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Master de recherche JURISTE D’AFFAIRES

Exposé sous le thème :

La protection des marques de


fabrique de commerce et de service

Encadré par: Professeur M. Alaoui Bouchta

Présenté par : Anouar Zineb


Boudrichi Firdaws
Lahlou Ayoub
Mellouki zineb
Sahib Yousra

ANNEE UNIVERSITAIRE: 2017/2018


Plan

Introduction

Partie I : la protection nationale des marques de fabrique


de commerce et de service

Chapitre I : La protection juridique de la marque


Section1: Le régime juridique d’acquisition du droit sur la
marque
Section2: La validité des marques et leur classification
Chapitre II : La protection judiciaire de la marques
Section 1:les faits générateurs des actions en justice
Section 2:le déroulement des actions relatives à la protection
des marques

Partie II : la protection internationale des marques de


fabrique de commerce et de service

Chapitre I : le cadre réglementaire de la protection


Section 1 : traités et conventions généraux
Section 2 : traités et conventions spécifiques
Chapitre II : le cadre institutionnel de la protection
Section 1 : les organismes internationaux de la protection des
marques
Section 2 : les modes alternatifs du règlement des litiges
internationaux

Conclusion

2
Introduction :

La propriété intellectuelle est un domaine du droit qui vise à protéger la


connaissance générée par le travail humain pour stimuler et promouvoir le
développement de la créativité.

Elle est présentée comme un moteur du développement économique et de


la création de richesse qui n’est pas encore utilisé partout de manière optimale,
en particulier dans les pays en développement.

Vers la fin du 19ème siècle, des moyens de fabrication novateurs ont


provoqué une industrialisation à grande échelle, qui s’est notamment
accompagné des phénomènes suivants : urbanisation rapide, investissement de
capitaux et essor du commerce.1

C’est également de cette époque que date l’origine du système


international de la propriété intellectuelle, avec deux traités de propriété
intellectuelle fondamentaux, à savoir la convention de Paris de 1883 pour la
protection de la propriété industrielle et la convention de Berne de 1886 pour la
protection des œuvres littéraires et artistiques.

Le droit de la propriété intellectuelle concerne des objets assez différents,


les uns sont des créations de forme (œuvre de l’esprit, dessins et modèles) ou
des innovations techniques (inventions, obtentions végétales…) ; les autres
couvrent le rapport d’un signe à l’activité, aux produits ou aux services d’un
agent économique pour les distinguer de ceux de ses concurrents et faciliter les
choix des concurrents.

Il s’agit des signes distinctifs (marques, nom commerciaux, indications de


provenance, appellations d’origine…) qui ne supposent aucun acte de création
ou d’invention.2

On comprend donc que l’expression « propriété intellectuelle » concerne les


créations de l’esprit humain, tout ce que son intelligence et son imagination lui
ont permis de créer les produits que nous utilisons ou consommons. On

1
Comprendre le droit de la propriété industrielle, Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle, édition
2016, page : 3.
2
F, Polland-Dullan, droit de la propriété industrielle, édition Montchrestien 1999, page : 1.

3
distingue la propriété littéraire et artistique appelée aussi droit d’auteur et droits
connexes et la propriété industrielle.

Cette dernière constitue un facteur de développement technique et de


progrès économique, dans un monde marqué par la globalisation et la
mondialisation des marchés, et où la concurrence devient de plus en plus
acharnée.

La mise en place d’une politique rationnelle d’organisation des droits de la


propriété industrielle, et plus particulièrement le droit des marques, tend à
devenir une stratégie vitale pour la plupart des entreprises industrielles et
commerciales.3

Il est évident que le droit des marques, joue un rôle primordial et direct
dans le développement de l’économie nationale et la mise à niveau des
entreprises, à tel point qu’il pourrait concurrencer d’autres facteurs tels que : les
procédés de distribution et de commercialisation, les moyens publicitaires et les
méthodes de gestion des ressources humaines et financières les plus
développées.

Cependant, la marque présente des aspects divers dont il est difficile de


tenir compte dans une même définition. C’est ainsi que la marque a fait l’objet
de plusieurs définitions.

Selon une définition classique, « la marque est un signe qui permet à toute
personne physique ou morale de distinguer les produits, les objets de son
commerce ou de ses services de ceux des tiers ». On en déduit que le terme
« marque » vise à la fois la marque de fabrique, de commerce et celle de service.

Les législations marocaines et françaises définissent la marque comme


étant « un signe susceptible de représentation graphique servant à distinguer les
produits ou services d’une personne physique ou morale ».4

Il est évident que la diversité des définitions du terme « marque » illustre


parfaitement l’évolution qu’a connue ce concept au fil des temps.

Cette évolution touche également aux fonctions de la marque. Initialement,


celle-ci avait exclusivement pour fonction l’identification du produit qui en est
3
Pouillet, « traité des marques de fabrique et de la concurrence déloyale » 6ème édition, 1912, n 4.
4
L’article 133 de La loi 17-97 relative à la propriété industrielle telle que modifiée et complétée par la loi 23-13
et 31-05.

4
couvert et l’indication d’origine et ce dans l’intérêt du fabriquant ou commerçant
comme dans celui du public.5

En effet, la marque est un signe distinctif qui indique que des produits ou
services sont produits ou fournis par une certaine personne ou une certaine
entreprise. Ce système aide les consommateurs à reconnaitre et à acheter un
produit ou un service donné parce que la nature et la qualité de celui-ci,
indiquée par sa marque unique, répond à leurs besoins. La marque offre une
protection à son propriétaire, en lui donnant le droit exclusif de l’utiliser pour
désigner des produits ou des services, ou d’autoriser un tiers à le faire en
contrepartie d’une rémunération.

La durée de la protection varie, mais une marque peut être renouvelée


indéfiniment moyennant le paiement de taxes additionnelles.

La protection des droits attachés à une marque est garantie par les
tribunaux qui, dans la plupart des systèmes juridiques, ont compétence pour
faire cesser les atteintes aux marques.

La protection des marques empêche également les concurrents déloyaux,


par exemple les contrefacteurs, d’utiliser des signes distinctifs identiques ou
semblables pour commercialiser des produits ou services différents ou de qualité
inférieure.

Les marques peuvent se composer de mots, de lettres et de chiffres,


isolément ou en combinaison. Elles peuvent consister en dessins, symboles,
signes tridimensionnels tels que la forme et l’emballage des produits, signes
sonores tels que sons, phrases musicales utilisées comme signes distinctifs, ou
encore des marques olfactives.6

Il faut observer qu’outre ses fonctions d’identifications du produit, la


marque remplit de plus en plus des fonctions purement économiques.7

Elle constitue un moyen largement utilisé pour conditionner la demande


par l’intermédiaire de la publicité.8 Celle-ci est devenue le moyen le plus

5
François Curchod, « l’avenir de la marque : érosion regrettable ou adaptation souhaitable », revue office
fédéral de la propriété intellectuelle, Berne, suisse, 1980, page : 37.
6
Paragraphe 2 de l’article 133 de la loi 17-97 relative à la propriété industrielle telle que modifiée et complétée
par la loi 23-13 et 31-05.

7
P. bassard, « la marque dans l’économie », Ripia 1966, page : 85.

5
important pour augmenter la notoriété de la marque et lui attirer le plus grand
nombre de clients.

La marque crée un phénomène psychologique par lequel le consommateur


lie par une sorte de réflexe un produit et la marque que le désigne.

Elle est également l’instrument de toute une stratégie économique dans


l’organisation des marchés, des circuits de la distribution. C’est une arme de
choix dans la lutte qui oppose les grandes surfaces et le commerce de luxe ou le
petit commerce, aussi bien sur le plan national que sur le plan international.

C’est pour cette raison que nous retiendrons dans une première partie la
protection nationale des marques alors que la deuxième partie sa sera réserver
à la protection internationale des marques.

Partie I : la protection nationale des marques de fabrique de commerce


et de service

8
J.C.Fourgoux, « marque, publicité et tromperie », Pibd 1970, page : 554.

6
L’objectif primordial pour le propriétaire de la marque est de protéger sa
marque à l’intérieur du pays où il exerce son activité et où il a des intérêts, ce qui
génère une contribution à l’activité économique.

De ce fait, il est utile d’étudier au niveau de cette partie les démarches


nécessaires pour une protection légale des marques (chapitre1), ainsi que la
protection dite judiciaire (chapitre2)

Chapitre I : La protection juridique de la marque


Comme précité, la marque se présente, tant pour le consommateur que
pour le producteur, comme un moyen de distinction entre les divers produits et
services.

Or, pour qu’un tel signe commercial distinctif puisse être protégé, encore
faut-il qu’il remplisse certaines conditions et que son prétendant titulaire
accomplisse un acte d’appropriation lequel diffère d’une législation à une autre.
Cet acte peut être soit l’usage, soit l’enregistrement, soit les deux à la fois.

Ainsi pour mieux éclaircir les problématiques soulevées, il nous pourrait


nécessaire d’examiner tout d’abord le régime juridique de l’acquisition de
l’acquisition d’un droit à la protection des marques, pour ensuite s’interroger sur
les conditions de validité des marques.

Section1 : Le régime juridique de l’acquisition d’un droit à la


protection des marques

L’étude du régime juridique de l’acquisition d’un droit à la protection des


marques suppose de traiter en en premier lieu les modes d’acquisition du droit
sur la marque ,en second lieu, la procédure d’enregistrement des marques et en
dernier lieu, les effets de l’enregistrement de la marque.

SOUS SECTION 1 : LES MODES D’ACQUISITION DU DROIT SUR LA MARQUE

Le droit sur la marque peut être acquis de deux manières: par usage ou par
dépôt. L’usage consiste à attribuer le droit sur la marque à celui qui prouve la
propriété par l’usage public et non économique du signe qu’il entend
s’approprier. L’usage public implique un contact du signe avec la clientèle à
travers, par exemple, la vente des produits comportant la marque. Avec la loi
17.97, le droit marocain a abandonné le système d’acquisition de la marque par
l’usage, au profit de celui de l’acquisition par l’enregistrement.

7
Autrement dit, le dépôt suivi de l’enregistrement est le seul mode
d’acquisition du droit sur la marque et le simple usage d’un signe ne confère
aucun droit sur la marque.9

L’acquisition de la marque par l’enregistrement implique : une formalité


administrative par laquelle celui qui souhaite acquérir un droit sur une marque
doit manifester sa volonté à auprès de l’OMPIC. L’accomplissement d’un nombre
de procédures afin d’enregistrer la marque. Il convient de distinguer le dépôt de
la « demande d’enregistrement » de « l’enregistrement » proprement dit, qui
n’est attribué qu’à la suite du dépôt et d’un examen de forme et le cas échéant
d’une procédure d’opposition. Cette distinction n’a aucune influence sur la date
d’effet de l’enregistrement. En effet, ce dernier va produire ses effets à compter
de la date du dépôt de la demande (art. 143). La seule exception à ce principe
est celle de la marque notoire. L’enregistrement de la marque nécessite
l’analyse des étapes du dépôt, de l’examen de forme de la demande de
l’enregistrement de et la décision de l’enregistrement. Le dépôt. L’examen de
forme de la demande. La publication de la demande. L’enregistrement.

L’article 144 énumère les divers documents qui doivent faire l’objet du
dépôt : il s’agit pour l’essentiel d’une demande comportant l’identification du
déposant, la désignation au cas échéant de la marque sonore ou olfactive, la
désignation des couleurs revendiquées des produits et services qui seront
couverts par le dépôt, ainsi que les classes correspondantes et la justification des
droits exigibles

SOUS SECTION 2 : LA PROCEDURE D ’ENREGISTREMENT DES MARQUES

Cette procédure est prévue dans les articles 144 à 151 à travers la loi
relative à la protection industrielle. 10

Pour distinguer ses produits ou services, toute personne physique ou


morale a le droit d’enregistrer une marque (art.133), au moyen d’un dépôt
d’une demande à cet effet, soit personnellement, soit par l’intermédiaire d’un
mandataire (art.144), à l’exception bien entendu des marques collectives de

9
L’article 140 de la loi 17-97 telle que modifiée et complétée par la loi 31-05 dispose que : « La propriété de la
marque s’acquiert par l’enregistrement
10
La loi 31-05 modifiant et complétant la loi 17-97 relative à la protection industrielle a été adoptée par le
parlement le 14/12/2005 et publié au bulletin officiel n5397 le 20/02/2006.

8
certification qui nécessitent une personne morale pour leur dépôt (art.171). La
marque qui fait l’objet de la copropriété, doit faire l’objet d’une demande par
l’ensemble des copropriétaires (art. 140). L’acquisition de la propriété de la
marque ne s’acquiert que par son enregistrement (article 140) pour bénéficier
de la protection instituée par la loi 17.97, ainsi que l’obtention d’un « certificat
d’enregistrement de la marque de fabrique, de commerce ou de service »
(article 143).

L’obtention de ce certificat est soumise aux conditions suivantes : Le dépôt


du dossier de la marque (article 144), chaque dossier concerne une seule
marque . Le dépôt s’effectue au niveau de l’Office Marocain de la Propriété
Industrielle et Commerciale (article 144). Le dossier de la marque est déposé par
le propriétaire de la marque ou son mandataire (article 144). Ce mandataire
peut être un professionnel tel qu’un avocat, un expert ou toute autre personne
détentrice du pouvoir de représentation du propriétaire de la marque tel qu’un
salarié, etc. L’article 144 énumère les divers documents qui doivent faire l’objet
du dépôt : il s’agit pour l’essentiel d’une demande comportant l’identification du
déposant, la désignation au cas échéant de la marque sonore ou olfactive, la
désignation des couleurs revendiquées des produits et services qui seront
couverts par le dépôt, ainsi que les classes correspondantes et la justification
des droits exigibles.

L’examen de la demande de l’enregistrement est attribué à l’Office


Marocain de Propriété Industrielle et Commerciale. On peut le scinder en deux
étapes :

1. La première étape : l’examen de la recevabilité du dépôt

L’Office Marocain de Propriété Industrielle et Commerciale peut déclarer


non-recevable la demande au moment du dépôt à défaut de satisfaire aux
conditions requises (art.144, alinéa 3), notamment : La non présentation de la
demande de dépôt conforme à la demande d’enregistrement de la marque dont
le contenu est fixé par l’article 62 du décret ; La demande d’enregistrement qui
est liée à plusieurs marques ; La non précision et la non clarté pour les produits
et services concernés par l’enregistrement de la marque ; Le non paiement des
droits exigibles ; L’administration est habilitée à proroger le délai pour une
période de 3 mois, pour rectifier la situation de la demande d’enregistrement,
en exigeant de la personne concernée par la demande de présenter les

9
documents requis pour justifier le contenu de la demande d’enregistrement
déposée. Le non respect de ces conditions est considéré comme si la personne
concernée s’est dessaisie de sa demande, qui est ainsi rejetée par l’Office
Marocain de Propriété Industrielle et Commerciale (art. 148).

2. La deuxième étape : après l’acceptation du dépôt

L’Office Marocain de Propriété Industrielle et Commerciale est compétent


pour statuer sur une opposition formée, après une procédure contradictoire et à
la participation des parties concernées, qui présentent leurs observations sur le
projet de décision élaboré par l’OMPIC. Cependant, si l’office n’a reçu aucune
opposition, il procède à l’enregistrement de la marque.

