Vous êtes sur la page 1sur 57

Réalisé par :

LECHHAB ANOUAR
SMAHI INSAF
N’DOYO ROMARIC NANTOÏLLAH
EL ALAMI SOUKAINA
SAFOUAN SOUFIANE
BENCAID ABDELLAH MOHAMED

2
Sommaire
Plan : ........................................................................................................................................................ 4
Introduction :........................................................................................................................................... 5
Première partie : ..................................................................................................................................... 7
Le régime applicable au contrat de consommation. ............................................................................... 7
Chapitre I : La notion du contrat de consommation ........................................................................... 7
Section 1 : Définition du contrat de consommation ...................................................................... 7
Section 2 : contrat de consommation : parties et caractéristiques ................................................ 9
Chapitre II : les règles relatives à la formation de contrat de consommation.................................... 14
Section 1 : Règles de droit commun .............................................................................................. 14
Section 2 : Règles de la loi 31-08 .................................................................................................. 18
Deuxième partie : la conclusion et l’exécution du contrat de consommation ..................................... 20
Chapitre 1 : la protection du consommateur lors de la formation du contrat .................................... 20
Section 1 : l’obligation d’information ........................................................................................... 20
Section 2 : Contenu de l’obligation d’information ........................................................................ 22
Section 3 : les pratiques commerciales interdites .......................................................................... 25
Chapitre II : La protection du consommateur lors de l’exécution du contrat : .................................. 39
Section I : la nullité des clauses abusives ...................................................................................... 39
Section2 : les autres mesures de protection du consommateur : ....................................................... 45
1-Le droit de rétractation : ............................................................................................................. 45
2-Les garanties assurées par le vendeur : ...................................................................................... 48
Conclusion : ........................................................................................................................................... 55
Bibliographie.......................................................................................................................................... 56

3
Plan :

Introduction

Première partie : Le régime applicable au contrat de consommation.

Chapitre I : La notion du contrat de consommation

Section 1 : Définition du contrat de consommation

Section 2 : contrat de consommation : parties et caractéristiques

Chapitre II : les règles relatives à la formation de contrat de consommation.

Section 1 : Règles de droit commun

Section 2 : Règles de la loi 31-08

Deuxième partie : la conclusion et l’exécution du contrat de consommation

Chapitre I : la protection du consommateur lors de la formation du contrat

Section 1 : l’obligation d’information

Section 2 : Contenu de l’obligation d’information

Section 3 : L’interdiction des pratiques commerciales trompeuses

Chapitre II : La protection du consommateur lors de l’exécution du contrat :

Section 1 : la nullité des clauses abusives

Section2 : les autres mesures de protection du consommateur :

Conclusion

4
Introduction :

Dans le schéma théorique de l’économie libérale, le consommateur est le


bénéficiaire du marché : la libre concurrence conduit à la fois à l’amélioration
de la qualité des produits et à la justesse du prix, entre l’offre et la demande.

Mais en réalité chacun sait que la concurrence n’est pas parfaite, tant s’en
faut. Surtout, l’équilibre entre les parties aux échanges économiques est tout à
fait fictif : on distingue aisément sur ce plan un professionnel, qui dispose de
compétences techniques et d’informations générales sur le marché, face à un
consommateur, qui n’a rien de cela.

Le Droit, du moins le Droit contemporain, dans toutes ses branches, a au


fond un objectif essentiel : le rétablissement des équilibres, et finalement la
protection des plus faibles. Cette philosophie n’est pas étrangère au Dahir des
Obligations et Contrats, lors même qu’il admet la nullité du contrat pour vice du
consentement ou qu’il oblige le vendeur à garantir l’acheteur contre les vices
cachés de la chose vendue. Mais le droit de la consommation est sans doute la
branche de Droit d’aujourd’hui qui poursuit sans doute cet objectif de
rétablissement des équilibres.

L’avènement du jeune droit de la consommation peut être regardé comme


une manifestation supplémentaire de l’évolution envisagée. Ce droit dont la
naissance a répondu à la nécessité de protéger le consommateur contre les
professionnels, s’est formé par une succession des textes du Dahir des
obligations et contrats.

Le droit de la consommation désigne le droit régissant la relation marquée


par un déséquilibre entre les consommateurs et les professionnels. Il rassemble
l’ensemble des dispositions spécifiques qui protègent les premiers contre les
seconds.

Ceci dit que le droit de la consommation a pour vocation de regrouper les


normes qui protègent le consommateur dans ses rapports avec les
professionnels. L’idée de protection contre les agissements des professionnels
paraît être au « cœur du droit de la consommation ». Il apparaît néanmoins que

5
ce droit de la consommation, tel qu’il est perçu par la doctrine et qu’il
transparaît dans la loi de la consommation, la loi 31.08, ne correspond
qu’imparfaitement à cette idée.

Le critère protecteur, d’abord, peut être mis de côté. Le droit de la


consommation se présente alors comme un droit appelé à réguler la fonction de
consommation ou, d’un point de vue plus juridique, comme l’ensemble des
règles applicables aux rapports noués entre consommateurs et professionnels.

A l’origine, le consommateur ne faisait pas l’objet d’une réglementation


spécifique, en dehors de quelques textes sur les fraudes : le droit commun des
contrats semblait suffisant pour régler les litiges individuels, et le droit de la
concurrence et de la distribution pour régler les problèmes collectifs.

Mais la montée du phénomène consumériste a provoqué la naissance d’un


droit spécial.

Au Maroc, une loi avait été élaborée en 2000 par le gouvernement


d’Abderrahmane El Youssoufi.Après plusieurs tourmentes législatives, cette loi
vient d’être adoptée par le parlement et publiée au Bulletin Officiel numéro
5932 du 07 Avril 2011. Il s’agit bel est bien de la loi numéro 31.08 édictant les
mesures de protection du consommateur.

Cette loi comptant 206 articles a consacré 10 titres à différentes questions,


notamment le droit du consommateur à l’information, la protection du
consommateur contre les clauses abusives insérées dans les contrats
d’adhésions. Ainsi qu’un titre autour de la réglementation de certaines pratiques
commerciales comme la publicité, le démarchage. Un titre sur les associations
de consommateur et un autre sur les sociétés pénales… dans le but d’assurer
aux consommateurs la loyauté et la sincérité de l’offre faite par les
professionnels vendeurs de produits et de services, la légalité des transactions
commerciales et la protection des intérêts des acheteurs.

Le droit de la consommation est, pour une bonne part, un droit des


contrats.

Conclu entre un professionnel et un consommateur, le contrat de


consommation est encadré par le droit pour éviter les abus et rétablir un certain
équilibre

6
Première partie :
Le régime applicable au contrat de
consommation.

Il est important de dégager les grandes idées qui président à la


détermination du régime juridique applicable au contrat de consommation, tant
en ce qui concerne la notion de ce contrat (chapitre 1) que leur formation
(chapitre 2).

Chapitre I : La notion du contrat de consommation

Dans le cadre de ce chapitre on peut évoquer, dans une première section ,


ce que l’on entend par le contrat de consommation , et dans une seconde
section nous parlerons des parties à ce contrat.

Section 1 : Définition du contrat de consommation

Le droit marocain ne donne aucune définition des contrats de


consommation, ce qui, entre parenthèses, montre les inconvénients d'une
codification à droit constant. La loi 31-08 édictant les mesures de protection du
consommateur de 2011 aurait dû contenir une telle définition puisque bon
nombre de relations contractuelles entre un consommateur et un professionnel
relèvent des dispositions contenues dans ce code.
Si les textes législatifs et réglementaires ne donnent pas de définition des
contrats de consommation, la doctrine a dégagé des éléments communs à tous
ces contrats sans nécessairement proposer une définition. Ainsi, Y. Picod et H.

7
Davo écrivent «les contrats de consommation se singularisent par la présence
d'un professionnel en position de supériorité par rapport au consommateur, en
raison de connaissances techniques et de capacité financières beaucoup plus
développées... ». On retrouve la même idée dans l'ouvrage de MM. Terré,
Lequette et Simler 5.

En général, le contrat de consommation est un contrat d'adhésion qu’on


peut définir comme la convention par laquelle un professionnel procure à un
consommateur une marchandise ou une prestation de service. Les règles de
formation et d'exécution de ce contrat obéissent avant tout à celles du droit civil
qui, en tant que droit commun, a vocation à s'appliquer à l'ensemble des
contrats.

De même, un contrat est dit « de consommation » dès lors qu’il met en


présence un professionnel et un consommateur, et ce indépendamment de son
objet. A contrario, ne sont pas des contrats de consommation ceux qui sont
conclus entre deux professionnels ou entre deux consommateurs. Tous les types
de contrat peuvent être de « consommation » : la vente, l’assurance, le bail,
ect. Il faut, et il suffit, qu’une des parties soit consommateur.

Puisque la définition du contrat de consommation s’appuie sur celle du


consommateur, il est indispensable de savoir comment opérer cette qualification
d’un contractant. Là encore, il faut se reporter à la jurisprudence : pour la cour
de cassation française, le consommateur ( ou le non-professionnel). Est
l’individu qui conclut un contrat n’ayant pas de rapport direct avec sa
profession.

La qualification de contrat de consommation est essentielle car le droit


édicte des règles concernant exclusivement ce type de contrat, où sont en
présence des parties de force inégal. Le professionnel est techniquement plus
compètent que le non-professionnel ; il peut utiliser des techniques efficaces. Le
droit de consommation doit donc permettre de rééquilibrer les rapports
contractuelles.

Cependant, à la lecture de la nouvelle loi, il parait que le droit de la


consommation déroge aux principes de formation des contrats en prévoyant des
délais de réflexion et un droit de repentir, il impose des obligations

8
d'information et met en œuvre un contrôle du contenu par le biais des règles
applicables aux clauses abusives ou en incluant dans le contrat une obligation
générale de sécurité.

Section 2 : contrat de consommation : parties et caractéristiques

L’étude exhaustive de la notion de contrat de consommation, nécessite


l’identification des personnes concernées par le contrat de consommations
(paragraphe 1). Ensuite, il sera très utile d’examiner nettement les
caractéristiques dudit contrat (paragraphe 2)

Paragraphe 1 : les parties au contrat de consommation

Le contrat de consommation se définit comme étant une convention


librement conclu entre un professionnel et une partie non professionnelle afin
de fournir une marchandise ou une prestation de services en échange d’un
payement, il s’agit donc d’un contrat bilatérale et synallagmatique qui fait naitre
comme tous les autres contrats des obligations à la charge de deux parties qui
sont le consommateur (I) et le professionnel (II) :

I. Le consommateur :

Concept récemment apparu, ce qui justifier le manque d’une définition


légale à la fois précise et globale du terme « consommateur » dans les codes
civils français et égyptien, en effet cette notion a été largement utilisé par les
économistes comme étant l’étape dernière d’une chaine économique et plus
précisément le consommateur en matière d’économie veut dire l’agent
économique (personne physique ou morale) qui choisit, utilise et consomme un
service ou un bien, pour ses besoins personnels.1

1
https://www.e-marketing.fr/

9
Quant aux juristes, ils se sont divisés en deux courant majeurs, certains
considèrent l’intérêt de contracter comme critère décisif pour distinguer le
consommateur et par conséquent il limite la notion en personne contractant à
titre non professionnel, c’est la position adoptée par le législateur marocain

Qui définit le consommateur dans l’article 2 de la loi 31-082 comme étant «


On entend par consommateur toute personne physique ou morale qui acquiert
ou utilise pour la satisfaction de ses besoins non professionnels des produits,
biens ou services qui sont destinés à son usage personnel ou familial. »

Par contre, d’autres juristes élargissent la notion de consommateur pour


englober d’autres personnes professionnelles en s’appuyant sur le critère
subjectif et qui à lui seul peut garantir une protection plus efficace et plus
exhaustive pour les consommateurs, ce qui explique le fait de qualifier certains
professionnels en tant que consommateurs notamment lorsqu’ils se trouve face
à des professionnels beaucoup plus fort.

La définition de consommateur ne va pas sans susciter quelques difficultés


aussi bien d’interprétations qu’au niveau pratique.

La première est celle relative à l’application des textes du droit de la


consommation aux actes mixtes (acquisition d'une voiture par une personne qui
s'en sert à la fois à titre familiale et à titre professionnel par exemple). En
général, on applique la règle du principal et de l'accessoire, c’est à dire que si
l'activité est essentiellement professionnelle les textes ne s'appliquent pas, si
l'utilisation est essentiellement personnelle les textes du droit de la
consommation s'appliquent.

La deuxième difficulté l’application des textes du droit de la consommation


à un professionnel qui contracte en dehors de sa sphère d'activité. Par exemple,
un boulanger prend un abonnement téléphonique.

