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Rédigé par :

Mouhamadou KA

Professeur au Lycée Cheikh Oumar Foutiyou TALL de Saint-Louis

Saint-Louis, Septembre 2008

1
1. METHODE DE RAISONNEMENT PAR RECURRENCE

Exemple 1 :
n(n + 1) (2n + 1)
Soit à démontrer la propriété : (1) 1² + 2² + 3² + …..+ n² = ∀ n ∈ ℕ*,
6
a) Remarquons d’abord que cette propriété est vraie pour n = 1, car alors le membre de
1×2×3
gauche est égal à 1² = 1 et celui de droite à =1.
6

b) Supposons que la propriété est vraie pour un entier k, c’est-à-dire que :


k(k + 1) (2k + 1)
(2) 1² + 2² + 3² + …..+ k² = .
6
Montrons alors qu’elle est vraie pour n = k + 1. En effet, d’après (2) :
k(k + 1) (2k + 1)
1² + 2² + 3² + …..+ k² + (k + 1)² = + (k + 1)²
6
k (2k + 1)   2k² + 7k + 6 (k + 1)(k + 2) (2k + 3)
= (k + 1)  + (k + 1) = (k + 1)  = (3) .
 6   6  6
(3) est identique à (1) avec n = k + 1.
Ainsi, on a démontré que:
(3) Si la propriété est vraie pour n = k, alors elle est vraie pour n = k + 1.

c) Or (1) est vraie pour n = 1, donc d’après (3) avec n = 1 , elle est vraie pour n = 2.
Donc, d’après (3) avec n = 2, elle est vraie pour n = 3.
Donc, d’après (3) avec n = 3, elle est vraie pour n = 4…...
En continuant ce raisonnement, on voit que la propriété (1) est vraie pour tout entier naturel n.

De manière générale, nous admettrons le principe suivant, appelé principe de récurrence :

Soit à démontrer une propriété (Pn) dépendant de l’entier naturel n.


(a) Si on démontre qu’elle est vraie pour une certaine valeur n = n 0 ,
(b) Et si on démontre que dès qu’elle est vraie pour n = k, alors elle est
vraie pour n = k + 1
(c) Alors, on peut conclure qu’elle est vraie pour n ≥ n0.

Exemple 2 : Démontrer que : ∀ n ≥ 1 , 7 divise 2n + 1 + 32n ― 1.


N.B. On dit que l’entier k divise l’entier n (notation : k | n) si et seulement si :
il existe un entier p tel que : n = k × p.
(a) pour n = 1, 22 + 31 = 7 = 7 × 1 et 7 | 7 , donc la propriété est vraie.
(b) Supposons qu’elle est vraie pour n = k, c’est-à-dire que : 7 | 2k + 1 + 32k ― 1.
Il existe donc un entier p tel que 2k + 1 + 32k ― 1 = 7p (∗).
Alors, 2k + 2 + 32k + 1 = 2(2k + 1) + 9 × 32k ― 1. D’après (∗), ceci est égal à :
2(7p ― 32k ― 1) + 9 × 32k ― 1 = 14p + 7 × 32k ― 1 = 7 (2p + 32k ― 1).
Donc, 2k + 2 + 32k + 1 est aussi un multiple de 7.
On en conclut que : ∀ n ≥ 1 , 7 divise 2n + 1 + 32n ― 1 .

2
Exercices : 1. Démontrer par récurrence les propriétés suivantes :
k n
n²(n + 1)² n(2n  1)(7 n  1)
b) n   ,

a) 13 + 23 + … + n3 =
4  n  k  ² 
k 1 6
p n
d) n   ,

n
c) ∀ n ≥ 5 : 2 ≥ n² 
p 1
p  p !  (n  1)! 1.

p n p n
n(n  1)(n  2)
e) n  ,  (2 p  1)3  (n  1)2 (2n2  4n  1). f) n   ,  p  ( p  1)  .
p 0 p 1 3
k n
1 cos  (n  1)  sin( n ) 
g) n  ,  sin ²k  2  n   . h) ∀ n ∈ ℕ, 11 divise 3
2n + 2
+ 36n + 1.
k 0  sin  
d n
i) 25 divise 72n + 23n ─3
× 3n ─ 1 j) (x ─ y) divise (xn ─ yn) k)
dx
 x  = nxn ─ 1.

2. Démontrer que, si 10n + 1 est divisible par 9, alors (10n + 1 + 1) est divisible par 9. Peut-on en conclure que,
pour tout n de ℕ, 10n + 1 est divisible par 9 ?

2. GENERALITES SUR LES SUITES


2.1 Définition : Une suite numérique est une application u d’une partie A de ℕ vers R.

u : A → R (A ⊂ ℕ).
L’image u(n) d’un entier n ∈ A par u est notée un (notation indicielle).
La suite elle-même est notée (un) n ∈ A .

Remarque :
 Ne pas confondre :
─ la suite (un) qui est une application ;
─ le terme de rang n, un qui est un réel ;
─ {un , n ∈ ℕ}, ensemble des valeurs de la suite.
 Certaines suites ne sont définies qu'à partir d'un certain rang, comme par exemple :
1
un  définie pour n ℕ*. vn  n 3 définie pour n ≥ 3.
n
Notons que le domaine de définition est nécessairement du type  n0,  = ensemble des
entiers n tels que n ≥ n0,où n0 ℕ.

2.2 Modes de définition d’une suite


Une suite peut être définie de deux manières :
∙ Suite définie en fonction du rang n (définition explicite) :
(─ 1)n 1 1
Exemple : un = , pour n ≥ 1. On obtient : u1 = ─ 1 ; u2 = ; u3 = ─ etc …
n 2 3
Exercice : 3. Calculer les six premiers termes de la suite (un) dans chacun des cas suivants :
(─ 1)n n nπ
a) un = 2n ─ 3n ─ 1 ; b) un = ; c) un = d) un = (─1)n cos .
n n+1 3

3
∙ Suite définie par une relation de récurrence :
 u0  2
Exemple 1 : 
un 1  un (1  un )
On obtient : u1 = u0 (1 ─ u0) = ─ 2 ; u2 = ─ 6 ; u3 = ─ 42 etc….
 u0  1 u1  1
Exemple 2 :  (Suite de FIBONACCI)
un  un1  un 2 n  2
On obtient : u2 = 1 + 1 = 2 ; u3 = 2 + 1 = 3 ; u4 = 3 + 2 = 5 ; u5 = 5 + 3 = 8 etc….
(Chaque terme est la somme des deux précédents).

Exercices :
4. Calculer les six premiers termes de la suite (un) dans chacun des cas suivants :
2x ─ 5 1
a) u0 = 9 ; un+1 = f(un), avec f(x) = x + 1 b) Pour tout n de ℕ*, un+1 = 2un + u , avec u0 = 1 et u1 = 1.
n─1

5. Soit (un) la suite définie par : u0 1 ; u1 2 et un2 5un1 6un pour tout n ≥ 0.
n
Démontrer que un 2 pour tout entier n.

2.3. Sens de variation d’une suite


2.3.1 Définition
Soit un) n ∈ A une suite de nombres réels. On dit que :
La suite (un) est croissante (à partir du rang n0) lorsque un ≤ un + 1 pour tout entier n ≥ n0.
La suite (un) est décroissante (à partir du rang n0) lorsque un ≥ un + 1 pour tout entier n ≥ n0.
La suite (un) est monotone (à partir du rang n0) si elle est croissante ou décroissante (à partir
du rang n0).
La suite (un) est stationnaire lorsque un = un + 1pour tout n ≥ n0. (Constante si (un) est définie
à partir du rang n0).

N.B. On définit la stricte croissance (ou décroissance) à l'aide de l'inégalité stricte un < un + 1
(un > un + 1).

2.3.2 Méthodes
Pour vérifier qu'une suite est croissante (ou décroissante), on peut :
a) calculer, pour tout indice n, la différence de deux termes consécutifs un + 1 ─ un. Si on
obtient une quantité positive, alors la suite (un) est croissante. Si on obtient une quantité
négative, alors la suite (un) est décroissante.
Si on obtient une quantité de signe variable alors la suite n'est ni croissante, ni décroissante.

Exemple : un 2n sin n.


Étudions, pour tout entier n, le signe de la différence de deux termes consécutifs :
un + 1 ─ un2(n 1) sin(n 1) 2n sin n 2 sin(n 1) sin n
Or 1 ≤ sin(n + 1) ≤ 1 et 1 ≤ sin n ≤ 1, donc 2 ≤ sin(n 1) sin n ≤ 2,
par conséquent : un + 1 ─ un ≥ 0 : la suite (un) est donc croissante.

b) Si on sait que la suite (un) est à termes strictement positifs, et seulement dans ce cas, on
un+1 un+1
peut comparer le quotient de deux termes consécutifs à 1. Si est supérieur ou égal à
un un

4
un+1
1, pour n ≥ n0, alors la suite (un) est croissante à à partir du rang n0. Si est inférieur ou
un
égal à 1, pour n ≥ n0, alors la suite (un) est décroissante à à partir du rang n0.
2
2n un+1 2n n²  n 
Exemple : un  . On a : = × =2×   .
n² un (n + 1)² 2n  n 1 
Cherchons s’il existe des valeurs de l’entier n pour lesquelles ce quotient est supérieur à 1 :
2
un+1  n  1  n  1
≥1⇔   ≥ ⇔  ≥ ⇔ 2 n ≥ n + 1 ≥ ( 2 ─ 1)n ≥ 1, et puisque
un  n 1  2  n 1  2
1
2 ─ 1 est un réel positif, ceci équivaut à : n ≥ ⇔ n ≥ 2 + 1 . Or, n est un entier ;
2 ─1
cette dernière condition signifie que n ≥ 3
un+1
Ainsi : le quotient est supérieur ou égal à 1 si et seulement si n est supérieur ou égal à 3.
un
Comme le suite (un) est à termes positifs, il vient un+1 ≥ un pour n ≥ 3.
La suite (un) est donc croissante à partir du rang n = 3

2.3.3 Cas des suites du type un (n) :


Théorème : Où l'on utilise une fonction associée
Soit (un) la suite définie par un (n) où est une fonction définie sur un intervalle du type
[a ; +[ où a R+.
Si la fonction est monotone sur [a ; [ alors la suite (un) est monotone sur  E(a)1; 
et possède le même sens de variation que .

Démonstration :
Supposons croissante sur [a ; [. (Les autres cas se prouvent de manière analogue).
Pour tout n [E(a) 1 ; [, on a alors : un + 1 ─ un (n 1) (n) > 0
Donc (un) est croissante sur [E(a) 1 ; [.

Exercice : 6. Etudier le sens de variation de la suite (un) dans chacun des cas suivants :
─ 3n + 4 (1,1)n
a) un = ─ 3n² + 20n + 100 b) un = c) un = 7 .
n+2 n
d) un+1 = 3un ─ 2 un ─ 1 , u0 = 1, u1 = 2. e) 2un+1 = un + un ─ 1 , u0 = 0, u1 = ─ 3.

2.4 Suites bornées


Définition :
On dit que la suite (un) n ∈ A est :
 majorée s’il existe un réel M tel que, pour tout n de A, un ≤ M.
 minorée s’il existe un réel m tel que, pour tout n de A, un ≥ M
 bornée si et seulement si elle est majorée et minorée.
Remarque : La suite (un) n ∈ A est bornée s’il existe un couple (m, M) de réels tel que, pour
tout n de A, on a : m ≤ un ≤ M.

(─ 1)n + sin n
Exemples : 1°) Soit (un) la suite définie par : un = . On a ─ 2 ≤ (─ 1)n + sin n ≤ 2

et

5
1
0≤ ≤ 1 pour n ≥ 1. D’où : ─ 2 ≤ un ≤ 2. La suite est bornée.

n
1 1 1
2°) Soit (un) la suite définie par : un =  =1+ + ….+ .
k 1 k ²
2² n²
1 1 1 1
Montrons que (un) est majorée par 2. On peut remarquer que : ≤ = ─ .
k² k(k ─ 1) k k ─ 1
n n
1  1 1 1 1
D’où un = 1 +  ≤ 1 +    = 1 + 1 ─ = 2 ─ < 2.
k 2 k ² k 2  k  1 k 
n n

Exercices :
7. Montrer que la suite (un) n ∈ A est bornée si et seulement si il existe un réel positif A tel que pour tout n de A,
on a : |un| ≤ A.

 u0  16
8. Soit (un) la suite définie par : 
un 1  un
Démontrer par récurrence que cette suite est décroissante.

9. Soit la suite (un) définie sur  par : ( u0 = 0 et pour tout entier naturel n, un+1 = 2 + un ).
a) Calculer les 4 premiers termes de la suite. Donner une valeur approchée à 10─ 2 près pour chacun des réels :
u1, u2 et u3.
b) Démontrer que cette suite est strictement monotone.
c) Démontrer que cette suite est majorée par 2.
d) En déduire qu’elle est bornée.
e) Soit la suite (vn) définie sur  par : ( v0 = 2 et pour tout entier naturel n, vn+1 = 2 + vn ).
Démontrer que cette suite est constante.
1
10. On considère la suite u définie sur  par : un = 2n + n .
a) Soit M un réel quelconque. Il existe au moins un entier naturel non nul n0 tel que l’on a : n0 > M.
Justifier que l’on a alors l’inégalité : un > n0.
0

b) En déduire que un > M, puis que la suite (un) n’est pas majorée.
0

 11
 u0  8; u1 
2
11. On considère la suite (un) définie sur ℕ par : 
n   , u  3un  un 1
n 1
 2
a) Calculer les les 4 premiers termes de la suite.b) Démontrer que cette suite est strictement monotone.
5
c) Montrer par récurrence que : ∀ n ∈ ℕ, un = 3 + n . d) En déduire que la suite (un) est bornée.
2

2.3 Suites périodiques


Définition :
Soit p un entier naturel non nul. On dit que la suite (un) n ∈ A est périodique de période p si,
pour tout n de A, on a : un + p = un.

Exemple : Soit (un) la suite définie sur ℕ par un = (─ 1)n.


Pour tout entier naturel n, on a un+2 = un. Cette suite est donc périodique, de période 2.

6
Exercices :
12. Montrer que les suites (un) et (vn) suivantes sont périodiques et déterminer leur période.
nπ nπ nπ 2nπ 3nπ
a)un = sin b)vn = tan c) un = cos + sin d) un = (─ 1)n cos .
2 3 7 5 7
13. Soit p un entier strictement positif fixé, E la fonction partie entière, (un) la suite définie par :
n 
un = n ─ pE   .
p 
Démontrer que (un) est périodique.

14. Soit un le chiffre des unités de n². Démontrer que (un) est périodique. Préciser la période.

3. Représentation graphique d’une suite

Définition :
→ →
On se place dans un repère (O, i , j ). La représentation graphique d'une suite (un) est
l'ensemble des points de coordonnées (n ; un).

Exemple 1 : (Cas d’une suite définie explicitement)


1
Soit (un) la suite définie par un  pour n ≥ 1. Sa représentation graphique est l'ensemble des
n
1 1
points isolés (1 ; 1), (2 ; ), (3 ; ) etc…
2 3

Exemple 2 : (Cas d’une suite récurrente de la forme un+1 = f(un))


Dans ce cas, on ne cherche pas en général à représenter la suite suivant la définition ci-dessus
mais on préfère représenter ses premiers termes sur l’axe des abscisses. Pour ce faire, on suit
les étapes suivantes :
a) On trace la courbe représentative Cf de la fonction f définissant la suite récurrente et de la première
bissectrice d’équation y = x ;
b) On place le premier terme u0 sur l’axe des abscisses;
c) On utilise Cf pour construire u1 = f(u0) sur l’axe des ordonnées;
d) On reporte u1 sur l’axe des abscisses à l’aide de la première bissectrice;
e) On utilise Cf pour construire u2 = f(u1) sur l’axe des ordonnées;
f) etc...

Voici un exemple de construction avec la suite (un) définie par u0 = ─ 1 et, pour tout n de ℕ,
un+1 = 3un + 4 .

7
N.B. Ce type de construction permet de faire des conjectures en termes de variation, de
comportement à l’infini, etc.

5. SUITES ARITHMETIQUES
5.1 Définition
Une suite (un) est dite arithmétique si l’on passe de chaque terme au suivant en ajoutant
toujours le même nombre r : un+1 = un + r pour tout indice n.
Ce nombre r s’appelle raison de la suite (un) .

5.2 Méthode

Pour vérifier qu'unesuite est arithmétique, on calcule,pour tout indice n


la différence de deux termes consécutifs u n+1 - u n .Si on obtient une quantité
constante r alors la suite est arithmétique de raison r. Si on obtient une quantité
variable (dépendante de n), alors la suite n'est pas arithmétique.

Exemples : les suites suivantes sont elles arithmétiques ?


1) un 3n 2.
Pour tout indice n, on a :
un1 un 3(n 1) 2 3n 2 3n 3 2 3n 2 3.La suite (un) est arithmétique de
raison r 3.
2) un n2 1.
Pour tout indice n, on a : un1 un (n 1)2 1 (n2 1) n2 2n 1 n2 2n 1.
Donc la suite (un) est non arithmétique.

Exercice : 15. Démontrer que trois réels a, b et c sont, dans cet ordre, les termes d’une suite arithmétique si et
a+c
seulement si l’on a : b = (ou encore c ─ b = b ─ a) .
2

5.3 Propriété caractéristique


Théorème :

8
La suite (un)n ∈ℕ est arithmétique de raison r (r réel donné) si et seulement si :
∀ n ∈ ℕ : un = u0 + nr.
On a alors pour tous entiers n et p : un = up + (n ─ p)r

Démonstration : Par récurrence sur n.


Soit (un) une suite arithmétique de raison r. On considère la propriété (n) définie pour n
ℕ par : (n) : un = u0 + nr.
 Si n 0, la propriété est clairement vérifiée donc (0) est vraie.
Montrons que pour tout n ℕ : (n) (n 1).
Supposons donc, que l'on ait (n), c'est-à-dire : un = u0 + nr.
D'après la définition d'une suite arithmétique, on a : un+1 = un + r. Mais comme on a supposé
(n), cela donne : un+1 = u0 + nr r u0 + (n + 1)r
On obtient la relation de récurrence au rang n 1, à savoir (n 1).
On a donc bien, pour tout n ℕ : (n) (n 1)
Résumons : si la propriété est vraie à un certain rang, elle est vraie au rang suivant. Comme
elle est vraie au rang 0, elle est donc vraie à tout rang.
En conclusion, pour tout n ℕ, on a : un = u0 + nr.
En remplaçant n par p, on obtient également : up = u0 + pr. Et par différence des deux
dernières relations : un ─ up (n p)r. D'où : un = up + (n ─ p)r.

5.4 Méthode pour calculer un terme quelconque d'une suite arithmétique


On utilise l'une des relations suivantes : un = u0 + nr ou un = up + (n ─ p)r.

Exemples : Calculer u26 dans les deux cas suivants :


1) u0 6 et r 5. u26 u0 26r 6 265 136.
2) u10 3 et r 2. u26 u10 16r 3 16(2) 29.

5.5 Somme de N termes consécutifs


Théorème :
N(P + D)
Cette somme est donnée par la formule : S = , où N désigne le nombre de termes de
2
la suite, P, le premier terme et D le dernier terme.

