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La comparaison entre la déconcentration et la décentralisation

Introduction :

Dans un Etat unitaire, comme le Maroc, la pratique a démontré l’originalité de l’organisation


administrative. Cette originalité, qui est partagée entre une constante centralisatrice héritée de
l’époque coloniale de l’action administrative, est liée à la doctrine classique, qui caractérise l’héritage
institutionnel et juridique marocain et donne l’image d’une organisation administrative territoriale
marquée par un concept central qui est la « centralisation » et ses deux éléments extérieurs qui sont
« la déconcentration » et la « décentralisation ».

La déconcentration constitue le principe sur lequel sont fondés la répartition des compétences de
l’Etat et le mode d’organisation et de fonctionnement des administrations civiles qui dépendent de
lui. Alors que la décentralisation correspond à transfert des fonctions, des pouvoirs et des
responsabilités à des entités plus en moins autonomes et distinctes de l’État.

La décentralisation et la déconcentration sont parfois confondues car ce sont deux principes qui se
ressemblent, en effet les deux cherchent le transfert de pouvoirs de l'Etat vers les autorités locales.
Cependant, ces deux processus sont différents.

Il est donc pertinent de comparer la déconcentration et la décentralisation pour essayer de mettre à


la lumière les points importants de complicités mais aussi de divergences.

A l’égard de ce sujet, on peut des demander si ces deux notions sont contradictoires ? Et quels sont
les points de distinctions entre eux ? Ainsi s’il existe une relation complémentaire entre les deux ?

Pour répondre à ces questions, nous verrons dans une première partie l’aboutissement de la réforme
de l’Etat unitaire marocain (I), puis nous montrerons la différenciation de la mise en œuvre de la
décentralisation et la déconcentration (II).

I : L’aboutissement de la réforme de l’Etat unitaire marocain :

Dès son indépendance, le Maroc a vécu une évolution dont il s'est engagé dans le processus de la
décentralisation qui a été entretenue et renforcée avec la pratique de la gestion locale (A), Eu égard,
de cette évolution qui est notablement marquée, le Royaume a connu des mutations de son
organisation administratives (B).

A- Depuis 1956, une évolution vers la décentralisation :

Depuis l'indépendance et jusqu'à nos jours, la décentralisation au Maroc est passée par trois phases.

Première phase de la décentralisation, le processus de la décentralisation moderne a débuté par


l'élaboration d'un premier cadre juridique qui a été mis en place dès 1959. La Constitution de 1962 et
celles de 1970 et 1972 ont consolidé davantage le processus de décentralisation. Ces textes ont
défini les Communes, les préfectures et les provinces comme étant des collectivités territoriales,
dotées de la personnalité morale et de l'autonomie financière.

Deuxième phase de la décentralisation : Le développement local confié sous une tutelle plus souple
qu'auparavant à une élite locale élue. La nouvelle Constitution, adoptée en 1992, a créé une nouvelle
collectivité locale à savoir la région.
Troisième phase de la décentralisation (phase de maturité) : Une décentralisation de plus en plus
effective à orientation plus économique, sociale et culturelle. La décentralisation est devenue une
réalité vivante dans le Maroc. Et le processus de la décentralisation continue avec les élections
communales du 13 juin 1997.

Si une décentralisation est pratiquée, la déconcentration apparaît comme un corollaire utile, ou


même nécessaire.

B- La déconcentration, mutation de l’organisation administrative marocaine :

En vertu de la dernière phrase de l’article premier de la constitution ; l’organisation territoriale du


Royaume est décentralisée. Elle est fondée sur une régionalisation avancée. En exécution des Hautes
instructions Royales qui classent la déconcentration au cœur des priorités et encouragent les
pouvoirs publics à renforcer davantage le processus de la déconcentration administrative en vue
d’accompagner la nouvelle dynamique que connait la Région, les efforts engendrés en matière
d’organisation des services se dirigent vers une mutation profonde de l’organisation des services
étatiques au niveau territorial, un changement qui mettra l’accent sur le territoire par le
renforcement du processus de la déconcentration administrative œuvrant à construire une
administration régionale forte par ses compétences, ses moyens et ses ressources, et qui devra,
accompagner le chantier de la régionalisation qui rend de la décentralisation un outil efficace pour le
développement économique et social.

Dans ce contexte, il est primordial de savoir la distinction entre la décentralisation et la


déconcentration.

II : Les différenciations de la mise en œuvre de la décentralisation et la déconcentration :

Comme nous avons évoqué précédemment que l’Etat unitaire se compose de deux types, l’Etat
unitaire centralisé et l’Etat unitaire déconcentré. C’est remarqué que ces deux notions qu’elles
avaient des points de divergences (A), et des convergences en ce qui concerne leurs objectifs (B).

A- Les divergences de nature de la décentralisation et la déconcentration :

La déconcentration est un système d'organisation de l'Etat qui correspond, dans la pratique, à une
délégation de moyens et de pouvoirs de décision de l'Administration centrale à ses services
extérieurs (crées au niveau régional, préfectoral, provincial ou communal). Ces services sont soumis à
l'autorité étatique (hiérarchie administrative). Ils ne disposent d'aucune autonomie. Ils agissent,
donc, toujours pour le compte de l'Etat. Quant à la décentralisation, c’est un système d'organisation
dans lequel l'Etat transfert des compétences au profit de collectivités locales élues, dotées la
personnalité morale et de l'autonomie financière (Il s'agit, selon la Constitution, de la région, de la
préfecture, de la province et de la commune). Cependant, la décentralisation se caractérise, en
même temps, par l'existence d'un pouvoir de contrôle des autorités supérieures sur les institutions
décentralisées dit tutelle. Il y a une tutelle sur les personnes et une tutelle sur les actes.
B- Des convergences progressives des deux notions : vers une simple différence d’objectifs :

Depuis l’organisation des sociétés en Etats avec un territoire géographique étendu, les pouvoirs
publics, ayant la tâche de gérer ces territoires, ont toujours eu besoin de relais locaux dans chaque
portion du territoire national, c’est pourquoi que ces deux processus « la déconcentration et la
décentralisation » ayant pour objectif commun de chercher le transfert de pouvoirs de l’Etat vers les
autorités locales, sont parfois confondus, même s’ils sont différents sur d’autres points comme on a
cité précédemment. Or, que soit la déconcentration ou la décentralisation, elles cherchent des
objectifs à atteindre au niveau étatique. Parmi ces objectifs on trouve qu’elles représentent un
pouvoir plus proche des réalités du terrain, assurent une meilleure efficacité de la répartition du
pouvoir, améliorent l’organisation et la satisfaction des citoyens, redent le processus de décision du
citoyen plus proche du terrain permettant l’émergence d’une “démocratie de proximité”

Cette dernière correspond, pour l’organisation administrative d’assurer une meilleure organisation
du travail au sein de l’Etat, diminuent les frais de gestion, assurent une incidence positive sur les
comptes sociaux.