SOUS SECTION 3 : LES EFFETS DE L ’ENREGISTREMENT DES MARQUES

Qu’il y ait opposition ou pas, la décision finale de l’acceptation de la


demande d’enregistrement de la marque produit un effet juridique mentionné à
l’article 15311, qui affirme que « l’enregistrement de la marque confère à son
titulaire un droit de propriété sur cette marque pour les produits et services qu’il
a désigné »

Ainsi, le droit de propriété s’acquiert par l’enregistrement qui a un effet


rétroactif, car il produit ses effets à compter de la date de dépôt.

Par ailleurs, la protection que confère l’enregistrement de la marque, a


connu un changement au niveau de la durée par rapport à la loi de 1916. En
effet, si l’article de l’ancienne loi fixait dans 20 renouvelables indéfiniment sur
nouveau dépôt , l’article 152 de la loi 17-97 stipule que « L’enregistrement
d’une marque produit ses effets à partir de la date de dépôt pour une période
de 10 ans indéfiniment renouvelable ».

A noter que le renouvellement de l’enregistrement doit être effectué dans


les mois précédant la durée de validité de la marque à condition qu’il ne
comporte ni modification du modèle de la marque, ni extension à d’autres

11
Ancien article80 du Dahir du 23 juin 1916

10
produits ou services autres que ceux désignés dans la demande initiale
d’enregistrement des marques.12

Cependant, ce principe se trouve tempéré par par l’alinéa 2 de l’article 152,


car un délai de grâce de 6 mois à compter de l’expiration de la durée de validité,
est accordé au déposant pour effectuer le dit renouvellement. Le Maroc par le
biais de cette règle , s’aligne sur ce qui est prévu par l’article 5 bis de la
convention de paris de 1883 relative à la protection de la propriété industrielle.

Ainsi, pendant le délai de grâce, l’enregistrement demeure provisoirement


en vigueur, et si l’enregistrement n’est pas effectué dans ce délai,
l’enregistrement sera annulé.

Par ailleurs, les droits attachés à une marque enregistrée peuvent faire
l’objet, en totalité ou en partie, d’une concession de licence d’exploitation
exclusive ou non exclusive à condition qu’elle soit constatée par écrit sous peine
de nullité.13

On en déduit alors que le droit sur la marque peut être transmis sous forme
de cession , licence , constitution d’un droit de gage. Toutefois, la marque
collective de certification ne peut faire l’objet ni de cession ni de gage.

Il est évident que l’enregistrement de la marque offre plusieurs avantages :

*il permet d’abord au titulaire de la marque d’assurer le monopole absolu


sur le signe social ;

*Il permet également au déposant d’acquérir un titre officiel de la propriété


de sa marque pour justification en cas de litige

*Il permet enfin, grâce à la publicité dont il fait l’objet, de porter à la


connaissance du public l’existence de la marque déposée pour éviter toute sorte
de contrefaçon ou tout actre de concurrence déloyale.

A noter que la non utilisation de la marque pendant un certain délai à


compter de l’enregistrement de celle-ci expose le titulaire à la déchéance de ses
droits. Et c’est dans ce sens que la loi n 17-97 dispose que : « Encourt la
déchéance de ses droits, le propriétaire de la marque qui, sans justes motifs,

12
Dekkaki Mohamed Amine, La protection des marques de fabrique du commerce et du service en droit et en
jurisprudence ;Mémoire de DESA ; UFR : Droit des Affaires ;p ;14
13
L’article156 de la loi 17-97

11
n’en a pas fait un usage sérieux, pour les produits ou services couverts par
l’enregistrement pendant une période interrompue de cinq ans ».14

Par conséquent, toute personne intéressée peut en faire la demande


devant la justice et c’est au propriétaire qu’incombe la preuve de l’exploitation
ou l’usage sérieux de la marque. L’article susmentionné détermine quelques cas
assimilés à un tel usage, il s’agit de :

*l’usage fait avec le consentement du propriétaire de la marque, ou par


les marques collectives, dans les conditions du règlement ;

*L’usage de la marque sous une forme modifiée n’en altérant pas le


caractère distinctif ;

*L’apposition de la marque sur des produits ou leur conditionnement


exclusivement en vue de l’exportation.

A signaler que la déchéance peut également être encourue par le


propriétaire d’une marque lorsqu’elle devient , par son fait, la désignation
usuelle dans le commerce ou encore lorsqu’elle est propre à induire le public en
erreur, notamment, sur la nature, la qualité, ou la provenance géographique du
produit ou du service15. A cet égard, il n’est pas sans intérêt de se référer à un
cas pratique devant les tribunaux français ; il s’agit de l’affaire opposant la
société « compagnie des bateaux mouches » à la société « Prisma presse »

Le tribunal affirme dans ces considérants « l’article 28 de la loi de 1991


devenu article L 714-6 du code de la propriété intellectuelle dispose en son
premier alinea seul invoqué en défense : encourt la déchéance de ses droits le
propriétaire d’une marque devenue de son fait la désignation usuelle dans le
commerce du produit ou du service »

Selon l’encyclopédie Larousse « Bateau mouche », bateau qui assure à paris


, un service de promenades d’agrément sur la seine ».

L’explication ainsi avancée par l’encyclopédie démontre parfaitement que


l’expression bateau mouche est couramment employée pour désigner un
bateau de promenade fluvial à Paris., et ce quelque soit la société exploitante,

14
L’article 163 de la loi 17-97
15
L’article 164 de la loi 17-97

12
du fait qu’elle est devenue pour le public usuelle dans le domaine de la
promenade fluviale touristique.

Il faut noter que la loi de 1991 vise non seulement l’action volontaire du
propriétaire qui utilise ou encourage une utilisation géographique du signe,
mais aussi son inactivité à combattre l’emploi usuel du signe pour désigner non
plus le produit ou le service qu’il propose au public, mais le genre auquel
appartient ce produit ou service.

Au Maroc, et à l’instar des pays ayant signé le traité sur lez droit des
marques de 199416, la protection porte aussi bien sur les marques individuelles
que sur les marques collectives de certification.

Ainsi, la marque collective est celle qui peut être exploitée par toute
personne respectant un règlement d’usage établi par le titulaire de la marque
lors de l’enregistrement. Autrement dit, c’est elle qui indique l’origine du produit
ou du service qu’elle désigne. Ce n’est donc pas une marque en copropriété du
fait qu’elle peut être enregistrée au nom d’une seule personne.

Par contre, la marque collective de certification est celle appliquée au


produit ou service qui présente, notamment, quant à sa nature, ses propriétés
ou ses qualités des caractères précisés dans son règlement ; le législateur
marocain prévoit à travers les articles 166 et suivant de la loi 17-97, d’autres
conditions pour le dépôt concernant ces ceux types de marques soit considéré
comme valable.

D’abord, la demande d’enregistrement doit préciser qu’il s’agit d’une


marque collective ou marque collective de certification.17

Ensuite, le dossier de dépôt doit comprendre une copie du règlement


régissant l’emploi de la marque, dument certifié par le déposant.18

Enfin, la marque de certification ne doit pas être déposée que par une
personne morale qui n’est ni fabriquant, ni importateurs, ni vendeurs de
produits ou de services.19

16
A.Chavanne et JJ .Burst « droit de la propriété indistruelle » , cinquième édition Dalloz, Paris, 1998
17
Article 169,al1, de la loi 17-97
18
Article169,al2, de la loi17-97
19
Article171 de la loi 17-97

13
A signaler ici, que hormis cet élément de différenciation, les mêmes règles
s’appliquent aux différents types de marques.

Après avoir mis l’accent sur le régime juridique de l’acquisition d’un droit à
la protection des marques, il nous parait utile d’étudier les caractéristiques que
doivent présenter les dites marques pour profiter de la protection

Section 2 : validité des marques et leur classification

Les marques sont soumises à un certain nombre de conditions pour


qu’elles soit valables (Sous section1),elle peuvent également être classifiées en
plusieurs catégories(Sous section 2).

SOUS SECTION 1 : CONDITIONS DE VALIDITE DE LA MARQUE :

Le signe doit être licite (art.135), il doit être distinctif (art.134), non déceptif
(article 135 et disponible (article 137).

A. La licéité de la marque

Ne peut être adopté à titre de marque ou comme élément d’une marque,


un signe dont l’usage est interdit par la loi 20 c’est le cas du signe :

 a - qui reproduit l’effigie de sa Majesté le Roi, ou celle d’un membre de


la Famille Royale, les armoiries, drapeaux, insignes ou emblèmes officielles du
Royaume ou des autres pays membres de l’union de Paris, les sigles ou
dénominations de l’organisation des Nations Unies et des organisations
internationales adoptées par celles-ci ou ceux qui ont déjà fait l’objet d’accords
internationaux en vigueur destinés à assurer leur protection, les décorations
nationales ou étrangères, les monnaies métalliques ou fiduciaires marocaines ou
étrangères, ainsi que toute imitation au point de vue héraldique .

Les signes visées au a) ci-dessus peuvent toutefois être enregistrés par


l’organisme chargé de la propriété industrielle sous réserve de la production de
l’autorisation des autorités compétentes,

 b - Qui est contraire à l’ordre public ou aux bonnes mœurs, ou dont


l’utilisation est légalement interdite ».

20
Article 135 de la loi 17-97

14
il a été considéré comme contraire à l’ordre public, la marque « école de
conduite française » et son sigle « ECF » présentés sous les couleurs françaises,
car de nature à causer une confusion avec des services officiels (cass.com. 26
juin, 1976,)

Toutefois la marque « OPIUM » déposée pour désigner des parfums n’est


pas contraire à l’ordre public français, vu que l’utilisation de cette dénomination
(qui signifie - l’éloignement des difficultés réelles et l’évasion vers le rêve)
n’établit aucune relation directe dans l’esprit du public avec l’usage des
stupéfiants.

B. Le caractère déceptif de la marque

L’article 135 définit le caractère déceptif du signe comme étant celui « … de


nature à tromper le public, notamment sur la nature, la qualité, ou la
provenance géographique du produit ou service… ». La prohibition des marques
déceptives vise essentiellement à protéger les consommateurs. L’appréciation
du caractère déceptif ou trompeur est une prérogative souveraine des juges du
fond.

Le juge doit se placer à la date de la demande d’enregistrement pour


apprécier le caractère déceptif de la marque. Cependant, suite notamment à
l’évolution de sa composition ou de son lieu de fabrication, une marque qui
n’était pas déceptive peut le devenir par la suite. C’est un des cas de
dégénérescence de la marque prévu à l’article 164.21

Enfin une marque déceptive qui pourrait induire le consommateur en


erreur sur l’origine ou la composition d’un produit serait également de nature à
tomber sous le coup des lois sur la publicité mensongère.

L’article 68 de la loi 77.03 22relative à la communication audiovisuelle


stipule que : « Est interdite toute publicité audiovisuelle mensongère ou
trompeuse comportant des allégations, indications ou présentations fausses ou
de nature à introduire en erreur………. ».

21
Article 164 de la loi17-97
22
L’article 68 de la loi 77-03 relative à la communication audiovisuelle

15
Le caractère déceptif d’une marque ou d’un élément de marque prévu par
l’article 135 concerne : La tromperie sur la nature du produit ou du service, le
cas de la marque « lainé » désignant des articles n’étant pas composés de laine.
La tromperie sur la qualité, le cas des marques hyper garantie, associées à
l’image d’un contrat alors que la lecture de ce contrat montrait que la garantie
était limitée dans le temps et l’espace. La tromperie sur l’origine du produit ou
du service : La marque « Chicago » pour les vêtements n’est pas déceptive car
elle ne comporte aucune référence géographique connue pour de tels produits.
Par contre, les marques « Brasil / Brazil » pour le café ne constituent des
marques valables que si le produit provient réellement de ce lieu connu par sa
production du café.

C. L’exigence du caractère distinctif

Selon l’article 133, la marque est un signe « servant à distinguer les produits
ou services ». Par « caractère distinctif », il faut entendre la capacité du signe
d’identifier des produits ou services par rapport à d’autres produits ou services
qui leur sont identiques ou similaires. Il en résulte que le caractère distinctif est
donc relatif et non pas absolu.

La marque n’est pas une création, donc il n’est pas nécessaire qu’elle soit
nouvelle. De plus, la distinctivité n’est pas synonyme d’originalité, donc les noms
du langage courant peuvent parfaitement constituer une marque, tel que le nom
ou l’image d’une baleine qui peut être distinctif pour désigner du sel de cuisine.
La validité d’une marque peut être contestée à défaut d’élément de distinctivité,
c’est le cas des signes ou dénominations: « qui, dans le langage courant ou
professionnel, sont exclusivement la désignation nécessaire, générique ou usuel
du produit ou du service » (art. 134)

Sont alors dépourvus de distinctivité à titre d’exemple : − la dénomination «


eau » pour désigner les produits de parfumerie ; − une tête de vache ne saurait
valablement désigner un fromage, à moins qu’il s’agisse d’une vache particulière
comme la vache qui rit.

Sont également dépourvus de caractère distinctif les signes descriptifs tels


que « …les signes ou dénominations pouvant servir à désigner une
caractéristique du produit ou du service, et notamment l’espèce, la qualité, la

16
quantité, la destination, la valeur, la provenance géographique ou l’époque de la
production du bien ou de la prestation de service » (art 134)23, ce qui signifie que
le signe ne doit pas désigner les caractéristiques du produit, exemple : « affaire »
pour un journal économique. Enfin, selon l’article 134 , le caractère distinctif fait
défaut lorsqu’il s’agit des « …signes constitués exclusivement par des formes
imposées par la nature ou la fonction du produit, ou conférant à ce dernier sa
valeur substantielle ».

La décision de la cour suprême du 26/04/2006 dossier n° 2006.1.3.23424 a


conclu que le signe qui manque de distinctivité ne peut pas être considéré
comme marque.

D. Le signe choisi doit être disponible

La validité de la marque exige la réunion des conditions fixées par la loi.


Dès lors, il est recommandé avant tout dépôt de marque, de procéder à une
recherche d’antériorité pour vérifier si le signe choisi à titre de marque ne fait
pas déjà l’objet d’une appropriation.

L’article 137 propose une liste non exhaustive, de ce qui peut être désigné
par l’expression « droits antérieurs » à la marque, il s’agit de :

*Une marque antérieure enregistrée ou notoirement connue au sens


de l’article 6 bis de la convention de Paris pour la protection de la propriété
industrielle.

* Une dénomination ou raison sociale, s’il existe un risque de


confusion dans l’esprit du public.

*Un nom commercial ou à une enseigne connu sur l’ensemble du


territoire national, s’il existe un risque de confusion dans l’esprit du public.

*Une indication géographique ou une appellation d’origine protégées.

*Droits protégés par la loi relative la protection des œuvres littéraires


et artistiques.

* Droits résultant d’un dessin ou modèle industriel protégé.


23
L’article 134 de la loi 17-97
24
Cour suprême du 26/04/2006 dossier n° 2006.1.3.234

17
*Droit de la personnalité d’un tiers, notamment son nom
patronymique, son pseudonyme ou son image.

*Nom, l’image ou la renommée d’une collectivité territoriale.

Il est à signaler que la jurisprudence peut ajouter d’autres cas considérés


comme des droits antérieurs vu que la liste des antériorités mentionnées par
l’article 137 n’est pas exhaustive.

La jurisprudence française en ajoute comme cas d’antériorités opposables à


la marque, ainsi :

* Il a été admis également comme étant une antériorité opposable au


dépôt d’une marque : un sigle sous lequel est connu un établissement public.

* Un nom de domaine peut constituer une antériorité faisant obstacle à


l’enregistrement d’une marque dès lors qu’il y avait un risque de confusion entre
le nom de domaine et la marque.

