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REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE

Union – Discipline Travail


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MINISTÈRE DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DE LA
RECHERCHE SCIENTIFIQUE

Année académique 2012 - 2013

UNIVERSITE F.H.B. DE COCODY


U.F.R. DES SCIENCES DE LA TERRE ET DES
RESSOURCES MINIÈRES

TD-TP
PETROGRAPHIE
L 2 SVT
LES ROCHES
MAGMATIQUES

Laboratoire de Géologie du Socle et de Métallogénie


Les roches magmatiques proviennent du refroidissement d’un magma. Les principales zones de
production des magmas sont schématisées sur la figure 5.1. Le magma migre plus ou moins vers la
surface. Suivant la profondeur à laquelle s’arrête cette montée, le refroidissement est plus ou moins
rapide (fig. 5.2). La vitesse de refroidissement détermine la texture des roches magmatiques. On
distingue les roches de profondeur ou roches plutoniques (intrusives), les roches de semi-profondeur
(hypovolcaniques, intrusives) et les roches de surface ou roches effusives (volcaniques).

1. Roches de profondeur
Le magma a le temps de cristalliser complètement car le refroidissement est très lent. Les
cristaux sont bien développés. Les tableaux ci-dessous présentent les textures des roches magmatiques
de profondeur.
Texture grenue
Reconnaissance à l’œil nu Reconnaissance au microscope

Tous les grains sont visibles et reconnaissables. Toutes les sections cristallines sont visibles et
Ils sont millimétriques à centimétriques. identifiables au faible grossissement (fig. 5.3).

Texture grenue porphyroïde


Reconnaissance à l’œil nu Reconnaissance au microscope

Tous les grains sont visibles et reconnaissables. Toutes les sections cristallines sont visibles et
Ils sont millimétriques à centimétriques. identifiables au faible grossissement.

Les phénocristaux peuvent être multi La taille des phénocristaux déborde le champ du
centimétriques. microscope au faible grossissement (fig. 5.4)

Les pegmatites sont des roches filoniennes ou en poche, associées aux plutons granitiques en
général. Elles correspondent au liquide résiduel, riche en eau, de fin de cristallisation d'un magma.
Elles se caractérisent par des cristaux de grandes tailles multi centimétriques à multi métriques.

2. Les roches de semi-profondeur


Le magma est monté plus haut que dans le cas des roches plutoniques. Il se trouve dans un
encaissant plus froid. Le refroidissement est donc plus rapide.
C’est le domaine des roches filoniennes. La roche est entièrement cristallisée, cependant on
peut exceptionnellement trouver du verre. Les tableaux ci-dessous présentent les textures des roches
magmatiques de semi-profondeur.
Texture microgrenue
Reconnaissance à l’œil nu Reconnaissance au microscope

Tous les grains sont plus ou moins visibles mais Toutes les sections cristallines sont visibles et
ils ne sont pas identifiables. identifiables au grossissement moyen à fort.

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Texture microgrenue porphyrique
Reconnaissance à l’œil nu Reconnaissance au microscope

Tous les grains sont plus ou moins visibles mais Toutes les sections cristallines de la mésostase
seuls les phénocristaux sont reconnaissables. sont visibles et identifiables au grossissement
moyen à fort.
Les phénocristaux sont identifiables au faible
grossissement.

Texture doléritique
Reconnaissance à l’œil nu Reconnaissance au microscope

Tous les grains sont plus ou moins visibles mais Cette texture est propre aux dolérites que les
ils ne sont pas identifiables. Américains s nomment aussi diabase. Les
baguettes de plagioclases sont enchevêtrées. Les
espaces entre les plagioclases sont occupées par
des ferromagnésiens (olivine, pyroxènes,
amphibole, biotites) et des opaques.
Toutes les sections cristallines sont visibles et
identifiables au faible ou au moyen
grossissement (fig. 5.5).
3. Les roches de surface
Le magma arrive à l’état fluide en surface et refroidit brutalement (le refroidissement est
instantanée à l’échelle des temps géologiques). Il n’a donc pas le temps de cristalliser et en dehors des
cristaux formés au cours de la montée du magma, on a une roche vitreuse. La proportion de verre est
variable. Aucun grain n’est visible à l’œil nu, exceptés les phénocristaux.

*Texture hyaline
La roche est presqu’exclusivement constituée de verre. Le verre, amorphe, est instable et se
dévitrifie en vieillissant. Il se forme alors des cristaux qui prennent un aspect fibroradié et forment ce
que l’on appelle des sphérolites de dévitrification. Toute roche contenant du verre est susceptible de
présenter une texture de dévitrification (sphérolitique ou non).

*Texture microlitique
La proportion de verre est beaucoup moins grande que dans la texture hyaline. La roche est
constituée de très fines baguettes de plagioclases appelées microlites. Les cristaux sont identifiables
au fort grossissement (fig. 5.6)

*Texture hyaline ou microlitique porphyrique


Des phénocristaux généralement reconnaissables à l’œil nu et donc identifiables au faible
grossissement, au microscope, sont présents dans la mésostase microlitique (fig. 5.7).

4. Les diagrammes de classification


*Diagramme de Streckeisen
Ce diagramme permet de classifier les roches selon les proportions relatives de quartz, de feldspath
potassique, de plagioclase et de feldspathoïdes. Il s’agit d’un losange (fig. 5.8) dont les quatre sommets
sont occupés par les minéraux ci-dessus cités. Comme nous n’étudions pas les feldspathoïdes cette
année, nous utiliserons seulement la moitié supérieure du diagramme.

