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FORMULATION DES LOIS DE


COMPORTEMENT

E. MARTIN

01-10-2012
2
3

LES ESSAIS DE CARACTERISATION MECANIQUE 5

LE COMPORTEMENT ELASTO-PLASTIQUE 9

LA THERMODYNAMIQUE DES PROCESSUS IRREVERSIBLES 19

LA MECANIQUE DE L’ENDOMMAGEMENT 27

HOMOGENEISATION 33

EXERCICES 39

ANNEXE A : NOTATIONS INDICIELLES ET TENSORIELLES 55

ANNEXE B : TERMINOLOGIE 57
4
5

Les essais de caractérisation mécanique

1. Introduction
Les essais de caractérisation mécaniques permettent d’accéder aux grandeurs caractéristiques du comportement
d’un matériau selon des conditions variables (température, vitesse de sollicitation). On se limite ici à la
présentation des essais uniaxiaux de traction.

2. Essai de traction
L’essai de traction est le plus utilisé pour la caractérisation mécanique des matériaux. Il permet d’évaluer des
grandeurs normalisées comme la limite d’élasticité R p et la résistance à la traction Rm . Les éléments donnés
dans la suite concernent la machine de traction, les éprouvettes et les mesures de déformation et de charge.

2.1 Machine de traction


Une machine de traction comprend un bâti avec une traverse mobile (Figure 1). L’éprouvette de traction est
enserrée dans des mors qui la fixent en partie inférieure à la base de la machine et à la traverse mobile en partie
supérieure. Le déplacement de la traverse vers le haut impose la sollicitation de traction. Un système
d’asservissement permet d’effectuer des essais sous différentes conditions de vitesse de déplacement ou de force
imposées. Un essai de traction est classiquement réalisé avec une vitesse de déplacement imposé de l’ordre de 1
mm/mn.

Figure 1 : Machine de traction

2.2 Eprouvette de traction


Une éprouvette de traction possède une géométrie plate ou cylindrique. Sa taille dépend de la microstructure du
matériau et la section doit être constante sur une longueur suffisante pour garantir un état de contrainte
homogène pendant l’essai. Les deux extrémités sont usinées afin de permettre la fixation dans les mors. Le rayon
de courbure de la zone de transition entre têtes d’amarrage et section utile doit être contrôlé pour limiter les
concentrations de contraintes.

Figure 2 : Eprouvette de traction à géométrie cylindrique


6

2.3 Mesure du déplacement


On peut mesurer le déplacement de la traverse ou placer un système de mesure sur la section utile de
l’éprouvette. La raideur de la machine (qui se comporte comme un ressort de raideur K en série avec
l’éprouvette) intervient si on utilise le déplacement traverse. Pour que la déformation mesurée soit proche de
celle du matériau testé, il faut utiliser une machine bien plus « raide » que l’éprouvette. Il est donc préférable
d’utiliser un extensomètre placé sur la zone utile de l’éprouvette :

i) Les jauges extensomètriques convertissent leur déformation en variation de résistance


électrique avec typiquement un signal de ±2 mV/V avec une tension d’alimentation maximale
de 10V. Leur taille doit en être choisie en fonction de la taille du volume élémentaire
représentatif de la microstructure du matériau (Figure 3a).

ii) Un extensomètre à pinces mesure un déplacement minimal de l’ordre de 1 µ m (Figure 3b).

iii) Les méthodes sans contact utilisent le déplacement de marqueurs placé en surface de
l’éprouvette afin de suivre sa déformation. Une caméra numérique enregistre la position des
marqueurs. Un logiciel de corrélation d’images permet d’estimer leur déplacement et donc de
mesurer un champ de déplacement en surface de l’éprouvette.

(a) (b)

Figure 3 : a) Jauges extensométriques, b) Extensomètre à pinces

2.3 Mesure de la force


On utilise une cellule de charge qui est placée en série avec les mors et l’éprouvette (Figure 4). La mesure d’une
force repose sur la déformation d’un corps d’épreuve équipé de jauges de déformation. La force maximale
mesurable est bornée par la limite élastique du corps d’épreuve.

Figure 4 : Cellule de force


7

3. Essai de fluage
Le fluage est la déformation à haute température d’un matériau soumis à une force constante. Un essai de fluage
nécessite une machine de mise en charge, un four et un extensomètre (Figure 5). Les dispositifs de fluage
comportent généralement un bras de levier relié à un mors et à un poids (mais on peut bien entendu utiliser une
machine de traction asservie en force). On utilise souvent un four tubulaire à résistance électrique qui chauffe par
radiation. La température doit être contrôlée précisément ( ±2 °C ) à l’aide d’un thermocouple fixé sur
l’éprouvette. Il faut s’assurer de l’homogénéité de la température le long de la zone utile. Il n’est pas possible de
placer un extensomètre dans le four et on utilise un système de tiges (capables de supporter la température
d’essai) pour transférer le déplacement mesuré hors du four.

Figure 5 : Machine de fluage

4. Essai de traction dynamique


La vitesse de déformation imposée lors d’un essai de traction quasi-statique varie dans la gamme
10−4 s −1 − 10−1 s −1 . Une machine de traction « grande vitesse » permet d’atteindre des vitesses de déformation
comprises entre 1 s −1 et 400 s −1 . Pour atteindre une vitesse de déplacement élevée (jusqu’à 20m/s), on utilise
une machine de traction hydraulique. Un extensomètre sans contact (système laser) peut être utilisé.
8
Elasto-plasticité 9

Le comportement élasto-plastique

1. Introduction
Les matériaux qui sont « plastiques » au sens du mécanicien possèdent la propriété d’être ductiles, c’est à dire
une aptitude à se déformer notablement avant rupture. Cette propriété permet leur mise en forme par
déformation.

On s’intéresse ici à l’étude des déformations plastiques en cherchant à répondre aux deux questions : i) quand
apparaissent ces déformations ? , ii) comment apparaissent elles ?. Les réponses sont fournies dans le premier cas
par un critère de plasticité et par une loi d’écoulement dans le second.

On se place dans le cadre des petites déformations et pour une transformation lente (chargement quasi statique
sans effet de la température). On introduira donc uniquement le paramètre temps t pour représenter l’évolution
du chargement.

2. Le comportement élasto-plastique en traction


La figure 1 représente la réponse déformation-contrainte en traction obtenue à l’aide d’une éprouvette en alliage
métallique. On constate l’existence d’un seuil de contrainte σ e à partir duquel le comportement devient
irréversible : si on effectue une décharge en B, on obtient le trajet BC et non le trajet BAO. Il subsiste une
déformation permanente ε p après décharge. Si on procède à une nouvelle charge, le comportement demeure
réversible le long de CB. On retrouve la courbe de première charge (c'est-à-dire la courbe de traction sans
décharge) au delà de B : à chaque nouvelle charge effectuée à partir de C, la contrainte σ B est le nouveau seuil
en traction. Ainsi, la contrainte σ e est la limite d’élasticité initiale tandis que σ B est la limite d’élasticité
actuelle qui dépend donc de la déformation plastique ε p . Cette propriété correspond à l’écrouissage du
matériau. Si après la décharge BC on sollicite l’éprouvette en compression, on constate que le seuil de plasticité
en compression (initialement égal à σ e ) se trouve ramené à la valeur σ B ' avec σ B ' > σ e . Autrement dit,
l’écrouissage en traction qui correspond à un relèvement du seuil de plasticité s’accompagne d’une diminution
(en valeur absolue) du seuil de plasticité en compression. Ce phénomène est l’effet Bauschinger.

L’écrouissage disparaît pour matériau élastique parfaitement plastique (Figure 2) : la contrainte σ ne peut
dépasser le seuil σ e avec σ < σ e .

σB B

σe
A

C ε
O
εp εe

Figure 1 : Représentation schématique d’un essai de traction obtenu sur une éprouvette d’alliage métallique
Elasto-plasticité 10

σ
A B
σ e

C
ε
εp

Figure 2 : Réponse en traction d’un matériau parfaitement plastique

2.1 Surface seuil


La réponse en traction n’est qu’un cas particulier des sollicitations que peut subir un élément de milieu continu.
Il faut adapter au cas multiaxial les notions dégagées à partir des essais uniaxiaux. Une sollicitation quelconque
est caractérisée par le tenseur des contraintes σ . Dans l’espace des contraintes (dimension 6), le seuil de
plasticité est une surface. L’intérieur du domaine délimité par cette surface est le domaine d’élasticité du
matériau. La surface elle-même est la surface seuil de plasticité tandis que l’ensemble domaine d’élasticité et
seuil de plasticité constituent le domaine de plasticité du matériau.

2.2 Surface seuil initiale


On s’intéresse dans un premier temps à la surface initiale de plasticité qui traduit la première plastification se
produisant lorsque l’on charge le matériau à partir de l’état sans contrainte. Pour déterminer la forme de cette
surface, il faut effectuer des essais multiaxiaux pour avoir accès à plusieurs composantes du tenseur des
contraintes. Les essais multiaxiaux les plus courants sont les essais biaxiaux sur éprouvettes minces (Figure 3).
Un essai de traction-torsion sur un tube mince permet ainsi d’imposer un état de contrainte de la forme :
F M (1)
σ = σ ez ⊗ ez + τ ( eθ ⊗ ez + ez ⊗ eθ ) , σ = ,τ =
2π Re 2π R e
2

Figure 3 : Eprouvette pour essais biaxiaux (traction biaxiale et traction-torsion)


Elasto-plasticité 11

Pour déterminer une surface seuil, on effectue des trajets de chargement radiaux σ ( t ) = S (t )σ * dans l’espace
des contraintes selon une direction fixe σ * . On obtient la déformation E ( t ) dans la direction σ * en mesurant
la déformation ε ( t ) avec E ( t ) = ε ( t ) : σ * .

Pour détecter le début de non-linéarité de la courbe (E(t),S(t)), on recherche une perte de pente d’élasticité
initiale (0.2% pour un essai de traction simple mais souvent 0.02% pour un essai multiaxial afin d’éviter un
écrouissage excessif ).

La figure 4 représente une surface seuil de plasticité typique obtenue à l’aide d’essais de traction-torsion. On
remarque que l’origine ( σ = 0 ) est contenue dans le domaine initial d’élasticité et que ce domaine est convexe
(si deux états σ 1 et σ 2 sont situés dans le domaine, alors le segment joignant σ 1 et σ 2 est également inclus
dans le domaine).

Figure 4 : Surface seuil initiale obtenue par essai de traction-torsion

2.3 Modélisation du domaine d’élasticité initial


Pour les métaux usuels, on utilise le critère de Von Misés pour modéliser la surface seuil. Pour un essai de
traction-torsion, on a :
σ 2σ (2)
s = − ( ez ⊗ ez + eθ ⊗ eθ ) + ( ez ⊗ ez ) + τ ( eθ ⊗ ez + ez ⊗ eθ ) .
3 3
La contrainte équivalente de Von Misés σ eq est donc :
(3)
σ eq = σ 2 + 3τ 2 .
La surface seuil prédite par le critère de Von Misés est donc bien une ellipse (Figure 4) d’équation dans le plan
(σ , τ ) :
σ 2 + 3τ 2 = σ 02 . (4)
Pour définir le domaine d’élasticité initial, on introduit une fonction scalaire f de σ appelée la fonction de
charge du matériau avec :
f (σ ) < 0 , intérieur du domaine,

f (σ ) = 0 , frontière du domaine, (5)

f (σ ) > 0 , extérieur du domaine.

Le critère d’élasticité est la condition f (σ ) < 0 tandis que la condition f (σ ) = 0 est le critère de limite
d’élasticité ou critère de plasticité. Pour un matériau écrouissable, le domaine d’élasticité actuel dépend de l’état
d’écrouissage du matériau que nous représenterons par la variable E .
Elasto-plasticité 12

2.4 Surface seuil actuelle


Si on continue d’appliquer un chargement au delà de la surface seuil initiale, le matériau se déforme
plastiquement. Une décharge de l’éprouvette permet de revenir dans le domaine élastique. On peut alors
déterminer la nouvelle surface seuil de plasticité à l’aide de la méthode déjà décrite (exploration de plusieurs
directions de contrainte et arrêt dés la plasticité atteinte). La nouvelle surface seuil (surface seuil actuelle) est
différente de la surface initiale (sauf pour un matériau élastique parfaitement plastique). Cette modification
dépend du trajet de déformation parcouru hors du domaine d’élasticité initial et traduit l’écrouissage du
matériau.

La figure 5 représente l’évolution de la surface seuil pour deux chargements différents. Dans le premier cas, le
chargement est purement radial tandis que le second comporte une traction suivie d’une torsion à force de
traction constante. On vérifie ainsi que la surface seuil actuelle dépend du trajet de chargement.

Figure 5 : Evolution de la surface seuil pour deux chargement lors d’essai de traction-torsion

D’une façon générale, les modifications subies par une surface seuil comprennent :

1) une modification de la taille (gonflement de la surface seuil) qui est à l’origine de l’augmentation de la limite
d’élasticité en traction,

2) une translation (le centre du domaine d’élasticité se déplace) qui est à l’origine de l’effet Bauschinger,

3) une distorsion de la surface seuil souvent notable lorsque l’on sort beaucoup du domaine d’élasticité initial
comme le montre par exemple la Figure 6.

Figure 6: Essai de traction torsion avec distorsion de la surface seuil


Elasto-plasticité 13

2.5 Modélisation de l’écrouissage


On ne considère ici que la modélisation du changement de taille (écrouissage isotrope) et du changement de
centre (écrouissage cinématique) de la surface seuil. Le domaine initial de plasticité est décrit par la fonction de
charge f (σ ) = σ eq − σ 0 .

2.5.1 Ecrouissage isotrope

Une homothétie de centre O représente le gonflement (sans changement de forme) de la surface seuil (Figure 7).
Une seule variable scalaire R est nécessaire pour la décrire. Cette variable qui évolue avec la déformation
plastique mesure la taille de la surface seuil. Le critère de plasticité s’écrit :
σ eq − R ≤ 0 avec Rinitial = σ 0 . (6)
La variable R n’évolue pas dans l’état élastique mais se modifie dés que l’état de contrainte atteint la surface
seuil.
Surface seuil σ Trajet de
initiale chargement

Surface seuil
actuelle

Figure 7 : Ecrouissage isotrope

2.5.2 Ecrouissage cinématique

Pour représenter une translation de la surface seuil (sans changement de forme ni de taille), on utilise une
variable tensorielle X . Le critère devient :

(σ − X ) eq
−σ0 ≤ 0
(7)

pour indiquer que la surface est maintenant centrée en X dans sa configuration actuelle (Figure 8). X est
appelée contrainte interne (crée par les hétérogénéités s’opposant aux mouvements des dislocations).

σ
Surface seuil
initiale Trajet de
chargement

Surface seuil
actuelle

Figure 8 : Ecrouissage cinématique


Elasto-plasticité 14

3. Loi d’écoulement plastique


La déformation totale ε se décompose en une partie élastique ε e (proportionnelle aux contraintes et
récupérable par décharge) et une partie plastique ε p qui subsiste après décharge :
(8)
ε = ε e + ε p ,ε e = S : σ

ou S est le tenseur de souplesse élastique. On cherche maintenant à obtenir la loi de comportement de la


déformation plastique. Il n’est pas possible d’obtenir ε p en fonction de σ car la Figure 9 montre qu’une infinité
de déformations plastiques sont obtenues pour la même contrainte. On cherche donc la loi d’évolution (ou
d’écoulement) de la déformation plastique : tant que le seuil de plasticité n’est pas atteint, les déformations
plastiques sont figées mais elles évoluent dés que le seuil est atteint. Il faut aussi distinguer la charge de la
décharge (et donc tenir compte du signe de σ .)

Figure 9 : Non unicité de la déformation plastique à contrainte fixée

On se place à un niveau de contrainte σ donné et on examine l’effet d’un incrément de contrainte d σ dans le
cas d’un essai uniaxial Tant que la contrainte reste inférieure au seuil de plasticité actuel, la variation de
déformation est purement élastique avec :
dσ (9)
dε = .
E
Lorsque la contrainte est égale à la limite d’élasticité actuelle, on distingue :

1) la décharge élastique pour laquelle la contrainte diminue; la variation de déformation est seulement élastique
avec :
dσ (10)
σ = σ 0 , dσ < 0 ⇒ d ε = ,
E
2) la charge plastique pour laquelle la contrainte se maintient sur le seuil; la variation de déformation contient
une partie élastique et une partie plastique avec :
dσ (11)
σ = σ 0 , dσ ≥ 0 ⇒ d ε = d ε e + d ε p , d ε e = .
E
Lors d’un essai multiaxial sur un alliage métallique, il est possible de mesurer les incréments de déformation
provoqués par un incrément de contrainte le long du trajet de chargement. Les résultats expérimentaux (Figure
10) montrent que les incréments de déformation plastique tracés à partir de l’état de contrainte sont orthogonaux
à la surface seuil en ce point. Dans la plupart des métaux, la loi d’écoulement plastique satisfait la règle de
normalité : la vitesse de déformation plastique est dirigée selon la normale à la surface seuil de plasticité. Cette
règle n’est plus satisfaite dans les matériaux granulaires, les sols et les bétons.
Elasto-plasticité 15

Figure 10 : Orientation de l’écoulement plastique

3.1 Modélisation de la loi d’écoulement plastique en plasticité parfaite


On considère un matériau élastique parfaitement plastique (sans écrouissage) qui possède un domaine de
plasticité défini par une fonction seuil f avec f (σ ) ≤ 0 . La règle de normalité définit l’évolution des

déformations plastiques ε p : la vitesse de déformation plastique est nulle lorsque les contraintes sont dans le
domaine élastique. Si les contraintes atteignent le seuil de plasticité, la vitesse de déformation plastique est
dirigée selon la normale extérieure au seuil de plasticité (Figure 11).

εɺ p

f (σ ) < 0

f (σ ) = 0

Figure 11 : Règle de normalité

Le gradient de f est orthogonal aux isovaleurs de f et donc à la surface seuil qui est l’isovaleur f = 0 . Il est
∂f
orienté des valeurs les plus basses ( f < 0 ) vers les valeurs les plus hautes ( f > 0 ). est donc orienté selon
∂σ
la normale extérieure au domaine de plasticité en σ . La vitesse d’écoulement plastique est colinéaire au
gradient de la fonction f avec :
∂f (12)
εɺ p = λɺ
∂σ
Le multiplicateur plastique λɺ est une nouvelle inconnue dont la règle de normalité précise le signe (positif) mais
non la valeur.
∂f ɺ (13)
f (σ ) ≤ 0, εɺ p = λɺ , λ ≥ 0, λɺ = 0 si f (σ ) =0 .
∂σ
Il faut également traduire le fait que le critère est atteint à l’instant t mais également aux instants immédiatement
suivants :
f (σ ( t ) ) = 0 et f (σ ( t + dt ) ) = 0, ∀dt > 0 . (14)
Elasto-plasticité 16

La condition de charge à l’instant t se traduit donc par :


f (σ ( t ) ) = 0 et fɺ (σ ( t ) ) = 0 . (15)

que l’on peut écrire :


λɺ fɺ (σ ( t ) ) = 0,
(16)
 ∂f ɺ  ɺ p ɺ
λɺ  : σ  = ε : σ = 0.
 ∂σ 
Ce qui montre qu’en plasticité parfaite, la vitesse de déformation plastique εɺ p est orthogonale à l’incrément de
contrainte σɺ .

3.2 Application de la règle de normalité au critère de Von Misés


Le critère de Von Misés s’exprime par :
12
3 
f (σ ) = σ eq − σ 0 =  s : s  − σ 0 , (17)
 2 
et donc :
∂f ∂f ∂s 3 s ∂s
= : = : . (18)
∂σ ∂s ∂σ 2 σ eq ∂σ
On montre que
∂s
:s =s , (19)
∂σ
ce qui entraîne :
∂f 3 s
= . (20)
∂σ 2 σ eq
La loi d’écoulement plastique s’écrit :
3 s
εɺ p = λɺ . (21)
2 σ eq
Cette relation montre que la vitesse de déformation plastique est colinéaire au déviateur des contraintes. Ce

( )
résultat démontre également l’incompressibilité des déformations plastiques avec tr εɺ = 0 puisque la trace du
p

déviateur des contraintes est nulle.

3.3 Déformation plastique cumulée


La norme pɺ de la vitesse de déformation plastique εɺ p est définie par :
1
2 2
pɺ =  εɺ p : εɺ p  . (22)
3 
On montre facilement que λɺ = pɺ . La quantité p est la déformation plastique cumulée avec
t
p(t ) = ∫ pɺ ( s)ds (23)
0

qui représente le chemin parcouru dans l’espace des déformations plastiques. On montre que σ : εɺ p = σ eq pɺ et
que p = ε p pour un essai de traction uniaxiale.
Elasto-plasticité 17

3.4 Matériaux écrouissables


On s’intéresse maintenant au cas des matériaux écrouissables. La fonction de charge f (σ , E ) dépend donc des
variables d’écrouissage E . On suppose dans la suite la présence d’un écrouissage isotrope R et d’un
écrouissage cinématique X . La fonction de charge s’écrit donc f = σ − X ( ) eq
−R.

3.4.1 Règle de normalité

(
Les variables σ , X , R ) sont supposées connues à un instant t et on recherche l’évolution du système aux
instants suivants. La règle de normalité donne la vitesse d’évolution de la déformation plastique avec :

εɺ p = λɺ
∂f
∂σ
( ) (
σ , X , R , λɺ ≥ 0, λɺ = 0 si f σ , X , R =0. ) (24)

Il est nécessaire de préciser les lois d’écrouissages qui donnent l’évolution de ( X , R) avec la déformation
plastique. Le modèle le plus simple consiste à relier ces variables à des variables de même nature qui n’évoluent
que si il y a plasticité avec :
(25)
X = H : ε , Rɺ = h ( p ) pɺ ,
ɺp

où H est le module d’écrouissage cinématique et h le module d’écrouissage isotrope. Les relations (24) et (25)
définissent complètement l’évolution de la déformation plastique et de la surface seuil de plasticité avec
écrouissage.

3.4.2 Multiplicateur plastique

Pour déterminer le multiplicateur plastique λɺ , il faut utiliser la relation de cohérence fɺ = 0 qui exprime que le
point de chargement reste sur le seuil. On obtient :
∂f ɺ ∂f ɺ ∂f ɺ
:σ + :X+ R = 0,
∂σ ∂X ∂R (26)
soit encore :
∂f ɺ ∂f ɺ ∂R
:σ − :X− pɺ = 0,
∂σ ∂σ ∂p
ɺ ∂f ∂R
pɺ = λɺ, X = H : εɺ p , n = ,h = ,
∂σ ∂p
ɺ
n : σɺ − n : X − hλɺ = 0, (27)

n : σɺ − λɺn : H : n − hλɺ = 0,
 
n : σɺ − λɺ  h + n : H : n  = 0.
 
