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Les influences de la Révolution Française et du

libéralisme dans des programmes politiques


roumains pendant la période 1820-1848

Alina-Carmen Ciolcă

SPF I
L’essai porte une analyse sur un des éléments essentiels de la vie politique dans les
Principautés Roumaines, spécifique à une période bien déterminée appartenant à la première
moitié du XIXe siècle immédiatement antérieure voire simultanée à la Révolution de 1848 :
les programmes politiques roumains pendant les années 1820-1848. La problématique de
l’essai concerne l’existence, dans un nombre de programmes politiques significatifs pour cet
intervalle temporel, de nombreux aspects qui illustrent l’influence des idées politiques
descendantes de la Révolution Française de 1789-1793 et de l’idéologie européenne libérale.
Les programmes politique envisagés par cet essai sont: « Les sollicitations du peuple
roumain », « La Constitution des Charbonniers », « L’Acte séparé de nomination du
souverain des Valaques » et « La Proclamation d’Islaz ».
L’ouvrage se propose de démontrer la réalité des inflexions d’origine libérale et
révolutionnaire française dans les documents au-dessus précisés, dans le contexte plus large
de l’apparition de la pensée politique roumaine et du processus de modernisation des Pays
Roumains.

Contexte
Avant d’analyser proprement dit les documents envisagés, il faudrait tout d’abord préciser
la spécificité du contexte de leur parution. Selon Vlad Georgescu, la fin du XVIIIe siècle et le
début du XXe siècle ont marqué le commencement de la pensée politique roumaine, vu la
complexité du cadre politique interne et international1. Parmi les prémisses qui ont déterminé
l’élaboration des programmes politiques à contenu réformateur on pourrait ainsi mentionner :
l’instauration du régime phanariote, qui a engendré une limitation de la fonction extérieure de
l’Etat et une orientalisation de la politique interne favorisant l’oppression et l’abus sans
précédent, la crise aigue de l’ancien système économique féodal suite au développement des
formes de début de l’économie capitaliste, mais aussi l’accentuation de la question orientale,
ce qui a permis l’internationalisation du problème roumain dans son cadre.
A l’égard de la pénétration des idées de la Révolution Française dans les Principautés
Roumaines, cela a été possible grâce à de multiples facteurs : les agents républicains et le
personnel consulaire y présents (par exemple, le commerçant jacobin Ortolan et le consul
jacobin Emile Gaudin), la filière néo-grecque, en tant qu’intermédiaire entre la pensée
politique roumaine et les idées politiques européenne, la diffusion des ouvrages français

1
Georgescu, Vlad. Ideile politice si iluminismul in Principatele Romane(1750-1831), Edition de l’Académie de la
République Socialiste Roumaine, Bucarest, 1972, p. 17-18
révolutionnaires comme De la souveraineté du peuple (Paris, 1790), Le Manuel du Citoyen
( Paris, 1791), des histoires de la révolution et bien sûr La Déclaration des Droits de l’Homme
et du Citoyen, mais aussi le contact direct de l’élite roumaine avec l’espace français et
généralement occidental2. L’influence libérale est au début assez réduite, son « pays
d’origine », l’Angleterre, étant moins connu dans l’espace roumain mais apprécié pour sa
culture et ses institutions. Elle a été apportée sur la même filière francophone, par les œuvres
de Montesquieu (notamment L’Esprit des Lois) et celles des physiocrates. Le Traité de
Politique de Ionicã Tãutu, selon qui les institutions anglaises étaient supérieures à celles
françaises, était fondé sur les principes exprimés dans l’Esprit des Lois3.

2
Georgescu, Vlad. Ideile politice si iluminismul in Principatele Romane(1750-1831), Edition de l’Académie de
la République Socialiste Roumaine, Bucarest, 1972, p.68-69
3
Vârtosu, Emil. Les idées politiques de Ionicã Tãutu, p.278 in Georgescu, Vlad. Ideile politice si iluminismul in
Principatele Romane(1750-1831), Edition de l’Académie de la République Socialiste Roumaine, Bucarest, 1972
Les sollicitations du peuple roumain

