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3 CONCLUSIONS SUR L UTILISATION DE FERTILISANTS ET D ALIMENTS POUR POISSONS

UTILISES EN PISCICULTURE SEMI INTENSIVE, EN RAPPORT AVEC LE TYPE D ELEVAGE MIS


EN ŒUVRE ET LA CAPACITE FINANCIERE DE L EXPLOITANT : Dans une exploitation piscicole,
les dépenses en aliments et fertilisants ne sont pas les seules dépenses de l entreprise, mais elles
représentent une grosse partie des frais de fonctionnement d une pisciculture. Le choix du type d
élevage et du mode d alimentation à une grande importance sur les quantités de poisson produite, sur
le financement à mettre en œuvre et sur les résultats techniques et financiers de l exploitation comme
le montre le tableau récapitulatif figuré ci-dessous. Pour faciliter les comparaisons, on considère que
tous les étangs et le matériel piscicole sont amortis et que l exploitant gère seul son entreprise. Dans
ce tableau ne figurent que les dépenses décrites dans ce manuel : Le coût des empoissonnement :
tous les alevins mis en charge ont une valeur de 125 FCFA. Le coût de la fertilisation standard décrite
dans ce manuel à FCFA par 100 m 2 et par 6 mois. Le coût des aliments qui varie selon sa qualité :
simple à 20 FCFA le Kg composé à 220 FCFA le Kg et riche à 440 FCFA le Kg. Tableau récapitulatif
et comparatif pour 100 m 2 exploités pendant 6 mois : Type d'élevage Tilapia non sexé Tilapia non
sexé Tilapia sexé Clarias Nombre de poissons Coût mise en charge Fertilisation Alimentation simple
Aliment composé Aliment riche TOTAL DEPENSES Production (Kg) Recettes poissons Bénéfice / 100
m 2 / 6 mois Pour m 2 / an MANUEL DE PISCICULTURE SEMI-INTENSIVE LA PISCICULTURE
SEMI-INTENSIVE EN ÉTANG DEUXIÈME PARTIE Ce manuel de vulgarisation de la pisciculture au
Mali est destiné à tous les candidats pisciculteurs qui souhaitent pratiquer avec succès la pisciculture
semi intensive en étang en terre, afin qu ils sachent quels poissons élever et comment les faire
grandir. Contactez la Direction Régionale des Pêches ou votre agent du secteur pêche le plus proche
dans la Région de Sikasso, il vous guidera dans les choix que vous aurez à faire pour produire du
poisson de façon rentable. Auteur: Jean-Pierre Marquet / PRODEFA Fonction : Assistant Technique
International en Aquaculture Employeur : Coopération Technique Belge (CTB) Remarque: Certaines
illustrations schématiques adaptées dans ce manuel par l auteur, ont été empruntées à un
dessinateur, Mr. Razafindrakoto Christian. Elles ont été extraites du «Manuel pour le développement
de la pisciculture à Madagascar» (en libre accès via internet), conçu par l auteur en 1990 pour le
compte du projet PNUD/FAO-MAG/88/005. (Réf.: FA0/Document technique N ). Editeur : PRODEFA
Cette publication est la propriété conjointe de la Direction Régionale de la Pêche de Sikasso et du
Projet de Développement de la Filière Aquacole (PRODEFA) de la Coopération Technique Belge
(CTB). Son utilisation à des fins non commerciales est autorisée sans modification de son contenu. La
présente publication a été élaborée avec l aide de la coopération belge. Le contenu de la publication
relève de la seule responsabilité du PRODEFA et ne peut aucunement être considéré comme reflétant
le point de vue de la CTB. Sikasso, mars

4 CHAPITRE III: LA PREPARATION DES ETANGS I. Première mise en eau de l étang Les étangs
piscicoles nouvellement construits ne peuvent pas être complètement remplis en une fois trop
rapidement: il faut les remplir progressivement d eau en plusieurs jours pour que la terre de l assiette
et des digues soient mouillées petit à petit, sans effondrement des digues. Quand la terre est très
sèche et que l étang se remplit trop vite, l eau n a pas le temps de se mélanger à l argile de la surface
des digues et si l eau monte brutalement, une ou plusieurs digues peuvent s effondrer ou se fissurer,
jusqu à détruire complètement l étang. Le premier jour, le pisciculteur fait monter l eau dans l étang
jusqu à ce que le niveau d eau atteigne la moitié de l assiette de l étang : cela correspond à une
hauteur d eau de 50 cm maximum au point le plus profond de l étang. C est le point de vidange où se
trouve le tuyau coudé (ou le moine) qui se remplit en premier, ce qui va permettre à la digue aval de s
imprégner d eau progressivement et de s affaisser légèrement. Si la digue s affaisse de plus de 5 à 10
cm, il faut la recharger d argile sur la crête pour qu elle retrouve sa hauteur initiale. On vérifie aussi qu
il n y a pas de fuites d eau dans l assiette de l étang ni trop d infiltrations; si c est le cas, il faut damer
une couche d argile de 10 à 20 cm sur toute l assiette. Résultats prévisionnels : Simulation d un essai
de monoculture Clarias avec cet aliment riche : Superficie de l étang: 100 m2 Mise en charge: 500
Clarias Poids moyen départ: 50 gr Poids moyen à 180 jours: 950 gr Taux de survie: 80% Durée d
élevage: 180 jours Les 500 Clarias de 50 gr de poids moyen mis en charge dans un étang de 100 m 2
vont prendre en moyenne 5 gr de poids par jour et par individu. A la fin du sixième mois, il n y aura
plus que 400 individus (20% de mortalité par cannibalisme et divers) ; ils pèseront en moyenne 950 gr
chacun à la fin du sixième mois. Après 180 jours d élevage, la production sera de 380 Kg de Clarias d
une valeur marchande (à FCFA le Kg) de FCFA. Ils auront consommé 877,5 Kg d aliment (à 440
FCFA le Kg) soit FCFA d aliments à 45% de protéine pour un CT de 2,47 Kg d aliment consommé par
Kg de Clarias produit. Période Poids moyen % Alim Nombre Ration / jour Aliment / mois 1 mois ,25
37,50 2 mois ,00 150,00 3 mois ,50 105,00 4 mois ,00 150,00 5 mois ,50 195,00 6 mois ,00 240,00
Vidange TOTAL : 877,50 Recettes par 100 m 2 d étang Dépenses Poids total 380 Kg de poissons
marchands Aliments FCFA Valeur FCFA CT 2,47 Bénéfice FCFA par 100 m 2 d étang / 6 mois 4 33

