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HEMORRAGIE- PLAIES- BRULURES

OBJECTIFS :
1 - HEMORRAGIES :
● Savoir reconnaître une hémorragie externe ou extériorisée.
● Savoir pratiquer les gestes adaptés pour arrêter l’hémorragie et limiter les
conséquences.

2 – LES PLAIES :
● Savoir différencier une plaie simple d’une plaie grave.
● Connaître les dangers des plaies et savoir les prévenir.
● Savoir agir devant une plaie.

3 – LES BRULURES :
● Savoir quand refroidir une brûlure.
● Savoir comment arroser les régions brûlées.
● Savoir sécher, emballer les zones brûlées, après en avoir réalisé l’aspersion, et
surveiller la victime.
● Savoir agir devant une brûlure chimique ou électrique.

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LES HEMORRAGIES:

I – LES HEMORRAGIES EXTERNES :


Le sang sort par une plaie. Le plus souvent, l’hémorragie évidente. Quelque fois,
elle peut être masquée ( le sang peut s’écouler à l’intérieur des vêtements) et il faut
savoir la rechercher systématiquement en examinant la victime.
La priorité reste l’arrêt de l’hémorragie et son contrôle jusqu’à la prise en charge
médicale.

I.1 COMPRESSION LOCALE :


 Appuyer avec les doigts ou la main au niveau de la plaie ;
 La compression locale peut s’effectuer par l’intermédiaire de compresses stériles ;
 Lorsque la plaie hémorragique siège au niveau d’un membre, s’il n’existe pas de
fracture ou de corps étrangers, la victime sera allongée et le membre surélevé, de
façon à limiter le saignement ;
 Lorsque la compression arrête l’hémorragie, les doigts ou la main qui appuient sont
remplacés par un pansement compressif :

- avec plusieurs épaisseurs de compresses stériles maintenues par une bande ;


- avec un pansement individuel « type Armée » ;
- avec « un coussin hémostatique d’urgence».
Quel que soit le type de matériel utilisé, la circulation sanguine en dessous du siège de
l’hémorragie ne doit pas être gênée. Le pouls doit être perçu, la peau ne doit pas être
violacée.

I.2 COMPRESSION A DISTANCE :

Les points de compression peuvent être effectués :


 Pour une hémorragie au niveau du cou : à la base du cou ; c’est le point de
compression carotidien.
 Pour une hémorragie au niveau du membre inférieur : au pli de l’aine ; c’est le point
de compression fémoral.
 Pour une hémorragie au niveau du membre supérieur :
- derrière la clavicule : c’est le point de compression sous-clavier ;
- dans le creux de l’aisselle : c’est le point de compression axillaire.
- à la face interne du bras : c’est le point de compression huméral.

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I.3 LE GARROT :

La mise en place d’un garrot doit rester exceptionnelle :


 Arrachement d’un segment de membre avec hémorragie incontrôlable par un autre
moyen ;
 Plusieurs victime présentant une détresse vitale ;
 Echec des compressions locale et à distance.

I.4 LA POSITION D’ATTENTE - SURVEILLANCE :


La perte du liquide a pour conséquence une diminution du débit sanguin, donc une
réduction de la quantité de sang qui arrive au niveau des organes et en particulier au
niveau du cerveau :

● Il faut donc allonger, dés que possible, la victime en position horizontale ;

● Si la perte du sang a été importante, il faut surélever les membres inférieurs par
rapport au plan du sol, le reste du corps demeurant en position horizontale. Ne
jamais rabaisser les membres surélevés avant l’arrivée de l’équipe médicalisées.
● Il faut administrer de l’oxygène ;

● éviter le refroidissement de la victime ;

● Assurer sa surveillance dans l’attente d’une équipe médicale.

II – LES HEMORRAGIES EXTERIORISES :

Les principes et techniques AFPS doivent être appliqués

II.1 L’INSTALATION DE LA VICTIME :

● Allongée, ou allongée jambes surélevée ;


● Assise, demi-assise si la victime ne supporte pas la position allongée ;
● En PLS si la victime est inconsciente.

