculé au profit des
“opérateurs“ et autres “collaborateurs“.
­la syndicalisation est en constant déclin depuis les années 1970, et n’est plus tellement ouvrier :
pour un taux global de 8%, seul 6% des ouvriers et employés du privé sont syndiqués, mais 13% du
secteur public et notamment 40% à Bercy et presque 30% au MEN.
Le taux est toujours parmi les plus faibles des pays de l’OCDE : on trouve encore 15% aux EU,
25% au Japon, 30% en Allemagne et en GB. Les pays scandinaves sont un cas particulier avec des
taux   supérieurs   à  80%,  mais   où  la  syndicalisation  peut   être   nécessaire  pour  accéder   à   certains
services   (formation   professionnelles,   indemnisation   du   chômage   ou   des   grèves…)   et   dans   des
sociétés   habituées   aux   négociations   centralisées   et   aux   compromis   nationaux   très   différents   de
l’action décentralisée de la base “dure“ en France.
­les conflits sociaux sont de moins en moins nombreux, souvent concentrés dans les entreprises ou
le secteur public, derniers bastions syndicaux (SNCF par exemple). Le nombre de journées de grève
décline.

CCL :   actuellement,   le   constat   de   moyennisation   est   plutôt   contestable   dans   les   pays   les   plus
libéraux. Shrinking middle class?