Démonstration : Soit à calculer : S P (P r) ... (D r) D.(somme comprenant N
termes).Cette somme S peut encore s'écrire : S D (D r) ... (P r) + P. (on a changé
l'ordre des termes). Si bien que, en additionnant :
2S (P + D) + (P + D) + ... + (P + D) (P D)
N(P + D)
(somme comprenant toujours N termes). D'où : 2S N(P +D)  S = .
2

5.6 Sens de variation d’une suite arithmétique


Théorème :
Soit (un) est une suite arithmétique de raison r :
Si r > 0 alors (un) est strictement croissante.
Si r 0 alors (un) est constante.
Si r < 0 alors (un) est strictement décroissante.

9
Démonstration : Comme (un) est arithmétique, on a pour tout entier n : un 1 un r
D'où le résultat en utilisant la définition 2.3.1.

Exercices :
16. Soit (un) une suite arithmétique de premier terme u1 = 1 et de raison r = 6.
Déterminer n de façon que Sn = u1 + u2 + ....+ un = 280. Calculer alors un pour cette valeur de n.

17. Soit (un) une suite arithmétique. On sait que u11 121 et u15 165. Calculer r, u0, u100 puis
S u0 + u1 + ....+ u100.

18. Soit (un) la suite définie par un 5n 4. Démontrer que (un) est arithmétique et calculer S u100 ... u200.

19. Prouver que si a², b² et c² sont trois termes consécutifs d’une suite arithmétique, il en est de même pour
a b c
, et . La réciproque est-elle vraie ?
b+c c+a a+b

20. Calculer les sommes suivantes :


a) S 1 3 5 7 9 11 ... 99 b) S 1 2 3 4 ... n.

21. Soit (un) n ∈ A une suite arithmétique de raison r. Justifier les propriétés suivantes:
a) Si r est nul, la suite est constante et bornée.
b) Si r est strictement positif, la suite est strictement croissante, minorée et non majorée.
c) Si r est strictement négatif, la suite est strictement décroissante, majorée et non minorée.

22. Déterminer une suite arithmétique de quatre termes, de raison r, dont le produit des termes soit p.

23. Déterminer une suite arithmétique de quatre termes dont la somme soit s et la somme des carrés q.

6. SUITES GEOMETRIQUES

6.1 Définition
Une suite (un) est dite géométrique lorsqu'on passe de chaque terme au suivant en multipliant
toujours par le même nombre q : un+1 q un.
Ce nombre q s'appelle la raison de la suite (un).

6.2 Méthode
Pour vérifier qu'une suite est géométrique, on peut :
Après s'être assuré que un n'est jamais nul, on calcule, pour tout indice n, le rapport de
un+1
deux termes consécutifs . Si on obtient une quantité constante q, alors la suite est
un
géométrique de raison q. Si on obtient une quantité variable, alors la suite n'est pas
géométrique.
Variante : on montre qu'il existe un réel q tel que, pour tout indice n, on ait un+1 q un.

Exemples : les suites suivantes sont elles géométriques ?


1) un 1,01n .
un+1 (1,01)n + 1
On a, pour tout indice n : un 0 et = = 1,01 (constante supérieure ou égale à 1).
un 1,01n
Donc (un) est une suite géométrique de raison q 1,01.
un+1 (n + 1)²
1) un n² (pour n ≥ 1). On a pour tout indice n : un 0 et =
un n²

10
Cette suite n’est pas géométrique.

Exercice : 24. Démontrer que trois réels a, b et c sont, dans cet ordre, les termes d’une suite géométrique si et
seulement si l’on a : b² = ac.

6.3 Propriété caractéristique


Théorème :
La suite (un)n ∈ℕ est géométrique de raison q (q réel donné) si et seulement si :
∀ n ∈ ℕ : un = qn u0.
On a alors pour tous entiers n et p : un = qn ─ p up.

Démonstration :
 Soit (un) une suite géométrique de raison q. Si q 0 ou si u0 0 alors (un) est la suite nulle et
la relation un = qn u0 est triviale.
 Supposons maintenant q 0 et u0 0. Montrons, par récurrence (sur n ℕ), la propriété :
(n) : un = qn u0.
─ Si n 0, la propriété est clairement vérifiée donc (0) est vraie.
─ Montrons que, pour tout n  ℕ : (n) (n 1)
Supposons donc, que l'on ait (n), c'est-à-dire : un = qn u0. D'après la définition d'une suite
géométrique, on a : un1 qun. D'après l'hypothèse de récurrence (n), cela donne :
un1 q qn u0  qn + 1 u0. On obtient la relation de récurrence au rang n 1, à savoir (n 1).
On a donc bien pour tout n  ℕ: (n) (n 1).
─ En conclusion, pour tout n  ℕ, on a : un = qn u0.
En remplaçant n par p, on obtient également : up = qp u0.
On a donc : un qp u0 = up qn u0. Et comme u0 0 et q 0 : qn ─ p up.

6.4 Méthode pour calculer un terme quelconque d'une suite arithmétique


On utilise l'une des relations suivantes : un = qn u0 ou un = qn ─ p up (pour p ≤ n)
Exemples : Calculer u7 dans les deux cas suivants :
1 1
1) u0  et q 2. u7 q7 u0 27  25 32.
4 4
3
1 7─4 3 1
2) u4 81 et q  . . u7 q u4 = q u4 =   × 81 = 3.
3 3
Exercice : 25. Démontrer que toute suite géométrique (un) peut s'écrire : un an et que, réciproquement,
toute suite définie par une relation du type un an (pour n ≥ 0 et a > 0) est géométrique.

6.5 Somme de N termes consécutifs


P(1 ─ qN)
Cette somme est donnée par la formule : S = si q ≠ 1, où N nombre de termes de
1─q
la somme, P premier terme de la somme et q raison de la suite, et par S = NP si q = 1.
Démonstration :
soit à calculer la somme : S P qP ... qnP (somme comprenant N n 1 termes)
Remarquons que : S - qS P qP ... qnP - (qP q2P ... qnP qn1P) P Pqn1
D'où : S(1 q) P(1 qn1)

11
P(1 ─ qN)
Si bien que si q 1 : S =
1─q
Et si q 1, alors S P qP ... qnP P + P + ... P (n 1)P NP.

Exercices :
26. Calculer les sommes suivantes :
a) S 1 2 4 8 16 ... 4096. b) S = 1 + x + x² +…..+ xn. c) S 1 x2 x4 ... x2n.

27. On considère une suite géométrique de premier terme u1, de n-ième terme un, de raison q, de somme Sn :
a) Calculer un et Sn connaissant u1 = 2, q = 3, n = 5.
b) Calculer q et Sn connaissant u1 = 5, n = 6, un = 160.
c) Calculer u1 et Sn connaissant q = 3, n =4, un = 54.
1
d) Calculer u1 et un connaissant q = , n =6, S = 63.
2
1
28. Soit (un) une suite géométrique. On sait que u8 9 et u1 243. Calculer q, u0, u100 puis
S u0 u1 ... u100.

29. Soit (un) la suite définie par un 5 4n. Démontrer que (un) est géométrique et calculer S u100 ... u200.

30. On considère les deux suites (un) et (vn) définies, pour tout n ℕ, par :
3 × 2n ─ 4n + 3 3 × 2n + 4n ─ 3
un  et vn 
2 2

a) Soit (wn) la suite définie par wn un vn. Démontrer que (wn) est une suite géométrique.
b) Soit (tn) la suite définie par tn un vn. Démontrer que (tn) est une suite arithmétique.
c) Exprimer la somme suivante en fonction de n : Sn u0 u1 ... un.

31. Déterminer 7 termes consécutifs d’une suite géométrique, tels que la somme des 3 premiers termes soit 2 et
celle des 3 derniers 1250.

32. Soit (un) une suite dont les 10 premiers termes sont en progression arithmétique de raison r et, à partir de
1
u10, les termes sont en progression géométrique de raison q. Soit u1 = 0, u16 = ─ , qr = 1.
27
a) Calculer q, r, u10 et u1. b) Calculer Sn, somme des n premiers termes pour n ≤ 10, puis pour n > 10.

FORMULAIRE RESUME SUR LES SUITES ARITHMETIQUES ET


GEOMETRIQUES
Suite (un) ; n ∈ ℕ suite arithmétique de raison r suite géométrique de raison q
Définition On passe de chaque terme au suivant en On passe de chaque terme au suivant en
ajoutant la même quantité r (raison) : multipliant par la même quantité q (raison) :
un+1 = un + r un+1 = qun
Expression d’un terme Le nième terme s’obtient à partir du pième en Le nième terme s’obtient à partir du pième en
quelconque un en ajoutant n ─ p fois la raison r : multipliant n ─ p fois par la raison q :
fonction d’un précédent un = up + (n ─ p)r un = qn ─ p up
up. Et en particulier : un = u0 + nr = u1 + (n ─ 1)r Et en particulier : un = qn u0 = qn ─ 1 u1

Somme de N termes N(P + D) P(1 ─ qN)


S= S= (si q ≠ 1, sinon S = NP)
consécutifs 2 1─q
N = nombre de termes de la somme N = nombre de termes de la somme
P = premier terme de la somme
D = dernier terme de la somme
Cas particulier n(n + 1) S = 1 + x + x² + ….+ xn
S = 1 + 2 + 3 + ….+ n = (si x ≠ 1, sinon S = N + 1)
2
(r = 1; P = 1; D = n) (q = x ; P = 1 ; D = xn)

12
7. CONVERGENCE D’UNE SUITE

7.1 Définition : suite convergente


On dit qu'une suite (un) admet une limite l (ou converge vers l, l ∈ R) lorsque :
Pour tout réel strictement positif, il existe un rang N tel que pour tout indice n, on ait :
n ≥ N | un l | ≤ 
On note alors lim un = l.
n+∞
En d'autres termes :Tout intervalle ouvert centré en l contient tous les termes de la suite à
partir d'un certain indice.
Une suite qui a une limite réelle est dite convergente. Elle est dite divergente dans les autres
cas.

7.2 Remarque
Soit (un) une suite du type un= f(n) : Si lim f(x) = l, alors lim un = l. (Nous admettrons ce
x n
résultat). Les théorèmes vus en Première sur les limites finies de fonctions s'appliquent donc
aux suites de ce type. En conséquence, on récupère dans ce cas tous les théorèmes sur les
opérations algébriques, les limites de référence, ainsi que les théorèmes de comparaison, en
particulier le théorème des "gendarmes".
Exemples :

2n + 3
1°) Soit (un) la suite définie sur ℕ* par un = . On a un = f(n) où f est la fonction définie
n+1
2x + 3 2x + 3 2x
par f(x) = . On sait (cf cours de Première) que : lim = lim = 2.
x+1 x+∞ x + 1 x+∞ x
D’où : lim un = 2.
n+∞

sin n
2°) Soit (un) la suite définie sur ℕ* par un = . On a un = f(n) où f est la fonction définie
n
sin x sin x 1
par f(x) = . On sait que pour tout x strictement positif, |sin x| ≤ 1 puis : 0 ≤ ≤ .
x x x
Il résulte du théorème des gendarmes vu en Première sur les fonctions et qui sera rappelé plus
sin x sin n
bas, que lim = 0 et par conséquent : lim = 0.
x+∞ x n+∞ n

3°) Toute suite constante converge vers son premier terme.

7.3 Propriétés des suites convergentes


Nous admettrons toutes les propriétés suivantes:
P.1 : Toute suite convergente est bornée.
Attention! Une suite peut être bornée et divergente (Ex : la suite (u n) de terme général
un = (─ 1)n).
On déduit de cette propriété que toute suite non bornée est divergente.

P.2 : Si la suite (un) converge vers l, alors la suite ( | un |) converge vers | l |.

13
Attention! Il se peut que la suite ( | un |) soit convergente et que la suite (un) soit divergente
(Reprendre l’exemple précédent: un = (─ 1)n).

P.3 : Règles de comparaison


Soient (un) et (vn) deux suites définies sur un même ensemble E et l un réel.
a) Si, à partir d’un certain rang, on a : |un ─ l | ≤ vn et si l’on a : lim vn = 0, alors on a :
n+∞
lim un = l .
n+∞
b) Si, à partir d’un certain rang, on a : vn ≤ un ≤ wn et si l’on a : lim vn = lim wn = l,
n+∞ n+∞
alors on a : lim un = l.
n+∞
Ce dernier résultat est aussi connu sous le nom de théorème des gendarmes.

1 1 1
Exemple : Soit (un) la suite définie par :définie par : un = + + …. + .
n² + 1 n² + 2 n² + n
Pour tout entier p élément de {1, 2,…..n}, on a : n² + 1 ≤ n² + p ≤ n² + n, d’où :
1 1 1
≤ ≤ .
n² + n n² + p n² + 1
n n
En sommant ces inégalités pour p allant de 1 à n, on obtient : ≤ un ≤ .
n² + n n² + 1
n n 1
Or, lim = lim = lim = 0 (Application de la règle analogue sur la
n+∞ n² + n n+∞ n² + 1 n+∞ n²
limite d’une fonction rationnelle à l’infini).
On en déduit, en utilisant le théorème des gendarmes, que lim un = 0.
n+∞

P.4 : Limite et ordre


Si, à partir d’un certain rang, on a : un ≤ vn et si l’on a : lim un = l et lim vn = k, alors
n+∞ n+∞
on a : l ≤ k.

Exercice : En déduire les deux propriétés suivantes :


P.5 : Si, à partir d’un certain rang, on a : un ≥ 0 et si l’on a : lim un = l, alors on a l ≥ 0.
n+∞
1
Autrement dit : la limite d’une suite convergente de réels positifs est un réel positif ou nul.
n!
Attention : une suite à termes strictement positifs n’a pas nécessairement une limite
strictement positive.
1
Exemple : un = . ∀ n ∈ ℕ*, un > 0, mais lim un = 0.
n n+∞

P. 6 : Si, à partir d’un certain rang, on a : a ≤ un ≤ b et si (un) est une suite convergente, alors sa limte
appartient à l’intervalle [a , b].

P.7 : Limite et monotonie (Propriété fondamentale)


a) Toute suite croissante et majorée est convergente.
b) Toute suite décroissante et minorée est convergente.

1 1 1
Exemple : Soit (un) la suite définie par : un = 1 + + + ….+ .
1! 2! n!

14
(Sur la notation n! , voir plus bas le cours de dénombrement. Notons simplement que par
définition : n ! = 1 × 2 × … × n.)
1 1 1 1 1 1
On a : un+1 = 1 + + + ….+ + = un + , donc un+1 ─ un = >0
1! 2! n! (n + 1)! (n + 1)! (n + 1)!
et par conséquent, la suite (un) est croissante (et même strictement croissante !).
Montrons que la suite (un) est majorée. Pour k ≥ 2, k ! = 2 × 3 × …. × k est le produit de (k ─
1 1
1) termes tous supérieurs ou égaux à 2, donc k ! ≥ 2k ─ 1, si k ≥ 2, et ≤ k ─ 1 . En ajoutant
k! 2
membre à membre ces inégalités pour k allant de 2 à n, n ≥ 2, on obtient :
1 1 1 1 1
+ ….+ ≤ 1 + 2 + ….+ n ─ 1 . Ajoutons 2 aux deux membres de cette égalité, en
2! n! 2 2 2
1 1 1
remarquant que 1 ! = 1. On a : un ≤ 1 + 1 + 1 + 2 + ….+ n ─ 1 .
2 2 2
n1
1
2 n1 1  
1 1 1 2  1  1
Or, 1 + +   + ….+   = = 2 1 ─ n  et 1 ─ n < 1.
2 2 2 1  2  2
1
2
Donc, pour tout entier naturel n, on a : un ≤ 3.
La suite (un) est croissante et majorée par 3 : elle admet donc une limite l ≤ 3. Cette limite
n’est autre que le célèbre nombre e, base des logarithmes népériens.

P.8 : Opérations sur les suites convergentes


Soient (un) et (vn) deux suites de limites respectives l et k et soit λ un réel. Alors
a) La suite (un + vn) converge vers le réel l + k.
b) La suite (λ un) converge vers le réel λ l.
c) La suite (un vn) converge vers le réel l k.
 1  un
d) Si k est non nul et si à partir d’un certain rang on a vn ≠ 0, alors les suite   et  
vn vn 
1 l
convergent respectivement vers les réels et .
k k

7.4 Suites divergeant vers l’infini


7.4.1 Définition :
1°) On dit que la suite (un) tend vers (ou a pour limite + ∞) si et seulement si :
Pour tout réel strictement positif, il existe un rang N tel que pour tout indice n, on ait :
n ≥ N  un > A.
On note alors lim un = + ∞.
n+∞
2°) On dit que la suite (un) tend vers (ou a pour limite ─ ∞) si et seulement si :
Pour tout réel strictement positif, il existe un rang N tel que pour tout indice n, on ait :
n ≥ N  un < ─ A.
On note alors lim un = ─ ∞.
n+∞

7.4.2 Exemple
Soit (un) la suite définie par un = n . Montrons, en utilisant la définition précédente, que :
lim un = + ∞. Soit A un réel strictement positif. Cherchons s’il existe un rang N tel que :
n+∞

15
n > N  un > A. Or un > A signifie que n > A, soit n > A². Il suffit donc de prendre un
entier N strictement supérieur à A². Prenons par exemple N = E(a²) + 1.
Alors n > N  un > A.

7.4.3 Remarque
Soit (un) une suite du type un= f(n) : Si lim f(x) = + ∞, alors lim un = + ∞. (Nous
x n
admettrons ce résultat). Les théorèmes vus en Première sur les limites infinies de fonctions
s'appliquent donc aux suites de ce type. En conséquence, on récupère aussi dans ce cas tous
les théorèmes sur les opérations algébriques, les limites de référence, ainsi que les théorèmes
de comparaison.

7.4.4 Propriété (Comparaison)


1°) Soit (un) et (vn) deux suites telles que : lim vn = + ∞ et qu’à partir d’un certain rang, on
n
ait : un ≥ vn. Alors lim un = + ∞.
n
2°) Soit (un) et (vn) deux suites telles que : lim vn = ─ ∞ et qu’à partir d’un certain rang, on
n
ait : un ≤ vn. Alors lim un = ─ ∞.
n

n
1 1 1
Exemple 1 : Soit (un)n ∈ ℕ* la suite définie par : un = 
p 1 p
 1
2
 .... 
n
.

1 1
Si 1 ≤ p ≤ n, on a : 1 ≤ p ≤ n ≤ ≤ 1. En sommant ces inégalités membre à
n p
n
membre pour p allant de 1 à n, on obtient : ≤ un ≤ n. D’où : ∀ n ∈ ℕ*, un ≥ n .
n
On a : lim n = + ∞, donc lim un = + ∞.
n+∞ n+∞

Exemple 2 :
Étudier la limite de la suite (un) définie, pour tout n ℕ, par :
un 2cos n 3 (1)n 3n.
On remarque que pour tout n ℕ : un ≤ 5 3n. (Encadrer cos n et remarquer que (1)n ≤ 1).
Or, lim (5 3n) , d'où : lim un = ─ ∞.
n+∞ n+∞
Remarque : l'affirmation "une suite qui diverge vers est nécessairement croissante" est-
elle vraie ?
Réponse : non ! Considérer : un (1)n n. On a, pour tout n ℕ : un ≥ 1 n.
Donc, par comparaison : (un) diverge vers Cependant (un) n'est pas croissante. En effet,
pour tout n ℕ, on a : un+1 ─ un = (1)n+ 1  n + 1) ─ (1)n ─ n = 2 × (1)n+ 1 
 1 si n est pair
D’où : un+1 ─ un = 
3 si n est impair
Donc la suite (un) n'est ni croissante, ni décroissante.
Cependant, nous admettrons que :
─ toute suite croissante et non majorée tend vers + ∞.
─ toute suite décroissante et non minorée tend vers ─ ∞.

