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Introduction

Les opérateurs du CI peuvent être définis comme les personnes au sens large qui vont
intervenir dans le CI pour réaliser des opérations. On les oppose aux régulateurs qui sont
chargés de fixer des règles. Les opérateurs sont ceux qui commercent, qui distribuent. Il en
existe deux sortes. Il y a des opérateurs privés. Mais, il y a également des opérateurs publics
Les opérateurs privés sont principalement des sociétés
Les sociétés occupent une place centrale dans le développement du commerce international.
Certaines de ces sociétés sont des groupements isolés tandis que d’autres sont intégrés dans
un groupe multinational ou international de sociétés.
Parmi les nombreuses questions que suscite la présence d’une société ou d’un groupe
international de sociétés dans le commerce international, seules retiendront notre attention
celles relatives à la nationalité des sociétés avec son corollaire, la jouissance des droits, et
celles concernant la loi applicable à une société.
problématique
Alors, Comment définir la nationalité d’une société ? Et Comment la déterminer ? Quels en
sont les critères d’appréciation ? comment déterminer la loi applicable à une société ?
Quid du déplacement du siège social de la société à l’étranger ?
Autant de questions dont les réponses envisagées et envisageables constitueront les
principaux axes de notre sujet . Ce qui nous conduira à étudier successivement les règles
applicables aux sociétés (I) ,puis le régime des règlements des litiges du commerce
international ( II)

I- les règles applicables aux sociétés .......................................................................................... 2


A- le statut des sociétés .......................................................................................................... 2
1- la nationalité des sociétés .............................................................................................. 2
a- les critères de la détermination.................................................................................. 2
b- Les intérêts de la détermination ................................................................................ 3
2- la détermination de la loi applicable : la lex sociétatis .................................................. 3
a- le droit commun ......................................................................................................... 3
b- la faillite ...................................................................................................................... 3
B- l’activité internationale des sociétés.................................................................................. 4
1- la reconnaissance des sociétés....................................................................................... 4
a- la notion de reconnaissance ....................................................................................... 4
b- le régime de la reconnaissance .................................................................................. 4
2- l’établissement international des sociétés ..................................................................... 5
a- l’établissement principal ............................................................................................ 5
b- l’établissement secondaire ........................................................................................ 5
II- le règlement des litiges du commerce international ............................................................. 6
A- les Méthodes de résolution des différents du commerce international : ......................... 6
1- recours aux juridictions étatiques .................................................................................. 6
a- compétence internationale des juridictions marocaines ........................................... 6
b- les clauses attributives de juridictions ....................................................................... 6
2- l’arbitrage ....................................................................................................................... 7
a- le tribunal arbitral et l’instance arbitrale ................................................................... 7
b-la sentence arbitrale.................................................................................................... 7
B- la reconnaissance et l’exequatur des sentences et des jugements étrangers................... 7
1- les règles applicables ...................................................................................................... 7
a- les conditions de l’exequatur..................................................................................... 7
b- la procédure ............................................................................................................... 8
2- les effets de l’exequatur ................................................................................................. 8
a- l’autorité de la chose jugé .......................................................................................... 8
b- la force exécutoire...................................................................................................... 8

I- les règles applicables aux sociétés


Il se posent deux questions. Premièrement, quel est le statut d'une société? Comment
doit-elle fonctionner? (A) Et, secondement, il s'agit d'une question de l’activité internationale
des sociétés (B)