Il y a une jurisprudence qui n'est pas homogène. Ex : A propos d'un


démarchage à domicile portant sur l'installation d'un matériel de vidéo
surveillance, un pharmacien a été considéré comme un professionnel, mais pas
un médecin.

2
Dahir n°1-11-03 du 14 rabii 1432 (18 février 2011) portant loi31.08 loi n° 31-08 édictant des mesures de protection du
consommateur

10
La jurisprudence utilise deux critères (souvent alternatifs) :

 Le premier est le critère de la compétence « sphère habituelle de


compétence ». Quand on sort de son domaine de technicité on peut devenir un
consommateur.
 Le deuxième critère utilisé est celui du rapport direct avec la
professionnel (rapport direct : pas de droit de la consommation). On a considéré
qu'un imprimeur avait besoin pour faire fonctionner son commerce d’électricité,
on a considéré qu'il n'y avait pas application du droit de la consommation,
même s'il n'a aucune compétence en la matière.

II. Le professionnel :

Au sens large, on désigne par Le professionnel toute personne spécialisée


dans un secteur d'activité ou exerçant une profession ou un métier. Le
professionnalisme caractérise la qualité du travail de quelqu'un ayant de
l'expérience. Le professionnalisme est la capacité à assurer un engagement
envers la société et à répondre à ses attentes.

Or en matière de consommation Le professionnel est celui qui contracte, à


l'occasion de son activité commerciale, artisanale, industrielle, agricole et ce
peut être une personne physique comme une personne morale, Ce
professionnel, majoritairement, va subir les obligations du droit de la
consommation. Mais parfois, le droit de la consommation peut indirectement le
protéger, c'est par exemple le cas de la publicité comparative.

Le législateur marocain à travers la loi 31 08 en adoptant ladite définition a


employé le terme fournisseur à la place de fameux terme professionnel, c’est
ainsi l’article 2 alinéa 3 stipule « Le fournisseur est défini comme toute
personne physique ou morale qui agit dans le cadre d’une activité
professionnelle ou commerciale. »

Ainsi la loi 31 08 se base pour définir le professionnel sur l’opération de


l’offre des biens et des services au publique moyennant un prix. Et considère
cette opération comme étant une profession notamment lorsqu’elle s’exerce
d’une manière habituelle, peu importe la forme de cette opération ou la qualité
de celui qui l’exerce.

11
Paragraphe 2 : les caractéristiques d’un contrat de consommation

Le contrat de consommation se démarque des contrats classiques par un


certain nombre des particularités, il est en premier lieu un contrat d’adhésion (I)
ce qui explique naturellement l’existence d’un déséquilibre étrange à la théorie
classique des obligations (II).

I) Contrat d’adhésion :

Le contrat d’adhésion suppose que l’une des parties accepte en bloc les
clauses de contrat proposées par l’autre partie (apparemment la partie forte), la
liberté des parties des donc réduite elle consiste à adhérer ou non au contrat
sans qu’elles puissent discuter son contenu. Autrement dit, le contrat d’adhésion
est un contrat dont les clauses essentielles ont été rédigées préalablement par
l’une des parties et sont soumises à l’adhésion de l’autre partie.

L’industrialisation, Lé développement technologique, l’accroissement du


pouvoir d’achat des consommateurs, l’augmentation des services et produites,
et bien sûr, de la publicité de masse sont les facteurs majeurs ayant contribué à
l’émergence d’un tel contrat

La doctrine française s’est penchée profondément sur la notion de contrat


d’adhésion. Raymond Saleilles fut le premier à attirer l’attention sur ce
phénomène en 1901.

Ce type de contrat met en présence une minorité très puissante qui impose
les clauses du contrat à une majorité très faible, celle-ci se trouve dans la
nécessité de contracter avec la première soit pour obtenir des produits ou des
services, soit pour travailler dans des entreprises on peut citer à titre d’exemple
le contrat de travail, le contrat du transport, le contrat d’assurance…

En réalité, les clauses des contrats d’adhésion se prépare d’avance et se


standardise en offrant une possibilité de choix entre plusieurs formules, ainsi
l’adhérent n’a pas le droit de proposer une modification de contrat.

En contrat de transport par exemple, il n’est pas possible d’en discuter les
conditions de transport avec une société de transport, et par conséquent es
voyageurs peuvent courir des risques graves,
12
Face à cette situation compliquée, la doctrine s’est divisée en deux courants
afin de cibler nettement la nature juridique de contrat d’adhésion.

Pour certains publicistes soutenant la thèse institutionnelle, l’opération


d’adhésion n’a de contrat que le nom, en effet un tel contrat n’a pas un caractère
contractuel puisqu’il n’implique pas une discussion de clauses entre les parties,
en fait il se rapproche beaucoup plus des textes réglementaires statuts et règles
générales.

Pour certains d’autres, le contrat d’adhésion est un contrat comme les autres
puisqu’ç la base de ce contrat, la volonté de se lier existe bel et bien et ceci
malgré l’absence de négociation, en bref l’adhérent a toujours la possibilité de
contracter ou de ne pas contracter 3

Sans interdire le contrat d’adhésion dans les transactions de


consommation, les législateurs ont adopté des dispositions visant à tempérer
l’accroissement du déséquilibre des forces qu’engendre son utilisation.

II) Déséquilibre entre des parties :

Le Caractère déterminant de la qualification de contrat de consommation


est le déséquilibre considérable entre les parties.

Ce déséquilibre se traduit par le fait que le consommateur ne détient pas la


force économique ni les connaissances nécessaires pour lui permettre de
négocier de manière égalitaire avec le commerçant

La relation qu’entretiennent le consommateur avec l’entreprise se


caractérise, depuis les années 70, par un écart entre les connaissances ainsi que
les ressources disponibles à chacun pour faire valoir ses droits en cas de litige

Le législateur marocain a intervenu activement pour instaurer des règles


spécifiques applicables au contrat de consommation, ces règles constituant la loi
31-08 ont pour but de rétablir l’équilibre entre les parties en offrant une
protection efficace du consommateur, partie faible du contrat.

3
Bouhjel Amina, théorie des contrats, Edition 2010

13
En vertu de la Loi de 31 08 le législateur a tenté d’établir l’équilibre entre
les parties en renforçant la protection du consommateur via

Obligation d’information à la charge du professionnel afin que l’acheteur


prenne une décision en ayant les bonnes informations celles qui sont nécessaires

Encadrement des clauses pouvant être abusive pour le consommateur ou


encore et protection telles que le droit de repentir. Ainsi que Les règles
régissant la publicité ;

Chapitre II : les règles relatives à la formation de contrat


de consommation.

Section 1 : Règles de droit commun

Le droit de la consommation est, pour une bonne part, un droit des contrats.

Il s'applique aux contrats passés entre professionnels et consommateurs. Son


but est de rétablir un équilibre naturellement menacé par la puissance
économique des professionnels. Cela au moyen des règles d'ordre public, règles
auxquelles on ne peut déroger par des conventions particulières.

Dans la mesure où il concerne des contrats, le droit de la consommation


est nécessairement lié au droit civil, qui est le droit commun des contrats.

Le droit de la consommation n'est pas autonome, il ne suffit pas à lui-même.


On peut le qualifier de spécifique, mot moins fort qu’autonome : les contrats
entre professionnels et consommateurs sont soumis sur de nombreux points à
des règles dérogatoires au droit commun, mais en dehors de ces points
particuliers ils relèvent du droit commun. La création, en 2011, d'une loi de la
consommation, à droit constant, n'a rien changé à cette réalité.

« Que reste-t-il du droit commun des obligation? »

C'est cette lancinante question, teintée d'un brin de résignation et d'un fort
relent de nostalgie, que l'on est tenté de se poser après un premier et rapide tour
d'horizon. A première vue, en effet, le droit commun des obligations, serait

14
aujourd'hui confronté à une grave crise d'identité suite à l' «entreprise de
démantèlement» dont il serait l'objet, orchestré notamment par ce «droit
militant» et conquérant que constitue le droit de la consommation.

A dire vrai, deux diagnostics, plus ou moins alarmants et alarmistes, sont


faits pour présenter la liaison fatale qu'entretiennent le droit commun des
obligations et le droit spécial de la consommation.

En premier lieu, le constat de marginalisation du droit commun.

Confronté à l'autonomie du droit spécial de la consommation, que symbolise


et consacre la création d'une loi spécifique, l'histoire du droit commun des
obligations serait celle d'une régression constante. L'expansionnisme du droit de
la consommation se traduirait par un amenuisement progressif et significatif du
domaine du droit commun et se solderait par un important déficit d'influence de
ce dernier. Dans cette optique, on le pressent, il y aurait non seulement
succession du droit consommation, mais aussi banalisation du droit commun
qui, en définitive, à plus ou moins long terme, aurait simplement vocation à
survivre en tant que méthode de raisonnement transmise au juriste en herbe. On
mesure, dans ce scénario catastrophe, le destin tragique réservé au droit
commun des obligations qui abandonne la vedette au droit de la consommation,
ainsi sacré matrice du droit vivant, et devient le droit des professeurs….

Pire encore, en second lieu, le diagnostic de la colonisation du droit


commun des obligations par le droit spécial de la consommation est parfois
effectué. Non seulement, la branche s'est faite plus grosse que le tronc mais
encore elle l'a purement et simplement absorbé! Ainsi, peut-on lire sous une
plume particulièrement respectée que le droit de la consommation est le
«nouveau droit des obligations».

Marginalisation, banalisation, succession, annexion, disparition…. Autant


de terme qui, avouons-le, témoignent d'une appréhension excessivement
conflictuelle et manichéenne des rapports entre ces Droits et en offrent une
vision abusivement négative et polémique.

En réalité, si on prend la peine d'examiner attentivement les relations qu'ils


entretiennent, on peut constater que le droit commun des obligations a une force

15
capacité de résistance et qu'il ne fait pas nécessairement preuve de soumission
à l'égard du droit de la consommation

Dans la conception classique, le contrat se forme de façon instantanée: la


réunion d'une offre et d'une acceptation fait jaillir l'étincelle de la conclusion du
contrat. Le dahir des Obligations et Contrats ne s'occupe pas directement du
processus qui conduit à cette conclusion. Il permet seulement d'annuler le
contrat, a posteriori, en cas de défaut ou de vice de consentement. Ce remède
est théoriquement utilisable pas les consommateurs, mais il est mal adapté, car
il suppose une action individuelle en justice, hors de proportion, dans la plupart
des cas avec l'intérêt en jeu.

Le droit de la consommation, lui, intervient dès le processus de la


formation du contrat. Il agit préventivement, de façon à améliorer le
consentement du consommateur pendant la période où celui-ci est en voie de
formation. Tel est le fondement des dispositions de la loi de la consommation
qui mettent une obligation d'information à la charge des professionnels ( art. 3 à
14), de celles qui prohibent les tromperies (art.15 à 20) , de celles qui
réglementent ou interdisent certaines pratiques commerciales (art.21 à 64), de
celles qui accordent aux consommateurs un délai de réflexion (art.36 à 42 et art
49).

Des sanctions pénales menacent les professionnels qui transgresseraient


ces règles.

En outre, les associations de consommateurs peuvent exercer des actions


civiles pour faire cesser les infractions. Ainsi le droit de la consommation ajoute
des moyens préventifs et collectifs aux remèdes curatifs et individuels du droit
civil.

Il n'en demeure pas moins que, dans la mesure où il cherche seulement à


améliorer le consentement du consommateur, le droit de la consommation sr
réfère au principe de l'autonomie de la volonté: c'est le consentement des parties
qui forme le contrat et qui détermine son contenu.

La position du droit civil est bien connue. Elle est exprimée par l'article
461 : «Lorsque les termes de l'acte sont formels, il n'y a pas lieu à rechercher
quelle a été la volonté de son auteur». Du moment que deux volontés se sont

16
accordées, il n'y'a pas à rechercher si le contrat est, ou non, équilibré. De toute
façon, il fait la loi des parties. «Qui dit contractuel dit juste».

Quelle est, en ce domaine, la position du droit de la consommation?

Pour l'équilibre global du contrat, autrement le rapport qualité/prix, le


droit de la consommation, reste dans la ligne du droit civil. Les prix sont libres.
La lésion n'est plus sanctionnée en droit de la consommation qu'en droit civil.
Du moment que le consommateur a accepté d'acheter à tel prix, il doit payer ce
prix, si élevé soit-il. C'est dans la concurrence que le consommateur trouve son
salut: il lui appartient de choisir, parmi les produits concurrents, celui qui
présente le meilleur rapport qualité/prix. La loi n'intervient que pour permettre
le jeu de la concurrence, elle n'intervient pas sur l'équilibre global du contrat.