16
7.4.5 Extension des opérations
Nous admettrons les résultats suivants, regroupés sous forme de tableaux :

lim un lim vn lim (un + vn)


l +∞ +∞
l ─∞ ─∞
+∞ +∞ +∞
─∞ ─∞ ─∞
+∞ ─∞ Forme indéterminée

lim | un | lim | vn | lim | unvn| 1 un


lim lim
vn vn
l≠0 +∞ +∞ 0 0
0 +∞ Forme indéterminée 0 0
+∞ +∞ +∞ 0 Forme indéterminée
+∞ l≠0 +∞ 1 +∞
l
+∞ 0 +∞ +∞

Remarques :
 1  un 
 Dans le dernier tableau, on suppose que les suites   et   sont définies, autrement dit,
vn  vn 
qu’à partir d’un certain rang, tous les termes de la suite (vn) sont non nuls.
 Nous avons mis des valeurs absolues pour simplifier les tableaux. Dans les exercices, il
1 un
faudra déterminer le signe de unvn, et pour conclure.
vn vn
 L’expression « forme indéterminée »signifie que l’on ne peut pas conclure directement dans
ce cas. Il faudra transformer l’expression de la suite d’une autre manière pour déterminer la
limite, si elle existe.

7.5 Convergence des suites arithmétiques et géométriques


7.5.1 Cas des suites arithmétiques
Une suite arithmétique diverge vers + ∞ si sa raison r est strictement positive et vers ─ ∞ si
sa raison r est strictement négative.
C’est une conséquence immédiate de la formule un = up + (n ─ p)r. Si p est fixé up est une
constante, tandis que (n ─ p)r tend vers + ∞ ou ─ ∞ suivant le signe de r.

7.5.2 Cas des suites géométriques


Soit (un) une suite définie par : un qn (avec q R)
Si q ]1 ; [ alors (un) est divergente (vers )
Si q 1 alors (un) est constante (donc convergente vers 1)
Si q ]1 ; 1[ alors (un) est convergente vers 0
Si q ]; 1] alors (un) n'a pas de limite.

Démonstration :
Nous allons utiliser le résultat suivant :

17
Lemme Inégalité de Bernoulli
Pour tout réel x positif et tout entier naturel n, on a : 1xn ≥ 1 nx.
Démonstration du lemme :
Soit x R+. On considère la propriété (n) définie pour tout n ℕ par :
(n) : 1xn ≥ 1 nx.
On a (0) puisque (1 + x)0 ≥ 1 0x pour tout x R+.

Montrons que, pour tout n ℕ : (n) (n 1).


Soit n  ℕ. Supposons (n) : 1xn ≥ 1 nx. Comme x > 0, on a aussi 1 x > 0. En
multipliant l'inégalité ci-dessus par (1 x), on obtient : 1xn 1x) ≥ (1 nx)(1 x).
Or : (1 nx)(1 x) 1 x nx n x2 1 (n 1)x n x2. Comme nx2 ≥ 0, on a :
(1 nx)(1 x) ≥ 1 (n 1)x. D'où : 1xn 1x) ≥ 1 (n 1)x
Ce qui est (n 1).
Bilan : on a (0) et pour tout n de ℕ : (n) (n 1)
Donc, pour tout n de ℕ, on a : (n) : 1xn ≥ 1 nx.
Prouvons maintenant le théorème 7.5.2 :
Supposons q ]1 ; [. Posons x q 1. Alors x ]0 ; [.
D'après l'inégalité de Bernoulli : qn 1xn ≥ 1 nx. Or, lim 1 nx . Par
n+∞
n
comparaison, on en déduit : lim q  + ∞.
n+∞
La suite (un) diverge donc vers .
Si q 1, le résultat est évident.
Supposons maintenant q ]1 ; 1[.
Si q 0, le résultat est évident.
1
Si q 0, posons : q'  . Ainsi : q' ]1 ; [. D'après le résultat précédent :
|q|
lim an =Par passage à l'inverse (cf. le deuxième tableau de 7.4.5), nous obtenons :
n+∞
lim |q|n0. D'où : lim qn = 0. La suite (un) converge donc vers 0.
n+∞ n+∞
Supposons q < ─ 1. Alors |q| > 1 et lim |q|n = + ∞ d’après le 1er cas. Comme qn ne garde
n+∞
pas un signe constant, lim qn n’existe pas.
n+∞
7.6 Image d’une suite par une fonction
Nous admettrons le résultat suivant :
Théorème :
Soit (un) une suite telle que lim un = α. Soit f une fonction telle que lim f(x) = β et (vn) la
n+∞ xα
suite définie par vn = f(un). Alors lim vn = β.
n+∞
N.B.
 La suite (vn) est appelée image (ou composée) de la suite (un) par la fonction f
 Dans cet énoncé α et β peuvent être aussi bien des réels que + ∞ou ─ ∞.

En particulier, si α est un réel et si f est continue au point α, alors β = f(α). D’où :


Corollaires :

18
1°) Soit (un) une suite convergeant vers un réel l et f une fonction continue au point l. Alors la
suite (f(un)) converge vers f(l).
2°) Soit (un) une suite définie par une relation de récurrence de la forme un+1 = f(un). Si (un)
converge vers l, et si f est une fonction continue au point l, alors on a nécessairement l’égalité
l = f(l).

N.B Le corollaire 2° est souvent utilisé dans la pratique.

Exemples :
─ 2(0,3)n + 5
1°) Soit (vn) la suite définie par : vn = .
(0,3)n + 1
─ 2x + 5
Posons un = (0,3)n. On a vn = f(un) avec f : x ↦ . lim (0,3) n = 0 (cf. paragraphe
x+1 n+∞
précédent) et lim f(x) = 5. Donc lim vn = 5.
x0 n+∞

2°) Soit (un) la suite définie par la donnée de u0 = 1 et par la relation de récurrence, pour tout
entier naturel non nul n, un+1 = 6 + un .
 Montrons d’abord par récurrence la propriété (n) : ∀ n ∈ ℕ, 0 ≤ un ≤ 3. (0) est vraie
par hypothèse et supposant (n) vraie, on a (en ajoutant 6 aux trois membres de la double
inégalité) : 6 ≤ un + 6 ≤ 9  6 ≤ 6 + un ≤ 3, soit 6 ≤ un+1 ≤ 3, d’où (n + 1) est vraie.
Il en résulte que (n) est vraie pour tout entier naturel n.
 Montrons que la suite (un) est croissante. Pour tout entier naturel n, on a :
6 + un ─ un²
un+1 ─ un = 6 + un ─ un = (multiplication par l’expression conjuguée).
6 + u n + un
─ (un + 2)(un ─ 3)
Soit un+1 ─ un = . D’après le point précédent, on voit que un+1 ─ un ≥ 0,
6 + u n + un
pour tout n(car un + 2 ≥ 0, un ─ 3 ≤ 0, 6 + un + un ≥ 0) , d’où le résultat.
 La suite (un) étant croissante et majorée par 3 converge d’après la propriété 7 du paragraphe
7.3. Soit l sa limite. D’après la propriété P.5 et le corollaire 2° ci-dessus, on doit avoir l ≥ 0 et
l = f(l), où f est la fonction f : x ↦ 6 + x (car f est continue sur [0; + ∞[, donc en particulier
au point l). L’équation l = 6 + l , avec l ≥ 0, équivaut à l ² = 6 + l et a pour unique solution
positive l = 3. On en conclut que la suite (un) converge vers 3.

Exercices :
cos (3n + 1)
33. Montrer que la suite (un) telle que un = converge vers 0.
n

2n²
34. On considère la suite (un) définie sur ℕ* par un = (n² + 1)2n .
2n²
Montrer que la suite (vn) n ∈ ℕ* avec vn = est bornée et en déduire que (un) converge vers 0.
(n² + 1)


35. Soit la suite n!  définie sur ℕ*.
 
a) Montrer que cette suite est strictement décroissante sur ℕ* \ {1}. Qu’en déduire ?
b) Montrer qu’on peut majorer cette suite par une suite convergeant vers 0. Conclure.

36. Etudier la convergence des suites suivantes, de terme général un :

19
3n² + (─ 1)nn + 4  1  n+1 n+1
a) un = b) un = n²  4+ ─ 2 c) un = ─
n4 + 1  n²  n+2 n+3
2n ─ 4n² ─ n + 1 4n ─ 3n + 1
d) un = e) un = 9n4 + 6n + 2 ─ (3n² + 1) f) un =
3n ─ 9n² + n 4n + 5
1
1 ─ cos
3n + sin n n
g) un = h) un = i) un = n (2 + cos n²).
5n + 2 cos 3n 1
n sin
n

37. Soit (un)n ∈ ℕ la suite réelle définie par son premier terme u0 et par la condition :
pour tout n de ℕ, un+1 = un² + un.
a) Démontrer que la suite (un) n ∈ ℕ est croissante.
b) Démontrer que si (un) n ∈ ℕ converge, alors lim un = 0.
n+∞
c) Démontrer que si u0 + u0² > 0, alors la suite (un) n ∈ ℕ diverge.

d) Démontrer par récurrence que si u0 + u0² < 0, alors pour tout n de ℕ, on a : ─ 1 < un < 0.
Conclure alors sur la convergence de la suite (un) n ∈ ℕ .

38. Suites récurrentes linéaires


Soient a et b deux réels et (un)n ∈ ℕ la suite définie parla donnée de u0 et de la relation de récurrence:
un+1 = aun + b.
A.a) Que peut-on dire de la suite (un) dans le cas où a = 1? Exprimer alors un en fonction de u0 et b et donner la
limite de la suite quand n tend vers + ∞.
b) Mêmes questions qu’au a) dans le cas où b = 0.
B. On suppose que a ≠ 1 et b ≠ 0.
a) Tracer les droites d’équations respectives y = ax + b et y = x dans un même repère orthonormé, puis
construire géométriquement les premiers termes de la suite en prenant u0 = 1 dans chacun des cas suivants :
1
(a, b) = (2, ─ 3) ; (a, b) = ─ , 3 ; (a, b) = (─ 1 , 3) .
 2 
b
b) Montrer que si la suite (un) converge, sa limite l vérifie l = .
1─a

c) Soit (vn) la suite définie sur ℕ par vn = un ─ l. Montrer que la suite (vn) est une suite géométrique dont on
précisera la raison.
d) Calculer u0 en fonction de u0, a, b et n.
e) Popur quelle valeur de u0 la suite (un) est-elle stationnaire?
f) Montrer que si |a| < 1, la suite (un) converge vers l.
g) Montrer que si a = ─ 1, la suite (un) est périodique.
h) Montrer que si la suite (un) n’est passtationnaire et si l’on a |a| > 1, alors les suites (un) et (vn) sont
divergentes.

39. Suites récurrentes homographiques


2 + un
A. On considère la suite (un) définie par : u0 = 1 et un+1 = .
un
a) Quelles sont les limites éventuelles de cette suite ?
un ─ 2 1
b) On pose vn = (n ∈ ℕ). Montrer que (vn) est une suite géométrique de raison ─ , puis exprimer vn
un + 1 2
en fonction de n.
c) Exprimer un en fonction de n et en déduire la limite de (un).
4un ─ 1
B. On considère maintenant la suite (un) définie par : u0 = 3 et un+1 = .
un + 2
4x ─ 1
a) Montrer que l’équation = x possède une seule solution α.
x+2

20
1
b) On pose vn = un ─ α (n ∈ ℕ). Montrer que vn n’est jamais nul et que la suite   est une suite
vn 
1
arithmétique de raison .
3
1
c) Exprimer puis un en fonction de n.
vn
d) En déduire lim un.
n+∞

1 + un
40. Soit la suite (un) définie par u0 ∈ [0,1] et la relation de récurrence un+1 = pour tout n ∈ ℕ.
2

a) Montrer que pour tout n ∈ ℕ : 0 ≤ un ≤ 1.


b) Montrer que la suite (un) est croissante.
c) En déduire qu’elle admet une limite que l’on calculera.
  φ 
d) On pose u0 = cos φ, où φ ∈  0,  . Montrer par récurrence que un = cos  n  .
 2 2 
Retrouver alors les résultats de c).

→ →
41. Le repère (O, i , j ) est orthonormé. Soient les points A0(a, 0) et A1(0, b) , avec 0 < b < a. Pour tout p de

ℕ, la droite orthogonale en A2p + 1 à la droite (A2p A2p + 1) coupe la droite (O, i ) en A2p + 2; la droite orthogonale

en A2p + 2 à la droite (A2p + 1 A2p + 2) coupe la droite (O, j ) en A2p + 3.
Calculer la limite, quand n tend vers + ∞:
a) de la longueur de la ligne polygonale A0A1....An.
b) de la somme des aires des triangles OA0A1, OA1A2,...... OAn ─ 1An.

n
1 x
42. Vérifier que : tan x = cotan x ─ 2 cotan 2x. En fonction de n, exprimer un = 
p 0 2
p
tan p .
2
Calculer lim un.
n+∞

n
sin 2x x
43. Vérifier que : cos x = 2 sin x . En fonction de n, exprimer un = 
p 0
cos p . Calculer lim u .
2 n+∞
n

n n
 x   x 
En déduire les limites des suites (vn) et (wn) suivantes : vn =  1  tan ² 2 p 
p 0  
; wn =  1  tan ² 2 p 
p 0  

44. Soit (un) une suite vérifiant la relation un+1 = f(un) pour n ≥ 0, où f est une fonction. On suppose que (un) est
bien définie. Montrer les résultats suivants :
a) Si f est croissante sur un intervalle I et s’il existe un rang n0 tel que pour tout n ≥ n0 on ait un ∈ I, alors :
(i) (un) est monotone à partir du rang n0.
(ii) Si I contient l tel que f(l) = l, alors pour n ≥ n0, tous les un sont du même côté de l.
b) Si f est décroissante sur un intervalle I et s’il existe un rang n0 tel que pour tout n ≥ n0 on ait un ∈ I, alors :
(iii) (un+1 ─ un) et (un ─ un ─ 1) sont de signes contraires à partir du rang n0.
(iv) Les suites (u2p)p ≥ 0 et (u2p + 1)p ≥ 0 sont monotones à partir du rang n0
(On pourra montrer que si f est décroissante, f ² est croissante).
c) Si I contient l tel que f(l) = l, pour n ≥ n0, un et un+1 sont de part et d’autre de l.

45. On considère les deux suites de nombres réels (un) et (vn) définies par :
1 2 n 1 2 n
un = sin + sin + ….. + sin et vn = + + ….. + .
n² n² n² n² n² n²

21
1
A. Démontrer que la suite (vn) converge vers .
2
B. a) Démontrer que chacune des trois fonctions suivantes :
x² x3
x ↦ x ─ sin x x↦─1+ + cos x x ↦ ─ x + + sin x
2 6
ne prend que des valeurs positives ou nulles sur l’intervalle ] 0 ; + ∞[. (On pourra utiliser les variations de
chacune de ces trois fonctions).
b) Justifier que pour tout n ≥ 1, 13 + 23 + … + n3 ≤ n4.
1 1
Déduire du a) l’inégalité vn ─ × ≤ un ≤ vn pour tout entier naturel non nul.
6 n²
c) Démontrer que la suite (un) est convergente. Quelle est sa limite ?

46. Suites adjacentes


Deux suites (un) et (vn) sont dites adjacentes si elles satisfont aux trois conditions suivantes :
i (un) est croissante ii (vn) est décroissante ; iii lim (un ─ vn) = 0.
n+∞
Soient (un) et (vn) deux suites adjacentes.
1) a) Montrer que la suite (wn) de terme général wn = vn ─ un est décroissante.
En déduire que ∀ n : un ≤ vn.
b) Montrer que les suites (un) et (vn) sont convergentes et admettent la même limite l.
2) On prend pour suites (un) et (vn) les suites suivantes :
1 1 1 1
 (un) a pour premier terme u1 = 1 + = 2 et pour terme général un = 1 + + + ….+ .
1! 1! 2! n!
1 1
 (vn) a pour premier terme v1 = u1 + = 3 et pour terme général vn = un + .
1! n!
a) Montrer que ces deux suites sont adjacentes
b) On désigne par e la limite commune de (un) et (vn) quand n tend vers l’infini et l’on suppose qu’il existe
p
deux entiers p et q premiers entre eux tels que e = . Montrer qu’on a alors :
q
1 1 p 1 1 1
1+ + ….+ < <1+ + ….+ + .
2! q! q 2! q! q!
En déduire une contradiction.
c) Que peut-on en conclure quant à la nature du nombre e ?
3) Soit u0 et v0 deux réels tels que : 0 < v0 < u0. On définit les suites (un) et (vn) par :
un + vn 2 unvn
un + 1 = ; vn + 1 = .
2 un + vn
a) Démontrer par récurrence que :

i ∀ n ∈ ℕ*, 0 < unvn. ii (un) est croissante et (vn) est décroissante.
b) Montrer que (un) et (vn) convergent vers la même limite.

 
4) Soit a un réel strictement positif et θ un réel de l’intervalle  0; .
 2 
θ θ
Démontrer que les suites (un) et (vn) définies par : un = 2n + 1 a sin , et vn = 2n + 1 a tan n sont adjacentes et
2n 2
calculer leur limite commune.

47. Suite de FIBONACCI


Soit la suite (un) définie par u0 et u1 égaux à 1 et par la relation de récurrence : un + 1 = un + 2 + un.
1°) Montrer que la suite (un) est positive et croissante. Montrer que ∀ n ∈ ℕ : un ≥ n.
En déduire que la suite (un) n’est pas majorée.

2°) Montrer que ∀ n ∈ ℕ*, un² ─ un + 1 . un ─ 1 = (─ 1)n.


un + 1
3°) Montrer que la suite (vn) telle que vn = est convergente. Quelle est sa limite ?
un

22
« Les mathématiques sont la reine des sciences et l’arithmétique est la reine des
mathématiques » GAUSS.

1. AXIOMATIQUE DE ℕ . RECURRENCE
Axiome 1 : Toute partie non vide de ℕ admet un plus petit élément.
Soit A ⊂ ℕ et A ≠ ∅.∃ a ∈ A / ∀ x ∈ A, x ≥ a.
Axiome 2 : Toute partie non vide et majorée de ℕ admet un plus grand élément.
Soit A ⊂ ℕ et A ≠ ∅. On suppose que : ∃ M ∈ ℕ / ∀ x ∈ A, x ≤ M.
Alors : ∃ a ∈ A / ∀ x ∈ A, x ≤ a.
Axiome 2 : Principe de récurrence
Soit P(n) une propriété dépendant de l’entier naturel n.
Si P(n) est vraie et si ∀ n ≥ n0, (P(n) est vraie)  (P(n + 1) est vraie), alors P(n) est vraie
pour tout n ≥ n0.