II.2 L’OXYGENOTHERAPIE .

II.3 LA PORTECTION THERMIQUE.

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LES PLAIES

I – LES PLAIES SIMPLES :

● Le secouriste doit se protéger les mains avec des gants de soins à usage unique ;
● Les plaies simples seront nettoyées à l’aide d’un antiseptique (assure à la fois le nettoyage et la
désinfection). La désinfection s’effectue des bords de la plaie vers l’extérieur.
● Il faut utiliser un antiseptique « mouillant », type Hexomédine, Mercryl laurylé, Cétavlon...
● Il est nécessaire de protéger la plaie pour éviter qu’elle ne soit à nouveau souillée. Plusieurs types
de matériels peuvent être employés :

I.1 LES PANSEMENTS : Pansement adhésif

- Prêt à l’emploi : constitué d’une compresse éventuellement imbibée d’antiseptique,


dont la fixation s’effectue par du tissu adhésif. Certains sont prédécoupés, d’autres
se présentent en bande.
- On peut réaliser ce même type de pansement au moyen d’une compresse stérile
qui sera fixée avec des morceaux de ruban adhésif.
- Ces deux types de pansements ne doivent être placés que sur des plaies simples et
de faibles étendue.

I.2 LES BANDAGES :

Si la plaie est superficielle mais étendue, il faut réaliser un pansement au moyen de


compresses stériles maintenues par un bandage.

● Les bandages tubulaires :


- Cylindre de filet élastique à larges mailles, de différents diamètres s’adaptant sur
toutes les parties du corps ( membres, tête, tronc).
- Il permettent, sans serrage excessif, de maintenir efficacement les compresses.

● Les bandes :
- Peuvent être de plusieurs types : élastique(crêpe), inextensible (gaze).

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- Le bandage doit maintenir les compresses, mais sans gêner la circulation sanguine.

2 – LES PLAIES GRAVES :

Toute plaie qui n’est pas simple (une coupure peu profonde ou une égratignure) est
une plaie grave. Elle doit être soignée par un médecin.
Ce sont :
- Les plaies étendues ;
- Les plaies profondes (atteinte des organes situés sous la peau) ;
- Les plaies avec corps étrangers ;
- Les plaies confuses (les tissus qui l’entourent sont écrasés) ;
- Les plaies initialement simple qui se sont infectées ;
- Les plaies de la face ( surtout de l’œil), des mains, au voisinage des orifices
naturels ;
- Les plaies, même minimes, survenant chez des victimes fragiles.

Le secouriste doit réaliser un emballage en posant sur la plaie des compresses stériles
et assurer la fixation.

Cas particuliers des plaies graves :


- Avec corps étranger : ne pas tenter d’extraire le corps étranger.
- Au niveau du thorax : ne pas obturer la plaie, la victime est placée en position
demi-assise, sauf si elle est inconsciente, dans ce cas elle sera mise en PLS du côté de
la plaie.
- Au niveau de l’abdomen : si les viscères sortent de la plaie, ne pas tenter de les
réintégrer. Placer la victime consciente en position allongée, cuisses semi-fléchies ;
si elle est inconsciente, elle sera mise en PLS du côté opposé à la plaie.

- Au niveau de l’œil : placer la victime à plat dos, tête calée et emballer les deux
yeux.

3 – LES DANGERS DES PLAIES :

Outre le danger d’hémorragie, les plaies présentent un risque d’infection, en


particulier le tétanos.
La mise en place d’un pansement sur une plaie simple, après nettoyage et
désinfection, permet d’en limiter les risques. Un avis médical est souhaitable.
Pour les plaies graves, l’emballage et l’installation de la victime doivent être assurés
pour limiter les risques. Le recours à un médecin est obligatoire.