S'agissant, non plus de l'équilibre global, mais de l'équilibre ponctuel des


clauses du contrat, le droit de la consommation a une position différentes de
celle du droit civil. Non seulement, pour tous les contrats entre professionnels et
consommateurs, il permet l'élimination des clauses abusives.

Mais encore, pour certaines contrats, notamment les contrats du crédit, il


détermine impérativement le contenu de certaine clauses. Dans un cas comme
dans l'autre, la Fédération nationale de protection du consommateur et les
associations de consommateurs sont dotés de pouvoirs nécessaires pour assurer
l'application de la loi. Le législateur considère avec raison que, s'agissant des
clauses du contrat, la concurrence n'est d'aucun secours pour les
consommateurs, et que la loi doit donc intervenir sur le contrat lui-même.

En ce domaine, le droit de la consommation rompt avec le principe de


l'autonomie de la volonté: certaines clauses sont éliminées, d'autres sont
ajoutées, sans référence à la volontés des parties. La recherche d'une équilibre
peut cependant être rattaché à un autre principe: la bonne foi contractuel.

Ce principe n'est pas ignoré du Dahir des obligations et contrats, puisqu'il se


trouve dans l'article 231, mais il n'a reçu, dans la jurisprudence civile, que de
rares applications. Le droit de la consommation met au service de la bonne foi
contractuel des moyens qu'ignorait le droit civil.

17
Section 2 : Règles de la loi 31-08

Au Maroc, la loi n° 31-08 est le texte législatif qui édicte les mesures
prises pour la protection des droits des consommateurs.

La présente loi constitue un cadre complémentaire du système juridique en


matière de protection du consommateur, à travers laquelle sont renforcés ses
droits fondamentaux, notamment :

 Le droit à l’information ;
 Le droit à la protection de ses droits économiques ;
 Le droit à la représentation ;
 Le droit à la rétractation ;
 Le droit à l’écoute.

En effet, cette présente loi a pour objet :

- D’assurer l’information appropriée et claire du consommateur sur les


produits, biens ou services qu’il acquiert ou utilise, c.-à-d. que tout fournisseur
doit mettre, par tout moyen approprié, le consommateur en mesure de connaître
les caractéristiques essentielles du produit, du bien ou du service ainsi que
l’origine du produit, ou du bien et la date de péremption et aussi le prix, mode
d’emploi , durée de garantie … or tous ces infos doivent
impérativement figurer dans une étiquette sur le produit

Ainsi garantir la protection du consommateur quant aux clauses contenues


dans les contrats de consommation notamment les clauses abusives et celles
relatives aux services financiers, aux crédits à la consommation et immobiliers,
ainsi qu’aux clauses relative à la publicité, aux ventes à distance et aux
démarchages ; certes , on entend par contrats conclus entre fournisseur et
consommateur, est considérée comme abusive ,lorsque toute clause qui a pour
objet ou pour effet de créer, au détriment du consommateur, un déséquilibre
significatif entre les droits et obligations des parties au contrat. Concernant « La
vente à distance », ça veut dire tout moyen utilisé pour la conclusion d’un
Contrat entre un fournisseur et un consommateur sans la présence simultanée
des parties. Quant aux démarchages, c’est le fait de pratiquer le démarchage, au

18
domicile d'une personne physique, à sa résidence ou à son lieu de travail ainsi
que dans les lieux Non destinés à la commercialisation, même à sa demande,
afin de lui proposer l'achat, la vente, la location, la location-vente ou la location
avec option d'achat de produits, biens ou la fourniture de services.

- Elle fixe les garanties légales et contractuelle des défauts de la chose


vendue et du service après-vente et de fixer les conditions et les procédures
relatives à l’indemnisation des dommages ou préjudices qui peuvent toucher le
consommateur ; on entend par garantie conventionnelle toute garantie
supplémentaire à la garantie légale des défauts de la chose vendue visée dans
l’article 65, que le fournisseur peut proposer au consommateur. Pour le service
après-vente, c’est le contrat définissant l’ensemble des services que le
fournisseur d’un bien ou service s’engage à fournir, à titre onéreux ou à titre
gratuit, notamment la livraison à domicile, l’entretien, l’installation, le montage,
la mise à l’essai et la réparation du bien ou du produit vendu.

 Cette dite loi assure la représentation et la défense des intérêts des


consommateurs à travers les associations de protection du consommateur
opérant conformément aux dispositions de la présente loi 31-08. Ces
associations de protection du consommateur, constituées et fonctionnant
conformément à la législation et la réglementation relatives au droit
d’association, assurent l’information, la défense et la promotion des intérêts du
consommateur, et concourent au respect des dispositions de la présente loi.

 De plus que les dispositions de la présente loi qualifient des enquêteurs


spécialement commissionnés par l’administration compétente pour procéder à
la recherche et à la constatation des infractions et par la suite ordonner des
pénalités

19
Deuxième partie : la conclusion et l’exécution du
contrat de consommation

La protection du consommateur dans la législation marocaine se fait à deux


niveaux. Par conséquent, il faudra envisager le régime mais également les
applications de la protection du consommateur aussi bien lors de la formation
du contrat ( chapitre 1) que pendant l’exécution de ce contrat ( chapitre 2)

Chapitre 1 : la protection du consommateur lors de la


formation du contrat

A cet égard, la protection du consommateur est assuré par les obligations


imposées légalement au professionnel, principalement l’obligation générale
d’information ( section 1), puis l’obligation de s’abstenir de pratiques
commerciales interdites en vertu de la loi 31-08 ( section 2).

Section 1 : l’obligation d’information

On recherchera une définition de l’obligation d’information (§1), avant de


se pencher sur le cadre juridique organisant cette obligation au Maroc (§2).

§1 : Définition de l’obligation d’information

Le législateur marocain n’a pas apporté aucune définition à l’obligation


d’information dans le domaine de vente traditionnelle comme dans le
commerce électronique, de ce fait la recherche d’une définition doctrinale
s’impose.

L’obligation d’information peut être définie comme étant « une obligation


précontractuelle, qui concerne l’obligation d’un contractant de fournir, avant
la conclusion du contrat, à l’autre contractant, les données nécessaires pour

20
former un consentement parfait et éclairé, en lui permettant de connaitre tous
les détails du contrat ».

Concernant l’obligation d’information dans le contrat du commerce


électronique ou de vente à distance peut être définie comme suit : « une
obligation qui anticipe la conclusion du contrat électronique, concernant
l’obligation de fournisseur d’informer et d’éclairé le consommateur des
informations sur tous qui est en rapport avec l’opération de vente via le réseau
internet ou autre moyen électronique, afin d’éclairé le consommateur, en lui
permettant de prendre sa décision qui lui semble adéquate à la lumière de son
besoin et de son but de la conclusion du contrat électronique ».

Il ressort de ces définitions que le l’obligation d’information est une


obligation imposée au professionnel, dans la phase précontractuelle, afin de
permettre au consommateur d’être éclairé sur le bien ou le service à acheter et
sur les autres clauses du contrat. Alors, il s’agit d’un formalisme informatif qui
vise la protection du consommateur, son but est de porter à la connaissance du
cocontractant diverses informations, pour un consentement éclairé.

L’idée de l’obligation d’information est donc claire, mais la loi ne précise


pas comment concrétiser ces obligations d’informations. Dans la pratique, ces
informations sont à trouver sur le site web du cybercommerçant sur la page
d’accueil dans « les conditions générale de vente » ou dans des autres rubriques
comme : « informations légales », « vos informations personnelles »… etc.,
dans lesquelles on trouve tous les informations exigées par la loi.

Par conséquence, l’obligation d’information est un élément axial dans la


protection de consommateur et surtout dans le domaine du commerce
électronique où le consentement du cyberconsommateur est difficile à éclairer.
C’est pour cela que toutes les législations en matière de protection du
consommateur essaient de mettre l’accent sur cette obligation, de même le
législateur marocain a doté l’obligation d’information d’un cadre légal
important.*

21
§2 : Cadre légal de l’obligation d’information

Le législateur marocain a traité l’obligation d’information, avec peu de


précision, à travers la loi 53-05 relative à l’échange électronique de données
juridiques. Il a consacré deux articles à la réglementation du mode
d’information du consommateur en cas d’utilisation de la voie électronique
pour mettre à la disposition du public des offres contractuelles ou des
informations sur des biens ou services en vue de la conclusion d’un contrat.

Avec l’entré en vigueur de la loi 31-08 édictant des mesures de protection


du consommateur en 2O11, le cadre légal de l’obligation d’information s’est
renforcé. Ainsi, le législateur a édicté le droit d’information dans le préambule
de cette loi en tant que premier droit fondamental en matière de protection du
consommateur.

De plus, le législateur considère le droit d’information du consommateur


comme le premier objectif de la loi 31-08 qui précise dans son article
premier : « La présente loi a pour objet d’assurer l’information appropriée et
claire du consommateur sur les produits, biens ou services qu’il acquiert ou
utilise … », ainsi qu’il consacre le deuxième titre de cette loi à l’information du
consommateur.

En effet, l’information du consommateur est une obligation incombant au


fournisseur, et tout vice au défaut de cette information affecte négativement
l’élément du consentement du consommateur ce qui peut engendrer la nullité du
contrat.

L’obligation d’information a donc pour but de porter à la connaissance du


consommateur de multiples informations afin d’éclairer son consentement,
quelles sont donc ces informations ?

Section 2 : Contenu de l’obligation d’information

Le consommateur a intérêt avant la conclusion du contrat à connaitre des


informations relatives à l’auteur de l’offre, dans le cadre des informations

22
relatives à l’objet du contrat et aux divers conditions contractuelles (§1) et en
cas de non-respect de l’obligation d’information du régime applicable (§2).

§1 : Informations relatives aux conditions contractuelles

Pour éclairer le consentement du consommateur, des informations sur les


conditions contractuelles du futur contrat doivent être lui communiquer par le
commerçant. Il s’agit des informations qui concernent les caractéristiques
essentielles du produit ou bien ou du service, les informations sur les prix et
modalités de paiement, les informations sur la date et modalités de livraison, les
informations sur les conditions générales de vente …etc.

Concernant les informations sur les caractéristiques essentielles du produit,


l’article 3 al.1 de la loi 31-08 dispose que : « Tout fournisseur doit mettre, par
tout moyen approprié, le consommateur en mesure de connaître les
caractéristiques essentielles du produit, du bien ou du service … ». Ainsi ces
caractéristiques peuvent être définies comme étant : « les caractéristiques qui
déterminent le consentement du consommateur et qui permettent l’utilisation
correcte du bien ou du service », alors on peut dire que les informations
relatives aux caractéristiques du produit, du bien ou service visées à l’article
précité sont celles qui visent à aider le consommateur à construire un
consentement éclairé, et à de choisir la chose la plus adaptée à son besoin.

Concernant les informations sur les prix et modalités de paiement, l’article


3 al.2 de la loi 31-08 dispose que : « A cet effet, tout fournisseur doit notamment
par voie de marquage, d’étiquetage, d’affichage ou par tout autre procédé
approprié, informer le consommateur sur les prix des produits et biens et tarifs
des services … ». Par cette disposition, le législateur vise l’information du
consommateur par le prix de la chose à acheter avant la conclusion du contrat,
car le prix est un élément essentiel dans la détermination du consentement du
consommateur. Ainsi le législateur donne au fournisseur la liberté de choisir le
procédé approprié pour exercer cette information, donc peu importe le procédé
utilisé, l’essentiel c’est d’informer le consommateur sur le prix. Quant aux
modalités de paiement dans le contrat de vente à distance, le législateur

23
marocain impose une obligation d’information préalable à cette égard et que le
l’opération de paiement doit être soumise à la législation en vigueur et être
sécurisé.

Concernant les informations relatives aux conditions générales de vente


appelées aussi conditions générales d’utilisation, elles ont pour but de « définir
les droits et obligations de chaque partie ». C’est le commerçant qui rédige les
conditions générales de vente mais ça ne veut dire qu’il peut y insérer des
conditions loyales plus avantageuses pour lui telles que les dispositions du droit
commun, les dispositions insérées dans les conditions générales de vente ne
peuvent pas priver le consommateur de ses droits issus du droit de la
consommation.

Dans les contrats conclus à distance, l’information du consommateur a pour


objet les éléments précisés exhaustivement dans l’article 29 de la loi 31-08.
Ainsi qu’une confirmation de ces informations est imposée au fournisseur. Il
s’agit d’un principe édicté par l’article 32 de la même loi qui dispose que : « Le
consommateur doit recevoir, par écrit ou sur un autre support durable à sa
disposition, en temps utile et au plus tard au moment de la livraison : La
confirmation des informations mentionnées aux articles 3, 5 et 29, à moins que
le fournisseur n’ait satisfait à cette obligation avant la conclusion du contrat
… ».