5 3) Aliment composé (en poudre ou en granulés) très riche en protéine : mélange d ingrédients à 45
% de protéine pour l élevage plus intensif en monoculture de Clarias : Pour élever des Silures en
monoculture (élevage d une seule espèce), il est indispensable de pouvoir disposer d un aliment
composé riche en protéine (comprenant entre 40 et 50% de protéines) car les Silures en monoculture
n ont pas accès à des alevins de Tilapia comme complément alimentaire protéiné. Les composants d
une telle ration contiendront obligatoirement de la farine de poisson et des tourteaux qui coûtent cher,
mais qui permettent d obtenir une croissance moyenne par Silure de 5 à 10 gr par jour. Les Clarias
(Manogo) possèdent un organe de respiration qui leur permet de respirer l air atmosphérique : ils
peuvent grossir rapidement même à forte densité (de 5 jusqu à 10 Clarias par m 2 ) avec une
alimentation riche en protéine. Ils doivent être de tailles homogènes, sinon les plus gros mangeront les
plus petits : le cannibalisme est fréquent chez les Silures, et le taux de survie dépend du soin apporté
au tri par taille des lots de poissons mis en élevage ensemble. Il faut également s assurer que le prix
du Kg d aliment composé et le nombre de Kg d aliment qu il faut pour produire un kilogramme de
poisson (coefficient de transformation de l aliment en poisson) permettent de faire des bénéfices
comparables ou supérieurs à ceux obtenus en polyculture Clarias-Tilapia ou en monoculture de
Tilapias mâles sexés. Exemple de composition d aliment riche en protéine (44,2%) à Sikasso :
Ingrédients Prix (FCFA par Kg) Quantité (Kg) Protéine (%) Son de riz ,00 Tourteaux de coton ,00
Quand l eau occupe la moitié de la surface de l assiette du nouvel étang, le pisciculteur prudent coupe
l arrivée d eau et attend jusqu au lendemain matin pour examiner à nouveau l étang et observer les
éventuels dégâts sur les digues. Le deuxième jour, si aucun dégât n est constaté, il ouvre à nouveau l
entrée d eau dans l étang jusqu à ce que l eau atteigne le bas de la digue amont (à l entrée d eau),
puis il coupe à nouveau l arrivée d eau jusqu au lendemain matin: le niveau d eau dans l étang est
alors de 1 m de profondeur au point le plus bas et de quelques centimètres seulement à l endroit le
moins profond de l étang. Le troisième jour, il contrôle encore les digues, rajoute de la terre argileuse
bien damée sur les portions de digue affaissées (si il y en a), remet le gazon par-dessus, puis ouvre à
nouveau l arrivée d eau pour remplir l étang jusqu à la profondeur maximum permise par le tuyau
coudé (ou la dernière planchette du moine). L étang est rempli d eau ; il ne reste plus qu à le fertiliser
avec des déjections animales pour produire du plancton qui est la nourriture de base de la plupart des
poissons. Ainsi les poissons trouveront de quoi manger dès leur arrivée dans l étang, pour qu ils s
adaptent vite à leurs nouvelles conditions d élevage. Farine de poisson ,00 TOTAUX ,20 Prix de
revient ,20 Prix de vente ,

6 II. La fertilisation des étangs La fertilisation des étangs consiste à mettre dans la compostière (ou
directement dans l étang), des matières organiques : déjections animales, déchets végétaux, sous-
produits divers provenant de l agriculture ou du ménage. Les déchets solides, qui mettent longtemps à
se décomposer, seront placés dans la compostière. Les déchets solubles ou liquides seront dilués
dans l eau, puis mélangés à l eau de l étang. Les déchets organiques solides sont placés en mélange
dans la compostière pour se décomposer. Le fumier et les fientes sont dilués dans l eau puis versés
dans l étang pour une fertilisation rapide. Les déchets de cuisine peuvent être ajoutés tous les jours
sur la compostière pour être valorisés en poissons. Il faut alterner fumier et matière sèche, et
mélanger fréquemment le tout pour accélérer la décomposition Autres exemples de calcul de ration
alimentaire journalière à recalculer tous les mois, juste après la pêche de contrôle mensuelle du poids
moyen des poissons à faire pour chaque étang pour ajuster la ration au poids des poissons :
Catégorie de Tilapia Poids Moyen des Poissons (en gr) % du poids total à donner selon tableau
Nombre de poissons par are (100 m 2 ) Poids total des poissons par are (en gr) Superficie de l étang
(en ares) Poids total des poissons dans l étang (en Kg) Ration alimentaire par jour et par are (en Kg)
Ration alimentaire par jour et par étang (en Kg) non sexés ,50 2,00 non sexés ,00 4,00 non sexés ,20
4,80 mâles sexés ,60 3,00 mâles sexés ,90 4,50 mâles sexés ,30 3,90 mâles sexés ,95 5,85 mâles
sexés ,40 2,80 mâles sexés ,10 4,20