Le multiplicateur plastique s’écrit :
n : σɺ
λɺ = . (28)
h+n :H :n
On notera que λɺ n’est défini que pour les matériaux à écrouissage positif (les modules h et H sont positifs). Lors
d’un essai uniaxial, l’écrouissage positif du matériau se traduit par une courbe σ , ε p ( ) croissante. On montre
également que dans ce cas :
σɺ : εɺ p ≥ 0. (29)

On peut alors définir le tenseur de complaisance tangent S ep associé à l’écrouissage :


Elasto-plasticité 18

n ⊗n
S ep = S + (30)
h+n :H :n
qui relie incrément de contrainte et incrément de déformation avec :
(31)
εɺ = S : σɺ .
ep
Thermodynamique 19

La Thermodynamique des processus irréversibles

1. Introduction
On suppose que la déformation d’un milieu continu doit satisfaire les principes de la Thermodynamique.
L’évolution des phénomènes irréversibles (plasticité, endommagement) est décrite dans le cadre de la
Thermodynamique des Processus Irréversibles qui décrit les échanges de chaleur et d’énergie mécanique. Cela
permet de mettre en évidence :
i) les lois d’états qui définissent les forces thermodynamiques disponibles pour la propagation des
phénomènes irréversibles,
ii) les lois complémentaires qui décrivent la cinétique de propagation de ces phénomènes irréversibles en
fonction des forces thermodynamiques.
Pour les matériaux standards généralisés, ces différentes lois dérivent d’un potentiel. Les lois d’état dérivent de
l’énergie libre tandis que les lois complémentaires sont obtenues à partir du potentiel de dissipation.

2. Rappels de Thermodynamique
Parmi les définitions classiques de la thermodynamique, il faut rappeler que :
a) Les variables d’état d’un système sont les grandeurs physiques dont la donnée à l’instant t permet de
caractériser l’état du système à cet instant. Ces variables d’état permettent de construire l’espace des états
dont chaque point représente un état possible du système étudié. Une fonction de point dans l’espace des
états est une fonction d’état.
b) On considère des systèmes thermodynamiques qui échangent de la chaleur, du travail mécanique et de la
masse avec l’extérieur. Un système est fermé s’il n’échange pas de masse avec l’extérieur et thermiquement
isolé s’il n’échange pas de chaleur avec l’extérieur. On ne s’intéressera dans la suite qu’à des systèmes
fermés.
c) Si le système physique étudié est défini par n variables d’état αi , le travail des forces exercées sur le
n
système par l’extérieur dans une transformation élémentaire est de la forme δ W = ∑ Ad
i αi où Ai est
1

l’action extérieure relative à la variable αi . Si δ W > 0 , alors δW est le travail reçu par le système.
d) Un système est en équilibre si son état (et donc ses variables d’état) ne dépend pas du temps.
e) L’évolution quasi-statique d’un système thermodynamique peut être considéré comme une succession
d’états d’équilibres. Un processus thermodynamique est la transition d’un certain état d’équilibre vers un
autre état d’équilibre. Il est caractérisé par un chemin dans l’espace des états. Un processus est réversible si
le trajet parcouru en renversant le temps est inverse de celui parcouru initialement. Un processus est
adiabatique s’il ne donne lieu à aucun échange de chaleur avec l’extérieur.

3. Premier principe de la Thermodynamique


Le premier principe de la Thermodynamique est un bilan d’énergie. Pour tout système fermé, il existe une
fonction énergie interne E telle que, pour toute transformation infinitésimale, sa dérivée par rapport au temps
est la somme de la puissance P des efforts exercés sur le système et du taux de chaleur reçue Qɺ :
dE
= P + Qɺ .
dt (1)
En introduisant l’énergie interne spécifique e , la variation d’énergie interne E est :
Thermodynamique 20

de
E = ∫ρ dv .
V
dt
La puissance des efforts extérieurs peut s’écrire :
P = ∫ σ : εɺ dv .
V

Le taux de chaleur reçue Qɺ est la somme provenant de la densité volumique r de taux de chaleur reçue
(résultant par exemple de réactions chimiques) et du vecteur flux de chaleur q échangé avec l’extérieur ( n est
la normale sortante sur la surface du domaine) :
Qɺ = ∫ rdv − ∫ q.nds = ∫ ( r − divq ) dv
V ∂V V

La conservation de l’énergie exprime donc que la variation d’énergie interne spécifique est la somme du taux
d’énergie spécifique due aux forces intérieures et du taux de chaleur spécifique reçue :
de
ρ = σ : εɺ + r − divq .
dt (2)

4. Second principe de la Thermodynamique


Même si une transformation est susceptible de vérifier le premier principe, elle peut ne pas se produire. Ce sont
l’entropie S et le second principe qui vont permettre de décider si une transformation est possible. Le second
principe énonce que toute évolution infinitésimale d’un milieu fermé doit respecter l’inégalité :
dS Qɺ
≥ (3)
dt T
où T est la température.
dS ds
En introduisant l’entropie spécifique s avec = ∫ ρ dv , le second principe devient :
dt V dt
ds r q
ρ ≥ − div   . (4)
dt T T 

5. Potentiel d’état
Un potentiel d’état est une fonction d’état qui permet de déterminer la position d’équilibre du système en
recherchant un extremum de cette fonction. On suppose que le système est défini par n variables d’état notées
(α1 ,....αn−1, S ) . Pour une variation dαi , le travail reçu par le système est dW = Ai dαi où les quantités Ai sont
dE dαi dQ
les variables associées aux αi . En appliquant le premier principe (1), on obtient = Ai + puis
dt dt dt
dS dQ dE d αi d
T ≥ = − Ai en combinant avec (3). Cette inégalité peut s’écrire 0 ≥ ( E − Aiαi − TS ) . Si une
dt dt dt dt dt
évolution du système se produit, elle doit donc minimiser la fonction potentiel P (α1 ,....., αn −1 , S ) = E − Aiαi − TS .

6. Lois d’état
Une loi d’état établit le lien entre les dérivées partielles d’un potentiel d’état P et les variables associées
dP dαi
(duales) Ai aux variables d’état αi . On peut écrire = Ai mais P possède une différentielle totale
dt dt
dP ∂P ∂αi ∂P
exacte avec = . Les lois d’état sont donc Ai = .
dt ∂αi ∂t ∂αi
Thermodynamique 21

7. Inégalité de Clausius-Duhem

 q  divq q.gradT
En remarquant que div   = − , on déduit de (4) la dissipation totale φ avec
T  T T2
q.gradT
φ = ρTsɺ + divq − -r ≥ 0 (5)
T
qui doit donc être positive.
L’énergie libre spécifique du système est définie par ψ = e − Ts avec ψɺ = eɺ − Tsɺ − sTɺ . En éliminant divq − r
entre (2) et (5), on obtient l’inégalité de Clausius-Duhem :

φ = σ : εɺ − ρ (ψɺ + sTɺ ) −
q.gradT
≥0. (6)
T
La dissipation totale se décompose en dissipation intrinsèque φ1 = σ : εɺ − ρ (ψɺ + sTɺ ) et dissipation thermique

q.gradT
φ2 = . L’inégalité de Clausius-Duhem exprime la positivité de la dissipation totale φ qui comprend deux
T
termes d’origine mécanique et thermique. Pour garantir φ ≥ 0 , il est raisonnable d’imposer la condition de
découplage des dissipations avec φ1 ≥ 0 et φ2 ≥ 0 .

8. Lois de comportement et Thermodynamique


Pour étudier le comportement des matériaux solides, on se place dans le cadre des transformations géométriques
infinitésimales. On admet également le principe de l’état local qui suppose que l’état thermodynamique en un
point est défini par les valeurs de variables d’états ne dépendant que du point considéré. C’est le choix de la
nature et du nombre de variables d’état qui permet de décrire plus ou moins finement le comportement du
matériau. Parmi les variables d’état, il faut distinguer les variables observables des variables internes. Les
variables observables (accessibles par la mesure) sont la température T et la déformation ε . Un comportement
élastique dépend uniquement de ces variables observables. Un comportement faisant intervenir des mécanismes
dissipatifs (plasticité, endommagement, …) nécessite l’introduction de variables internes non directement
accessibles par la mesure. Ces variables seront notées αi . Dans le cas de la plasticité, on choisira α1 = ε p tandis
que les autres αi représenteront l’écrouissage. Pour un comportement endommageable, la notation classique de
la variable d’endommagement est D .

8.1 Potentiel thermodynamique, lois d’état et forces thermodynamiques associées


Après avoir choisi les variables d’état, il faut définir le potentiel thermodynamique ψ dont dérivent les lois
d’état. Si la fonction ψ est convexe par rapport aux variables d’état ε et αi , la positivité de la dissipation et
donc le second principe sont garanties. Pour les matériaux solides, on choisit habituellement l’énergie libre
∂ψ ɺ ∂ψ ɺ ∂ψ
spécifique ψ ( ε , T , αi ) avec ψɺ = T+ :ε + αɺi . L’inégalité de Clausius-Duhem devient :
∂T ∂ε ∂αi
 ∂ψ  ɺ  ∂ψ  ɺ ∂ψ
φ1 =  σ − ρ :ε −ρ s + T − ρ αɺ ≥ 0 .
 ∂ε   ∂T  ∂αi i (7)
Un raisonnement classique permet d’annuler certains terme de cette inégalité qui doit être vérifiée pour tout

( )
εɺ , Tɺ , αɺ avec :
i

∂ψ ∂ψ
σ =ρ ,s = − .
∂ε ∂T (8)
Ces deux expressions définissent les lois d’état de la thermoélasticité. On définit ensuite les variables associées
(ou forces thermodynamiques) aux variables internes par :
Thermodynamique 22

∂ψ
Ai = ρ .
∂αi (9)
La dissipation intrinsèque se met alors sous la forme :
∂ψ
φ1 = −ρ αɺi = Ai ( −αɺi ) = Z .zɺ .
∂αi (10)

où Z définit le vecteur des forces thermodynamiques Ai définies par les lois d’état et zɺ est le vecteur des
vitesses −αɺi des variables internes.

8.2 Lois complémentaires et potentiel de dissipation


Le bilan des équations (Tableau 1) montre qu’il manque n équations pour résoudre le problème mécanique. Il
faut donc introduire des lois complémentaires qui décrivent l’évolution des variables internes en garantissant la
positivité de la dissipation. Ces lois d’évolution donnent les vitesses zɺ en fonction des forces thermodynamiques
Z.

Inconnues Equations
Equation d’équilibre local divσ = 0 6 σ ij 3

Relations cinématiques 2ε = gradU + gradU


t
3 U i ,6 ε ij 6

∂ψ 6
Lois d’état σ = ρ
∂ε
∂ψ 2n ( nαi , nAi ) n
Lois d’état Ai = ρ
∂αi
∂Ω n
Lois complémentaires zɺ = (Z )
∂Z

Tableau 1 : Bilan des équations et des inconnues

La relation la plus simple entre vitesses et forces est une relation linéaire du type zɺ = LZ où L est une matrice
définie symétrique et positive (afin de respecter la positivité de la dissipation). On définit ainsi un comportement
irréversible linéaire de type visqueux linéaire (analogue aux modèles rhéologiques de Maxwell et de Kelvin-

Voigt). En introduisant le potentiel Ω ( Z ) = t ZLZ , la relation vitesses forces dérive du potentiel Ω ( Z ) avec
1
2
∂Ω
zɺ = (Z ) .
∂Z

Une loi à seuil se caractérise au contraire par une non linéarité très marquée. On suppose dans ce cas l’existence
d’un domaine F = {Z , f ( Z ) ≤ 0} de forces admissibles dans lequel les forces thermodynamiques sont contenues.
Ce domaine F est convexe et contient la force nulle Z = 0 . Lorsque les forces sont à l’intérieur de F , les
vitesses sont nulles. Si les forces atteignent la frontière du domaine F , les vitesses sont parallèle aux normales
extérieures au domaine. Ce qui s’exprime par :
 zɺ = 0 si f ( Z ) < 0 
 
f ( Z ) ≤ 0,  ∂f . (11)
 z = λ ∂Z si f ( Z ) = 0 avec λ > 0 
ɺ ɺ ɺ

La convexité de f (qui résulte de la convexité de F ) entraîne la positivité de la dissipation. En effet, on a :


∂f
φ1 = Z . zɺ = λɺ Z .
∂Z (12)
On note d’après (11) que φ1 = 0 si f ( Z ) < 0 . Il reste à prouver que φ1 ≥ 0 lorsque f ( Z ) = 0 . Or f est une
fonction convexe qui possède la propriété géométrique d’être située au dessus de sa tangente (Figure 1) avec :
Thermodynamique 23

∂f
∀ ( Z , Z ') , f ( Z ') ≥ f ( Z ) + ( Z )( Z '− Z ) .
∂Z (13)
Si on choisit Z ' = 0 avec f ( Z ' ) ≤ 0 et Z tel que f ( Z ) = 0 , on obtient :
∂f
0 ≥ f (0) ≥ −Z (Z ) ,
∂Z (14)
ce qui entraîne la positivité de la dissipation intrinsèque compte tenu de la positivité du multiplicateur λɺ .

f(Z’)

F(Z)+f(Z’)(Z’-Z)

Z Z’

Figure 1 : Fonction convexe

8.3 Matériaux standards généralisés


Les matériaux standards généralisés sont caractérisés par l’existence d’un potentiel de dissipation Ω ( Z ) dont
dérive la relation entre vitesses et forces généralisées :
∂Ω
zɺ = (Z ) .
∂Z (15)
La fonction Ω ( Z ) est convexe et minimum en Z = 0 . Un cas particulier important est celui obtenu lorsque
Ω ( Z ) dépend des vitesses au travers de la fonction seuil f avec:
∂Ω ∂f
zɺ = .
∂f ∂Z (16)
∂Ω ɺ ∂f
Le terme = λ est un scalaire qui représente l’intensité de l’écoulement alors que le terme a la
∂f ∂Z
dimension d’une force associée et traduit la direction de l’écoulement. Les matériaux standards généralisés sont
donc une classe de matériaux pour lesquels on étend la règle de la normalité à toutes les vitesses. Cette règle de
normalité est suffisante pour vérifier à priori le second principe mais elle n’est cependant pas nécessaire.

8.4 Ecriture d’une loi de comportement dans le cadre des matériaux standards généralisés
Pour construire une loi de comportement dans le cadre standard généralisé, les étapes sont les suivantes :

1. Identification des variables d’état ε et αi . Le choix des variables internes αi dépend des phénomènes
irréversibles considérés.
2. Identification de l’énergie libre ψ (ε , αi ) qui est l’énergie stockée dans le matériau pour faire évoluer la
déformation et les phénomènes irréversibles.
∂ψ
3. Identification des forces thermodynamiques Ai à l’aide des lois d’état Ai = ρ .
∂αi
Thermodynamique 24

∂Ω
4. Identification du potentiel de dissipation Ω ( Z ) et obtention des lois complémentaires zɺ = ( Z ) qui
∂Z
décrivent l’évolution des variables d’état du système.

∂Ω
La relation zɺ = ( Z ) peut être inversée en introduisant un potentiel dual Ω * ( zɺ ) qui est une fonction convexe
∂Z
des vitesses avec :
∂Ω ∂Ω * (17)
zɺ = ⇔Z = .
∂Z ∂zɺ
Le potentiel de dissipation Ω * ( zɺ ) est obtenu à l’aide de la transformée de Legendre-Fenchel :
Ω * ( zɺ ) = Zzɺ − Ω ( Z ) . (18)
La loi de comportement complète inclut l’ensemble des lois d’état et des lois complémentaires avec :
∂ψ (19)
σ =ρ ,
∂ε
ρ
∂ψ
∂αi
(ε , αi ) + ∂Ω * ɺ
∂αɺi
( )
ε , αɺi = 0.

Ces équations différentielles sont couplées aux équations aux dérivées partielles (équilibre et compatibilité) que
doivent satisfaire les champs (σ , ε ) .

9. Application au comportement élastique


Dans le cas du comportement élastique (et pour un comportement anisotherme), l’énergie libre ψ ne dépend
que de ε et s’écrit :
1 1
ρψ = ε : C : ε ou encore ρψ = ε ij Cijkl ε kl (20)
2 2

où C est le tenseur d’élasticité. Par définition de la force associée σ , on obtient la loi d’état :
∂ψ
σ =ρ = C : ε ou encore σ ij = Cijkl ε kl .
∂ε (21)
Dans le cas isotrope, le potentiel ψ doit être un invariant quadratique du tenseur ε . On écrit donc que ψ est

( )
une combinaison linéaire du carré du premier invariant  tr (ε )  et du second invariant ε : ε = tr ε 2 avec :
2

1
2 (
ρψ = λ  tr ( ε )  + 4 µε : ε ,
2
) (22)
∂ψ
σ =ρ = λ tr ( ε ) I + 2 µε ou encore σ ij = λε kk δ ij + 2 µε ij ,
∂ε
où ( λ , µ ) sont les coefficients de Lamé et I est le tenseur unité de composantes δ ij .

10. Application au comportement visco-élastique


Afin de généraliser le modèle de Maxwell, une partition en déformations est introduite :
ε = ε e + ε an , (23)
où ε an définit la déformation anélastique.
Le modèle linéaire isotrope s’obtient en choisissant un potentiel d’état identique à celui de l’élasticité linéaire :
1
2 (
ρψ = λ  tr ( ε )  + 4 µε : ε .
2
) (24)
Thermodynamique 25

La force associée à la variable interne ε an est ρ


∂ψ
∂ε an
∂ψ
= − ρ e = −σ . On a donc Z = ( −σ ) et zɺ = −εɺ an . Le
∂ε
( )
∂Ω
potentiel de dissipation Ω ( Z ) fournit la loi complémentaire εɺ an = . Si on choisit Ω ( Z ) comme une forme
∂σ
quadratique définie positive avec :
1 +ν ν (25)
Ω (σ ) =  tr (σ ) ,
2
σ :σ −
2 Eτ 2 Eτ 1 2

la loi complémentaire s’écrit :


∂Ω 1 + ν ν (26)
ε an = = σ− tr (σ ) I .
∂σ Eτ 1 Eτ 2
Le modèle de Maxwell aboutit donc à :
1 +ν  ɺ σ  ν  ɺ tr (σ )  I .
(27)
εɺ = εɺ e + εɺ an =
E 
 σ +  −  tr σ +
τ1  E  τ 2 
( )

11. Application au comportement élasto-plastique


Dans le cas du comportement élasto-plastique (et pour un comportement anisotherme), l’énergie libre ψ

( )
s’écrit ψ ε e , ε p , αi . Les variables internes sont la déformation plastique ε p
et les variables d’écrouissages αi .

Parmi ces dernières, on choisit ( p, α ) pour représenter les écrouissages isotrope et cinématique. Compte tenu de
∂ψ ∂ψ ∂ψ
la partition des déformations avec ε e = ε − ε p
, on a =− p = . On en déduit que la force associée à
∂ε e ∂ε ∂ε
∂ψ ∂ψ
la déformation plastique ε p
est ρ = − ρ e = −σ . Le potentiel ψ (ε e , ε p , p, α ) fournit les lois d’état
∂ε p ∂ε
suivantes :
∂ψ ∂ψ ∂ψ ∂ψ
σ =ρ , −σ = ρ ,R = ρ ,X =ρ ,
∂ε e
∂ε p
∂p ∂α (28)

(
où R, X ) désignent les forces thermodynamiques associées aux variables internes d’écrouissage. Le vecteur des
forces généralisées est donc Z = ( −σ , R , X ) tandis que celui des vitesses est zɺ = ( −εɺ , − pɺ , −αɺ ) . Si on se place
p

ensuite dans le cadre des matériaux standards généralisés, il faut introduire la fonction de charge avec le critère

(
de Von Mises f = σ − X ) eq
− R − σ 0 . Le scalaire R représente l’écrouissage isotrope tandis que le tenseur X

modélise l’écrouissage cinématique. Les lois complémentaires sont donc :


∂f ∂f ∂f
εɺ p = λɺ , − pɺ = λɺ , −αɺ = λɺ ,
∂σ ∂R ∂X (29)
et la dissipation intrinsèque s’écrit :
φ1 = Z . zɺ = σ : εɺ p − Rpɺ − X : αɺ .
(30)
Si on choisit l’énergie libre ψ sous la forme :

(
ψ ε e , p, α = ) 1 1
ρ  2
 1  1 
ε e : C : ε e + R∞  p + e− bp  + γ X ∞ α : α  ,
 b  3 
(31)

on obtient à l’aide des équations (28) et (29) le modèle standard généralisé avec écrouissage isotrope et
cinématique linéaire. Pour introduire un écrouissage cinématique non linéaire, il faut avoir recours à un modèle
associé qui introduit un potentiel de dissipation ϕ :
Thermodynamique 26

( ) ( )
ϕ σ , R, X = J σ − X − R − σ 0 +
1
2X∞
J2 X . ( ) (32)
Il faut alors remplacer (29) par :
∂ϕ ∂ϕ ∂ϕ
εɺ p = λɺ , − pɺ = λɺ , −αɺ = λɺ .
∂σ ∂R ∂X (33)
Lorsque le domaine de variation des déformations est important, il devient intéressant de rajouter un second
écrouissage cinématique non linéaire pour améliorer la précision du modèle. Les équations précédentes se

( ) ( )
généralisent facilement avec maintenant Z = −σ , R , X 1 , X 2 et zɺ = −εɺ , − pɺ , −αɺ1 , −αɺ2 .
p
Endommagement 27

La Mécanique de l’Endommagement

1. Introduction
Un matériau s’endommage par accumulation de micro-fissures ou de micro-cavités. Cet endommagement
correspond à une dégradation qui s’accompagne d’une perte définitive de caractéristiques mécaniques. Cette
évolution est irréversible mais il faut la distinguer des déformations permanentes observées en plasticité.
La théorie de l’endommagement décrit l’évolution de ces phénomènes jusqu’à l’amorçage d’une fissure
macroscopique. Ces défauts sont introduits via une opération de moyenne (homogénéisation) qui permet de
décrire leur évolution de façon macroscopique en restant dans le cadre de la mécanique des milieux continus. La
mécanique de l’endommagement introduit ainsi un volume élémentaire représentatif (VER) pour définir en
moyenne les champs de contrainte et de déformation. Les défauts sont supposés nombreux et petits. La variable
d’endommagement D est nulle lorsque le matériau est exempt de micro-défauts. Lorsque la variable
d’endommagement atteint la valeur critique D = 1, il y a amorçage d’une fissure macroscopique. C’est une
approche différente de la Mécanique de la Rupture qui vise à décrire une fissure macroscopique qui traverse la
structure dont le matériau est un milieu continu non endommagé.

2. Variables d’endommagement
On considère un solide endommagé au sein duquel on a isolé un VER. L’aire d’une section δ S de ce VER
orienté par sa normale n (Figure 1). On note δ SD la surface rompue de cette section. La variable
d’endommagement D ( n ) est définie par
δS  (1)
D ( n ) = max  D  .
 δ S VER
Elle correspond donc à la densité maximale de microfissures au sein du VER de normale n . La variable D ( n )
varie continument de 0 à 1. La valeur D = 0 correspond à l’état non endommagé tandis que D = 1 décrit la
rupture du VER.

