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Introduction

La mondialisation croissante de l’économie, à la faveur de la division internationale des


processus de production et à l’essor sans précédent de l’innovation technologique à fait
du commerce extérieur un pilier central de la croissance et de la libéralisation
commerciale à l’échelle internationale, un choix irréversible.
Pour s’inscrire dans ce processus de mondialisation, le Maroc a fait de l’ouverture sur
l’extérieur un choix stratégique.
Dans ce cadre, les efforts menés dans la voie de la libéralisation de l’économie
particulièrement au cours des années 80 et 90 se sont notamment soldés par la signature
d’accords et de conventions avec différents pays que ce soit au niveau bilatéral ;
régional ou multilatéral.
Parmi les accords étant donné l’importance des échanges avec ce premier partenaire qui
est l’union européenne, nous avons choisi pour ce thème la problématique suivante:
En quoi consiste l’accord de l’union européenne avec le Maroc ? Qu’elle est sa
valeur au regard des intérêts du Maroc ?

Pour répondre à cette problématique nous allons opter pour le plan suivant:
Partie 1 : les principaux accords commerciaux entre le Maroc- et l’Union
Européenne
Partie 2 : les conséquences de la zone de libre échange sur l’économie
marocaine
Partie 1. Les principaux accords commerciaux entre le Maroc- et l’Union
Européenne

L'UE est toujours le plus important partenaire commercial du Maroc et le


premier investisseur étranger. La mise en œuvre de plusieurs accords commerciaux a
permis la suppression définitive des droits des douanes sur des échanges des produits
industriels ainsi que de beaucoup de produits de l'agriculture et la pêche ce qui a donné
lieu à une dynamisation des échanges commerciaux.
Le Maroc et l'UE opèrent leurs échanges à travers une zone de libre échange qui a été
mise en place progressivement par l'Accord d’association.
Cet accord a été signé le 26 février 1996 et entré en vigueur le 1er mars 2000. Il garantit
un accès au marché de l’UE en franchise de droits pour les produits fabriqués ainsi
qu’un
Traitement préférentiel pour les produits agricoles, les produits agricoles transformés et
les produits de la pêche. A cet égard, l’accord d’association vise à :
A. Établir une zone de libre-échange industrielle «ZLE »

Pour les produits industriels : Les exportations marocaines bénéficient d’un accès
aux marchés de l’UE en franchise depuis l’entrée en vigueur de l’accord, alors que les
produits originaires de l’UE accèdent au marché marocain selon le schéma suivant :
 Exonération du droit d'importation (DI) sur les biens d'équipement et
certaines pièces de rechange dès le 1er mars 2000. (cf. liste n°1 de l'annexe I à la
circulaire d'application de l'accord n°4617/222 du 15/02/00, telle que modifiée).
 Démantèlement du DI de 25% par an sur les matières premières et intrants
depuis mars 2003. (cf. liste n° 2 de l'annexe I à la circulaire d'application).
 Élimination progressive des droits de douane (DD) pour les produits
fabriqués au Maroc, à raison de 10% par an à compter de la 4ème année de l’entrée
en vigueur de l’Accord.
 Élimination progressive des Droits de Douanes pour certains véhicules automobiles
depuis Mars 2003 à raison de 3% par an pendant 4 ans et 15% par an à compter de la
8ème année de l’entrée en vigueur de l’Accord jusqu’à la suppression totale des droits.
le 1er mars 2011, ces produits accèdent au marché marocain en bénéficiant d’une réduction de
87% des droits.

La libéralisation du commerce des produits agricoles et de la pêche :


le 1er octobre 2012, « l’accord entre l’UE et le Maroc relatif aux mesures de libéralisation
réciproques en matière de produits agricoles, de produits agricoles transformés, de
poissons et de produits de la pêche» va dans le sens d’une libéralisation totale excepté
pour des produits sensibles des deux parties qui restent soumis à des conditions spéciales.