SOUS SECTION 2 : LES DIFFÉRENTES CATÉGORIES DES MARQUES

L’article premier de la loi 17.9725 invite à distinguer trois types de marques :


la marque de fabrique, la marque de commerce et la marque de service. Il y a là
une distinction économique n’emportant aucune conséquence juridique. Par
ailleurs, l’article 139 y ajoute une autre catégorie qui désigne les marques
collectives.

A. La marque de fabrique

C’est la marque que le fabricant appose sur les produits qu’il fabrique, le
produit concerné peut être aussi bien un produit fini qu’un produit de base. Un
produit commercialisé peut donc être revêtu de plusieurs marques appartenant
à des fabricants successifs.

B. La marque de commerce

25
L’article1 de la loi 17-97

18
C’est la marque que le distributeur appose sur les produits qu’il
commercialise. Une telle marque peut coexister avec la marque de fabrique, la
marque de commerce n’assure plus la fonction d’identification d’origine des
produits qu’elle concerne.

C. La marque de service

La marque de service est destinée à accompagner les différents services qui


peuvent être rendus par les opérateurs économiques (transport, banque,
assurance, hôtellerie, professions libérales, bureaux d’études et de conseils, etc.)
Le caractère immatériel du service fait perdre à la marque le support concret
que constitue le produit, il est donc essentiellement utilisé comme nom
commercial ou enseigne. Toutefois, ces signes se matérialisent sur les
accessoires utilisés dans le cadre des services auxquels ils sont destinés (par
exemple : étiquette sur une valise, signe apposé sur des carnets de chèques ou
autres documents, etc.).

D. Les marques collectives

On distingue entre deux catégories de marques collectives : les marques


collectives proprement dites, et les marques collectives de certification ; leur
définition est donnée par l’article 166. En effet, elles sont régies par les mêmes
règles de la marque sous réserve des exceptions citées aux articles 168 - 175.

La marque collective proprement dite : Généralement exploitée par les


associations ou les coopératives, elle est définie par l’article 166 al.1, qui dispose
que la marque est collective : « lorsqu’elle peut être exploitée par toute
personne respectant un règlement d’usage établit par le titulaire de
l’enregistrement ». L’importance de ce genre de marque réside dans le fait
d’offrir des solutions juridiques aux entreprises souhaitant commercialiser leurs
produits, qui trouvent des difficultés à être reconnus par les consommateurs ou
par les grands distributeurs, s’ils étaient lancés individuellement.

La marque de certification : Elle a exclusivement une fonction de garantie,


car selon l’article 166 al.2 elle s’applique « ...au produit ou service qui présente
notamment, quant à sa nature, ses propriétés ou ses qualités, des caractères
précisés dans son règlement ». L’usage de la marque de certification n’implique
pas cependant l’appartenance à une personne morale (art. 172), tandis que son

19
dépôt ne peut être effectué selon l’article 171 « ...que par une personne morale
qui n’est ni fabricant, ni importateur, ni vendeur de produits ou de services »

E. Les marques notoires

La loi 17.97 a classé la marque notoire parmi les droits antérieurs


interdisant l’enregistrement d’une marque et ceci conformément aux
dispositions de l’art.137. Une marque est qualifiée de notoire lorsqu’elle est
connue d’une large fraction du public, il en résulte que le caractère notoire de la
marque est soumis au principe de la territorialité. De ce fait, il est nécessaire de
le prouver dans le pays dont on souhaite obtenir la protection. En outre, la
marque est soumise au principe de la spécialité, ce qui signifie que le risque de
confusion est lié aux produits et services identiques ou similaire. Néanmoins, la
jurisprudence étend la protection de la marque notoire même pour les produits
et services non désignés au dépôt.

La jurisprudence a élargi le concept de la marque notoire en interdisant son


utilisation sur des produits et services différents de ceux d’origine, ainsi une
décision de la cour d’appel de Casablanca en date du 19/11/2001 - dossier n°
727.200026 - a considéré que le fait de commercialiser des produits sous une
marque notoire appartenant à un tiers laisse croire qu’il en est le propriétaire et
par conséquent cette utilisation indue de la marque est de nature à tromper le
public.

Aussi, Le tribunal de commerce de Casablanca en date du 07/ 11/2005,


dossier n° 1489.16.200527, a considéré que la protection de la marque notoire
n’est soumise ni au principe de la territorialité ni à l’enregistrement, il a ajouté
que le caractère notoire découle de la connaissance de la marque par la majorité
du public et qu’elle doit avoir une étendue très large.

Chapitre II : La protection judiciaire de la marque

Section 1 : les faits générateurs des actions en justice

L’action en justice est en principe déclenchée lorsqu’il y a empiètement par


des tiers sur le droit d’exploitation exclusive que détient le titulaire sur une
marque de fabrique de commerce ou de service. La gravité de ces atteintes est

26
Cour d’appel de Casablanca en date du 19/11/2001 - dossier n° 727.2000
27
Tribunal de commerce de Casablanca en date du 07/ 11/2005, dossier n° 1489.16.2005

20
déterminée d’après le jugement du législateur. Ceci dit, une règlementation
spéciale pour les actes désignés plus graves à savoir la contrefaçon et l’imitation
et une autre moins sévère pour les atteintes moins graves qui sont de moyens
déloyaux et d’agissements parasitaires non pas dans le but de créer une
confusion avec la marque d’autrui mais en vue de tirer profit de son attrait et de
sa réputation28.

SOUS SECTION 1 : LES DEUX PRINCIPALES ATTEINTES A LA MARQUE

A. La contrefaçon principale atteinte

Le législateur marocain n’as pas donné une définition claire à la notion de


« contrefaçon »,il s’est contenté alors de la définition du « contrefacteur » pour
en déduire la définition de la contrefaçon29.Toutefois, cela n’empêche qu’il a
signalé dans l’article 201 de la loi 17-97 une approche implicite de cette dite
usurpation, dès lors qu’il considère Les atteinte portée aux droits du
propriétaire, d’une marque de fabrique, de commerce ou de service enregistrée
en tant que matérialisation de la contrefaçon, lorsque ces faits sont commis par
une autre personne que le fabriquant du produit contrefait 30.

La marque en tant que signe distinctif, se distingue des autres droits de


propriété industrielle dans la mesure où elle fait l’objet d’une protection
particulière et spécifique à savoir l’action en contrefaçon,31 comme c’est le cas
pour le brevet, les dessins et les modèles industriels et à la différence des autres
signes qui ont le même rôle de distinction, notamment, le nom commercial32

La contrefaçon reproduction qui désigne le délit de contrefaçon au sens


stricte consiste dans la reproduction grossière, c’est-à-dire à l’identique de tout
ou partie de la marque d’autrui33.En cela elle se distingue de l’imitation qui est
une reproduction plus déguisée et plus subtile.

a- conditions de réalisation :
28
Théorie de Yves Saint-Gall,1956
le parasitisme économique : passé, présent et avenir, mémoire de Sébastien Petit(université de Lille,France)
29
Mémoire de DESA: la protection des marques de fabrique de commerce et de service en droit et en
jurisprudence/Dekkaki Mohammed Amin ;2005/2006
30
loi n°17-97 relative à la propriété industrielle telle que modifiée et complétée par les lois 23-13 et 31-05(Titre
VIII Des actions en justice/Chapitre1/Dispositions générales :article 201)
31
La protection de la marque, ZàariLambarki.H ,Mémoire de fin d’étude pour l’obtention du Master en Droit
des contentieux Publics,2008
32
Guide sur les marques de fabrique, de commerce ou de service
33
Exemple : la reproduction de la marque CHANEL de parfum, arrét de la cour d’appel d’Agadir N 0836 du
26février 1991, dossier N089/3521

21
La reproduction est la condition unique pour la construction d’un délit de
contrefaçon .toutefois il importe d’invoquer la distinction qu’adopté le
législateur entre deux cas d’espèces ;

1. la marque reproduite couvre des produits identiques

2. la marque reproduite couvre des produits similaires(les produits ou


services qui peuvent être rattachés par la clientèle à la même origine ou qui
sont suffisamment voisins par leur nature ou leur destination pour que le
consommateur d’attention moyenne puisse les confondre)

l’article 226 de la loi 17-9734 interdit la reproduction de la marque d’autrui


pour des produits ou services identiques à ceux désignés dans l’enregistrement
sans exiger un danger de confusion.

En d’autres termes en cas de produits ou services identiques, la


reproduction est identifiée automatiquement comme délit de contrefaçon sans
rechercher aucune autre hypothèse à savoir la confusion.35

b- Etendue de la reproduction :

1- la reproduction partielle : Dans cette hypothèse il y a reproduction d’une


partie de la marque, un certain élément unique et assez particulier fessant objet
d’une protection préalable par le titulaire du fait de sa fonction distinctive c’est-
à-dire qu’il soit suffisamment attrayant pour retenir l’attention du public
2- la reproduction quasi servile : La reproduction n’est pas l’exclusive raison
de déclanchement d’une action de contrefaçon. En effet, il existe un autre
chemin pour arriver à la contrefaçon à savoir la reproduction quasi servile. Dans
cette hypothèse la différence entre le produit usurpé et celui authentique est
minime qu’elle ne fait pas disparaitre l’apparence d’une identité complète entre
les deux marques. Ce qui pose beaucoup de problèmes au volé Pratique quant à
la différenciation entre la contrefaçon et l’imitation (Alfa et Alpha36)

34
loi n°17-97 relative à la propriété industrielle telle que modifiée et complétée par les lois 23-13 et 31-
05(article 226)
35
Mémoire de DESA: la protection des marques de fabrique de commerce et de service en droit et en
jurisprudence/Dekkaki Mohammed Amin ;2005/2006

36
Tribunal de première instance de Casablanca, 14-04-1983,dossier 81/1679,jugement confirmé par la cour de
Casablanca , arrêt 1464 du 25-09-1984,n083/1446.

22
B. L’imitation

Contrairement à la contrefaçon qui reproduit approximativement la


marque authentique d’une manière suffisamment claire et nait, l’imitation de
son côté est plutôt dissimilaire ; en ce qu’elle vise à provoquer la confusion dans
l’esprit du public par rapport aux marques une atteinte sanctionné légalement
par le législateur marocain par l’article 226 de la loi37.

a- Conditions de réalisation du délit :

Le délit d’imitation se trouve réaliser comme en cas de contrefaçon dès que


la marque imitant est confectionnée indépendamment de son apposition sur les
produits ou de son usage dans le commerce.

Pour être répréhensible, la reproduction doit porter sur des éléments


originaux(le mot vedette, un emblème original ou une combinaison de
couleur…)

Les éléments banaux, par contre, peuvent être librement utilisés par les
concurrents38.

C’est par exemple la représentation d’un enfant sur les produits de toilette
et hygiène pour bébé.

Il n’est pas rare que l’usurpateur ajoute un signe, un mot, un dessin, etc.

Dans l’intention ; à la fois de tromper le public et de se prémunir contre


toutes possibles actions en justice que le détenteur de la marque authentique
peut intenter.

Toutefois cela ne fait pas disparaitre l’usurpation, dans la mesure où la


marque reproduite conserve, en dépit de l’adjonction sa particularité et sa force
attractive39.

b- l’intention frauduleuse dans le délit d’imitation

37
loi n°17-97 relative à la propriété industrielle telle que modifiée et complétée par les lois 23-13 et 31-
05(article 226)
38
Mémoire de DESA: la protection des marques de fabrique de commerce et de service en droit et en
jurisprudence/Dekkaki Mohammed Amin ;2005/2006

39
Mémoire de DESA: la protection des marques de fabrique de commerce et de service en droit et en
jurisprudence/Dekkaki Mohammed Amin ; 2005/2006

23
L’intention de l’imitateur de créer une confusion dans l’esprit du public
suffit pour constituer un délit d’imitation.

Dans le cas de l’imitation le doute est permis. La simple ressemblance ne


suffit pas à conclure une imitation frauduleuse. Il faut encore prouver que cette
confusion a été calculée à dessein par le prévenu

Dans une affaire concernent la reproduction de la marque COCA COLA, le


tribunal de première instance de Casablanca souligne que : « …sans doute ne
constitue point une imitation servile de la marque déposée mais elle présente
avec elle des caractéristiques de ressemblance s suffisantes pour créer dans
l’esprit des usagers une possibilité de confusion… »40

SOUS SECTION 2 : AUTRES ATTEINTES A LA MARQUE

A. Le délit d’usage

Le préjudice subi par le titulaire victime de contrefaçon ne devient effectif


qu’après le passage à la phase d’usage ; où l’imitateur induit le public en erreur,
conformément aux dispositions des articles 225 alinéa 2 et226 alinéa 141basées
sur le dahir de 1916 de ses articles 120et 121.

Par rapport à la répression, le délit d’usage est puni indépendamment des


délits de contrefaçon et celles d’imitation.

L’intérêt à dissocier ces délits réside d’abord dans le fait qu’ils peuvent être
commis par des personnes différentes, même si dans la réalité des affaires les
deux délits sont généralement le fait d’un même auteur42

Leur distinction peut également présenter un intérêt au niveau de la


prescription .Pour le délit d’usage, la prescription ne commence à courir qu’au
terme du dernier usage. Il sera donc possible de poursuivre le délit d’usage à un
moment où le délit de contrefaçon ou imitation est déjà prescrit.

40
Tribunal de première instance de Casablanca,28/01/1952
41
loi n°17-97 relative à la propriété industrielle telle que modifiée et complétée par les lois 23-13 et 31-05(Titre
VIII Des actions en justice/Chapitre V Des marques de fabrique, de commerce ou de service/Section 2 Des
actions pénales)
42
Fabrication d’un produit(x) portant la marque usurpée qui fera l’objet d’une commercialisation par la même
personne imitatrice (délit d’usage)

24
Enfin, le délit de contrefaçon ou d’imitation peut être commis à l’étranger
et échapper ainsi à la répression nationale, alors que le délit d’usage pourra
toujours être sanctionné s’il a lieu dans le pays43.

B. Le délit de substitution du produit

La législation marocaine réprime tous fait d’avoir sciemment livré un


produit ou fourni un service autre que celui qui a été demandé sous une marque
enregistré. En effet l’article 120du dahir de 1916 invoque la notion de délit de
substitution de produit qui porte atteinte à la fois aux droits du titulaire de la
marque sur cette dernière et à la clientèle puisque l’acheteur qui souhaitait se
procurer un produit identifié par une marque déterminée est trompé par le
produit imité. Surtout au niveau du commerce de détail, la pratique de
substitution est plus fréquente, le cas d’un commerçant qui fournit un produit
semblable à son client lorsqu’il n’a pas le produit authentique. Le client par
exemple réclame des biscuits de la marque « Bimo » et le commerçant lui remet
des biscuits de la marque « Exelo».

C. Le délit d’apposition de la marque d’autrui

Réprimé par le dahir de 1916 dans son article 120, le délit d’apposition de la
marque d’autrui est prévu par la nouvelle loi dans son article 154.

Ce dernier article prévoit l’interdiction de l’apposition d’une marque, même


avec adjonction de mots pour des produits identiques ou services similaires à
ceux couverts par l’enregistrement, si cela peut en résulter un risque de
confusion pour le public.

Dans ce délit, l’usurpation utilise, non pas la marque copiée, mais la


marque elle-même. La fraude est ici d’autant plus dangereuse que le
consommateur ne peut voir sur la marque aucun signe susceptible d’éveiller son
attention.

Le législateur réprime ce genre d’usurpation dans l’article 22544 en


prévoyant une sanction pénale pour ce délit.