7 En pratique, la quantité journalière doit aussi être ajustée en fonction des observations du
gestionnaire qui alimente les poissons tous les jours : il faut augmenter la dose si tout l'aliment est
consommé très rapidement et diminuer les doses journalières si la ration journalière distribuée n'est
pas consommée entièrement dans les minutes qui suivent la distribution. Cette règle générale est
confirmée par les pisciculteurs qui alimentent bien leurs poissons, c'est-à-dire ceux qui donnent tous
les jours l'aliment au même endroit du bassin et à la même heure et qui observent leurs poissons
pendant les nourrissages. Autres exemples de calcul de ration journalière qui dépend du poids moyen
et du poids total des poissons. Il faut les recalculer tous les mois, juste après la pêche de contrôle
mensuelle à faire par étang : Le poids moyen des poissons s obtient lors d une pêche de contrôle sur
5 à 10% des poissons de l étang, prélevés à la senne ou avec un épervier. Il détermine le % du poids
total des poissons (estimé par calcul) qu il faut donner comme ration aux poissons en fonction de leurs
besoins de croissance (voir tableau simplifié de rationnement). Le poids total des poissons (estimé par
calcul) est égal au poids moyen des poissons estimé par calcul sur l échantillon prélevé pendant la
pêche de contrôle, multiplié par le nombre total de poissons mis en charge : Poids total = Poids
moyen X nombre de poissons dans l étang Toutes ces matières organiques vont se décomposer dans
l eau, qui contient déjà naturellement différentes espèces de plantes microscopiques en petites
quantités : ce sont des petites algues qui forment le plancton végétal ; il va se développer et se
multiplier grâce aux apports de matières organiques décomposées (qui est leur nourriture de base du
plancton) sous l action du rayonnement solaire. C est pourquoi il ne faut pas laisser de grands arbres
en bordure des étangs car ils donnent de l ombre au-dessus de l étang, ce qui ralentit la production de
plancton végétal, par manque de lumière. Quelques exemples de plancton animal et végétal vu au
travers d une loupe : EXEMPLE CONCRET DE CALCUL DE RATION : Quelle ration journalière d
aliment faut-il donner à 400 Tilapias mâles sexés de 50 gr mis en grossissement dans un étang de
200 m 2? Réponse : il faut faire une pêche de contrôle, calculer le poids moyen des poissons,
regarder le tableau de rationnement et appliquer le % de rationnement indiqué au poids total des
poissons dans l étang. Avec une loupe, on peut voir (dans l eau) différentes formes d algues vertes,
bleues ou rouges : c est le plancton végétal (ou phytoplancton) qui donne sa couleur à l eau de l
étang. Quelques jours après, se développent des petits organismes très mobiles qui se déplacent en
groupes dans l étang : le plancton animal (ou zooplancton). Le plancton végétal se nourrit des
matières organiques décomposées dans l étang et se développe rapidement sous l action des rayons
solaires: une belle couleur verte dans l étang indique qu il y en a beaucoup. Le poids moyen de l
échantillon pêché est de 50 gr. Pour ce poids moyen, le tableau indique une ration à 5%. 5% de 400
poissons de 50 gr font : gr ou 1 kg d aliment par jour. 30 Ce plancton végétal va nourrir à son tour du
plancton animal, qui est naturellement présent dans l eau en petite quantité : ce sont des petits
organismes qui ressemblent à des petites crevettes de couleur rose ou transparente, qui se multiplient
très rapidement quand le plancton végétal est abondant. C est la nourriture vivante préférée de
plusieurs espèces de poissons, dont les Tilapias. 7

8 Le plancton animal comprend beaucoup d espèces différentes ; les plus petites espèces (qui se
voient difficilement à l œil nu) sont les premières à se développer; puis d autres espèces plus grandes
se développent à leur tour et se nourrissent des plus petites. Toutes ces petites espèces végétales et
animales sont à leur tour mangées par les poissons. Fertilisants recommandés : Une fertilisation
optimale pour obtenir un rendement piscicole compris entre 50 à 100 Kg par 100 m 2 et par an peut
être obtenue et contrôlant la fertilisation par le disque de Secchi et en la corrigeant pendant toute la
période d élevage de plusieurs façons différente : 1. Par fertilisation «naturelle» organique à base de
fientes de volailles (ou d autres déjections animales, en compostière ou non, qui se transforment en
plancton que consomme le poisson) : c est le circuit normal et naturel de fertilisation des lacs et
rivières par les animaux (sauvages ou d élevage) qui vont brouter des végétaux en brousse,
principalement la nuit, et les défèquent dans l eau le jour. Ce processus naturel augmente fortement la
productivité des plans d eau (la quantité et la taille des poissons). A titre d exemple, il faut (et il suffit)
en moyenne d utiliser 7 Kg de fientes de volailles séchées puis diluée en étang pour produire 1 Kg de
poisson. 2. Par fertilisation «artificielle» à partir d engrais du commerce : on peut utiliser 2 Kg de N P K
(16/20/0) ou (15/15/15) par m 2 et par semaine car ces rapports N/P provoquent une bonne
fertilisation dans l étang. Pour un étang de 400 m 2, il faut 1 Kg de N P K par semaine (à dissoudre
dans l eau dans un seau avant de jeter l engrais dissous pour ne pas gaspiller les fertilisants dans la
boue de l étang). 3. Par fertilisation «intégrée» en associant un autre élevage (lapins ou volailles) avec
l élevage piscicole, tout en respectant bien les normes d association optimales suivantes : 6 lapins ou
8 volailles par 100 m 2 d étang. Pour un étang de 400 m 2 équipé d une case sur pilotis, il faudra donc
placer 24 lapins ou 32 volailles à élever au-dessus de l eau. Les déjections animales passeront à
travers le caillebotis du plancher et fertiliseront automatiquement l étang. Si on dépasse ce ratio, il y a
un risque de sur fertilisation, qu il est possible de contrôler avec le disque de Secchi et de corriger
avec un apport d eau propre. Calcul de la ration complémentaire à donner par are (ou 100 m 2 )
d'étang pour 200 alevins de Tilapia en grossissement (1,5 gr croissance/jour/al.) : Mois Poids moyen
poissons (gr) Poids total (Kg) Ration alim en % poids poissons Ration/ jour (Kg) Ration/ mois (Kg)
Nombre Boîtes/ jour Poids alim./ mois (Kg) % 0,20 6,00 0, % 0,55 16,50 0, % 1,00 30,00 1, % 1,45
43,50 1, % 1,90 57,00 2, % 1,90 57,00 2,0 60 Totaux Voir tableau simplifié 210, Traduction simplifiée
de cette ration en dosage volumétrique à l aide d une boîte calibrée : Poulailler sur pilotis en
construction sur un étang à Sikasso. Poulailler sur pilotis: les poules pondeuses fertilisent l étang pour
nourrir les poissons. 8 Le poids moyen indique dans le tableau de rationnement le % du poids total
des poissons à fournir chaque jour en aliment aux poissons pendant le mois. Le dosage volumétrique
de la ration quotidienne permet d ajuster les quantités d aliments à distribuer par 100 m 2 d étang. 29