B. Pour les produits agricoles

Le Maroc exporte principalement des produits de la mer, des fruits et des légumes.
C’est le 1er producteur mondial de menthe, 3ème producteur de haricots verts, de
caroubes, de figues, d’amandes, 4ème producteur de mandarines et clémentines, 5ème
producteur d’olives, de coings, 9ème producteur d’anis, badiane, fenouil et coriandre .
Maroc figure parmi les plus grands exportateurs mondiaux de haricots verts, d'agrumes, de
mandarines et clémentines, d'olives en conserve, de tomates, de fraises et d'huile d'olive,
de piments, de melons.
Concernant Les importations alimentaires du Maroc ils sont essentiellement
constitués de céréales (blé, maïs) puisque la production nationale de céréales ne couvre
pas les besoins du pays, même lors des bonnes années, de sucre et de produits laitiers.
.en effet plusieurs produits importés de l’UE sont soumis au droit nul ou réduit Excepté
le blé dur dont le Maroc est importateur net.
En 2017, les importations marocaines de produits agroalimentaires ont
totalisé 42,52 milliards MAD (-4,7% par rapport à 2016), tandis que les exportations se
sont élevées à 54,19 milliards MAD (+8,1% par rapport à 2016), la balance commerciale
agroalimentaire du pays affichant un excédent (Office des Changes). L’autosuffisance
varie selon les années de 30% à 75% pour les céréales.
la France demeure toujours largement en tête parmi les clients du Maroc , puisqu’elle
absorbe 99% du tonnage des tomates exportées,80ù des pommes de terre, 98ù des autres
légumes .
En effet, il convient de signaler que le secteur des agrumes constitue le
principal poste d’exportation agricole marocain. mais le Maroc connaissait une certaine
stagnation qui est due à la dégradation du verger agrumicole celui-ci souffrait du
vieillissement de plantations, de la baise de disponibilités en eau et d’insuffisance de
l’encadrement technique.
Cependant, l'accord protège les produits sensibles marocains tels que les
viandes, les céréales et dérivés, l'huile d'olive, entre autres. Prévu dans l'accord agricole,
les négociations pour un accord sur la protection des indications géographiques sont en
cours. Cet accord permettra une valorisation de la production et une amélioration de la
qualité au Maroc (par exemple la reconnaissance et la protection de l'huile d'argan
comme produit purement marocain ou encore la clémentine de Berkane).
Avec 66,5% des importations de marchandises, l’Union européenne reste le premier
fournisseur du Royaume et son premier client puisqu’il concentre 56,9% des
exportations marocaines. Entre 2007 et 2017, le volume des échanges commerciaux est
passé de 229 milliards de DH à 414 milliards de DH, avec un taux de couverture de
66,4% en légère hausse par rapport à 2007. Cette progression s’explique par une
augmentation de 6,2% des exportations marocaines contre 6% pour les importations.

C. Accord de la pêche :

Le nouvel accord de pêche entre le Maroc et l’UE a été signé le 14 janvier à Bruxelles.
Couvrant la zone de pêche s’étendant du parallèle 35 jusqu’au parallèle 22, à savoir du
Cap Spartel dans le nord du Maroc jusqu’au Cap Blanc dans le sud du Royaume, cet
accord précise, entre autres, les zones de pêche et les conditions d’accès pour la flotte
européenne, avec une augmentation de la contrepartie financière qui passera d’une
moyenne annuelle de 40,0 M€ à 52,2 M€ (+30%).

L’accord comprend également des dispositions visant à optimiser les retombées et


les bénéfices pour les populations locales des zones concernées. Il prévoit aussi des
exigences techniques visant la préservation de la durabilité des ressources halieutiques et
la protection de l’environnement marin.

La libéralisation du commerce des services et du droit d’établissement est prévue par


l’article 31 de l'Accord d'Association qui dispose
« Les parties conviennent d’élargir le champ d’application du présent Accord de manière
à inclure le droit d’établissement des sociétés d’une partie sur le territoire de l’autre
partie et la libéralisation de services fournis par les sociétés d’une partie envers les
destinataires de services dans une autre partie».
Les négociations bilatérales entre le Maroc et l’UE basées sur le principe d’une
libéralisation progressive et réciproque du commerce des services et du droit
d’établissement, ont commencé en février 2008.
Partie 2 Les effets de l’accord de libre-échange entre les deux rives sur
l’économie Marocaine:

L'accord de libre-échange est avant toute chose un cadre institutionnel qui


présente des opportunités, mais surtout pose des défis considérables aux entreprises en
termes de diversification des marchés, de compétitivité et de qualité des produits.
L'exploitation du potentiel de gains qu'il recèle dépend moins de la levée des
frontières aux échanges que de la pertinence de la politique de mise à niveau et
d’adaptation des entreprises marocaines.
Quelles sont les opportunités et les défis de l'établissement d'une zone de libre-
échange entre le Maroc et l’UE pour l’économie marocaine ? Et quelles sont les
véritables enjeux de ce libre- échange et les mesures préconisées face à ses derniers ?
L’objectif essentiel est de rendre compte des efforts restant à poursuivre pour relever
les défis de l’ouverture et tirer les avantages escomptés des zones de libre-échange.