A- le statut des sociétés


D'abord, il convient de distinguer deux questions différentes. La première question
concerne la nationalité de la société (1)
La Deuxième question, elle consiste à se demander tout simplement quelles vont être
les règles de droit applicables à une société? (2)
1- la nationalité des sociétés
Il conviendra, en raison des nombreuses difficultés qui s’y rattachent, d’examiner
d’abord les critères de détermination de la nationalité d’une société (A), puis les intérêts de
détermination de celle-ci (B).
a- les critères de la détermination
La nationalité exige un lien minimum entre une société et un État .mais la complexité
de la personne morale, et les difficultés de la réalité économique, conduisent à envisager une
pluralité de critères susceptibles de conduire à l’établissement du lien de nationalité à savoir
l’incorporation, le siège social, le centre d’exploitation et le contrôle .
L’incorporation
Selon ce critère la société possède la nationalité de l’Etat dans lequel elle a accomplit
ses formalités de constitution même si elle exerce ensuite son activité dans un autre Etat.
Le siège social
Le critère du siège social est un critère simple et facile à utiliser : il s’agit tout
simplement du lieu où se situe la direction de la société..
Le même principe s’applique au Maroc, Au terme de l’article 7 du dahir : La
nationalité d'une société est déterminée par la loi du pays dans lequel a été établi, sans fraude,
son siège social légal.
Le centre d’exploitation :
Cela signifie que la société aura la nationalité du lieu où est implanté son centre
d’exploitation c'est-à-dire le lieu principal où la société exerce son activité commerciale ou
industrielle
Le contrôle
La nationalité de la société sera recherchée non à travers l’implantation géographique
du siège social mais à travers la nationalité des organes dirigeants et celle de ses membres
fondateurs.
b- Les intérêts de la détermination
On peut dire que ces intérêts ont varié dans le temps: relativisés ou essors considérable
du fait du temps
Le premier intérêt est réel mais varie au gré des époques: mesures réservé pour les nationaux:
pour en connaître l'application, il faut connaître la nationalité, comme ces mesures
s'appliquent au PP et PM, il faut déterminer la nationalité.
Mesure en tant de guerre: débat sur des mesures de séquestres, de nationalisation
lorsque des sociétés ont été considérés comme liées à l'Etat ennemis.: certaines mesures
spéciales pourraient s'appliquer aux sociétés ennemis tel que la mise sous séquestre de biens
possédés par les ressortissants étrangers possédant la nationalité du pays ennemi
Autre intérêt important: application d'un traité à un ressortissant: la nationalité
s'impose pour savoir quel ressortissant peut revendiquer l'application d'un traité dont l'Etat
dont elle a la nationalité est signataire.
On peut signaler comme intérêt relativement important la question de la protection
diplomatique.s.il est en effet indispensable que l’État à qui la protection diplomatique est
réclamée, reconnaisse en la personne de la victime l’un de ses nationaux, et qu’elle soit
opposable à l’État auteur du dommage.
2- la détermination de la loi applicable : la lex sociétatis
Il existe deux questions différentes : la situation normale d'une société qui fonctionne
(a) et la situation d'une société qui est en faillite (b).
a- le droit commun
Le rattachement par le siège social (a) comme le rattachement par l’incorporation(b)
sont avantageux, car répondent aux conditions de simplicité et de prévisibilité que nécessitent
un lien de rattachement.
a- Le critère de siège social
C’est le critère (juristes français) le plus simple et le plus réaliste car il est facile de
déterminer la localisation du siège social et car il se réfère à une implantation géographique
incontestable. La société sera rattachée à la loi du pays où elle a son siège social réel et
sérieux.
Le même principe s’applique au Maroc, l’article 05 : Les sociétés anonymes dont le
siège social est situé au Maroc sont soumises à la législation marocaine.
b- L’incorporation
Selon ce critère la société est soumet à la loi de l’Etat dans lequel elle a accomplit ses
formalités de constitution même si elle exerce ensuite son activité dans un autre Etat.. Ce
critère peut être dangereux pour la sécurité des tiers dans la mesure où une société incorporée
dans un Etat A peut exercer ses activités dans un Etat B. Ls tiers qui contractent avec la
société dans l’Etat B peuvent ignorer que la société en question est régie par une loi étrangère
à savoir la loi de l’Etat A.
b- le domaine d’application de la lex societatis
La lex societatis s’applique à la constitution, au fonctionnement de la société et à sa
dissolution.
1. La constitution de la société
c’est la lex societatis qui gouverne les règles de constitution, de formalités de la société et les
sanctions applicables en cas d’irrégularité de constitution.
2. Le fonctionnement de la société
C’est la lex societatis qui fixent les règles relatives au fonctionnement de la société. Il en va
ainsi des droits des associés et des tiers.
3. La dissolution de la société
C’est la loi applicable à la société - la lex societatis qui détermine les différentes causes de
dissolution de la société et les effets de cette dissolution.
b- la faillite
Opérateur dans l’incapacité de faire face à son passif exigible. Le créancier peut
chercher à se faire payer sa créance en exerçant toutes les voies possibles : saisies, attributions
via des sûretés…etc. Les difficultés sont beaucoup plus importantes lorsqu’on s’attache à un
plan collectif à l’organisation des faillites internationales.
S’agissant du problème, on peut dire qu’il y a 2 thèses en présence : la thèse de la territorialité
et celle de l’universalité.
unité ou universalité
Cette théorie limite aux seules juridictions de l’Etat sur le territoire duquel
l’entreprise failli a son centre d’intérêts principaux ou son principal établissement, le droit
d’ouvrir la procédure. Ainsi le débiteur ne fait l'objet que d'une seule procédure qui produira
ses effets dans tous les Etats où ce débiteur a des biens ou des créanciers.
b- pluralité et territorialité de la faillite
Cette théorie offre la possibilité de l'ouverture à tous les Etats dans lesquels le débiteur
possède un établissement secondaire, une filiale ou même certains biens. Mais que ne peuvent
avoir que des effets territorialement limités aux frontières de l'Etat. Plusieurs procédures
parallèles coexistent donc, dont les effets restent limités aux biens locaux.
Le législateur marocain présente, en matière de procédures transfrontalières de la difficulté
d’entreprise, un système juridique mixte, en optant une solution médiane il fait appel de façon
distributive à la thèse de l'unité de la faillite et à celle de la pluralité des faillites.
Le législateur marocain prévoit deux critères de compétence, l'un autorise l'ouverture d'une
procédure « principale » qui produira ses effets dans tous les Etats et le second permet
d'ouvrir une procédure simplement territoriale .
Au terme de l’article 777 qui, se révèle conforme avec la théorie de l’universalité, en effet le
législateur à présumé que les tribunaux marocains sont compétents à déclencher une
procédure principale produisant des effets dans les pays étrangers. le législateur marocain est
très limitatif, en effet il a instauré un critère déterminant de la compétence juridictionnelle, il
s’agit du principale établissement de l’entreprise ou le centre des intérêts principaux du
débiteur. Ceci est ressorti de l’article 581
La notion de centre des intérêts principaux du débiteur ou de siège de l'entreprise se distinguer
du « centre principal des intérêts». Ce dernier, permet de déterminer le tribunal Marocain
territorialement compétent lorsque le siège de l'entreprise se trouve à l'étranger. Le centre des
intérêts principaux du débiteur est lieu où sont principalement concentrés les organes de
direction, d'administration et de contrôle.
Le critère de compétence retenu pour ouvrir une procédure territoriale : l'existence des biens
dans le Maroc (ART 791) Ce critère reconnaît la compétence des tribunaux du Royaume pour
ouvrir une procédure collective à l'égard des entreprises alors que’ elles ne possèdent pas au
Maroc d'établissement, mais ont seulement des biens sur le territoire du Royaume.