Figure 1 : VER endommagé

3. Endommagement isotrope et anisotrope


Lorsque l’orientation des microfissures est distribuée uniformément selon toutes les directions, la valeur de
D ( n ) ne dépend pas de l’orientation n . Le scalaire D caractérise un état d’endommagement isotrope.
Cependant, on observe le plus souvent un endommagement anisotrope (Figure 2) l’orientation des réseaux de
microfissure est pilotée par le chargement (selon la plus grande contrainte principale positive). Il devient alors
nécessaire d’utiliser des variables tensorielles (ou plusieurs valeurs scalaires) pour décrire le caractère
directionnel de l’endommagement. Dans le cas des matériaux composites pour lesquels les microfissures sont
souvent dirigées par l’orientation des constituants (plis, renfort, interface), on peut introduire des variables
scalaires pour chaque direction privilégiée.
Endommagement 28

Un modèle d’endommagement pour composites stratifiés peut donc inclure les variables d1 (selon la direction
des fibres dans un pli), d2 (selon la direction orthogonale aux fibres dans un pli pour décrire la fissuration
transverse), et d3 pour traduire le délaminage. Il s’agit d’un endommagement orthotrope qui correspond à trois
familles de fissuration.
Afin de prendre en compte l’anisotropie induite par endommagement dans un matériau initialement isotrope, on
peut utiliser une variable d’endommagement sous la forme d’un tenseur d’ordre 2. Une variable
d’endommagement choisie sous la forme d’un tenseur d’ordre 4 autorise une description plus complète de
l’anisotropie induite par endommagement (que ce soit pour un matériau initialement isotrope ou anisotrope).

σ σ

Figure 2 : Endommagement anisotrope

4. Contrainte effective
La contrainte effective correspond à la contrainte supportée par la surface qui résiste effectivement aux efforts
imposés par le chargement. Pour un problème unidirectionnel, la contrainte effective σɶ est définie par
F F F σ (2)
σɶ = = = = .
S − S D S (1 − D ) S (1 − D) (1 − D )
S
S
Dans le cas tridimensionnel avec un endommagement isotrope, on a
σ (3)
σɶ = .
(1 − D)
Si l’endommagement est anisotrope, la définition de la contrainte effective nécessite l’introduction d’un tenseur

M d’ordre 4 avec
(4)
σɶ = M : σ .

Le tenseur M dépend des tenseurs d’élasticité du solide endommagé et non endommagé.

5. Le principe d’équivalence en déformations


On suppose que le comportement du matériau est traduit par la loi de comportement du matériau non
endommagé dans laquelle on remplace la contrainte σ par la contrainte effective σɶ . Dans le cas
unidimensionnel, la loi de comportement élastique endommageable s’écrit
σɶ σ σ (5)
εe = = = .
E (1 − D ) E E ɶ
Endommagement 29


Le module du matériau endommagé est Eɶ = E (1 − D ) . La variable d’endommagement s’écrit D = 1 − . Cette
E
relation fournit une méthode simple pour évaluer l’endommagement D lors d’un essai de traction avec charge-
décharge (figure 3). Cette mesure perd toute signification lorsque l’endommagement se localise (perd sa
répartition diffuse) juste avant l’apparition d’une fissure macroscopique. Le principe d’équivalence en
déformations suppose que les divers comportements (élastique, plastique, viscoplastique) sont affectés de la
même façon par l’endommagement.

~
E

Figure 3 : Estimation du module endommagé à l’aide d’essais de charge-décharge

Il permet d’introduire naturellement le tenseur M de la relation (4). On rappelle tout d’abord les relations
obtenues dans le cas élastique unidirectionnel avec σɶ = Eε et σ = Eɶ ε . Pour le cas tri-dimensionnel, on écrit
(6)
σɶ = C : ε .

où C est le tenseur d’élasticité du matériau non endommagé et


ɶ (7)
σ = C :ε .
−1 −1
ɶ  ɶ  ɶ
où C est le tenseur d’élasticité du matériau endommagé. On en déduit ε =  C  : σ et σɶ = C :  C  : σ . Ce
   
   

qui définit le tenseur d’effet du dommage M avec


−1 (8)
 ɶ
M = C : C  .
 
 
.
6. Lois d’endommagement
On mentionne dans cette partie quelques lois d’endommagement phénoménologiques.

6.1 Loi élastique endommageable


s
ε 
La cinétique d’endommagement est formulée avec Dɺ =   εɺ où ( s, ε0 ) sont deux paramètres caractéristiques
 ε0 
  ε  s +1 
du matériau. On obtient σ = E ε  1 −    . Ce comportement est illustré par la Figure 4.
  εR  
 
Endommagement 30

800

700

CONTRAINTE (MPa)
600

500

400

300

200

100

0
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8
DEFORMATION (%)
Figure 4 : Comportement élastique endommageable

6.2 Loi d’endommagement en fluage


r
 σ 
La cinétique d’endommagement est formulée avec Dɺ = 
 A (1 − D ) 
où ( A, r ) sont deux paramètres
 
caractéristiques du matériau dépendant de la température. Le temps à rupture t R est obtenu pour D = Dc avec

1 − (1 − Dc )
r +1 −r −r
σ  1 σ 
tR =   ≈   .
r +1  A r +1 A 

7. Formulation thermodynamique
On suppose un comportement élastique endommageable avec un endommagement isotrope. La variable
d’endommagement est donc un scalaire D . Dans le cas anisotherme, le potentiel thermodynamique s’écrit
(9)
ψ ε e, D =

1
(
(1 − D ) ε e : C : ε e . )
La loi d’état conduit à
∂ψ ɶ (10)
σ =ρ = (1 − D)C : ε e = C : ε e .
∂ε e

On retrouve la loi de comportement obtenue en appliquant le principe d’équivalence en déformations. La force


thermodynamique associée à l’endommagement est le scalaire Y avec
∂ψ 1 (11)
Y = = − ε e :C :ε e .
∂D 2

On préfère utiliser la variable Y avec


1 (12)
Y = −Y = ε e : C : ε e .
2
La dissipation mécanique φ1 est donnée par
φ1 = Y . Dɺ . (13)
Puisque Y est une forme quadratique définie positive, le second principe impose Dɺ ≥ 0 : l’endommagement ne
peut donc que croitre ou rester constant. Pour obtenir la loi d’évolution de l’endommagement, il faut définir un
potentiel de dissipation F (Y ) avec
∂F (14)
Dɺ = λɺ .
∂Y
où le multiplicateur λɺ est déterminé par la condition de cohérence. Citons plusieurs lois d’évolution classiques
Endommagement 31

 Y − YD 
D =  max
  , Ymax = max (Y )t ,
 S 
 Y − YD 
s

D =  max  ,
 S  (15)
 Y   s

D = 1 − exp  −  max   .
  S  
 
où (YD , s, S ) sont des paramètres d’endommagement caractéristiques du matériau.
Les microfissures générées en traction se referment lors d’un passage en compression. Cet « effet unilatéral »
accroît la rigidité en compression (après un passage en traction). On introduit donc une contrainte effective en
σ
compression où h est un paramètre de refermeture des microfissures. Cela revient à introduire une
1 − hD
rigidité E (1− hD ) en compression alors que la rigidité en traction est E (1− D ) . Dans le cas tridimensionnel, la
difficulté est de définir la part en compression du tenseur σ .

8. Endommagement et calcul de structures


L’utilisation de modèles d’endommagement dans un code éléments finis peut poser certaines difficultés qui sont
abordées dans ce paragraphe.

8.1 Approche découplée


On suppose ici que l’influence de l’endommagement sur la déformation dans tout le solide est faible. On peut
alors effectuer un calcul découplé qui nécessite
1) le calcul de la réponse (σ , ε ) par la méthode des éléments finis,
2) le calcul en post-traitement d’une variable d’endommagement en tout point de la structure.
Les valeurs (Y ( t ) , D ( t ) ) sont ainsi calculées en chaque point de Gauss.

8.2 Approche couplée


Lorsque la redistribution des contraintes doit être considérée, il faut calculer les champs (σ , ε ) en prenant en
compte le couplage déformation-endommagement. Il faut alors résoudre les équations d’équilibre globales de la
structure mais aussi la loi de comportement endommageable à l’échelle locale. Il en résulte un problème
fortement non linéaire.
On peut alors observer le phénomène de localisation des déformations et de l’endommagement. Si on change la
taille de discrétisation ou la géométrie du maillage éléments finis, la solution se trouve fortement modifiée.
Modifier le maillage permet ainsi de changer le trajet d’une bande de localisation. On montre que l’apparition de
la localisation correspond à un problème aux limites mal posé compte tenu de la perte d’ellipticité des équations
d’équilibre.
Une première solution introduit la taille de maille élément fini comme un paramètre matériau qu’il faut alors
identifier. On s’aperçoit alors que cette longueur dépend de la forme de la structure et du chargement. La
solution de ces problèmes numériques réside dans l’introduction d’une longueur interne dans les équations de la
loi de comportement afin de rendre le modèle « non local ». Dans ce cas, les résultats sont indépendants du
maillage. Pour construire un modèle non local, on peut par exemple remplacer le critère d’endommagement local
par un critère non local ou Y est la moyenne pondérée sur un volume représentatif autour du point considéré.
32
Homogénéisation 33

Introduction aux techniques d’homogénéisation

1. Introduction
Pour établir une loi de comportement mécanique d’un matériau, la démarche classique est phénoménologique :
elle nécessite un ensemble de mesures réalisées sur des éprouvettes en réponse à des sollicitations déterminées.
Ce procédé qui considère le matériau comme homogène est efficace pour la prévision de la réponse d’une
structure mécanique tant que l’on reste dans le domaine d’identification de la loi de comportement.

Cependant, tous les matériaux possèdent une échelle en dessous de laquelle ils ne peuvent plus être considérés
comme homogènes. La prise en compte de l’hétérogénéité du matériau dans l’étude de son comportement a pour
objectifs :
i) la construction de lois de comportements au pouvoir prédictif plus large que les lois
phénoménologiques identifiées dans un certain domaine,
ii) la prévision et l’optimisation du comportement d’un mélange de constituants connus.

2. Le volume élémentaire représentatif


Le volume élémentaire représentatif (VER) du matériau considéré possède un comportement mécanique moyen
qui sera affecté à chaque particule de la structure. On remplace ainsi le milieu hétérogène par un milieu effectif
ou homogène équivalent. Le calcul de la structure formé de ce matériau homogène fictif fournira des champs de
contrainte et de déformation à l’échelle macroscopique. Ces champs sont les moyennes des champs locaux (à
l’échelle microscopique) qui seraient calculés en prenant en compte l’hétérogénéité du matériau.

La définition d’un VER fait intervenir plusieurs longueurs caractéristiques : la taille d des hétérogénéités, la
taille ℓ du VER, la taille L de la structure. On doit ainsi vérifier que :
ℓ >> d
pour que l’on puisse affecter aux points macroscopiques de la structure un comportement mécanique homogène,
ℓ << L
pour que l’on puisse considérer la structure comme un milieu continu. Le problème de structure doit cependant
exclure i) les sollicitations qui fluctueraient avec une longueur d’onde inférieure à la taille du VER ℓ , ii) les
phénomènes d’endommagement localisés sur des distances grandes devant ℓ .

La taille ℓ est donc fortement liée à la microstructure du matériau. Pour un alliage polycristallin
( d ≈ 10 − 100 µm) , on aura ℓ ≈ 0.1 − 1 mm et L > 1 − 10 cm . Pour un béton avec d ≈ 1 − 10 cm , on a
ℓ ≈ 10 − 100 cm et L > 1 − 10 m . La répartition des hétérogénéités définit la géométrie du VER. La distribution
la plus simple est la répartition périodique (Figure 1). On notera que plusieurs niveaux d’hétérogénéités peuvent
exister simultanément à des échelles différentes. La séparabilité de ces différentes échelles permet de distinguer
les différents niveaux d’hétérogénéités.

Figure 1 : Micrographie de la section d’un composite unidirectionnel


Homogénéisation 34

3. Moyennes
Lorsque le VER a été sélectionné, on fait intervenir la variable macroscopique x = ( x1 , x2 , x3 ) qui détermine la
position du VER au sein de la structure et la variable microscopique y = ( y1 , y2 , y3 ) qui définit la position au
sein du VER (Figure 2). On définit ensuite la moyenne F ( x ) d’une fonction f ( x, y ) sur le VER par :
1
F ( x ) = f ( x, y ) = ∫ f ( x, y ) dy (1)
Y Y

où Y désigne le VER et Y est le volume du VER.


Les déformations macroscopiques Eij et microscopiques eij sont donc reliées par Eij ( x ) = eij ( x, y ) . De
même, les contraintes macroscopiques Σ ij et microscopiques σ ij sont reliées par Σij ( x ) = σ ij ( x, y ) .

x2
y2
x1
y1
x3
y3

VER

Matériau hétérogène

Figure 2 : Variables macroscopiques et variables microscopiques

4. Homogénéisation
Le problème de l’homogénéisation est schématisé par la Figure 3. Pour remplacer le matériau hétérogène par un
matériau homogène équivalent, on cherche la loi de comportement macroscopique Φ avec Σij = Φ ( Eij )
connaissant la loi de comportement locale ϕ avec σ ij = ϕ ( eij ) .

VER

Matériau homogène
Matériau hétérogène équivalent

Figure 3 : Le principe de l’homogénéisation


Homogénéisation 35

Pour résoudre ce problème, il faut déterminer les conditions aux limites vues par le VER au sein du matériau
hétérogène sollicité macroscopiquement. Classiquement, on peut choisir :
i) des conditions de déformations homogènes sur le contour ∂Y du VER avec ui = Eij yi sur ∂Y où Eij est
un tenseur symétrique constant,
ii) des conditions de contraintes homogènes sur le contour ∂Y du VER avec σ ij n j = Σ ij n j sur ∂Y où Σ ij
est un tenseur symétrique constant,
iii) des conditions de périodicité en cherchant un champ de déplacement sous la forme
ui ( x, y ) = ωi ( x, y ) + Eij ( x ) yi où Eij est un tenseur symétrique constant en y et ωi ( x, y ) une fonction
périodique en y (elle prend des valeurs égales sur les faces opposées du VER). On impose aussi σ ij
périodique ( σ ij n j prend des valeurs opposées sur les faces opposées du VER).
Les deux premiers choix donnent de bons résultats lorsque le VER contient une faible concentration d’inclusions
(le VER doit être grand par rapport à la taille caractéristique des hétérogénéités). La condition de périodicité est
rigoureuse lorsque le milieu hétérogène possède une microstructure périodique mais constitue une bonne
approximation lorsque la répartition de la microstructure est assez régulière.

5. La condition de Hill
La définition d’un milieu homogène équivalent doit satisfaire la condition de Hill qui stipule que l’énergie de
déformation du VER définie à partir des champs macroscopiques E et Σ doit être égale à la moyenne spatiale
de l’énergie de déformation calculée à partir des champs locaux :
Σij Eij Y = ∫ σ ij eij dy ,
Y

 1  1  1
 ∫σ ij dy  
 ∫ eij dy  =
 ∫σ e dy ou encore
ij ij (2)
Y  Y  Y
Y Y Y

σ ij eij = σ ij eij .

6. L’homogénéisation périodique
On suppose donc que le VER est défini par le motif élémentaire de la microstructure. La répétition régulière de
ce motif permet de reconstituer le matériau. On impose que les champs de déformation et de contraintes
microscopiques soient périodiques sur le VER. Le problème à résoudre est défini par :
∂σ ij
= 0 sur Y ,
∂y j
σ ij = aijkh e ykh dans Y ,
1  ∂u ∂u 
e ykh ( u ) =  k + h  dans Y , (3)
2  ∂yh ∂yk 
ui à déformation périodique,
σ ij périodique,
e yij ( u ) = Eij .
Un champ de déplacement à déformation périodique combine un champ linéaire et un champ périodique :
ui ( x, y ) = ωi ( x, y ) + Eij ( x ) yi . (4)
On vérifie facilement que :
eyij ( u ) = eyij (ω ) + Eij et donc que eyij ( u ) = Eij . (5)

Enfin, on montre que les champs σ ij ( u ) et eyij ( u ) vérifient la condition de Hill. En effet, en utilisant la
définition (4) de la périodicité, on obtient :
∫ σ ( u ) e ( u ) dy = ∫ σ ( u ) e (ω ) dy +E ∫ σ ( u ) dy.
(6)
ij yij ij yij ij ij
Y Y Y
L’emploi de la formule de Green conduit à :
Homogénéisation 36

∂ω j 
1 ∂ω 
∫ σ ( u ) e (ω ) dy = ∫ σ ( u ) 2  ∂y dy = ∫∂Y σ ij n jωi ds = 0
i
+ (7)
 j ∂yi 
ij yij ij
Y Y

compte tenu de la périodicité de ωi et de l’anti-périodicité de σ ij n j . Ce qui montre bien que :


σ ij ( u ) eij ( u ) = σ ij ( u ) eij ( u ) . (8)

7. Formulation variationnelle du problème d’homogénéisation périodique


La formulation variationnelle du problème d’homogénéisation périodique revient à rechercher ω telle que

∫a Y
e
ijkh yij (ω ) eykh ( v ) dy = − Eij ∫Y aijkh eykh ( v ) dy, ∀v fonction périodique sur Y . (9)

Si on explicite cette relation, on obtient :


∫ aijkh e yij (ω ) eykh ( v ) dy = − E11 ∫ a11kh eykh ( v ) dy − 2 E12 ∫ a12kh e ykh ( v ) dy
Y Y Y (10)
−2 E13 ∫ a13kh e ykh ( v ) dy − E22 ∫ a22 kh e ykh ( v ) dy − 2 E23 ∫ a23kh e ykh ( v ) dy − E33 ∫ a33kh e ykh ( v ) dy.
Y Y Y Y

On peut donc choisir ω ( x, y ) sous la forme


ω ( x, y ) = E pq ( x ) χ pq ( y ) , (11)

où les six fonctions χ ( y ) sont chacune solution d’un problème variationnel


pq

∫a Y
e
ijpq yij ( χ ) e ( v ) dy = −∫ a
pq
ypq
Y
e
ijpq ypq ( v ) dy, ∀v fonction périodique sur Y (12)

que l’on peut écrire à l’aide de la formule de Green :


∫a Y
e
ijpq yij ( χ ) e ( v ) dy = −∫ a
pq
ypq
Γ
ijpq  n p vq dy, ∀v fonction périodique sur Y (13)

où aijpq  est la discontinuité des coefficients d’élasticité à travers les interfaces Γ entre les constituants du
VER. Pour exprimer la loi de comportement homogénéisé, on utilise :
ui ( x, y ) = ωi ( x, y ) + Eij ( x ) y j = Ekh ( x ) χikh ( y ) + Eij ( x ) y j , (14)
pour en déduire :
σ ij ( u ) = aijpq e ypq ( u ) = aijpq e ypq ( χ kh ) Ekh + aijkh Ekh . (15)
En prenant la moyenne, il vient :
Σij = σ ij ( u ) = aijkh Ekh + aijpq e ypq ( χ kh ) Ekh . (16)

Les rigidités homogénéisées s’expriment donc par :


*
aijkh = aijkh + aijpq e ypq ( χ kh ) = aijkh + σ ij ( χ kh ) . (17)

Cette expression comprend un terme de moyenne aijkh et un terme correcteur σ ij χ kh ( ) .

8. Modélisation numérique du problème d’homogénéisation périodique


La méthode des éléments finis en déplacement est la plus utilisée. La première étape consiste à mailler le VER
en s’assurant que le maillage soit compatible avec les conditions de périodicité. Ces conditions sont des relations
linéaires entre les degrés de liberté des nœuds situés sur le bord ∂Y du VER. On doit ensuite résoudre six
problèmes d’élasticité pour évaluer les fonctions χ ij comme l’indique la relation (13). Il faut pour cela
appliquer des forces (correspondant aux discontinuités aijpq  des coefficients d’élasticité ) sur les surfaces
représentant les interfaces entre constituants. Une fois les solutions obtenues, il faut estimer les correcteurs
σ ij ( χ kh ) .

Une autre solution consiste à ajouter un nœud supplémentaire commun à tous les éléments du maillage. Ce nœud
vient en supplément de la table de connectivité chaque élément de sorte que le vecteur des degrés de liberté est
 wi 
  . Les six forces nodales de ce nœud supplémentaire sont Y Σ11 , Y Σ22 , Y Σ33 , Y Σ12 , Y Σ23 , Y Σ31.
 Eij 
Homogénéisation 37

Annexe 1 . La formule de Green


La formule de Green permet de ramener l’intégration de la divergence d’un champ de vecteurs U i sur un
domaine borné D à l’intégrale du flux Ui ni de ce champ à travers la frontière ∂D du domaine :

∫D
( )
div U dV = ∫ U .ndS ,
∂D

∂U j (1)
∫D ∂x j
dx = ∫ U j n j ds.
∂D

Le vecteur ni est la normale unitaire sortante à la frontière. En appliquant la relation (1) au champ U j = σ ijVi ,
on obtient :
∂σ ij ∂Vi
∫ Vi dx + ∫ σ ij dx = ∫ Viσ ij n j ds . (2)
D ∂x j D ∂x j ∂D

Si σ ij est symétrique et si eij est la partie symétrique du gradient de Vi , la relation (2) devient :
∂σ ij
∫V dx + ∫ σ ij eij (V ) dx = ∫ Viσ ij n j ds . (3)
∂x j
i
D D ∂D
Homogénéisation 38

Annexe 2. La formulation variationnelle du problème de l’élasticité linéaire


On considère le bimatériau Ω de la Figure 1 qui comprend deux matériaux distincts Ω1 et Ω 2 . La liaison le
long de l’interface Γ est supposée parfaite. Le solide est encastré suivant Γ0 et soumis aux efforts H i sur Γ1 .

Γ1
Γ Ω1

Ω2
Γ0

Figure 1 : Solide Ω

Les équations locales de l’élasticité linéaire s’écrivent :


∂σ ij
= 0 dans Ω,
∂y j
σ ij = aijkh ekh dans Ω,
1  ∂uk ∂uh 
ekh = ekh ( u ) =  +  dans Ω,
2  ∂xh ∂xk  (1)
ui =0 sur Γ 0 ,
σ ij n j =H i sur Γ1 ,
[ui ] = 0 sur Γ,
σ ij n j  = 0 sur Γ.
On définit l’espace ϑ0 des champs cinématiquement admissibles avec :
{V ∈ϑ0 ,V = 0 sur Γ0 et [V ] = 0 sur Γ}. (2)
La formulation variationnelle s’écrit :
Trouver U ∈ϑ0 tel que a (U ,V ) = H (V ) , ∀V ∈ ϑ0 avec
a (U ,V ) = ∫ aijkh eij (U )eij (V ) dx, (3)

H (V ) = ∫ H iVi ds.
Γ1

C’est le théorème de Lax-Milgram qui montre que ce problème admet une solution unique. Lorsque la structure
est soumise à un déplacement imposé non nul sur Γ0 avec :
U i = U i non nul sur Γ 0 . (4)
On définit l’espace ϑ :
{V ∈ϑ ,V = U sur Γ 0 et [V ] = 0 sur Γ}. (5)
La formulation (3) devient :
Trouver W = U − Uˆ ∈ ϑ0 avec Û fonction quelconque de ϑ

( )
tel que a (U ,V ) = H (V ) − a Uˆ ,V , ∀V ∈ϑ0 avec
(6)
a (U ,V ) = ∫ aijkh eij (U )eij (V ) dx,

H (V ) = ∫ H iVi ds.
Γ1
Exercices 39

EXERCICES
Exercices 40
Exercices 41

1.1 Caractéristiques élastiques


La Figure 1 représente les déformations longitudinales et transversales dans la partie élastique d’un essai.
Déterminer E et ν.

Figure 1 : Réponse en traction

1.2 Réponse en traction


Commentez la courbe de traction représentée par la Figure 1.