43
Mémoire de DESA: la protection des marques de fabrique de commerce et de service en droit et en
jurisprudence/Dekkaki Mohammed Amin ; 2005/2006

44
loi n°17-97 relative à la propriété industrielle telle que modifiée et complétée par les lois 23-13 et 31-05(Titre
VIII Des actions en justice/Chapitre V Des marques de fabrique, de commerce ou de service/Section 2 Des
actions pénales)

25
D. Le délit de vente

La vente, la mise en vente, l’offre de fournir des produits ou des services


pour vente ; sont tous des cas d’espèce du délit de vente réprimé par le
législateur marocain dans l’article 225 du dahir de 1916.

La réalisation de ce délit est conditionnée par la présence de deux


éléments ;à savoir d’abord l’élément matériel, en ce qui est de la vente effectif
du produit , les donations ou les échanges, en suite l’élément intentionnel ,
puisque l’intention frauduleuse dans ce cas est une question de fait qui est
appréciée souverainement par les juges de fond en tant que facteur déterminant
de la responsabilité civile.

E. La concurrence déloyale

La notion de concurrence déloyale a vue ses premier jour dans la législation


marocain au niveau du D.O.C 45 dans son article 84 qui énumère quelques cas de
concurrence déloyale.

L’énumération qu’il donne est simplement énonciatrice puisque les juges


pourront toujours apprécier souverainement si les faits à eux soumis
constituent une concurrence déloyale.

La nouvelle loi46,donne en outre une liste non limitative d’actes de


concurrence déloyale interdits à ce titre, Il s’agit notamment de :

1- tous faits quelconques de nature à créer une confusion par n’importe


quel moyen avec l’établissement, les produits ou l’activité industrielle ou
commerciale d’un concurrent.

2- les allégations fausses dans l’exercice du commerce de nature à


discréditer l’établissement, les produits ou l’activité industrielle ou commerciale
d’un concurrent.

3- les indications ou allégations dont l’usage dans l’exercice du commerce


est susceptible d’induire le public en erreur sur la nature, le mode de fabrication,
les caractéristiques, l’aptitude à l’emploi ou la quantité des marchandises.

45
Dahir des obligations et des contrats, 1913
46
loi n°17-97 relative à la propriété industrielle telle que modifiée et complétée par les lois 23-13 et 31-
05(TITRE VI Du nom commercial, des indications géographiques, des appellations d’origine et de la concurrence
déloyale /Chapitre III De la concurrence déloyale/article 184)

26
Section 2 : le déroulement des actions en justice relatives à la
protection des marques

La concurrence entre producteurs de biens ou de services ou entre les


commerçants, met en jeu des facteurs ; tel la différence de prix, de qualités,
etc. ; qui dépendent uniquement du marché et de l’initiative des industriels et
des commerçants.

Mais, il arrive fréquemment que la puissance publique intervienne pour


instituer, sous des formes très variées des avantages concurrentiels en faveur de
certains agents économiques47 .Il s’agit là d’une assurance étatique de l’identité
d’entreprise , des produits et services pour les titulaires , avec la possibilité
d’être défendu contre les agissements des concurrents qui ne respecte pas les
conditions d’une concurrence loyale.

C’est ainsi que nous allons analyser par la suite les actions en justice conçu
par le législateur pour à la fois protéger la marque authentique et prémunir le
titulaire contre les atteints à son droit d’exploitation exclusive.

SOUS SECTION 1 : L’ACTION EN CONTREFAÇON

A. Le droit d’agir

Alors qu’on action de concurrence déloyale, tout demandeur justifiant d’un


intérêt légitime peut agir, dans une action privé en contrefaçon, ne peuvent agir
que ceux qui détiennent un droit privatif ou un droit exclusive d’exploitation sur
la marque. Ce droit d’agir doit être exercé dans les limites du délai fixé par la loi.

a- les titulaires du droit d’agir

Il y a en principe 4 titulaires du droit d’agir :

-le ministère public :

Le ministère public est détenteur du droit de déclencher une action


publique conformément aux dispositions générales du droit pénal. Toutefois le

47
Mémoire de DESA: /Dekkaki Mohammed Amin ;op.cit,page 63,64,

27
pouvoir du ministère est limité d’après l’ancienne loi de 1916(article 136) et
aussi la loi 17-97(article 205).

Un point qui soulevait de nombreuses difficultés au niveau pratique .Il


subordonne en effet, l’intervention du ministère public à la mise en mouvement
de l’action civile. Ce n’est que dans le cas où celle-ci est régulièrement introduite
que le ministère public peut agir à son tour.48

Se posait alors le problème de la répression de certaines infractions


prévues par la loi telles que l’usage d’une marque trompeuse ou encore l’usage
d’une marque contraire à l’ordre public et aux bonnes mœurs.

En face à l’ensemble de ces difficultés, le législateur au niveau de l’article


227-1de la nouvelle loi 17-97 telle que modifiée et complétée par la loi 31-05
permet alors au ministère public d’ordonner d’office des poursuites, sans même
qu’il ait une plainte, contre tout acte portant atteinte aux droits découlant d’une
marque protégé au Maroc.

-le propriétaire et le copropriétaire de la marque :

Le propriétaire est la première personne visée par le droit à l’action en


justice, il va de soi que lorsque la marque appartient à plusieurs personnes,
chacun de ces derniers peut intenter l’action en contrefaçon étant entendu que
chaque copropriétaire ne pourra recevoir du tribunal qu’une indemnisation
proportionnelle au préjudice qu’il a personnellement subi.49

-le cessionnaire :

Dans une première l’hypothèse où la cession de la marque est totale, le


cessionnaire se trouve ainsi investi de toutes les prérogatives du cédant.

Il peut ainsi intenter une action en justice pour la contrefaçon afin de


protéger sa marque à condition que la publicité prévue par la loi ait été
accomplie conformément aux dispositions de l’article 157 de la loi50.

48
Mémoire de DESA: /Dekkaki Mohammed Amin ;op.cit,page 65,66,
49
Mémoire de DESA: /Dekkaki Mohammed Amin ;op.cit,page66,
50
loi n°17-97 relative à la propriété industrielle telle que modifiée et complétée par les lois 23-13 et 31-
05(TITRE V Des marques de fabrique, de commerce ou de service/ Chapitre IV De la transmission et de la perte
des droits Section Première Dispositions générales/ article 157)

28
Dans une deuxième hypothèse où la cession est seulement partielle, le
cessionnaire peut également exercée le droit de poursuite, mais uniquement
dans les limites de l’acte de cession, et le cèdent garde de son côté un droit de
poursuite pour tout ce qui concerne les prérogatives qu’il a conservé.

-le licencié :

La licence fait exploiter le titulaire utilement sa marque par des tiers sans
pour autant se dépouiller de ses attributs fondamentaux.

Le licencié ne détient donc pas un droit privatif alors que ce dernier


constitue le support sur lequel se fond l’action en contrefaçon.

Ainsi la jurisprudence marocaine en interprétation du texte de 1916


reconnait au licencié ordinaire le droit d’agir directement en contrefaçon.

Par la suite l’article 202 de la loi 17-97 investisse dans la même trajectoire
en attribuant au bénéficiaire un droit exclusif d’exploitation et ainsi le droit
d’agir conditionné par l’approbation du titulaire de la marque.

b- Date d’exercice de l’action en contrefaçon

Dans le Maroc existe un registre national des marques, tenu à la disposition


du public, qui peut le consulter librement et gratuitement.

Dès lors, le contrefacteur a la possibilité d’être informé de l’appropriation


de la marque avant mémé qu’elle ne soit publiée au bulletin officiel (article 157
de la loi 17-97)

c- La prescription

L’article 206 de la loi 17-97 dispose : « Les actions civiles et pénales


prévues par le présent titre sont prescrites par trois ans à compter de la date des
faits qui en sont la cause ».

Ainsi, les faits délictueuse qui remontent de plus que 3 années ne peuvent
être retenus par le tribunal; faute de prescription du droit de poursuite.

B. La saisie contrefaçon

D’après l’ article 222 de la loi 17-97 ;Le titulaire d’une demande


d’enregistrement de marque, le propriétaire d’une marque enregistrée ou le
bénéficiaire d’un droit exclusif d’exploitation est en droit de faire procéder, en

29
vertu d’une ordonnance du président du tribunal qui autorise un commissaire
judiciaire à procéder soit à la description détaillée avec ou sans prélèvement
d’échantillons, soit à la saisie des produits ou des services qu’il prétend marqués,
offerts à la vente, livrés ou fournis à son préjudice en violation de ses droits51.

Il ressort de ce texte que deux procédures sont possibles ;

- une saisie descriptive : détaillée, dans un procès-verbal des objets


incriminés accompagnés de quelques échantillons.

-une saisie réelle : plus expéditive, au lieu de se contenter de dresser un


procès-verbal et de saisir des spécimens des objets contrefais, on saisit
réellement le stock de produits incriminés.

a- les préliminaires de la saisie

L’ordonnance du tribunal et la première phase de la saisie contrefaçon ;


cette dernière est accordé par le président du tribunal de commerce.

C’est ainsi que la requête de saisie est ensuite adressée à ce magistrat,


accompagné bien également des justifications nécessaires (certificat
d’enregistrement de la marque…)

Sur la base de cette requête, le président rend l’ordonnance autorisant la


saisie.

Il importe de signaler que la saisie descriptive été l’unique type de saisie


dont les juges marocains accordent aux demandeurs même lorsque la saisie
réelle est demandée. Chose qui a altéré avec la promulgation d’une législation
nouvelle et ainsi commencer à accorder la saisie réelle.

C’est ainsi l’exemple de la requête de la société « Ennasr » titulaire des


marques « Samar Vitalité » et « Carte Noire », le président du tribunal
constatant la similitude entre ces marques et celles portées sur les produits de la
société « Soprali », a ordonné la saisie chez cette dernière , de boites de café
couvertes de marques usurpées et prêtes à la vente ainsi que de la totalité du

51
loi n°17-97 relative à la propriété industrielle telle que modifiée et complétée par les lois 23-13 et
31-05(Chapitre V Des marques de fabrique, de commerce ou de service/section Première Des actions
civiles, article 222)

30
parier d’emballage utilisé pour le conditionnement du café et se trouvant dans
l’usine de ladite société52

b- Effets de la saisie

en tant que moyen de preuve efficace, la saisie a pour finalité de limiter les
inconvénients de cette mesure à l’égard du saisie, le saisissant doit ainsi
rapidement engager les poursuites.

La loi 17-9753 dans son article 222 fixe au saisissant un délai de 30 jours à
compter de la date de saisie pour introduire son action en contrefaçon .en
dehors de ce délai toute saisie est nulle de plein droit.

Toutefois le caractère facultatif de la saisie, en cas de nullité ne fait


aucunement obstacle à l’action en contrefaçon qui peut « être fondé sur
d’autres moyens de preuve54.

C. Les règles de compétence et de procédure

Pour agir contre les usurpations de la marque le titulaire a le choix entre


l’action civile et l’action pénale (dahir de 1916).

Les deux actions ont chacune ses avantages. L’action pénale assure
incontestablement une sanction plus rigoureuse. Le juge peut en effet
prononcer des peines d’amendes et d’emprisonnement en plus des dommages
intérêts.

Toutefois, le plaignant qui engage une action pénale s’expose au risque de


voir son action rejetée s’il ne parvient pas à prouver la mauvaise foi du prévenu,
dans les cas où elle est exigé, il peut aussi être poursuit pour dénonciation
calomnieuses si il délivre des informations erronées. Alors que l’action civile est
plus courte ainsi que moins complexe.

D. Sanctions

a- Les Sanctions pénales55

52
Ordonnance du président du tribunal de 1ere instance d’Ain Sebaa, Casablanca.30 décembre1996,12393/96
53
Loi n°17-97 relative à la propriété industrielle telle que modifiée et complétée par les lois 23-13 et 31-05
54
Tribunal, 1ere instance, derb sultan, n09453 du 22 décembre 1994, dossier n 0 3032/93
55
https://www.memoireonline.com/ lutte contre la contrefaçon des marques au Maroc, quelle perspective.

31
Selon l'article 225, le délit de contrefaçon est puni d'une peine
d'emprisonnement de deux à six mois et d'une amende de 50.000 à 500.000
dirhams ou l'une de ces deux peines seulement en cas :

-d'apposition frauduleuse d'une marque appartenant à autrui ;

-d'usage d'une marque sans autorisation de l'intéressé même avec


l'adjonction de mots tels que « formule », « façon », « système », « recette »,
« imitation », « genre », ou de toute autre indication similaire propre à tromper
l'acheteur ;

-de détention sans motif légitime des produits revêtus d'une marque
contrefaite ou frauduleusement apposée et la vente « mise en vente »,
fourniture ou offre de fourniture des produits ou services sous telle marque ; la
livraison frauduleuse d'un produit contrefait ou la fourniture d'un service autre
que celui demandé sous une marque enregistrée et enfin l'importation ou
l'exportation d'une marque contrefaite ou frauduleusement apposée.

Le législateur marocain porte à moitié les peines à travers l'article 226. En


effet, il prévoit une peine d'un à six mois d'emprisonnement et une amende de
25.000 à 250.000 Dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement en cas :

-d'imitation frauduleuse d'une marque ;

-d'usage d'une marque frauduleusement imitée ;

-d'usage d'une marque enregistrée portant des indications propres à


tromper l'acheteur sur les qualités substantielles, la composition ou la teneur en
principes utiles, l'espèce ou l'origine de l'objet ou du produit désigné et en cas
de détention sans motif légitime des produits revêtus d'une marque
frauduleusement imitée ou la vente, l'offre de fourniture des produits ou des
services sous une telle marque.

La législation sur les marques prévoit des peines complémentaires visant


spécialement l'activité normale du délinquant éventuel. Ainsi selon l'article 208
de la loi 17-97, les personnes condamnées peuvent, en outre, être privées pour
une période de cinq ans maximum du droit de faire partie des chambres
professionnelles. Cette peine était de 10 dans la loi de 1916 (Art. 130)56

56
Loi n°17-97 relative à la propriété industrielle telle que modifiée et complétée par les lois 23-13 et 31-05

32
b- Les sanctions civiles

Dans une action civile, où la condamnation est prononcée en raison d'une


atteinte au droit résultant d'une marque, il importe d'abord de faire cesser les
troubles pour l'avenir ; c'est-à-dire l'interdiction de poursuivre les actes illicites.
Le juge pourra donc imposer au contrefacteur au sens large, l'interdiction ainsi
que, l'allocation des dommages-intérêts, au besoin, assortie d'une astreinte.
Cette dernière sanction qui ne représente qu'une des mesures qui correspond à
des nécessités pratiques et qui assure le respect de l'obligation imposée au
condamné, a régulièrement été prononcée par les tribunaux marocains qui ont
rendu de nombreuses jurisprudences en ce sens.

L'indemnisation du préjudice doit être déterminée selon le schéma


classique de la responsabilité civile fondée sur le principe de l'Art. 77 du DOC
selon lequel tout préjudice moral ou matériel commis sciemment et
volontairement, sans l'autorité de la loi, à autrui doit être réparé.

La réparation doit être estimée en fonction du préjudice du gain manqué


par le titulaire de la marque contrefaite et par la perte subie du fait de l'impact
de la marque contrefaite sur le volume des ventes57.

