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La notion du consommateur dans le Code français de la consommation

Assez paradoxalement a priori, le Code français de la consommation ne définit pas le


consommateur. Sans doute cette omission est-elle liée à la difficulté de cerner ce
personnage. Si tout le monde n'est pas salarie ou commerçant, toute personne est
consommateur. La catégorie juridique est donc incertaine. L'impression de flou est renforcée
par le fait que le Code français de la consommation parait parfois distinguer le
consommateur et le non-professionnel. La logique de ce code renseigne que le point faible
du contractant est diffèrent selon le domaine de la règlementation. Il conclut un contrat
sous la pression d'un démarcheur, il mesure mal le cout de son endettement, il adhère a une
convention qui confère à son contractant un avantage excessif. A chaque domaine son
consommateur et sa réglementation

La doctrine française.
La recherche dans la doctrine française, nous a permis de retenir deux définitions
comparables du consommateur, données par deux professeurs, dont la voix fait autorité en
la matière. Ainsi, selon le professeur j. Ghestin : ≪ Le consommateur est ≪ la personne qui,
pour ses besoins personnels, non professionnels, devient partie à un contrat de fourniture
de biens ou de service ≫176(*). L'autre définition est voisine de la première. Elle est donnée
par les professeurs J. C ; Aulnoy et F. Steinmetz. Selon ces auteurs ≪ le consommateur est
une personne physique ou morale qui se procure ou qui utilise un bien ou un service pour un
usage non professionnel ≫177(*).De ce qui précède on peut déduire que la notion de
consommateur en droit reste incertaine, malgré une partie de la doctrine qui en prône une
délimitation stricte178(*), la jurisprudence et une grande partie de la doctrine179(*), parait plutôt
en faveur d'une définition extensive, par le recours au critère du rapport direct 180(*). Ainsi, si
le droit de la consommation a pour objectif la protection du consommateur, la traduction
juridique de ce but n'est pas aisée. Empruntée au domaine des sciences économiques, la
notion de consommateur a été amenée, depuis quelques décennies, à jouer en droit civil
français un rôle de protection, sans qu'une véritable réflexion n'ait été préalablement
menée. Le résultat est qu'une définition rigoureuse du consommateur est, aujourd'hui
encore, absente du droit français de la consommation 181(*). Le consommateur est multiple
car, cette qualité recouvre un sens diffèrent selon les normes juridiques qui l'utilisent. Cette
absence de définition uniforme de la notion du consommateur n'est pas tellement
regrettable. En effet, certains mettaient en garde les juristes contre un excès de définition,
facteur de rigidité et donc d'injustice182(*). La notion de consommateur en fournit un exemple
topique. A notre sens, on estime que cette absence de définition ne peut que profiter au
consommateur dans la mesure où elle permet au juge plus de souplesse dans l'application
des textes consuméristes. Cependant, ce qui importe dans notre propos, c'est
l'établissement des deux qualités de consommateur et de professionnel, condition
nécessaire à la mesure du pouvoir économique relatif, résultant du rapport déséquilibre
entre ces deux partenaires. En effet, le pouvoir économique relatif peut aussi résulter de la
relation de dépendance dans laquelle peut se trouver un partenaire économique a l'égard
d'une entreprise économiquement puissante.