2. DIVISIBILTE DANS ℤ. CONGRUENCES


Définition 1 : Soient a et b deux entiers relatifs. On dit que a est multiple de b ou que b divise
a s’il existe un entier relatif k tel que a = kb. On note : b | a.

On dit aussi que a est divisible par b. L’ensemble des multiples d’un entier relatif n est
l’ensemble noté nℤ = {… ─ 2n, ─ n, 0, n, 2n, 3n,…..}. En particulier : 0ℤ = {0}, 1ℤ = ℤ,
2ℤ est l’ensemble des entiers pairs, etc..

Propriétés :
1°) Si : a | b et a | c, alors : a | (bu + cv) pour tous entiers relatifs u et v.
2°) ∀ a ∈ ℕ*, a | a. (Réflexivité).
3°) ∀ a ∈ ℕ*, ∀ b ∈ ℕ*, a | b et b | a, alors a = b. (Antisymétrie).
4°) ∀ a ∈ ℕ*, ∀ b ∈ ℕ*,∀ c ∈ ℕ*, si a | b et b | c, alors a | c. (Transitivité).
On résume les propriétés 2° , 3° et 4° en disant que « | » est une relation d’ordre dans ℕ*.

Définition 2 :
Soient x, y, n 3 entiers relatifs. On dit que x est congru à y modulo n (notation x ≡ y [n]) si et
seulement si (x ─ y) est un multiple de n.

Propriétés :
:1°) ∀ x ∈ ℤ, x ≡ x [n]. (Réflexivité).
2°) ∀ x ∈ ℤ, ∀ y ∈ ℤ, si x ≡ y [n], alors y ≡ x [n]. (Symétrie).

23
3°) ∀ x ∈ ℤ, ∀ y ∈ ℤ, ∀ y ∈ ℤ, si x ≡ y [n] et y ≡ z [n], alors x ≡ z [n]. (Transitivité).
On résume les propriétés 1° , 2° et 3° en disant que « ≡ » est une relation d’équivalence dans
ℤ.
4°) Si x ≡ y [n] et x' ≡ y' [n], alors x + x' ≡ y + y' [n].
5°) Si x ≡ y [n] et x' ≡ y' [n], alors xx' ≡ yy' [n].
En d’autres termes on peut ajouter ou multiplier membre à membre deux congruences modulo
un même entier.
On résume les propriétés 4° et 5° en disant que « ≡ » est compatible avec l’addition et la
multiplication dans ℤ.

Preuve : (des propriétés 4° et 5°) :


Pour 4° : Par hypothèse, ∃ k1 ∈ ℤ / x ─ y = k1n (1) et ∃ k2 ∈ ℤ / x' ─ y' = k2n (2).
En ajoutant membre à membre les égalités (1) et (2), on obtient :
x + x' ─ (y + y') = (k1 + k2)n.
Donc, on a bien : x + x' ≡ (y + y') [n].
Pour 5° : Par hypothèse, ∃ k1 ∈ ℤ / x ─ y = k1n (1) et ∃ k2 ∈ ℤ / x' ─ y' = k2n (2).
Alors xx' ─ yy' = xx' ─ xy' + xy' ─ yy' = x(x' ─ y') + y' (x ─ y) = x k2n + y' k1n.
Soit : xx' ─ yy' = n(x k2 + y' k1). Donc, on a bien : xx' ≡ yy' [n].

Cas particuliers :
a) Si x ≡ x' [n], alors ∀ y ∈ ℤ, x + y ≡ x' + y [n] : on peut toujours ajouter un même nombre
aux deux membres d’une congruence.
b) Si x ≡ x' [n], alors xp ≡ x'p [n] : on peut élever les deux membres d’une congruence à une
même puissance.

3. DIVISION EUCLIDIENNE
Théorème 1 : Soit a un entier relatif et b un entier naturel non nul. Il existe un couple
a  bq  r
unique (q , r) d’entiers relatifs tels que :  .
0rb
Démonstration :
Existence : a) Supposons d’abord que a = 0. On a lors a = b × 0 + 0 et 0 < b. Donc, on peut
prendre q = 0 et r = 0.
b) Supposons a > 0. Soit E = {n ∈ ℕ/ bn > a}. On a : b(a + 1) ─ a = a(b ─ 1) + b > 0.
Donc (a + 1) ∈ E et E est une partie non vide de ℕ. D’après l’Axiome 1, E admet un plus
petit élément q'. Or 0  E donc q' ≠ 0 et (q' ─ 1) ∈ ℕ.Posons q = q'─ 1. On a q' ∈ E donc
q = (q'─ 1)  E car q' est le plus petit élément de E. D’où bq' > a et b(q'─ 1) ≤ a, c’est-à-dire
que b(q + 1) > a et bq ≤ a  bq ≤ a < b(q + 1). Posons alors r = a ─ bq. On a : 0 ≤ r < b et
a = bq + r.
c) Supposons a < 0.
─ Si a est multiple de b, ∃ k ∈ ℤ─ / a = bk. Donc on peut prendre q = k et r = 0.
─ Si a n’est pas multiple de b, alors (─ a) n’est pas multiple de b non plus et (─ a) > 0.
D’après ce qui précède, ∃ q1 ∈ ℕ/ bq1 < ─ a < b(q1 + 1). La double inégalité est stricte, car

24
par hypothèse, a n’est pas multiple deb. En multipliant cette double inégalité par (─ 1), on
obtient: ─ b(q1 + 1) < ─ a < ─ b q1. Posons q = ─ q1 ─ 1. On a donc : bq < a < b(q + 1).
Soit alors r = a ─ bq. On a 0 < r < b. Ce couple (q, r) convient.
Unicité : Supposons qu’il existe un autre couple (q', r') d’entiers relatifs tels que :
a  bq ' r '

 0  r' b
On aurait : a = bq + r et a = bq' + r', ce qui entraînerat par différence : b(q ─ q') = r' ─ r.
0  r  b b  r  0
Ainsi, r' ─ r serait un mutiple de b. On aurait aussi :   , d’où par
0  r '  b  0  r '  b
addition membre à membre: ─ b < r' ─ r < b et par conséquent, r' ─ r = 0 et q ─ q' = 0.
L’unicité en découle.

EXERCICES D’APPLICATION
1. a) En décomposant 111 111 sous la forme 111 000 + 111, montrer que 111 divise 111 111.
b) Démontrer que 111 divise 111 111 111 et que 111 divise 111222.

2. a) Soit n ∈ ℕ. Rappeler l’expression de la somme S = 1 + 5 + 5² + ....+ 5n ─ 1.


b) En déduire que 5n + 19 est divisible par 4 pour tout n ∈ ℕ.

3. a) Soit p ∈ ℤ. Démontrer que p(p² ─ 1) est un multiple de 2.


b) Soit p ∈ ℤ. Démontrer que p(p² ─ 1) est un multiple de 3.
En déduire que p(p +1)(2p + 1) est un multiple de 3.

4. Démontrer que si n est un entier naturel impair, alors n² ─ 1 est divisible par 8.

5. Le 4 Juin 2008 est un Mercredi. Quel jour de la semaine sera le 4 Juin 2050?

6. Ecrire la division euclidienne de 728 par 17.


En déduire qu’il existe un couple unique (q, r) tel que q ∈ ℤ et r ∈ ℕ tel que
r < 17 et ─ 728 = 17 q + r.

7. Si x est un entier relatif tel que le reste de la division euclidienne de x par 7 est 2, quels sont les restes des
divisions euclidiennes de x par 7 de x² et de x3 ?

8. a) Quel est le reste de la division euclidienne par 11 de 10 ; 100 ; 1000 ; 10 000.


b) Quelle conjecture peut-on faire sur le reste de la division euclidienne de 11 par 10n
lorsque n ∈ ℕ? Démontrez-la par récurrence sur n.

A partir de l’exercice 9, on utilisera systématiquement les congruences.

9. Déterminer le reste de la division par 7 de 264 ─ 1.

10. Démontrer que pour tout entier n, 2n² + n + 1 n’est pas divisible par 3.

11. Soit n un entier naturel.


a) Démontrer que si n ≡ 2 [5] ou n ≡ 3 [5], alors n² + 1 est un multiple de 5.
b) Démontrer que pour tout n ∈ ℕ, n(n4 ─ 1) est un multiple de 5.

12. Démontrer que, pour tout nombre entier naturel n, n3 est de la forme 7k, 7k + 1 ou 7k ─ 1.

13. Démontrer que pour tout entier n, 6n + 13n + 1 ≡ 0 [7].

25
14. a) Démontrer que n3 + 3n ─ 10 est divisible par 13 ⇔ n ≡ 3 [13] on n ≡ 5 [13].
b) Déterminer le plus petit entier naturel supérieur ou égal à 2500 pour lequel n3 + 3n ─ 10 est divisible par
13.

15. a) Donner suivant les valeurs de l’entier naturel n les restes de la division euclidienne de
2n par 5.
b) En déduire le reste de la division euclidienne de 23562 par 5.
c) Donner le reste de la division euclidienne de (3722)763 par 5.
d) Donner le reste de la division euclidienne de (6753)811 par 5.

16. Justifier que 82008 + 2 est divisible par 11.

17. a) Donner suivant les valeurs de l’entier naturel n les restes de la division euclidienne de
2n par 7.
b) En déduire que, si n n’est pas multiple de 3, 22n + 2n + 1 est divisible par 7.

18. a) Démontrer que pour tout entier naturel n, 32n + 1 + 52n + 1 ≡ 0 [4].
b) De la même façon que peut-on dire de 112n + 1 + 13n + 1 ?

19. Justifier que pour tout entier n,


a) 3 × 52n + 1 + 23n + 1 est divisible par 17. b) (a + 1)n + 1 ─ a(n + 1) ─ 1 est divisible par a².

20. Soit n un entier naturel.


a) Donner le reste de la division euclidienne de 1n + 2n + 3n par 4.
b) Donner le reste de la division euclidienne de 17n + 18n + 19n par 4.

21. Justifier que pour tout entier n, 44n + 2 ─ 3n + 3 est divisible par 11.

4.L’ANNEAU 
n
Soit x un entier relatif et n un entier naturel non nul. D’après ce qui précède, la division de x
par n ne peut avoir que n restes distincts, à savoir 0, 1, 2,….(n ─ 1).
Soit 0 = {x ∈ ℤ / x ≡ 0 [n]}, 1 = {x ∈ ℤ / x ≡ 1 [n]}.
On définit de même 2 , 3 ,… (n ─ 1) . Exemples : Pour n = 5, 2008 ∈ 3 ; 2010 ∈ 0 .
On appelle  l’ensemble { 0 , 1 , 2 , 3 ,… (n ─ 1) }. C’est une partition de ℤ.
n
Soit x ∈ p et y ∈ q , où p et q sont des éléments de  .
n
On a : x ≡ p [n] et y ≡ q [n], d’où, d’après les propriétés 4° et 5° du paragraphe 2,
x + y ≡ p + q [n] et xy ≡ pq [n] , donc :x + y ∈ p + q et xy ∈ pq .
On définit p + q comme étant p + q et p × q comme étant pq .
Ces opérations ont les propriétés suivantes, pour tous p , q , r éléments de 
n
1°) p + q = q + p
2°) ( p + q ) + r = p + ( q + r ).
3°) p + 0 = 0 + p = p
4°) ∀ p ∈  ,∃ q ∈ / p + q = q + p = 0 . Pour établir ce dernier point,
n n
il suffit de poser q = n ─ p.

26
On résume ces 4 premières propriétés en disant que  est un groupe pour l’addition.
n
5°) ( p × q ) × r = p × ( q × r ).
6°) p × q = q × p
7°) p × 1 = 1 × p
8°) p × ( q + r ) = p × q + p × r .
On résume l’ensemble des propriétés 1° à 8° en disant que  est un anneau commutatif
n
pour l’addition et la multiplication.

N.B. Si x ≥ n, soit r le reste de la division euclidienne de x par n. On pose : x = r .


En particulier, n = 0 , n + 1 = 1 (si n > 1).

EXERCICES D’APPLICATION
22. a) Etablir les tables d’addition et de multiplication de  et de 
5 6
b) Résoudre dans  et  les équations suivantes:
5 6
(i) x² ─ 1 = 0 (ii) x² + 2x + 1 = 0 (iii) x ─ 1 + x = 2

23. Résoudre dans  , puis dans  l’équation : x² + x + 1 = 0


7 6

 x  y  3 2x  3y  0
24. Résoudre dans  : et dans  :
7  5
 x  y  5  x  2 y  3

5. DIVISEURS COMMUNS A PLUSIEURS ENTIERS


5.1 PGCD de deux entiers relatifs non nuls
Soit a ∈  , b ∈  . L’ensemble D des entiers naturels non nuls qui divisent à la fois a et b
est non vide (car il contient 1) et est majoré par inf(|a|, |b|). D a donc un plus grand élément
appelé PGCD de a et b et noté PGCD(a, b) ou D(a,b).
Exemples : D(21,35) = 7 ; D(15, 14) = 1 ; D(─ 16, 4) = 4.

5.2 Entiers premiers entre eux


Définition 3 :
Deux entiers relatifs sont dits premiers entre eux si leurs seuls diviseurs communs sont ─ 1
et 1, donc si leur PGCD est égal à 1

5.3 Propriétés du PGCD


Propriété 1 :
Soit a ∈  , b ∈  et D = D(a,b). Alors, il existe deux entiers relatifs u et v tels que :
au + bv = D.
Démonstration :

27
Soit G l’ensemble des entiers naturels de la forme au + bv, (u, v) ∈ ℤ × ℤ. G ≠ ∅ car G
contient 0, |a| et |b|. Soit G* = G \ {0}. G* est une partie non vide de ℕ, donc a un plus petit
élément d.d ∈ G*, donc ∃ (u1, v1) ∈ ℤ × ℤ / d = au1+ bv1. Faisons la division euclidienne de
a par d. ∃ (q, r) ∈ ℤ × ℕ* / a = dq + r, avec 0 ≤ r < d. Alors :
r = a ─ dq = a ─ (au1+ bv1)q = a(1 ─ u1q) +b(─v1q) est un élément de G. Si r était non nul, r
serait un élément de G* strictement inférieur à d ce qui contredit la définition de d. Donc
nécessairement r = 0 et par suite, d | a. On montrerait de même que d | b. Donc d ≤ D (1).
D’autre part, on a : d = au1+ bv1 et, puisque D est un diviseur commun à a et b, il existe des
entiers α et β tels que : a = αD et b = βD. D’où : d = αDu1 + βDv1 = D(αu1 + βv1), donc D | d,
d’où D ≤ d (2). (1) et (2) permettent de conclure que D = d.

Propriété 2 (Théorème de BEZOUT) :


Deux entiers relatifs non nuls a et b sont premiers entre eux si et seulement si, il existe
des entiers relatifs u et v tels que : au + bv = 1.

Démonstration :
«  » : Si a et b sont premiers entre eux, alors D(a,b) = 1. D’après la propriété 1, il existe des
entiers u et v tels que au + bv = D = 1.
«  » : Réciproquement, supposons qu’il existe des entiers u et v tels que au + bv = 1. Soit k
un diviseur commun à a et b.
∃ α ∈ ℤ / a = αk et ∃ β ∈ ℤ / b = βk. D’où : (αk)u + (βk)v = 1, soit k(αu + βv) = 1  k
divise 1  k = 1 ou k = ─ 1  D(a,b) = 1.

Propriété 3 :
Soit a ∈  , b ∈  . L’ensemble des diviseurs communs à a et b est l’ensemble des
diviseurs communs de leur PGCD.

Démonstration :
En effet, d’après la propriété 1, il existe des entiers u et v tels que au + bv = D (1). Si x est un
diviseur commun à a et b, alors a = xα et b = xβ avec (α, β) ∈ ℤ × ℤ.
(1)  D = xαu + xβv = x(αu + βv)  x divise D.
Réciproquement, soit y un diviseur de D. Alors, comme D divise a et D divise b,
∃ (k1, k2) ∈ ℤ × ℤ/ a = k1D et b = k2D. Et comme y divise D, ∃ k3 ∈ ℤ / D = k3 y.
D’où : a = k3y k1D et b = k3yk2  y est un diviseur commun à a et b.

Propriété 4 :
L’équation ax + by = n admet des solutions entières si et seulement si n est un multiple
de D = D(a,b).

Démonstration :
a) Supposons qu’il existe des entiers x0 et y0 tels que : ax0 + by0 = n. Il existe a' et b'
entiers tels que : a = Da' et b = Db'. D’où : Da'x0 + Db'y0 = n  D(a'x0 + b'y0) = n et
par conséquent, n est un multiple de D.

28
b) Supposons que n est multiple de D: ∃ k ∈ ℤ / n = kD. D’autre part, d’après la
propriété 1, ∃ (u, v) ∈ ℤ × ℤ/ au + bv = D. D’où n = k(au + bv) = a(ku) + b(kv),
donc ku et kv sont solutions de l’équation ax + by = n.
1°) PGCD(a, b) = PGCD(b,a) 2°) PGCD(ka,kb) = |k| PGCD(a, b) si a ∈ ℕ* et b ∈ ℕ*.

Démonstration :
Le 1° étant évident, nous allons prouver uniquement le 2°. Soit D = PGCD(a,b). On a D|a et
D|b donc (k1D)| (k1a) et (k1D)| (k1b) (avec k1 = |k|), donc (k1D) | PGCD(k1a, k1b) d’après la
propriété 3. Par suite, il existe α ∈ ℕ / PGCD(k1a, k1b) = αk1D. Donc αk1D|k1a  αD|a et
αk1D|k1b  αD|b. Par conséquent αD|D d’où α = 1 et PGCD(k1a, k1b) = k1 PGCD(a,b).

5.4 Algorithme d’EUCLIDE


Soient a ∈ ℕ* et b ∈ ℕ*. Si b|a, alors PGCD(a,b) = b.
Sinon, divisons a par b. ∃ ! (q, r) ∈ ℤ × ℤ/ a = qb + r avec 0 ≤ r < b. Alors r = a ─ bq, donc
tout diviseur commun à a et b est un diviseur commun à b et r. PGCD(a,b) = PGCD(b, r).
Si r | b, alors PGCD(b,r) = r.
Sinon, ∃ ! (q1, r1) ∈ ℤ × ℤ/ b = q1r + r1 avec 0 ≤ r1 < r et de façon analogue,
PGCD(b,r) = PGCD(r, r1).
En continuant ce procédé, on obtient une suite strictement décroissante (r i) d’entiers naturels
tels que : r0 = r et ∀ i ≥ 2 ri ─ 2 = qi ─ 1 ri ─ 1 + ri. Nécessairement, il existe un i tel que ri = 0.
(Sinon il y aurait une infinité d’entiers strictement inférieurs à r : absurde). Pour ce i, on a
ri ─ 2 = qi ─ 1 ri ─ 1 et PGCD(a,b) = PGCD(b, r) = PGCD(r, r1) = …..= PGCD(ri ─ 2, ri ─ 1) = ri ─ 1.
On retiendra que le PGCD de a et b es t le dernier reste non nul dans la suite des divisions
successives de a par b, de b par r, etc….