SOUS SECTION 2 : LES AUTRES MOYENS D ’ACTION

A. L’action en concurrence déloyale

Cette dernière est une action en responsabilité qui suppose la preuve d’une
faute, d’un préjudice et d’un lien de causalité ; dans l’optique d’indemniser le
préjudice ainsi que d’imposer une certaine morale dans les affaires (rôle
disciplinaire)

En principe, C’est l’entreprise qui a personnellement subi le préjudice qui


est en droit d’agir. Ex : si c’est une filiale, la société mère ne peut pas agir à sa
place, c’est la filiale qui doit agir. Les syndicats ont le droit d’agir si le
comportement porte atteinte à l’ensemble d’une profession.

B. L’intervention de la douane dans la répression de la contrefaçon

57
https://www.memoireonline.com/ lutte contre la contrefaçon des marques au Maroc ,quelle perspective.

33
En raison du caractère transfrontalier de la contrefaçon, la douane peut
intervenir sur demande de saisie du propriétaire de la marque au Maroc ou du
bénéficiaire d'un droit exclusif d'exploitation, les marchandises soupçonnées
d'être des contrefaçons portant atteinte aux droits du propriétaire. Suite à cette
demande, l'Administration des douanes procède à la suspension de la mise en
libre circulation des marchandises jusqu'à ce que l'action en justice aboutisse à
une confirmation de contrefaçon ou vise vers ça. Elle peut aussi intervenir sur
ordonnance du juge compétent pour suspendre la marchandise importée,
exportée ou en transit qu'elle détermine ou soupçonne d'être contrefaite58.

C. L’OMPIC

L’Office Marocain de la Propriété Industrielle et Commerciale est


l’organisme chargé de la protection de la propriété industrielle (marques,
brevets d’invention, dessins et modèles industriels) et de la tenue du registre
central du commerce au Maroc.

le rôle de cet organisme est d’être un vecteur d’accompagnement de


l’entreprise dans le développement de ses actifs immatériels (marques…).

Pour ce faire, il agit en amont du processus par la sensibilisation et la


formation des opérateurs économiques, et intervient en aval dans les domaines
de valorisation et du respect des droits protégés.L'OMPIC tient les registres
nationaux des titres de propriété industrielle à savoir les marques de fabrique,
de commerce ou de service, les brevets d'invention, les dessins et modèles
industriels, les indications géographiques et les appellations d’origine.

De plus, l’OMPIC a pour mission de diffuser des informations juridiques,


économiques et techniques au public, sans oubliées son rôle important quant à
la promotion d’un meilleurusage de la propriété industrielle et commerciale, en
vue d’en faire un vecteur de compétitivité pour les entreprises et un support de
l’innovation et de la créativité.

Partie II : La protection internationale des marques

Sur un plan juridique, on distingue deux catégories de pays : les pays où le


droit de la marque est lié à un dépôt (France, Maroc … etc.) et ceux où il est lié à
un usage (Grande Bretagne, Etats-Unis, Mexique … etc.). En effet, certains pays

58
Mémoire de DESA: /Dekkaki Mohammed Amin ;op.cit

34
exigent pour valider le dépôt, qu’une utilisation soit faite avant un certain délai
(3 à 5 ans, selon le pays), à la différence du droit français, par exemple, qui
maintient la validité de la marque non utilisée sauf déchéance demandée après
5 ans par une personne intéressée.

Pour faciliter l’exploitation internationale des marques, les pays ont signé
plusieurs conventions qu’il convient de présenter et d’étudier pour décider une
stratégie internationale de protection (Chapitre I). Ainsi qu’il y a plusieurs
institutions, organismes internationaux qui veillent sur la protection des droits
relatifs à la marque (Chapitre II).

Chapitre I : le cadre réglementaire de la protection (Traités, conventions


internationales)

Les traités et conventions internationales de la protection des droits des


marques sont diverses mais on peut citer certains : généraux (Section 1) et
spécifiques (Section 2).

Section 1 : Traités, conventions générales

Sous cette section on va analyser la convention de Paris (§ 1), arrangement


de Madrid (§ 2), Protocole de Madrid (§ 3).

§ 1 : LA CONVENTION DE PARIS DE LA PROPRIETE INDUSTRIELLE (1883)

Cette convention, souvent appelée Convention d’Union de Paris, concerne


la propriété industrielle, dans l’acceptation la plus large du terme et vise les
inventions, les marques, les dessins et modèles industriels, les modèles d’utilité
(Sorte de « petits brevets » prévus par la législation de quelque pays), les noms
commerciaux (dénomination sous laquelle une activité industrielle ou
commerciale est exercée), les indications géographiques (indications de
provenance et appellation d’origine), ainsi que la répression de la concurrence
déloyale.59

Cet accord international, administré par l’OMPI, est la première grande


mesure prise pour aider les créateurs à faire en sorte que leurs œuvres
intellectuelles soient protégées dans d’autres pays, sa dernière version date du

59
Résumés des conventions, traités et arrangement, administrés par l’organisation mondiale de la propriété
intellectuelle, 2013, p 8.

35
28 Septembre 197960. Les pays membres de l’assemblée de la convention de
Paris sont au nombre de 17561.

En effet, aux termes de la convention : « Lorsqu'une marque est


régulièrement enregistrée dans le pays d'origine, elle doit, sur demande, être
acceptée au dépôt et protégée telle quelle dans les autres États contractants.
L'enregistrement peut néanmoins être refusé dans des cas bien définis, par
exemple lorsque la marque est de nature à porter atteinte à des droits acquis
par des tiers, lorsqu'elle est dépourvue de tout caractère distinctif ou lorsqu'elle
est contraire à la morale ou à l'ordre public ou de nature à tromper le public.

Si, dans l'un quelconque des États contractants, l'usage d'une marque
enregistrée est obligatoire, l'enregistrement ne peut être annulé pour non-usage
qu'après un délai raisonnable, et seulement si le titulaire ne peut justifier son
inaction.

Chaque État contractant doit refuser l'enregistrement et interdire l'usage


d'une marque qui constitue la reproduction, l'imitation ou la traduction,
susceptible de créer une confusion, d'une marque utilisée pour des produits
identiques et similaires que l'autorité compétente de cet État estime être
notoirement connue dans cet État et appartenir déjà à une personne admise à
bénéficier de la convention.

Tous les États contractants doivent aussi refuser l'enregistrement et


interdire l'utilisation des marques qui contiennent, sans autorisation, des
emblèmes d'État ainsi que des signes et poinçons officiels de contrôle et de
garantie, pour autant qu'ils aient été communiqués par l'intermédiaire du
Bureau international de l'OMPI. Les mêmes dispositions s'appliquent aux
armoiries, drapeaux et autres emblèmes, sigles ou dénominations de certaines
organisations intergouvernementales».

§ 2 : ARRANGEMENT DE MADRID CONCERNANT L ’ENREGISTREMENT INTERNATIONAL


DES MARQUES (1891)

60
Cette convention (dont le texte complète est disponible à l’adresse http://www.wipo.int/Treaties/) est
ouverte à tous les pays. Les instruments de ratification ou d’adhésion doivent être déposés auprès du directeur
général de l’OMPI.
61
www.wipo.int/treaties/fr/ (consulté le 26/03/18)

36
Depuis son adoption en 1891, l’Arrangement de Madrid a connu différentes
révisions ; à l’heure actuelle, ses membres sont liés par l’Acte de Nice (1957) ou
l’Acte de Stockholm (1967).

Le système de Madrid prévoit que l’enregistrement international d’une


marque de commerce peut être demandé par un ressortissant de toute partie
contractante à l’Arrangement, de même que par toute personne physique ou
morale qui a son domicile ou un véritable établissement industriel ou
commercial dans un pays de l’Union de Madrid. La présentation d’une demande
d’enregistrement international suppose l’obtention préalable d’un
enregistrement dans le pays d’origine du requérant, ce qui aura été accompli
directement auprès de l’autorité locale compétente62.

La demande d’enregistrement international est produite auprès de


l’administration locale du requérant, laquelle transmet cette demande au
Bureau international pour la protection de la propriété industrielle de l’OMPI à
Genève. Les produits et services compris à la demande doivent être groupés
selon la classification de Nice63.

L’enregistrement international portera la date de production de la


demande d’enregistrement international auprès de l’administration du pays
d’origine, pourvu que le bureau l’ait reçue dans les deux mois de cette date,
sinon la date d’enregistrement sera la date de la réception de la demande64. Une
fois la marque enregistrée par le bureau, celui-ci notifie sans délai les
administrations des pays que le requérant a identifiés dans sa demande
d’enregistrement international. Chaque demande d’extension territoriale est
examinée suivant la législation nationale ; le pays peut accorder à la marque une
protection totale ou partielle, ou refuser la protection. Le requérant à
l’enregistrement international peut prendre toute mesure permise par la
législation et la pratique local à l’encontre d’un refus total ou partiel65.

62
www.robic.ca/publications/Pdf/178-DLC.pdf.
63
La classification de Nice, instituée par l’arrangement de Nice (1957), est une classification internationale de
produits et de services aux fins de l’enregistrement des marques. La onzième édition de la classification est
entrée en vigueur le 1er Janvier 2017.
64
Article 3 (4) de l’Arrangement de Madrid.
65
Article 5 (3) de l’Arrangement de Madrid.

37
L’administration locale doit se prononcer sur l’enregistrabilité de la marque
sur son territoire à l’intérieur d’un délai d’un an à compter de la date de
l’enregistrement international66.

L’enregistrement international nécessite le paiement au Bureau


international de frais de base, et de frais supplémentaire (Selon le nombre
classes excédant la troisième) et complémentaires (selon les extensions
territoriales demandées). De plus, le pays d’origine peut exiger, à sa discrétion,
une taxe au moment du dépôt de la demande internationale ou de son
renouvellement.

Une fois entrée au registre international, la marque bénéficie, dans chaque


pays de l’Union de Madrid auquel l’enregistrement a été étendu, de la même
protection que si l’enregistrement a été étendu, de la même protection que si
l’enregistrement y avait obtenu directement67. Cependant, l’indication, dans
l’enregistrement, des classes de produits ou services suivant la classification de
Nice ne lie pas les pays visés à l’égard d’une détermination de l’étendue de
protection de la marque68, autrement dit, chaque pays demeure libre de
conférer à la classification la portée juridique désirée ; par exemple, l’utilisation
de la classification ne confère pas à la marque enregistrée en liaison avec un
produit d’une classe donnée, une protection s’étendant aux autres produits de
cette même classe.

L’enregistrement international dure 2 ans et il peut être renouvelé


indéfiniment. Cinq ans après la date de l’enregistrement du pays d’origine. Mais
à l’intérieur de ces cinq premières années, si la marque enregistrée
antérieurement dans le pays d’origine ne bénéficie plus de protection légale
dans ce pays, en tout ou en partie, la protection conférée par l’enregistrement
international ne peut être invoquée et ce, que l’enregistrement international ait
ou non été cédé par son propriétaire d’origine.

La dépendance de l’enregistrement international sur l’enregistrement


national rend l’Arrangement de Madrid inacceptable aux yeux de membres
éventuels, qui craignent une attaque centrale dirigée contre l’enregistrement

66
Article 5 (2) de l’Arrangement de Madrid.
67
Article 4 (1) de l’Arrangement de Madrid.
68
Article 4 (1) de l’arrangement de Madrid : Par ailleurs, l’arrangement de Nice prévoit que la classification ne
lie pas les pays membres de l’Union de Nice quant à l’étendue de protection accordée à une marque.

38
d’origine et le risque d’écroulement de ce qui semble ainsi constituer un château
de cartes.

Toutefois, le nombre d’enregistrement sous l’Arrangement de Madrid est


en continuelle croissance. En 1992, l’ex-directeur général de l’OMPI, « Arpad
Bogsch », écrivait que la vitalité et l’utilité du système sont évidentes, mais que
l’obstacle au développement de son potentiel est essentiellement
l’incompatibilité du système avec les traditions juridiques de plusieurs pays non
membres de l’arrangement ; d’où la conclusion du Protocole de Madrid69.

§ 3 : LE PROTOCOLE DE MADRID RELATIF A L ’ARRANGEMENT DE MADRID

Le protocole de Madrid adopté à Madrid le 27 Juin 1989 introduit un


certain nombre d’éléments nouveaux dans le système d’enregistrement
international des marques tel qu’il a été mis en place en vertu de l’Arrangement
de Madrid. Comme cet arrangement, le protocole de Madrid prévoit que
l’enregistrement international des marques s’effectue auprès du Bureau
international de l’OMPI.

Le Protocole de Madrid se distingue aussi de l’Arrangement de Madrid en


ce qu’il autorise les organisations intergouvernementales possédant leur propre
système régional de l’enregistrement des marques à participé d’enregistrement
international.

Au niveau des procédures les quartes principales innovations introduites


par le Protocole de Madrid sont les suivantes :

- Le déposant d’une marque non seulement sur un enregistrement


national ou régional, mais également sur une demande d’enregistrement
national ou régional déposée auprès de l’office national ou régional d’origine.
- Toute partie contractante auprès de laquelle le déposant souhaite
protéger sa marque a la possibilité moyennant une notification à cet effet
effectué dans un délai de 18 mois ( au lieu d’un an), déclarer que la protection
de la marque ne peut être accordée sur son territoire. Ce délai même prolongé
en cas d’opposition formée à l’encontre de l’enregistrement international.

69
www.robic.ca/publications/pdf/178-DLCpdf.

39
- L’office de toute partie contractante a la possibilité de percevoir des
taxes de désignation plus élevées que les émoluments prévus par l’Arrangement
de Madrid
- Les enregistrements internationaux qui sont radiés au motif que la
marque nationale ou régionale sur laquelle ils se fondent à cessé de produire ses
effets peuvent être transformés en demande nationale ou régionale qui seront
traitées comme si elles avaient été déposées à la même date que
l’enregistrement international et qui pourront bénéficier, le cas échéant, de sa
date de priorité.

Il convient de souligner que, sous d’autres aspects, le protocole de Madrid


est structuré de la même manière que l’arrangement de Madrid.

Ainsi, toute partie contractante au protocole de Madrid subordonne


l’enregistrement international au mêmes règle que celles qu’elle applique aux
demandes nationales ou régionales , que ce soit au niveau des termes et
conditions de l’enregistrement de la marque où à celui des droits qui sont
conférés au titulaire de celle-ci.

L’intérêt de l’Arrangement de Madrid en tant qu’instrument


d’enregistrement international des marques demeurant entier, les dispositions
du protocole de Madrid s’appliqueront de manière complémentaire à
l’arrangement. C’est la raison pour laquelle le protocole de Madrid contient une
clause de sauvegarde prévoyant que les dispositions du protocole n’ont pas
d’effets sur les enregistrements internationaux qui sont fondés sur des
demandes ou des enregistrements de marques effectués auprès de l’office
d’origine d’un Etat-partie à la fois au protocole de Madrid et à l’arrangement de
Madrid et qui désignent tout autre Etat également partie à la fois au protocole
de Madrid et à l’arrangement de Madrid70

Section 2 : Traités et conventions spécifiques

Cette section va comprendre principalement des points pertinents de la


protection internationale des marques à savoir : L’Arrangement de Nice
concernant la classification internationale des produits et des services aux fins

70
Article 9 de Protocole de Madrid.

40
de l’enregistrement des marques (§ 1), l’accord sur les aspects des droits de
propriété intellectuelle, qui touchent le commerce (ADPIC) (§ 2) et l’accord
général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) (§ 2).