B- l’activité internationale des sociétés


L’activité internationale des sociétés est commandée par leur reconnaissance ( A),
mais surtout par la question de leur établissement international (B).

1- la reconnaissance des sociétés


C'est une question qui s'entend par une définition (1) et un régime (2).

a- la notion de reconnaissance
La reconnaissance d’une société étrangère c’est l’admission, dans un ordre juridique
déterminé, de la personnalité morale attribuée par une loi d’un Etat étranger. Dès lors que
cette PM est reconnue, on lui reconnait le droit d’accomplir des droits inhérents à cette
personnalité juridique. Cette reconnaissance ne concerne que les structures qui sont
dotées de la personnalité juridique selon leurs lois d’origine et que cette PM soit
reconnue

b- le régime de la reconnaissance

Dans certaines conventions (ex : Convention de la Haye du 1er juin 1956 relative à la
reconnaissance de la personnalité juridique des sociétés, associations et fondations étrangères
) L’objet de la reconnaissance est l’existence de la société en tant que sujet de droit et
l’obligation dans l’ordre juridique interne du for
La société étrangère reconnue n’a pas nécessairement les mêmes droits que la société
française dès lors que cela ne soit pas de nature discriminatoire. Certaines conditions peuvent
être posées pour l’exercice de certaines activités, même la condition d’avoir la nationalité
française.
La reconnaissance d’une PM étrangère ne peut pas aboutir à lui accorder plus de droits
que le lui aurait reconnue sa loi d’origine. De même une PM reconnue peut se voir refuser la
jouissance des droits exercés en France qui lui sont pourtant reconnues par son pays d’origine.
En effet, l’Etat du for réserve ses droits spécifiques à ses nationaux.