« Les sollicitations du peuple roumain » a été rédigé le 16 février 1821 et a représenté le


principal programme politique de la Révolution de 1821 de Tudor Vladimirescu en Valachie.
Le document contient des prévoyances à caractère politique, social, économique et national. Le
titre renvoie évidemment à l’une des idées centrales de la Révolution Française – la
souveraineté du peuple. Le programme présente un niveau idéologique élevé : « la patrie c’est
le peuple, et non pas la clique des pillards »4. D’ailleurs, le principe de la souveraineté de la
volonté populaire apparaît de façon récurrente, en tant que source de légitimité pour une série
d’actes dont l’accomplissement est nécessaire – l’abrogation du « Code » de Caragea et
l’adoption de la « Pravilniceasca Condica » donnée antérieurement par Alexandru Ipsilanti,
« qui reste et qui soit respectée »5 ou le changement du mitropolit, avec un qui soit accepté par
le peuple. De plus, le programme préconisait comme forme de gouvernement la monarchie
constitutionnelle, car les pouvoirs du prince étaient limités par la constitution qu’il devait jurer
de respecter lors de son installation. Son caractère libéral est aussi visible en ce qui concerne
les mesures économiques et sociales prévues, qui envisageaient la libéralisation du commerce,
le développement des forces de production, par l’abolition des douanes internes, à cause
desquelles « le commerce a presque cessé d’exister » (article 5)6 et la diminution des taxes de
douane de frontière jusqu’à trois pourcent, de même que la suppression de la corvée par une
petite indemnité. Sur le plan administratif, les mesures sont également libérales : la suppression
des abus des fonctionnaires publics, la réduction du nombre des fonctions publiques, l’adoption
du système de rétribution et de celui de la méritocratie dans l’attribution des fonctions laïques
et ecclésiastique, afin d’annuler les privilèges et les fonctions héritées et de faciliter l’accès des
classes productives aux organismes de direction de l’Etat.

La Constitution des Charbonniers

4
Șotropa, Valeriu. Proiectele de constitutie, programele de reforma si petitiile de drepturi din Tarile Romane in
secolul al XVIII-lea si in prima jumatate a secolului al XIX-lea, Edition de l’Académie de la République
Socialiste Roumaine, Bucarest, 1976, p. 156
5
Rascoala din 1821 – Documente interne , 1er volume, comité de rédaction de l’Académie de la République
Populaire Roumaine, Institut d’Histoire, Bucarest, 1959, p. 273
6
Ibidem, p. 273
« La Constitution des Charbonniers » a été élaborée en 1822 en Moldavie et contient 77 points.
Rédigé par Ionicã Tãutu, membre de la classe des petits boyards, dont les intérêts étaient en
bonne mesure défendus par ce programme, il a éveillé de forts réactions de la part de la couche
conservatrice des boyards, étant considéré comme trop innovateur, voire « inutile et
dangereux » (Iordache Rosetti-Rosnovanu), « erroné et subversif » ( Mihail Sturdza)7.
Tout d’abord, on peut affirmer que l’un des principes fondamentaux soutenu par le document
et celui du constitutionnalisme et comme forme de gouvernement, la monarchie
constitutionnelle, ce qui nous permet ainsi d’identifier son caractère libérale. L’article 75
donne même une définition de la constitution : « le fondement de tout liberté, la limitation du
pouvoir de ceux qui sont chargés avec les affaires de la collectivité, la prévoyance qui mène à
la protection de celle-ci, de la fortune et des droits civiques …enfin, le fondement du pouvoir
qui accomplit et fait accomplir tous ces rapports sociaux »8. Dans le cadre de la monarchie
constitutionnelle, le programme soutien aussi le principe de la séparation des pouvoir dans
l’Etat. Cela aurait été possible par le biais d’un transfère de pouvoir qui était concentré dans les
mains du prince vers les fors législatif et respectivement judiciaire.
L’Assemblée Nationale, formé par des boyards de toutes les catégories, qui détient le pouvoir
législatif, devient en effet le principal organe de l’Etat, charger d’établir tout les lois, de
s’occuper de tout ce qui concerne le « bien public », et à la décision de laquelle le prince devait
se soumettre en cas de conflit d’opinion. Le pouvoir judiciaire est retiré presque complètement
de l’autorité du prince, puisque même le droit de juger en dernière instance revenait à une
Assemblée Spéciale d’Appel. Aussi, dans les articles 47 et 50, on introduit le concept de la
responsabilité des actes publics, accompagné par des propositions de punition des
fonctionnaires coupables. De même, un autre élément d’inflexion libérale est celui concernant
la libéralisation du commerce et de l’industrie (article 6), l’allégement des dettes des villes
pour leur permettre se développer économiquement, l’annulation de nouveaux impôts, et le
droit des publiques (point 46) et l’application du système méritocratique dans
l’administration (point 51) sont des prévoyances libérales aussi.
En ce qui concerne la présence des prévoyances inspirées des idées de la Révolution
Française, cela se reflète dans la formulation de toute une série de droits et libertés citoyens,
qui reprennent les idées de la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen, adaptées
parfois au contexte local. Ainsi, le point 6, traduction de l’article 7 de la Déclaration des
Droits de l’Homme et du citoyen, prévoit qu’aucun citoyen ne peut être accusé qu’en base de la
loi. L’article 2 (points 4-5) réglementait la liberté religieuse en affirmant clairement la non-