A. Les conséquences des accords commerciaux entre les deux rives :

1. Libre-échange, les accords ne profitent pas au Maroc (conséquences monstrueuses)

a. L’inéé galitéé dé déé véloppémént ét la préé dominancé dés rélations commércialés avéc
l’Union Européé énné :

Nous pensons d’ailleurs que l’«intégration » peut être considérée certainement comme
un important processus permettant une libéralisation commerciale contrôlée.
Néanmoins, cette libéralisation doit être fondée sur une intégration entre pays avec des
niveaux de développement similaires mais on peut facilement constater que dans le
cas de cet accord, les écarts de développement restent immenses. Il est évident que la
libéralisation éprouve des lacunes en termes d’échange, pourtant, l’UE est le premier
partenaire commercial du Maroc dans l’espace euro-méditerranéen.
Nous constatons de ce fait que le marché européen absorbe une part relativement
importante des exportations et des importations marocaines par rapport aux pays
méditerranéens et grâce à l’accord de libre-échange l’UE est placé au premier rang des
principaux partenaires commerciaux du Maroc.
L’UE a imposé au Maroc une spécialisation économique, essentiellement, dans la
production des matières premières et produits agricoles très voraces en eau et soumis à
des conditions draconiennes (contingents, calendriers d’exportation et normes
contraignants…) ainsi que dans les dernières opérations de production industrielle
(montage de voitures en particulier) ou la fabrication d’accessoires pour les voitures et
les avions ; une spécialisation à faible valeur ajoutée qui s’accompagne d’une
surexploitation de la main-d’œuvre et de la destruction de l’environnement, en
particulier des ressources hydrauliques. De plus, cette spécialisation induit une très
forte dépendance pour les produits alimentaires de base (blé, lait, sucre, huiles). En ce
qui concerne les produits agricoles, il faut exporter 5 kilos de tomates pour importer
un kilo de blé.
Cette spécialisation économique génère un déficit structurel de la balance
commerciale avec l’UE aggravant la dépendance économique et politique vis-à-vis de
l’UE et dont les répercussions sociales sont graves et le renforçant la détérioration de
la situation sociale des masses populaires et de l’environnement:
Précarité du travail ; baisse des salaires, flexibilité dans l’application des droits de
travail, accentuation de l’exploitation des travailleurs et travailleuses, quasi-absence
de protection sociale…) ;
Conditions de travail inhumaines, surtout pour les femmes
Pillage des ressources naturelles : matières premières, ressources halieutiques et
hydrauliques… ;
La nature n’a pas été épargnée non plus car les ALE portent atteinte à la protection de
l’environnement et au bien-être animal ;
b. lés Accords dé libré-éé changé sont dés accords coloniaux

En résumé ils sont pensés en fonction des intérêts des pays occidentaux et de leurs
grandes entreprises. Ils ont contribué à démanteler les services publics, détruire le
tissu productif, industriel comme agricole, creuser le déficit de la balance
commerciale, générer la dépendance alimentaire. Ils permettent aux entreprises de
l’UE de profiter des exonérations fiscales, de la main d’œuvre et des terres bon
marché dans les pays du Sud. Les ALE, couplés avec le service de la dette, sont des
instruments coloniaux de domination des peuples. Ils contribuent à affaiblir la
souveraineté politique de notre pays ;

2009 2017

Source : l’office des changes

D’ailleurs, il convient également de noter, que certainement l’UE est le principal


partenaire commercial du Maroc, mais même dans le cadre de ses relations
commerciales avec les pays de l’UE, le Maroc est fortement dépendant de ses
anciens colonisateurs. Donc, le Maroc accorde une importance cruciale à ses liens
historiques et de colonisation avec les pays de l’UE. Par conséquent, nous pouvons
dire que les deux principaux partenaires commerciaux du Maroc, parmi les pays de
l’UE, sont la France et l’Espagne.
Source : l’office des changes