L’obligation d’information s’avère donc très encadrer par le législateur


marocain vu son importance, mais il faut s’interroger sur l’existence des
garanties pour le consommateur en cas de non-respect de cette obligation par le
professionnel.

§2 : Sanction du non-respect de l’obligation d’information

Sur le plan civil, les textes relatifs aux différentes obligations d’information
ne sont pas assortis de sanctions civiles spécifiques, mais l’existence de cette
obligation permet au juge de prononcer la nullité du contrat en se basant sur le
fondement de l’erreur ou celui du dol, notamment la réticence.

En outre la jurisprudence française va plus loin en considérant que cette


obligation d’information est de nature contractuelle et non précontractuelle, en
se basant sur le motif selon lequel cette obligation se rattache à l’obligation de

24
loyauté et de bonne foi qui existe au stade de l’exécution du contrat. Par
conséquence, si en considère que l’obligation d’information est une obligation
contractuelle, l’inexécution de cette obligation donne lieu à des dommages-
intérêt au profit du consommateur.

Sur le plan pénale, une gamme de sanctions est prévue par la loi 31-08 pour
l’inexécution de l’obligation d’information. Ainsi, l’article 173 de cette loi
prévoit pour toutes les infractions qui sont liées au titre II (relative à l’obligation
d’information) de la loi 31-08 et les textes pris pour son application, une
répression par une amende de 2000 à 5000 dirhams.

En ce qui concerne l’obligation d’information édictée dans les articles 29,


30 et 32 pour les contrats à distance, l’article 177 de la loi 31-08 précise
que : « Les infractions aux dispositions des articles 29, 30 et 32 sont punies
d’une amende de 1.200 à 10.000 dirhams. En cas de récidive, l’amende est
portée au double ... ».

Par conséquence, il est donc évident que le législateur marocain a accordé


une importance à cette obligation d’information, en édictant un cadre légal
complet et en assotant l’obligation d’information par des sanctions pénales qui
peuvent garantir sans respect par les commerçants en général, et les
cybercommerçants particulièrement. Certes l’obligation d’information constitue
un élément axial dans la protection du cyberconsommateur, mais elle n’est pas
la seule mesure édictée par le législateur dans ce sens.

Section 3 : les pratiques commerciales interdites

Les pratiques commerciales désignent les grands principes applicables à


différents secteurs. Qu’il s’agisse de banque, d’assurance, de communications
électroniques, certains termes, certains comportements se retrouvent.

Il faut admettre que des méthodes commerciales sont indispensables au bon


fonctionnement d'une économie du marché, mais, à condition que celles ci
soient loyales et transparentes, en ce sens, les acheteurs à tous échelons,

25
consommateurs inclus, ne peuvent faire des choix que s'ils disposent
d'informations transparentes et non falsifiées sur le marché comme vient de
l'imposer le code de protection du consommateur marocain a tout fournisseur
dans son article 3, cela permet d'avoir une vue d'ensemble objective de l'offre et
de décider en fonction de ses besoins et moyens.

Avant de démontrer les pratiques commerciales interdites, il nous apparait


indispensable de rappeler la définition de la notion de "pratiques
commerciales".

Dans le code de protection du consommateur marocain, on y trouve pas une


définition de la notion de pratiques commerciales, mais on procède à la citation
des différentes pratiques commerciales suivies des articles qui les réglementent,
il en vas de même pour le code de consommation français, toutefois, la directive
communautaire du 11 mai 2005 en donne la définition suivante " est toute
action, omission , conduite, démarche ou communication commerciale, y
compris la publicité et le marketing, de la part d'un professionnel, en relation
directe avec la promotion, la vente ou la fourniture d'un produit au
consommateur". On en relève donc de cette définition que la notion de "
pratiques commerciales" est plus large que la notion de publicité.

La loi 31-08 ne donne aucune définition de pratiques commerciales


interdites, alors que dans le code de consommation français on trouve une
définition des pratiques

interdites, notamment dans l'article L. 120-136 qui précise que sont


considérés comme pratiques commerciales interdits, les pratiques qui ne
respectent pas les principes de diligence professionnelle, et qui peuvent
influencer les décisions commerciales des consommateurs ou d'une autre
manière, qui altère, ou susceptibles d'altérer de manière substantielle le
comportement économique du consommateur normalement informé et
raisonnablement attentif et avisé, à l'égard d'un bien ou un service, sont
considérées par la loi comme étant des pratiques déloyales, dont les victimes
sont la plupart du temps d'une catégorie particulière de consommateur ou, un
group de consommateur vulnérables en raison d'une infirmité mentale ou
physique, de leur âge ou leur crédulité s'apprécie au regard de la capacité
moyenne de discernement de la catégorie ou du group.
26
Parmi les pratiques commerciales déloyales, on compte notamment les
pratiques commerciales trompeuses et les pratiques commerciales agressives.

Une pratique commerciale est trompeuse si elle contient des informations


qui sont fausses, caché, mensongère qui induit le consommateur en erreur.

Une pratique commerciale est agressive lorsque le fait de sollicitations


répétées et insistantes ou de l’usage d’une contrainte physique ou morale, et
compte tenu des circonstances qui l’entourent la pratique commerciale va :

- Altérer ou être de nature à altérer de manière significative la liberté de


choix du consommateur
- Vicier ou est de nature à vicier le consentement d’un consommateur
- Entraver l’exercice des droits contractuels d’un consommateur
L’entente illicite est une pratique ou un accord entre plusieurs entreprises
afin de fausser le jeu de concurrence sur le marché.

Dans le même contexte, nous exposerons brièvement – en raison de la


multiplicité et de l’abondance des commérages sur le problème présenté- les
pratiques commerciales prohibés tout en soulignant la notion de chacune
d’entre elles et les sanctions prévues par la loi 31-8 édictant des mesures de
protection du consommateur.

Paragraphe 1- la publicité trompeuse :

A . Notion

La publicité est une pratique commerciale règlementée par le chapitre


premier du quatrième titre, en encadrant les formes dont elle est présentée
suivant l'article 23 du chapitre sus visé, qu'elle qu'en soit la forme qui peut être
reçue à travers un service de communications s'adressant au public, notamment,
l'audio-visuel, par courrier électronique.

les publicités qui trompent ou peuvent tromper les personnes qui les
reçoivent sont interdites, le caractère trompeur peut affecter le comportement
économique des consommateurs et des professionnels, ou porter préjudice à un
professionnel concurrent.

27
Une publicité qu'elle que soit sa forme est considérée trompeuse lorsqu'elle
comporte sous quelque forme que ce soit, suivant l'article 21 de la loi de
protection du consommateur, des allégations, indications ou présentations
fausses ou de nature à induire en erreur, ou lorsqu'elle induit en erreur, sous
quelque forme que ce soit, lorsque cela porte sur un ou plusieurs de ces
éléments:

Son existence, nature, composition, qualités substantielles, teneur en


principe utiles, espèce, origine, quantité, mode et date de fabrication, propriétés,
date de péremption, prix ou tarif et conditions de vente des biens, produits ou
services objet de publicité, conditions ou résultats de leur utilisation, motifs ou
procédés de la vente ou de la prestation de services, portées des engagements
pris par l'annonceur, identité, qualités ou aptitudes du fabricant, des revendeurs,
des promoteurs ou prestataires.

Ainsi elle a été interdite par la Loi n° 77-03 relative à la communication


audiovisuelle, qui dispose dans son article 68, " Est interdite toute publicité
audiovisuelle mensongère ou trompeuse comportant des allégations, indications
ou présentations fausses ou de nature à induire en erreur. La détermination du
caractère prohibé est faite conformément à la législation et à la réglementation
en vigueur."

Lors de l'envoi de toute publicité par voie électronique, le fournisseur est


tenu de d'utiliser l'adresse électronique qui lui appartient, et de s'abstenir de
l'utilisation de l'identité d'une tiers personne, ainsi de s'abstenir de la
falsification et le masquage de toute information permettant d'identifier l'origine
du message de courrier électronique ou son chemin de transmission, à fin qu'en
cas où le consommateur veut exercer son droit de rétractation en raison de la
non-conformité du produit, ou en raison d'un préjudice causé par le produit, le
bien, ou le service fourni, que ce consommateur ait la faculté d'exercer son droit
ou de poursuivre le fournisseur de réparation du préjudice .

B. sanctions:
Selon la loi de protection du consommateur marocaine, la publicité
trompeuse est

28
considérée en tant que délit. suivant la première dans son l'article 175
dernier paragraphe, le délit est constitué dés lors que la publicité est faite, reçue,
ou perçue par le consommateur

Au Maroc, la publicité mensongère est punis d'une amende de 50.000 à


250.000 Dirhams par l'article 174 de la loi de protection du consommateur, le
maximum de cette amende peut être porté à la moitié des dépenses de la
publicité litigieuse, au cas où le contrevenant et une personne morale, cette
amende est de 50.000 à 1.000.000 dirhams, Pour

l'application de ces dispositions, le juge peut demander tant aux parties qu'à
l'annonceur la communication de tous les documents utiles. En cas de refus, elle
peut ordonner la saisie de ces documents ou toute mesure d'instruction
appropriée, en cas de retard pour la production de ces documents la juridiction
peut prononcer une astreinte de 10.000 Dirhams par jour.

C . Cas de jurisprudence

Dans un arrêt de la cour de cassation Française du 22 Octobre 201342, la


société de

droit néerlandais Kawasaki Motors Europe NV (la société Kawasaki)


importe et distribue en France des motos de la marque Kawasaki dans le cadre
d'un réseau de distribution sélective dont fait partie la société Motoworld, qui
bénéficie d'un contrat de concession exclusive pour les « arrondissements » de
Nancy, Toul et Lunéville ; que reprochant à la société PC Moto, qui exerce à
Nancy une activité indépendante de vente de motocyclettes, d'avoir, en
commercialisant des motocyclettes de la marque, participé à la violation d'une
interdiction de revente hors réseau et commis des actes de concurrence déloyale
à son égard, et à la société Kawasaki d'avoir manqué à ses obligations en ne
veillant pas à l'étanchéité du réseau, la société Motoworld les a fait assigner en
paiement de dommages intérêts.

La cour de cassation a constaté que « l'utilisation de ce logo dans


ces conditions

constitue un acte de concurrence déloyale ainsi qu'un acte de parasitisme,


ce d'autant que la Sarl PC Moto a utilisé les logos d'autres marques, laissant

29
ainsi croire qu'elle était distributeur agréé, ces faits constituant une publicité
mensongère ; qu'elle a par ailleurs violé les dispositions du code de la
consommation concernant la publicité comparative en fondant sa
communication publicitaire sur les "prix concessionnaires", en réalité les tarifs
conseillés par les constructeurs, et non les prix réellement pratiqués ; qu'elle
pratique une publicité mensongère en prétendant vendre les motifs import",
alors qu'elle n'en justifie pas ; qu'elle prétend également vendre des
équipements de sécurité avec une TVA à taux réduit alors que ce taux est
inapplicable en l'espèce, et que les motos disposent d'une garantie constructeur
de 3 ans, ce qui n'est pas le cas ; mais qu'à l'appui de ses demandes, la Sarl
Motoworld produit un document sur lequel il peut être lu »

Dans un autre arrêt de la cour de cassation Française du 29 Janvier


2013, la société Cobrason vend des produits Hi Fi et vidéo en ligne sur le site
internet " www. cobrason. com " ; que la société Solutions exerce la même
activité de vente au détail à partir de son site internet " www.
homecinesolutions. fr " ; que la société Cobrason a fait constater le 21 octobre
2005 que la requête " Cobrason " effectuée avec le moteur de recherche "
Google. fr " déclenchait, par la mise en oeuvre du service de référencement
Google AdWords, l'affichage d'un lien commercial vers le site exploité par la
société Solutions, accompagné d'un message publicitaire ; qu'invoquant des
actes de concurrence déloyale et de publicité trompeuse, elle a fait assigner la
société Cobrason ainsi que la société Google Inc. notamment, en paiement de
dommages-intérêts.

La cour de cassation a estimé que « la publicité destinée à permettre à


un client potentiel de se faire une opinion sur les produits et services qui lui
sont proposés ; qu'en retenant, par motifs adoptés, pour justifier la
condamnation de la société GOOGLE INC sur le fondement de ce texte, que
l'intitulé " liens commerciaux " était en lui-même trompeur, sans caractériser
en quoi cette mention constituait une publicité relevant de son application ».

