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Bobine (électricité)

Une bobine, auto-inductance ou quelquefois self , est un composant courant en


électrotechnique et électronique. Une bobine est constituée d'un enroulement de fil conducteur
éventuellement autour d'un noyau en matériau ferromagnétique qui peut être un assemblage
de feuilles de tôle ou un bloc de ferrite. Les physiciens et ingénieurs français l'appellent
souvent par synecdoque « inductance », ce terme désignant la propriété caractéristique de la
bobine, qui est son opposition à la variation du courant dans ses spires.

Une bobine d'arrêt de 20 mH avec noyau en ferrite.

Bobine à air.

Description
La partie la plus visible est un enroulement de fils conducteurs.
L'espace au milieu de ces spires s'appelle le noyau. Il peut être vide ou inclure une pièce en
matériau ferromagnétique favorisant l'induction électromagnétique, afin d'augmenter la valeur
de l'inductance. Le noyau peut être un circuit magnétique complètement ou partiellement
fermé pour améliorer la linéarité de l'inductance.
Le circuit magnétique d'une bobine avec noyau peut être « saturé » si l'on essaye d'induire un
flux supérieur à la valeur limite acceptable par le noyau ; à ce moment, la valeur de
l'inductance de la bobine s'effondre. Pour augmenter la réluctance de la bobine et retarder la
saturation, on peut aménager une ouverture, appelée entrefer, dans le noyau. Par exemple,
l'entrefer est indispensable au fonctionnement des têtes de lecture/ écriture des appareils tels
que : magnétophone à bande magnétique, disque dur d'ordinateurs, etc.

Applications
On trouve des bobines, souvent en combinaison avec d'autres composants électroniques, dans
une grande variété de dispositifs :
 Pour créer une impulsion de haute tension nécessaire :
o bobine d'allumage : dans les moteurs à allumage commandé, l'ouverture du
circuit primaire par le rupteur déclenche une élévation importante de la tension
dans le circuit secondaire de la bobine, et la production d'une étincelle au
niveau des électrodes des bougies, permettant la mise en combustion du
mélange air-essence dans les cylindres ;
o dans les systèmes de clôture électrique utilisant un rupteur et une bobine,
similaire au système utilisé dans les moteurs à allumage commandé, pour
générer une haute tension, mais de faible puissance qui, dans les fils de clôture,
dissuade le bétail de s'en approcher ;
o à l'amorçage d'une lampe à décharge (par exemple tube fluorescent) (le ballast,
une bobine, un rupteur et un condensateur en série, constitue un circuit
résonant qui crée une surtension à la mise sous tension, jusqu'à ce que le
passage du courant dans le gaz du tube l'amortisse ; il limite ensuite l'intensité
du courant dans le tube).
 Pour leurs propriétés électromagnétiquesa :
o électroaimants ;
o relais électromécaniques utilisant généralement un solénoïde ;
o actionneurs ou actuateurs linéaires ;
o moteurs électriques.
 Pour le filtrage d'un signal électrique ou d'une tension d'alimentation :
o réduction de l'ondulation résiduelle après le redressement de la haute tension
d'alimentation (dans les anciens appareils à tubes) ;
o réduction des tensions haute fréquence parasites sur une ligne d'alimentation
ou une entrée d'appareil (ferrite, bobine d'arrêt) ;
o filtrage de signaux bas niveaux (en raison de difficultés d'emploi des bobines,
on préfère souvent pour les mêmes fonctions des filtres actifs qui n'en
emploient pasb ;
o filtrage des alimentations (les bobines avaient disparu des alimentations pour
les mêmes raisons que pour le filtrage du signal quand les alimentations
linéaires à transistors se sont généralisées, mais elles sont essentielles pour les
alimentations à découpage qui remplacent, depuis une époque plus récente, les
alimentations linéaires).

Bobine HF à inductance ajustable par noyau plongeur à côté de son blindage


 Pour constituer des circuits résonants (on utilise souvent des bobines à inductance
ajustable) :
o accord haute fréquence d'émetteurs ou de récepteurs de radio ;
o oscillateurs.
 Pour accorder l'impédance d'un circuit :
o compenser les pertes dans une ligne téléphonique (de nos jours, on utilise le
plus souvent des répéteurs actifs) ;
o en parallèle avec des condensateurs créer des trappes dans une antenne de
façon à ce qu'elle puisse servir pour plusieurs bandes de fréquences2.
 Des systèmes de régulation magnétique utilisent la non-linéarité de l'inductance au
niveau de la saturation du noyau.
Les bobines sont fondamentales dans les alimentations à découpage qui permettent le
branchement des appareils sur les types de courant alternatif existant dans le monde entier,
ainsi que la conversion continu-continu. Les alimentations Flyback sont un type plus ancien
utilisant (comme pour l'allumage des moteurs) une accumulation d'énergie nommée
accumulation inductive3 Des dispositifs similaires aux alimentations à découpage se trouvent
dans :
 les flashs électroniques, pour la charge du condensateur de stockage de l'énergie utile
pour produire l'éclair, à partir de piles ou d'accumulateurs ;
 les armes fonctionnant par choc électrique ;
 certaines grilles de désinsectisation fonctionnant avec une haute tension.
Des bobines en supraconducteur servent pour le stockage d'énergie sous forme
électromagnétique dans les dispositifs SMES (Superconducting Magnet Energy Storage).