Il convient également d’invoquer un certains nombre de traités et


conventions spécifiques ayant marqué l’évolution de la protection des marques
à l’échelle internationale à noter notamment :

- Le traité de Singapour sur le droit des marques adopté en (2006) qui est
le résultat des effets déployés par l’organisation mondiale de la propriété
intellectuelle (OMPI) pour mettre à jour le traité sur le droit des marques (TLT)
daté de 1994, dans la mesure où le nouveau traité présente un champ
d’application plus large ;
- La convention Benelux adopté le 25 février 2005 par les gouvernements
des trois pays (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg).
- La marque communautaire, mise en place par un règlement du 20
Décembre 1993 et entrée en vigueur le 1er Avril 1996. Cette marque confère à
don titulaire une protection uniforme dans l’ensemble des pays de l’union
européenne et certains nombre d’avantages particuliers… etc.

§ 1 : ARRANGEMENT NICE CONCERNANT LA CLASSIFICATION INTERNATIONALE


DE DES
PRODUITS ET DES SERVICES AUX FINS DE L ’ENREGISTREMENT DES MARQUES

Cet Arrangement institue une classification des produits et services aux fins
de l'enregistrement des marques de produits et des marques services.

Les offices compétents des États contractants doivent faire figurer, dans les
documents officiels et dans chacune de leurs publications concernant
l'enregistrement de marques, les numéros des classes de la classification dans
lesquelles sont rangés les produits ou les services pour lesquels la marque est
enregistrée71.

En effet, lors de conférence diplomatique de Nice du 15 juin 1957, révisée à


Stockholm en 1967 et à Genève en 1977 et modifié en 1979, une classification
internationale des produits et des services aux fins de l’enregistrement des
marques a été instituée.

71
Résumé des conventions, traités et arrangements administrés par l’OMPI, 2013, p 20.

41
Il s’agit d’une classification internationale qui permet de disposer d’un
référentiel commun pour désigner les produits et services visés par un dépôt de
marque. Elle consiste en une liste alphabétique de produits ou services, lesquels
sont regroupés au sein de classes en fonction de leur caractère connexe. Elle
comporte 34 classes désignant des produits et 11 classes désignant des services.

Depuis son entrée en vigueur, un comité d'experts dans lequel tous les
membres de l'union sont représentés se réunit régulièrement pour la révision
périodique de la classification.

Il convient de noter, que ce comité vient d’adopter la onzième édition de la


classification, entrée en vigueur en janvier 2017. Cette classification servira de
nouveau référentiel pour les nouveaux dépôts à intervenir à compter de cette
date72.

§ 2: ACCORD SUR LES ADPIC : ASPECTS DES DROITS DE PROPRIETE INTELLECTUELLE


QUI TOUCHENT AU COMMERCE

Il s’agit d’un texte annexé à l’Accord instituant l’organisation mondiale de


commerce. Cet accord applique les principes du système commercial aux droits
de la propriété intellectuelle.

Les secteurs de la propriété intellectuelle couverts par l’accord sont les


suivants : droit d’auteurs et droit annexes, marques de fabrique ou de
commerce y compris les marques de services, indications géographiques, dessins
et modèles industriels, brevets, schémas de configuration de circuits intégrés et
renseignements non divulgués, y compris les secrets commerciaux et les
données résultant d’essais.

L’accord s’articule autour des trois principaux éléments suivants :

- Normes minimales de protection : l’accord sur les ADPIC établit, pour


chacun des principaux secteurs de la propriété intellectuelle qu’il vise, les
normes minimales de protection devant être prévus par chaque membre. Les
principaux éléments de la protection sont définis à savoir l’objet de la
protection, les droits conférés et les exceptions admises à ces droits, ainsi que la
durée minimale de la protection. On parle ainsi parfois de l’accord comme un
accord renforçant les conventions de Berne et de Paris.

72
http://www.gouache.fr/arcticles/Avocat-Marques-nouvelle-edition-de-la-classification-de-Nice/

42
- Moyens de faire respecter les droits : le deuxième grand ensemble de
dispositions concerne les procédures et mesures correctives internes destinées à
faire respecter les droits de propriété intellectuelle. L’accord énonce certains
principes généraux applicables à toutes les procédures de ce type.
- Règlement des différends : en vertu de l’accord sur l’ADPIC, les
différends entre membres de l’OMC relatifs au respect des obligations découlant
de l’accord sont traités dans le cadre des procédures de règlement des
différends de l’OMC.

L’accord sur les ADPIC établit des mesures minimales qui laissent aux
membres la possibilité de prévoir une protection de la propriété intellectuelle
plus étendue s’ils le souhaitent. Les membres sont libres de déterminer la
méthode appropriée pour mettre en œuvre les dispositions de l’accord dans le
cadre de leurs propres systèmes et pratiques juridiques.

Comme dans les principales pratiques préexistantes en matière de


propriété intellectuelle l’obligation fondamentale imposée à chaque pays
membre consiste à accorder, en ce qui concerne la protection de la propriété
intellectuelle, le traitement prévu dans l’accord aux personnes des autres
membres.

L’article premier définit ces personnes : elles sont qualifiées de «


ressortissants » mais ce terme, couvre des personnes, physiques ou morales, qui
ont des liens étroits avec d’autres membres sans en être nécessairement des
ressortissants. Les critères permettant de déterminer les personnes qui peuvent
donc bénéficier du traitement prévu dans l’accord sont les mêmes que ceux qui
ont été établis à cet effet dans les principales conventions préexistantes de
l’OMPI relatives à la propriété intellectuelle, et qui s’appliquent bien sûr à tous
les membres de l’OMC, qu’ils soient ou non parties à ces conventions.

L’accord a ainsi pour objet de réduire les distorsions et les entraves en ce


qui concerne le commerce international, de promouvoir une protection efficace
et suffisante des droits de propriété intellectuelle ne deviennent pas elles
mêmes des obstacles au commerce légitime.

La règle fondamentale énoncée à l’article 15 est que tout signe, ou toute


combinaison de signes, propre à distinguer les produits ou les services d’une
entreprise de ceux d’autres entreprises d’être susceptible d’être enregistré
comme marque de fabrique ou de commerce, à condition qu’il soit perceptible

43
visuellement. De tels signes, en particulier les mots y compris les noms de
personne, des lettres, des chiffres, les éléments figuratifs et les combinaisons de
couleurs, ainsi que toute combinaison de ces signes, doivent être susceptibles
d’être enregistrés comme marques de fabrique ou de commerce.

Les membres peuvent subordonner l’enregistrabilité à l’usage, toutefois


l’usage effectif d’une marque de fabrique ou de commerce ne peut pas être une
condition pour le dépôt d’une demande d’enregistrement et une demande ne
peut être rejetée au motif que l’usage projeté de la marque de fabrique ou de
commerce n’a pas eu lieu avant l’expiration d’une période d’au moins 3 ans à
compter de la date de son dépôt73.

L’accord prévoit que les marques de service doivent être protégées de la


même manière que les marques servant à distinguer les produits.

Le titulaire d’une marque de fabrique ou de commerce enregistrée a le


droit exclusif d’empêcher tous les tiers agissant sans son consentement de faire
usage au cours d’opérations commerciales de signes identiques ou similaires
pour des produits et services identiques ou similaires à ceux pour lesquelles la
marque de fabrique ou de commerce est enregistrée dans les cas où un tel
usage entraineront un risque de confusion. En cas d’usage d’un signe identique
pour des produits ou services identiques, un risque de confusion est présumé
exister.

L’enregistrement initial est chaque renouvellement de l’enregistrement


d’une marque de fabrique ou de commerce sont d’une durée d’au moins 7 ans.
L’enregistrement d’une marque de fabrique ou de commerce est renouvelable
indéfiniment.

Une marque ne peut être radiée pour non-usage qu’après une période
ininterrompue de non usage de trois ans, à moins que le titulaire de la marque
ne donne des raisons valables reposant sur l’existence d’obstacles à un tel
usage. Les circonstances indépendantes de la volonté du titulaire de la marque.

§ 2 : ACCORD GENERAL SUR LES TARIFS DOUANIERS ET LE COMMERCE (GATT)

73
Article 14 alinéa 3 de l’accord sur les ADPIC

44
L’accord signé à Marrakech le 15 Avril 1994 dans le cadre de l’accord
général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) met en place
l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) dont l’objet est de contribuer
dans la loyauté des échanges.

Cet accord a pour objet de renforcer sensiblement la protection de la


propriété intellectuelle et, en particulier, d’obliger tous les pays adhérents à
respecter les normes de la protection de ces droits. Il a été motivé par la volonté
de remédier à une trop grande diversité d’un pays à l’autre des normes relatives
à la protection et à la garantie des droits de la propriété intellectuelle.

Sous réserve de quelques exceptions limitées, il fait obligatoirement aux


Etats membres d’appliquer le même traitement aux nationaux et aux
ressortissants des autres Etats membres.

Il comporte des dispositions propres à chacun des secteurs de la propriété


intellectuelle. Les Etats membres de l’OMC sont tenus d’inclure dans leur
législation nationale des procédures visant à assurer le respect effectif des droits
de la propriété intellectuelle.

Chapitre 2 : Le cadre institutionnel de la protection


On traitera organismes internationaux de la protection des marques
(section 1) et les modes alternatifs de règlement des litiges (section 2).

Section 1 : les organismes internationaux de la protection des


marques

SOUS SECTION 1 : ORGANISMES UNIVERSAUX

A- L’ORGANISATION MONDIALE DE LA PROPRIETE INTELLECTUELLE (OMPI)

Fondée en 1967, l’OMPI est une organisation internationale ayant son siège
en Suisse, à Genève. Institution spécialisée des Nations Unies depuis 197474.

74
Ses prédécesseurs étaient les Bureaux internationaux réunis pour la propriété intellectuelle (BIRPI, fondée en
1893), l’OMPI a été crée en 1967 par la signature à Stockholm d’une convention par ses Etats membres. Ils
étaient à l’origine au nombre de 51, dont l’Allemagne, les Etats Unis, l’Union Soviétique, le Royaume Uni et la
Suisse.

45
Cette organisation a pour objet de promouvoir la propriété intellectuelle
dans le Monde par la coopération internationale et de gérer divers traités
multilatéraux y afférent notamment, la convention de Berne, la convention de
Paris, le traité sur le droit des marques, le traité sur le droit des brevets, le
protocole de Madrid etc.

Ainsi qu’elle œuvre à la conclusion de nouveaux traité et à la modernisation


d’organismes législatifs nationaux, diffuse des informations et fournie une
assistance technique aux pays en voix de développement. L’OMPI compte (en
janvier 2007) 184 pays adhérents75.

En outre, l’OMPI possède un centre d’arbitrage et de médiation dont


l’objectif est de proposer des services obligatoires d’arbitrage et facultatifs de
médiation pour résoudre les conflits opposant des parties dans le domaine de la
propriété intellectuelle. Ces services sont accessibles à toute personne,
indépendamment de sa nationalité76.

L’OMPI encourage la protection de tous les volets de la propriété


intellectuelle (marques, brevets d’invention et droits d’auteur).

Les décisions régissant la stratégie et les activités de l’OMPI sont toutes


prises par les Etats membres. Son secrétariat coordonne les réunions de leurs
organes tout au long de l’année. On y trouve une assemblée générale (dans
laquelle tous les pays ont une influence égale car les prises des décisions vise un
consensus et chacun n’a qu’un seul vote), un comité de coordination et de
nombreux comités d’experts permanents consacrés à des sujets variés.

Ces organes peuvent créés des groupes de travail chargés d’examiner des
questions particulières.

Contrairement aux autres organismes de l’ONU, l’OMPI est autonome


financièrement et dispose d’un budget relativement important puisqu’elle
perçoit plus de 300 millions d’euros par an en taxes sur l’enregistrement de
brevets, de marques commerciales, de dessins et de livres77.

Le royaume du Maroc et l’organisation mondiale de la propriété


intellectuelle entretiennent des relations de coopération très étroites dans les

75
Deborah E.Bouchoux : « la propriété intellectuelle », ARS, Paris 2007, page : 128
76
Op.cit, page :128
77
www.fr.wikipedia.org/wiki/organisation.mondiale_de_lapropri%C3%A9t%C3%A9-intellectuelle

46
différents domaines d’activités et à travers une participation active et
constructive de la délégation marocaine dans les différentes structures de
l’organisation.

Il convient de préciser que la grande partie des activités de la coopération


technique est mise en œuvre entre l’Office Marocain de la Propriété Industrielle
et Commerciale (OMPIC) et le Bureau Marocain du Droit d’Auteur (BMDA) d’une
part et d’autre part, le secteur de développement de l’OMPI et notamment le
Bureau du développement économique avec les pays arabe78.

B- L’ORGANISATION MONDIALE DE COMMERCE (OMC)

L’Organisation Mondiale du Commerce est le fruit de longues négociations


qui se sont tenues depuis 1986 jusqu’à 1994, dénommées le cycle d’Uruguay et
de négociations antérieures qui ont eu lieu dans le cadre de l’Accord Général sur
les Tarifs Douaniers et le Commerce (GATT). Alors que ce dernier régissait
principalement le commerce des marchandises, l’OMC et ses accords visent
aujourd’hui le commerce des services ainsi que les échanges d’inventions, de
créations, de dessins et de modèles.

Issue des accords de Marrakech, l’OMC est une organisation internationale


indépendante des Nations-Unies.

L’OMC est dotée de la personnalité juridique. Elle constitue un système


juridique institutionnel qui administre tous les accords et qui accueille les
futures négociations.

Elle se compose de deux organismes : la conférence ministérielle et le


conseil général qui est l’organe permanent. L’OMC qui est l’organe plénier
comporte en outre un organe de règlement des différends (ORD)79.

En effet, l’accord de Marrakech prévoit des normes minimales de


protection que doivent prévoir les législations nationales de chaque Etat
membre. Par ailleurs, il prescrit aux Etats membres de prévoir des procédures et
des mesures en vue de faire respecter les droits de propriété intellectuelle80.

78
Houda Zaari Lambarki, « la protection de la marque », TM, page :32.
79
Jean Christophe Galloux, « droit de la propriété industrielle », DALLOZ 2000, page : 42.
80
Albert Chavanne, « précis du droit de la propriété industrielle », 5eme édition, DALLOZ 1998 , page : 17.

47
Le conseil de l’ADPIC, qui est composé de représentants de tous les
membres de l’OMC, est chargé de suivre le fonctionnement de l’accord et
notamment de contrôler le respect par les Etats membres des obligations qui en
résulte.

L’OMC est imposée comme une organisation clé dans l’architecture


économique internationale. Elle compte, depuis le 16 mai 2008, 152 Etats
membres81.

La principale nouveauté de l’OMC réside dans son organe quasi-judiciaire


créateur d’une nouvelle source de droit et autorité de sanctionner
financièrement les Etats, pouvoir de sanction unique dans le droit
international82.

SOUS SECTION 2 : ORGANISMES REGIONAUX

A- ASSOCIATION INTERNATIONALE DES MARQUES (L’INTA)

Fondée en 1878 sous le nom d’United States Trademark Association


« Association Américaine des Marque ».

L’INTA se consacre au progrès et au soutien des marques en tant


qu’élément important du commerce mondial.

Association à but non lucratif au service de ses membres, elle s’intéresse


activement aux problèmes privés et des politiques publiques relatifs aux
marques.

Plus de 5000 sociétés et firmes issues de plus de 190 pays en font partie,
avec d’autres membres qui s’intéressent à la promotion des marques de
cabinets juridiques et d’agences publicitaires travaillant dans ce domaine83.

L’INTA a joué un rôle actif dans la législation des marques en favorisant


notamment le vote de l’U.S Trademark Act ( loi américaine sur les marques) de
1946 et du Trademark Law Revision Act (loi réformant le droit des marques) de
1988 conçue pour mettre le droit américain des marques en conformité avec
celui de la communauté internationale.
81
WWW.fr.wikipedia.org/wiki/organisation_mondiale_du_commerce
82
IDEM
83
Houda Zaari Lambarki, « la protection des marques », op.cit., page : 40.

