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Sociétés de personne

Les sociétés de personnes sont régies tant par la loi 5-95 que par les dispositions du Dahir des
obligations et contrats (DOC) du 12 août 1913. De même, certaines dispositions de la loi 17-95 sur la
SA sont également applicables à ces sociétés.

1. Société en nom collectif (SNC)


a. Caractéristiques
- Les associés de la SNC ont tous la qualité de commerçant
- Les associés de la SNC répondent indéfiniment et solidairement des dettes sociales. En effet,
quelque soit le montant du capital, les associés sont tenus de payer les dettes de la société sans
aucune limite. De même, un associé, quelle que soit sa part, si petite soit-elle, est solidairement
responsable des dettes sociales sur son patrimoine personnel si la société n’a pas les moyens
d’honorer ses engagements.
Néanmoins, le législateur a atténué quelque peu l’impact négatif de ce concept en édictant « on
ne peut poursuivre un associé qu’après avoir vainement mis en demeure la SNC par un acte
extrajudiciaire, au plus tard dans les 8 jours, sauf prolongation de délai par le tribunal »
- La dénomination commerciale peut comprendre le nom d’un ou de plusieurs associés (pas
obligatoirement)
- Tout document émanant de la société doit comprendre la mention SNC
b. Gérance de la SNC
- Tous les associés sont normalement gérants. Néanmoins, les statuts peuvent désigner un ou
plusieurs gérants associés ou non, ou en prévoir la désignation dans un acte ultérieur.
- Si une personne morale est nommée gérant, ses dirigeants encourent les mêmes responsabilité
civiles et pénales, outre la responsabilité solidaire de la société morale.
- Si les pouvoirs ne sont pas déterminés dans les statuts ou dans un acte ultérieur, le gérant peut
faire tout acte de gestion dans les rapports entre associés.
- Dans les actes avec les tiers, le gérant est investi des pouvoirs les plus étendus. De ce fait, la clause
de délimitation des pouvoirs de la gérance est inopposable aux tiers. Ainsi, l’opposition d’un
gérant, dans le cas de pluralité des gérants, aux actes d’un effectués par un autre gérant est sans
effet vis-à-vis des tiers à moins qu’il ne soit pas démontré que ces tiers en aient eu connaissance.
c. Signature sociale
- Dans la pratique, la signature peut être faite communément aux autres types de sociétés :
Individuelle ou conjointe (il est conseiller de garder une signature d’un associé pivot à toutes les
autres signatures)
d. Assemblée générale
- Les associés doivent se réunir en assemblée générale ordinaire (AGO) dans les six mois qui suivent
la clôture de l’exercice comptable. Lors de l’AGO, le rapport de gestion, l’inventaire et les états de
synthèses établis par les cogérants, doivent être soumis à l’approbation de l’ensemble des
associés.
Ces documents en plus du projet de résolution et du rapport du CAC, s’il en existe un, doivent être
adressé aux associés dans 15 jours avant la date de la réunion de l’AGO. A la suite de l’AGO, les
délibérations des associés sont consignées dans un procès-verbal signé par chacun des associés.
En cas de consultation écrite, le PV signé par le gérant fait mention des délibérations avec les
réponses de chaque associé comme preuve. Cependant, le mode de consultation écrite doit être
prévu dans les statuts qui en fixe les conditions et la procédure.
e. Protection des associés minoritaires
- La loi a prévu à ce que les associés non gérants puissent, deux fois par an, prendre connaissance
au siège social de la société des livres d’inventaire, des états de synthèse, du rapport de gestion,
du rapport du CAC et des PV des assemblées.
- Les associés peuvent également poser par écrit des questions sur la gestion sociale auxquelles il
doit être répondu par écrit.
- De toute façon, tous les associés ont le droit de prendre des copies de tous les documents sauf
pour l’inventaire, en raison, certainement, des risques de fuite de l’information vers la
concurrence.
f. Contrôle de la SNC
- Les associés peuvent nommer à la majorité des associés un ou plusieurs commissaires aux
comptes.
- La nomination d’un CAC devient obligatoire si le chiffre d’affaire annuel dépasse 50 Millions de
MAD. Si ce seuil n’est pas atteint, sa nomination peut être demandée par un associé au président
de tribunal statuant en référé (urgence).
- En cas de sa nomination, toutes les dispositions de la loi 17-95 sur la SA relative aux CAC sont
valables pour la SNC.
g. Révocation de la gérance

On distingue trois cas :

- Tous les associés sont gérants : Si un ou plusieurs gérants associés sont désignés dans les statuts,
la révocation de l’un d’eux ne peut être décidée qu’à l’unanimité. Cette révocation entraine la
dissolution de la SNC à moins que sa continuation n’ait été prévue dans les statuts ou que les autres
associés ne décident sa continuation.
- Un ou plusieurs associés gérants : Si la gérance n’est pas désignée dans les statuts, la révocation
d’un gérant peut être prise à l’unanimité des autres associés. Dans le cas contraire, la révocation
est faite selon les conditions prévues dans les statuts.
- Gérant salarié : il est révoqué à l’unanimité simple des associés.

Dans tous les cas, la révocation, décidée sans de justes motifs, peut donner lieu à des dommages et
intérêts.

h. Cession des parts sociales


- Les parts sociales sont nominatives et ne peuvent être cédées qu’avec le consentement de
l’ensemble des associés.
- A peine de nullité, la cession de parts doit être constatée par écrit accepté par la SNC dans un acte
notarié ou légalisé.
i. Dissolution
- La SNC est en principe, dissoute au décès de l’un ou plusieurs associés. Cependant, les statuts
peuvent toujours prévoir la continuation de la SNC avec les héritiers.
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