30
Paragraphe II- la vente ou prestation de service " à la boule de neige" ou
pyramidale :

A : Notion

la vente ou prestation de service à la boule de neige, appelée aussi vente


pyramidale, est une pratique illégale, suivant l'article 58 de la loi de protection
du consommateur, consistant en particulier à offrir des produits, biens ou
services à un consommateur en lui faisant espérer l'obtention de ces produits,
biens ou services à titre gratuit ou à un prix inférieur à leur valeur réelle et
subordonnant les

ventes au placement de bons ou de tickets à des tiers ou à la collecte


d'adhésions ou inscriptions.

Elle consiste aussi dans l'alinéa 2 du même article sus mentionné, dans le
fait de proposer à un consommateur de collecter des adhésions ou de s'inscrire
sur une liste en lui faisant espérer des gains financiers résultant d'une
progression géométrique du nombre des personnes recrutées ou inscrites.

Autrement dit, c'est une forme d'escroquerie dans laquelle le profit ne


provient pas vraiment d'une activité de vente comme annoncé, mais surtout du
recrutement de nouveaux membres.

Donc, le terme "pyramidale" identifie que seuls les initiateurs au sommet,


profitent en spoliant les membres de base.

B. sanctions

Au Maroc, suivant l'article 182 de la loi de protection du consommateur, la


vente ou prestation de services pyramidale ou à la boule de neige, sont punies
d'un mois à un an d'emprisonnement et d'une amende de 20.000 à 40.000
Dirhams.

L'auteur pourra en outre être condamné à rembourser à ceux de ses clients


qui n'auront pu être satisfaits les sommes versées par eux, sans qu'il puisse avoir
recours contre ceux qui ont obtenu la marchandise.

31
Paragraphe III- Le refus ou la subordination de la vente ou de prestation de
service :

A- Notion

La subordination de vente consiste à imposer au client d’acheter une


quantité minimum ou un nombre de produits supérieur à ce qu’il souhaitait
acquérir, et à refuser la vente si ces conditions ne sont pas remplies ; ou encore,
de lier la vente d’un produit ou d’un service à la vente d’un autre produit ou
service

L’interdiction du refus de vente d’un produit ou d’une prestation de service


est prévue à l’article 57 de la loi de protection du consommateur marocaine et
l'article Article L122-151 du code de consommation français.

Ces article prohibent également la subordination de la vente au


consommateur d'un produit ou d'un service à l'achat d'une quantité imposée ou
d'un autre produit ou service.

Ces positions s’appliquent à toutes les activités de production, de


distribution et de services, y compris celles qui sont le fait de personnes
publiques, notamment dans le cadre de convention de délégation de service
public.

Le refus de vente et de prestation de services au consommateur est interdit,


sauf motif légitime, ces motifs légitimes ne sont pas très nombreux. Certains
ont une nature objective, par exemple l’épuisement du produit, ou
l’impossibilité de satisfaire la demande du client. En revanche, les convictions
personnelles ou un sentiment d’antipathie ne constituent pas un motif légitime
de refus de vente.

Les tribunaux ont progressivement défini la notion de "motif


légitime". Ont été Considérés comme légitimes les cas de refus suivants :

 Indisponibilité du produit sans possibilité de réapprovisionnement


chez le fabricant ;

 Le refus peut être justifié en raison d’une interdiction prévue par un texte
législatif ou réglementaire.

32
 Le refus d'un pharmacien de délivrer un médicament qui ne peut
être vendu sans ordonnance médicale ;
 Le refus d'un banquier d'ouvrir un compte de dépôt.

De manière générale, le motif est considéré comme légitime en cas


d'anormalité de la demande du consommateur (par exemple, demander 500
boites de petits pois ou quelques centilitres d'essence) ou de mauvaise foi de sa
part (intention de nuire à l'activité du professionnel).

Ce qu’il est à noter, le refus de vente et de prestation de services


pour des raisons raciales, religieuses, politiques, syndicales sont considérés
comme discriminatoires. Dans ce cas, il sera fait application de l’article 431-2
du code pénal Marocain qui stipule « la discrimination définie à l’article 431-1
ci-dessus est punie d’emprisonnement d’un mois à deux ans et d’une amende de
mille deux cent à cinquante mille dirhams, lorsqu’elle consiste :

- A refuser la fourniture d’une bien ou service […] »

Exceptions à l’interdiction de la vente subordonnée :

- Les usages du commerce permettent la vente groupée de produits


identiques ( œufs ou huîtres à la douzaine) ou d’une quantité minimum, par
exemple pour le thé ou le café envrac.

- de la vente de produits conditionnés dans un même emballage comme les


yaourts ou les packs de petites bouteilles, ils sont considérés comme un seul et
même produit à la condition toutefois que cela ne dépasse pas les besoins d’une
personne (yaourts vendus par quatre, par exemple).

Il est aussi admis la vente groupée de produits complémentaires :


éléments d’une chaîne hi-fi, salle à manger, trousseaux de linge… et même
séries de casseroles de tailles différentes.

B. Sanctions :

En France :
Selon l'article R121-13, Modifié par décret n°2014-1109 du 30 septembre
2014 - art. 38 Sont punis des peines d'amende prévues pour les contraventions
de la 5e classe :

33
Les refus ou subordinations à conditions, de ventes ou de prestations de
services, interdits par l'article L. 122-1 ;
En cas de récidive, les peines d'amende prévues pour la récidive des
contraventions de la 5e classe sont applicables.

B- Cas de jurisprudence

Dans un arrêt de la cour de cassation Française du 5 février 201454,« M.X a


acquis dans un magasin d’informatique un ordinateur portable de la marque
Lenovo équipé de logiciels préinstallées que faisant valoir que le contrat de
licence d’utilisateur final ne permettait que le remboursement intégral de
l’ordinateur équipé de logiciels qu’il ne souhaitait pas conserver, M.X a
assigné la société Lenovo France en remboursement du prix des logiciels.

Le 9 janvier 2012, la juridiction de proximité d'Aix-en-Provence a


considère que la société Lenovo France a exigé le paiement immédiat ou
différé de produits fournis à M. X... sans que celui-ci les ait demandés, et a
condamné la société Lenovo France à payer à M. X... la somme de 120 euros »

La cour de cassation a cassé et annulé, dans toutes ses dispositions, le


jugement rendu le 9 janvier 2012, et a estimé que en toute hypothèse, une offre
conjointe n'est prohibée qu'autant qu'elle constitue une pratique commerciale
déloyale, ce qui suppose, d'une part, qu'elle soit contraire aux exigences de la
diligence professionnelle et, d'autre part, qu'elle altère ou soit susceptible
d'altérer de manière substantielle le comportement économique du
consommateur moyen par rapport au produit ; qu'en se bornant à relever, pour
affirmer que l'offre de la société Lenovo France constituait une pratique
commerciale déloyale, que l'ordinateur, matériellement dissociable des
logiciels et soumis à un régime juridique distinct, devait pouvoir être acquis
séparément, bien qu'il fût individuellement inexploitable, la juridiction de
proximité a violé l'article L. 122-1 du code de la consommation, dans sa
rédaction applicable en la cause, interprété à la lumière de la directive n° 2005
/ 29/ CE du 11 mai 2005 »

Et «que l'offre de la société Lenovo France ne constituait pas une pratique


commerciale déloyale, puisque le choix de M. X... avait été dicté par les

34
spécifications propres de l'ordinateur, la juridiction de proximité, qui n'a pas
caractérisé en quoi l'offre d'un ordinateur prêt à l'emploi était de nature à
compromettre sensiblement l'aptitude d'un consommateur moyen à prendre une
décision en connaissance de cause, étant rappelé qu'un ordinateur "nu" est
individuellement inexploitable, a de nouveau privé sa décision de base légale
au regard de l'article L. 122-1 du code de la consommation, dans sa rédaction
applicable en la cause, interprété à la lumière de la directive n° 2005/29/CE du
11 mai 2005. »

Paragraphe IV : La vente ou prestations avec primes :

A- Notion

La vente avec primes désigne toute vente ou offre de vente de produits ou


de services à l’attention des consommateurs et donnant droit à une prime
gratuite consistant en des produits ou des services, autrement dit, La vente avec
primes est une technique de vente promotionnelle consistant à attirer un client
en lui offrant la perspective d’obtenir, avec un produit ou un service acquis à
titre onéreux, un autre objet ou un autre service remis gratuitement ou à des
conditions avantageuses.

la prime peut être directe ou différée, c’est-à-dire soit remise


concomitamment à l’achat du produit ou du service principal, soit remise
ultérieurement. Les primes directes et les primes différées correspondent ainsi à
deux objectifs différents poursuivis par celui qui vend ou offre ses services avec
primes. Lorsque le vendeur ou le prestataire vise simplement à provoquer un
réflexe d’achat, la prime est directe puisqu’elle est accordée en même temps
que le produit ou le service offert à titre principal. Lorsque le vendeur ou le
prestataire souhaite au contraire créer une habitude d’achat, c’est-à-dire
fidéliser un client, la prime est différée : elle n’est accordée qu’aux clients qui
auront réalisé plusieurs achats ou utilisé plusieurs fois les services d’un même
prestataire.

35
Ainsi, il convient de distinguer la prime du cadeau, car celui-ci est
indépendant de tout contrat principal, dès lors qu’il s’agit d’un produit ou d’un
service accordé à toute personne, sans obligation de contracter.

La jurisprudence a en outre précisé que si, avant de contracter, l’acheteur


ignore qu’un produit ou qu’un service supplémentaire lui sera fourni
gratuitement ou à des condition avantageuses par le vendeur ou le prestataire de
services, il ne s’agit alors pas d’une prime mais bien d’un cadeau « puisque la
vente ne confère pas obligatoirement un droit à cet objet »

Suivant la loi Marocaine de protection du consommateur dans son article 56


" il est interdit de

vendre ou d'offrir à la vente des produits ou des biens, d'assurer ou d'offrir


une prestation de service au consommateur donnant droit, à titre gratuit,
immédiatement ou à terme, à une prime consistant en produits, biens ou
services sauf s'ils sont identiques à ceux qui font l'objet de la vente ou de la
prestation.[...]" donc en principe la vente ou prestation de services avec primes
est une pratique prohibée, sauf quelques exceptions.

En effet l'octroi d'une prime lors de l'achat pourra paraître à première vue
comme un acte témoignant de la bonté du vendeur et sa générosité alors qu'il
n'en est pas le cas, puisque la prime va pousser le consommateur à accroître ses
achats sans se soucier de ses dépenses et cela sous l'effet de la prime ce qui
porte atteinte aux intérêts de ce dernier.

Alors que la loi de consommation Française a achevé une mise en


compatibilité avec le droit communautaire en supprimant les exceptions au
principe d’interdiction des ventes avec primes, reliquat de l’ancienne rédaction
de l’article L. 121-3556 du code de la consommation.

Les références aux produits ou prestations de services identiques à ceux


faisant l’objet du contrat principal, aux menus objets ou services de faible
valeur et aux échantillons sont donc supprimées et l’autorisation des ventes
avec primes soumise exclusivement à l’absence de caractère déloyal.

Ces modifications rendent sans objet les dispositions de l’article R. 121-8


du code de la consommation fixant la valeur maximale des menus objets ou

36
services de faible valeur exclus de l’interdiction des ventes avec primes (règle
dite des 7%)

B. Sanctions :
Dans l'absence d'une répression dans la loi de protection du consommateur
Marocaine. La peine qui a été prévu pour cet pratique dans le code de
consommation Français a été abrogé suivant article R121-13, Modifié par
DÉCRET n°2014-1109 du 30 septembre 2014 - art. 38 "Sont punis des peines
d'amende prévues pour les contraventions de la 5e classe :
1° Abrogé ;
2° Les refus ou subordinations à conditions, de ventes ou de prestations de
services,
interdits par l'article L. 122-1 ;
3° Abrogé ;
4° Abrogé.
En cas de récidive, les peines d'amende prévues pour la récidive des
contraventions de la 5e classe sont applicables."
Puisqu'elle n'est puni que quand elle fait défaut aux condition prévus par
l'article L. 120-1 du code de consommation Français, donc on retient cette
sanction édictée par l’article
L.121-6 du code de la consommation que :
« Les pratiques commerciales trompeuses sont punies d'un emprisonnement
de deux ans au plus et des peines amende de 37 500 euros au plus ou de l'une de
ces deux peinesseulement […] L'amende peut être portée à 50 % des dépenses
de la publicité ou de la pratique constituant le délit. »

Quand à la responsabilité civile, les concurrents, agissant individuellement


ou parl'intermédiaire de leurs syndicats ou groupements professionnels,
pourraient demander
réparation du préjudice subi par suite de la vente avec prime illicite.( infra.
cas de jurisprudence, p.41)

37
Paragraphe V: L'abus de faiblesse :

A : Notion

Un abus de faiblesse consiste à exploiter l'état d'ignorance ou de


vulnérabilité psychique ou psychologique d'une personne pour l'amener à
prendre des engagements dont elle est incapable de voir l'importance. Les
personnes touchées sont essentiellement âgées, malades ou qui ne comprennent
pas la langue d'un pays.