Figure 1 : Réponse en traction


Exercices 42

1.3 Comportement mécanique du polypropyléne


On se propose d’étudier le comportement élastique en compression du polypropylène. La Figure 1 donne le
résultat d’un essai réalisé sur une éprouvette barreau de section 10x4 mm2 et de longueur 20 mm. L’essai a été
réalisé à une vitesse de déplacement de 6 mm/min.

Figure 1 : Réponse en compression du polypropylène

a. Calculer le module d’élasticité


b. Calculer la vitesse de déformation conventionnelle initiale εɺ
c. Donner les déformations conventionnelles et vraies pour les deux points schématisés sur la
Figure 1.
d. Calculer la contrainte conventionnelle σ au déplacement 1 mm.
e. D’autres essais ont donné :
σ (MPa) 24 22.5
εɺ (s )
-1 0.05 0.0005

Ces données vous semblent-elles en accord avec vos résultats ?

1.4 Comportement mécanique d’un alliage base nickel


La Figure 1 montre une courbe de traction obtenue à la température ambiante. La Figure 2 montre des cycles de
fatigue à très faible amplitude de déformation imposée.
1. Estimer le module d’Young du matériau
2. Déterminer la limite d’élasticité Rp, la résistance à la traction Rm, l’allongement à striction, la contrainte vraie
maximale supportée par l’éprouvette avant striction.
Exercices 43

Figure 1 : Réponse en traction à température ambiante

Figure 2 : Cycles de fatigue de à très faible amplitude de déformation à la


température ambiante.
Exercices 44

2.1 Commenter les courbes de comportement de la Figure 1

1200 400 1

350 0.9
1000

300 0.8

800
250 0.7

DEPLACEMENT (mm)
FORCE (N)
FORCE (N)

600 FORCE 0.6


200

150 0.5
400

100 0.4

200
50 0.3
DEPLACEMENT

0 0 0.2
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0 1 10
4
2 10
4
3 10
4 4
4 10 5 10
4
6 10
4

DEPLACEMENT (mm) TEMPS (s)

350 1
400

0.9
300

300 0.8 200


CONTRAINTE (MPa)

0.7 100
DEPLACEMENT (mm)
FORCE (N)

FORCE 0
250 0.6

0.5 -100

-200
200 0.4

-300
0.3
DEPLACEMENT

-400
150 0.2 -0.004 -0.002 0 0.002 0.004
4 4 4 4
0 2 10 4 10 6 10 8 10
TEMPS (s) DEFORMATION

600 500

400
CONTRAINTE (MPa)

CONTRAINTE (MPa)

200

0 0

-200

-400

-600 -500
-0.004 -0.002 0 0.002 0.004 -0.002 -0.0015 -0.001 -0.0005 0 0.0005 0.001 0.0015 0.002

DEFORMATION DEFORMATION

Figure 1 : Courbes de comportement


Exercices 45

400
0.04

300 0.035

200 0.03
CONTRAINTE (MPa)

DEFORMATION
100 0.025

0 0.02

-100 0.015

-200 0.01

-300 0.005

-400 0
5 5 5 5 6
-0.002 -0.0015 -0.001 -0.0005 0 0.0005 0.001 0.0015 0.002 0 2 10 4 10 6 10 8 10 1 10
TEMPS (s)
DEFORMATION

35

30

25
CONTRAINTE (MPa)

20

15

10

0
0 0.05 0.1 0.15 0.2

DEFORMATION (%)

Figure 1 : Courbes de comportement


Exercices 46

3.1 Modèle de Voigt σ σ


On considère le modèle rhéologique de la Figure 1.
a. Exprimer la loi de comportement
b. Donner la réponse en fluage

Figure 1 : Modèle de Voigt

3.2 Modèle de Maxwell σ E σ


On considère le modèle rhéologique de la Figure 2.
a. Exprimer la loi de comportement
b. Donner la réponse en fluage η
c. Donner la réponse en relaxation
Figure 2 : Modèle de Maxwell

H
3.3 Modèle de Poynting-Thomson σ σ
On considère le modèle rhéologique de la Figure 3. E
a. Exprimer la loi de comportement
b. Donner la réponse en fluage
c. Donner la réponse en relaxation
η

Figure 3 : Modèle de Poynting-Thomson

3.4 Modèle élasto-plastique écrouissable


On considère le modèle rhéologique de la Figure 4. σe
a. Donner la réponse à une sollicitation de traction monotone σ σ
b. Donner la réponse à un essai de charge-décharge
c. Donner la réponse à un essai de traction-compression
E

h
Figure 4 : Modèle élasto-plastique
Exercices 47

4.1 Calcul de la normale à la surface de charge (cas multiaxial)


σ 11 σ 12 σ 13 
 ∂J (σ ) 3 s
On suppose que σ = σ 21 σ 22 σ 23  . Montrer que = .
  ∂σ 2 J (σ )
σ 31 σ 32 σ 33 

4.2 Calcul de la normale à la surface de charge (cas uniaxial)


3 s
Dans le cas d’une sollicitation uniaxiale σ , calculer n = .
2 J (σ )

4.3 Calcul du multiplicateur plastique


Dans le cas d’un comportement parfaitement plastique, montrer que λɺ = εɺeqp .

4.4 Ecrouissage isotrope en traction


On considère un essai de traction uniaxiale sur un matériau élasto-plastique avec loi d’écrouissage isotrope. La
∂R
(σ , R ) = J (σ ) − R − σ
e
fonction de charge est f = f . Le module plastique est noté h = .
∂p
n :σ ɺ
a) En utilisant la condition de cohérence, montrer que λɺ = pɺ =
h
b) Calculer εɺ p puis pɺ .
c) En déduire que σ − σ e = R ( p ) .
d) Proposer une méthode d’identification de R ( p ) à partir de l’essai de traction.

4.5 Ecrouissage cinématique linéaire en traction


On considère un essai de traction uniaxiale sur un matériau élasto-plastique avec loi d’écrouissage cinématique
linéaire. La fonction de charge est ( ) ( )
f = f σ , X = J σ − X − σ . La variable d’écrouissage
e
est

2 
3 0 0 
 
 1 2
déviatorique avec X = X 0 − 0  et X = Cε
p
ou C est une constante.
 3  3
 1 
0 0 − 
 3 
n :σ ɺ
a) En utilisant la condition de cohérence, montrer que λɺ = pɺ = .
C
(
b) Calculer J σ − X , ) n et εɺ p .
c) Montrer que σ − σ e = Cε p .
d) Proposer une méthode d’identification de C à partir de l’essai de traction
Exercices 48

4.6 Identification d’une loi d’écrouissage à l’aide d’un essai de traction


La figure 1 représente les courbes contrainte-déformations obtenues lors d’essais de traction monotone sur des
matériaux écrouissables. La limite d’élasticité a été déterminée à σe =1000 MPa (cas 1) et σe=800 MPa (cas 2).
On notera que les valeurs des contraintes 1320 MPa et 1420 MPa correspondent respectivement aux
déformations de 1% et de 2% (cas 1) alors que pour le cas 2 on mesure 970 MPa et 1070 MPa pour les
déformations de 4% et 6%.
Proposer dans chaque cas une modélisation de la loi d’écrouissage et identifier la loi correspondante.

1500

1
CONTRAINTE (MPa)

1000

500

0
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4
DEFORMATION (%)

1500

2
CONTRAINTE (MPa)

1000

500

0
0 1 2 3 4 5 6 7 8
DEFORMATION (%)

Figure 1 : Réponses en traction


Exercices 49

4.7 Ecrouissage cinématique non-linéaire en traction


La loi de comportement monodimensionnelle d’un matériau élasto-plastique avec écrouissage cinématique non-
linéaire est donnée par :

ε = εe +ε p , εe =
E
σ
( )
, Xɺ = γ X ∞ εɺ p − X εɺ p , f = σ − X − σ .
e

dX
a) Etablir la relation = γ ( X ∞ − X ) dans le cas d’une sollicitation monotone de traction .
dε p
b) En déduire la réponse σ (ε p ) dans le cas d’une sollicitation monotone de traction.
c) Tracer la courbe σ (ε ) en traction monotone pour 0 < ε < 3% en utilisant les valeurs suivantes :
E = 200 GPa, σ = 250 MPa, X ∞ = 200 MPa, γ = 2 .
e

4.8 Ecrouissage isotrope en traction-compression


Une éprouvette de matériau élastoplastique est soumise à un essai de traction-compression défini par la figure 1.
On suppose que l’écrouissage est isotrope linéaire avec R( p) = hp . En déduire la réponse contrainte-
déformation.

A1 A2 A3
εM

O1 B1 O2 B2 O3 t

εm
C1 C2

Figure 1 : Essai de traction-compression piloté en déformation


Exercices 50

4.9 Influence du trajet de chargement pour un chargement en plasticité de traction-cisaillement


On considère un élément de matière chargé en traction-cisaillement. Le matériau vérifie le critère de Von Mises
avec un écrouissage isotrope linéaire selon la fonction de charge f (σ , R ) = J (σ ) − R − σ où σ e est la
e

limite d’élasticité initiale et R = hp (le module plastique h est indépendant de la déformation plastique).
∂f
a) On rappelle que la règle de normalité définit la vitesse de déformation plastique εɺ p = λɺ = λɺn avec
∂σ
12
3 s 2 ɺp ɺp
n= . Montrer que le multiplicateur plastique λɺ vaut λɺ = pɺ où pɺ =  ε : ε  est la vitesse de
2 J (σ ) 3 
n : σɺ
déformation plastique équivalente. En utilisant la condition de cohérence, montrer que pɺ = .
h
b) On se place dans le cas du trajet de chargement ONM (traction jusqu’à σ m , puis cisaillement jusqu’à τ m
avec traction constante, avec σ m > σ e et τ m 3 > σ e ) défini par la Figure 1. Calculer la déformation plastique
ε 11p à l’issue de ce trajet de chargement (on prendra les valeurs suivantes :
σ e = 100 MPa, h = 10000 MPa, σ m = 300 MPa et τ m = 300 MPa).

c) On se place dans le cas du trajet de chargement “direct” OM (traction et cisaillement appliqués de façons
proportionnelles avec σ m > σ e et τ m 3 > σ e ) défini par la Figure 1. Calculer la déformation plastique ε 11p à
l’issue de ce trajet de chargement (on prendra les valeurs suivantes :
σ e = 100 MPa, h = 10000 MPa, σ m = 300 MPa et τ m = 300 MPa).

M (σm, τm)

σ
O
N (σm,0)

Figure 1 : Trajets de chargement dans le plan traction cisaillement


Exercices 51

5.1 Formulation d’une loi de comportement élasto-plastique.

Variables d’état Variables associées

ε
e

σ
ε
p

−σ
r R
α X

A. On utilise le modèle standard généralisé. Le potentiel d’état est donné par :

(
ψ = ψ ε e , r, α = ) 1 1

ρ 2
 1  1 
a : ε e : ε e + R∞  r + e − br  + γ X ∞ α : α  .
 b  3 
La fonction de charge s’écrit :

( )
f = f σ , R, X = J σ − X − R − σ .( ) e

a) Ecrire les lois d’état.


b) Ecrire les lois complémentaires.
c) En déduire que le modèle standard généralisé conduit aux écrouissages isotrope et cinématique linéaire.

B. On utilise un modèle associé. Le potentiel d’état est donné par :

( )
ψ = ψ ε e , r, α =
1 1

ρ 2
 1  1 
a : ε e : ε e + R∞  r + e− br  + γ X ∞ α : α  .
 b  3 
Le potentiel de dissipation s’écrit :

( ) ( ) (X )
1
ϕ = ϕ σ , R, X = J σ − X − R − σ +
e 2
J
2X∞
a) Ecrire les lois d’état.
ɺ 2 
b) Ecrire les lois complémentaires et montrer que X = γ  X ∞εɺ p − λɺ X 
3 
c) En déduire que le modèle associé conduit aux écrouissages isotrope et cinématique non linéaire.
Exercices 52

6.1 Elasticité couplée à l’endommagement


On considère une loi de comportement monodimensionelle élastique endommageable définie de la façon
11
suivante : le potentiel d’état est ψ = (1 − D ) Eε 2 . La force thermodynamique associée à la variable scalaire
ρ2
d’endommagement est notée Y avec Y = −Y . On introduit une fonction d’endommagement
1
f (Y , D ) = Y − k0 (1 + 2α D ) où ( k0 , α ) sont des constantes. Le critère d’endommagement est donné par
2
∂f
Dɺ = λɺ si f = 0 et Dɺ = 0 si f < 0 .
∂Y
a) Ecrire les lois d’état.
b) Donner l’expression du seuil d’endommagement initial ε0 .
1  ε2 
c) En utilisant la condition de cohérence fɺ = 0 , montrer que D =  2 − 1 .
2α  ε 0 
Eε 0  ε   ε  
2

d) En déduire la loi de comportement σ =    2α + 1 −    pour ε ≥ ε 0 .


2α  ε 0    ε 0  

6.2 Endommagement en fluage uniaxial


On considère une loi de fluage uniaxiale donnant la vitesse secondaire εɺss de fluage sous la forme :
n
σ 
εɺss = εɺ0  
σ0 
où ( εɺ0 ,σ 0 , n ) sont caractéristiques du matériau testé et σ est la contrainte appliquée. L’endommagement est
pris en compte grâce à une variable scalaire D avec :
εɺ(t )  σ σ 0  Dɺ (t ) (σ σ 0 )
n a
=  et ɺ = où ( Dɺ 0 , a , b ) sont caractéristiques du matériau testé.
εɺ0  1 − D  D0 (1 − D )b

a) En déduire que :
1
∆ a
  b +1 ε (t )  
 , t −f 1 = Dɺ 0  σ  (b + 1) , ε f = εɺss f
t t t
D (t ) = 1 − 1 −  , = 1 − 1 − σ 
 tf  εf   ∆
   tf   0
1+ b − n
avec ∆ = et où t f et ε f définissent le temps à rupture et la déformation à rupture.
1+ b
b) Tracer l’allure de ε ε f en fonction de t t f pour ∆ = 0.20 .
Exercices 53

6.3 Elasto-plasticité couplée avec l’endommagement


On décrit le couplage plasticité endommagement à l’aide d’une variable scalaire D (endommagement isotrope).
σ ij
Le tenseur des contraintes effectives est noté σɶ ij = . La force thermodynamique associée à D est notée
1− D
Y avec Y = −Y . Avec les notations habituelles (r et α ij sont les variables internes associées aux contraintes
internes (R, Xij) des écrouissages isotrope et cinématique), le potentiel d’état est :
1 1  1  1 
ψ=  aijklε ijeε kle (1 − D ) + R∞  r + e − br  + γ X ∞α ijα ij 
ρ 2  b  3 
Le potentiel de dissipation est :
1

3 2
ϕ = (σɶ ijd − X ij )(σɶ ijd − X ij ) − R − σ e +
3
X ij X ij + ϕ D (Y , D )
 2  4X∞

a) Ecrire les lois d’état.


b) Ecrire les lois complémentaires en introduisant le multiplicateur λɺ .
c) Montrer que la vitesse de déformation plastique cumulée est donnée par :
1

2 2 λɺ
pɺ =  εɺijpεɺijp  =
3  1− D
Exercices 54
Annexe A 55

ANNEXE A : NOTATIONS INDICIELLES ET TENSORIELLES

1. Vecteurs
On considère un espace vectoriel E (avec en pratique E = R 3 ). Tout vecteur u de E est repéré par ses
coordonnées ui dans une base ei :
i =3 (1)
u = ∑ ui ei = ui ei .
i =1

en utilisant la convention de sommation sur l’indice répété (chaque fois qu’un indice est répété dans un monôme,
la sommation de 1 à 3 sur cet indice est sous-entendue.)

2. Tenseurs
(
Un tenseur d’ordre n est une forme n-linéaire sur E n . Un tenseur associe donc à tout n-uplet u1 ,..., un ) un
scalaire ℑ .

2.1 Tenseur d’ordre un


Le produit scalaire permet d’associer une forme linéaire ℓ u à tout vecteur u avec :
∀w ∈ E , ℓ u ( w ) = u .w = ui wi . (2)
Un vecteur peut être considéré comme un tenseur d’ordre un.

2.2 Tenseur d’ordre deux


Un tenseur d’ordre deux est une forme bilinéaire sur E . On peut ainsi associer à toute application linéaire L de
E dans E une forme bilinéaire ℓ L par
∀ ( v , w ) ∈ E 2 , ℓ L ( v , w ) = v .L ( w ) . (3)
Un tenseur d’ordre deux peut également être considéré comme une application linéaire L de E dans E que
l’on notera L .
Un tenseur d’ordre deux est aussi obtenu en formant le produit tensoriel u ⊗ v de deux vecteurs u et v :
∀ ( w1 , w2 ) ∈ E 2 , ( u ⊗ v ) ( w1 , w2 ) = ( u.w1 )( v .w2 ) . (4)

2.3 Tenseur d’ordre quatre


Un tenseur d’ordre quatre est une forme 4-linéaire sur E mais peut être considéré comme une application

linéaire de E 2 dans E 2 que l’on notera A .

2.4 Produit tensoriel contracté


Le produit tensoriel contracté est un scalaire indépendant de la base de calcul :
u ⋅ v = ui vi = u.v ,
a : b = aij b ji , (5)
A :: B = Aijkl Bklij .
On définit également des produits contractés partiels qui fournissent des tenseurs dont les composantes sont :
( a ⋅ v )i = aik vk ,
(a ⋅ b ) ij
= aik bkj ,

(6)
Annexe A 56

 
 A : a  = Aijkl akl ,
 ij
 
 A : B  = Aijmn Bmnkl .
  ijkl

2.5 Invariants d’un tenseur


Les composantes d’un tenseur dépendent de la base dans laquelle on les exprime. Par contre, les invariants d’un
tenseur sont indépendants de la base dans laquelle on les calcule. Le tenseur identité d’ordre deux noté i (avec
iij = δij quelque soit la base) permet de construire les invariants d’un tenseur d’ordre deux.
La trace du tenseur a noté tr ( a ) = i : a = aii est un tenseur d’ordre zéro (scalaire). De même,

tr ( a ⋅ a ) = i : ( a ⋅ a ) = aij a ji et tr ( a ⋅ a ⋅ a ) = i : ( a ⋅ a ⋅ a ) = aij a jk aki sont des invariants. Ces trois quantités sont
les invariants fondamentaux pour les tenseurs d’ordre deux. Tout autre invariant est une fonction de ces
quantités.

2.6 Notation matricielle pour les tenseurs symétriques


Les tenseurs d’ordre deux utilisés en mécanique sont symétriques avec aij = a ji .Ces tenseurs dépendent donc de
six coefficients. On peut représenter un tenseur d’ordre deux symétrique a par un vecteur à six composantes.
Ainsi, la notation classique de Voigt représente le tenseur des déformations ε par le vecteur
( ε I ) = ( ε1 , ε 2 , ε 3 , ε 4 , ε 5 , ε 6 ) = (ε11 , ε 22 , ε 33 , 2ε 23 , 2ε 31 , 2ε 12 ) et le tenseur des contraintes σ par le vecteur
(σ I ) = (σ 1 , σ 2 , σ 3 , σ 4 , σ 5 , σ 6 ) = (σ 11 , σ 22 , σ 33 , σ 23 , σ 31 , σ 12 ) .
Les tenseurs d’ordre quatre A utilisés en mécanique présentent des symétries mineures
(A ijkl = Ajikl = Aijlk = Ajilk ) qui réduisent le nombre de coefficients indépendants à 36. On peut alors représenter le

tenseur des rigidités élastiques C = Cijkl par une matrice CIJ avec :
 C1111 C1122 C1133 C1123 C1131 C1112 
C C2222 C2233 C2223 C2231 C2212 
 2211 
C C3322 C3333 C3323 C3331 C3312 
[CIJ ] =  3311 , (7)
C2311 C2322 C2333 C2323 C2331 C2312 
C3111 C3122 C3133 C3123 C3131 C3112 
 
 C1211 C1222 C1233 C1223 C1231 C1212 

tandis que le tenseur des souplesses élastiques S = Sijkl est donné par la matrice S IJ avec :
 S1111 S1122 S1133 2 S1123 2 S1131 2 S1112 
S S2222 S2233 2 S2223 2 S2231 2 S2212 
 2211 
S S3322 S3333 2 S3323 2 S3331 2 S3312 
[ S IJ ] =  3311 . (8)
 2 S2311 2 S2322 2 S2333 4 S2323 4 S2331 4 S2312 
 2 S3111 2 S3122 2 S3133 4 S3123 4 S3131 4 S3112 
 
 2 S1211 2 S1222 2 S1233 4 S1223 4 S1231 4 S1212 

Les produits tensoriels C : ε et S : σ s’écrivent comme les produits matriciels [C IJ ] (ε J ) et [ S IJ ] (σ J ) . Les


matrices [CIJ ] et [ S IJ ] qui vérifient une symétrie majeure avec [C IJ ] = [C JI ] et [ S IJ ] = [ S JI ] présentent au plus
21 coefficients indépendants
Annexe B 57

ANNEXE B : TERMINOLOGIE
Terme Description Anglais

Acier Alliage de fer avec d’autres éléments (au moins 2% de carbone en Steel
masse)
Alliage léger Alliage métallique de faible densité (le plus souvent à base Light alloy
d’aluminium ou de magnésium)
Amorphe L'état amorphe caractérise la matière à l'état condensé, ne présentant Amorphous
pas d'ordre (périodicité) à longue distance
Anisotropie Dépendance d'une propriété envers une direction de l'espace. Anisotropy
Aramide Polyamide aromatique, utilisé pour la fabrication de fibres organiques Aromatic
polyamide
Bande de Région dans laquelle la déformation est fortement localisée, conduisant Shear band
cisaillement souvent à la ruine de la structure

Béton Matériau obtenu en mélangeant du ciment, de l'eau, des granulats et du Concrete


sable, puis en laissant la réaction de durcissement hydraulique
(formation d'un gel entre les particules) se dérouler
Brasage Assemblage de deux pièces au moyen d'un alliage d'apport (qui passe Brazing, soldering
par l'état liquide) mais sans fusion des pièces à assembler
Céramique Les céramiques sont les matériaux autres quemétalliques et Ceramic
polymères/élastomères. On distinguesouvent les verres, les céramiques
"de grandediffusion" (porcelaines, briques, bétons...) et céramiques
"techniques" (alumine, zircone, carbures...)
Charge Particule ajoutée à une matrice (polymère oucéramique) pour modifier Filler
ses propriétés mécaniques ou physiques et/ou diminuer le coût de
revient du matériau
Ciment Poudre fine, durcissant en présence d'eau par formationd'un gel Cement
(tomoborite). C'est la matrice du composite "béton".
Cinétique Evolution d'un phénomène dans le temps Kinetics
Cisaillement Contrainte induite par une force parallèle au plan de la surface sur Shear (stress)
(contrainte de) laquelle elle est appliquée
Clivage Décohésion entre deux plans cristallins Cleavage
Coefficient de Terme de proportionnalité entre la température etl'allongement d'un Thermal
dilatation cristal dans une direction donnée expansion
thermique coefficient
Composite Matériau composé de plusieurs constituants(généralement une matrice Composite
(matériau) et des renforts) dont l'association lui confère des propriétés qu'aucun material
des constituants ne possède individuellement

Contrainte Quotient entre une force et la surface sur laquelle cette force est Stress
appliquée
Contraintes Conditions de chargement mécanique dans lesquelles les contraintes ne Plane stress
planes sont non nulles que dans un seul plan
Critère de Fonction du tenseur des contraintes représentant le seuil entre Yield criterion
plasticité écoulement élastique (réversible) et écoulement plastique (irréversible
et indépendant du temps)
Cupule Demi-cavité créée sur une surface de rupture après endommagement Dimple
ductile
Déformation Sous l'hypothèse des petites perturbations, le tenseur des déformations Strain
est la partie symétrique du gradient des déplacements
Déformations Conditions de chargement mécanique dans lesquelles les déformations Plane strain
planes ne sont non nulles que dans un seul plan

Dislocation Défaut linéaire du réseau cristallin, conduisant à un cisaillement local Dislocation


Ductilité Aptitude à la déformation Ductility
Dureté Résistance à l'indentation (pénétration d'une pointe dure) Hardness
Annexe B 58

Ecrouissage Augmentation de la résistance à l'écoulement du fait de la Work hardening


multiplication des dislocations générées par la déformation plastique
Ensimage Revêtement d'une fibre en vue d'améliorer sescaractéristiques sizing
mécaniques ou électriques, sa stabilité chimique ou son adhérence à la
matrice d'un composite
Faciès de Surface créée par la rupture d'une pièce Fracture surface
rupture
Fatigue Sollicitation cyclique, alternant par exemple chargements et Fatigue
déchargements (mécaniques, thermiques, etc.)