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LES BRULURES

I – SAVOIR QUAND REFOIDIR UNE BRULURE :

● Toutes les brûlures récentes, survenues dans les 10 à 15 mn, doivent faire l’objet d’un
refroidissement ;
● En dehors des brûlures électrique, toute brûlure doit être arrosée précocement, quelle
que soit la nature de l’agent vulnérant. Il en est de même pour les brûlures chimiques
( produit caustique, acide, base,...). L’aspersion assure la dispersion du produit et
limite la gravité des brûlures et la douleur éventuelle.

II – SAVOIR COMMENT REFOIDIR LA REGION BRULEE:

Deux méthodes permettent de refroidir les brûlures, elles utilisent toutes deux de l’eau,
mais sous des formes différentes :
- Aspersion par de l’eau ;
- Application d’un gel d’eau.

II.1 REFROIDISEEMENT DES BRULURES PAR ASPERSION DE L’EAU :

Le refroidissement d’une brûlure doit s’effectuer par un ruissellement d’eau sur la


lésion en débordant largement la région initialement atteinte, mais en évitant
« l’effet de baignoire », c’est à dire le contact de tout ou partie du corps avec de l’eau
ayant servi au refroidissement, et l’effet mécanique du jet.

● INSTALLATION DE LA VICTIME.

- Brûlures localisées à un ou deux segments de membre : Il convient d’installer la


victime le plus confortablement possible et de protéger par un dispositif
imperméable les parties du corps indemnes.

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Exemple : brûlure des jambes et des membres supérieurs, la victime est arrosée en
position assise. La pesanteur assure l’écoulement de l’eau de ruissellement.

- Brûlures du dos et du thorax : le même dispositif peut être appliqué avec un siège
sans dossier ( tabouret, bord d’une table, bord du brancard,...).

- Brûlures étendues : il faut pratiquer l’aspersion des régions brûlées dans la positon
allongée sur un plan dur ( l’extrémité de la tête est surélever de 10 à 15 degrés).

● REALISATION DE L’ARROSAGE.

a) L’aspersion :

La zone brûlée doit être arrosée abondamment en évitant l’effet de jet. Il faut réaliser
un ruissellement d’eau ( l’eau s’écoule sous l’effet de la pesanteur).
Le débit doit être suffisant pour permettre un arrosage continu des lésions.
La température de l’eau doit être comprise entre 8 et 25 degrés, l’eau de robinet (8 à
18 degrés) est parfaitement adaptée pour le refroidissement.

b) Durée d’aspersion :

Dépend de l’étendue de la brûlure et de la température de l’eau.


- Brûlures localisées, de faible étendue : le refroidissement doit s’effectuer pendant 5
mn. La disparition ou l’atténuation de la douleur est un bon signe de l’efficacité du
traitement.
- Brûlures étendues : impose la prise en charge par une équipe médicale, la durée de
refroidissement est déterminée par le médecin.

II.2 UTILISATION DU GEL D’EAU :

Les couvertures ou les compresses enduites de gel d’eau permettent également de


refroidir les brûlures et d’emballer les régions brûlées. Les dispositifs se présentent
sous emballage stérile. Ces matériels s’appliquent directement au contact des régions
brûlées et complètent le refroidissement effectué par aspersion d’eau.

III – SAVOIR EMBALLER LES ZONES BRULEES APRES LES AVOIR REFROIDIES
ET SURVEILLER LA VICTIME:

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Pendant le réalisation de l’aspersion, la victime est débarrassée de ses vêtements (pour
ceux qui n’adhèrent pas à la peau). Le brûle est ensuite séché au moyen de draps
stériles par tamponnement et non par friction et ensuite couvert par une couverture
isothermique.
La victime bénéficie ensuite d’une administration d’oxygène.
La victime est surveillée et toute modification du bilan doit faire l’objet d’un nouveau
contact avec le médecin.