Dans l'article 59 de la loi de protection du consommateur Marocain, tout


engagement né d'un abus de faiblesse ou de l'ignorance du consommateur est
nul, le consommateur se réserve le droit de se faire rembourser les sommes
payées et d'être dédommagé sur les préjudices subits Sont concernés que les
mineurs, les femmes en état de grossesse apparente, ainsi que les personnes que
l’âge, la maladie, l’infirmité ou la déficience ont rendues particulièrement
vulnérables.

Il ne suffit pas d’être âgé ou dépressif pour se prétendre victime. Dans les
faits, lapersonne qui a été abusée doit prouver que, en plus d’être âgée ou
malade, elle était trop faible pour se défendre ou résister à la manipulation.

B. Sanctions :

Au Maroc, cette pratique est punit d'un emprisonnement de 1 mois à


5ans et d'une amende de 1200 à 50.000 Dirhams ou l'une de ces peines
seulement.
Est punit d'une amende de 50.000 à 1.000.000 Dirhams, lorsqu'il s'agit
d'unepersonne morale.

C. Cas de jurisprudence :

L’arrêt du 18 mai 1999 (pourvoi n° 97-85.979) a cassé une décision d’une


cour d’appel qui avait condamné pour abus de faiblesse le commerçant qui
organisait des ventes de services de porcelaine à des clients sélectionnés par

38
démarchage téléphonique, lors d’exposition avec promesse de cadeaux et
organisation de jeux.

Chapitre II : La protection du consommateur lors de


l’exécution du contrat :

Pour examiner les mesures de protection du consommateur notamment dans


la phase d’exécution du contrat, il nous paraissait très utile de traiter la nullité
des clauses abusives (section I) ainsi que les autres mesures de protection
(section II)

Section I : la nullité des clauses abusives

On ne peut point penser au souci de protéger les consommateurs sans parler


de la protection contre les clauses abusives qui reflètent l'écart entre la partie
qui a préalablement préparé le contrat à sa guise et celle qui n’avait qu’a
d'accepter ses conditions déloyales vu son inefficacité ou son statut économique
faible.

Le législateur marocain a opéré pour surmonter cette problématique autant


que possible, c’est ainsi qu’il a défini la clause abusive dans la loi 31-08 en
montrant ses éléments qui les distinguent de tout contrat analogue. Puis il a
indiqué avec précision les effets des clauses abusives

Paragraphe 1 : Définition et éléments de la clause abusive :

Notion moderne introduite par le législateur marocain en 2011 via la loi 31-
08 en vue de protéger les consommateurs en édictant les mesures de protection

39
En vertu de l’article 15 on peut déduire la définition de la clause abusive
comme étant toute clause qui, dans les contrats conclus entre professionnel et
consommateur, a pour objet ou pour effet de créer, au détriment du
consommateur, un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des
parties au contrat.

Il en découle donc que la clause doit figurer dans un contrat conclu entre
professionnel et consommateur quelle que soit la nature ou la forme du contrat.

L’article 16 de la loi 31-08 édicte « …. Le caractère abusif d'une clause


s'apprécie en se référant, au moment de la conclusion du contrat, à toutes les
circonstances qui entourent sa conclusion, de même qu'à toutes les autres
clauses du contrat. Il s'apprécie également au regard de celles contenues dans
un autre contrat lorsque la conclusion ou l'exécution de ces deux contrats
dépendent juridiquement l'un de l'autre. »

Il ressort de cet article les deux éléments servant à distinguer clairement le


caractère abusif d’une clause

a) Première élément :

Le premier élément : il s’agit d’un élément subjectif qui se manifeste par


l’usage d’un pouvoir économique par les professionnels, c’est l’intention
explicité par le législateur avec l’expression « …au détriment du consommateur
… » dans l’article 15 alinéa 1.

En réalité, La force économique et les connaissances techniques procurent


au professionnel l’avantage d’imposer des conditions relativement déloyales à
l’encontre du consommateur qui est censé dépourvu de tout moyens de nature à
lui mettre sur pied d’égalité.

On en déduit également que le critère de l’abus repose sur l’existence d’un


déséquilibre contractuel significatif, ce qui exige un rééquilibre opérationnel
entre les droits et obligations de chacun des parties au contrat en vue d’évaluer
le dommage dû par cette clause

Pour apprécier le caractère abusif d’une clause, il faut qu’il ait donc un
rapport de dépendance économique entre les parties au contrat devait être
établie

40
En gros, un reproche souvent avancé à l’association de la clause abusive au
déséquilibre significatif ce qui traduit l’incapacité de la législation de
dédommager les consommateurs concluant des contrats contenant des clauses
abusives mais dont le déséquilibre est non significatif.

b) Deuxième élément :

Quant au élément objectif, il s’agit c’un critère relatif à ce qu’on appelle «


l’avantage excessif », Un avantage qui se concrétise par l'énumération
exorbitante des obligations mises à la charge du consommateur ou l’atténuation
remarquable de responsabilité de professionnel

Certaines clauses contractuelles insérées dans les contrats de prêt procurent


un avantage excessif au professionnel, en raison de sa puissance économique,
impliquent un rapport de force et attestent un déséquilibre significatif, d’où
découle une situation d’inégalité et une atteinte permanente à la stabilité de
l’engagement des parties.

En effet la clause devait procurer au professionnel un avantage excessif non


seulement au regard de la prestation fournie ou les prestations en espèce mis
aussi au regard d’autres condition objectives à savoir les clauses limitatives de
responsabilité, droit pour le professionnel de modifier unilatéralement le prix,
etc

En tout état de cause, l’existence d’un déséquilibre significatif peut résulter


principalement de deux hypothèses :

 Soit la victime du déséquilibre significatif s’est vue imposer des


obligations extrêmement rigoureuses
 Soit le bénéficiaire du déséquilibre significatif a considérablement
limité, voire exclu sa responsabilité

41
c) Exemples des clauses abusives :

L’article 18 de la loi 31.08 présente une liste non exhaustive de 17 clauses


abusives
« Sous réserve de l’application de législations spéciales et ou de
l’appréciation des tribunaux, et de façon indicative et non exhaustive, peuvent
être regardées comme abusives, si elles satisfont aux conditions prévues à
l’article 15 ci-dessus, les clauses ayant pour objet ou pour effet :
1) dans les contrats de vente de supprimer ou de réduire le droit à réparation
du consommateur en cas de manquement par le fournisseur à l'une quelconque
de ses obligations ;
2) de réserver au fournisseur le droit de modifier unilatéralement les
caractéristiques du produit, du bien à livrer ou du service à fournir. Toutefois, il
peut être stipulé que le fournisseur peut apporter des modifications liées à
l'évolution technique, à condition qu'il n'en résulte ni augmentation des prix ni
altération de qualité et que la clause réserve au consommateur la possibilité de
mentionner les caractéristiques auxquelles il subordonne son engagement ;
3) D’exclure ou de limiter la responsabilité légale du fournisseur en cas de
mort d’un consommateur ou de dommages corporels causés à celui-ci, résultant
d’un acte ou d’une omission du fournisseur ;
4) D’exclure ou de limiter de façon inappropriée les droits légaux du
consommateur vis-àvis du fournisseur ou d’une autre partie en cas de non-
exécution totale ou partielle ou d’exécution défectueuse par le fournisseur d’une
quelconque des obligations contractuelles, y compris la possibilité de
compenser une dette envers le fournisseur avec une créance qu’il aurait contre
lui ;
5) De prévoir un engagement ferme du consommateur, alors que
l’exécution de l’engagement du fournisseur est assujettie à une condition dont la
réalisation dépend de sa seule volonté ;
6) D’imposer au consommateur qui n’exécute pas ses obligations une
indemnité d’un montant disproportionnellement élevé ou le cumul de plusieurs
indemnités ;
7) D’autoriser le fournisseur à résilier le contrat de façon discrétionnaire si
la même faculté n’est pas reconnue au consommateur, ainsi que de permettre au
fournisseur de retenir les sommes versées au titre de prestations non encore
réalisées par lui, lorsque c’est le fournisseur lui-même qui résilie le contrat ;
8) D’autoriser le fournisseur à mettre fin sans un préavis raisonnable à un
contrat à durée indéterminée, sauf en cas de motif grave ;
9) De proroger automatiquement un contrat à durée déterminée en
l’absence d’expression contraire du consommateur, alors qu’une date
excessivement éloignée de la fin du contrat a été fixée comme date limite pour
exprimer cette volonté de non-prorogation de la part du consommateur ;

42
10) De constater de manière irréfragable l’adhésion du consommateur à des
clauses dont il n’a pas eu, effectivement, l’occasion de prendre connaissance
avant la conclusion du contrat ;
11) D’autoriser le fournisseur à modifier unilatéralement les termes du
contrat sans raison valable et spécifiée dans le contrat et sans en informer le
consommateur ;
12) De prévoir que le prix ou le tarif des produits, biens et services est
déterminé au moment de la livraison ou au début de l’exécution du service, ou
d’accorder au fournisseur le droit d’augmenter leur prix ou leur tarif sans que,
dans les deux cas, le consommateur n’ait de droit correspondant lui permettant
de rompre le contrat au cas où le prix ou le tarif final est trop élevé par rapport
au prix ou tarif convenu lors de la conclusion du contrat ;
13) D’accorder au fournisseur, seul, le droit de déterminer si le produit ou
bien livré ou le service fourni est conforme aux stipulations du contrat ou de lui
conférer le droit exclusif d’interpréter une quelconque clause du contrat ;
14) De restreindre l’obligation du fournisseur de respecter les engagements
pris par ses mandataires ou de soumettre ses engagements au respect d’une
formalité particulière ;
15) D’obliger le consommateur à exécuter ses obligations alors même que
le fournisseur n’exécuterait pas les siennes ;
16) De prévoir la possibilité de cession du contrat de la part du fournisseur,
lorsqu’elle est susceptible d’engendrer une diminution des garanties pour le
consommateur sans l’accord de celui-ci;
17) De supprimer ou d’entraver l’exercice d’actions en justice ou des voies
de recours par le consommateur, en limitant indûment les moyens de preuves à
la disposition du consommateur ou en imposant à celui-ci une charge de preuve
qui, en vertu du droit applicable, devrait revenir normalement à une autre partie
au contrat…
Cependant, le juge conserve son pouvoir de qualifier une clause comme
abusive alors qu’elle n’a pas été mentionné la liste susvisée,

Il nous parait nécessaire de préciser que ces clauses se sont considérées


d’une manière simple comme clauses abusives c’est-à-dire que le professionnel
peut renverser la présomption en démontrant qu’une clause en question n’est
pas abusive, et c’est la raison pour laquelle le législateur prévoie « …En cas de
litige concernant un contrat comportant une clause abusive, le fournisseur doit
apporter la preuve du caractère non abusif de cette clause. »

Le législateur était sage quand il a mis la charge de La charge de la preuve


du caractère non abusif incombe donc au professionnel et non au
consommateur, en cas de litige de consommation contrairement aux règles de
droit commun, ce qui peut être considéré comme une étape importante vers une

43
véritable justice contractuelle en protégeant les consommateurs contre les
clauses abusives et en assurant une protection préventive de la partie faible dans
la relation contractuelle.

Paragraphe 2 : l’effet des clauses abusives

En vertu de l’article 19 de la loi 31.08 « Sont nulles et de nul effet les


clauses abusives contenues dans les contrats conclus entre fournisseur et
consommateur. Le contrat restera applicable dans toutes ses autres dispositions
s’il peut subsister sans la clause abusive précitée »

Compte tenu de la gravité l’atteinte portée à l’équilibre des contrats par les
clauses abusives, seul la clause litigieuse sera réputée non écrite. C’est-à-dire
comme si elle n’existait plus et le consommateur retrouve ainsi ses droits, sans
que le contrat ne soit remis en cause. Autrement dit, les autres dispositions du
contrat demeurent valables et continueront de s’appliquer.

Le réputé non-écrit a, notamment, pour conséquence de supprimer


individuellement la clause abusive de l’acte, sans anéantir, pour autant, le
contrat, pris dans sa globalité.

Quid dans l’hypothèse où la clause réputée non-écrite porte sur une


obligation essentielle ? L’anéantissement de la clause abusive doit-il s’étendre à
tout le contrat ?