Fluage Sollicitation mécanique par application rapide d'une contrainte (ou plus Creep
généralement d'une charge) maintenue ensuite constante dans le temps.
Fonte Alliage de fer saturé en carbone, issu de la réduction du minerai de fer Cast iron
Forgeage Procédé de mise en forme par déformation plastique à chaud, sous Forging
presse
Fragilité Tendance à la rupture après une très faible déformation Brittleness
Frittage Consolidation de poudres en un solide homogène plus ou moins dense Sintering
Grain Entité cristalline d'orientation uniforme. Grain
Limite Contrainte au-dessus de laquelle la déformation devient irréversible Yield stress
d'élasticité
Loi de Ensemble d'équations régissant la réponse d'un élément de volume à Constitutive
comportement une sollicitation mécanique appliquée equations
Oligocyclique Régime de fatigue dans lequel la rupture intervient après un nombre de Low cycle
cycles limité (généralement < 100000 cycles) (fatigue)
Poisson Coefficient reliant la déformation longitudinale et la contraction Poisson's ratio
(coefficient de) latérale en traction, lorsque la déformation est élastique linéaire
Résine Nom couramment donné à la matrice organique de certains composites Resin
Résistance Contrainte maximale que peut supporter une structure avant Strength
mécanique localisation de la déformation et/ou rupture
Réticulation Création de liaisons chimiques permanentes entre macromolécules, les Crosslinking
assemblant en réseaux tridimensionnels lâches (élastomères) ou denses
(thermodurcissables)
Rigidité Résistance à la déformation élastique Stiffness
Rupture Dissociation d'un objet en plusieurs morceaux séparés Fracture
Soudage Assemblage de deux pièces au moyen d'un alliage d'apport à l'état Welding
liquide, avec fusion locale des pièces à assembler
Striction Réduction locale de la section d'un objet par déformation ou Necking
endommagement localisés
Strie Rainure, généralement groupée en ensembles parallèles, observable sur Striation
la surface de rupture de certains matériaux en fatigue
Taux de Quantité d'énergie restituée par l'avancée élémentaire d'une fissure, par Energy release
restitution unité de surface libre créé rate
d'énergie
Ténacité Facteur d'intensité des contraintes maximal que peut supporter une Fracture
pièce fissurée avant propagation brutale de la fissure toughness
Thermoplastique Polymère pouvant acquérir par chauffage, d'une manière réversible, Thermoplastic
une fluidité permettant sa mise en forme
Transition Transition de comportement à la rupture en fonction de la température Brittle-ductile
fragile ductile et/ou de la vitesse de déformation transition
Trempe Refroidissement brutal (trempe thermique) ou substitution d'une ou Quench
plusieurs espèces chimiques (trempe chimique) dans le but soit de figer
la microstructure, soit d'imposer des contraintes de compression à la
surface du produit
Verre Matériau amorphe, généralement céramique, parfois organique, voire Glass
métallique
Viscoélastique Caractérise un comportement mécanique selon lequel une déformation Viscoelastic
appliquée est réversible mais de manière différée dans le temps
Viscoplastique Caractérise un écoulement irréversible dépendant du temps Viscoplastic
Annexe B 59
Annexe B 60
OBJECTIFS DU COURS

• Fournir les outils théoriques qui permettent :

Formulation des Lois de – d’identifier le comportement d ’un matériau solide


Comportement des Solides
– de formuler les lois de comportement des matériaux
solides
E. Martin
martin@lcts.u-bordeaux1.fr – d’effectuer des changements d’échelles pour établir
01-10-2012
une loi de comportement

1 2

Loi de Comportement Loi de Comportement


• Essai de traction uniaxiale • La connaissance de la loi de comportement d’un matériau permet :

– F et ∆L sont mesurés sur la structure – de choisir et d’employer le bon matériau pour l ’utilisation souhaitée
– d’utiliser la quantité optimale de matériau dans les composants
– σ et ε caractérisent la réponse du matériau avec :
F ∆L • Pour établir et utiliser une loi de comportement, on distingue les
σ= , ε=
S0 L0
étapes suivantes :
– Puissance des efforts extérieurs + Puissance des
efforts intérieurs =0 – Développement du matériau (physico-chimie)
– Caractérisation du matériau (mécanique des matériaux)
Vσεɺ = FLɺ
– Mise au point de modèles numériques pour représenter une pièce
(calcul de structure)
• La loi de comportement du matériau est la relation :

σ =R(ε )
3 4

1
Utilisation d’une loi de comportement dans un Approches utilisées pour formuler les lois de
contexte industriel comportement
CAHIER DES CHARGES • Approche fonctionnelle à l’aide d’une relation explicite
(Efforts, Aspect, Forme, Coût)
Loi de
Comportement
σ (t ) = ℑ (ε (τ ))
CAHIER DES CHARGES Loi de τ ≤t
(Efforts, Aspect, Forme, Coût) Comportement
Conception d ’une
pièce • Approche par variables internes
Qualification d ’une
Respect des pièce • On introduit les variables internes αi qui décrivent l ’état du matériau
spécifications
σ (t ) = f (ε (t ),α i (t ))
CAHIER DES CHARGES
(Efforts, Aspect, Forme, Coût) Loi de Durée de vie
estimée • Pour déterminer les valeurs des variables internes, il faut résoudre les
Comportement
équations d ’évolutions

Expertise d ’une
pièce αɺ i (t ) = g i (ε (t ),α i (t ))

Résolution du
problème 5 6

Approches utilisées pour établir les lois de


ORGANISATION DU COURS
comportement
Approche phénoménologique Changement d ’échelle
0. Rappel sur les matériaux et leurs mécanismes de déformation
Observation de
Eprouvette de matériau
la microstructure
1. Les essais de caractérisation mécanique des matériaux

2. Les grandes classes de comportement mécanique


Essai de caractérisation Obtention d’un
mécanique (mesure de ε,σ) Volume Elémentaire
Représentatif 3. Les principales lois de comportement mécanique

4. Le formalisme de la thermodynamique des processus irréversibles


σ =R (ε )
Homogénéisation σ =R (ε )
5. Prise en compte de l’endommagement

Identifier expérimentalement les Apporter un sens physique 6. Homogénéisation


valeurs des variables internes aux variables internes
7 8

2
BIBLIOGRAPHIE 0. Les matériaux de structure

Science des Matériaux


M. Dupeux
Dunod
• Matériaux céramiques
• Matériaux métalliques
Mécanique des matériaux solides • Matériaux polymères
J. Lemaitre, J.L. Chaboche, A. Benallal, R. Desmorat • Matériaux composites
Dunod

Mécanique non linéaire des matériaux


J. Besson, G. Cailletaud, J.L. Chaboche, S. Forest
Hermés Matériaux, M.F. Ashby, D.R.H. Jones, Dunod

9 10

11 12

3
Matériaux céramiques

Ce sont les matériaux les plus couramment utilisés en Génie Civil


(pierre, brique, verre…). Ces matériaux sont moins denses que les
métaux, isolants thermiques et électriques, poreux et fragiles.

13 14

Matériaux métalliques Matériaux métalliques


Ce sont les matériaux les plus employés pour les applications
• liaisons électrostatiques
structurales. Ils sont capables de se déformer de manière
permanente (ductiles) ce qui permet de réaliser des opérations de entre atomes
mise en forme par déformation plastique (emboutissage…). Les • organisation des atomes en
matériaux métalliques sont denses et bons conducteurs thermiques réseaux cristallins
et électriques
(monocristal ou grain)
• un métal est un polycristal
(assemblage de grains).
• le joint de grain est la
frontière entre deux grains
• présence de défauts
linéiques (dislocations)

15 16

4
Les polymères
Matériaux polymères
Ce sont de larges macromolécules organiques, comme par exemple
le polyéthylène -(-C2H4-)n- dont le nombre de monomères n varie
entre 100 et 1000. Les matières plastiques ont l’avantage de pouvoir
être mises en forme par déformation plastique ou injection à l’état
liquide. Elles peuvent être thermoplastiques (recyclables et ductiles,
comme les métaux) ou thermodurcissables. Elles sont en général
mauvais conducteurs thermiques et électriques et très peu denses.

• Un polymère est obtenu par répétition d’une molécule élémentaire


carbonée. Une macromolécule est une chaîne de monomères. Un
polymère est un arrangement de macromolécules

• Ces macromolécules sont reliées entre elles par des liaisons covalentes
17 (fortes) et des liaisons secondaires (faibles) 18

Les polymères
Matériaux composites

Les composites sont des combinaisons hétérogènes de matériaux


issus des trois familles précédentes, mais dont la structure est définie
en fonction de l’application (béton armé, carbone-époxy.. ).

• Un polymère a une microstructure complexe qui comporte :


– des zones cristallines (les macromolécules sont arrangées de façon régulière)
– des zones amorphes (les macromolécules sont arrangées de façon irrégulière)

• La transition vitreuse du polymère correspond à la fusion des liaisons


secondaires. Elle se produit à la température de transition vitreuse Tg. L ’état
vitreux du polymère est obtenu si T<Tg 19 20

5
Comportement élastique
Micromécanismes de déformation élastique (essai de traction uniaxiale)

• Le micromécanisme de déformation • Relation entre contrainte et


élastique résulte de la variation des déformation uniaxiale :
σ
espaces interatomiques σ = Eε
• Faibles valeurs de la déformation :
• La déformation élastique engendre 0 ≤ ε ≤ 10 − 3
une augmentation de volume
E • E est le module d’Young

ε – Acier E=210 GPa


– Aluminium E=70 GPa
– Béton E=30 GPa
– PMMA E=4 GPa

21 22

Comportement au delà de la limite d’élasticité


(essai de traction uniaxiale)
σ
• Matériau fragile (Céramiques, métaux et polymères
à basse θ)
– Fragilité : Faible aptitude à se déformer au delà de la
limite élastique
ε • Matériau endommageable (Béton, composites)
σ – Endommagement : dégradation (par développement
de microcavités ou de microfissuration) des
propriétés au delà de la limite élastique
• Matériau ductile (Métaux, polymères)
ε – Ductilité (aptitude à se déformer au delà de la limite
σ élastique) puis endommagement (développement de
microcavités )
• Il existe une grande variété de comportements
entre deux extrêmes : le comportement fragile et le
comportement ductile
ε

• La nature du comportement dépend de


23
l’environnement (température, atmosphère) 24

6
Micromécanismes de déformation plastique

– Une dislocation est un défaut linéique (ligne


d’atomes dans une position instable) qui a la
particularité d ’être mobile

– Le déplacement de ces dislocations est


responsable des déformations permanentes
n’induisant aucune augmentation de volume

– Le mécanisme de déformation plastique est un glissement relatif de plans


cristallins qui s’effectue progressivement par l’intermédiaire du glissement
de défauts mobiles (dislocations)

– La limite d’élasticité correspond à l’état de contrainte qui engendre les


premiers mouvements irréversibles de dislocations

– Les interactions entre dislocations gênent leur mouvement. Lorsque la


contrainte croît, la densité de dislocations augmente et induit le phénomène
d’écrouissage en accroissant la résistance à la déformation

25 26

Dislocations dans les matériaux métalliques Dislocations dans les matériaux métalliques

• La théorie des dislocations permet une compréhension des


phénomènes associés à la plasticité des matériaux cristallins

• La loi de Hall et Petch montre que :

– d taille de grain k
– k constante de Petch
τ =τ0 +
– τ0 limite d ’élasticité du monocristal
d
Augmentation de la densité de dislocations lors d’un essai de traction – τ limite d ’élasticité du polycristal

L’observation des dislocations est possible au microscope électronique


• Associée à la métallurgie, il devient ainsi possible d’optimiser les
à transmission. Leur densité varie selon le traitement thermique (qui
propriétés mécaniques en modifiant la microstructure
tend à la diminuer) et les sollicitations mécaniques (qui l’augmentent).
27 28

7
Réponse en traction des polymères
Micromécanismes de déformation des polymères

• Glissement des lamelles


cristallines

• Extension des molécules


de liaison

• Fragmentation des lamelles


cristallines en blocs plus
petits

• Alignement des blocs


cristallins et étirement des
molécules de liaison

29 30

Réponse en traction des polymères


Comportement mécanique des polymères

• Le comportement mécanique des polymères est très


sensible à la température et à la vitesse de déformation

• Les polymères sont viscoélastiques : le recouvrement de


la déformation résulte de la tendance des chaînes
macromoléculaires à atteindre leur entropie maximale et
donc à perdre l’orientation imposée par la déformation

31 32

8
Les mécanismes d’endommagement des matériaux
composites Endommagement et déformations irréversibles
• Echelle micro
– rupture des fibres, de la matrice et de
l ’interface
• Un endommagement provoqué par des ruptures de
• Echelle méso liaisons correspond à une dégradation définitive du
– délaminage entre plis matériau (perte de caractéristiques mécaniques)
– amorçage de fissures au niveau des
porosités
• Une déformation irréversible (plasticité) est provoquée
• Echelle macro par la formation et le déplacement de dislocations
– propagation de macro-fissures

• Suivant le type de matériau (nature des


constituants et leur architecture) et le
type de chargement, l’accumulation de
ces mécanismes d’endommagement
conduit à la rupture finale.

33 34

ρ Côut E Rp Rm A θmax
Kg/m3 $/kg GPa MPa MPa % °C
Alliages 2500-2900 2.5-2.8 68-82 30-550 58-550 1-44 120-200
aluminium
Alliages 11300- 6-6.6 12.5-15 8-14 12-20 30-60 70-120 ρ Côut E Rp Rm A θ
plomb 11400 Kg/m3 $/kg GPa MPa MPa % °C

Alliages 8930-9140 6.7-7.4 112-148 30-350 100-400 3-50 180-300 Polyamide 1120-1140 3055-3.91 2.62-3.2 50-94.8 90-165 30-100 110-140
cuivre
Béton 2300-2600 0.041- 15-25 1-3 1-1.5 0.1 480-510
Alliages 4400-4800 96.9-107 110-120 750-1200 800-1450 5-10 450-500 0.062
titane
Alumine 3800-3980 18.2-27.4 343-390 350-588 350-588 0.1 1080-1300
Alliages 8300-8500 34.5-37.9 200-220 365-460 615-760 20-35 900-1000
Nickel- PRFC 1500-1600 40-44 69-150 550-1050 550-1050 0.32-0.35 140-220
chrome
Super 7750-8650 28.5-31.4 150-245 300-1900 400-2100 0.5-60 900-1200
alliage base
nickel
Acier à bas 7800-7900 0.79-0.90 200-215 250-395 345-580 26-47 350-400
carbone
Acier 7800-7900 1.0-1.1 205-217 400-1500 550-1760 3-38 500-550
faiblement
allié
Acier 7600-8100 7.7-8.5 189-210 170-1000 480-2240 5-70 750-820
inoxydable
Fontes 7050-7250 0.7-0.8 165-180 250-680 410-830 3-18 350-745
ductiles 35 36

9
1. Les essais de caractérisation I. Les essais de caractérisation

• Les essais de caractérisation sont destinés à la détermination


I.Généralités expérimentale des lois de comportement
II.Réalisation et exploitation d’un essai de caractérisation
III.L’essai de traction-compression uniaxiale
IV.Les essais de fatigue • Un essai de caractérisation se distingue par :
V.L ’essai de fluage
V.Les essais biaxiaux
– La géométrie de l’échantillon (cylindre, barre…)
VI.Principaux modes de sollicitations
– Le mode de sollicitation (traction, compression, torsion, flexion…)
a. Sollicitation monotone
– La variation des efforts appliqués au cours du temps
b. Sollicitation charge-décharge
– Le mode de contrôle des efforts (efforts ou déplacements imposés)
c. Sollicitation de fluage/relaxation
– Les grandeurs mesurées (déformation mesurée en un ou plusieurs
d. Sollicitation cyclique points suivant plusieurs directions)

37 38

II. Réalisation d’un essai de caractérisation III. Essai de traction-compression uniaxiale


• Nécessité d’une procédure d’essai normalisée pour réaliser des essais de
caractérisation précis et reproductibles
• Eprouvettes de barreau
• Pour faciliter l’exploitation d’un essai, on cherche à obtenir un état de cylindrique ou prismatique
contrainte homogène dans l’éprouvette (pour cela, il faut limiter les effets
de bord)
• Un essai donne une relation entre une force appliquée et une variation de – partie centrale calibrée de
longueur : si la déformation est homogène, on peut en déduire une section constante S0 et
relation entre certaines composantes de σ et de ε longueur l0
– deux têtes de section plus
• Exemple → difficultés à résoudre lors de la réalisation d’un essai de importante pour la fixation des
compression sur une éprouvette de béton : mors dans la machine

– Dimensions de l’éprouvette suffisantes pour considérer l’échantillon homogène • La machine de traction impose
mais restant limitées pour conserver un échantillon manipulable un allongement croissant ∆l=l-l0
et la force P est mesurée
– Hauteur de l’éprouvette suffisante pour obtenir un état de contrainte
homogène mais restant limitée pour ne pas flamber
39 40

10
Essai de traction-compression uniaxiale Essai de traction-compression uniaxiale

• L’essai de traction est l’essai le


plus couramment utilisé pour
identifier une loi de comportement
• La partie utile de l’éprouvette est
soumise à un champ de contrainte
uniaxial
• Le dispositif expérimental inclut :
– le bâti de la machine
– le système d’application des efforts
– le système d’amarrage des têtes
d ’éprouvettes
– le capteur de force
– le capteur de mesure
d’allongement
– le système de chauffage
41 42

Essai de traction uniaxiale Essai de traction uniaxiale

Problèmes d’alignement

43 44

11
Essai de traction uniaxiale
Essai de traction uniaxiale

• Eprouvette de section rectangulaire


– Longueur/Largeur > 8

• Eprouvette de section circulaire


– diamètre > 4 mm

• Eprouvette proportionnelle
– la longueur utile dépend de la section initiale :

l0 = 5.65 S0
l0 = 5d0 pour les éprouvettes cylindriques

Géométries d’éprouvettes
45 46

Extensomètre à pinces Jauges de déformation

47 48

12
Jauges de déformation Extensométrie optique

• Dépôt d’un mouchetis ou d’une grille régulière contrastée


• Enregistrement d ’images lors de l’essai
• Traitement d’images par corrélation
49 50

Capteur de force Courbe de traction conventionnelle

• Les valeurs conventionnelles de contrainte et de la


déformation sont R=P/S0 et e=∆l/l0

• La limite d’élasticité conventionnelle Rp : contrainte


conventionnelle atteinte pour une valeur conventionnelle
donnée de la déformation plastique (en principe Rp0.2)

• Mesure de la déformation d’un corps d ’épreuve

51 52

13
Courbe de traction conventionnelle Courbe de traction conventionnelle
(matériau métallique)

• Résistance à la traction Rm : valeur maximale de la contrainte


conventionnelle atteinte lors de l ’essai Rm

Rp0.2

• Allongement à la rupture A (%) : déformation conventionnelle au


moment de la rupture

• Allongement réparti Ag (%) : déformation conventionnelle

CONTRAINTE
correspondant à la charge maximale et mesuré après décharge

• Coefficient de striction Z : variation relative maximale de la 0.2% A%


section mesurée après rupture DEFORMATION

53 54

Courbe de traction conventionnelle


(matériau métallique) - Striction
Courbe de traction rationnelle

• On utilise les valeurs rationnelles de la contrainte σ et de la


déformation ε
l
dl l  P Pl
ε =∫ = ln   = ln(1 + e ) σ= = = R(1 + e)
l0
l  l0  S l0S0

• On suppose que lS=l0S0 (la déformation plastique n’engendre pas


de variation de volume)

• Ces expressions ne sont valables que si la déformation reste


homogène dans la partie utile de l ’éprouvette (ce qui n’est pas le
cas au niveau de la striction)

55 56

14
Courbe de traction rationnelle IV. Les essais de fatigue

• Une sollicitation périodique d’amplitude suffisante peut provoquer :


– l ’amorçage de fissures
– la propagation de fissures et une rupture

• Cette rupture de fatigue peut survenir pour une contrainte bien


inférieure à Rm ou Re

• Les essais de fatigue sont destinés à étudier le comportement


d ’éprouvettes ou de structures soumises à des sollicitations
périodiques proches des sollicitations de service (durabilité
des structures)

57 58

Chargement de fatigue sinusoïdal


Types de chargement

Sinusoïdal

Périodique

σ min
Rσ =
σ max
Aléatoire

59 60

15
Essais de Fatigue sur Eprouvettes
RUPTURE PAR FATIGUE
Stries de fatigue
Essai de fatigue en traction

Essai de fatigue en flexion

Propagation à chaque cycle


AEF
(agence d'essais ferroviaire) Essai de fatigue en torsion
61 62

Essais de fatigue Courbes de Wohler ou courbes S-N (Stress-Number of cycles)

• A partir d’un lot d’éprouvettes, on peut tracer les points (σ, Nr) qui
indiquent le nombre de cycles à rupture pour une sollicitation
• On distingue : périodique d ’amplitude σ

– les essais d ’endurance (grand nombre de cycles) • On distingue :

– la zone de fatigue oligocyclique (forte contrainte, déformation


– les essais de fatigue oligocyclique (faible nombre de cycles) plastique notable, faible nombre de cycles)

– les essais de propagation de fissure par fatigue – la zone de fatigue limitée

– la zone de sécurité (faible contrainte, la rupture ne se produit pas


avant un nombre de cycles importants)

63 64

16
Les essais de fatigue à grand nombre de cycles
Courbe de Wohler
(essais d ’endurance)

• Ils sont réalisés à contrainte imposée

• Ils produisent des résultats dispersés qui ont pour origine


:

– la matériau (inclusions, hétérogènéités)


– les éprouvettes (état de surface, tolérance dimensionnelle)
– les conditions d ’essais (centrage des éprouvettes)