IV – CAS PARTICULIER DES BRULURES CHIMIQUES ET ELECTRIQUES:

IV.1 BRULURES CHIMIQUES :

- Lavage abondant à grand eau après avoir rapidement enlevé les vêtements imbibés
de produit ;
- Laver, même si du temps s’est coulé depuis l’accident :
➢ Les muqueuses de surface : œil, lèvre, organe génitaux, narines, qui seront
lavées à grand eau avec une exposition large ;
➢ La muqueuse buccale : en cas de brûlures dans la bouche, faire rincer
abondamment, sans que la victime avale ;
➢ Les surfaces cutanées : arroser à grands eau en évitant si possible, surtout
au début, le ruissellement sur les zones indemnes (placer la victime dans une
position où le ruissellement est le plus limité possible)
- Alerter les secours médicalisés.

IV. 2 BRULURES ELECTRIQUES :

L’intervention doit être organisée pour effectuer ans retard :


- Reconnaissance du risque ;
- Coupure du courant chaque fois que c’est possible ;
- Préparation du personnel et du matériels de secourisme pour assurer une
éventuelle manoeuvre de ventilation avec ou ans M.C.E ;

- établir un bilan lésionnel qui tienne compte :


 de la disproportion existant entre les zones de surfaces brûlées visibles qui sont
petites et les brûlures éventuelles sur le trajet du courant qui sont internes et
non visibles,
 de la tension de courant électrique et de l’état de conduction des surfaces
corporelles de contact.

V – REMARQUES IMPORTANTES:

● Si le refroidissement des brûlures réduit incontestablement leur étendue et leur


profondeur, le fait d’appliquer de la glace sur les régions brûlées n’est en aucun
cas autorisé, car elle majore les atteintes cutanées.
● Il convient, en cas de brûlures, d’éviter d’induire, par aspersion d’eau trop

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prolongée avec une eau trop froide, une hypothermie. Ce type de brûlé est pris
en charge par une équipe médicale.
● Le refroidissement des régions brûlées ne doit pas retarder la réalisation des
autres gestes de premiers secours indispensables.
● Le risque de provoquer, par aspersion d’eau non stérile, une infection au
niveau des zones brûlées, est négligeable en regard du bénéfice que procure
le refroidissement des brûlures.

Refroidir les brûlures récentes ( de moins de 10 à 15 mn), avec de l’eau froide(10 à 15


degrés), pendant 5 mn, éventuellement sur un plan incliné de 10 à 15 degrés. Relais
éventuel par un dispositif induit de gel d’eau.

NOYADE ET HYPOTHERMIE

I- OBJECTIFS :
 Savoir reconnaître les situations qui imposent le maintien ou le rétablissement de la
liberté des voies aériennes ;
 Connaître l’intérêt, de la mise en œuvre des techniques et des matériels (canule
d’aspiration oro-pharyngée, aspirateurs, ect.) qui permettent la libération des voies
aériennes et les dangers liés à leur emploi.
 La conduite à tenir devant une personne victime d’une noyade ou hypothermie.

II- LIBERATION DES VOIES AERIENNES:

Après un bilan complet, plusieurs situations de détresse peuvent rendre nécessaires


des manœuvres de libération des voies aériennes supérieures.
Si la victime est inconsciente et qu’elle ventile, il convient :
- D’enlever par désobstruction digitale les fragments d’aliments ou de dents qui
gênent la respiration ou la rendent bruyante ;
- De compléter cette désobstruction par une aspiration si des liquides( sang,
mucosités...) s’écoulent par la bouche ;
- De poser un collier cervical le plus rapidement possible avant le retournement afin
d’assurer un maintien efficace de l’axe tête-cou dès qu’on soupçonne un
traumatisme. Cette manœuvre évitera des complications ultérieures.
- De placer en PLS afin d’éviter les complications dues aux vomissements soudains.

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1- DESOBSTRUCTION RAPIDE DES VOIES AERIENNES:

Selon les méthodes enseignées dans le module 3 de ASPF (Claques dans le dos,
Compressions abdominales).

2- L’ASPIRATION DES MUCOSITES:

Il est important de se familiariser avec le matériel avant de l’utiliser.

Ils permettent d’aspirer facilement les mucosités, le sang et les vomissements qui
risquent d’encombrer la cavité buccale et le carrefour aéro-digestif.