Certaines activités peuvent être refusées aux PM étrangères. D’autres activités peuvent
imposer certaines conditions.
2- l’établissement international des sociétés
Ici la question est celle de la mobilité des PM ou de la « circulation international
d’entreprises » on parle donc de déplacement international du siège social. La notion
d’établissement international n’est pas un concept juridique mais plutôt une notion
économique.
a- l’établissement principal
-. Le transfert international du siège social
Plusieurs raisons justifient le transfert international du siège social :
* l’hypothèse de l’accession d’indépendance d’un pays auparavant colonisé
* des raisons de commodités avec des conséquences juridiques, économiques, fiscales et
sociales.
Dans tous les pays qui retiennent le siège social comme critère de nationalité ou critère
de rattachement à la loi applicable, ce changement entraine le changement de nationalité et le
changement de la loi applicable.
. La distinction entre le siège réel et le siège statutaire (dissociation du siège statutaire et
du siège réel)
L’association de ces deux types de siège peut parfois poser des problèmes de
rattachement pour déterminer la loi applicable à la société. Il est possible que le siège social
ne se trouve pas au même endroit que le siège réel. Dans ces situations on va hésiter entre la
loi de situation du siège statutaire et la loi de situation du siège réel.
Illustration avec l’affaire ‘UBERS SERIGNE : une société avait été constituée selon la loi
néerlandaise. Suite à une cession de ses parts à des résidents allemands, son siège social
effectif se trouve en Allemagne. Est-ce que cette société désormais soumise à la loi allemande
aurait dû se reconstituer en Allemagne pour pouvoir agir en justice ou si elle doit continuer à
être reconnu dans le pays de constitution et ester en justice ? la cour reconnait d’abord à la
société néerlandaise dont l’intégralité des parts a été cédé la liberté d’établissement. Selon la
cour, cette société légalement constituée au Pays bas où se trouve son siège statutaire avait le
droit d’exercer sa liberté d’établissement en Allemagne. Le fait d’imposer la reconstitution de
cette société en Allemagne, aux seules fins d’agir en justice est une négation de cette liberté
d’établissement. Il ne s’agit pas de transfert de siège social mais du maintien du siège
statutaire dans l’Etat d’incorporation.
b- l’établissement secondaire
Le principe de cette liberté est posé par l’article 48 du traité conseil d'Etat. Selon cet article, la
société qui entend bénéficier de la règle d’établissement dans un Etat de la communauté doit
remplir certaines conditions. Elle doit être constituée en conformité de la législation d’un
Etat membre, y avoir son siège statutaire, son administration centrale ou son principal
établissement.
La création suppose que l’établissement principal se trouve sur le territoire de la
communauté. L’article 43 précise qu’il faut entendre par établissement secondaire une
agence, une succursale ou une filiale. Les deux premiers n’ont pas d’existence juridique car
n’ont pas de personnalité morale. Tandis que la filiale a une autonomie juridique patrimoniale
par rapport à la société mère.

* Affaire « CENTROS », CJCE(Cour de justice des communautés européennes) , 1999 :

Pose le problème de la création d’établissement secondaire au Danemark par une


société de droit britannique. L’équivalent du RCS ( registre de commerce et des sociétés) au
Danemark refuse l’immatriculation de la succursale au Danemark au motif que
l’établissement principal manque de consistance au Royaume uni . La constitution de
l’établissement secondaire devient un moyen pour contourner la libération du capital social
minimum. La question concerne les limites du droit d’établissement. Les fondateurs ont bien
joué sur deux tableaux qui leur sont favorables. Il y a les exigences légères du pays
d’implantation et il y a la liberté d’établissement pour contourner les règles contraignantes du
pays du siège statutaire.
La CJCE donne tort au Danemark au motif que le refus d’immatriculation constituait une
entrave à la liberté d’établissement. La cour précise qu’il est sans importance que la société se
soit constitué dans un Etat membre en vue de s’établir dans un second en vue d’y exercer
l’essentiel voire l’ensemble de son activité économique. La cour refuse de tenir compte d’une
éventuelle fraude.