9 Rationnement alimentaire des poissons : Les aliments coûtent cher il ne faut pas les gaspiller, mais
il faut en donner suffisamment pour obtenir une bonne croissance des poissons et couvrir tous leurs
besoins. 1 boîte remplie de son pèse 1 Kg. Une boîte de tomate (dosage volumétrique commun en
région de Sikasso) pleine à ras bord de son de riz, pèse approximativement 1 Kg, ce qui facilite la
distribution volumétrique de cet aliment qui coûte au promoteur FCFA par sac de 80 Kg. Avec 7 à 8 kg
de cet aliment (moins de 200 FCFA), le promoteur peut produire 1 Kg de poisson vendu entre et
FCFA/Kg ou 50 alevins de 20 gr à 125 FCFA/pièce, soit jusqu à FCFA de recette pour un coût
alimentaire de 200 FCFA! Intérêt économique de l usage de fertilisants : L objectif de production visé
avec une fertilisation optimale constante et contrôlée quotidiennement au disque de Secchi comme
seule méthode d alimentation des poissons microphages (mis en charge à une densité optimale de
poissons en grossissement comprise entre 2 et 3 poissons par mètre carré) est de 50 kg/100 m 2 /an,
soit 25 Kg de poissons par cycle de 6 mois et par 100 m 2 d étang. Le coefficient de transformation
des fientes de volailles en poisson via le cycle de production de plancton est de 7 à 8 : cela veut dire
qu il faut mettre dans l étang 7 à 8 Kg de fientes pour produire 1 kg de poisson. Pour produire 25 Kg
de poissons, il faudra donc mettre dans l étang 175 à 200 Kg de fientes de volailles par 100 m 2 et par
6 mois, soit 8 kg de fientes de volaille par 100 m 2 et par semaine (coût équivalent à 200 FCFA par
100 m 2 et par semaine). Le coût de la fertilisation optimale de 100 m 2 d étang pendant 6 mois serait
donc de 200 Kg de fientes à 25 FCFA/Kg soit FCFA de dépense pour une production de poisson de
25 kg de poissons marchands (vendus selon les saisons entre et FCFA le Kg). La fertilisation seule
procure une recette brute (hors investissements et main d œuvre) de FCFA par 100 m 2 et par 6 mois.
Le calcul de la ration alimentaire à distribuer tous les jours aux poissons tient compte de leur poids
total et de leur poids moyen. Comme pour toutes les espèces animales, les jeunes poissons ont de
gros besoins de croissance et ils mangent plus en % de leur poids que les poissons plus âgés : de
25% de leur poids pour les très jeunes à 2% de leur poids pour les vieux. Tableau simplifié de
rationnement des poissons selon leur poids moyen : Poids moyen des poissons (en gr) Poids moyen
minimum Poids moyen maximum % du poids total (estimé) des poissons dans l étang à utiliser pour
calculer la ration par jour à donner aux poissons pendant toute la période comprise entre 2 pêches de
contrôle 0, % En résumé : pour 100 m 2 d étang (empoissonnés à 2 alevins par m 2 ) bien fertilisés
avec 8 Kg de fientes par semaine, on obtient 25 Kg de poissons en 6 mois d élevage sans autres
apports d aliment % % % 28 9

10 III. Le contrôle de la fertilisation des étangs Le plancton est la première nourriture de base des
poissons de pisciculture et des plans d eau naturels. C est une alimentation facile à procurer aux
poissons et elle ne coûte pas cher : juste un peu d efforts et de soins dans le contrôle et l apport de
matières organiques. Il en faut juste assez : ni trop (pour ne pas sur fertiliser l eau), ni trop peu (pour
ne pas affamer les poissons). C est pourquoi il faut contrôler la présence de plancton tous les jours
dans l étang et ajuster l eau et les matières organiques en fonction du résultat. On peut tester la
transparence de l eau en y plongeant la main jusqu à ne plus la voir : Conclusion : Avec un aliment
complet à 30% de protéine, le gain par Kg de poisson produit diminue, si on le compare au gain par
Kg de poisson produit avec du son simple qui ne coûte que 200 FCFA. Mais la recette brute par 100
m 2 d étang augmente avec un aliment à 30% de protéine, car on peut produire plus de poissons par
100 m 2 avec un aliment plus riche (jusqu à 100 Kg par 100 m 2 ) qu avec un aliment simple et pas
cher comme le son de riz (qui permet d atteindre 50 Kg de poisson par 100 m 2 ). Comparaison du
coût alimentaire de production d 1 Kg de poisson avec son de riz ou avec un aliment composé à 30%
de protéine : - si on voit toujours la main quand on a de l eau jusqu au dessus du coude: l eau est
claire et contient trop peu de plancton. - si on ne voit plus la main quand l eau arrive au milieu de l
avant bras: l eau est trouble et verte, et contient beaucoup de plancton. Mais tous les bras n ont pas la
même longueur et toutes les mains n ont pas la même couleur; cette estimation à main nue est difficile
à quantifier et à comparer d une pisciculture à l autre. Le bon dosage de la fertilisation n est pas si
facile qu il y parait. Un étang doit être exploité en eau stagnante pour que le débit n entraine pas les
fertilisants et les aliments dans l évacuation ou la rivière en aval. Cela permet à l argile en suspension
dans l eau de tomber au fond et de ne plus troubler l eau. Ainsi la transparence de l eau permet de
juger de l épaisseur de la couche de plancton disponible pour l alimentation des poissons : plus il y a
de plancton, moins il est possible de voir profondément au travers. Si la densité de plancton est faible,
l eau sera très claire et il sera même possible de voir le fond de l étang, là où il est peu profond : les
poissons auront faim et grossiront lentement : il faut ajouter des matières organiques dans l étang
pour produire plus de plancton, sinon la durée d élevage sera longue pour produire des poissons
marchands. Ou 10 27