• Ils nécessitent une analyse statistique des résultats

65 66

Estimation de la résistance à la fatigue


et durée de vie en fatigue à grand nombre de cycles Paramètres d ’influence des essais d ’endurance
(essais d ’endurance)
• La résistance à la fatigue des matériaux métalliques dépend d’un
• Pour les métaux, la résistance à la fatigue est σD ~ 0.37 Rm +77 (en MPa)
grand nombre de paramètres :

– les facteurs métallurgiques (microstructure du matériau)

• La courbe S-N obéit à la loi empirique de Basquin : – les modes de sollicitations (traction, flexion, torsion)

– le niveau de contrainte moyenne


a – l’effet d’entaille (présence de concentrations de contraintes)
∆σ (N ) F = Cte
– l’effet d’échelle (la résistance à la fatigue diminue lorsque la taille de
l’éprouvette augmente)

0.07 ≤ a ≤ 0.12 – l’état de surface (cette influence est d’autant plus importante que la
résistance à la fatigue est élevée)

– l’environnement (un milieu corrosif peut introduire un mécanisme


d’endommagement par fatigue-corrosion)
67 68

17
La fatigue plastique oligocyclique L ’essai de fatigue plastique oligocyclique uniaxial

• Fatigue oligocyclique implique :


• Eprouvette lisse

– La durée de vie est < 105 cycles


• Déformation cyclique
– le niveau de sollicitation est supérieur à la limite d ’élasticité
imposée de valeur
– présence de déformation plastique
moyenne nulle et
– rupture par accumulation de déformation plastique d ’amplitude constante

• Etudier le comportement en fatigue oligocyclique est nécessaire


• Température ambiante
pour :

– les aciers à faible Re


– les alliages aéronautiques sollicités en température
– représenter le comportement en fatigue d’une structure entaillée

69 70

L’essai de fatigue plastique oligocyclique uniaxial


Courbes de durcissement/adoucissement cyclique L’essai de fatigue plastique oligocyclique uniaxial
Courbes de consolidation cyclique

• On utilise le cycle à Nr/2 comme cycle de référence pour obtenir la


courbe σ-ε d ’écrouissage cyclique

• L’obtention de cette courbe nécessite une campagne d ’essais de


fatigue menée dans les mêmes conditions

• La comparaison de cette courbe avec la courbe d ’écrouissage


monotone reflète le durcissement / adoucissement cyclique

71 72

18
L’essai de fatigue plastique oligocyclique uniaxial
Courbes de consolidation cyclique Durée de vie en fatigue oligocyclique

• La courbe ∆εp - Nr obéit à la loi de Manson-Coffin :

n
∆ε p Nr
( ) = Cte avec n ≈ 0.5

73 74

V. L’essai de fluage Réponse en fluage

Métaux Céramiques Polymères Fluage


primaire
T/Tf 0,3-0,4 0,4-0,5
Le fluage primaire : la vitesse de
T/Tg 1 déformation diminue

Le fluage secondaire : la vitesse de


Température seuil de fluage rapportée à Fluage déformation reste constante
tertiaire
Tf (fusion) ou Tg (ramollissement)
DEFORMATION

Le fluage tertiaire : augmentation


Fluage de la vitesse de déformation
secondaire associée à l'apparition d'un
endommagement (formation de
cavités)
La température pour laquelle un matériau commence à fluer
dépend de sa température de fusionTf ou de sa température de TEMPS

transition vitreuse Tg

75 76

19
Fluage
Lois de fluage • Les mécanismes physiques du fluage
– le processus de diffusion (thermiquement activé) contrôle le fluage
• Fluage primaire
• fluage dislocation (mouvement des dislocations libérées par la diffusion
– La diminution de la vitesse de déformation est alors bien décrite par des
des atomes thermiquement activés)
lissages en fonction du temps (loi d ’Andrade)
• fluage diffusion (l'agitation thermique est suffisante pour que les atomes
diffusent rapidement au sein des grains sous l'action de la contrainte
ε = At 1 q appliquée)
• Fluage secondaire
– A température imposée, la vitesse de fluage suit la loi de Norton (n compris • Augmenter la résistance au fluage
entre 3 et 8) • Une température de fusion Tf élevée garantit une bonne tenue en fluage
n
 σ − σs  • fluage dislocation : multiplier les obstacles au mouvement des
εɺ =  
 K  dislocations par des alliages en solution solide et des précipités stables
• fluage diffusion : accroître la taille de grain afin que les distances de
– A contrainte imposée, la vitesse de fluage dépend de la température diffusion soient élevées et bloquer le glissement aux joints de grain

 A • Pour concevoir des pièces devant fonctionner à haute température, il faut


εɺ = C exp  − 
 T s'assurer que :
– La déformation de fluage pendant la durée de vie prévue soit acceptable
Il ne faut pas confondre ces lois empiriques avec des lois de comportement – Le temps de rupture en fluage aux chargement et température de
77 fonctionnement prévus excède (moyennant un facteur de sécurité) la durée 78
d'utilisation prévue

Données de fluage Données de fluage

Comparaison de la contrainte qui conduit


à la rupture par fluage au bout de 500
heures en fonction de la température
pour différents alliages aéronautiques

79 80

20
Bâti

Enceinte

Eprouvette
Mors

Soufflets
métalliques Bras de levier

Poids
calibrés
Capteur
d’effort

Machines de fluage
81 Machine de fluage (sous vide) 82

VI. Essais biaxiaux Essais biaxiaux


σ1

σ 1 0 0  σ 0 0
σ =  0 σ 2 0  σ =  0 τ 0 
σ2 0
 0 0   0 0 −τ 
F M
σ= ,τ =
2π Re 2π R 2e

Traction biaxiale sur éprouvette plane et mince


Le flambement (instabilité en compression) limite le niveau de contrainte en Traction torsion sur tube mince
compression

83 84

21
Essai sur une structure VII. Essai de chargement monotone
σ
: • L’accroissement progressif du
déplacement appliqué permet
Intégration de tous les paramètres mettre en évidence :
ε
σ
Recherches de marges sur détails
– Une non-linéarité
spécifiques complexes
– Un adoucissement (présence d’un
Détermination des valeurs admissibles
maximum)
de dimensionnement sur détails ε
spécifiques
σ – L’influence de la vitesse de
Ajustement des règles élémentaires de εɺ
chargement
dimensionnement

Détermination des propriétés


intrinsèques des matériaux ε
(base de données)

85 86

Essai de chargement
monotone Essai de charge-décharge
σ
Déformation imposée • En effectuant un cycle de
chargement, il est possible de
mettre en évidence :
ε
σ
– Un comportement élastique

– La présence d ’un cycle


d’hystérésis
ε

Contrainte imposée σ – La présence d’une déformation


permanente

Essai de torsion sur un acier ε

87 88

22
Essai de chargement cyclique - contrainte imposée
Essai de chargement cyclique
symétrique

• On distingue :
– les chargements symétriques ou non symétriques
– à déformation imposée ou à contrainte imposée

• Pour des cycles symétriques, on peut observer l’adoucissement


ou le durcissement cycliques

• A déformation imposée non symétrique, on peut observer la


relaxation ou la non relaxation de la contrainte moyenne

• A contrainte imposée non symétrique, on peut observer • Adoucissement cyclique si l’amplitude de la déformation augmente
l’adaptation, l’accomodation ou le rochet • Durcissement cyclique si l’amplitude de la déformation diminue

89 90

Essai de chargement cyclique - déformation imposée Essai de chargement cyclique - déformation imposée non
symétrique symétrique

• Adoucissement cyclique si l’amplitude de la contrainte diminue


Non relaxation de la contrainte moyenne Relaxation de la contrainte moyenne
• Durcissement cyclique si l’amplitude de la contrainte augmente

91 92

23
Essai de chargement cyclique - contrainte imposée non
Essai de relaxation et de fluage
symétrique
σ

• La réponse mécanique peut : • Pour mettre en évidence l’effet du


ε σ temps (essais à moyen et long
ε terme - quelques jours à quelques
– Devenir élastique après une phase de mois), on peut utiliser :
σ
comportement élasto-plastique (adaptation) t t
– L’essai de relaxation : une
– Présenter une déformation progressive se déformation est imposée
ε terminant sur un cycle ouvert (accomodation) rapidement puis maintenue
σ ε constante
σ
– Indiquer une déformation progressive
débouchant sur la ruine de l’éprouvette – L’essai de fluage : une contrainte
(rochet) t t est imposée rapidement puis
maintenue constante
ε

93 94

Essai de relaxation et de fluage


Essai de relaxation et de fluage

Sollicitation de torsion sur un acier


95 96
Sollicitation de torsion sur un acier

24
Combinaison sollicitation monotone + relaxation / fluage 2. Les grandes classes de comportement
I. Le comportement élastique
II. Le comportement plastique
III. Le comportement visqueux
IV. Le comportement endommageable

V. Les principaux modèles de comportement


a. le solide élastique
b. le solide viscoélastique
c. le solide élasto-plastique écrouissable
d. le solide élasto-visco-plastique écrouissable

VI. Comparaison des réponses des principaux modèles de comportement


aux modes de sollicitation usuels

VII. Les modèles rhéologiques


Sollicitation de torsion sur un acier
97 98

Les grandes classes de comportement Le comportement élastique

σ – La courbe σ(ε) est identique à la charge


• Trois familles de modèles de comportement permettent
et à la décharge
(soit directement, soit par combinaison) de représenter σ +e
– L’histoire du chargement n ’intervient pas
avec une bonne approximation le comportement réel des
– Un seul état de déformation correspond à
matériaux : un état de contrainte
– Les évolutions sont réversibles : le travail
– Le comportement élastique ε de déformation est nul dans un cycle
(absence de dissipation d ’énergie)

– Le comportement plastique – Le comportement élastique s’observe


σ −e
dans un domaine de contrainte bornée
– Le comportement visqueux qui est le domaine d’élasticité

– L’élasticité peut être linéaire mais ce n’est


– Le comportement endommageable
pas toujours le cas (élasticité ≠ linéarité)
99 100

25
Le comportement élasto-plastique
Le comportement plastique Ecrouissage
σ • La limite d’élasticité initiale est σ e

• Le domaine de réversibilité est limité A • Le chemin de décharge A →B est


σA
σ parallèle au trajet élastique
σe
• La courbe de décharge est différente de
• Il apparaît une déformation
la courbe de charge si on dépasse la permanente ε p en B
limite d’élasticité σ e : le comportement
est anélastique
B ε • La limite d’élasticité en partant de
B est σ A
ε εp εe
• Après décharge, il subsiste une
déformation permanente ou plastique

• ECROUISSAGE : la limite d’élasticité dépend de la déformation plastique

101 102

Le comportement élasto-plastique parfait


Le comportement visqueux

σ σ εɺ 2 > εɺ1 • On introduit un modèle visqueux


A • La limite d’élasticité initiale est σ e
e pour prendre en compte les effets
σ εɺ1
• Le chemin de décharge A →B est
εɺ 2 du temps
parallèle au trajet élastique
ε • La viscosité est linéaire si :
• Il apparaît une déformation
B permanente ε p en B
p ε σ σ = ηεɺ
ε εɺ
• La limite d’élasticité en partant de • Dans les solides, la viscosité est
B est σ e
combinée avec l ’élasticité et/ou la
• PLASTICITE PARFAITE : la limite d’élasticité est constante (absence plasticité
d ’écrouissage) ε

103 104

26
Le comportement élastique endommageable
Le comportement élasto-plastique endommageable

σ
Durcissant
σ • On introduit un modèle
endommageable pour prendre en Adoucissant
compte l’apparition de
microfissures au sein du matériau
E ~
E ~ E
E

D variable d ’endommagement ε

εp εe ε
~
0< D <1 E =E(1−D )
105 106

Exemples de comportement Comparaison des principaux comportements

• On peut comparer les principaux comportements en examinant leurs


• Solide élastique
réponses aux essais de traction charge-décharge, de fluage/relaxation et
– La réversibilité est instantanée : σ = f (ε )
cycliques

• Solide viscoélastique
– La réversibilité est retardée : σ = f (ε , εɺ ) ε σ ε

• Solide élasto-plastique écrouissable


– La déformation est la somme d’une déformation élastique et d’une déformation
t t t
permanente :
ε = εe +ε p
Sollicitation de Sollicitation de Sollicitation de
– Il n’y a pas de dépendance en fonction du temps Charge-décharge Fluage Relaxation
σ
• Solide élasto-visco-plastique écrouissable ε σ
– La contrainte dépend de la déformation plastique et de la vitesse de déformation
plastique : ? ?
σ = f ε p ,εɺ p
( ) ?
• On peut comparer ces comportements en examinant leurs réponses aux
essais de traction charge-décharge, de fluage/relaxation et cycliques 107 t t
108
ε

27
Solide élastique Solide viscoélastique

ε σ
σ σ
ε σ σ

t t ε t t
ε

Charge-décharge Fluage Relaxation Charge-décharge Fluage Relaxation

109 110

Solide élasto-plastique écrouissable Solide élasto-visco-plastique écrouissable

σ εɺ
ε σ
ε σ σ

t t t
t
ε
ε

Charge-décharge Fluage Relaxation Charge-décharge Fluage Relaxation

111 112

28
Comparaison des réponses cycliques
Les modèles rhéologiques

σ σ
E
– Les modèles rhéologiques sont des modèles
unidimensionnels qui mettent en évidence les
σ = Eε paramètres prédominants d ’un comportement
Elastique Viscoélastique

– Ils sont obtenus par assemblage d’éléments de


σe base
σ σ • Le comportement élastique linéaire est représenté
σ ≤σe par un ressort
εɺ = 0 si σ < σ e • Le comportement rigide plastique parfait est
représenté par un patin
sgn ( εɺ ) = sgn (σ ) si σ = σ e
• Le comportement visqueux linéaire est représenté
Elasto-plastique Elasto-visco-plastique par un amortisseur

– Ces différents éléments peuvent être associés


σ σ en série (ε=∑εi, σ) , en parallèle (ε, σ=∑ σi) ou en
Indépendant du temps Dépendant du temps η
groupements mixtes
σ = ηεɺ
113 114

Représentation des principaux comportements à l ’aide des


modèles rhéologiques 3.Les principales lois de comportement

Elastique Viscoélastique
I. La loi de comportement élastique linéaire

II. La loi de comportement viscoélastique linéaire

III. La loi de comportement élasto-plastique


Elasto-plastique Elasto-visco-plastique
IV. La loi de comportement élasto-visco-plastique

Indépendant du temps Dépendant du temps

115 116

29
Rappels d ’algèbre tensorielle Rappels d ’algèbre tensorielle
v = v i Vecteur Produit tensoriel

a = aij Tenseur de rang 2 a =u⊗v aij = ui v j • Tout tenseur d ’ordre 2 se décompose en partie sphérique et
déviatorique :
A = Aijkl Tenseur de rang 4 A =a ⊗b Aijkl = aij bkl

Produit tensoriel contracté 1


a = tr (a )i + s
(sur tous les indices) (partiel) 3
(a.v ) = a vik k = (δ ij )
i
u.v = ui v i (iij )
(a.b) = a b ik kj
ij
a : b = aij b ji = tr a.b
( ) tr (s ) = 0
 
 A : b  = aijkl bkl
A :: B = Aijkl Bklij  ij
 
 A : B  = AijmnBmnkl
 ijkl
117 118

Rappels d ’algèbre tensorielle Déviateur des contraintes

T (n )
σ (n )

On introduit les projecteur s J et K sur l' espace des tenseurs n


τ (n)
d' ordre 2 isotropes et déviatoriq ues :
1
J : a = tr (a )i en rappelant que  J : a  = (J ijkl akl )
3  ij
• Pour toute facette de normale n le vecteur contrainte T ( n ) est donné par :
T ( n ) = σ .n
K = I − J avec 2Iijkl = δ ik δ jl + δ il δ jk
• Il se décompose en une composante normale et une composante
1 tangentielle :
σ ( n ) = T .n et τ ( n ) = T − σ ( n )
K : a = ad = a − tr (a )i
3 • Le tenseur des contraintes peut être décomposé en une partie sphérique et
un déviateur :
1
σ = σ m i + s avec σ m = tr (σ ) pression hydrostatique
3
119 120

30
Déviateur des contraintes et cisaillement I. Le comportement élastique linéaire

• En introduisant le tenseur des souplesses élastiques :

• Le vecteur contrainte associé au déviateur est :


ε e = S :σ
T ' ( n ) = s .n = σ .n − σ m i.n = T ( n ) − σ m n
• Les vecteurs contraintes T ,T ' ne différent que par leur composantes normales:
σ ' (n ) = σ ' ( n ) − σ m , τ ' ( n ) = τ ( n ) • Cas des matériaux isotropes :

• Le cisaillement associé aux deux états de contraintes σ ,s sont identiques E νE


1 +ν ν µ= ,λ =
εe = σ − tr (σ ) i 2 (1 + ν )
E E (1 + ν )(1 − 2ν )
• Le cisaillement est entièrement caractérisé par le déviateur des contraintes
σ = λ tr ε e i + 2 µε e
( )

121 122

Déformation imposée
II. Le comportement viscoélastique linéaire
• On introduit les modules de relaxation G (t) et K(t) et le déviateur du 300
-3 -1
tenseur de déformation : 1.10 s

1 250
ε = tr (ε )i + ε d
3 Viscoélastique
(MPa)

t 200 linéaire
22

 t  K0 166666 MPa
-4 -1
σ (t ) = ∫ 2G (t − τ ) εɺ d (τ ) dτ +  ∫ K (t − τ ) tr εɺ (τ ) dτ i
( ) 1.10 s 0
K∞
−∞  −∞  150 G0 76923 MPa
-5 -1
1.10 s G∞ 7692 MPa
• On retrouve le comportement élastique linéaire si : τ 1s
100

E E
CONTRAINTE σ

G(t ) = et K(t) = avec ε (− ∞ ) = 0 G(t ) = G∞ − (G∞ − G0 )e −t τ


50
2(1 + ν ) 3(1 − 2ν )
K (t ) = K ∞ − (K ∞ − K 0 )e −t τ
• Le comportement dépend de la vitesse de déformation 0
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5
DEFORMATION ε (%)
22
• L’équation intégrale prend en compte toute l’histoire du chargement
Influence de la vitesse de chargement
123 124

31
Déformation imposée Contrainte imposée

300
τ = 10 s
300
250
-4 -1
1.10 s 250 -1
30 MPa s

(MPa)
200 Viscoélastique Viscoélastique

22
(MPa)
linéaire 200 linéaire
τ=1s

22
K0 166666 MPa K0 166666 MPa
150
K∞ 0 K∞ 0
τ = 0.1 s G0 76923 MPa 150 -1 G0 76923 MPa
3 MPa s
100 G∞ 7692 MPa G∞ 7692 MPa
τ - τ 1s
100 -1
0.3 MPa s

CONTRAINTE σ
50

CONTRAINTE σ
G(t ) = G∞ − (G∞ − G0 )e −t τ G(t ) = G∞ − (G∞ − G0 )e −t τ
50

0
K (t ) = K ∞ − (K ∞ − K 0 )e −t τ K (t ) = K ∞ − (K ∞ − K 0 )e −t τ
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5
0
DEFORMATION ε (%) 0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5
22
DEFORMATION ε (%)
22

Influence de la constante de temps


Influence de la vitesse de chargement
125 126

Chargement cyclique à déformation imposée symétrique Chargement cyclique à contrainte imposée symétrique

300
400
-3 -1
1.10 s
-1
200 30 MPa s

-4 -1
200 1.10 s Viscoélastique Viscoélastique

(MPa)
(MPa)

linéaire 100 linéaire

22
22

-5 -1
1.10 s K0 166666 MPa K0 166666 MPa
K∞ 0 -1 K∞ 0
3 MPa s
0 0
G0 76923 MPa G0 76923 MPa
G∞ 7692 MPa G∞ 7692 MPa
-1
τ 1s -100 0.3 MPa s τ 1s
-200

CONTRAINTE σ
CONTRAINTE σ

−t τ
G(t ) = G∞ − (G∞ − G0 )e -200
G(t ) = G∞ − (G∞ − G0 )e −t τ
−t τ
-400
K (t ) = K ∞ − (K ∞ − K 0 )e K (t ) = K ∞ − (K ∞ − K 0 )e −t τ
-300
-1 -0,5 0 0,5 1 -1,5 -1 -0,5 0 0,5 1 1,5
DEFORMATION ε (%) DEFORMATION ε (%)
22 22

Influence de la vitesse de chargement Influence de la vitesse de chargement


127 128

32
Réponse en fluage
III. Le comportement élasto-plastique

1,5
• Rappel du cas uniaxial
Viscoélastique
linéaire

(%)
K0 166666 MPa • Le cas multiaxial - La surface initiale de
1

22
K∞ 0
G0 76923 MPa
plasticité
G∞ 7692 MPa
τ 1s
• Le critère de plasticité
0,5 G(t ) = G∞ − (G∞ − G0 )e −t τ

DEFORMATION ε
K (t ) = K ∞ − (K ∞ − K 0 )e −t τ
• La règle d ’écoulement plastique
0
0 200 400 600 800 1000 1200
TEMPS (s) • Comparaison des divers modèles
d ’écrouissage
129 130

Le comportement élasto-plastique
Rappel du cas uniaxial Non unicité de la déformation plastique à contrainte fixée
σ
σ
• La limite d’élasticité initiale est σ e
A A
σ
• Le chemin de décharge A →B est
σe parallèle au trajet élastique

• Il apparaît une déformation


permanente ε p en B ε
B ε
• La limite d’élasticité en partant de
εp εe • Une infinité de déformations plastiques correspond à un même niveau de
B est σ A
contrainte
p
• On ne peut donc obtenir directement ε en fonction des contraintes
• ECROUISSAGE : la limite d’élasticité dépend de la déformation
plastique • Le comportement élastoplastique est régi par une loi de comportement
incrémentale reliant ε p et σ ,σɺ ,....
( )
131 132

33
Le comportement élasto-plastique Le comportement élasto-plastique parfait
Cas uniaxial - Effet Baushinger Rappel du cas uniaxial
σ
σ • La limite d’élasticité initiale est σ e
A
e
σ
• Le chemin de décharge A →B est
σe parallèle au trajet élastique

ε • Il apparaît une déformation


σ
e
B permanente ε p en B
− σ comp
ε
εp • La limite d’élasticité en partant de
e e B est σ e
σ comp <σ
• PLASTICITE PARFAITE : la limite d’élasticité est constante
L’écrouissage en traction s’accompagne d’une diminution de la limite (absence d’écrouissage et pas d’effet Baushinger)
d’élasticité en compression

133 134

Quand y-a-t-il déformation plastique ?


Le cas multiaxial - La surface initiale de plasticité
Le critère de plasticité
• Nécessité de généraliser la notion de seuil
σ de plasticité dans le cas d ’un état de
• Pour définir le domaine d’élasticité, on introduit la fonction de
contrainte multiaxial
charge f
• Introduction dans l’espace des contraintes
du domaine d’élasticité (le comportement
est élastique à l’intérieur du domaine) • Le critère d’élasticité définit le domaine d’élasticité :

Domaine
• Introduction dans l’espace des contraintes
Surface seuil {σ , f (σ ) < 0}
d’élasticité de plasticité de la surface seuil de plasticité (le
comportement est élasto-plastique à la
frontière du domaine) • Le critère de plasticité définit la surface seuil de plasticité :

• Le domaine de plasticité = domaine {σ , f (σ ) = 0}


d ’élasticité + surface seuil de plasticité

135 136

34
Détermination expérimentale de la surface seuil de plasticité
Détermination expérimentale de la surface seuil de plasticité initiale
initiale

• La surface de plasticité est la frontière du domaine de


l'espace des contraintes où le comportement est
élastique. Cette espace possède six dimensions mais il
n'est pas possible expérimentalement de solliciter une
éprouvette dans les six directions de manière
indépendante. La surface de plasticité ne peut donc pas
être étudiée globalement et seules des coupes dans
certaines directions sont accessibles.