Rappelons que, l’accord signé entre le Maroc et les pays de l’UE a porté
essentiellement sur trois secteurs à savoir, l’industrie, l’agriculture et la pêche.
Néanmoins, si dès le 1er mars 2012, le démantèlement douanier progressif a pris fin
et la zone de libre-échange entrée en vigueur en 2000 entre le Maroc et l’UE pour
les produits industriels est devenue effective, des difficultés de négociation
persistent toujours dans le secteur agricole et de la pêche ainsi que le secteur des
services. Pourtant, le Maroc possède un avantage comparatif dans ces secteurs.
En effet, nous pensons que cet accord a accordé une importance cruciale au
secteur industriel lors de son adoption, avec un léger retard pour faire avancer le
secteur agricole. Par contre, en ce qui concerne le secteur de pêche, ce dernier a
toujours fait objet de profondes négociations entre les deux partenaires depuis
l’accord de 1996 jusqu’à nos jours, plus précisément après la suspension de cet
accord en 2011 pour le renouveler en 2013. Cette situation dévoile alors l’intérêt de
ce secteur pour les deux partenaires.
D’ailleurs, cet intérêt porté au secteur industriel nous semble être
défavorable pour le Maroc, étant donné que le marché européen connait une forte
concurrence, notamment dans ce secteur. En effet, le Maroc se trouve concurrencé
par les pays Sud méditerranéens, surtout par la Tunisie et la Turquie dans le secteur
du textile. Aujourd’hui, le Maroc doit confronter d’autres concurrents sur le marché
de l’UE, précisément des pays de l’Asie, surtout dans le domaine d’habillement et
des chaussures, puisque la fin de l’accord multifibre en 2005 qui régissait le
commerce international dans la filière textile, a 8 rendu la concurrence plus
acharnée sur le marché européen et dont souffre le Maroc actuellement.
Nous pouvons dire alors que, la spécialisation du Maroc dans le secteur
industriel face à une forte concurrence sur le marché européen a certainement des
répercussions négatives sur l’économie nationale. Sachant que les accords
d’association avec l’UE ainsi que la zone de libre-échange sont fondés sur une
libéralisation progressive du secteur agricole, ainsi qu’un démantèlement sur douze
ans pour les produits originaires de l'UE dans le cadre de trois listes contre un accès
libre pour les produits industriels marocains, force est de constater que le Maroc
s’est orienté vers un secteur pour lequel il ne possède pas d’avantage comparatif.
Par conséquent, le pays continuera à affronter la forte concurrence sur le secteur
industriel des pays européens industrialisés tel est le cas de l’économie Allemande.
Dans le même sens, la concentration du Maroc sur quelques pays européens,
notamment l’Espagne et la France en tant que débouchés pour l’industrie
marocaine, reste un handicap majeur à l’élargissement de la pénétration des
produits marocains dans le marché unique actuellement. Les entreprises marocaines
restent encore passives face à la dimension "européenne".
2. Effets favorables :

Il n’en demeure pas moins que dans une logique de mondialisation, les ALE
restent la meilleure opportunité pour le Maroc d’améliorer ses exportations, et
conquérir de nouveaux marchés. C’est aussi un moyen pour les entreprises nationales
d’être plus compétitives et de s’ouvrir sur le reste du monde. Ceci ne pourrait se faire
sans un accompagnement de l’Etat, une bonne promotion du produit Marocain, une
diversification de l’offre exportatrice, et une conformité des produits aux normes
internationales, pour optimiser leur exportation et pouvoir ainsi affronter la
concurrence mondiale.
 L’industrie automobile sauve l’export

En y ajoutant ainsi la réorientation de la production économique vers les industries


à haute valeur ajoutée à l’exportation, notamment l’automobile et l’aéronautique
devraient ouvrir de nouvelles perspectives au Maroc dans le cadre des ALE.
En effet, avec l’installation au Maroc de deux grands constructeurs, à savoir
Renault et Peugeot, l’industrie automobile devient ainsi le premier secteur
d’exportation du Royaume devant l’agro-industrie et les phosphates. Aujourd’hui,
le pays est le premier producteur de produits automobiles dans la région MENA et
le deuxième sur le continent après l’Afrique du Sud. Il est à noter que les
exportations du secteur automobile ont enregistré au cours de ces dernières années
une performance remarquable atteignant 48,59 MMDH en 2015, en hausse de 22,7
% par rapport à 2014. Ce secteur devrait permettre au Maroc, à l’horizon 2020, de
doubler ses exportations automobiles pour atteindre 100 MMDH par an.

Conclusion :

Malgré les pervers effets attendus de l’instauration de cette zone de libre-


échange, elle reste un projet prometteur pour l’avenir des deux parties et notamment
une locomotive de développement pour le Maroc qui lui permet d’éviter l’exclusion
et la marginalisation. Bien plus, elle apporte une contribution constructive à la
libéralisation des échanges.
Or, l’établissement de cette ZLE n’est pas une entreprise aisée. En fait, il s’agit d’un
« challenge » qui demeure tributaire d’un effort soutenu, de la mobilisation de tous
les partenaires notamment ceux du secteur privé. Celui-ci devrait accroître les
performances de l’économie par la valorisation des ressources humaines,
l’amélioration de la qualité et de la gamme, et par le renforcement des instruments
de gestion. On devait dire, enfin que les entreprises marocaines sont amenées à
s’armer des compétences technologiques et organisationnelles pour affronter la
concurrence au sein de la ZLE en gestation et dont les délais sont déjà fixés et par
conséquent toute compétition inégale se répercute négativement sur l’équilibre de
l’économie marocaine. Dans un monde d’interdépendances accrues, les économies
tendront à s’ouvrir davantage, les barrières tarifaires et contingentaires s’abaissent.
La globalisation des économies est une donne, sans doute irréversible, de ce siècle.