Si la victime ventile, placez-la immédiatement en PLS. Si on soupçonne un traumatisme


de la colonne cervicale, il est indispensable avant cette manœuvre de mettre en place
un collier cervical.

Si la victime ne ventile pas, on pratique immédiatement la ventilation artificielle.

3- LA POSE D’UN COLLIER CERVICAL:

Le collier cervical à pour but de bloquer les mouvements du cou, pour éviter
l’aggravation d’une éventuelle fracture des vertèbres cervicales. Il en existe différentes
tailles et il faut choisir un collier adapté à la morphologie de la victime (âge, ect...).

LES DIFFERENTES PHASES :

 Un sauveteur s’agenouille dans le prolongement de la tête de la victime, cale ses


coudes sur ses cuisses et plaque ses mains des deux côtés de la tête, la maintenant
dans l’axe du cou.
 Un second sauveteur se place alors sur le côté, choisit une taille de collier adaptée
et repère le sens de pose, il dégage les vêtements autour de la nuque. Il le rabat et le
fixe sur la face antérieure.
 Un troisième sauveteur prépare le matériel d’oxygénothérapie puisqu’une victime
inconsciente et qui ventile recevra systématiquement de l’oxygène en inhalation.

4- LE PLACEMENT EN POSITION LATERALE DE SECURITE (PLS) A TROIS


SECOURISTES:

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Les voies aériennes dégagées, le collier placé, les secouristes vont retourner la victime.

PREPARATION :

Le chef se place dans le prolongement de la tête en position dite de « trépied », le


genou du côté du retournement est relevé.
Les mains sont correctement positionnées pour la prise de la tête.

Soit : IL engage une main sous la nuque, du même côté que la genou au sol.
L’autre main assure la prise du menton, la paume et le poignet se positionnent le long
de la face latérale du visage. Pendant le retournement, c’est sur cet ensemble
paume/poignet du sauveteur que la tête de la victime va venir se poser.

Soit : Il assure une prise latéro-latérale en appliquant ses mains de chaque côté de
la tête, les paumes sur les pavillons des oreilles.

Le deuxième sauveteur se place au niveau des pieds, le genou en l’air du côté de
retournement ; il saisit les chevilles de la victime.

Pendant cette préparation, le troisième sauveteur prépare le coussinet de calage


(constitué par un oreiller, une couverture, un vêtement plié) dont l’épaisseur est égale
à la moitié de la largeur de l’épaule de la victime et le place contre la joue du côté du
retournement.
Ensuite, il se place en face du tronc comme pour une PLS simple, positionne le bras
de la victime un peu au-dessus de la perpendiculaire de l’axe du corps. Il s’agenouille à
distance du thorax, saisit l’épaule et fait passer l’avant-bras de la victime par-dessus
son propre bras.
Enfin, il saisit la hanche, le tout sans bouger la victime.

LE RETOURNEMENT:

Le sauveteur placé à la tête commande alors le retournement :


- « Etes-vous prêts ? »
- Chaque équipier répond : « Prêt »
- « Attention pour retourner... tournez »
Le retournement se fait d’un bloc, le chef surveille l’axe tête-cou-tronc pendant le
retournement qui doit être lent et sans à-coup.

CALAGE:

L’équipier « des pieds » vient positionner le genou en butée sur le sol pour assurer la
stabilité du bassin.
Les deux autres équipiers maintiennent leur position. Lorsque la stabilisation du
bassin est obtenue, l’équipier « du tronc » se retire alors prudemment et vient
positionner le coude demi-flechi pour assurer la stabilité du thorax.
Durant ce temps, l’équipier « de la tête » maintient toujours son précieux fardeau.
Un des deux équipiers libérés vient l’aider à assurer la position de l’axe tête-cou-

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tronc et l’ajustement de la bouche qui doit rester entrouverte vers le sol.
La manœuvre terminé, la victime est couverte. Un équipier est chargé du contrôle de
la ventilation et du pouls.

III- LA NOYADE:

La noyade est une détresse respiratoire aiguë due à la submersion dans un liquide (
le plus souvent l’eau) des voies aériennes.
On distingue les noyés, qui décèdent à la suite de cette submersion et les presque
noyés qui survivent à la submersion, même s’ils sont en état de mort apparente.