EXEMPLE Calculer par l’algorithme d’Euclide PGCD(4539, 1958). En déduire un couple


(u,v) tel que 4539u + 1958 v = D.

On a successivement : 4539 = 2 × 1958 + 623. 1958 = 3 × 623 + 89 623 = 89 × 7 + 0.


Ainsi, PGCD(4539, 1958) = 89.
D’autre part, 89 = 1958 ─ 3 × 623 = 1958 ─ 3 × (4539 ─ 2 × 1958) = ─ 3 × 4539 + 7 × 1958.
Donc 89 = 4539u + 1958 v, avec u = ─ 3 et v = 1958.

5.5 Théorème de GAUSS


Soient (a, b, c) ∈ ℕ*3. Si a divise le produit bc et est premier avec b, alors a divise c.

Démonstration :
En effet, puisque a divise bc, il existe k ∈ ℕ* / bc = ak et puisque a et b sont premiers entre
eux, il existe, d’après Bezout, des entiers u et v tels que au + bv = 1.D’où en multipliant cette
dernière relation par c, acu + bcv = c  acu + akv = c  a(cu + kv) = c  a | c.

EXERCICES D’APPLICATION
25. Utiliser l’algorithme d’EUCLIDE pour déterminer le PGCD des nombres :
a) 360 et 756; b) 3276 et 3861; c) 322 et 1078; d) 6600 et 30 756.

29
26. Utiliser l’algorithme d’EUCLIDE pour démontrer que les nombres donnés sont premiers entre eux:
a) 112 et 135; b) 942 et 1319; c) 352 et 1125; d) 2200 et 5733.

27. Utiliser l’algorithme d’EUCLIDE pour déterminer une solution particulière de chacune des équations
suivantes: a) 24x ─ 17y = 1. b) 59x ─ 68y = 1. c) 137x ─ 191y = 1. d) 1274x ─ 275y = 1.

28. Soient a et b deux entiers naturels non nuls, A et B les nombres tels que : A = 11a + 2b et B = 18a + 5b.
1° a) Montrer que D(a, b) ⊂ D(A, B).
b) Exprimer a et b en fonction de A et B. En déduire que tout diviseur commun à A et B est un diviseur
commun à 19a et 19b.
c) En déduire que D(a, b) ⊂ D(A, B) ⊂ D(19a, 19b).
2° On suppose que a et b sont premiers entre eux. Montrer que le PGCD de a et b divise 19.

29. Soit n un entier naturel non nul. Démontrer en utilisant le théorème de Bezout que les nombres suivants
sont premiers entre eux: a) n et 2n + 1. b) 3n + 2 et 2n + 1. c) 3n + 1 et 9n + 4. d) 5n + 2 et 7n + 3.

30. Soit n un entier naturel. Déterminer suivant les valeurs de n le PGCD de n² + 5n + 7 et de n + 1.

31. Soit (E) l’équation : 11x ─ 5y = 14. Vérifier que le couple (19, 39) est solution de (E) et en déduire tous les
couples (x, y) d’entiers relatifs solutions de (E).

32. On dispose d’une plaque rectangulaire dont les dimensions sont 735 mm sur 504 mm. On veut découper
dans cette plaque des carrés de côté x mm (x ∈ ℕ) sans qu’il y ait perte de matière. Déterminer les valeurs de x
pour lesquelles on peut réaliser un tel découpage.
Quelle est la valeur maximale de x et quel est le nombre de carrés découpés ?

33. Déterminer tous les couples (a,b) d'entiers naturels non nuls tels que
PGCD(a,b) = 56 et a × b = 2940.

34. Déterminer tous les couples (a,b) d'entiers naturels non nuls tels que
PGCD(a,b) = 56 et a + b = 224.

492480
35. Trouver le PGCD de 492480 et 165888. En déduire l’écriture de la fraction 165888 sous la forme d’une
fraction irréductible.

36. Soient n et m deux entiers naturels non nuls. Soit z un nombre complexe vérifiant :
z n = 1 et z m = 1. Montrez que z d = 1 où d = PGCD(n,m).

37. Soit n un entier naturel. On étudie l'équation (x ─ 2n)(y ─ 2n) = 2 n² (1) dont les couples solutions sont
éléments de Z²

1) Soit (x,y) une solution de (1) et d le PGCD de x ─ 2n et y ─ 2n .


Démontrer que d est un diviseur de PGCD(x, y).
2) (x,y) étant une solution de (1), à partir de la relation x² + y² =(x + y ─2n)²,
déduire que PGCD(x,y) divise d.
3) Montrer que si (x,y) est une solution de (1) alors PGCD(x,y) divise n.
4) Lorsque n = 30 résoudre le système constitué de (1) et de PGCD(x,y) = 1.

38. On donne un entier a (a ≥ 2) et deux nombres entiers positifs m et n (m > n). On suppose que l’on a :
m = nq + r 0 < r < n.

30
On pose M = am ─ 1 , N = an ─ 1 , M = ar ─ 1.
On sait que D (m, n) = D (n, r). A-t-on D (M, N) = D (N, R) ?
Déterminer D (M, N).
Application : M = 99….9 (M a 4 679 chiffres)n, N = 99….9 (N a 2 519 chiffres).
Calculer D (M, N).

6. PPCM DE DEUX ENTIERS RELATIFS


6.1 Définition

Soit a ∈ ℕ* et b ∈ ℕ*. Soit Mab l’ensemble des multiples positifs communs à a et à b.


Mab ≠ ∅ car ab ∈ Mab et Mab ⊂ ℕ. D’après l’Axiome 1 du paragraphe 1, Mab admet un plus
petit élément appelé PPCM de a et b et noté PPCM (a,b) ou M(a,b).
Si a ∈ ℤ * et b ∈ ℤ *, on pose PPCM (a, b) = PPCM(|a|, |b|).

6.2 Propriétés du PPCM


Propriété 5 : Soit a ∈  , b ∈  . L’ensemble des multiples communs à a et b est
l’ensemble des multiples de leur PPCM.

Démonstration :
Soit M le PPCM de a et b, ℰ1 l’ensemble des multiples communs à a et b, ℰ2 l’ensemble des
multiples de M.
Soit x ∈ ℰ1. ∃ (α, β) ∈ ℤ × ℤ/ x = αa = βb.
M étant le PPCM de a et b, ∃ (α0, β0) ∈ ℤ × ℤ/ M = α0a = β0b. Effectuons la division
euclidienne de x par M. ∃ ! (q, r) ∈ ℤ × ℕ*/ x = Mq + r avec 0 ≤ r < M.
Alors, on a : r = x ─ Mq = αa ─ (α0a)q = a(α ─ α0q) et aussi r = βb ─ (β0b)q = b(β ─ β0q).
Ainsi, r est un multiple commun à a et à b. Comme r < M, nécessairement r = 0, car M est le
plus petit multiple commun. Donc x = Mq et x ∈ ℰ2.
Réciproquement, soit x ∈ ℰ2. . ∃ k ∈ ℤ/ x = kM = k(α0a) = k(β0b) = a(kα0) = b(kβ0).
D’où x est multiple commun à a et à b et par suite, x ∈ ℰ1.
Conclusion : ℰ1 = ℰ2.

Propriété 6 : Soit a ∈  , b ∈  . Alors PPCM(ka, kb) = |k| PPCM(a, b).

Démonstration :
PPCM(a,b) est un multiple de a et b donc |k| PPCM(a,b) est un multiple de ka et de kb, d’où,
d’après la propriété 5, |k| PPCM(a,b) est un multiple de PPCM(ka, kb).
D’autre part, soit n un multiple commun à ka et kb. ∃ (α, β) ∈ ℤ × ℤ/ n = kaα = kbβ.
n n n n
D’où = aα et = bβ, donc est un multiple commun à a et b  est un multiple de
k k k k
PPCM(a,b)  n est un multiple de |k| PPCM(a, b). En particulier, le PPCM de ka et kb est un
multiple de |k| PPCM(a, b).
On en conclut que M(ka, kb) = |k| M(a,b).

Propriété 7 : Soit a et b deux entiers naturels non nuls, M leur PPCM et D leur PGCD.

31
Alors, on a : ab = MD.

Démonstration :
Il existe des entiers naturels non nuls a' et b' tels que : a = Da' et b = Db'.Nécessairement a'
et b' sont premiers entre eux, sinon a' et b' auraient un diviseur commun λ strictement
supérieur à 1. On aurait : a' = λa'1 et b' = λb'1, d’où a = Dλa'1 et b = Dλb'1, ce qui
entraînerait que Dλ serait un diviseur commun à a et à b strictement supérieur à D: absurde,
puisque D est le PGCD de a et b.
Alors, on a d’après la propriété 5 précédente:
PPCM(a,b) = PPCM(Da',Db') = D × PPCM(a',b').
Notons M' = PPCM(a',b'). M' est un multiple commun à a' et b', donc il existe t1 et t2 entiers
naturels tels que: M' = t1a' = t2b'. a' divise t2b' et il est premier avec b', donc il divise t2
(Théorème de Gauss). Donc il existe un entier naturel t 3 tel que: t2 = a't3. d’où :
M' = t2b' = (a't3)b' = t3 a'b'.
D’autre part, a'b' est un multiple commun à a' et b', donc un multiple de M'(Propriété 5).
Il en résulte que M' = a'b'. Multiplions les deux membres de cette égalité par D²:
D² M' = D² a'b'  D(DM') = (Da') × (Db')  DM = ab. CQFD.

Corollaire : Si a et b sont premiers entre eux, alors a × b = PPCM(a,b)

EXERCICES D’APPLICATION
39. Déterminer le PPCM des nombres :
a) 576 et 480 ; b) 225 et 350 ; c) 845 et 234 ; d) 935 et 561.
(On pourra utiliser l’algorithme d’EUCLIDE pour déterminer le PGCD de ces nombres et en déduire ensuite
leur PPCM).

40. 1° Calculer le PGCD des nombres : a) 175 et 1925 b) 138 et 1012 c) 370 et 2442 d) 525 et 1540
2° Calculer le PPCM des nombres 33 et 44.
175 138 370 525
3° Calculer le nombre N définie par : N = ─ + ─ .
1925 1012 2442 1540

41. Quel est le plus petit nombre entier qui, divisé par 354 et 6390, donne pour reste 18 ?

42. Soit n un entier naturel non nul. On pose : a = 3n + 1 et b = 2n + 3.


a) Démontrer que si a et b ne sont pas premiers entre eux, leur PGCD est égal à 7.
b) En déduire la valeur d en pour laquelle PGCD(a,b) = 7 et PPCM(a,b) = 1232.

43. Trouver les couples (a , b) d'entiers naturels tels que 0 < a < b dont le PGCD d et le PPCM m vérifient :
2m + 3d = 78 et tels que a ne soit pas un diviseur de b.

44. Déterminer les paires d'entiers naturels {a,b} vérifiant: m ─ 18d = 791, où m est le PPCM et d le PGCD des
nombres a et b.

45. Déterminer tous les couples (a,b) d'entiers naturels tels que : PGCD(a,b) + PPCM(a,b) = b + 9.

46. Trouver les couples d'entiers naturels (a,b) vérifiant le système


 a  b  651

 PPCM (a, b)  108 PGCD(a, b)

47. Déterminer tous les couples d'entiers naturels (a,b) tels que :

32
PGCD(a,b) = 10 et PPCM(a,b) = 100

48. Déterminez tous les couples d'entiers naturels (a,b) tels que: m2 ─ 5d2 = 2000, puis déterminer tous les
couples d'entiers naturels (a,b) tels que: m2 - 7d2 = 2000 où d = PGCD(a,b) et m = PPCM(a,b).

7. NOMBRES PREMIERS
« Les mathématiciens ont tâché jusqu'ici en vain de découvrir quelque ordre dans la
progression des nombres premiers, et l'on a lieu de croire que c'est un mystère auquel l'esprit
humain ne saura jamais pénétrer. Pour s'en convaincre, on n'a qu'à jeter les yeux sur les
tables des nombres premiers que quelques-uns se sont donnés la peine de continuer au-delà
de cent mille et l'on s'apercevra d'abord qu'il n'y règne aucun ordre ni règle. » Euler

7.1 Activité préparatoire


Déterminer l’ensemble des diviseurs des entiers naturels suivants :
13, 23, 17, 107, 151, 137, 139, 157, 149.
7.2 Définition
Un entier naturel est dit premier si et seulement si il n’admet que deux diviseurs : (1 et lui-
même).
Exemple : 2, 7, 11 et 19 sont premiers.
Remarque : 1 n’est pas premier car il n’a qu’un seul diviseur, lui-même.

7.3 Propriétés
Théorème 1 : Tout entier naturel n supérieur ou égal à 2 admet au moins un diviseur
premier.
Démonstration : En effet, soit n un entier naturel n supérieur ou égal à 2. Soit D ' l’ensemble
des diviseurs de n privé de 1. Soit p le plus petit élément de D' (qui existe d’après l’Axiome
1). Tout nombre strictement inférieur à p (à part 1) qui diviserait p diviserait n (car p est lui-
même un diviseur de n), donc serait un élément de D' strictement inférieur à p : contradiction,
puisque p est le plus petit élément de D'. Conclusion : p n’a aucun diviseur, hormis 1,qui lui
est strictement inférieur, et par suite p est premier  .

Théorème 2 : Tout nombre premier est premier avec tout entier naturel strictement
supérieur à 1 qu’il ne divise pas.
Démonstration : Soit p un nombre premier et a un entier naturel non divisible par p et
supérieur à 1. Alors a et p sont premiers entre eux, sans quoi ils auraient un diviseur commun
autre que 1 et p (puisque p ne divise pas a), ce qui contredirait la primalité de p  .

On en déduit les corollaires suivants:


Théorème 3 : Deux nombres premiers distincts sont premiers entre eux.
Démonstration : Conséquence immédiate du théorème 2  .

Théorème 4 : Tout entier naturel a, non premier et strictement supérieur à 1, admet un


diviseur premier p tel que 2 ≤ p ≤ a .
Démonstration : a admet au moins un diviseur premier p d’après le théorème 1, donc on a:

33
a = px, où x est un entier naturel strictement supérieur à 1 (car, par hypothèse a n’est pas
premr ier). L’un au moins des deux entiers p et x est inférieur ou égal à a (car s’il étaient
tous deux strictement supérieurs à a , le produit px serait strictement supérieur à a, ce qui est
absurde). Si c’est p qui est inférieur ou égal à a , le résultat est acquis, sinon, c’est x qui est
inférieur ou égal à a . Si x est premier, le résultat est acquis, sinon, par une nouvelle
application du théorème 1, x admet au moins un diviseur premier x ' qui est strictement
inférieur à a . x ' est alors un diviseur premier de a inférieur à a  .

Théorème 5 : L’ensemble des nombres premiers est infini.


Démonstration : Supposons que l’ensemble P des nombres premiers soit infini. On a donc
P = {p1, p2, ......pn}, où n est un entier naturel. Considérons alors le nombre entier
N = p1 × p2 × ......pn + 1. Le reste de sa division euclidienne par chacun des pi (1 ≤ i ≤ n) est 1.
S’il n’était pas premier, d’après le théorème précédent, il aurait au moins un diviseur premier
qui lui est inférieur, soit l’un des pi. Ainsi N est premier. Or, N n’appartient manifestement pas
à P : contradiction  .

7.4 Nombres premiers et divisibilité


Théorème 5 : Si un nombre premier divise un produit de facteurs, alors il divise un de
ces facteurs.
Démonstration : En effet, si p divise le produit ab et ne divise pas a, alors p est premier avec a
(d’après le théorème 2), d’où par le théorème de GAUSS, p divise b.

Théorème 6: Si un nombre premier divise un produit de facteurs premiers, alors il est


égal à l’un de ces facteurs.
Démonstration : Si le nombre premier p divise le produit p1p2...pn, tous les pi (1 ≤ i ≤ n) étant
des nombres premiers, alors il divise l’un d’entre eux, soit pk, d’après le théorème précédent.
Or, d’après la définition d’un nombre premier, pk n’a pour diviseurs que 1 et lui-même.
Comme p ≠ 1, on en déduit que p = pk  .

7.5 Tests de primalité (ou comment reconnaître qu’un nombre est premier)
7.5.1 Méthode du crible d’ ERATOSTENE
Pour déterminer si un nombre donné (419, par exemple) est premier, il faut, en principe,
essayer tous les diviseurs éventuels d tels que d < 419.
En fait, il suffit de rechercher ceux tels que d ² ≤ 419, car si on a une décomposition de 419
telle que 419 = d × n, et si d est le plus petit des deux diviseurs, alors :
d × n ≥ d ², donc d ² ≤ 419.
En d’autres termes, s’il y a une décomposition de 419 en produit de deux facteurs, il y en a
forcément un dont le carré est inférieur à 419. Et connaissant les diviseurs de 419 dont le
carré est inférieur à 419, on connaît automatiquement ceux dont le carré est supérieur à 419.
Il suffit donc de prendre d < 21, car 21² > 419.
D’autre part, le théorème 1 montre qu’il suffit de se limiter aux valeurs de d qui sont des
nombres premiers (car le plus petit diviseur de 419 est nécessairement premier).
Sur une table donnant les entiers de 1 à 419, on barre donc les multiples de 2 (à partir de 4 =
2²), puis ceux de 3 (à partir de 9 = 3², car 6 a déjà été barré comme multiple de 2), etc.
Dans notre exemple, on choisit donc successivement les multiples de 2, 3, 5, 7, 11, 13, 17 et
19. Les nombres non barrés sont alors les nombres premiers inférieurs ou égaux à 419.
Comme 419 n’est pas barré, il est premier.

34
Activité 1 : Soit à déterminer l’ensemble des nombres premiers inférieurs à 100.
On dresse la liste des entiers naturels de 1 à 100 et on raye le 1 (0 et 1 ne sont pas premiers).
Le premier entier non rayé est 2 : il est donc premier.
On raye tous les multiples de 2. Le premier entier non rayé est 3 : il est premier.
On raye tous les multiples de 3. Et ainsi de suite… (On s’arrête après avoir rayé les multiples
de 7 car 11² > 100).

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27 28 29 30
31 32 33 34 35 36 37 38 39 40
41 42 43 44 45 46 47 48 49 50
5 52 53 54 55 56 57 58 59 60
61 62 63 64 65 66 67 68 69 70
71 72 73 74 75 76 77 78 79 80
81 82 83 84 85 86 87 88 89 90
91 92 93 94 95 96 97 98 99 100

7.5.2 Autre méthode


Soit n l’entier (supérieur ou égal à 2) dont on veut vérifier la primalité. On effectue les
divisions successives de n par les nombres premiers consécutifs.
Soit p l’un d’entre eux. Si n = pq + r, avec r < p et si q < p, alors n est premier.
En effet, q < p ⇒ q + 1 ≤ p (car p et q sont des entiers), d’où pq + p ≤ p².
Or r < p, donc pq + r < pq + p ≤ p². Par suite, n < p².
Dans la pratique, on ne calculera donc pas p² mais on arrêtera les recherches dès que l’on
trouvera q < p.
Exemple : 157 = 5 × 30 + 7 ; 157 = 7 × 20 + 17 ; 157 = 11 × 14 + 3 ; 157 = 13 × 12 + 1.
Or 12 < 13, donc 157 est premier.