II- le règlement des litiges du commerce international


A- les Méthodes de résolution des différents du commerce
international :
1- recours aux juridictions étatiques

a- compétence internationale des juridictions marocaines

En ce qui concerne la compétence internationale, le législateur marocain et en


l'absence d'une loi qui régie le droit international, le juge a la possibilité de faire l'extension
des règles internes sur celles internationales, seulement dans ce cas le juge doit qualifier et
adapter ces règles sur le conflit international.
Selon l'article 27 la compétence territoriale et celle du lieu de résidence du défendeur
et si en applique cette règle par extension sur les conflits à caractère international, les
tribunaux marocains vont se trouvés compétents dès qu'un défendeur ou l'un d'eux en cas de
pluralité de défendeurs ait une résidence au Maroc.
b- les clauses attributives de juridictions
Une clause attributive de juridiction est une disposition d’un contrat par laquelle les
parties conviennent de confier le règlement d’un éventuel litige à une juridiction
déterminée, bien que cette juridiction ne soit pas en principe compétente pour en connaître au
regard des textes de loi applicables
Trois conditions doivent être respectées pour qu’une clause attributive de compétence
soit valable et puisse produire des effets sur le plan juridique.
1° Pour être valable, la clause attributive de juridiction doit avoir été convenue entre
des parties ayant toutes la qualité de commerçant, et qui contractent en tant que tel.
2° Une clause attributive de juridiction n’est opposable qu’à la partie qui en a eu
connaissance et qui l’a acceptée au moment de la conclusion du contrat. Elle ne peut donc
produire aucun effet à l’égard d’une personne qui n’a pas signé le contrat en cause.
3° La clause attributive de juridiction doit également respecter des conditions de
forme. Elle doit être rédigée en des termes clairs et précis, en caractères très apparents,
c’est-à-dire écrite avec une police lisible et selon un procédé typographique qui permette
d’attirer l’attention de l’autre partie au moment où elle signe le contrat. (Ex: titre, caractères
gras, soulignés, encadrement, etc…). La clause doit être inscrite dans le corps du contrat. Le
fait qu’elle soit mentionnée sur des documents établis postérieurement à la signature du
contrat (bon de commande, facture, bon de livraison…) est insuffisant.
Au Maroc, ces clauses sont régies, essentiellement, par l'art 12 de la loi 53-95
instituant les juridictions de commerce qui dispose que « les parties peuvent dans tous les cas
convenir par écrit de désigner le tribunal de commerce compétent » et par extension, cet
article s'applique aux contrats à caractère international.

2- l’arbitrage

a- le tribunal arbitral et l’instance arbitrale


Il y a une grande liberté dans la désignation des arbitres, c’est-à-dire que les parties ne
sont pas ténues de prévoir dans la clause compromissoire la désignation des arbitres ni même
les modalités de cette désignation. Aucune restriction dans le choix de l’arbitre n’est imposée
en raison de sa profession ou de sa nationalité, mais l’arbitre doit-être indépendant des parties
évidemment. La seule restriction est que l’arbitre doit avoir le plein exercice de ses droits.
Donc le plus souvent, les parties choisissent un arbitre unique désigné d’un commun accord
ou alors d’un tribunal composé d’un nombre impair d’arbitres, souvent un ou trois arbitres.
Les parties peuvent se défendre elles-mêmes ou se faire assister par un avocat. Les
arbitres déterminent librement le lieu du siège de l’arbitrage. La langue de l’arbitrage est
décidée par les parties (ou par les arbitres si les parties ne l’ont pas fait). Ce sont les parties
qui décident toujours. Elles peuvent choisir la loi d’un état, une convention internationale, la
lex mercatoria (=loi des marchands, qui sont les principes généraux du commerce
international). En l’absence de choix par les parties, ce sont les arbitres qui décident.
b-la sentence arbitrale
La sentence arbitrale est la décision du tribunal arbitral portant sur le fond du litige,
elle ne produit d’effets que vis-à-vis des parties, chose qui résulte de la nature contractuelle de
ce mode de résolution de conflit
*La sentence est définitive, c’est-à-dire que les arbitres ne peuvent pas revenir sur le
contenu de la sentence. Si l’arbitre est unique, il délibère tout seul ; s’il y a un tribunal
arbitral, soit la décision est prise à l’unanimité, soit à la majorité des arbitres, soit par le
président du tribunal arbitral s’il y en a un. La décision doit obligatoirement être précédée
d’un délibéré c’est-à-dire qu’ils doivent se retirer car le délibéré doit-être secret.
*La sentence est un acte juridictionnel privé c’est-à-dire qu’elle a autorité de la chose jugée
relativement à la contestation qu’elle tranche c’est-à-dire que la même affaire ne peut pas être
portée devant les juridictions françaises.