1- ELEMENTS EPIDEMIOLOGIQUES:

 Fréquence :
Le recensement précis des accidents en milieu aquatique est aujourd’hui difficile, la
noyade représente la quatrième cause d’accident après les traumatismes, les
intoxications et les brûlures et elle constitue la deuxième cause de mortalité
accidentelle.

 Les causes :

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La chute par le surbord représentent la principale cause des noyades dans le milieu
maritime.

2- MECANISME ET SIGNES:

 La noyade primaire, asphyxique (Noyade bleue, Vraie noyade) :


 Agitation, de loin la victime bouchonne en surface ;
 Apnée réflexe ;
 Reprise de la ventilation et inhalation ;
 Asphyxie avec convulsions et cyanose ;
 Apnée définitive puis arrêt cardiaque et lésions cérébrales.

 La noyade secondaire, syncopale (Noyade blanche, fausse noyade) :


Une perte de connaissance brève (syncope) en immersion entraîne une noyade lors de
la reprise de la respiratoire.
Divers causes de syncope : la  tasse , l’hypoxie ou rendez- vous syncopal des 7
m, traumatisme crânien, choc testiculaire, digestion difficile, maladie, fatigue, peur,
choc thermo-différentiel ( par abus du soleil).

On distingue :
 L’inondation par l’eau de mer qui est plus concentrée que le sang en sels minéraux
et le plasma du sang va passer dans l’eau de mer ce qui provoque un œdème
pulmonaire.

 L’inondation par l’eau douce : L’eau douce, moins concentrée que le sang en sels,
va passer dans la circulation et diluer le sang ce qui va entraîner une fatigue
cardiaque et d’autres troubles organiques néanmoins légèrement moins graves que
dans le cas de l’eau de mer.

LES 4 STADES DE GRAVITES :

Stade 1 : aquastress
Le noyé n’a pas inhalé l’eau ;
Il est conscient, il ne présente pas de trouble ventilatoire ou circulatoire ;
On observe un épuisement, des frissons, de l’angoisse.

Stade 2 : petit hypoxie


Le noyé a inhalé un peu d’eau ;
Il est conscient mais très angoissé ;
La ventilation est rapide, et il tousse ;
On observe un épuisement marqué, une hypothermie, une cyanose.

Stade 3 : grand hypoxie


Le noyé peut être conscient ou inconscient ;
La ventilation est anarchique, bruyante ;
La fréquence cardiaque est extrêmement rapide, cyanose marquée.

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Stade 4 : anoxique
Le noyé est inconscient et ne ventile pas ;
Il peut être en arrêt cardio-ventilatoire.
Quel que soit le tableau clinique, quasiment tous les noyés et presque noyés
présentent une hypothermie plus ou moins profonde.

3- PHYSIOPATHOLOGIE:

 Causes de la noyade :
La noyade peut être consécutive à :

L’incapacité par la victime de maintenir sa tête hors de l’eau :


 Le cas d’un sujet qui ne sait pas nager ;
 Le cas d’une victime coincée au fond de l’eau (retenue dans l’eau par des
vêtements ou des membres accrochés par des branchages ou des cordes) ;
 Le cas d’un nageur pris de crampe ou d’épuisement musculaire.

L’incapacité pour la victime de réagir malgré le milieu aquatique hostile à cause


d’une cause médicale:
 Crise convulsive ;
 Perte de connaissance suite à un traumatisme crânien ;
 Syncope suite à un traumatisme oculaire, génital ou hypogastrique ;
 Syncope thermo-différentielle.

Accident de plongée:
 Le cas de plongée en apnée, l’hypocapnie induite par l’hyperventilation préalable à
la plongée retarde tellement le besoin de respirer qu’une syncope hypoxique peut
survenir avant la reprise des mouvements respiratoires sous l’eau.
 Lors des plongées en scaphandre autonome, la noyade peut être consécutive à une
toxicité neurologique de l’oxygène, à la narcose à l’azote, à des barotraumatismes,
ou plus simplement à des problèmes de matériel ou de réserves insuffisant en gaz.