Activité 2 : Lequel des nombres 523 et 527 est premier ?

1°) n0 = 523
Diviseurs Carrés des Quotients Restes
premiers diviseurs
premiers
2 4 161 1
3 9 174 1
5 25 104 3
7 49 74 5
11 121 47 6
13 169 40 3
17 289 3 13
19 361 27 10
23 529 22 17

Le nombre 523 est alors premier

35
2°) n0 = 527
Diviseurs Carrés des Quotients Restes
premiers diviseurs
premiers
2 4 263 1
3 9 175 2
5 25 105 2
7 49 75 2
11 121 47 10
13 169 40 7
17 289 31 0

Le nombre 527 n’est pas premier

7.6 Décomposition en produits de facteurs premiers


7.6.1. Existence et unicité
Activité 3 : Ecrire sous forme de produit de facteurs premiers les nombres 135 et 5500.
5500 5
135 5 1100 5
27 3 220 5
9 3 44 11
3 3 4 2
1 2 2
135  5  33 1
5500  22  53  11

Théorème 7 : Tout entier naturel non premier peut s’écrire de façon unique sous forme
de produit de facteurs premiers. Cette écriture est unique à l’ordre des facteurs près.

Démonstration : a) Existence de la factorisation


Soit N un nombre entier naturel. (N ≠ 1 et N ≠ 0). Deux cas sont possibles :
 N est premier.
 N est non premier. Il admet alors, d’après le théorème 1 au moins un diviseur premier p1 et
on peut écrire N = p1q1, avec 1 < q1 < N.
A nouveau, deux cas peuvent se présenter :
1. q1 est premier. Alors N = p1q1 est un produit de deux nombres premiers et la factorisation
de N en produit de facteurs premiers est terminée.
2. q1 est non premier. Il admet donc au moins un diviseur premier p2 et q1 = p2q2, soit
N = p1 p2q2, avec 1 < q2 < q1 < N.
En poursuivant ce procédé, on obtient ainsi des quotients successifs qk tels que
1 < …< qk < …< q2 < q1 < N. Il y a un nombre fini de valeurs possibles pour ces quotients, et
par suite, il existe certainement un rang k tel que le nombre qk soit premier, égal à pk. On a
alors N = p1p2….pk, où p1, p2, ….,pk sont des nombres premiers, distincts ou non. En
regroupant ceux des pk qui sont égaux, on obtient une expression de la forme :
N = a  b   c  ... l  .

36
b) Unicité de la factorisation
Supposons en raisonnant par l’absurde que :
N = p1p2….pk = q1q2….qs ,
où p1,p2,….pk, q1,q2,….qs, sont des nombres premiers, distincts ou non.
On a p1 | N, donc p1 | q1q2….qs et p1 est premier, donc (d’après le théorème 6), p1 est égal à
l’un des nombres q1,q2,….qs. Supposons par exemple que p1 = q1. On peut alors écrire :
p1p2….pk = p1q2….qs
d’où :
p2….pk = q2….qs
Ce raisonnement peut être recommencé pour tout nombre pk (1 ≤ i ≤ k), d’où l’on déduit :
{ p1,p2,….pk} ⊂ { q1,q2,….qs}.
Il peut également être fait pour tout nombre qj (1 ≤ j ≤ s), d’où :
{ q1,q2,….qs} ⊂ { p1,p2,….pk}.
Par suite, { p1,p2,….pk} = { q1,q2,….qs}. Ceci prouve qu’il y a unicité de N en produit de
facteurs premiers à condition de ne pas tenir compte de l’ordre dans lequel sont écrits les
facteurs premiers.  .

Tout nombre N non premier s’écrit donc sous la forme


  
N = p1 1  p2 2  ...  pn n ,
où p1, p2,…., pn sont des nombres premiers, α1, α2,…. αn des entiers naturels, avec
pi ≠ pj si i ≠ j.
in
 
On peut également noter : N = 
i 1
pi i . Les pi i sont appelés facteurs primaires de N.

7.5.3. Décomposition en produit de facteurs premiers et divisibilité


Théorème 8 : Un entier naturel a est divisible par un entier naturel b si et seulement si
tous les facteurs primaires de b figurent dans la décomposition de a en produit de
facteurs premiers avec des exposants inférieurs.
Démonstration : a) Si b divise a, il existe un entier naturel c tel que a = bc.
in in
 
Posons : b = 
i 1
pi i . Alors a = c  pi i et quelle que soit la décomposition de c, la
i 1
décomposition de a contient tout facteur premier de b avec un exposant au moins égal.
b) Réciproquement, supposons qu’un nombre a contienne tout facteur premier de b avec un
exposant au moins égal. Ecrivons le développement de a en commençant par tous les facteurs
in
i
premiers de b et groupons tous les autres facteurs dans q. On a : a = 
i 1
pi × q avec

1  1 ,  2   2 ,.....,  n   n . On peut donc écrire :


in in  i in  i
 i
a=  pi i ×  pi × q, soit a = bc, avec c =  pi i × q. Donc a est divisible par b.
i 1 i 1 i 1

Corollaire 1 : Un entier naturel a est diviseur d’un entier naturel b si et seulement si tout
facteur premier de a est un facteur premier de b avec un exposant au plus égal.
C’est une conséquence du théorème précédent puisque a est un diviseur de b si et seulement si
b est un multiple de a.
  
Corollaire 2 : Le nombre de diviseurs de l’entier naturel N = p1 1  p2 2  ...  pn n est

37
1  1 2  1 .....  n  1 .
  
En effet, d’après ce qui précède, tout diviseur de N est de la forme : p1 1  p2 2  ...  pn n avec
0  1  1, 0   2   2 ,......., 0   n   n .
Or 1 peut prendre toutes les valeurs de {0, 1, 2, … 1 }, soit ( 1 + 1) valeurs.
De même, les valeurs que peuvent prendre  2 ,  3 ,....,  n sont respectivement :
1  1 ,  2  1 ,.....,  n  1 . . Le résultat est alors une conséquence du principe multiplicatif
(cf. plus bas, cours de dénombrement).

7.5.4. Expression du PPCM et du PGCD de deux entiers naturels


Théorème 9 : Le PGCD de deux nombres s’obtient en effectuant le produit de tous les
facteurs premiers communs aux deux nombres, chacun étant affecté du plus petit
exposant avec lequel il figure dans les deux décompositions.

Démonstration : Soient a et b deux entiers naturels et d leur PGCD. Chaque facteur premier
de d est, d’après le corollaire 1 du paragraphe précédent, facteur premier commun aux deux
nombres a et b, avec un exposant au plus égal au plus petit exposant de ce nombre dans les
décompositions de a et b.
in ik in i l
   
En d’autres termes, si a =  pi i   qi i et b =
i 1 i 1
 pi i   ri i , alors
i 1 i 1
in

D (a, b)   pi i , avec i  inf( i ,  i ) .
i 1

Exemple : Si a = 540 = 22 × 33 × 5 et b = 1008 = 24 × 32 × 7, les diviseurs communs à a et b


sont les nombres d = 2α × 3β , avec 0 ≤ α ≤ 2 et 0 ≤ β ≤ 2. Pour obtenir le PGCD, il suffit de
prendre les puissances les plus élevées possibles. Soit : D(540,1008) = 22 × 32 = 36.

Théorème 9 : Le PPCM de deux nombres s’obtient en effectuant le produit de tous les


facteurs premiers contenus dans l’un au moins des deux nombres, chacun étant affecté
du plus grand exposant avec lequel il figure dans les deux décompositions.

Démonstration : Soient a et b deux entiers naturels et m leur PPCM. Chaque facteur premier
de m est, d’après le corollaire 1 du paragraphe précédent, facteur premier de l’un au moins
des deux nombres a et b, avec un exposant au moins égal au plus grand exposant de ce
nombre dans les décompositions de a et b.
in ik in i l
   
En d’autres termes, si a =  pi i   qi i et b =
i 1 i 1
 pi i   ri i , alors
i 1 i 1
in ik i l

M (a, b)   pi i   qi
i 
 ri i , avec i  sup( i , i ) .
i 1 i 1 i 1
Exemple : Si a = 540 = 22 × 33 × 5 et b = 1008 = 24 × 32 × 7, les multiples communs à a et b
sont les nombres d = 2α × 3β × 5γ × 7δ , avec α ≥ 4, β ≥ 3, γ ≥ 1 et δ ≥ 1. Pour obtenir le
POCM, on prendra les exposants les plus petits possibles.
Soit : M(540,1008) = 24 × 33 × 5 × 7 = 15 120.

Exercices
49. Les nombres suivants sont-ils premiers ? 43 ; 91 ; 871 ; 12815 ; 568 793 ; 4 295 229 443 ; 1037 + 1.

38
50. Décomposer en produit de nombres premiers les nombres suivants : 720 ; 2 860 ; 8 040 ; 1 323.

51. Décomposer, dans chacun des cas suivants, les nombres a et b en produit de facteurs premiers puis
déterminer leur PGCD : a) a = 360 et b = 2268 b) a = 9 504 et b = 12 312 c) a = 9 100 et b = 21 560.

52. Décomposer, dans chacun des cas suivants, les nombres a et b en produit de facteurs premiers puis
déterminer leur PPCM : a) a = 350 et b = 980 b) a = 792 et b = 924 c) a = 2 142 et b = 6 664.

53. Décomposer, dans chacun des cas suivants, le nombre a en produit de facteurs premiers puis dresser la liste
de ses diviseurs. a) a = 200 b) a = 168 c) a = 693.

360 1001 1925 2478


54. Donner la fraction irréductible égale à chacune des fractions données : 2100 ; 1540 ; 455 ; 9735 .

55. Déterminer tous les couples (a,b) d’entiers naturels dans chacun des cas suivants :
a 5 292 a 34 125 a 5 775
a) = et a + b = 903 b) = et ab = 45 045 c) = et a ─ b = 312.
b 5 544 b 40 425 b 3 465

56. Quel est le plus petit entier naturel qui, multiplié par 2008 est un carré parfait ?
Même question pour 1998 et 5 426.

57. Un nombre entier x est un carré parfait si et seulement si x = n², où n est un entier naturel.
a) Démontrer qu’un nombre entier est un carré parfait si et seulement si il admet un nombre impair de
diviseurs positifs.
b) On suppose que les nombres entiers naturels a et b sont premiers entre eux et que leur produit ab est un
carré parfait. En utilisant les décompositions en facteurs premiers, mos, montrer que a et b sont des carrés
parfaits.
a b
c) Les nombres a et b ont pour PGCD le nombre d et leur produit ab est un carré parfait. Les nombres et
d d
sont-ils des carrés parfaits ?

58. On considère le nombre E = n4 + n2 + 1, n étant un entier positif et non nul.


a) Décomposer E en produit de deux facteurs du second degré et démontrer que ces deux facteurs sont
premiers entre eux.
b) Le nombre E peut-il être premier ?

59. Combien de fois le nombre 2 intervient-il dans la décomposition de 100 ! en produit de nombres premiers ?

60. Soit n un entier naturel différent de 0 et 1. On considère les n ─ 1 nombres :


n ! + 2, n ! + 3, …, n ! + (n ─ 1), n ! + n.
Démontrer que ces nombres ne sont pas premiers.
En déduire que l’on peut trouver une suite de k nombres consécutifs non premiers (k entier arbitraire).

61. Nombres parfaits


On appelle nombre parfait un nombre égal à la demi-somme de ses diviseurs. Soit n un entier naturel non nul.
1°) On suppose que 2n ─ 1 est un nombre premier et on pose a = 2n ─ 1. (2n ─ 1).
a) Quels sont les diviseurs de 2n ─ 1 ? de 2n ─ 1 ?
b) En déduire les diviseurs de a.
c) Quelle est la somme de ces diviseurs ?
2°) Montrer que lorsque 2n ─ 1 est un nombre premier, le nombre 2n ─ 1. (2n ─ 1) est un nombre parfait.
3°) Donner des exemples de nombres parfaits en cherchant, pour les premières valeurs de n, les nombres
premiers de la forme 2n ─ 1.

62. Le petit théorème de FERMAT

39
1°) Soit p un nombre premier et a un nombre entier, supérieur à 2, non divisible par p. On considère la suite (S)
des multiples de a. (S) = {a, 2a, .... (p ─ 1)a}.
a) Montrer que les nombres 1, 2, …., p ─ 1 sont premiers avec p.
b) Soit k un entier tel que 1 ≤ k ≤ p ─ 1.
Montrer par l’absurde que le reste rk de ka par p est non nul.
En utilisant les congruences, on peut alors écrire ka ≡ rk [p] avec rk ≠ 0.
c) Montrer que les restes obtenus sont deux à deux distincts. En déduire que l’ensemble R des restes possibles est
{1, 2, 3,…, p ─ 1} ; quel est leur produit ?
d) En choisissant a = 8 et p = 5, vérifier les résultats ci-dessus.
2°) a) En utilisant la compatibilité de la multiplication avec les congruences modulo p, montrer que :
(p ─ 1) !ap ─ 1 ─ (p ─ 1) ! ≡ 0 [p].
p ─1
b) En déduire que (p ─ 1) !(a ─ 1) est divisible par p.
c) Montrer que p et (p ─ 1) ! sont premiers entre eux. En déduire que p divise ap ─ 1 ─ 1.
On vient ainsi de démontrer le résultat suivant ou petit théorème de FERMAT :
Si p est un nombre premier et a un entier non divisible par p, alors ap ─ 1 ─ 1 est divisible par p, soit encore
ap ─ 1 ─ 1 ≡ 0 [p].
d) Appliquer ce résultat lorsque p = 7 et a = 10, p = 11 et a = 6.
e) En prenant p = 14 et a = 4, prouver que la réciproque du petit théorème de FERMAT est fausse.
3°) p est toujours un nombre premier.
a) Montrer que si a n’est pas divisible par p, le produit a(ap ─ 1 ─ 1) est divisible par p.
b) Montrer que si a est divisible par p, le produit a(ap ─ 1 ─ 1) est encore divisible par p.
c) En conclure que : Si p est un nombre premier et a un entier quelconque, alors ap ─ a est divisible par p.
d) Appliquer ce résultat lorsque p = 7 et a = 10, p = 5 et a = 15.

63. Le théorème de WILSON


Soit p un nombre entier naturel supérieur ou égal à 2.
1°) On suppose que p est un nombre tel que (p ─ 1) ! ≡ ─ 1 [p].
a) Montrer qu’il existe un entier relatif k tel que : k p ─ (p ─ 1) != 1.
b) Montrer, à l’aide du théorème de BEZOUT, que p et (p ─ 1) ! sont premiers entre eux, puis que p est
premier avec 2, 3, …, p ─ 1.
c) En déduire que p est un nombre premier.

2°) Réciproque : On suppose que p est un nombre premier.


Soit a un nombre entier tel que 2 ≤ a ≤ p ─ 1.
a) Les nombres a et p sont premiers entre eux. En déduire qu’il existe deux entiers naturels m et k tels que :
m a ─ k p = 1.
b) Soit b le reste de la division de m par p. Montrer que ab ≡ 1 [p].
c) Montrer que, a donné, ce nombre b est l’unique entier vérifiant ab ≡ 1 [p] et 1 ≤ b ≤ p ─ 1.
d)  Montrer que si a = 1 alors b = 1 et si a = p ─ 1, alors b = p ─ 1.
 Montrer que si 2 ≤ a ≤ p ─ 2, alors a² n’est pas congru à 1 modulo p.
 Déduire des résultats précédents que, pour chaque nombre entier a tel que 2 ≤ a ≤ p ─ 2, il existe un unique
 ab  1 p 

nombre entier b tel que  2  b  p  2
 ba

e) Montrer, en raisonnant par l’absurde, qu’à deux nombres distincts a et a ' correspondent deux nombres
distincts b et b '.
f) D’après les résultats précédents, sachant que le nombre p est impair, on peut regrouper les p ─ 3 nombres
p─3
2, …, p ─ 2 en paires distinctes de nombres {a, b} tels que ab ≡ 1 [p].
2
 En déduire que : 2 × 3 × 4 × …× (p ─ 2) ≡ 1 [p].
Montrer alors que : (p ─ 1) ! + 1 ≡ 0 [p].
On vient de démontrer le théorème de WILSON :
Le nombre entier naturel p est un nombre premier si et seulement si (p ─ 1) ! + 1 est divisible par p.

3°) Vérifier ce théorème lorsque p = 5 et p = 7.

40
8. SYSTEMES DE NUMERATION
8.1 Développement d’un entier selon la base a
Activité 4 : Soit a un entier strictement supérieur à 1.
1°) Prouver que an ≥ na.
2°) Prouver que la suite (un) de terme général un = an est strictement croissante et non
majorée.
3°) Que peut-on dire de la convergence de (un) ?
4°) Etablir la propriété suivante, dite axiome d’Archimède : « ∀ n ∈ ℕ, ∃ m ∈ ℕ / am > n »

Solution :
1°) On procède par récurrence. Cette propriété est vraie pour n = 0 (car elle équivaut alors à 1
≥ 0) et pour n = 1 (car elle équivaut alors à a ≥ 1) . Supposons-la vraie pour l’entier n ≥ 1 .
Alors an + 1 = an × a > na². Or na² ─ (n + 1)a = a [na ─ (n + 1)] ≥ 0 (car, par hypothèse, a > 1
et a est un entier, d’où na ≥ 2n et 2n ─ (n + 1) ) = n ─ 1 ≥ 0).
Donc a fortiori, an + 1 ≥ (n + 1) a et la propriété est vraie au rang n + 1.
2°) an + 1 ─ an = an (a ─ 1) > 0, donc la suite (un = an) est strictement croissante. Si elle était
majorée, il existerait une constante M telle que ∀ n ∈ ℕ, an ≤ M
M M 
Soit n un entier tel que n > (Il suffit de prendre n ≥ E    1 ). On aurait à la fois :
a  a 
n n
a ≥ na > M et a ≤ M. Cette contradiction montre que la suite (un) n’est pas majorée.
3°) La suite (un) étant croissante et non majorée diverge vers +∞ (cf. paragraphe 7.4.4, p. 16).
4°) Conséquence de 2°.

Théorème 10 : Si a est un entier naturel strictement supérieur à 1, alors pour tout entier
naturel x, il existe un développement unique sous la forme :
x = xn an + xn ─ 1 an ─ 1 + ……+ x1 a + x0
avec : 0 ≤ i ≤ n ; 0 ≤ xi < a et xn ≠ 0.