11 Ces formulations plus riches en protéines sont plus coûteuses et moins performante que la
combinaison «fertilisation + son» en rapport coûts/bénéfices par Kg de poisson produit. Certaines d
entre elles permettent toutefois d atteindre les rendements les plus élevé qu il est possible d atteindre
en étangs exploités en pisciculture semi intensive sans dispositif d aération ou d oxygénation : de 100
à 150 Kg par 100 m 2 et par an. Si la densité est trop forte, l eau sera opaque car le plancton très
concentré ne laisse pas passer la lumière : les poissons auront beaucoup de nourriture la journée car
le plancton végétal en produit beaucoup quand il y a du soleil. Pendant la nuit, le plancton ne produit
plus d oxygène car il n y a plus de soleil : le plancton et les poissons respirent l oxygène dissous dans
l eau pour vivre ; si il y a trop de plancton qui prend beaucoup d oxygène, il n y en aura plus assez
pour les poissons pendant la nuit et les plus faibles risquent de mourir. Il faut ajouter de l eau claire
pour diluer la concentration des matières organiques qui produisent trop de plancton pour permettre à
tous les poissons de respirer la nuit. Des alevins de Tilapia biens nourris sont prêts à être vendus pour
la consommation après 6 à 8 mois d élevage bien suivi. Les achats de fertilisants et d aliments
permettent de produire 50 à 150 Kg de poissons par 100 m 2 et par an. Ces 3 exemples sont des
composition d aliments préparées par des artisans locaux de Sikasso formés par le projet à partir de
sous-produits disponibles dans la région de Sikasso: ils sont plus riches en protéines que les sons de
riz ou de maïs car ils comprennent des tourteaux de coton (riches en graisse) et de la farine de
poisson (riche en protéine). Ces aliments sont plus chers que le son, mais ils augmentent les
productions par surface d étang. Ils peuvent être combinés aux ingrédients bons marchés (son et
farineux divers) pour atteindre les 30% de protéine requis pour la croissance des Tilapias à un coût
raisonnable. On compare la qualité des aliments entre eux en comptant le nombre de Kg d aliment qu
il faut pour produire un Kg de poisson : ce rapport s appelle le coefficient de transformation. Le
coefficient de transformation de tels aliments composés à 30 % de protéine est compris entre 2 et 3.
Cela veut dire que pour produire 1 Kg de poisson il faut utiliser 2 à 3 Kg de cet aliment. Le coût par
kilogramme d aliment complet est compris entre 220 et 350 FCFA par Kg : donc le coût alimentaire
par Kg de poisson supplémentaire produit est alors 2 à 3 fois plus : entre 440 et FCFA par Kg (au lieu
de 200 FCFA/kg avec le son de riz). 26 Le disque de Secchi : INSUFFISANT TRES BON
EXCEDENTAIRE Fabrication d un disque de Secchi artisanal : On commence par découper un disque
rond de 25 cm de diamètre dans une tôle plate métallique, puis on peint 2 paires de triangles qui se
font face, l une en noir, l autre en blanc pour obtenir un contraste maximum. Puis on peint en 3
couleurs un manche à balai en bois que l on fixe au centre du disque contre la couleur rouge: il ne
reste plus qu à plonger très lentement le disque dans l eau. Un disque de Secchi standard et gradué
permet de mesurer l épaisseur de la couche de plancton avec plus de précision. La transparence de l
eau qui témoigne d une quantité de plancton qui convient le mieux aux poissons est de 20 cm de
profondeur. 11

12 Exemple 2 : aliment composé avec vitamines et minéraux (prémix) à 30% Ingrédients Prix (FCFA
par Kg) Quantité (Kg) Protéine (%) Son de riz ,80 Tourteaux de coton ,00 Farine de poisson ,30 Le
disque de Secchi à 3 couleurs est un outil pratique pour contrôler la qualité de la fertilisation d un
étang. Mode d emploi : Quand on enfonce le disque dans l eau et que le contraste noir blanc est
visible dans le bleu : c est OK. On enfonce le disque verticalement et très lentement dans l eau de
surface fertilisée de l étang jusqu à ce qu on ne perçoive plus le contraste de couleur noir blanc
devenu invisible à cause de la couche de plancton qui fait écran et dont on évalue la qualité et la
quantité par cette méthode simple. Interprétation : Si le contraste est toujours visible alors que les
portions rouge et bleue du bâton sont sous l eau et que le ras de l eau affleure sur le bâton dans la
couleur jaune, cela signifie qu il n y a pas une bonne fertilisation ni assez de plancton dans l étang
pour nourrir les poissons: il faut ajouter des fertilisants. Si le contraste disparait progressivement alors
que la portion rouge du bâton est sous l eau et que le ras de l eau affleure sur le bâton dans la couleur
bleue, cela signifie qu il y a une excellente fertilisation et assez de plancton dans l étang pour nourrir
les poissons : ne rien ajouter comme fertilisant et ne pas ajouter d eau (il y a assez de plancton), sauf
si le niveau d eau baisse. Si on ne voit plus le contraste alors que le bâton est à peine enfoncé et que
le ras de l eau affleure sur le bâton dans la couleur rouge, cela signifie qu il y a trop de fertilisation et
trop de plancton dans l étang : risque de mortalité des poissons pendant la nuit, quand le plancton
consomme l oxygène faute de lumière au lieu d en produire. Il faut «diluer la soupe» avec de l eau
propre et claire jusqu à retrouver la couleur bleue qui traduit une bonne fertilisation. Prémix ,001 p.m.
TOTAUX ,14 Prix de revient ,14 Prix de vente ,14 Exemple 3 : aliment meilleur marché, mais moins
riche en protéine (20%) Ingrédients Prix (FCFA par Kg) Quantité (Kg) Protéine (%) Son de riz ,80
Tourteaux de coton ,00 Farine de poisson ,30 TOTAUX ,27 Prix de revient ,27 Prix de vente ,