 Les conséquences de l’immersion :

Se divisent en trois stades successifs :


 Les premières gouttes de liquide pénètrent dans l’arbre trachéo-bronchique
produisant un spasme laryngé qui va persister une à deux minutes ;
 Puis, sous l’effet de l’hypoxie, se produisent des mouvements de déglutition
remplissant l’estomac avec de grandes quantités du liquide dans lequel a lieu la
submersion ;
 Finalement, au bout d’une durée variable, de quelques minutes, le laryngospasme
va se lever dans la grande majorité des cas et le liquide va envahir l’arbre
respiratoire sous l’effet de quelques mouvements respiratoires persistants. Dans un
petit nombre de cas, le laryngospasme persistera malgré l’hypoxie aboutissant à ‘’la
noyade à poumon sec’’.

 Le réflexe de plongée :

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Ce réflexe intervient en cas de chute à la mer de marins en combinaison d’immersion.

 L’œdème pulmonaire :

 De son importance dépend la sévérité du tableau clinique ;


 Son mécanisme est lésionnel, quelle que soit la nature du liquide inhalé ;
 Sa survenue peut être initiale ou retardée ( de quelques heures), c’est cette notion
essentielle qui impose l’hospitalisation de tout noyé, quel que soit le stade clinique
initial.

4- CONDUITE A TENIR:

Dans tous les cas :

Retirer ou faire retirer au plus vite la victime de l’eau ;


Oxygénothérapie après libération et désobstruction des VAS ;
 Si consciente : inhalation simple avec un débit adapté à l’âge ;
 Si détresse ventilatoire : insufflation ;
Déshabillage, séchage et emballage dans une couverture isotherme ;
Prise de la température ;
Collier cervical si chute de la tête la première ;
En fonction de la victime :
 Si arrêt cardio-respiratoir : réaliser un MCE et une ventilation assistée ;
 Si trouble de la vigilance : PLS.
 Si consciente : Position demi-assise.
Il faudra savoir accélérer le transport du noyé sur un plan dur.

5- FAUTES A EVITER:

Tenter d’extraire l’eau intra-pulmonaire ;


Ne pas hospitaliser la victime ( possibilité d’aggravation secondaire) ;
Faire vomir la victime, car le plus souvent une abondante quantité d’eau a été
déglutie dans l’estomac, et le risque d’inhalation est important.

CONCLUSION

La noyade est un accident dramatique car brutale et souvent immérité. Elle a


une évolution aléatoire pendant les 24/48 premières heures, une surveillance
hospitalière des victimes est nécessaire pendant la période critique.
Mais le plus important c’est la prévention.

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VI- L’HYPOTHERMIE:

L’hypothermie c’est l’abaissement de la température centrale (mesure rectale ou


dans l’oreille) au dessous de 35° Celsus. Cette baisse de température centrale
provoque une léthargie, une incoordination motrice, un état confusionnel, une
irritabilité, des hallucinations, une baisse de la fréquence respiratoire ainsi que le
ralentissement, l’irrégularité du rythme cardiaque et finalement l’arrêt cardiaque.

1- NOTIONS DE REGULATION THERMIQUE:

L’homme est un homéotherme, c’est à dire qu’il maintient sa température interne


dans les limites très étroites ; cela résulte d’un équilibre parfait entre les gains et les
pertes de la chaleur.

La production de la chaleur se fait par un mécanisme bien précis, le métabolisme


des glucides, des protides et des lipides qui sont les trois composants principaux de
notre alimentation. Il existe un métabolisme de base qui peut être considérablement
augmenté dans certaines conditions.

L’évacuation de la chaleur se fait par contre par plusieurs mécanismes distincts : La


radiation, la conduction et l’évaporation. En atmosphère chaude, seule l’évaporation
permet d’évacuer le surplus de chaleur : il s’agit de la sueur, le principe est que
l’évaporation de l’eau consomme d’énergie, celle-ci est prise sous forme de chaleur.