B- la reconnaissance et l’exequatur des sentences et des jugements


étrangers
1- les règles applicables

a- les conditions de l’exequatur


En vertu de l'art 430 alinéa 2 du CPC, le tribunal saisi de l'exequatur doit s'assurer de
la régularité de l'acte, de la compétence de la juridiction étrangère ayant rendue la décision et
vérifier si cette décision ne porte pas atteinte à l'ordre public marocain.
- Régularité de l'acte :
Le juge d'exequatur dans ce cas doit vérifier deux conditions ;
- Que la décision doit avoir respectée le principe du contradictoire et les droits de la défense.
- Que la décision étrangère doit avoir acquis la force de la chose jugée (épuisement de toutes
les voies de recours).
- Compétence internationale des juridictions étrangères (compétence indirecte)
L'art 430 alinéa 2 du CPC, impose au juge marocain de s'assurer de la compétence de
la juridiction étrangère ayant rendu la décision, mais sans lui donner de directives.
b- L’existence de la sentence
Les sentences arbitrales internationales sont reconnues au Maroc si leur existence est
établie par celui qui s’en prévaut.
A cet égard, l'existence d'une sentence arbitrale est établie par la production de
l'original accompagné de la convention d'arbitrage ou des copies de ces documents réunissant
les conditions requises pour leur authenticité. toutes ces pièces devront être traduites en
langue arabe par une interprétation assermenté
- Conformité à l'ordre public
Le juge d'exequatur doit s'assurer que la décision étrangère ne contient rien de
contraire à l'ordre public marocain
b- la procédure
En ce qui concerne la compétence d’attribution, l’exécution est de la compétence du
TPI du domicile ou de la résidence du défendeur, ou à défaut du lieu où l’exécution doit être
effectuée, sous peine d’irrecevabilité, le demandeur doit, en vertu de l’article 431 CPC, à
l’appui de sa requête fournir expédition authentique de la décision, l’original de la
notification ou de tout autre acte en tenant lieu, une certificat du greffe compétent constatant
que la décision est passée en force jugée ,autrement dit, qu’il n’existe contre la décision ni
opposition ni appel , ni pourvoi en cassation, toutes ces pièces devront être traduites en langue
arabe par une interprétation assermenté.
La compétence pour statuer sur la demande de l'exequatur de la sentence arbitrale
mettant en cause l'Etat, des collectivités locales ou autres organismes dotés de prérogatives de
puissance publique revient à la juridiction administrative dans le ressort de laquelle la
sentence sera exécutée ou au tribunal administratif de Rabat, lorsque la sentence arbitrale
concerne l'ensemble du territoire national.
2- les effets de l’exequatur

L’exequatur permet de confier à la décision étrangère

a- l’autorité de la chose jugé


- L'autorité de la chose jugée : l'affaire (le rapport de droit) objet de la décision ne peut
être revu par une autre juridiction que ce soit par celle du pays d'origine de la décision ou par
le Pays de l'exequatur.
b- la force exécutoire
- La force exécutoire: une fois le juge marocain accorde la formule exécutoire à la
décision étrangère, les autres, juges marocains ont l'obligation de traiter cette décision comme
s'il s'agissait d'une décision rendue par un juge marocain.
La décision d'exequatur produit ses effets à partir du jugement du pays d'origine, c'est
ce qui a confirmé une jurisprudence le 13 septembre 2006, et celui du 14 janvier 2009 de la
cour suprême (cassation).