13 2) Aliment composé en poudre : mélange d ingrédients à 30 % de protéine Des formulations


techniquement plus productives sont également possibles pour atteindre ou approcher les 30% de
protéine qui correspond à l optimum de l alimentation des Tilapias et des Heterotis. Les Silures
exigent 45 à 50 % de protéine dans leur alimentation pour exprimer pleinement leur potentiel de
croissance en monoculture, mais ils peuvent prélever ces protéines par prédation sur les alevins
excédentaires et non désirables des Tilapias élevé avec lui en polyculture : les Clarias ne peuvent
avaler que les poissons plus petits que la largeur de leur bouche. INSUFFISANT TRES BON
EXCEDENTAIRE Le disque de Secchi adapté et dessiné ci-contre est un instrument pratique pour
contrôler la fertilisation d un étang. Il est facile à fabriquer localement : il suffit de peindre 45 cm d un
manche à balai en 3 couleurs de peintures à l huile : 15 cm jaune en haut, 15 cm bleue au milieu, 15
cm rouge en bas, puis de fixer ce manche sur un disque métallique de 25 cm de diamètre peint en
blanc et noir comme sur le schéma. Quelques exemples de composition d aliments titrant 20 à 30 %
de protéine : Exemple 1 : (les prix de certains composants varient avec la saison) Ingrédients Prix
(FCFA par Kg) Quantité (Kg) Protéine (%) Maïs 30 à ,00 Son de riz 20 à ,80 Tourteaux de coton 100 à
,00 Farine de poisson 500 à ,30 Manioc «Atiéké» 120 à ,00 Prémix (vitamines) ,001 p.m. TOTAUX ,20
Prix de revient ,20 Prix de vente ,20 Dans cet étang fertilisé, le contraste noir - blanc du disque de
Secchi disparaît à la vue quand le ras de l eau se trouve au niveau de la couleur bleue (20 cm de
transparence environ) : c est une très bonne fertilisation. Les poissons sont élevés dans de bonnes
conditions d élevage : beaucoup de plancton à manger et de l oxygène à respirer

14 CHAPITRE IV : LA MISE EN CHARGE DES POISSONS DANS L ÉTANG I. Les espèces d


élevage piscicole conseillées au Mali Plusieurs espèces africaines de poisson ont fait l objet de
recherches intensives en Afrique depuis les années 1950, date des premiers essais de pisciculture sur
le continent. Après plus de 60 ans de recherche, d essais fructueux et d erreurs, 2 espèces
complémentaires ont démontré avec succès leur capacité de production à faible coûts et leur
rentabilité : le Tilapia du Nil (Oreochromis niloticus) et le Silure (Clarias gariepinus). Certains
pisciculteurs utilisent une troisième espèce complémentaire en cours de domestication : l Heterotis
(Heterotis niloticus). Alimentation complémentaire des poissons La combinaison d une bonne
fertilisation et d une alimentation complémentaire en farines ou son de riz ou de maïs permet d obtenir
des rendements compris entre 50 à 100 Kg de poissons par 100 m 2 et par an et de maximiser les
bénéfices par Kg de poisson vendu. 1) Le Tilapia du Nil 2) Le Silure 3) L Heterotis 1) Le Tilapia nilotica
(Oreochromis niloticus) ou n tèbenfing en bamanan : C est l espèce principale d élevage au Mali. En
phase de grossissement, on l élève à une densité de 2 à 3 poissons par m 2, les mâles étant préférés
aux femelles à cause de leur croissance plus rapide que celle des femelles (jusqu à 50% plus élevé).
Les femelles gardent leurs œufs et leurs larves dans leur bouche pour les protéger des prédateurs :
elles ne peuvent donc pas se nourrir pendant une grande partie de la durée d élevage, ce qui
provoque rapidement une baisse de la croissance des femelles. Les mâles se nourrissent tous les
jours et grossissent plus vite : c est pourquoi l élevage mono sexe mâle produit plus que l élevage en
sexes mélangés. Quand il y a trop d alevins dans l étang, cela pose un deuxième problème: les
poissons doivent se partager l espace et la nourriture, ce qui diminue la croissance individuelle de
tous les poissons présents dans l étang. La combinaison de la fertilisation et d une alimentation à
base de farineux simple permet de doubler les productions. Un mélange plus performant de sous-
produits agricoles plus riches en protéines permet de les tripler. Si l aliment complémentaire à la
fertilisation est un mélange d aliments plus riche en protéine (30% et plus), les rendements peuvent
alors atteindre les 150 Kg de poissons par 100 m 2 et par an ; le bénéfice par Kg de poisson produit
diminue à cause du coût plus élevé des aliments riches en protéine, mais le bénéfice par 100 m 2 d
étang et par période d élevage est plus élevé. Les différents types d aliments locaux disponibles à
Sikasso : 1) Aliment simple en poudre bon marché : son de riz, de maïs ou vieux pain Ces sous-
produits bons marchés, mais à faible taux de protéine, ont un bon coefficient d encombrement : ils
remplissent bien l estomac des poissons. Cela permet aux poissons de bien valoriser les protéines
contenues dans le plancton produit par une bonne fertilisation en étang et se traduit par une nette
augmentation des rendements : jusqu à 80 à 100 Kg/are/an, pour une dépense relativement modeste,
comparable au coût des fertilisants. Le Kg de son coûte autour de 20 FCFA ; il a un coefficient de
transformation (quantité de son nécessaire pour produire un Kg de poisson) de 7 à 8, comparable à
celui des fientes. Ainsi la combinaison d une alimentation à base de plancton produit par des
déjections animales et d un complément en son permet de bonnes productions à faible coût
15 CHAPITRE V : L ALIMENTATION DES POISSONS Les Tilapias sont des poissons très faciles à
élever et peu exigeants pour leur nourriture : une bonne fertilisation des étangs complétée par un
aliment farineux ou encore mieux, un mélange de plusieurs sous-produits agricoles à 30% de
protéines, permet d atteindre des rendements piscicoles compris entre 50 et 150 Kg par 100 m 2 et
par an. En élevage des 2 sexes ensemble (sexes mélangés), les Tilapias se reproduisent trop vite car
il y beaucoup de femelles qui pondent beaucoup d œufs, qui produisent beaucoup d alevins : quand il
y a trop d alevins, on ne peut plus évaluer les besoins alimentaires des poissons car leurs poids et
leur nombre dans l étang sont inconnus. Il faut ajouter quelques prédateurs dans l étang de
grossissement des Tilapias pour éviter qu ils soient trop nombreux : ces prédateurs seront chargés de
dévorer les alevins indésirables pour que les Tilapias mis en charge puissent grandir normalement.
Les Clarias font très bien ce travail à partir d un poids moyen de 150 gr. Quand ils sont plus petits, ils
sont moins efficaces ; trop gros, ils mangent tous les poissons. Au stade d adulte mature, il est facile
de distinguer les poissons mâles (photo de gauche) des poissons femelles (photo de droite). Les
Tilapias sont des poissons peu exigeants pour leur nourriture qui est très variée. De nombreux sous-
produits agricoles sont consommés et bien valorisés par les Tilapias. Rappel : la seule fertilisation de
100 m 2 d étang (empoissonné à 2 Tilapias par m 2 ) pendant 6 mois coûte 200 Kg de fientes à 25
FCFA le Kg, soit FCFA de dépense; elle produit 25 Kg de poisson à FCFA le Kg, soit une recette de
FCFA. Avec une même quantité de son (200 Kg à FCFA) en complément des fientes (200 kg à
FCFA), les productions sont doublées et les bénéfices aussi (hors autres frais non alimentaires) : 50
Kg de poissons à FCFA valent FCFA pour une dépense de FCFA. Bénéfice/100 m 2 : FCFA. Pour
reconnaître les poissons mâles des poissons femelles il faut regarder leur sexe : les mâles ont un
sexe plus allongé que celui des femelles. Les femelles ont une fente longitudinale au milieu de leur
sexe plus rond que celui des mâles. Cette différence est bien visible pour des poissons de plus de 40
gr. Le sexe des poissons sert à évacuer l urine et les produits sexuels des poissons. Il est située juste
à l arrière de l anus (sortie ronde de l intestin situé juste avant le début de la nageoire anale quand on
part de la tête vers la queue). Pour pratiquer l élevage mono sexe, le pisciculteur devra déterminer le
sexe des Tilapias en examinant attentivement la forme de son sexe (appelé papille uro-génitale) et ne
prendre que des mâles à élever. Chez le mâle (à gauche sur le schéma) elle est protubérante, en
forme de cône et elle porte un seul orifice à son extrémité. Chez la femelle (à droite sur le schéma)
elle est petite et arrondie, avec une fente transversale au milieu (orifice génital) et un orifice urinaire à
son extrémité