Le maintien très précis de la température de notre corps à 37°C n’est valable que
pour la partie centrale du corps, d’où l’intérêt de la prise de la température par voie
rectale. Le reste du corps, c’est à dire la tête et les quatre membres sont soumis à des
variations plus importantes en fonction de la température ambiante.

Les conditions qui vont jouer sur l’équilibre thermique sont les phénomènes
météorologiques comme la température extérieures, la vitesse du vent qui va modifier
l’évaporation de même que le taux d’humidité, mais aussi des facteurs plus évidents
comme les vêtements qui vont protéger du froid ou du chaud et permettre ou non
l’évaporation de la sueur suivant qu’ils seront imperméables ou perméables.

2- DEFENSE CONTRE LE FROID:

 Diminution des pertes de chaleur :

 Fermeture des vaisseaux en périphérie


 Position recroquevillée
 Horripilation (chair de poule)

 Augmentation de la production de chaleur :

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 Frissons (augmentation du travail musculaire)
 Sécrétion augmentée d’hormones de stress : adrénaline, cortisol, hormones
thyroïdiennes.

3- STADES DE L’HYPOTHERMIE:

Stade température Conscience Frissons Système cardio-vasculaire


I (35°- 32°C) Lucide Lucide Respiration et pouls rapide
II (32°- 28°C) Somnolent Abolis Respiration lente, pouls
irréguliers
III (28°C) Inconscient Abolis Activité respiratoire et cardiaque
peu perceptibles
IV (< 28°C) Mort Abolis Aucune activité démontrable
apparente

4- PRISE EN CHARGE D’UNE HYPOTHERMIE ACCIDENTELLE:

Dans tous les cas :

 Protéger contre tout refroidissement supplémentaire (couvertures, sachets


chauffants uniquement sur le thorax)
 Mesurer la température tympanique dès que possible .
NB : < 30°C : Haut risque de trouble du rythme cardiaque fatals, inefficacité des
médicaments et de la défibrillation.

4-1 Patient conscient et frissonnant:

 Réchauffement par moyens simples et efficaces : couvertures, boisson chaudes,


mouvements actifs.
 Evacuation vers un milieu plus chaud.
 Oxygène.

4-2 Patient somnolent ne frissonnant plus:

Ne pas mobiliser le blessé (risque de trouble de rythme mortel par manipulation
excessive)
 Relève prudente, en bloc et évacuation vers un milieu plus chaud ;
 Oxygène, chauffé si possible, au masque ;
 Pose d’une voie veineuse si possible ( perfusion de sérum glucose 5% ou NaCl
0.9%).

4-3 Patient inconscient:

 Avec pouls perceptible ( prise du pouls fémoral ou carotidien pendant 1 mn) : idem
point 4-2

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 Sans pouls perceptible (mort apparente) : Réanimation cardio-pulmonaire à un
rythme plus lent que d’habitude : massage cardiaque à mi-fréquence environ 50/mn au
lieu de 80/ mn et conserver rapport massage/ventilation à 15/2).

Exception : Lésions évidentes pouvant justifier la mort (Traumatisme crânien grave,


écrasement, obstruction complète des voies respiratoires...)

Ne pas oublier qu’on ne peut conclure à la mort qu’après réchauffement du corps.

4-4 Dangers classiques lors de la prise en charge d’une hypothermie sévère:

 Troubles de rythme cardiaque (Fibrillation ventriculaire), rebelles à tout traitement,


peuvent survenir secondairement en cours de sauvetage. Il sont dus à un afflux de
sang froid de la périphérie vers le centre du corps lors de manipulation peu
prudentes ou à une irritation mécanique (massage cardiaque) ou à une décharge
d’adrénaline (intubation).
 Collapsus de réchauffement : c’est une hypotension grave, voire mortelle, lors du
réchauffement sans restauration préalable du volume intravasculaire ( dilatation des
vaisseaux due au réchauffement, entraînant une chute de la tension)

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