Lorsque la clause abusive constitue le mobile et l’intérêt de consommateur,


ou si le contrat ne peut plus subsister sans la clause abusive, dans ce que là le
législateur marocain prévoit implicitement la possibilité de nullité absolue de
contrat, ceci ressort de l’expression suivante « …. Le contrat restera applicable
dans toutes ses autres dispositions s’il peut subsister sans la clause abusive
précitée … »

Il est à noter que la loi 31-08 et ses décrets d’application ont facilité le
travail des juges marocains, qui résorbent de plus en plus le déséquilibre qui
existe dans la relation contractuelle entre les consommateurs et les
professionnels.

44
Indépendamment du principe juridique "Le contrat est la loi des parties"
(Art 230 du D.O.C) et voulant protéger la partie faible dans la relation
contractuelle et sans préjudice des règles d’interprétation prévues aux articles
461 aux 477 du D.O.O et à l’article 264 ou encore à l’article 878 du D.O.C, le
législateur marocain est intervenu en vertu de l’article 16 de la loi, en accordant
au juge un pouvoir d’appréciation très large, en se référant au moment de la
conclusion du contrat à toutes les circonstances qui entrent dans sa conclusion,
pour déterminer le déséquilibre entre les droits et obligations des parties.

Toutefois, en cas de doute sur le sens d’une clause qui manque de clarté et
de transparence, l’interprétation la plus favorable au consommateur prévaut.

Section2 : les autres mesures de protection du consommateur :

La loi 31-08 a prévu un certain nombre de mesures de protection du


consommateur, il s’agit en premier lieu du droit de rétractation attribué au
consommateur et des garanties assurées par le vendeur en second lieu.

1-Le droit de rétractation :

Le droit marocain pose comme principe général que les contrats légalement
formés tiennent lieu de loi pour les parties (Article 230 du Dahir des obligations
et contrats). Celles-ci sont alors pleinement tenues par leurs engagements qu'ils
ne peuvent défaire. Faisant exception à ce principe, et dans le but de protéger la
partie faible au contrat, la loi 31-08 édictant des mesures de protection du
consommateur reconnait à l’acheteur, dans des cas limités, le droit de
rétractation, c’est-à-dire comme la possibilité de revenir sur sa décision d’achat
dans le cadre des contrats qu’il conclue avec un professionnel.

Dans quels cas la loi 31-08 a prévu un droit de rétractation peut-il être
exercé ?

Il s’agit bien des contrats conclus à distance, le démarchage et le crédit à la


consommation.

a- les contrats conclus à distance : Il s’agit de tout contrat concernant des


produits ou services conclu entre un vendeur et un consommateur dans le cadre
45
d'un système de vente ou de prestations de services à distance organisé par le
vendeur qui utilise exclusivement une ou plusieurs techniques de
communication à distance. Cette définition implique que toute la procédure
d’achat se fait à distance, de la proposition d’offre à la conclusion du contrat. A
aucun moment, le vendeur et le consommateur ne sont en présence
physiquement l’un de l’autre. Par conséquent, un achat effectué sur Internet,
suite à un appel téléphonique, un talon à découper dans un périodique est une
vente à distance.

Parmi les informations essentielles que doit comporter l’offre de contrat


(identification des caractéristiques du produit, nom et dénomination du
fournisseur ….), figure l’existence du droit de rétractation. Conformément à
l’article 36 de la loi 31-08, le consommateur dispose d’un délai de 7 jours pour
exercer son droit de rétractation Le législateur ajoute que le consommateur n’a
pas à se justifier ni à payer de pénalités, à l’exception des frais de retour. Ce
droit court à compter de la réception du bien ou de l’acceptation de l’offre de
service. Il est de trente jours (30) si le fournisseur n’honore pas son engagement
de confirmer par écrit, au plus tard au moment de la livraison, les informations
contenues dans l’offre de contrat (identification des principales caractéristiques
du produit, bien ou service objet de l’offre, le nom et dénomination sociale du
fournisseur, les délais et frais de livraison, le droit de rétractation, etc… ;).

Lorsque le droit de rétractation est exercé, le fournisseur est tenu de


rembourser sans délai, au consommateur, le montant total payé et au plus tard
dans les quinze jours suivant la date à laquelle ce droit a été exercé. Au-delà, la
somme due est, de plein droit, productive d’intérêts. (Art. 37)

Sauf si les parties en sont convenues autrement, le droit de rétractation ne


peut être exercé pour les contrats :

* de fourniture de services dont l’exécution a commencé, avec l’accord du


consommateur, avant la fin du délai de 7 jours,

* de fourniture de produits, biens ou services dont le prix est fonction de


fluctuation des taux du marché financier,

46
* de fourniture de biens confectionnés selon les spécifications du
consommateur ou nettement personnalisés ou qui, du fait de leur nature, ne
peuvent être réexpédiés,

* de fourniture d’enregistrement audio ou vidéo ou de logiciels


informatiques lorsqu’ils ont été descellés par le consommateur,

* de fourniture de journaux, de périodiques ou de magazines.

b-le démarchage : Un démarcheur se présente à votre domicile et vous fait


une belle présentation de ses produits. Il vous a convaincu et vous avez passé
commande. Le lendemain, vous avez changé d’avis. Vous avez le droit de vous
rétracter et d’annuler la commande. La loi définit le démarchage comme toute
prise de contact commerciale effectuée au domicile d’une personne physique, à
sa résidence ou à son lieu de travail, même à sa demande, afin de lui proposer
l’achat, la vente, la location, la location-vente ou la location avec option d’achat
de produits, biens ou la fourniture de service.

Le démarchage à domicile est encadré par la loi 31-08 qui protège le


consommateur des techniques de ventes agressives et des abus de faiblesse. En
effet, l’art. 49 de la loi 31-08 donne à l’acheteur la faculté de se rétracter, dans
un délai maximum de 7 jours à compter de la commande ou de l’engagement
d’achat, par l’envoi du formulaire détachable au contrat par n’importe quel
moyen justifiant la réception. Aucun paiement ne peut être effectué avant
l’expiration de ce délai.

Le contrat de vente par démarchage remis au consommateur au moment de


la conclusion de ladite vente doit comprendre, en plus des informations
relatives à la transaction, un formulaire détachable destiné à faciliter l’exercice
de la faculté de rétractation. Le contrat doit ainsi, à peine de nullité mentionner
la faculté de rétractation ainsi que les conditions d’exercice de cette faculté.
Pendant la durée du délai de rétractation, le démarcheur ne peut vous demander
aucun paiement, même partiel.

c-le crédit à la consommation : Pour l’achat de certains biens de


consommation, l’acheteur peut préférer payer à crédit plutôt que comptant pour
des raisons de trésorerie insuffisante ou encore de volonté d’étaler en plusieurs
mensualités le prix du bien. Par opération de crédit, la loi entend « toute

47
opération par laquelle le prêteur consent à l’emprunteur un délai pour
rembourser le prêt ou payer le prix de vente ou de la prestation de service après
livraison du bien ou exécution de cette prestation.

En vertu de l’art. 85 de la loi 31-08, l’emprunteur peut dans un délai de sept


(7) jours à compter du jour de l’acceptation de l’offre préalable de crédit,
revenir sur son engagement. Le consommateur qui veut utiliser son droit de
rétractation doit remplir le formulaire détachable de rétractation joint à l’offre
préalable de crédit et le déposer contre récépissé comportant le cachet et la
signature du prêteur.

Pendant le délai de rétractation, l’emprunteur ne peut faire de dépôt au


profit du prêteur ou pour le compte de celui-ci.

2-Les garanties assurées par le vendeur :

Le consommateur est souvent en rapport direct avec celui qui lui fournit les
marchandises et les produits. Ce lien est consacré, même s’il n’est pas toujours
écrit, par un contrat de vente de ces biens matériels. De même la dite loi
impose-t-elle au vendeur une garantie légale, qui prime sur une garantie
conventionnelle offerte par ce même vendeur, notamment au cas où les droits
reconnus par cette garantie est limitée il arrive aussi que, pour attirer une
nombreuse clientèle, le vendeur offre également à l’acheteur de ses produits
(appareils électroménagers, voitures etc.) un service après-vente.

a-la garantie légale ou des vices cachés :

En principe, obligation de garantie comporte l'abstention de tout acte qui


priverait l'acheteur des avantages sur lesquels il avait le droit de compter d'après
la destination de la chose vendue et l'état dans lequel elle se trouvait au moment
de la vente. Etant prévue par le droit commun, Cette obligation ne concerne pas
particulièrement le consommateur mais tout acheteur, même un professionnel
qui acquiert un bien ou un produit pour le besoin de son activité. En outre, il
n'est pas nécessaire que le vendeur soit un professionnel.

48
L'article 65 de la loi 31-08 rend ainsi applicables aux contrats entre
consommateurs et professionnels, les dispositions des articles 549 à 575 du
DOC comme cela y est stipulé.

L'article 549 du DOC du 12 août 1913 stipule que le vendeur garantit les
vices de la chose qui en diminuent sensiblement la valeur, ou la rendent
impropre à l'usage auquel elle est destinée d'après sa nature ou d'après le
contrat. Les défauts qui diminuent légèrement la valeur ou la jouissance, et ceux
tolérés par l'usage, ne donnent pas ouverture à garantie.

Le vendeur garantit également l'existence des qualités par lui déclarées, ou


qui ont été stipulées par l'acheteur. (Art. 54).Cependant, lorsqu'il s'agit de
choses dont le véritable état ne peut être connu qu'en les dénaturant, telles que
des fruits en coque, le vendeur ne répond des vices cachés que s'il s'y est
expressément engagé, ou si l'usage local lui impose cette garantie (art. 550).

L'acheteur doit, sans délai, faire constater l'état de la chose vendue par
l'autorité judiciaire, ou par experts à ce autorisés, contradictoirement avec
l'autre partie ou son représentant, s'ils sont sur les lieux. A défaut de
constatation régulière, il est tenu de prouver que les vices existaient déjà au
moment de la réception. Cette vérification n'est pas requise, lorsque la vente est
faite sur échantillon, dont l'identité n'est pas contestée.

Si la marchandise provient d'un autre lieu, et si le vendeur n'a point de


représentant au lieu de réception, l'acheteur est tenu de pourvoir provisoirement
à la conservation de la chose. Mais s'il y a danger d'une détérioration rapide,
l'acheteur a le droit, et, lorsque l'intérêt du vendeur l'exige, il a le devoir de faire
vendre la chose en présence de l'autorité compétente du lieu où elle se trouve,
après la constatation dont il est parlé ci-dessus. Il doit aussitôt, et à peine des
dommages-intérêts, donner avis au vendeur de tout ce qui précède. (Art. 554).

Les frais de réexpédition, dans le cas de l'article précédent, sont à la charge


du vendeur.

Lorsqu'il y a lieu à rédhibition, soit pour cause de vices, soit à raison de


l'absence de certaines qualités, l'acheteur peut poursuivre la résolution de la
vente et la restitution du prix. S'il préfère garder la chose, il n'a droit à aucune
diminution de prix.

49
Il a droit aux dommages :
a) Lorsque le vendeur connaissait les vices de la chose ou l'absence des
qualités par lui promises et n'a pas déclaré qu'il vendait sans garantie : cette
connaissance est toujours présumée lorsque le vendeur est un marchand ou un
artisan qui vend les produits de l'art qu'il exerce ;

b) Lorsque le vendeur a déclaré que les vices n'existaient pas, à moins qu'il
ne s'agisse de vices qui ne se sont révélés qu'après la vente, ou que le vendeur
pouvait ignorer de bonne foi ;

c) Lorsque les qualités dont l'absence est constatée avaient été


expressément stipulées ou étaient requises par l'usage du commerce. (Art. 556).

Si la vente a pour objet plusieurs choses différentes achetées en bloc et pour


un prix unique, l'acheteur peut, même après délivrance, faire résilier la vente
pour la partie défectueuse de ces objets et se faire restituer une partie
proportionnelle du prix ; cependant, lorsque les objets ne peuvent être séparés
sans dommage, par exemple, lorsqu'ils forment une paire, il ne peut faire
résilier le marché que pour le tout. (Art. 558)

La résolution à cause du défaut de la chose principale s'étend aussi aux


accessoires, même lorsque le prix en a été fixé séparément.

Le vice de la chose accessoire ne résout pas la vente de la chose principale.