48
En 1993, elle a changé le nom d’United states Trademark Association
faisant place à l’International Trademark Association pour refléter
l’élargissement de son champ d’activité84.

B- L’ORGANISATION AFRICAINE DE LA PROPRIETE INTELLECTUELLE (OAPI)

Jusqu’au 1962 la propriété industrielle, dans la plupart des Etats africains


francophones qui étaient membres de l’OAPI, était régie par les lois françaises.

La majorité des pays membres de l’Union Français, ayant accédés à


l’indépendance en 1960. Il s’est avéré nécessaire de créer une structure sur leur
territoire respectif dans le respect des conventions internationales en matière
de propriété industrielle85.

Cette création a trouvé son fondement juridique dans l’article 19 de la


convention de Paris sur la protection de la propriété industrielle qui dispose que
les pays membres de cette convention se réservent le droit de prendre
séparément entre eux des arrangements particuliers pour la protection de la
propriété industrielle, autant que ces arrangements ne contreviennent pas aux
dispositions de ladite convention86.

Section 2 : les modes alternatifs de règlement de litiges

Les droits de propriété intellectuelle ne sont fiables que dans la mesure où


les moyens de protection le sont également.

Dans ce contexte, on recourt de plus en plus fréquemment à l’arbitrage et


la médiation, procédures privées et confidentielles.

Les litiges de propriété intellectuelle ont un certain nombre de


particularités qui peuvent être mieux abordées dans le cadre d’une procédure
d’arbitrage ou de médiation que dans le système judiciaire national.

SOUS SECTION 1 : L’ARBITRAGE

84
Deborah E.Bouchaoux, « la propriété intellectuelle », op.cit.,page : 127.
85
www .oapic.wipo.net/en/OAPICcfpi.htm.
86
IDEM

49
L’arbitrage est un mode juridictionnel de règlement des litiges qui repose
sur une base contractuelle.

C’est donc un contrat par lequel les parties à un contrat décident de confier
leur éventuel litige à des arbitres ou à une institution arbitrale.

En effet, cette procédure présente certains avantages notamment la


rapidité, la discrétion et surtout elle permet de choisir des arbitres qui sont
spécialistes en la matière.

Ensuite, la procédure d’arbitrage se déroule généralement dans un climat


plus serein et plus convivial qu’un conflit porté devant les tribunaux étatiques.
Cette convivialité exacerbe moins le conflit et peut permettre aux parties au
litige de conserver des relations d’affaires pendant et après le déroulement de
l’arbitrage87.

Il est à préciser que les actions pénales en contrefaçon ne s’arbitrent pas


que ce soit de brevet, de marque, de modèle ou de droit d’auteur.

SOUS SECTION 2 : LA MEDIATION

Dans la procédure de médiation, un intermédiaire neutre appelé


« médiateur » aide les parties à parvenir à un règlement de leur litige qui leur
soit mutuellement satisfaisant.88

La pratique montre que les litiges de propriété intellectuelle aboutissent


souvent à une transaction.

La médiation est une procédure non contraignante dont les parties


conservent la maitrise.

De même, la procédure demeure confidentielle. Selon le règlement de


l’OMPI, les informations relatives à la médiation ne peuvent être communiquées
y compris dans le cadre d’une action en justice ou d’une procédure d’arbitrage
ultérieure à un tiers qui ne participe pas à la médiation.

Ainsi, selon le même règlement, l’existence et le résultat de la médiation


sont aussi confidentiels.
87
Houda Zaari Lambarki, «la protection de la marque », op.cit., page : 45
88
www.wipo.int/amc/fr/médiation/guide/index.html.

50
La médiation constitue donc une solution attrayante pour les parties qui
privilégient la préservation ou l’amélioration de leur relation, qui souhaitent
conserver la maîtrise de la procédure, qui attachent de l’importance à la
confidentialité ou qui veulent aboutir à un règlement rapide sans compromettre
leur réputation89.

Conclusion :

Pour conclure, il faut noter que la marque revêt une réelle importance dans
tous types de sociétés.

Elles confèrent à leurs titulaires une image, une réputation et


éventuellement une certaine notoriété, mais également une confiance vis-à-vis
des consommateurs.

Toutefois, la contrefaçon demeure la principale menace qui nuit gravement


à la notoriété de la marque. Elle est ravageuse et son impact sur le tissu
économique est considérable.

Tous les secteurs sont touchés et aucune activité n’est à l’abri de ce


phénomène ; c’est pourquoi il ne suffit pas de prévoir une loi pour soutenir les
déposants, mais il faut veiller à ce que les dispositions de cette loi soient bien
appliquées.

La lutte contre la contrefaçon est donc un travail de longue durée. Il est


difficile de repérer les contrefacteurs dont la devise est la mobilité, car
89
IDEM.

51
l’essentiel des produits sont fabriqués dans le circuit informel et vendus sans
factures.

Reste à signaler que la justice marocaine est aujourd’hui de plus en plus


pointilleuse sur le sujet grâce au renforcement du dispositif répressif de la
nouvelle loi qui constitue dans la plupart des systèmes l’autorité pour bloquer
les infractions à la marque.

La protection des marques empêche aussi les concurrents déloyaux, par


exemple les contrefacteurs, d’utiliser des signes distinctifs identiques ou
semblables pour commercialiser des produits ou service différents ou de qualité
inférieure.

Annexes

Résumé de la Convention de Paris pour la protection de la propriété


industrielle (1883)

La Convention de Paris concerne la propriété industrielle dans l'acception la


plus large du terme et vise les inventions, les marques de produits, les dessins et
modèles industriels, les modèles d'utilité (sorte de "petits brevets" prévus par la

52
législation de quelques pays), les marques de services, les noms commerciaux
(dénomination sous laquelle une activité industrielle ou commerciale est
exercée), les indications géographiques (indications de provenance et
appellations d'origine), ainsi que la répression de la concurrence déloyale.

Les dispositions de fond de la convention peuvent être divisées en trois


catégories principales: traitement national, droit de priorité et règles générales.

1. En vertu des dispositions sur le traitement national, la convention


prévoit que chaque État contractant accorde, en ce qui concerne la propriété
industrielle, la même protection aux ressortissants des autres États contractants
qu'à ses propres ressortissants. Les ressortissants des États n'ayant pas adhéré à
la convention bénéficient également du traitement national s'ils sont domiciliés
dans un État contractant ou y possèdent un établissement industriel ou
commercial effectif et sérieux.

2. La convention prévoit un droit de priorité pour les brevets d'invention


(et les modèles d'utilité, s'il y a lieu), les marques et les dessins et modèles
industriels. Ce droit signifie que, sur la base d'une première demande,
régulièrement déposée dans l'un des États contractants, le demandeur dispose
d'un certain délai (12 mois pour les brevets et les modèles d'utilité; six mois pour
les dessins et modèles industriels et les marques) pour effectuer les démarches
nécessaires afin d'obtenir la protection dans n'importe lequel des autres États
contractants; dès lors, ces demandes ultérieures seront considérées comme
ayant été déposées à la date du dépôt de la première demande. En d'autres
termes, elles auront la priorité (d'où l'expression "droit de priorité") sur les
demandes déposées entre-temps par d'autres personnes pour la même
invention, le même modèle d'utilité, la même marque ou le même dessin ou
modèle industriel. En outre, étant fondées sur la première demande, elles ne
pourront être affectées par aucun événement pouvant se produire dans
l'intervalle, tel que la publication d'une invention ou la mise en vente d'articles
portant la marque ou incorporant un dessin ou modèle industriel. L'un des
grands avantages pratiques de ces dispositions tient au fait que les demandeurs
désirant obtenir la protection dans plusieurs pays ne sont pas obligés de déposer
toutes leurs demandes en même temps, mais qu'ils disposent de 6 ou 12 mois
pour décider dans quels pays ils désirent s'assurer une protection et pour
organiser, avec tout le soin nécessaire, les démarches à entreprendre à cet effet.

53
3. La convention établit quelques règles générales que tous les États
contractants doivent observer. Les plus importantes sont les suivantes:

a. Brevets d'invention: les brevets délivrés dans différents États


contractants pour la même invention sont indépendants les uns des autres: le
fait qu'un État contractant délivre un brevet ne contraint pas les autres États
contractants à en délivrer un; un brevet ne peut être refusé, annulé ou révoqué
dans un État contractant en raison de son refus, de son annulation ou de son
expiration dans un autre État contractant.

L'inventeur a le droit d'être mentionné comme tel dans le brevet.

La délivrance d'un brevet ne peut être refusée et un brevet ne peut être


invalidé pour le motif que la vente du produit breveté, ou d'un produit obtenu
par le procédé breveté, est subordonnée à des restrictions ou limitations
résultant de la législation nationale.

Un État contractant qui prend des mesures législatives prévoyant l'octroi de


licences obligatoires pour prévenir les abus pouvant résulter de l'exercice du
droit exclusif conféré par le brevet ne peut le faire que sous certaines
conditions. Une licence obligatoire (une licence accordée non pas par le titulaire
du brevet mais par une autorité publique de l'État intéressé), fondée sur le
défaut d'exploitation industrielle de l'invention brevetée ou une exploitation
insuffisante, ne peut être octroyée qu'à la suite d'une demande déposée après
trois ans à compter de l'octroi du brevet ou quatre ans à compter de la date de
dépôt de la demande de brevet, et elle sera refusée si le titulaire du brevet
justifie son inaction par des motifs légitimes. En outre, la déchéance d'un brevet
ne peut être prévue que pour le cas où l'octroi de licences obligatoires n'aurait
pas suffi pour prévenir ces abus. Dans ce dernier cas, une action en déchéance
ou en révocation d'un brevet peut être intentée mais pas avant l'expiration de
deux années à compter de l'octroi de la première licence obligatoire.

b. Marques: la Convention de Paris ne réglemente pas les conditions de


dépôt et d'enregistrement des marques; elles sont déterminées, dans chaque
État contractant, par la législation nationale. En conséquence, aucune demande
d'enregistrement d'une marque déposée par un ressortissant de l'un des États
contractants ne peut être refusée et aucun enregistrement ne peut être invalidé
en raison du fait que le dépôt, l'enregistrement ou le renouvellement n'a pas été
effectué dans le pays d'origine. L'enregistrement d'une marque obtenu dans un

54
État contractant est indépendant de tout enregistrement de cette même
marque dans un autre pays, y compris le pays d'origine; par conséquent,
l'annulation ou la radiation de l'enregistrement d'une marque dans un État
contractant n'a aucune incidence sur la validité de son enregistrement dans
d'autres États contractants.

Lorsqu'une marque est régulièrement enregistrée dans le pays d'origine,


elle doit, sur demande, être acceptée au dépôt et protégée telle quelle dans les
autres États contractants. L'enregistrement peut néanmoins être refusé dans
des cas bien définis, par exemple lorsque la marque est de nature à porter
atteinte à des droits acquis par des tiers, lorsqu'elle est dépourvue de tout
caractère distinctif ou lorsqu'elle est contraire à la morale ou à l'ordre public ou
de nature à tromper le public.

Si, dans l'un quelconque des États contractants, l'usage d'une marque
enregistrée est obligatoire, l'enregistrement ne peut être annulé pour non-usage
qu'après un délai raisonnable, et seulement si le titulaire ne peut justifier son
inaction.

Chaque État contractant doit refuser l'enregistrement et interdire l'usage


d'une marque qui constitue la reproduction, l'imitation ou la traduction,
susceptible de créer une confusion, d'une marque utilisée pour des produits
identiques et similaires que l'autorité compétente de cet État estime être
notoirement connue dans cet État et appartenir déjà à une personne admise à
bénéficier de la convention.

Tous les États contractants doivent aussi refuser l'enregistrement et


interdire l'utilisation des marques qui contiennent, sans autorisation, des
emblèmes d'État ainsi que des signes et poinçons officiels de contrôle et de
garantie, pour autant qu'ils aient été communiqués par l'intermédiaire du
Bureau international de l'OMPI. Les mêmes dispositions s'appliquent aux
armoiries, drapeaux et autres emblèmes, sigles ou dénominations de certaines
organisations intergouvernementales.

Les marques collectives doivent être protégées.

c. Dessins et modèles industriels: les dessins et modèles industriels doivent


être protégés dans chaque État contractant, et cette protection ne peut pas être

55
frappée de déchéance en raison du fait que les objets auxquels sont incorporés
ces dessins ou modèles industriels ne sont pas fabriqués dans cet État.

d. Noms commerciaux: les noms commerciaux doivent être protégés dans


chaque État contractant, sans obligation de dépôt ni d'enregistrement.

e. Indications de provenance: des mesures doivent être prises par chaque


État contractant contre l'usage direct ou indirect de fausses indications
concernant la provenance du produit ou l'identité de leurs producteurs,
fabricants ou commerçants.

f. Concurrence déloyale: Chaque État contractant doit assurer une


protection effective contre la concurrence déloyale.

L'Union de Paris, instituée par la convention, est dotée d'une assemblée et


d'un comité exécutif. Chaque État qui est membre de l'union et qui a adhéré au
moins aux dispositions administratives et aux clauses finales de l'Acte de
Stockholm (1967) est membre de l'Assemblée. Les membres du comité exécutif
sont élus parmi les membres de l'union, excepté pour la Suisse, qui en est
membre ex officio. L'établissement du programme et budget biennal du
Secrétariat de l'OMPI - en ce qui concerne l'Union de Paris - est du ressort de
l'Assemblée de l'union.

La Convention de Paris, conclue en 1883, a été révisée à Bruxelles en 1900,


à Washington en 1911, à La Haye en 1925, à Londres en 1934, à Lisbonne en
1958 et à Stockholm en 1967, et a été modifiée en 1979.

Cette convention est ouverte à tous les pays. Les instruments de ratification
ou d'adhésion doivent être déposés auprès du Directeur général de l'OMPI.

56
Résumé de l'Arrangement de Madrid concernant l'enregistrement
international des marques (1891) et du Protocole relatif à cet Arrangement
(1989)

Introduction

Le système de Madrid concernant l'enregistrement international des


marques est régi par deux traités:

 l'Arrangement de Madrid, conclu en 1891, révisé à Bruxelles en 1900, à


Washington en 1911, à La Haye en 1925, à Londres en 1934, à Nice en 1957 et à
Stockholm en 1967, et modifié en 1979, et

 le Protocole relatif à cet Arrangement, qui a été conclu en 1989 afin


d'assouplir le système de Madrid et de le rendre davantage compatible avec la
législation nationale de certains pays ou organisations intergouvernementales
qui n'avaient pas été en mesure d'adhérer à cet instrument.

Les États et organisations qui sont parties au système de Madrid sont


collectivement dénommés les parties contractantes.

Le système permet de protéger une marque dans un grand nombre de pays


grâce à l'obtention d'un enregistrement international dont les effets s'étendent
à chaque partie contractante désignée.

À qui s'adresse le système?

Une demande d'enregistrement international (demande internationale) ne


peut être déposée que par une personne physique ou morale qui, par son
établissement, son domicile ou sa nationalité, a un lien avec une partie
contractante liée par l'arrangement ou par le protocole.