• La surface de plasticité est déterminée de manière


discrète par une série d'incursions dans le domaine
plastique à partir du domaine élastique sur une
même éprouvette. Ces incursions doivent rester les
plus faibles possibles afin de ne pas déplacer et
déformer la surface cherchée. Rε ≈ 0.005%, Dε ≈ 0.055%
Essai de traction - torsion
V. Aubin, 2007
137 138

Modélisation de la surface seuil de plasticité initiale - Critère


Propriétés du critère de Von Mises
de Von Mises

• Tout tenseur d ’ordre 2 se décompose en partie sphérique et déviatorique : • Pas d’influence de la pression hydrostatique :
*
1 σ * = σ + pi alors s * = s et σ eq = σ eq
σ = tr (σ )i + s
3
• Expression en fonction des contraintes principales :
(iij ) = (δ ij ) 1
2
σ eq = (σ 1 − σ 3 )2 + (σ 2 − σ 1)2 + (σ 3 − σ 2 )2
[ ]
tr (s ) = 0 2
• En appliquant le critère de Von Mises σ eq ≤ σ 0 , on constate que la limite
• On utilise le déviateur s pour obtenir une mesure de l’intensité du d’élasticité en traction uniaxiale est :
cisaillement par : σ0
12 12
3  3 
σ eq = J (σ ) =  s : s  =  sij sij 
2  2  • En appliquant le critère de Von Mises σ eq ≤ σ 0 , on constate que la limite
d’élasticité en cisaillement est :
σ0
3
• Le critère de Von Mises est : σ eq ≤ σ 0
139 140

35
Propriétés du critère de Von Mises Domaine de plasticité actuel et écrouissage
Trajet de • Lorsque le point de charge
chargement
atteint la surface de charge avec
• Pour un essai de traction-torsion, on a : une vitesse dirigée vers
σ
l'extérieur, il ne peut la franchir
2 2 12 mais l'entraîne avec lui
σ eq = σ + 3τ
( )
• En appliquant le critère de Von Mises : • Cette translation s'accompagne
2 également d'une déformation de
σ eq ≤ σ 0 ⇒ σ 2 + 3τ 2 ≤ σ 0 la surface de charge

• Dès que la vitesse de charge est


• La surface seuil de plasticité est bien dirigée vers l'intérieur, le point de
une ellipse Domaine charge quitte la surface de
Domaine
d’élasticité initial d’élasticité actuel charge pour rentrer dans le
domaine élastique, la
Pour les matériaux anisotropes (tôles laminées, aubes de turbines monocristallines..), il déformation plastique s'arrête et
peut s’avérer nécessaire d’utiliser un critère de plasticité anisotrope comme celui de Hill la surface de charge se fige
(6 paramètres nécessitant 6 types d ’essais) 141 142

Détermination expérimentale de la surface seuil de plasticité actuelle


Domaine de plasticité actuel et écrouissage
Surface seuil
initiale • Le domaine d’élasticité actuel
σ
dépend de l ’état d’écrouissage du
matériau :
τ f = f (σ ,Ecrouissage )
• L’écrouissage peut être à l ’origine
de :
Surface seuil
– La modification de taille du domaine
actuelle
Trajet de d’élasticité (écrouissage isotrope)
chargement – La translation du centre du domaine
d’élasticité - effet Baushinger
Surface seuil (écrouissage cinématique)
initiale σ
– La distorsion de la surface seuil

τ
• L’évaluation et la modélisation de
l’écrouissage dépendent étroitement
Surface seuil de la classe de matériaux étudiés
actuelle

143 144
Essai de traction - torsion

36
Modélisation de l’écrouissage – La surface seuil initiale est donnée
par :
Détermination expérimentale de la surface seuil de plasticité actuelle f (σ ) = J (σ ) − σ e = 0
Surface seuil
400 400
– Ecrouissage isotrope
initiale
σ • Le changement de taille de la surface
300 300 seuil est donné par :
Etat initial ε=4%
200 τ f (σ ) = J (σ ) − σ e − R = 0
200

100
100 • R est un paramètre scalaire
0 représentant la taille du domaine et
Surface seuil

τ (MPa)
τ (MPa)
0 qui dépend de la déformation
-100 actuelle
Trajet de plastique
-100 chargement
-200

-300 -200 Surface seuil


– Ecrouissage cinématique
initiale σ • Le déplacement du centre de la
-400 -300 surface seuil est donné par :
-400 -200 0 200 400 600 800 -400 -200 0 200 400 600 800
σ (MPa) σ (MPa) f σ − X = J σ − X −σe = 0
τ ( ) ( )
Acier inoxydable • X est une contrainte interne centre du
Pour certains matériaux, la surface de plasticité n'est plus elliptique mais V. Aubin, 2007
présente une pointe dans la direction de chargement et un plat à l'opposé, Surface seuil domaine et qui dépend de la
forme qualifiée de surface en demi-lune actuelle déformation plastique
145 146

Ecrouissage cinématique Ecrouissage isotrope

147 148

37
Comment s’effectue la déformation plastique ? Evolution de la déformation plastique
La règle d’écoulement plastique

• La déformation ε se décompose en partie élastique ε e (récupérable


après décharge) et en partie plastique ε p (déformation permanente après
décharge) :
e p
ε =ε +ε
• Expérimentalement, on peut déterminer l’évolution de la déformation
plastique :

- ε est mesuré à l’aide de jauges de déformation

- ε e est donné par ε e = S : σ

- on mesure dε p pour un incrément dσ

149 150

Evolution de la déformation plastique Evolution de la déformation plastique

151 152

38
Loi de comportement pour un solide élastique parfaitement
La règle de normalité
plastique

• La vitesse de déformation plastique est ε =εe +ε p


colinéaire à la normale extérieure à la surface
seuil de plasticité (au point représentatif de ε e = S :σ
εɺ p l ’état de contrainte) :
∂f
f (σ ) ≤ 0, εɺ p = λɺ
∂σ
∂f ɺ λɺ = 0 si f (σ ) < 0
εɺ p = λɺn = λɺ , λ ≥0
∂σ λɺ ≥ 0 si f (σ ) = 0
f (σ ) < 0 ɺ
λ est le multiplicateur plastique

f (σ ) = 0 Connaissant σɺ ,on détermine εɺ par :


• La règle de normalité découle du principe du
travail plastique maximal : la déformation
plastique s’effectue de façon à ce que le travail ∂f
des contraintes dans la déformation plastique εɺ = S : σɺ + λɺ
soit maximal ∂σ
153 154

Loi de comportement pour un solide élastique parfaitement Loi de comportement pour un solide élastique isotrope
plastique parfaitement plastique
12 12
3  3 
f (σ ) = J (σ ) − σ e =  s : s  − σ e =  sij sij  −σ e
2  2 
∂f ∂f ∂s 3 s ∂s ε =ε e +ε p
= : = :
∂σ ∂s ∂σ 2 J (σ ) ∂σ
1+ν ν
En utilisant le projecteur K sur l' espace des déviateurs εe = σ − tr (σ )i
avec s = K : σ et
∂s
=K
E E
∂σ
∂f 3 s ∂s 3 s 3 s
3 ɺ s
= : = :K = puisque K : s = s J (σ ) ≤ σ e , εɺ p = λ
∂σ 2 J (σ ) ∂σ 2 J (σ ) 2 J (σ ) 2 J (σ )

3 s λɺ = 0 si J (σ ) < σ e
εɺ p = λɺn = λɺ
2 J (σ ) λɺ ≥ 0 si J (σ ) = σ e
La direction d’écoulement plastique est celle du déviateur des contraintes

155 156

39
Loi de comportement pour un solide élastique isotrope Loi de comportement pour un solide élastique isotrope
parfaitement plastique parfaitement plastique - La condition de cohérence

• La déformation plastique s ’effectue à volume constant : • Le point de charge (σ + dσ ) reste sur la surface seuil :
3 ɺ tr (s )
tr εɺ p =
( ) λ =0
2 J (σ )
f (σ (t )) = 0 et f (σ (t + dt )) = 0
• On définit la vitesse de déformation plastique équivalente :
12 ∂f ɺ
p 2  p fɺ(σ (t )) = 0 ⇒ :σ = 0
εɺeq =  εɺijpεɺijp  avec σ : εɺ p = σ eq εɺeq
3  ∂σ
• On définit la déformation plastique cumulée :
t
p
p(t ) = ∫ εɺeq (s )ds
0 εɺ p : σɺ = 0
• On montre que :
p
εɺeq = pɺ = λɺ Incrément de déformation plastique et incrément de contrainte sont
orthogonaux pour un matériau parfaitement plastique
Le multiplicateur plastique s’identifie à la vitesse de déformation plastique équivalente

157 158

Loi de comportement pour un solide élasto-plastique Loi de comportement pour un solide élasto-plastique
écrouissable (Matériau standard)
• La déformation plastique est une fonctionnelle dépendant des contraintes
actuelles et de leur évolution au cours de tous les états précédents • La fonction de charge f permet de définir les conditions d ’existence de la
déformation plastique
p
ε (t ) = ℑ (σ (τ ) ,σ (t ) ) avec − ∞ < τ < t f (σ ) = 0
• A une même valeur de la déformation plastique peut correspondre une
infinité d ’états de contrainte et l ’écriture de la loi de comportement est • La règle de normalité décrit les mécanismes de déformation plastique en
forcément incrémentale donnant la direction de cette déformation

• On suppose que l’histoire des contraintes peut être remplacée par les ∂f ɺ
εɺ p = λɺ , λ ≥0
valeurs actuelles d ’un certain nombre de variables d ’écrouissage α ∂σ

• Les équations incrémentales de la plasticité sont alors • La loi d’écrouissage définit l’intensité de la déformation plastique et
l ’évolution de la surface de charge
d ε p = Y (σ ,α ) dσ , loi d'écoulement plastique
dα = K (σ ,α ) dσ , loi d'écrouissage
159 160

40
Loi de comportement pour un solide élasto-plastique
Cas des matériaux élasto-plastiques écrouissables
écrouissable

• Critère de plasticité ε =ε e +ε p
f = f σ , R, X = J σ − X − R − σ e = 0
( ) ( )
R variable scalaire (taille du domaine d' élasticité) ε e = S :σ
X variable tensorielle (centre du domaine d' élasticité ) ∂f
f σ , R, X ≤ 0, εɺ p = λɺ
( ) σ , R, X
( )
∂σ
• Pour représenter les variables d’écrouissage, on choisit habituellement : ɺ
λ = 0 si f (σ ) < 0
t
p
R = R (p ) avec p(t ) = ∫ εɺeq (s )ds λɺ ≥ 0 si f (σ ) = 0
0
t
X = H :ε p X = H : ε p , R = R (p ), p(t ) = ∫ λɺ (s )ds
0
• La règle de normalité devient :

∂f
εɺ p = λɺn = λɺ σ , R, X , λɺ ≥ 0
( ) On montre également que le multiplicateur plastique s’identifie à la vitesse de
∂σ déformation plastique équivalente avec :
λɺ est le multiplicateur plastique p
εɺeq = pɺ = λɺ
161 162

Solide élasto-plastique à écrouissage cinématique linéaire


Loi de comportement pour un solide élasto-plastique à
Détermination du multiplicateur plastique à l’aide de la condition de
écrouissage cinématique linéaire cohérence

• La fonction de charge est : • La condition de cohérence est :

e
f = f σ,X = J σ − X − σ
( ) ( ) fɺ=0
∂f :σɺ + ∂f :Xɺ =0
∂σ ∂X
• La variable d ’écrouissage X est déviatorique :

2 p • Le multiplicateur plastique est obtenu par :


X = Cε
3
• avec : ɺ
n :σɺ −n :X =0
12
3 
J (σ − X ) =  s − X
( ) ( : s−X  ) ɺ p
2  n :σɺ =n :X =n :2Cεɺ = 2Cλɺn :n =Cλɺ
3 3
n=
∂f
=
3 s−X ɺ
λɺ= pɺ = n :σ
∂σ 2 J σ − X
( ) C
163 164

41
Loi de comportement pour un solide élasto-plastique à Loi de comportement pour un solide élasto-plastique à
écrouissage cinématique linéaire - Loi de Prager écrouissage isotrope

εɺ p = n :σ n
( Cɺ ) • La fonction de charge est :

e
f = f (σ , R ) = J (σ ) − R − σ
ep
εɺ =S :σɺ + n :σ n = S + n ⊗n :σɺ =S :σɺ

( Cɺ ) C  • On note h le module plastique :

∂R
h=
∂p

ep
S est le tenseur de souplesse tangent

165 166

Solide élasto-plastique à écrouissage isotrope


Loi de comportement pour un solide élasto-plastique à écrouissage
Détermination du multiplicateur plastique à l’aide de la condition de
isotrope - Loi de Prandtl-Reuss
cohérence

• La condition de cohérence est :

fɺ=0 εɺ p = n :σ n
( hɺ )
∂f :σɺ + ∂f Rɺ =0
∂σ ∂R ep
εɺ =S :σɺ + n :σ n = S + n ⊗n :σɺ =S :σɺ

• Le multiplicateur plastique est obtenu par :
( hɺ ) h 

n :σɺ −Rɺ =0
n :σɺ −hpɺ =0
ɺ ep
est le tenseur de souplesse tangent
λɺ=pɺ = n :σ S
h
167 168

42
Loi de comportement pour un solide élasto-plastique à écrouissage
Loi de comportement pour un solide élasto-plastique isotrope - Loi de Hencky-Mises

• La déformation dépend de l’histoire du trajet de chargement et la loi • Dans le cas d ’un chargement simple, la loi de Prandtl-Reuss s ’intègre et
d ’écoulement est obtenue sous forme incrémentale devient :

• En général, la normale n change de direction au cours du chargement et il y a ɺ ɺ ɺ


un couplage entre les composantes de la déformation plastique
λɺ=pɺ = n :σ =3 sM:σ M =JM k
h 2 hJM h

• Ce couplage disparaît si on suppose que le chargement extérieur croît t


p
proportionnellement à un scalaire k (chargement proportionnel ou simple) : p=∫ pɺ (t)dt et ε =pn
0

σ =kσM ,σɺ =kσɺM ,s =ksM


JM e
la normale a une direction constante p= ( k − ke ) avec k eJM = σ
J(σ )=kJM, n = 3 sM h
2 JM

169 170

Solide élasto-plastique écrouissable


Détermination du multiplicateur plastique à l’aide de la condition de cohérence Loi de comportement pour un solide élasto-plastique écrouissable
Tenseur de souplesse tangent
fɺ = 0 avec f = J σ − X − R − σ e
( )
∂f ɺ ∂f ɺ ∂f ɺ
:σ + :X + R=0
∂σ ∂X ∂R εɺ =S :σɺ +λɺ ∂f
∂J ∂J ɺ ∂R ∂σ
( σ − X : σɺ −
) ( σ −X :X −) pɺ = 0
∂σ ∂σ ∂p
ɺ ∂J ∂R  ep
pɺ = λɺ, X = H : εɺ p , n = σ − X ,h =
) εɺ = S :σɺ + n :σɺ n = S + n ⊗n :σɺ =S :σɺ
∂σ
( ∂p  h+n :H :n   h+n :H :n 
ɺ ɺ ɺ
n : σ − n : X − hλ = 0

n : σɺ − λɺn : H : n − hλɺ = 0
ep
  S est anisotrope et dépend de σ, X et p
n : σɺ − λɺ  h + n : H : n  = 0
 
n : σɺ
λɺ = avec λɺ ≥ 0
h +n :H :n 171 172

43
Déformation imposée
Loi de comportement pour un solide élasto-plastique écrouissable
200
Lois d’écrouissage classiques
Isotrope
150 Cin NL

• Les lois d’écrouissage classiques combinent : 100

(MPa)
ISOTROPE Cin NL

22
50
– Un écrouissage isotrope avec : E 200000 200000
e
R = Q (1 − exp ( −Bp ) )
0 σ 100 100
Q 150 -
-50 B 50 -
C - 7500
ɺ 2 -100 D - 50

CONTRAINTE σ
– Un écrouissage cinématique linéaire avec : X = Cεɺ p
3 -150

-200
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1
ɺ 2 DEFORMATION ε (%)
– Un écrouissage cinématique non linéaire avec : X = Cεɺ p − DXpɺ 22
3
Les réponses en traction simple des écrouissages isotrope et Cinématique Non Linéaire
sont identiques
Les coefficients (Q,B) et (C,D) caractérisent donc les lois d’écrouissage La différence apparaît en chargement cyclique : l’écrouissage isotrope ne traduit pas l ’effet
Baushinger
173 174

Déformation imposée Chargement cyclique à déformation imposée symétrique

200

100 100
150
ECROUISSAGE ECROUISSAGE
ISOTROPE CINEMATIQUE NON LINEAIRE

50 50 100 ISOTROPE Cin NL

(MPa)
(MPa)

12
E 200000 -

12
50 σe 100 -
0 0
Q 150 -
0 B 5 -
-50
-50
C - -

CONTRAINTE τ
CONTRAINTE τ
-50 D - -

-100
-200 -150 -100 -50 0 50 100 150 200 -100 -100
-200 -150 -100 -50 0 50 100 150 200
CONTRAINTE σ22 (MPa)

CONTRAINTE σ22 (MPa)


CONTRAINTE σ (MPa)
22

-150

-200
-1 -0,5 0 0,5 1
La différence entre les réponses cycliques des écrouissages isotrope et Cinématique Non
DEFORMATION ε (%)
22
Linéaire se comprend bien si l’on observe l’évolution des surfaces seuil de plasticité
La réponse de l’écrouissage isotrope traduit l’effet de durcissement cyclique si Q>0 ou
d ’adoucissement cyclique si Q<0
175 176

44
Chargement cyclique à déformation imposée symétrique Chargement cyclique à déformation imposée symétrique
300 200

150
200

ISOTROPE Cin L 100 ISOTROPE Cin NL

(MPa)
(MPa)
100 E - 200000 E - 200000
e e

22
22
σ - 100 50 σ - 100
Q - - Q - -
0 B - - 0 B - -
C - 15000 C - 60000
D - - D - 400
-50
-100

-100

CONTRAINTE σ

CONTRAINTE σ
-200
-150

-300 -200
-1 -0,5 0 0,5 1 -1 -0,5 0 0,5 1
DEFORMATION ε (%) DEFORMATION ε (%)
22 22

La réponse de l’écrouissage Cinématique Linéaire se réduit à un parallélogramme La réponse de l’écrouissage Cinématique Non Linéaire permet la « saturation » de l’écrouissage
177 178

Chargement cyclique à déformation imposée symétrique Chargement cyclique à déformation imposée non symétrique
200 200

Cin L
150
150

100 ISOTROPE Cin NL (MPa) ISOTROPE Cin L

(MPa)
E 20000 200000 100 E - 200000
22

22
50 σe 100 100 σe - 100
Q 40000 - Q - -
B 400 - B - -
0 50
C - 50 C - 10000
D - 5 D - 0
-50
0

-100
CONTRAINTE σ

CONTRAINTE σ
-50
-150

-200 -100
-1 -0,5 0 0,5 1 0 0,2 0,4 0,6 0,8 1
DEFORMATION ε (%) DEFORMATION ε (%)
22 22

La réponse combinée des écrouissages isotrope et Cinématique Non Linéaire est la plus réaliste Écrouissage Cinématique Linéaire : Non relaxation de la contrainte moyenne
179 180

45
Chargement cyclique à déformation imposée non symétrique Chargement cyclique à contrainte imposée non symétrique
200 300
Cin NL
Cin L
150
200
ISOTROPE Cin NL ISOTROPE Cin L
100

(MPa)
(MPa)
E - 200000 E - 200000
e e
- 100 - 100

22
σ σ

22
Q - - 100 Q - -
50
B - - B - -
C - 40000 C - 10000
0 D - 400 D - -
0

-50

CONTRAINTE σ

CONTRAINTE σ
-100
-100

-150 -200
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 -1 -0,5 0 0,5 1 1,5 2
DEFORMATION ε (%) DEFORMATION ε (%)
22 22

Écrouissage Cinématique Non Linéaire : Relaxation de la contrainte moyenne Écrouissage Cinématique Linéaire : Accomodation
181 182

Chargement cyclique à contrainte imposée non symétrique


IV. Le comportement élasto-visco-plastique
200

Cin NL
• Généralisation de la loi de Norton qui donne la vitesse de fluage
150
ISOTROPE Cin NL secondaire pour un alliage (N et σ 0 sont des paramètres matériaux ) :
E - 200000 N

(MPa)
σe - 100 σ 
100 εɺ = εɺ0  

22
Q - - σ0 
B - -
50 C - 30000
D - 140 • On introduit la contrainte visqueuse :
σV = J σ − X − R − σ e
( )
0

La vitesse d’écoulement est donnée par :

CONTRAINTE σ

-50
n
 σV 
-100
εɺ p =   n
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5  K 
DEFORMATION ε (%)
22
• La notion de seuil de plasticité disparaît
Écrouissage Cinématique Non Linéaire : Rochet
183 184

46
Chargement cyclique à déformation imposée symétrique
Loi de comportement élasto-visco-plastique
400
-1
1e-02 s
ε =εe +ε p 300 -1
1e-04s

e 200 -1
Viscoplastique
1e-06 s Cin NL

(MPa)
ε = S :σ
E 200000

22
100 σe 100
3 s−X n 8
σ v = J σ − X − R − σ e ,n = K 300
0
( ) 2J σ −X C 30000
( ) D 500
-100
n
σ 
εɺ p =  v  n -200

CONTRAINTE σ
K 
n -300
σ 
pɺ ( t ) =  v  -400
K  -1 -0,5 0 0,5 1
t DEFORMATION ε (%)
22
X = H : ε p ,R = R ( p ) , p ( t ) = ∫ pɺ ( s )ds Prise en compte de l’influence de la vitesse de sollicitation
0 185 186

Modélisation de l’essai de fluage


4.Thermodynamique des Processus Irréversibles
0,4

0,35 I. Rappels de Thermodynamique


n=7, K=200
Viscoplastique

(%)
0,3 Cin NL
E 200000 a. Les deux principes de la thermodynamique

22
n=8, K=200
σe 100
0,25 n - b. L’inégalité de Clausius-Duhem
n=7, K=300
K -
0,2 C 30000
n=8, K=300
D 500 II. Thermodynamique et lois de comportement
0,15
a. Variables d’état

DEFORMATION ε
0,1 b. Lois d’états
c. Dissipation intrinsèque et forces thermodynamiques
0,05
d. Lois complémentaires
0 e. Matériaux standards généralisés
0 200 400 600 800 1000
TEMPS (s)
187 188