(Art. 559)

Au cas de résolution de la vente, l'acheteur doit restituer :

1) La chose affectée du vice rédhibitoire, telle qu'il l'a reçue, avec ses
accessoires et ce qui en faisait partie, ainsi que les accessoires qui se sont
incorporés avec elle depuis le contrat ;

2) Les fruits de la chose, depuis le moment de la résolution amiable ou du


jugement qui la prononce, de même que les fruits antérieurs à cette date.
Cependant, lorsque les fruits n'étaient pas noués au moment de la vente,
l'acheteur les fait siens, s'il les a cueillis, même avant leur maturité ; il fait
également siens les fruits parvenus à leur maturité, encore qu'il ne les ait pas
perçus.

D'autre part, le vendeur est tenu :

50
1) De faire raison à l'acheteur des frais de culture, d'arrosage ou d'entretien
et des frais relatifs aux fruits que l'acheteur lui a restitués ;

2) De restituer le prix qu'il a reçu ainsi que les frais et loyaux coûts du
contrat ;

3) D'indemniser l'acheteur des pertes que la chose peut lui avoir


occasionnées, si le vendeur était en dol. (Art. 561)

L'acheteur n'a droit à aucune restitution, ni diminution de prix, s'il ne peut


restituer la chose, dans les cas suivants :

1) Si la chose a péri par cas fortuit ou par la faute de l'acheteur ou des


personnes dont ce dernier doit répondre ;

2) Si la chose a été volée ou soustraite à l’acheteur ;

3) S'il a transformé la chose de manière qu'elle ne puisse plus servir à sa


destination primitive. Cependant, si le vice de la chose n'est apparu qu'au
moment ou par suite de la manipulation, l'acheteur conserve son recours contre
le vendeur. (Art. 562)

Le vendeur n'est point tenu des vices apparents, ni de ceux dont l'acheteur a
eu connaissance ou qu'il aurait pu facilement connaître. (Art. 569)

Le vendeur répond même des défauts que l'acheteur aurait pu facilement


connaître, s'il a déclaré qu'ils n'existaient pas. (Art. 570)

Le vendeur ne répond pas des vices de la chose ou de l'absence des qualités


requises:

1) S'il les a déclarés ;

2) S'il a stipulé qu'il ne serait tenu d'aucune garantie. (Art. 571)

b- La garantie conventionnelle ou commerciale :

En rappelant que c'est la garantie légale qui prévaut, on peut évaluer à sa


juste mesure une garantie commerciale dictée par le seul souci du vendeur
d'attirer des clients, qu’il remplisse son obligation en la matière ou non.
D'ailleurs, cette garantie qui trouve aujourd’hui son application dans tous les
domaines des biens de consommation est non seulement offerte par le vendeur,

51
mais l'est aussi par le fabricant ou toute autre personne impliquée dans la chaine
de distribution du produit. En tout cas, c'est le donneur de garantie qui définit
l'étendue et le délai de la garantie.

Autrement dit, la garantie commerciale, ou conventionnelle, du vendeur est


en principe facultative et normalement gratuite, tout en étant toujours limitée à
une certaine période. C'est pratiquement la garantie du bon fonctionnement du
produit pendant certain délai, une ou deux années en général. Le consommateur
est donc appelé à vérifier les conditions de la garantie, qui sont les documents
accompagnant la marchandise ou le produit (bon ou certificat de garantie par
exemple). Ces documents donnent, en effet, des informations précises sur
l'application, le délai et les prestations de garantie proposées par le commerçant,
qu'il soit fabricant ou vendeur.

L'application de la garantie commerciale dépend cependant de l'utilisation


correcte du produit. Aussi l'acheteur est-il tenu de prendre connaissance des
instructions avant de l'utiliser, afin d'éviter que le professionnel n'invoque que
le ou les défauts de l'appareil sont dûs à un usage défectueux de celui-ci. Dans
cette même optique, le consommateur n'est tenu de donner l'appareil, ou une
voiture, pour réparation qu'à un atelier spécialisé agréé par le fabricant. La
garantie ne jouera pas s'il essaye lui-même de réparer ou fait faire les
réparations dans un atelier en dehors du réseau agréé par le fabricant.

Par ailleurs, le consommateur doit s'informer préalablement sur les coûts


annexes : frais de transport pour les pièces, frais d'expédition à l'atelier de
réparation, frais de déplacement de technicien car les conditions générales
mettent très souvent ces frais à sa charge.

En général, cette garantie contractuelle couvre seulement les vices de


construction et les vices de matériaux. Il s'ensuit que le consommateur, en
l'acceptant, est tenu par les conditions du professionnel ; sauf si celui-ci est de
mauvaise foi, il a exclu ou limité tout dédommagement et si la durée est
manifestement trop brève ne permettant pas de faire jouer la garantie.

De même, si le consommateur a droit à la réparation ou éventuellement au


remplacement de la pièce défectueuse, voire de l'appareil lui-même, cette
garantie exclut souvent le remboursement de l'achat ainsi que le paiement des

52
dommages-intérêts. Pour cela, il devra plutôt s'adresser au tribunal en se
prévalant de la garantie légale car celle-ci n'est nullement écartée par la garantie
conventionnelle. C’est à cet égard que le consommateur devra toujours exiger
des attestations de réparation qui indiquent la date et l'étendue des interventions,
en particulier lorsque la ou les réparations effectuées sur l'appareil défectueux
n'étaient pas satisfaisantes. Ce préalable est utile en cas de recours par la suite à
la garantie légale.

c- Un service après-vente :
toujours payant-Généralement pour tenter de fidéliser le client et après le
délai d'une garantie commerciale souvent gratuite, le professionnel offre au
consommateur des prestations payantes portant sur le produit vendu et qu'on
appelle couramment un service après-vente.

Mais, contrairement à la garantie contractuelle, le professionnel n'en serait


obligé que si un contrat a été conclu à cet effet avec l'acheteur. Cette
convention, qu'on peut qualifier de contrat d'entreprise, est ainsi distincte du
contrat de vente. Toutefois en pratique, souvent aucun document écrit ne lie les
parties concernées ; aussi le consommateur subit-il l'arbitraire du vendeur tant
en ce qui concerne le prix de ou des réparations, révisions ou contrôles que pour
ce qui est de leur régularité ou de la durée des prestations. De même, ce n'est
pas nécessairement le vendeur ou le fabricant qui en prend en charge ces
prestations, ces derniers peuvent confier cette tâche à un tiers, notamment à un
sous-traitant.

On retient, en tout cas, que le consommateur fait une fois de plus, les frais
d'une liberté contractuelle qui transforme l'accord en contrat d'adhésion, avec
ses risques et périls. Même s'il est écrit, un tel document reste généralement
imprécis, ce qui amène le professionnel à refuser telle ou telle réparation en
prétextant qu'elle n'est pas visée par la convention et surtout en imposant au
consommateur un prix exorbitant, alors que ce dernier s'attendait à ce que la
prestation était gratuite.

Le vendeur pourra aussi se retrancher derrière l'absence de pièces de


rechange pour ne pas effectuer la réparation due, d'autant plus que ce
professionnel n'est pas tenu par une obligation de résultat à cet égard. Cette

53
pratique, Souvent utilisée, contraint le consommateur à acheter un autre objet
identique à l'état de neuf s'il lui est vraiment indispensable.

Là encore, il est fort improbable qu'il saisisse le tribunal pour la fixation du


prix de la prestation ou pour une éventuelle indemnisation en raison de la
modicité des intérêts en jeu. Il ne pourra que compter sur une disponibilité plus
ou moins bienveillante du professionnel, ce qui ne se confirme
qu'exceptionnellement. C'est dire la nécessité de combler rapidement le vide
juridique en ce domaine. Le recours au droit commun de la responsabilité est
enfin largement déficient sur le plan délictuel.

54
Conclusion :

Pour conclure, il est possible d’affirmer que la loi 31/08 procède d’une
vision plus réaliste des relations contractuelles modernes et d’une approche plus
objective du contrat où les éléments de loyauté, de justice et d’équilibre doivent
désormais trouver leur place au côté de la volonté. Ces éléments ne sont pas
totalement étrangers à la théorie générale des obligations, l’article 231 exige
bien en effet que tout engagement doit être exécuté de bonne foi, et oblige, non
seulement à ce qui y est exprimé, mais encore à toutes les suites que la loi,
l'usage ou l'équité donnent à l'obligation d'après sa nature.

De plus, l’expression de volonté ou l’adhésion du consommateur


n’implique pas que l’obligation est valablement formée, comme l’exige l’article
230 du DOC car le consommateur n’a pas toujours pleine connaissance de la
portée de ses engagements et les conditions dans lesquels intervient son
adhésion ne permettent pas de présumer la validité de l’obligation formée. C’est
pourquoi il est permis de considérer la loi 31/08 non pas comme une atteinte ou
une dérogation mais comme un développement du principe de l’autonomie de la
volonté, un facteur d’évolution et un complément des dispositifs classiques de
protection du consentement.

55
Bibliographie

Ouvrages:
- Abdellah BOUDAHRAIN : « Le droit de la consommation au Maroc », éd. AL
MADARISS, Casablanca 1999.
- Béatrice LAMARTH : « La défense du consommateur dans l'union européenne », éd. La
Documentation Française, Paris 2001.
- Didier FERRIER : « La protection des consommateurs », éd Dalloz, paris 1996.
- Jean CALAIS-AULOY et Frank STEINMETZ : « Droit de la consommation », éd
Dalloz,7ème éd, Paris 2006.
- Marie-Stéphane PAYET : « Droit de la concurrence et le droit de la consommation», éd
Dalloz, Paris 2001.

Revues :

- la Revue Marocaine da Droit et d'Economie du Développement. n°49, 2004:


- Revue Marocaine d'Administration Locale et de Développement, n° 36, 2002.
- Revue TANGIS de Droit et d'Economie, n°3, 2003.
-Revue de la Justice et de la Législation, n°8.1999.

Codes et lois:

- Dahir des obligations et contrats.


- la loi 31-08 édictant les mesures de la protection du consommateur

-La loi 06-99 sur la liberté des pris et de la concurrence.


-La loi 13-83 relative à la répression des fraudes sur les marchandises.

Thèses et Mémoires:

-Abderrahim BENDRAOUI : «la protection du consommateur au Maroc », Thèse de


Doctorat d'Etat en Droit, Faculté des Sciences Juridiques Economiques et Sociales
Rabat-Agdal, |
2001.
- Abderrahim BENDRAOUI : « La publicité mensonger et la protection du
consommateur en droit marocain », mémoire pour l'obtention du diplôme d'études
supérieures de droit privé, Faculté des Sciences Juridiques Economiques et Sociales

56
Rabat-Agdal, 1980.
- ALIAT Mohamed : «La protection du consommateur dans le cadre de la police
économique
mémoire de fin d’études; cycle supérieur N° 7, Ecole Nationale d’Administration
Publique, Mai 1977. |

Articles et travaux :

-Mounia BOUCETTA : " La protection des consommateurs, état des lieux " Article
dans la Revue Marocaine da Droit et d'Economie du Développement. n°49, 2004,
p.341 et suiv.
-Bouaabid ABBASSI : « La protection du consommateur à la lumière de la loi sur la
liberté des prix et de la concurrence», En arabe, la Revue Marocaine da Droit et
d'Economie du Développement. n°49, p.79 et suiv. 2004.
-Idriss FAKHOURI : « La protection du consommateur contre les clauses abusives»,
En arabe, la Revue TANGIS da Droit et d'Economie, n°3, p.63 et suiv. 2003.
-Mbarka DINIA : « La protection juridique du consentement des consommateurs des
produits et de services», En arabe, la Revue TANGIS da Droit et d'Economie, n°3,
p.89 et suiv.2003.
-Malika BELKBIR : « La protection DU consommateur dans le droit tunisien », En
arabe, la Revue de la Justice et de la Législation, n°8, p.41 et suiv.1999. |
-Tarik QATTAB : « Protection des consommateurs au Maroc : où en est le projet de
loi ? »,article dans le journal de L'économiste du 20/12/2006.
-Mounia BOUCETTA : " le cadre juridique fait défaut", le journal de Aujourd'hui le
Maroc |de 18/03/2005.
-Bouazza KHARRATI : « Le marocain est un consommateur non averti? », le journal
de AU FAIT du 12/03/2008.
-Abderrahim BENDRAOUI : « Les associations des consommateurs au Maroc : un
nouveau segment de la société civile », sur la Revue Marocaine da Droit et d'Economie
du Développement. n°49, 2004, p.325 et suiv.
-Hassan ALLILI et Mounim LHARIRI : « Le cadre juridique de la protection du
consommateur au Maroc», exposé en arabe dans le cadre du master la gestion du
secteur public , Faculté des Sciences Juridiques Economiques et Sociales Rabat-
SOUISSi ,année universitaire 2006-2007.

WEBOGRAPHIE :

-www.geocities.com/atlas_sais
-www.tanmia.ma
-www.justice.gouv.fr
-www.azaquar.com

57