16 2) Le Clarias gariepinus ou manogo en bamanan : Le mâle construit un nid en forme d assiette


creuse dans le fond de l étang; il parade autour de son nid pour attirer les femelles et défend les
abords de son nid contre les autres mâles qui approchent son territoire. Ce poisson à peau nue est
classé comme omnivore ou prédateur. Les Clarias sont des poissons mobiles qui vont à la recherche
de leurs proies. Leur régime alimentaire est composé de vertébrés (oiseaux, poissons, grenouilles),
mollusques, crustacés, diatomées, détritus et organismes benthiques. Ils arrivent à avaler des proies d
une taille égale à la moitié de leur longueur ou 10 % de leur poids. Ils ont une croissance rapide (jusqu
à 5 gr par jour) et sont fréquemment rencontrés dans les plaines d inondation où ils se reproduisent
lors des crues, dans les herbes immergées. Ils ont tendance à remonter le courant d eau et peuvent
traverser de petites distances à l air libre sur des surfaces mouillées en rampant sur l herbe mouillée à
l aide de leurs nageoires pectorales, et en respirant l air atmosphérique grâce à leurs organes
respiratoires complémentaires situés dans la tête, au-dessus des branchies. Grâce à ces organes
respiratoires, ils résistent à des conditions difficiles (eau trouble et peu profonde, pauvre en oxygène
dissous), mais ils ne peuvent pas survivre longtemps dans la boue qui obstrue leurs branchies et
parfois même, leur système de respiration secondaire, quand ils restent dans la boue trop longtemps.
4. Grossissement d alevins de Tilapia nilotica sexés élevés en polyculture triple : Tilapia-Clarias-
Heterotis (méthode recommandée) Les pisciculteurs qui veulent bénéficier de la forte vitesse de
croissance des mâles de Tilapias vont mettre en charge 2 Tilapias sexés de 30 à 50 gr par m 2 d
étang. Ils ajouteront par précaution, 10% de Clarias sur le nombre total de Tilapias «mâle» pour
éliminer les alevins produits lors des erreurs de sexage parfois fréquentes (jusqu à 5% d erreur
parfois) qui produisent des alevins indésirables. Le poids des Clarias d accompagnement doit être
compris entre 250 et 500 gr pour qu ils soient opérationnels dès la mise en charge dans leur rôle d
éliminateur d alevins indésirables. On pourra compléter cette mise en charge en polyculture triple avec
un alevin d Heterotis de 4 à 10 gr (ou plus) par 10 m 2 d étang. Polyculture Clarias-Tilapias non sexé :
1 Clarias de 50 gr pour 2 Tilapias non sexés de 10 gr par m 2 d étang. La croissance journalière des
poissons dépend de l espèce et de la disponibilité de nourriture. Mâle Femelle Pour toutes les
espèces piscicoles, quand on augmente le nombre de poissons par mètre carré d étang, on diminue
la vitesse de croissance individuelle de tous les poissons présents dans l étang et on augmente le
risque de mortalité par manque d oxygène, surtout la nuit. La reconnaissance des sexes est
facilement visible chez les Clarias, car le sexe des mâles est très allongé, alors que celui de la femelle
est parfaitement rond et légèrement plié au milieu. Les femelles prêtes à pondre ont le ventre ballonné
et dur au toucher. Celles qui ont un ventre flasque ne le sont pas