Une marque ne peut faire l'objet d'une demande internationale que si elle
a déjà été enregistrée auprès de l'office des marques de la partie contractante
avec laquelle le déposant a les liens voulus (dénommé l'office d'origine).
Cependant, lorsque toutes les désignations sont effectuées en vertu du
protocole (voir plus loin), la demande internationale peut reposer simplement
sur une demande d'enregistrement déposée auprès de l'office d'origine. La

57
demande internationale doit être présentée au Bureau international de l'OMPI
par l'intermédiaire de l'office d'origine.

La demande internationale

La demande d'enregistrement international doit désigner une ou plusieurs


parties contractantes dans lesquelles la protection est demandée. D'autres
désignations peuvent être effectuées par la suite. Une partie contractante ne
peut être désignée que si elle est partie au même traité que celle dont l'office
est l'office d'origine. Cette dernière partie contractante ne peut elle-même être
désignée dans la demande internationale.

La désignation d'une partie contractante donnée est opérée soit en vertu


de l'arrangement, soit en vertu du protocole, selon le traité qui est commun à la
partie contractante intéressée et à la partie contractante dont l'office est l'office
d'origine. Si les deux parties contractantes sont liées à la fois par l'arrangement
et par le protocole, la désignation est régie par le protocole.

Les demandes internationales peuvent être déposées en français, en


anglais ou en espagnol, quels que soient le ou les traités qui régissent la
demande, à moins que l'office d'origine n'exige l'emploi d'une ou deux de ces
langues.

Le dépôt d'une demande internationale est subordonné au paiement d'un


émolument de base (réduit à 10% du montant prescrit pour les demandes
internationales déposées par des déposants dont le pays d'origine est un pays
figurant parmi les pays les moins avancés (PMA) (conformément à la liste établie
par l'Organisation des Nations Unies), d'un émolument supplémentaire pour
chaque classe de produits ou de services en sus de la troisième et d'un
complément d'émolument pour chaque partie contractante désignée.
Cependant, une partie contractante liée par le protocole peut déclarer que,
lorsqu'elle est désignée en vertu du protocole, le complément d'émolument doit
être remplacé par une taxe individuelle dont elle détermine le montant, celui-ci
ne pouvant cependant être supérieur à celui qui serait exigible pour
l'enregistrement d'une marque, à l'échelle nationale, auprès de son office.

Enregistrement international

Après réception de la demande internationale, le Bureau international


procède à un examen afin de vérifier si les conditions énoncées dans

58
l'Arrangement de Madrid, dans le protocole et dans le règlement commun à
l'arrangement et au protocole sont remplies. Cet examen porte uniquement sur
les conditions de forme, y compris le classement et l'exhaustivité de la liste des
produits ou services. Si aucune irrégularité n'est constatée, le Bureau
international inscrit la marque dans le registre international, publie
l'enregistrement international dans la Gazette OMPI des marques
internationales (ci-après dénommée "gazette") et le notifie à chaque partie
contractante dans laquelle la protection est demandée. Toute question de fond,
telle que celle de savoir si la marque remplit les conditions requises pour
bénéficier de la protection ou si elle est en conflit avec une marque enregistrée
précédemment dans une partie contractante spécifique, relève de la décision de
chaque partie contractante désignée en vertu de la législation nationale
applicable. La gazette est disponible sous forme électronique (gazette
électronique) sur le site Internet du système de Madrid.

Déclaration d'octroi de la protection ou refus de la protection

L'office de chaque partie contractante désignée émettra une déclaration


d'octroi de la protection en vertu de la règle 18ter du règlement d'exécution
commun.

Toutefois, lorsque les parties contractantes désignées examinent


l'enregistrement international pour vérifier qu'il est conforme à leur législation
nationale et, si certaines conditions de fond ne sont pas remplies, elles peuvent
refuser la protection sur leur territoire. Tout refus, y compris une indication des
motifs sur lesquels il repose, doit être communiqué au Bureau international,
normalement dans les 12 mois suivant la date de notification. Cependant, une
partie contractante liée par le protocole peut déclarer que, lorsqu'elle est
désignée en vertu du protocole, ce délai est porté à 18 mois. Cette partie
contractante peut aussi déclarer qu'un refus fondé sur une opposition peut être
communiqué au Bureau international même après ce délai de 18 mois.

Le refus est communiqué au titulaire de l'enregistrement ou à son


représentant auprès du Bureau international, inscrit au registre international et
publié dans la gazette. La procédure consécutive à un refus (recours ou
réexamen, par exemple) est exécutée directement par l'administration et/ou le
tribunal de la partie contractante intéressée et le titulaire, sans que le Bureau

59
international y soit associé. La décision définitive concernant le refus doit
cependant être communiquée au Bureau international, qui l'inscrit et la publie.

Effets de l'enregistrement international

L'enregistrement international produit dans chaque partie contractante


désignée, dès la date à laquelle il est opéré, les mêmes effets que si la marque
avait été déposée directement auprès de l'office de cette partie contractante. Si
aucun refus n'est opposé dans le délai applicable, ou si un refus initialement
notifié par une partie contractante est ensuite retiré, cette marque jouit, dès la
date de l'enregistrement international, de la même protection que si elle avait
été enregistrée par l'office de cette partie contractante.

Un enregistrement international a une durée de validité de 10 ans. Il peut


être renouvelé pour d'autres périodes de 10 ans sur paiement des émoluments
et taxes applicables.

La protection peut être limitée à l'égard d'une partie ou de l'ensemble des


produits ou services, et il est aussi possible d'y renoncer à l'égard de certaines
seulement des parties contractantes désignées. L'enregistrement international
est transmissible pour l'ensemble des parties contractantes désignées ou pour
certaines d'entre elles et pour tout ou partie des produits ou services.

Avantages du système de Madrid

Le système de Madrid présente plusieurs avantages pour les propriétaires


titulaires de marques. Au lieu d'avoir à déposer dans chaque pays intéressé une
demande nationale en différentes langues, à se conformer à différentes
procédures et prescriptions nationales ou régionales et à acquitter plusieurs
taxes différentes (et souvent plus élevées), ils peuvent obtenir un
enregistrement international en déposant simplement une demande auprès du
Bureau international de l'OMPI (par l'intermédiaire de l'office de leur pays
d'origine), en une seule langue (français, anglais ou espagnol) et en acquittant
une seule série de taxes.

Il existe des avantages comparables pour le maintien et le renouvellement


d'un enregistrement. De même, si l'enregistrement international est cédé ou fait
l'objet de tout autre changement, tel qu'un changement de nom ou d'adresse,
l'inscription de celui-ci pour toutes les parties contractantes désignées ne
nécessite qu'une seule démarche.

60
Afin de faciliter la tâche des utilisateurs du système de Madrid, le Bureau
international publie un Guide pour l'enregistrement international des marques
en vertu de l'Arrangement de Madrid et du Protocole de Madrid.

L'Arrangement et le Protocole de Madrid sont ouverts à tout État partie à la


Convention de Paris pour la protection de la propriété industrielle (1883). Les
deux traités sont parallèles et indépendants, et les États peuvent adhérer à l'un
ou à l'autre, ou aux deux. En outre, une organisation intergouvernementale qui
possède son propre office pour l'enregistrement des marques peut devenir
partie au protocole. Les instruments de ratification ou d'adhésion doivent être
déposés auprès du Directeur général de l'OMPI.

Résumé de l'Arrangement de Nice concernant la classification


internationale des produits et des services aux fins de l'enregistrement des
marques (1957)

L'Arrangement de Nice, conclu à Nice en 1957, révisé à Stockholm en 1967


et à Genève en 1977 et modifié en 1979, établit une classification des produits et
services aux fins de l'enregistrement des marques de produits et des marques
services.

Les offices compétents des États contractants doivent faire figurer, dans les
documents officiels et dans chacune de leurs publications concernant
l'enregistrement de marques, les numéros des classes de la classification dans
lesquelles sont rangés les produits ou les services pour lesquels la marque est
enregistrée.

L'Arrangement de Nice a créé une union, dotée d'une assemblée. Chaque


État membre de l'union ayant adhéré à l'Acte de Stockholm ou à l'Acte de
Genève de l'Arrangement de Nice est membre de l'Assemblée. Parmi les tâches
les plus importantes de l'Assemblée figure l'adoption du programme et budget
biennal de l'union.

61
L'arrangement établit également un comité d'experts dans lequel tous les
membres de l'union sont représentés. La tâche principale du comité est la
révision périodique de la classification.

Cet arrangement est ouvert à la signature des États parties à la Convention


de Paris pour la protection de la propriété industrielle (1883). Les instruments de
ratification ou d'adhésion doivent être déposés auprès du Directeur général de
l'OMPI.

62
Bibliographie

Textes de lois :
La loi 17-97 relative à la propriété industrielle telle que modifiée et complétée
par la loi 23-13 et la loi 31-05.

La loi 77-03 relative à la communication audiovisuelle.

Dahir des obligations et des contrats de 1913 .

Jurisprudence :
Cour Suprême du 26/04/2006 DOSSIER N°2006.1.3.234 .

Cour d’Appel de Casablanca, 19/11/2001, DOSSIER N°727.2000 .

Tribunal du commerce de Casablanca, 07/11/2005 DOSSIER N° 1489.16.2005 .

Cour d’Appel d’Agadir, 26/2/1991 DOSSIER N°89/3521 .

Tribunal de première instance de Casablanca, 14/4/1983 DOSSIER N°81/1679 .

Tribunal de première instance, Casablanca Ain Sebaa, 30 décembre 1996


DOSSIER N°12393/96 .

Tribunal de première instance, Casablanca Ain Sultan, 22/12/1994 DOSSIER


N°3032/93

OUVRAGES
-F.Polland-Dullan, droit de la propriété industrielle, édition Montchrestien
1999.

-Pouillet, traité des marques de fabrique et de concurrence déloyale, 6eme


édition, 1912.

63
-François Curchod, « l’avenir de la marque : érosion regrettable ou adaptation
souhaitable », revue office fédéral de la propriété intellectuelle, Berne, suisse,
1980.

-P.Bassard, « la marque dans l’économie », Ripia 1966.

-J.C.Fourgoux, « marque, publicité et tromperie », Pidb 1970.

- Organisation Mondiale de la propriété intellectuelle, « comprendre le droit de


la propriété industrielle », édition 2016.

-A.Chavanne et JJ.Brust, « droit de la propriété industrielle », 5eme édition,


DALLOZ, Paris, 1998.

-Théorie d’YVES SAINT GALL, 1956.

-Deborah E.Bouchoux, « la propriété intellectuelle », ARS, Paris, 2007.

-Résumé des conventions, traités et arrangement administrés par


l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle, 2013.

-Jean Christophe Galloux, « droit de la propriété industrielle », 5eme éd,


DALLOZ, 1988.

THESES ET MEMOIRES :

-Dekkaki Mohamed Amine, « la protection des marques de fabrique, du


commerce et du service en droit et en jurisprudence », MD ; UFR, Droit des
affaires.

-Houda Zaari Lambarki, « protection des marques », droit des contentieux


publics, 2008.

-Sébastien Petit, « le parasitisme économique » ; université de lille, France.

Textes spécifiques :

64
-Accord sur les ADPIC.

-Arrangement de Madrid.

-Guide sur les marques de fabrique, de commerce ou de service.

WEBOGRAPHIE

https://www.mémoireonline.com

www.wipo.int/treatis/fr/

www.robic.ca/publications/pdf/178-DLCpdf.

www.gouache.fr/articles/Avocat-Marques6nouvelle-edition-de-la-
classification-de-Nice/

www.wikidepia.org/wiki/organisation.mondialedelapropri%C3%A9-
intellectuelle
www.oapic.wipo.net/en/OAPICcfpi.htm.

65
Table des matières

Introduction………………………………………………………………………………………………3

Partie I : la protection nationale des marques de fabrique de commerce et


de service…………………………………………………………………………………………………6
Chapitre I : La protection juridique de la marque……………………………………..6
Section1: Le régime juridique de l’acquisition d’un droit à la protection des
marques………………………………………………………………………………………………………6
Sous section 1 : les modes d’acquisition du droit sur la marque………………….6
Sous section 2 : la procédure d’enregistrement des marques……………………..7
Sous section 3 : les effets de l’enregistrement des marques.………………………8
Section2: Validité des marques et leur classification……………………………………11
Sous section 1 : les conditions de validité…………………………………………………….11
A- licéité de la marque…………………………………………………………………………..11
B- le caractère déceptif de la marque………………………………………………......11
C- l’exigence du caractère distinctif………………………………………………………12
D- le signe choisi doit être disponible……………………………………………………13
Sous section2: différentes catégories de marques……………………………………….14
A- marque de fabrique…………………………………………………………………………14
B- marque de commerce………………………………………………………………………14
C- marque de service……………………………………………………………………………14
D- marques collectives……………………………………………………………………………14
E- marques notoires………………………………………………………………………………15

Chapitre II : La protection judiciaire de la marque…………………………………….15


Section 1:les faits générateurs des actions en justice………………………………….15
Sous-section1:les deux principales atteintes à la marque……………………………16
A/la contrefaçon…………………………………………………………………………………………16
B/l'imitation…………………………………………………………………………………………………17
Sous-section 2: Autres atteintes à la marque………………………………………………18
A/le délit d usage………………………………………………………………………………………….18

66
B/le délit de substitution du produit…………………………………………………………….19
C/le délit d appositions de la marque d'autrui………………………………………………19
D/le délit de vente……………………………………………………………………………………….19
E/la concurrence déloyale…………………………………………………………………………….20
Section 2:le déroulement des actions relatives à la protection des marques.20
Sous-section 1:l action en contrefaçon…………………………………………………………..20
A/droit d agir…………………………………………………………………………………………………21
B/saisie contrefaçons…………………………………………………………………………………….22
C/règles de compétence et de procédure…………………………………………………..23
D/les sanctions……………………………………………………………………………………………24
Sous-section2: les autres moyens d action………………………………………………….25
A/l action en concurrence déloyale……………………………………………………………..25
B/l intervention des douanes dans la répression de la contrefaçon…………….25

Partie II : la protection internationale des marques de fabrique de commerce


et de service…………………………………………………………………………………………25
Chapitre I : le cadre réglementaire de la protection…………………………………26
Section 1 : traités et conventions généraux ………………………………………………..26
§ 1 : La convention de paris de la propriété industrielle (1883)……………………26
§ 2 : Arrangement de Madrid concernant l’enregistrement international des
marques (1891)…………………………………………………………………………………………..26
§ 3 : Le protocole de Madrid relatif a l’arrangement de Madrid…………………..27
Section 2 : traités et conventions spécifiques …………………………………………….29
§ 1 : Arrangement de Nice concernant la classification internationale des
produits et des services aux fins de l’enregistrement des marques……………..30
§ 2 : Accord sur les ADPIC : Aspects des droits de la propriété intellectuelle qui
touchent au commerce……………………………………………………………………………….31
§3 : Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT)…………….33
Chapitre II : le cadre institutionnel de la protection…………………………………..33
Section 1 : les organismes internationaux de la protection des marques…….33
Sous section 1 : Les organismes universaux………………………………………………..33
A- L’OMPI……………………………………………………………………………………………..33
B- L’OMC……………………………………………………………………………………………...34
Sous section 2 : les organismes régionaux………………………………………………….35
A- L’INTA………………………………………………………………………………………………35
B- L’OAPI……………………………………………………………………………………………..36
Section 2 : les modes alternatifs du règlement des litiges internationaux….36
Sous section 1 : Arbitrage international ……………………………………………………..36
Sous section 2 : Médiation internationale…………………………………………………..37

Conclusion……………………………………………………………………………………………38

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Annexes………………………………………………………………………………………………39
Bibliographie…………………………………………………………………………………………46
Table des matières………………………………………………………………………………….47

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