Le dipôle bobine
Représentation symbolique d'une inductance dans un circuit.

Représentation stylisée d'une bobine dans un circuit.


Pour raisonner sur les circuits électroniques et calculer les valeurs nécessaires, on considère
des objets idéaux, qui n'ont que les caractéristiques nécessaires au rôle que l'on veut leur faire
jouer. Une bobine est considérée, dans ce cadre, comme un dipôle présentant une inductance
pure. Si les autres caractéristiques, comme la résistance du fil de la bobine ou la capacité entre
spires ne sont pas négligeables, on les représente sous la forme d'autres composants, non
moins idéaux, séparés.
Les défauts de linéarité compliquent grandement les calculs. En général, on se limite à un
domaine où les caractéristiques des composants sont approximativement linéaires. Il faut donc
au moins connaître les limites de ce domaine, dont on peut, cependant, être amené à sortir,
comme on peut exploiter, dans certaines applications, les non-linéarités.
Pertes dans une bobine réelle
Une bobine ne présente jamais une inductance propre pure. Les pertes peuvent provenir de
plusieurs causes4 :
 résistance ohmique du fil enroulé autour du noyau, accrue du fait de l'effet de peau
dans le bobinage à partir de quelques centaines de kHz ;
 pertes par hystérésis proportionnelles à la fréquence du courant qui traverse la bobine ;
 perte par courants de Foucault proportionnelles au carré de la fréquence du courant qui
traverse la bobine.
De plus, les capacités entre spires ne sont pas négligeables à haute fréquence.
Modèles de la bobine réelle
Modèles à deux dipôles
Circuit RLC.
Les modèles les plus simples et les plus fréquemment utilisés sont ceux correspondant à
l'association d'une bobine d'inductance et d'une résistance :

Modèles à trois dipôles


Aux modèles précédents, il est parfois nécessaire d'ajouter un condensateur en parallèle avec
l'ensemble afin de rendre compte des effets capacitifs apparaissant entre les spires. Cette
valeur de capacité est très faible mais elle devient prédominante à très grande fréquence (par
exemple en VHF et UHF).

Formules usuelles pour le calcul théorique de bobines


Construction Formule Dimensions
 L = inductance en henry (H)

 μ0 = constante magnétique = 4 × 10−7 H·m−1


Bobine à air
 N = nombre de spires
 S = section de la bobine en mètres carrés (m2)
 l = longueur de la bobine en mètres (m)
 L = inductance en henry (H)

 μ0 = constante magnétique = 4 × 10−7 H·m−1


 μr = perméabilité relative effective du matériau

Bobine avec noyau magnétique

magnétique  N = nombre de spires


 S = section effective du noyau magnétique en
mètres carrés (m2)
 l = longueur effective du noyau magnétique en
mètres (m)

Code de couleurs des bobines


Afin de marquer la valeur de l'inductance d'une bobine, il est parfois utilisé un code de
couleur normalisé.
Code de couleur pour les bobines selon la norme CEI 62-1974
3. Anneau 4. Anneau
Couleur 1. Anneau 2. Anneau
multiplicateur tolérance
aucune — — — ±20 %
argent — — 10−2 µH ±10 %

or — — 10−1 µH ±5 %
noir 0 0 100 µH —

marron 1 1 101 µH —
rouge 2 2 102 µH —

orange 3 3 103 µH —
jaune 4 4 104 µH —
vert 5 5 105 µH —

bleu 6 6 106 µH —
violet 7 7 107 µH —

gris 8 8 108 µH —
blanc 9 9 109 µH —

1. Anneau 2. à 4. Anneau 5. Anneau 6. Anneau


Couleur
(large) chiffre multiplicateur tolérance
aucune — — — ±20 %

argent Début — — ±10 %


or — virgule — ±5 %

noir — 0 100 µH —
marron — 1 101 µH ±1 %

rouge — 2 102 µH ±2 %
orange — 3 103 µH —

jaune — 4 104 µH —
vert — 5 105 µH ±0,5 %
bleu — 6 106 µH —
violet — 7 107 µH —
gris — 8 108 µH —

blanc — 9 109 µH —
Le troisième chiffre est optionnel.

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