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L’utilisation de ce diagramme nécessite que l’on compte les minéraux au microscope afin de
déterminer leurs proportions exactes. C’est que l’on appelle la composition modale d’une roche. Cela
implique que la roche soit cristallisée et que les minéraux soient bien visibles (roches grenues et
microgrenues). Les proportions exactes des différentes espèces minérales peuvent être effectivement
déterminées en utilisant un appareil dénommé compteur de points.
Si l’on n’a pas de compteur de points, on peut donner l’abondance relative des principales phases
minérales. En indiquant par exemple qu’il y a autant de quartz que de feldspath potassique et de
plagioclase, on voit bien que l’on est dans le champ des granites. S’il y a à peu près autant de quartz et
de plagioclase et une quantité plus grande feldspath potassique, nous nous retrouvons dans le champ
des syénites.

*Classification des roches basiques et ultrabasiques


Pour les roches ne contenant pas de quartz (gabbro par exemple), les diagrammes triangulaires dont
les sommets sont occupés par le plagioclase, les pyroxènes et l’olivine (fig. 5.9) peuvent être utilisés.
Comme pour le diagramme de Streckeisen, il faut connaitre la composition modale de la roche ou les
abondances relatives des principales phases minérales.

*La composition normative CIPW


Pour les roches volcaniques qui sont peu ou pas du tout cristalliser, il est impossible de déterminer la
composition modale. Quatre Américains, Cross, Iddings, Pirson et Washington (CIPW) ont développé
un modèle de calcul de la composition minéralogique d’une roche à partir de son analyse chimique.
C’est la composition normative ou la norme CIPW d’une roche. Mais, dans la pratique, de nombreux
diagrammes utilisent également la norme CIPW des roches grenues.

5. Etude et description d’une lame mince


a. Observer rapidement la lame mince à l’œil nu par transparence ou sur une feuille blanche.
Cela peut donner des indications telles que la présence de phénocristaux, etc.
b. Parcourir au faible grossissement l’ensemble de la lame mince. On obtient ainsi le nom de
la texture qui conduit au mode de formation de la roche.
c. Etablir la liste des minéraux présents en observant toujours l’ensemble de la lame mince,
au faible et au fort grossissement ; on établit cette liste en classant les minéraux par ordre
d’abondance décroissante. On note pour chaque espèce minérale :
- le nom
- la taille des cristaux par rapport au grain moyen de la roche
- l’état d’altération (sauf pour le quartz et la muscovite qui sont inaltérables)
- la corrosion s’il y a lieu
- si certains minéraux sont automorphes, on le précise
On indique en outre les caractères optiques variables de certaines espèces minérales :
- pour la biotite : la couleur et la présence d’inclusions de zircon
- pour l’amphibole et le pyroxène : la couleur, le pléochroïsme, la biréfringence et l’angle
d’extinction
Dans la liste des minéraux présents, on n’oubliera pas les minéraux opaques s’il y en a.
d. Faire un dessin. Pour cela on passe au faible grossissement et on choisit la portion de la
lame la plus représentative, c’est-à-dire où l’on voit bien la texture et la plupart des espèces
minérales contenues dans la roche.
Suivant la taille du grain moyen de la roche, on représentera la totalité ou seulement une
portion du champ du microscope. Il s’agit bien entendu d’un dessin d’observation et non
d’un schéma.

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Il est à rappeler que l’on observe toujours la texture au faible grossissement de façon à voir
la plus grande surface possible de l’échantillon.
On ne représente la roche ni en lumière naturelle, ni en lumière polarisée ; mais on
représente chaque espèce minérale avec un caractère aisément reconnaissable. Par
exemple plus le relief du minéral est faible, plus on le limite par un trait fin. Si le minéral
est altéré, on peut représenter l’altération par un pointillé (voir annexe).
e. décrire les minéraux inconnus s’il s’en présente en donnant tous les caractères optiques
en LN et LP.
f. donner le nom de la roche que l’on déduit de toutes les observations effectuées. On peut
également déduire des observations, l’origine de la roche.

6. Exemple de description d’une roche magmatique Voir


annexe.

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CONTINENT ARC DORSALE
MEDIO-OCEANIQUE
BASSIN MARGINAL FOSSE
SEDIMENT DE PRISME D’ACCRETION

CROUTE OCEANIQUE

ASTHENOSPHERE

MESOSPHERE

Fig. 5.1. Les principaux lieux de production des magmas

Roches de surfaces = roches effusives (volcaniques)

Roches de semi-profondeur = roches filoniennes


1 km (hypovolcaniques, intrusives)

4 km

Roches
de profondeur = roches plutoniques (intrusives)
Fig. 5.2. Les familles des roches magmatiques suivant le lieu de refroidissement du magma

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Biotite
Chlorite
Perthite altérée
Plagioclase altéré
Plagioclase

Biotite

Opaque

Quartz

a b
Plagioclase

Fig. 5.3. Photos de lames minces de granite en LN (a) et en LP (b)

Quartz
Phénocristal
de plagioclase

Amphibole
0,15 mm Fig. 5.4. Dessin d’une texture grenue
porphyroïde

Fig. 5.5. Textures doléritiques en LN

6
Fig. 5.6. Photo d’une texture microlithique (x11) Fig. 5.7. Photo d’une andésite porphyrique (x40)
OPX : orthopyroxène
CPX : clinopyroxène

Fig. 5.8. Diagramme de Streckeisen

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Classification des gabbros

Classification des péridotites

Fig. 5.9. Classification des gabbros et des péridotites


Annexe

Exemple de description d’une roche magmatique

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Mode de représentation des minéraux

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1
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