Démonstration :
EXISTENCE DU DEVELOPPEMENT
∗ Si x < a, il suffit de prendre x0 = x.
∗ Si x ≥ a, la division euclidienne de x par a se traduit par : il existe X1 et x0 tels que
x = aX1 + x0 , avec X1 ≠ 0 et 0 ≤ x0 < a.
─ Si X1 < a, en posant X1 = x1, on obtient : x = ax1 + x0.
─ Si X1 ≥ a, la division euclidienne de X1 par a se traduit par : il existe X2 et x1 entiers
naturels tels que :
X1 = aX2 + x1, avec X2 ≠ 0 et 0 ≤ x1 < a.
On reprend la même démarche pour X2 etc...
Ces divisions successives nous donnent une suite finie de restes (x0, x1, ...., xi, ...,xn) et une
suite finie de quotients (X0, X1, ....., Xi, ...,Xn) de termes non nuls. La suite (Xi) est strictement
décroissante, car Xi ≥ aXi+1 et puisque a > 1, on a Xi > Xi+1.
On a Xn < a sinon, il existerait un quotient non nul Xn + 1, de Xn par a, avec Xn+1 < Xn; et Xn ne
serait pas le plus petit et le dernier terme de la suite. Posons alors Xn = xn : ce dernier vérifie :
0 < xn < a. Dès lors, considérons la suite d’égalités :

41
x = aX1 + x0 (1)
X1 = aX2 + x1 (a)
......................
Xi = aXi + 1 + xi (ai)
.........................
Xn = xn (an)
Multiplions les deux membres par le facteur indiqué à droite (Xi par ai), et additionnons
membre à membre. Après réduction, on obtient : x = xn an + xn ─ 1 an ─ 1 + ……+ x1 a + x0.

UNICITE DU DEVELOPPEMENT
Soit un autre développement de x : x = x'man + ......+ x'iai +.....+ x'1a + x'0.
Nécessairement m = n, puisque m (ou n) est le plus grand entier tel que a n ≤ x.
Et x'0 = x0, ...., xi ' = xi car ce sont les restes des divisions par a de x, et des quotients
successifs Xi déterminés de façon unique. 

8.2 Conventions fondamentales (numération de base a)


La numération de base a (a ≥ 2) repose sur les conventions suivantes (justifiées par le
théorème 10) :
─ Chaque nombre strictement inférieur à la base est représenté par un symbole unique
ou chiffre. Deux chiffres sont déjà fixés, ce sont 0 et 1.
─ Le nombre x dont la numération dans la base a est x = xn an + xn ─ 1 an ─ 1 + ……+ x1 a
+ x0 est représenté par x = xn xn1...x1x0 (base a). Dans cette notation les xi sont des chiffres
puisqu’ils sont strictement inférieurs à a.
Pour comparer deux entiers relatifs, on utilise les critères suivants :
─ Deux entiers naturels sont égaux si et seulement si, leur écriture, dans la même base, est
formée des mêmes chiffres, placés aux mêmes rangs.
─ Si, dans la base, deux entiers naturels s’écrivent avec deux nombres différents de chiffres,
alors le plus grand est celui qui a le plus de chiffres.
─ Si, dans la base, deux entiers naturels s’écrivent avec le même nombre de chiffres, et si, à
partir de la gauche, tous les chiffres sont identiques jusqu’au rang r, alors le plus grand des
deux est celui qui a le plus grand chiffre de rang r ─ 1.

42
1. ELEMENTS DE THEORIE DES ENSEMBLES
1.1 Généralités sur les ensembles
Un ensemble est une collection d’objets définis sans ambiguïté (c’est-à-dire que, pour tout
objet, on peut dire si oui ou non il fait partie de E). On note x ∈ E pour indiquer que l’objet x
est un élément de l’ensemble E.

Un ensemble est dit fini si l’on peut compter ses éléments. Il est dit infini dans le cas
contraire. Le nombre d’éléments d’un ensemble fini E est appelé cardinal de l’ensemble E et
noté Card(E)

On peut définir un ensemble de deux façons :


1°) En donnant la liste exhaustive de ses éléments.
2°) En donnant une propriété caractéristique de ses éléments.
Exemple : E = {0, 2, 4, 6, 8}. On peut aussi dire que E est l’ensemble des entiers naturels pairs
inférieurs à 9. 2 ∈ E. 3 ∉ E.

On dit qu’un ensemble A est un sous-ensemble ou une partie de l’ensemble B si tout élément
de A est également élément de B. On note A ⊂ B.

L’ensemble de toutes les parties d’un ensemble E est un nouvel ensemble noté P(E).

Nous admettrons qu’il existe un seul ensemble qui ne contient aucun élément. Cet ensemble
est appelé ensemble vide et noté ∅. On pose par convention Card(∅) = 0.

1.2 Construction de nouveaux ensembles à partir de parties d’un ensemble


Soient A et B deux parties d’un même ensemble E. On définit à partir de A et B les nouveaux
ensembles suivants :
─ L’intersection de A et B, noté A ∩ B, comme étant l’ensemble des éléments communs à A
et à B. (e ∈ A ∩ B) ⇔ (e ∈ A et e ∈ B).
Remarques : 1°) Si A ∩ B = ∅, on dit que les ensembles A et B sont disjoints.

(N.B. Sur la figure, A ∩ B est en gris)

43
2°) On peut définir l’intersection de plusieurs (i.e de plus de deux) ensembles. Par
exemple, e ∈(A ∩ B∩ C) ⇔ (e ∈ A et e ∈ B et e ∈ C).
─ la réunion de A et B, notée A ∪ B, comme étant l’ensemble des éléments qui sont dans A
ou dans B. (e ∈ A ∪ B) ⇔ (e ∈ A ou e ∈ B).

(N.B. Sur la figure, A ∪ B est en gris)


Remarque : On peut définir la réunion de plusieurs (i.e de plus de deux) ensembles. Par
exemple, e ∈(A ∪ B ∪ C) ⇔ (e ∈ A ou e ∈ B ou e ∈ C).

─ la différence de A et B (pris dans cet ordre), notée A \ B, comme étant l’ensemble des
éléments qui sont dans A mais pas dans B. (e ∈ A \ B) ⇔ (e ∈ A et e ∉ B).

─ la différence symétrique de A et B, noté A Δ B, comme étant l’ensemble des éléments qui


sont dans l’un et un seul des ensembles A et B.
[e ∈ (A Δ B)] ⇔ [(e ∈ A et e ∉ B) ou (e ∈ B et e ∉ A)].
En d’autres termes, A Δ B = (A \ B) ∪ (B \ A).

(N.B. Sur la figure, A \ B est en gris, B \ A est hachuré, A Δ B est la réunion de la zone en
gris et de la zone hachurée.)
─ le complémentaire de A dans E comme étant l’ensemble des éléments de E qui ne sont pas
dans A. On le note E \ A , ou A , ou encore CEA.

─ le produit cartésien de A et B, noté A × B, comme étant l’ensemble de tous les couples de


la forme (x,y), où x est un élément quelconque de A et y un élément quelconque de B.
A × B = { (x,y) / x ∈ A et y ∈ B}.
Exemples :
a) Si A = {a, b, c} et B = {1, 2}, alors A × B = {(a,1); (a,2); (b,1); (b,2); (c, 1); (c, 2)}.
→ →
b) Dans le plan muni d’un repère (O, i , j ), l’ensemble des couples coordonnées des
points M(x,y) est le produit cartésien R × R.

Remarques : 1°) En général, A × B ≠ B × A.


2°) On peut définir le produit cartésien de plusieurs (i.e de plus de deux) ensembles :
E = E1 × E2 × …× En. Par exemple A × B × C = { (x,y,z) / x ∈ A et y ∈ B et z ∈ C}.

44
Les éléments d’un produit cartésien à n éléments sont appelés n-uplets.
En particulier, on peut définir le produit cartésien de n ensembles identiques, A × A × …. × A
noté An. Dans l’exemple b) ci-dessus, R × R est également noté R².

1.3 Notion de partition


Soient A1, A2,…., An n parties d’un même ensemble E. On dit qu’elles constituent une
partition de E si et seulement si :
1°) Elles sont tous non vides : ∀ i ∈ {1, 2, …, n}, Ai ≠ ∅.
2°) Elles sont disjointes deux à deux :
∀ i ∈ {1, 2, …, n}, ∀ j ∈ {1, 2, …, n}, avec i ≠ j, on a Ai ∩ Aj ≠ ∅.
3°) Leur réunion est égale à E : A1∪ A2 ∪….∪ An = E.

Le nombre d’éléments d’un ensemble fini E est appelé cardinal de E et noté Card (E).
Exercice : Combien de partitions peut-on faire avec un ensemble à 3 éléments ? Et à 4 éléments ?

1.4 Propriétés de l’intersection et de la réunion


1°) Idempotence : Pour tout ensemble A : A ∩ A = A et A ∪ A= A.
2°) Associativité : Pour tous ensembles A, B et C :
A ∩ (B ∩ C) = (A ∩ B) ∩ C et A ∪ (B ∪ C) = (A ∪ B) ∪ C.
3°) Commutativité : Pour tous ensembles A et B, A ∪ B = B ∪ A et A ∩ B = B ∩ A.
4°) Distributivité : Pour tous ensembles A, B et C,
A ∩ (B ∪ C) = (A ∩ B) ∪ (A ∩ C) et A ∪ (B ∩ C) = (A ∪ B) ∩ (A ∪ C).
5°) Formules de MORGAN : Soient A et B deux parties d’un même ensemble E. Alors :
A∩B = A ∪ B et A∪B = A ∩ B .

2. PRINCIPES DE DENOMBREMENT

2.1 Le principe additif


Nous admettrons la propriété suivante, appelée Principe Additif :

Si A1, A2,…., An constituent une partition d’un ensemble E, alors :


i n
Card(E) = card(A1) + Card(A2) +……+ Card (An) = 
i 1
Card ( A ) .
i

Exemple : Combien y a-t-il de carrés sur la figure ci-dessous?

45
Réponse : Soit E l’ensemble de tous ces carrés. Notons A1, A2, A3, A4 respectivement
l’ensemble de ces carrés ayant pour côtés 1, 2, 3 et 4 carreaux. Les sous-ensembles A1, A2,
A3, A4 constituent une partition de E (puisqu’ils n’ont pas d’élément en commun et que leur
réunion est égale à E).D’après le principe additif,
Card(E) = Card(A1) + Card(A2) + Card(A3) + Card(A4) = 16 + 9 + 4 +1 = 30.

Conséquences :
Soient A et B deux parties d’un même ensemble fini E. On a les relations suivantes :

1°) Si A et B sont disjoints (c’est-à-dire tels que , alors


Card(A ∪ B) = Card(A) + Card(B).
2°) Formule des 4 cardinaux
Si A et B sont quelconques ( c’est-à-dire pas nécessairement disjoints), alors :
Card(A ∪ B) = Card(A) + Card(B) ─ Card (A ∩ B).

3°) Card( A ) = Card(E) ─ Card(A).

Démonstrations : 1°) A et B étant disjoints constituent une partition de A ∪ B. D’où, d’après


le principe additif : Card(A ∪ B) = Card(A) + Card(B).
2°) (A ∩ B) et (A \ B) constituent une partition de A. D’où :
Card(A) = Card(A ∩ B) + Card(A \ B) (1).
B et (A \ B) constituent une partition de (A ∪ B). D’où:
Card(A ∪ B) = Card(B) + Card(A \ B) (2).
D’après (1), on a donc : Card(A \ B) = Card(A) ─ Card(A ∩ B) et en reportant cette
expression dans (2), on obtient: Card(A ∪ B) = Card(B) + Card(A) ─ Card (A ∩ B), d’où le
résultat.
3°) A et A constituent une partition de E donc Card(A) + Card( A ) = Card(E), d’où
Card( A ) = Card(E) ─ Card(A).

Exercice : Dans un camp de vacances hébergeant 80 personnes, 55 personnes pratiquent la natation, 33 le


tennis et 16 ne pratiquent aucun de ces deux sports. Combien de personnes pratiquent à la fois le tennis et la
natation ?

2.2 Le principe multiplicatif


Nous admettrons la propriété suivante, appelée Principe Multiplicatif :

46
Soient n ensembles A1, A2,…., An donnés. Alors :
Card(A1 × A2 × …× An) = card(A1) × Card(A2) ×……× Card (An)
in
=  Card ( Ai ) .
i 1
Dans la pratique, ce principe s’applique sous la forme équivalente suivante:

Si une situation comporte p étapes offrant respectivement n1, n2, ... ,


np possibilités alors le nombre total d'issues est : n1 n2 ... np

Exemples :
Le menu d’un restaurant propose un certain jour pour le repas de midi 3 entrées, 4 plats de
résistance et 2 desserts. De combien de façons un client peut-il composer son menu ce jour-
là ?
Le choix d’un menu est une situation qui comporte 3 étapes :
─ choix d’une entrée : 3 possibilités
─ choix d’un plat de résistance : 4 possibilités
─ choix d’un dessert : 2 possibilités.
D’après le principe multiplicatif, le nombre total de choix possibles est : 3 × 4 × 2 = 24 menus
différents.
Un code comporte deux lettres distinctes suivies d'un chiffre non nul. Combien peut-on
former de codes distincts ?
Les trois étapes : choix de la première lettre, de la deuxième, puis du chiffre offrent
respectivement 26, 25 et 9 possibilités. Le nombre cherché est donc 26 25 9 5850 codes
distincts.
Nombre d'itinéraires distincts menant de A à C ? Nombre d'itinéraires "aller retour" A-C-A
n'empruntant que des chemins distincts ?

Aller simple A-C : 4 3 12


Aller retour A-C-A : 4 3 2 3 72.

3. LES OUTILS DE DENOMBREMENT


3.1 p-listes, arrangements et permutations

Définition
Soient n ∈ ℕ* et E un ensemble de cardinal n. Soit p ℕ.Une p-
liste de E est un p-uplet d'éléments de E. C'est donc un élément du
produit cartésien Ep E ... E (p facteurs)

Exemples :
E {0 ; 1 ; 2 ; ... ; 99}. Une 5-liste de E est par exemple (21, 12, 12, 15, 98).
E {a ; b ; c ; ... ; z}. Le 6-uplet (a, n, a, n, a, s) est une 6-liste de E. En pratique, et lorsque
la situation le permet, une p-liste est tout simplement notée ainsi : a n a n a s. Ainsi tout mot

47
de p lettres (ayant un sens ou non) est une p-liste de l’ensemble {a ; b ; c ; ... ; z}des 26 lettres
de l’alphabet (en ne tenant pas compte des accents).
Je dois ranger 5 livres dans 3 tiroirs, notés respectivement T 1, T2 et T3, chaque tiroir pouvant
contenir de 1 à 5 livres. Chaque rangement peut être symbolisé par une liste ordonnée de 5
éléments distincts ou non de l’ensemble T { T1 ; T2 ; T3} , c’est-à-dire un élément de T5.
Je lance 4 fois un dé. Chaque groupe de 4 résultats consécutifs est un élément de A5,
où A = {1 ; 2 ; 3 ; 4 ; 5}.
Tirages avec remise : Une urne contient 10 boules numérotées de 1 à 10. On tire 4 fois de
suite une boule et on note son numéro. On remet la boule dans l’urne après chaque tirage.
Chaque résultat (série des 4 numéros relevés) est une 4-liste de l’ensemble {1 ; 2 ; 3 ; ... ; 10}
Remarques :
On précise parfois p-liste "avec répétition" pour les distinguer des arrangements qui seront
évoqués ci-dessous.
On suppose que la 0-liste existe, c'est la liste qui ne comporte aucun élément.

Théorème :

Soit E un ensemble de cardinal fini n. Alors le nombre des p-listes


de E est n p .

Démonstration : Pour constituer une p-liste de E, on doit suivre les p étapes suivantes :
─ choix du premier élément de la liste : n possibilités.
─ choix du deuxième élément de la liste : n possibilités.
─ ………………………………………………..
─ ………………………………………………..
─ choix du p-ième élément de la liste : n possibilités.
En effet, comme il est possible de répéter les éléments de la liste, on a à chaque étape autant
de possibilités qu’il y a d’éléments dans E, soit n possibilités.
D’après le Principe multiplicatif, le nombre total de façons de constituer la p-liste est
 n  .... n , soit n p .
n
p fois
Exercices :1) Au loto sportif, on coche l'une des trois cases
1 N 2
pour chacun des 13 matches sélectionnés. Dénombrer le nombre de grilles distinctes.
2) Combien y a-t-il de numéros de téléphone de ligne fixe possibles à Saint-Louis (commençant par 33961 suivi
de 4 autres chiffres ?
3) Nombre de codes possibles pour une carte de crédit (4 chiffres distincts ou non) ?
4) Montrer que n p est le nombre d'applications d'un ensemble de cardinal p dans un ensemble de cardinal n.

Définition

Soit E un ensemble de cardinal fini n et p un entier naturel tel que 0 ≤ p ≤ n.


Un p-arrangement (ou arrangement de p éléments) de E est une p-liste
d'éléments distincts de E.
Une permutation de E est un arrangement des n éléments de E.

48
Exemples : E {a ; b ; c ; ... ; z}. Les listes suivantes : b e a u , ma t i n , h i v e r sont des
arrangements de 4 et 5 éléments de E. Par contre, a r r a n g e m e n t n'est pas un arrangement
de 11 éléments de E car ses éléments ne sont pas distincts.
Soit E {s ; u ; c ; r ; e}. Les anagrammes du mot s u c r e sont des permutations de E.
Je dois ranger 3 livres dans 5 tiroirs, notés respectivement T 1, T2, T3, T4 et T5, chaque tiroir
pouvant contenir de au plus un livre. Chaque rangement peut être symbolisé par une liste
ordonnée de 3 éléments distincts de l’ensemble T { T1 ; T2 ; T3, T4, T5} , c’est-à-dire un
arrangement de 3 éléments de T.
Tirages sans remise : Une urne contient 15 boules numérotées de 1 à 15. On tire une boule
et on relève son numéro, puis on en tire une 2ème sans remettre la 1ère boule tirée dans l’urne.
On continue ainsi jusqu’à ce qu’on obtienne 5 boules. Chaque résultat (série des 4 numéros
relevés, ex : (4, 5, 11, 2, 1)) est un arrangement de 5 éléments de l’ensemble {1 ; 2 ; ... ; 15}.

Théorème

Soit E un ensemble de cardinal fini n et p un entier naturel tel que 0 ≤ p ≤ n.


Le nombre d'arrangements de p éléments de E est :
Anp  n(n  1)(n  2)......(n  p  1)
Le nombre de permutations de E est : Ann

Remarques : 1°) Anp est le produit de p entiers consécutifs décroissant à partir de n.


Ex : A 83 = 8 × 7 × 6 = 336 ; A 42008 = 2008 × 2007 × 2006 × 2005 = 16 209 006 133 680.
2°) Ann est le produit des n premiers entiers naturels non nuls : Ann = 1 × 2 × ….× n.
Ce nombre est noté n ! (lire « factorielle n » et pas « n factorielle » !). On pose par convention
que 0 ! = 1.
3°) On obtient le nombre Anp sur la plupart des calculatrices en utilisant la touche
nPr

Démonstration du théorème : Pour constituer un arrangement de p éléments de E, on doit


d’abord choisir le 1er élément, ce qu’on peut faire de n façons, puis le 2e élément, ce qu’on
peut faire de (n ─ 1) façons, car il doit être distinct du premier, etc…, et enfin le p-ième
élément ce qu’on peut faire de n ─ (p ─ 1) façons.
D’après le Principe multiplicatif, il y a au total n × (n ─ 1) × ….× [n ─ (p ─ 1)] façons de
constituer l’arrangement.