17 Il faut empoissonner ces étangs piscicoles avec 2 poissons par mètre carré d étang. Dans l
exemple présenté ci-dessus (poids moyen individuel des alevins égal à 10 gr), il faut 200 poissons par
100 m 2 d étang, ou 2 kg d alevins de Tilapia par 100 m 2 d étang mis en charge (200 poissons de 10
gr = 2 kg de poisson). Malheureusement, ces poissons se reproduisent très vite en étang : ils se
reproduisent dès qu ils sont matures, à partir de 30 gr en étang (ce qui n arrive normalement pas en
milieu naturel, quand ils ont plus d espace). Chaque femelle peut produire entre 300 et alevins tous
les mois selon sa taille et surtout la taille de sa bouche, car elle pratique l incubation buccale) : une
grande bouche contient plus d alevins qu une petite. Conséquence : l étang se retrouve vite surpeuplé
d alevins de petite taille et il n y a pas assez de nourriture pour tous. Dans ces condition, la plupart
des poissons restent petits (nanisme) : la gestion de l étang devient vite incontrôlable, car on ne
connait plus le poids des poissons à élever et on ne sait plus calculer la ration alimentaire dont ils ont
besoin. Pour éviter cette situation qui empêche les alevins mis en charge d atteindre un poids
important (compétition alimentaire d un trop grand nombre d alevins), il faut associer des prédateurs d
alevins qui vont consommer tous les alevins indésirables et permettre la croissance normale de ceux
mis en charge. Pour cette raison, les jeunes alevins non sexés de Tilapia placés en grossissement
«longue durée» en étang doivent être accompagnés et contrôlés pendant leur croissance par des
Clarias («Manogo» en Bambara). Le bon équilibre d espèces pour cette polyculture de poissons non
sexés est de 1 Clarias de 20 à 50 gr de poids moyen pour 2 Tilapias de 5 à 15 gr de poids moyen. 3)
L Heterotis niloticus ou fanan en bamanan : Ce poisson à grosses écailles s élève occasionnellement
en polyculture avec des Tilapias et des Silures à une densité de 1 poisson/10 m 2. Il grossit
rapidement à cette faible densité (jusqu à 9 gr par jour). Cette espèce cohabite bien avec les 2 autres
(si les silures ne sont pas trop gros) et se satisfait de plancton et d aliments en poudre riches en
graisse (tourteaux) qu elle valorise bien. Les Heterotis ont aussi un système de respiration de l air qui
leur permet de bien s adapter en eau stagnante (marécages, étangs). Ce poisson n est pas un
prédateur d alevins. II. Les mises en charge en production piscicole semi intensive 1. Reproduction du
Tilapia du Nil : La reproduction des Tilapias est très facile en étang, dès que la température de l eau
atteint ou dépasse les 20 C (ce qui est pratiquement toujours le cas au Mali). La mise en charge
conseillée pour des étangs en reproduction est de 0,7 géniteurs par m 2 d étang avec un 1 mâle pour
3 femelles. Pour un étang de reproduction de 4 ares (400 m 2 ) il faut compter 280 géniteurs d un
poids moyen compris entre 100 et 300 gr : 70 mâles pour 210 femelles est la proportion des sexes
des géniteurs de Tilapia qui donne les meilleurs résultats de production d alevins. En polyculture
Clarias-Tilapias non sexé la mise en charge est de : 1 Clarias de 50 gr pour 2 Tilapias non sexés de
10 gr, par m 2 d étang. Si les silures sont trop gros à la mise en charge, ils auront vite la taille
suffisante pour manger tous les poissons. 20 On met en charge 70 mâles et 210 femelles dans un
étang de 4 m 2 bien fertilisé, sans boue dans le fond de l étang, pour que les nids restent propre. Les
alevins sont récoltés précautionneusement à la senne tous les 15 jours pour être transférés dans des
étangs de pré-grossissement. 17

18 Si les alevins sont prélevés dans les étangs de reproduction (bien fertilisés) tous les 15 jours et que
les géniteurs sont bien alimentés (à 5% de leur poids total par jour), il y aura beaucoup d alevins de 2
à 4 gr de poids moyen. Bien conduite dans un bon étang bien fertilisé de 4 ares (400 m 2 ), la
production d alevins attendue est de l ordre de alevins de 2 à 4 gr tous les 15 jours. 2. Pré
grossissement d alevins de Tilapia nilotica non sexés prélevés dans les étangs de reproduction : Il
reste à élever ces alevins de 2 à 4 gr produits dans des étangs de pré-grossissement, jusqu à ce qu
ils atteignent un poids et une taille suffisante (10 à 15 gr environ) pour résister à des transports longue
durée pour leur grossissement dans d autres étangs en sexe mélangés et la vente aux pisciculteurs.
On peut aussi les élever jusqu à un poids moyen de 40 à 50 gr pour pouvoir les sexer et pratiquer l
élevage mono sexe des mâles qui est plus rentable. La mise en charge conseillée pour de tels étangs
de pré grossissement est de 10 alevins par m 2 d étang (1.000 alevins par are d étang) ; cette densité
peut monter jusqu à 40 alevins par m 2 d étang si tous les alevins sont vendus à un poids de 15 à 20
gr maximum. Si la durée de pré-grossissement est prolongée jusqu à un poids de 30 à 50 gr, il ne
faudra pas dépasser les 10 alevins par m 2 d étang pour éviter les mortalités par manque d oxygène
en eau stagnante : arrivé dans cette gamme de poids moyen, ils ont une taille qui rend possible la
reconnaissance des sexes sans faire trop d erreur pour des pisciculteurs qui préfèrent n élever que les
mâles pour produire plus vite des poissons marchands et gagner plus. Rappel : Les mâles de Tilapia
grossissent plus vite que les femelles. Dans les 2 cas, pour atteindre le poids moyen de vente
souhaité de 10 gr ou de 40 gr, à une densité de 10 ou de 40 alevins par m 2 d étang, il faut adapter la
quantité de nourriture distribuée par jour au poids et à la quantité de poissons en élevage dans l
étang. Ce calcul doit être fait tous les 15 jours après une pêche de contrôle du poids moyen estimé
sur un échantillon d alevin comprenant 5 à 10% du nombre de poisson mis en charge. 3.
Grossissement d alevins de Tilapia nilotica non sexés contrôlés par des Silures : La mise en charge
des étangs de grossissement en une seule phase d élevage de 6 à 8 mois en pisciculture semi-
intensive s effectue avec des alevins de Tilapia nilotica d un poids moyen compris entre 5 et 15 gr, à
raison de 2 alevins de Tilapia non sexés par m 2. Les alevins sont manipulés avec de grandes
précautions dans des bassines d une eau à même température que celle de l étang. Il faut placer les
alevins en pré grossissement dans un étang bien protégé des prédateurs car ils sont des proies
faciles. Les poissons vivants sont à manipuler avec précaution pour ne pas les blesser ; il faut utiliser
de l eau propre à la même température que les étangs d origine et de destination : les chocs
thermiques tuent les poissons. Pour éviter de garder les alevins hors de l eau trop longtemps (ce qui
pourrait les tuer), il est prudent de calculer un poids moyen d un lot de plusieurs poissons de même
taille, et de les peser tous rapidement par lots

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