47
Ecriture d ’une loi de comportement Thermodynamique des Processus Irréversibles

• Un système est en équilibre si son état ne dépend pas du temps


• Généralisation 3D d’un modèle rhéologique
• Un processus thermodynamique est une transition d’un état
• A effectuer dans le cadre de la Thermodynamique des milieux d’équilibre (E1) vers un autre état d’équilibre(E2) :
continus qui considère que la déformation d ’un milieu continu est une
transformation thermodynamique qui s’accompagne :
– Le processus est réversible si on conserve un chemin identique dans
l’espace des états en renversant l’échelle des temps
– d’échanges thermiques
– Le processus est adiabatique si aucune quantité de chaleur n’est
– de variation de température échangée avec l’extérieur

– de dissipation irréversible • Extension aux systèmes hors équilibre : il s’agit d’une évolution
lente considérée comme une succession d’états d’équilibres

189 190

Thermodynamique des Processus Irréversibles Principes de la Thermodynamique


• Il existe deux scalaires fonctions de l’état du système :
• On appelle variables d’états d’un système les grandeurs
physiques objectives (invariantes par rapport à tout changement
– E énergie interne (e densité spécifique d’énergie interne)
de référentiel) et indépendantes dont la donnée de l ’ensemble
des valeurs à l’instant t suffit à caractériser complètement l’état du E(t) = ∫ ρ (x, t )e(x, t )dΩ
système à cet instant Ω

– S entropie (s densité spécifique d’entropie interne)


• L’espace des états est bâti à partir des variables d’état (un point
de l ’espace des états représente un état possible du système)
S(t) = ∫ ρ (x, t )s (x, t )dΩ

• Une fonction d’état est une fonction de points dans l’espace des
états. Lorsqu’elle existe, la différentielle d’une fonction d’état est
une forme différentielle totale exacte • Un processus vérifie les deux principes de la thermodynamique

191 192

48
Premier principe de la Thermodynamique Second principe de la Thermodynamique

• Le second principe postule que le taux de production d’entropie est


• On note : toujours supérieur au taux de chaleur reçue divisé par la température

– dQ la quantité de chaleur reçue par le système entre t et t+dt • Pour une transformation infinitésimale isotherme à température T, la
variation d’entropie est :
– dW le travail reçu par le système entre t et t+dt dQ
dS ≥
T
– dK la variation d’énergie cinétique du système entre t et t+dt
– Pour un processus réversible, on dQ=TdS

• Lors de toute transformation infinitésimale, la conservation de


– La différence dQ-TdS est le travail des irréversibilités internes
l ’énergie se traduit par :

dE + dK = dQ + dW • Le premier principe n’est pas suffisant pour décrire une transformation :


le second principe indique si cette transformation est possible

193 194

Inégalité de Clausius-Duhem Potentiels d’états

• En combinant les deux principes (écrits sous forme locale), on • Un potentiel d’état est une fonction d’état qui permet de déterminer la
aboutit à l’expression de la dissipation volumique : position d’équilibre du système (en recherchant un extrémum de cette
fonction)
q.gradT q est le flux de
φ = σ : εɺ − ρ ( eɺ − Tsɺ ) − ≥0
T chaleur reçue • On suppose que le système est défini par n variables d ’états (α1,…
αn-1 ,S) avec (A1,…..A n-1,T) les valeurs des actions extérieures
• On suppose que la dissipation peut se découpler en : associées et de la température

– Dissipation volumique intrinsèque (d’origine mécanique) :


• En appliquant le premier principe et en négligeant l’énergie cinétique :
φ1 = σ : εɺ − ρ ( eɺ − Tsɺ ) ≥ 0
– Dissipation volumique thermique : dE = dQ + dW
q.grad T dW = Ai dαi
φ2 = − ≥0
T
195 196

49
Potentiels d’états Lois d’états
• Une loi d’état est le lien entre les dérivées partielles d ’une
• En combinant avec le second principe : fonction d’état P et les variables duales de ses variables d’état :

dE dα i dQ variables d'états (α1,.....,αn −1,S ) = (α1,.....,αn )


= Ai +
dt dt dt dP dα i
dS dQ dE dα i variables associées ( A1,....., An −1,T ) = ( A1,....., An ) avec = Ai
T ≥ = − Ai dt dt
dt dt dt dt
d • P est une fonction d’état dont la différentielle est totale exacte :
0 ≥ ( E − Ai α i − TS )
dt dP ∂P ∂α i
=
dt ∂αi ∂t
• Si l’évolution du système se produit, alors elle rend minimum la • Les lois d’état définissant les variables duales (associées,
fonction potentiel P : conjuguées) des variables d’état sont :

∂P
P (α1,.....,α n −1,S ) = E − Ai α i − TS Ai =
∂αi
197 198

Transformée de Legendre L’énergie libre spécifique ψ


et ses lois d’états (absence de phénomènes internes)
• P est une fonction d’état dépendant de n variables d’états (α1,… αn)
∂P ∂P
Les lois d 'état sont Ai = (α1,...αn ) avec dP (α1,...αn ) = (α1,...αn ) dαi = Ai dαi On introduit ψ = e − TS avec ρψɺ = ρ eɺ − ρTsɺ − ρ sTɺ
∂αi ∂α i
On introduit une nouvelle fonction d'état P ′ ( A1,...An ) = P (α1,...α n ) − αi Ai φ1 = 0 et ρ eɺ = σ : εɺ + ρTsɺ donc ρψɺ = σ : εɺ − ρ sTɺ
∂ψ ∂ψ ∂ε ∂ψ ∂T
 ∂P ′  On en déduit ψ = ψ ( ε ,T ) et = : +
dP ′ = dP − α i dAi − Ai dαi = −α i dAi = −   dAi ∂t ∂ε ∂t ∂T ∂t
 ∂Ai 
Les variables duales de (ε ,T ) sont (σ , −s ) avec :
• La transformée de Legendre définit le passage :
1 ∂ψ
P (α1,...αn ) → P ′ ( A1,...An )  ρ σ = ∂ε
∂P ∂P ′ 
Ai = (α1,...αn ) → αi = ( A1,...An )  − s = ∂ψ
∂α i ∂Ai  ∂T
• Les variables Ai sont les variables d’état de la fonction d’état P ’

199 200

50
L’enthalpie libre spécifique ϕ
Thermodynamique et Lois de comportement
et ses lois d’états (absence de phénomènes internes)
1 • On considère un système fermé (qui n’échange pas de masse
On introduit ϕ = h − TS = e − σ : ε − Ts
ρ avec l’extérieur) qui n’échange que de la chaleur et du travail
avec ρϕɺ = ρ eɺ − σ : εɺ − σɺ : ε − ρTsɺ − ρ sTɺ mécanique avec l’extérieur

φ1 = 0 et ρ eɺ = σ : εɺ + ρTsɺ donc ρϕɺ = −σɺ : ε − ρ sTɺ • On se place dans le cadre des petites perturbations et des petites
∂ϕ ∂ϕ ∂σ ∂ϕ ∂T variations de température
On en déduit ϕ = ϕ (σ ,T ) et = : +
∂t ∂σ ∂t ∂T ∂t
Les variables duales de (σ ,T ) sont ( −ε , −s ) avec : • Le principe de l’état local suppose que l’état thermodynamique en
un point est défini par les valeurs de variables d’états ne
 1 ∂ϕ
dépendant que du point considéré
 − ρ ε = ∂σ

 − s = ∂ϕ • Le choix de la nature et du nombre de variable d’états permet de
 ∂T décrire plus ou moins finement le comportement du matériau

201 202

Modélisation du comportement d ’un solide


Thermodynamique et Lois de comportement
linéaire élastique
• On distingue :
• Absence de phénomènes internes

– les variables d’état externes (déformation, contraintes, température,


entropie) qui modélisent les phénomènes macroscopiques • Dans le cas isotherme, la seule variable d ’état est ε
• Le potentiel d ’état s ’écrit :
– les variables d’état internes (écrouissage, endommagement) qui
modélisent les phénomènes induits à une échelle inférieure par des ψ = ψ (ε )
causes macroscopiques
1
ρψ = ε : C : ε
2
• On ne peut pas imposer la valeur d’une variable interne car sa
modification passe par celle des sollicitations externes • La loi d ’état est :

• On ne peut pas mesurer directement la valeur d’une variable ∂ψ


ρ =σ =C :ε
interne (il faut une mesure des variables externes puis un post- ∂ε
traitement)
203 204

51
Modélisation du comportement d’un solide élasto- Modélisation du comportement d’un solide élasto-
plastique - Variables d’états plastique - Lois d’états
• La dissipation intrinsèque est positive pour toute transformation :
• On choisit usuellement les variables d’états suivantes :
φ1 = σ : εɺ − ρ (ψɺ + sTɺ ) ≥ 0
– T (température) ∂ψ ɺ ∂ψ ɺ e ∂ψ
ψɺ = T + e :ε + αɺ
∂T ∂ε ∂α
– ε e (déformation élastique)  ∂ψ   ∂ψ ∂ψ 
φ1 = σ : εɺ − ρ + s Tɺ − ρ  e : εɺ e + αɺ  ≥ 0
 ∂T   ∂ε ∂α 
– α représente les mécanismes de plasticité
 ∂ψ   ∂ψ  ∂ψ
φ1 = σ : εɺ p − ρ  + s Tɺ + σ − ρ e  : εɺ e − ρ αɺ ≥ 0
• On a donc :  ∂T   ∂ε  ∂α

ψ = ψ T ,ε e ,α avec ε = ε e + ε p
( ) ∂ψ ∂ψ ∂ψ
s=− σ =ρ A=ρ
∂T ∂ε e ∂α
205 206

Modélisation du comportement d’un solide élasto- Modélisation du comportement d’un solide élasto-
plastique - Forces thermodynamiques plastique - Dissipation intrinsèque et forces thermodynamiques
• Les lois d’états définissent les forces thermodynamiques : • Les forces thermodynamiques représentent les forces disponibles
pour l’évolution des phénomènes irréversibles
∂ψ
A=ρ T , ε e ,α
( )
∂α • La dissipation intrinsèque s’écrit :

φ1 = σ : εɺ p − Aαɺ ≥ 0
Variables d’états Forces thermodynamiques

Utilisée pour
Dissipée Puissance
εe σ l ’écrouissage
en chaleur plastique

α A
207 208

52
Modélisation du comportement d’un solide élasto- Modélisation du comportement d’un solide élasto-
plastique - Dissipation intrinsèque plastique - Lois complémentaires
• Le potentiel ψ fournit les lois d’état et la définition des forces
thermodynamiques
• On peut écrire la dissipation sous la forme :
• Il manque des équations pour décrire l’évolution des variables
internes
p
φ 1 = Z.zɺ avec Z = {− σ , A} et zɺ = − εɺ ,-αɺ{ } • Les équations manquantes sont données par les lois
complémentaires qui lient les vitesses aux forces en respectant la
positivité de la dissipation intrinsèque

Dissipation = Forces x Vitesse Vitesses=Vitesses (Forces) avec Forces x Vitesses ≥ 0

• Par exemple, si on choisit une loi complémentaire linéaire :

Z = kzɺ avec k ≥ 0, alors φ1 = k (zɺ )2 ≥ 0


209 210

Modélisation du comportement d’un matériau


Matériau standard généralisé
standard généralisé
• Un modèle est dit standard généralisé si il existe un potentiel de
dissipation :
• On suppose que le potentiel de dissipation Ω dépend de Z par
l’intermédiaire de la fonction de charge f :
∂Ω
Ω(Z ) avec zɺ = (lois complément aires)
∂Z Z ( −σ , A ) , zɺ −εɺ p , −αɺ
( )
• Ω (Z) est une fonction convexe contenant l ’origine : cette
propriété garantit la positivité de la dissipation intrinsèque
∂Ω ∂f
zɺ =
∂f ∂Z
• Un modèle standard généralisé suppose donc que le ∂Ω
comportement du matériau est décrit par : • est un scalaire qui donne l’intensité de l’écoulement
∂f
– Le potentiel d’état ψ ou énergie libre qui donne la loi de
comportement des phénomènes réversibles et définit les forces
∂f
• donne la direction des vitesses
associées ∂Z
– Le potentiel de dissipation Ω (Z) qui caractérise les phénomènes
dissipatifs 211 212

53
Matériau standard généralisé Matériau standard généralisé
Application au comportement élasto-visco- Application au comportement élasto-plastique avec écrouissage
plastique isotrope et cinématique linéaire
Variables d'états Variables duales
∂Ω ɺ
• L’intensité de l’écoulement plastique est =λ εe σ
∂f

p (écrouissage isotrope) R

∂f α (écrouissage cinématique) X
• La direction de l’écoulement plastique est =n
∂σ zɺ −εɺ p , − pɺ , −αɺ
( ) Z −σ , R, X
( )
∂f
• La direction d’évolution des variables d ’écrouissage est
∂A ∂Ω ∂f ∂f
f σ ,R, X = J σ − X − R − σ e , zɺ =
( ) ( ) = λɺ
∂f ∂Z ∂Z
∂f ɺ ∂f ɺ ∂f
εɺ p = λɺ , p = −λɺ ,α = −λɺ
∂σ ∂R ∂X
213 214

Modélisation du comportement d’un solide élasto-


5. Prise en compte de l’endommagement
plastique - Plasticité associée
• Le Volume Elémentaire Représentatif
• L’écoulement plastique est toujours donné par :
• La variable d’endommagement scalaire D

∂f • La contrainte effective
εɺ p = λɺ
∂σ
• Le comportement élastique endommageable et élasto-plastique
endommageable (analyse monodimensionnelle)
• Les autres lois complémentaires sont données par un
potentiel différent de la fonction de charge : • Analyse tridimensionnelle

∂ϕ BIBLIOGRAPHIE
zɺ = λɺ
∂Z • A course on damage mechanics, J. Lemaitre, Springer

215 216

54
Endommagement et déformations irréversibles

• Un endommagement provoqué par des ruptures de liaisons correspond


à une dégradation définitive du matériau (perte de caractéristiques
mécaniques)

• Une déformation irréversible (plasticité) est provoquée par la formation


et le déplacement de dislocations

400 µm

Franck LE POULAIN
2003

Présence de microfissures en surface d’une éprouvette métallique


217 218

Mécanique de l ’endommagement Mécanique de la Rupture

• Hypothèse : les fissures sont de petite taille • Hypothèse : présence d ’une fissure
et réparties uniformément macroscopique au sein d ’un
σ matériau non endommagé
D=0
• L ’endommagement est représenté par une
variable D : • La propagation de la fissure est
– D=0 pas d’endommagement décrite par le taux d’énergie G libérée
– D=1 matériau rompu
a1 par un accroissement de longueur de
σ fissure
• La force thermodynamique associée à
l ’endommagement D est notée Y G(a,σ ) = Gc
1>D>0 Gc est la ténacité du matériau

219 220

55
Modélisation de l'endommagement
Volume Elémentaire Représentatif Définition de la variable d'endommagement D
• Le V.E.R est le plus petit volume contenant toute l ’information sur la répartition et la – Un VER orienté par une normale n est extrait au point M
morphologie des hétérogénéités du matériau du solide
– Au sein du VER, on considère :
• Tout volume plus grand peut se déduire par des translations successives du VER M • la surface des microdéfauts SD(X) à l'abscisse x
• la surface totale S
n – La valeur de l'endommagement est la densité de
• d << l << L avec : microdéfauts au sein du VER
– d taille de la plus grosse hétérogénéité
– l taille du VER
D(M,n,x )=SD(x)
– L taille de la structure S
– Le plan le plus endommagé est pris en compte :
• Volume du VER n
– Céramique, métaux ≈ 0.1 mm3 Composite unidirectionel
– Polymères, composites ≈ 1 mm3 SD(x) 
D(M,n)=Max 
– Roches, bétons ≈ 1 mm3 x  S 
– Bois ≈ 10 mm3 x

V.E.R
221 VER 222

Notion de contrainte effective (cas unidimensionnel)


Modélisation de l'endommagement
Définition de la variable d'endommagement D

σ =F
S

• La notion d’endommagement continu D permet d’employer la σ~= F = F = F = σ


S−SD S(1− S ) S(1−D) (1−D)
mécanique des milieux continus pour le calcul des structures SD
endommageables

• Les microfissures sont supposées suffisamment nombreuses σ~= σ


(1−D)
et petites pour que l’on puisse décrire leur évolution à l’échelle
macroscopique avec des variables de déformation et de
contrainte définies en moyenne sur le VER (homogénéisation) La contrainte effective s’applique sur la partie non
endommagée

223 224

56
Notion de contrainte effective (cas unidimensionnel) Principe d’équivalence en déformations
(cas unidimensionnel)

Endommagé • La loi de comportement du matériau endommagé est obtenue à


1>D>0 partir de la loi de comportement du matériau non endommagé en
La contrainte effective est remplaçant σ par la contrainte effective σ~ :
celle qu ’il faut appliquer à
ε = ε (σ ) un élément de matière
non endommagé pour qu’il Non endommagé Endommagé
se déforme de la même D=0 1>D>0
façon qu’un élément
Non endommagé
endommagé soumis à la
contrainte σ ε =ε(σ,....) ε =ε( σ ,....)
D=0 1−D

ε = ε (σ~ )

225 226

Le comportement élastique endommageable


(cas unidimensionnel et principe d ’équivalence en déformations) Le comportement élastique endommageable

σ
Non endommagé Endommagé
D=0 1>D>0

~
ε e =σ ε e =σ = σ =σ~ ~
E E (1−D )E E E

~
Le module endommagé est : E =E(1−D)
Application à la mesure de ~
l ’endommagement D=1− E
E
227 228

57
Le comportement élasto-plastique endommageable
Le comportement élasto-plastique endommageable
(cas unidimensionnel et principe d’équivalence en déformations)

σ
Non endommagé Endommagé
D=0 1>D>0

ε =ε e +ε p ε =ε e +ε p
E ~ ε e= σ
E ε e =σ (1−D)E
E
e e
f =σ −R − X −σ =0 f = σ −R − X −σ =0
1−D
ε e e
σ =R + X +σ σ = R + X +σ
( )(1−D)
εp εe ε

L’endommagement affecte de façon identique les valeurs σe, R et X

229 230

Modélisation de l'endommagement Modélisation de l'endommagement


Elasticité - Analyse tridimensionnelle Elasticité - Analyse tridimensionnelle

• Une variable scalaire D est introduite dans le • Critère d ’endommagement fD : ω(D) est la mémoire de la dimension
potentiel d ’état maximale atteinte par le critère
e e
ψ = 1 (1−D)ε :C :ε
2ρ • C Tenseur des rigidités non endommagées
fD =Y −ω(D)≤0
∂ψ 1 e e • La force thermodynamique Y associée à
Y = −Y = − = ε :C :ε • Evolution de l ’endommagement (Règle de normalité et Condition de
∂D 2 l ’endommagement dépend de l ’énergie élastique
du matériau non endommagé cohérence ) :
~
e ~
σ =ρ ∂ψe =(1−D) C :ε e =C :ε • C Tenseur des rigidités endommagées Dɺ =λɺ ∂fD =λɺ
∂ε ∂Y
~
• σ Tenseur des contraintes effectives fɺD =0
e
σ~ = σ =C :ε
1−D fɺD =Yɺ −ω'(D)Dɺ =0
ɺ
Dɺ = Y
ω'(D)
231 232

58
Modélisation de l'endommagement Modélisation de l'endommagement
Analyse tridimensionnelle - Variable tensorielle Elasto-plasticité - Analyse tridimensionnelle
d ’endommagement
• Une variable scalaire D est introduite dans les potentiels d ’état et de dissipation
• L ’endommagement n ’est pas toujours représentable par une variable
scalaire : les microfissures sont souvent orientées par le chargement
qui les crée (orientation perpendiculaire à la plus grande contrainte Variables d’états εe σ Forces thermodynamiques
principale) εp −σ
r R
~ ∂ψ
e α X −Y =Y =−ρ
∂D
σ =C :ε D Y
~
σ =C :ε e
~ Vitesses ( zɺ ) Forces thermodynamiques (Z)
σ~ =C : C −1 : σ =M :σ M Opérateur d ’effet du dommage −εɺ p −σ
−1 R
  − rɺ
M =  I − D D Tenseur d ’endommagement ∂ϕ ∂ϕ
  −αɺ X Dɺ =−λɺ =λɺ
~ ∂Y ∂Y
− Dɺ Y
D =I −C :C −1
233 234

Elasto-plasticité - Analyse tridimensionnelle Elasto-plasticité - Analyse tridimensionnelle


Couplage plasticité - endommagement Couplage plasticité - endommagement

• Couplage par l ’intermédiaire du potentiel d ’état



• Couplage des dissipations :  ɺ p ɺ ∂Fp
– Absence de dommage associé à l ’écrouissage :  ε = λ ∂σ

 ∂Fp
ψ =ψ e ε e,D +ψ p(r,α )
( ) αɺ j = −λɺ
ϕ =Fp (σ ,Aj ;D)+FD(Y;D)  ∂A j
– Couplage entre endommagement et écrouissage : 
 Dɺ = λɺ ∂FD
 ∂Y
ψ =ψ e ε e,D +ψ p(r,α ,D )
( ) 

• Si le dommage affecte les deux termes de façon identique : – λɺ est donné par la condition de cohérence sur la plasticité : le dommage ne
progresse que s ’il y a écoulement plastique

ψ =(1−D)(ψ e0(ε e )+ψ p0(r,α )) avec ψ e0(ε e )= 1 ε e:C :ε e


2
σ =(1−D) C :ε e

∂ψ p0
X =(1−D)ρ
∂α
235 236

59
Elasto-plasticité - Analyse tridimensionnelle
Couplage plasticité - endommagement 6. Homogénéisation

• Couplage des dissipations


– les deux mécanismes d ’écoulement plastique et d’endommagement sont séparés (β est
un paramètre de cumul d ’endommagement ) :

Fp σ ,Aj ;D
( ) fp (σ ,Aj ;D)≤0 FD(Y,B;D,β ) fD(Y,B;D,β )≤0
– Deux multiplicateurs indépendants sont introduits et fournis par deux conditions de
cohérence :
p
fɺ =0,fɺ =0
D

∂F ∂F
εɺ p =λɺp p Dɺ =λɺD D
∂σ ∂Y
∂F ∂F
αɺ j =−λɺp p βɺ =−λɺD D
∂Aj ∂B • Remplacer le matériau hétérogène par un matériau homogène équivalent
– Il y a donc maintenant la possibilité de reproduire
• un endommagement fragile sans déformation plastique significative
• une déformation plastique importante sans dommage significatif
BIBLIOGRAPHIE
• Cours d’homogénéisation, D. Leguillon, Université Paris VI
237 238

Objectifs de l’homogénéisation Définition d’un VER

x2
x1 y2
y1
x3
y3

• Construction de lois de comportements au pouvoir prédictif plus


large que les lois phénoménologiques identifiées dans un certain
domaine VER
Y
• Prévision et optimisation du comportement d’un mélange de Matériau
hétérogène
constituants connus
1
F ( x ) = f ( x, y ) = ∫ f ( x, y ) dy
Y Y

• Définition de la « moyenne » sur le VER

239 240

60
Le problème de l’homogénéisation

• Les champs macros sont les moyennes des champs micros sur le VER
y2
y1

Eij ( x ) = eij ( x, y ) y3

Σ ij ( x ) = σ ij ( x, y )
VER
Y

• On cherche la loi de comportement macroscopique connaissant la loi de


comportement locale
σ ij = ϕ ( eij )
?

Σij = Φ ( Eij )

241 242

243 244

61
245

62

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