Exercices :1) Le tiercé : une course de chevaux comporte 20 partants. Combien peut-il y avoir de résultats
possibles de tiercés dans l'ordre ?
2) De combien de façons peut-on repartir 7 personnes sur 7 chaises ?
3) Un porte manteau comporte 5 patères. De combien de façons peut-on y accrocher 3 habits différents ?
4) Nombre de mots (ayant un sens ou non) de 5 lettres distinctes de notre alphabet
5) Tirages sans remise : Une urne contient 10 boules numérotées 0, 1, ... , 10. On en tire successivement trois
sans remise. Combien de tirages différents ? .
p
6) Montrer que An est le nombre d'applications injectives d'un ensemble de cardinal p dans un ensemble de
cardinal n.
Démontrer que 6! 7! 10! (sans calculer 10!)
n! (n + 1)! n! (n + 1)! (n + 1)! n! (n ― 1)! n
Simplifier , , , , + , ― .
(n ― 1)! n! (n ― 2)! (n ― 3)! (n ― 2)! (n ― 1)! n! (n + 1)!

49
k n 1
Démontrer que tout entier k : (k 1)! k! k k!, puis que pour tout entier n non nul : n! 1  
k 0
kk ! 

3.2 Combinaisons
Définition

Soit E un ensemble fini de cardinal n et p un entier naturel tel que 0 ≤ p ≤ n.


Une p-combinaison (ou combinaison de p éléments) de E est une partie de E
ayant p éléments.

Exemples :
1°) E {a ; b ; c} et p 2. Les combinaisons de deux éléments de E sont les parties : {a ; b},
{a ; c} et {b ; c}.
2°) Une classe de 13 élèves décide d’envoyer 4 représentants au Foyer du Lycée. Chaque
choix est une combinaison à 4 éléments de l’ensemble des élèves.

Il est essentiel de noter que :


Dans une partie, les éléments sont deux à deux distincts.
Deux parties qui contiennent les mêmes éléments sont égales.
Ainsi {a ; b} {b ; a}. (L'ordre dans lequel on écrit les éléments n'a pas d'importance).
3°) Tirages simultanés : Une urne contient 9 boules numérotées de 1 à 9. On tire au hasard et
simultanément 3 boules de l’urne. Chaque tirage est une combinaison à 3 éléments de
l’ensemble des 9 boules.

Théorème

Soit E un ensemble de cardinal fini n et p un entier naturel tel que 0 ≤ p ≤ n.


 Le nombre de combinaisons de p éléments de E est :
n n! Ap
Cnp      n
 p  p ! n  p  ! p !

Remarques : 1°) Les coefficients Cnp sont encore appelés coefficient binomiaux. (On verra
pourquoi au paragraphe suivant).
2°) Si p est strictement supérieur à n, on convient que dans ce cas Cnp = 0.
3°) On obtient le nombre Cnp sur la plupart des calculatrices en utilisant la touche
nCr

Démonstration du théorème :
Dénombrons les arrangements de p éléments d'un ensemble fini E de cardinal n.
Un arrangement est caractérisé par :
Le choix d'une partie de E à p éléments (Notons qu'il y a Cnp choix de telles parties)
La façon d'ordonner les p éléments de la partie choisie (p! façons)
Le principe multiplicatif donne alors : Apn = Cnp × p !, d’où le théorème.

Interprétation importante : Cnp représente le nombre de façons de choisir p objets parmi n


(l'ordre n'important pas).

50
Exercices :
1) Le loto : On tire au hasard 6 boules parmi 49. Combien de tirages possibles ?

2) Le Poker : Dans un jeu de 32 cartes, on choisit 5 cartes au hasard (ces 5 cartes s'appellent une "main").
a) Nombre de mains total b) Nombre de mains qui contiennent exactement 3 as
c) Nombre de mains qui contiennent au moins 3 as

3) Nombre de comités de 3 personnes que l'on peut élire dans une assemblée de 20 personnes.

4) Une urne contient 10 boules numérotées 0, 1, .... ,10. On en tire simultanément trois. Combien de tirages
différents ?

5) Dans le quadrillage ci-dessous (9 4), combien y a-t-il de chemins allant de A à B (on se déplace uniquement
vers la Droite ou vers le Bas) ?
Indication : on pourra dénombrer le nombre de mots de 13 lettres qui contiennent 9 fois la lettre D et 4 fois la
lettre B.
Combien de ces chemins passent par le point C ?

6) Nombre de diagonales d'un polygone à n côtés ?

7) On se donne n points distincts sur un cercle. Combien de cordes définissent-ils ?


On suppose que ces cordes se coupent en des points distincts à l'intérieur du cercle.
Combien y a-t-il de points d'intersection ?

n
8) Montrer que C p représente le nombre d'applications strictement croissantes d'un ensemble de cardinal p dans
un ensemble de cardinal n.

Propriétés des coefficients binomiaux

1°) Symétrie : Pour tout entier n et tout entier p tel que 0 ≤ p ≤ n, on a : Cnp = Cnn p .
En particulier, Cn0 = Cnn = 1 et C1n = Cnn1 = n.
2°) Formule de PASCAL Pour tout entier n et tout entier p tel que 1 ≤ p ≤ n ─ 1, on a :
Cnp = Cnp1  Cnp11 .

Nous allons proposer, pour chacune de ces propriétés, deux démonstrations : une
démonstration ensembliste et une démonstration algébrique.
1°) Démonstration ensembliste :
Cnp représente le nombre parties de p éléments d'un ensemble E. Or, à chaque partie on peut
associer de façon unique une autre partie : son complémentaire.
Et le complémentaire d'une partie à p éléments comporte n ─ p éléments.
Donc dénombrer les parties à p éléments revient à dénombrer les parties complémentaires à
n ─ p éléments et il y en a Cnn p .

51
n! n!
Démonstration algébrique : Cnn p    Cnp .
 n  p ![n  (n  p )]!  n  p ! p !
2°) Démonstration ensembliste : Soit E un ensemble de cardinal fini n avec n ≥ 2. Soit a un
élément fixé de E. Remarquons que les parties à p éléments de E se partagent en deux
catégories :
celles ne contenant pas a (il y en a Cnp1 ), car fabriquer une telle partie revient à choisir p
éléments parmi n ─ 1.
celles contenant a (il y en a Cnp11 ), car fabriquer une telle partie revient à choisir (p ─ 1)
éléments parmi n ─ 1.
Or ces deux catégories constituent une partition de l’ensemble des parties à p éléments de E.
D’après le principe additif, on a donc Cnp = Cnp1  Cnp11 .
Démonstration algébrique :
(n  1)! (n  1)! n(n  1)!(n  p) n(n  1)! p
Cnp1  Cnp11 = + = +
p !(n  1  p)! ( p  1)!(n  p )! np !(n  p)! np !(n  p )!
n! n  p p n! p
=    = = Cn .
p !(n  p )!  n n p !(n  p )!

Exercice : En utilisant la formule de PASCAL et en raisonnant par récurrence, démontrer que tous les nombres
Cnp sont entiers.

Triangle de PASCAL
La formule de Pascal permet de calculer les coefficient binomiaux de la façon suivante : pour
trouver un certain coefficient, on additionne dans le tableau suivant les coefficients situés
"juste au dessus" et "juste au dessus à gauche" entre eux :

Note historique : Le tableau est appelé triangle de Pascal en hommage à ce dernier qui
écrivit en 1654 son "traité du triangle arithmétique" dans lequel il expose d'innombrables
applications du triangle déjà connu de Tartaglia (1556), Stiefel (1543) et des Chinois (1303).

52
Exercice : Ecrire le triangle de PASCAL jusqu’à n = 10.

4. Formule du binôme de NEWTON

Théorème

Pour tous nombres complexes a et b et tout entier naturel n non nul :


n
n
 a  b    Cnp a n pb p
p 0
valeur finale
Rappelons que la notation « somme » abrégée : 
p valeur initiale
f ( p) signifie la somme des

expressions de la forme f (p) quand on donne successivement à p la valeur initiale, puis


l’entier consécutif à cette valeur, etc…, jusqu’à la valeur finale.
n
Ainsi : 1 + x + x² + …+ xp se note de façon condensée  xp .
p 0
Remarques : 1°) A l’aide de cette formule et du triangle de PASCAL, on retrouve les identités
remarquables. Ainsi,
 pour n = 2, on a : (a + b)² = C20 a²b0 + C12 a1b0 + C22 a0b2 = a² + 2ab + b².
 pour n = 3, on a : (a + b)3 = ….. = a3 + 3a2b + 3ab2 + b3.
 pour n = 4, on a : (a + b)4 = ….. = a4 + 4a3b + 6a2b2 + 4ab3 + b4.

2°) En substituant b à (─ b) dans la formule, on obtient le développement de (a ─ b)n :


n n
n
 a  b    Cnp a n p (b) p =  (1) p Cnp a n  pb p .
p0 p 0
Dans la pratique, il faut noter que les signes obtenus dans ce dernier développement alternent.
Ainsi, par exemple, (a ─ b)4 = a5 ─ 5a4b + 10a3b2 ─ 10a2b3 ─ 5ab4 + b5.

3°) Il est aussi utile de savoir utiliser la formule avec des valeurs particulières de a et b :
n
Lorsque a b 1 : (1 + 1)n =  Cnp = Cn0  Cn1  Cn2  .....  Cnn = 2n.
p 0
n
n
Lorsque a 1 et b x : 1  x    Cnp x p = 1  Cn1 x  Cn2 x 2  ...  Cnp x p ..  Cnn 1x n1  x n .
p 0
n
Lorsque a 1 et b 1 : (1 ─ 1)n = 0   (1) p Cnp .
p 0

Démonstration de la formule du binôme (par récurrence) :


Soient a et b deux nombres réels fixés.
n
n
On considère la propriété définie pour n ℕ par : (n) :  a  b    Cnp a n pb p .
p 0
0
On a (a b)0 1 et  Cn0 a 0 p b0 = C00 a 0b0 = 1 d'où (0) est vraie.
p 0
n
n
Soit n ℕ. Supposons (n) :  a  b    Cnp a n pb p est vraie.
p 0

53
On a alors :
n
n 1 n
a  b   a  b   a  b    Cnp a n  pb p  a  b  
p 0

(Cn0 a nb0  Cn1 a n1b1  ......  Cnp a n p b p  ...  Cnn a 0b n )(a  b)


 Cn0 a n 1b0  Cn1a nb1  Cn2 a n1b 2  .....  Cnp a n p 1b p  .......  Cnn a b n
 Cn0 a nb1  Cn1a n1b 2  ......  Cnp 1a n p 1b p  ...  Cnn 1a bn  Cnn a 0b n1

0
= Cn a n 1b 0 +( Cn0 + C1n ) a nb1 +( C1n + Cn2 ) a n 1b 2 +……+( Cnp 1 + Cnp ) a n p 1b p +….+
( Cnn1 + Cnn ) a b n + Cnn a 0b n 1 .
Par application de la formule de PASCAL, on obtient alors :
n n 1
a  b
n 1 0
 Cn1 a n 1b 0 + 
p 1
C C p
n

p 1
n  n1
a ( n1)  pb p + Cn1 a 0b n 1 = 
p 0
C
p
n 1
a ( n1)  pb p .

D'où (n + 1) est vraie. On conclut d'après le principe de raisonnement par récurrence.

Exercices : 1) Ecrire les développements de (x ─ 1)6(3 + 2x)4(2 ─ 3x)7 .

2) Démontrer que le nombre de parties d'un ensemble fini E de cardinal n est : Card((E)) n.

n
3) Prouver la relation : Cn =
p
p
Cnp11
n
i k i
4) Formule de Vandermonde. Soit k ℕ *.Démontrer que :  C n1 C n2 = Cnk  n .
k 0 1 2

En déduire que : C  ²  C  ²  C  ²  ....  C  ²  C


0
n
1
n
2
n
n
n
n
2n

(Indication : dans un ensemble X de cardinal n1 n2, considérer deux sous-ensembles E et F disjoints de cardinal
respectifs n1 et n2 et dénombrer de deux façons différentes le nombre de parties à k éléments de E F).

5) Soit n un entier naturel non nul et f l’application de R dans R définie par ; f(x) = (1 + x)n.
Calculer la dérivée f '(x) de deux façons différentes. En déduire que :
n2n 1  C1n + 2 Cn2 + 3 Cn3 +…..+ n Cnn .
0 1 2 n
Trouver une expression simple de Cn + 2 Cn + 3 Cn +…..+ (n + 1) Cn .

6) Pour tout couple (a,b) d’entiers naturels, démontrer que (a + b)5 ─ a5 ─ b5 est un entier naturel divisible par 5.
Généraliser ce résultat en montrant, par récurrence, que si a1, a2, …, an sont des entiers naturels :
(a1 + a2 + …+ an)5 ─ (a15 + a25 + ….+ an5)
est un entier naturel divisible par 5.

7) En calculant de deux façons différentes le terme de degré p dans le développement de (1 + x + x)n, démontrer
p p 0 p 1 p 1 2 p 2 p 0
que : 2 Cn = Cn Cn  Cn Cn 1  Cn Cn  2  ….+ Cn Cn  p .

4. Notions de base des probabilités


4.1 Expérience aléatoire et événements
On lance un dé non pipé et on note le numéro de la face supérieure. On ne peut pas prévoir à
l’avance le résultat de cette expérience. On dit que c’est une expérience aléatoire.
Chacun des résultats possibles ({1}, {4}, {5}.......) est un événement élémentaire .

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L’ensemble des résultats possibles de cette expérience, noté  est appelé Univers de
l’expérience.   1,2,3,4,5,6.
Toute partie A de  est un événement. Il est constitué d’événements élémentaires.
Par exemple A = {1 ; 3 ; 5} est un événement.
On peut aussi définir cet événement A ainsi : « le numéro de la face apparue est impair ».
Voici d’autres exemples d’expériences aléatoires :
- le tirage d’une carte d’un jeu de 32 cartes
- le lancer d’une pièce de monnaie
- le tirage de boules dans une urne
- le sexe d’une naissance.
Exercice : Préciser les événements élémentaires de chacune de ces expériences.

Un événement est dit réalisé s’il contient le résultat de l’expérience. Par exemple si à l’issu
d’un lancé la face 5 apparaît, on dit que A est réalisé.
L’événement « le numéro de la face apparue est inférieur à 7 » est  . C’est l’événement
certain.
L’événement « le numéro de la face apparue est supérieur à 7 » est  . C’est l’événement
impossible. Il ne se réalise jamais.
Deux événements sont incompatibles lorsque leur intersection est vide ; ils ne peuvent pas se
réaliser en même temps. Par exemple : A = {1 ; 3 ; 5} et C = {2 ; 6}sont incompatibles.

L’événement contraire d’un événement est le complémentaire dans  de cet événement.


Exemple : Pour A ={1 ; 3 ; 5} , A = {2 ; 6; 4}
On a : A  A =  etA  A =  .
D’autres exemples d’expériences aléatoires :

4.2 Probabilité d’un événement


Dans l’expérience précédente du lancé de dé, l’événement E= 2a une chance sur six de se
1
réaliser. La probabilité de l’événement A = .
6
a) Définition
On appelle probabilité sur un Univers  toute application P :   0 ;1 .vérifiant
- p( )  1
- Pour des événements A et B tels que A ∩ B = ∅, on a P(AB)= P(A) + P(B).
Conséquences :
- P ( ) = 0
- La probabilité d’un événement A est égale à la somme des probabilités des
événements élémentaires qui le constituent.
- La somme des probabilités des événements élémentaires est égale à 1.
b) Propriétés
Soit A et B deux événements

i) P A 1  P  A 
ii) P  A  B   P( A)  P( A  B)
iii)P(A  B)  P( A)  P( B)  P( A  B)
iv) Si A ⊂ B alors P(A) ≤ P(B) ("croissance" de la probabilité).

Démonstration :

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i) A et A sont disjoints A  A   donc P(A  A)  P ()  1  P ( A)  P ( A)
D’où P( A ) = 1- P(A)
ii) A=  A  B    A  B)  donc P(A) = P(A  B)  P( A  B) car A  B et A  B sont
disjoints d’où P  A  B   P( A)  P( A  B)
iii) B = A  B  B  A donc P(B) = P(A  B ) +P(A-B) d’où le résultat.
iv) Si A B alors B est l'union disjointe de A et de (B \ A) donc : P(B) P(A) P(B \ A)
Et comme P(B \ A) ≥ 0, on obtient bien : P(A) ≤ P(B)

Remarques
1°) Lorsque les événements élémentaires ont la même probabilité : on dit qu’il y a
équiprobabilité.
Lorsque qu’il y a équiprobabilité:
1
- la probabilité d’un événement élémentaire i est P(i) =
card
cardA nombre de cas favorables
- P(A) = = = Fréquence de A.
card nombre de cas possibles
2°) Dans certains cas les probabilités des événements élémentaires ne sont pas égales. On dit
que la probabilité est non uniforme.

Exercices : 1) Dans une classe, 10% des élèves étudient l’arabe, 20% des élèves étudient l’anglais et 5% des
élèves étudient à la fois l’arabe et l’anglais. On choisit un élève au hasard. Quelle est la probabilité qu'il étudie
l’arabe ou l’anglais. ?

2) Démontrer que si C, D et E sont trois événements alors,


P(C D E) P(C) P(D) P(E) P(C D) P(D E) P(E C) P(C D E).

3) Un sac contient 5 jetons numérotés 1, 2, 3, 4 et 5. On les tire au hasard, un par un, en les plaçant les uns à côté
des autres, de gauche à droite de manière à former un nombre n de 5 chiffres.
Calculer la probabilité que : a) n soit pair ; b) n soit supérieur à 23 000.

4) On marque n points sur un cercle. On en choisit deux au hasard. Quelle est la probabilité qu’ils soient
voisins ? Même question lorsque les points sont sur une droite.

5) On tire 5 cartes au hasard d’un jeu de 32 cartes. Quelle est la probabilité d’avoir :
a) l’as de cœur ? b) un as et un seul ? c) deux as et deux seulement ; d) exactement trois as ;
e) les quatre as ; f) au moins un as ?

6) n personnes disposent chacune d’un jeu de 32 cartes. Chaque personne tire une carte au hasard. Quelle est la
probabilité pour que parmi les cartes tirées il n’y en ait pas deux identiques ?

7) A, B et C sont trois événements d’un univers Ω muni d’une probabilité P. On définit les deux événements:
E1 = A ∩ B ∩ C et E2 = A ∩ (B ∪ C).
a) Comparer E1 et E2 . b) Calculer P(E1 ∪ E2 ) en fonction de P(A).
c) Calculer P(E1) et P(E2 ) sachant que :
P(A) = 0,6; P(B) = 0,4; P(C) = 0,3; P(A ∩ B) = 0,2; P(B ∩ C) = P(A ∩ C) = 0,1; P(A ∩ B ∩ C) = 0,005

8) A, B et C sont trois événements d’un même univers. On donne :


P(A) = 0,3; P(B) = 0,25; P(C) = 0,25; P(A ∩ B) = 0,15; P(B ∩ C) = 0,15;
P(A ∩ C) = 0,20; P(A ∩ B ∩ C) = 0,08.
Ecrire les événements suivants:
a) A et B se produisent, mais non C (événement E).

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b) Deux des trois événements se produisent mais pas trois (événement F).
Calculer les probabilités des événements E et F.

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