7
Georgescu, Vlad. Istoria ideilor politice romanesti(1369-1878), Jon Dumitru Verlag, München, 1987, p. 133
8
Ibidem, p. 134
discrimination sur des critères religieux. Le point 22, inspiré de l’article 11 de La Déclaration
des Droits de l’Homme et du Citoyen, prévoyait la liberté d’expression, tandis que le point 66
prévoyait la liberté de la publication. Un autre principe de base du programme était celui de
l’égalité, et particulièrement celui de l’égalité devant la loi, exprimé dans le point 18 et ayant
comme point de départ l’article 6 de La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.9
Non dernièrement, l’article 3(points 4-5) de la constitution proclamait le caractère absolu et
intangible du droit à la propriété, un des droits naturels de l’homme, conformément à La
Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, en interdisant aussi la confiscation des biens
faute de « base légale » 10.

L’Acte séparé de nomination du souverain des Valaques

9
Șotropa, Valeriu. Proiectele de constitutie, programele de reforma si petitiile de drepturi din Tarile Romane in
secolul al XVIII-lea si in prima jumatate a secolului al XIX-lea, Edition de l’Académie de la République
Socialiste Roumaine, Bucarest, 1976, p. 190
10
Georgescu, Vlad. Ideile politice si iluminismul in Principatele Romane(1750-1831), Edition de l’Académie de
la République Socialiste Roumaine, Bucarest, 1972, p. 135
« L’Acte séparé de nomination du souverain des Valaques » a été rédigé en 1838 et a
représenté le programme politique du Parti National dirigé par Ion Câmpineanu. Le document
réglemente le statut du souverain des Valaques durant et après la guerre d’indépendance de la
Valachie, mentionnée dans le document « Acte d’Union et d’indépendance », élaboré par le
même groupement. L’article 7 du programme comprend aussi une constitution des Valaques,
qui selon l’article 6, aurait dû être promulguée par le souverain après la cesse de ses pouvoirs
dictatoriaux.11Cet esquisse d’acte fondamental est basé sur le principe de la séparation des
pouvoirs dans l’Etat, prévoyant un ensemble de lois libérales, et aussi la représentation
nationale, « avec un évident rôle de Parlement moderne et non pas d’Assemblée Nationale
dominée comme jusqu’alors par une seule classe » 12.
Conformément au point F de l’article 7, le souverain n’a pas le droit de faire usage du
pouvoir législatif, « sans le consentement de la Représentation Nationale », l’organisme qui
détient le pouvoir législatif, où « tous les Valaques seront indistinctement représenté »13. Ses
attributs incluent la connaissance de tous les actes intérieurs et extérieurs des ministres, qui
sont responsables de tous les actes de leur gestion, selon le point L, le vote annuel du budget,
le droit de faire des rapports au souverain concernant tout ce qui fait l’objet de l’intérêt
général, la reception des pétitions des particuliers. On retrouve ici même le principe moderne
de l’immunité parlementaire, car les membres de l’Assemblée « sont inviolables, et peuvent
être mis sous jugement seulement après que l’assemblée ait autorisé leur arrestation »14. Le
pouvoir exécutif appartient au souverain, dont la personne est « inviolable et sacrée ». Le
point H de l’article 7 affirme que le pouvoir judiciaire émane du souverain, que la justice est
rendue en son nom par les magistrats et que les juges sont les seuls qui doivent signer les
sentences des tribunaux. Dans la même catégorie des prévoyances libérales s’encadre celle de
la contribution générale aux charges de l’Etat, mentionné dans le point B de l’article 7.
De même, la constitution proclame les principes de la liberté et de l’égalité des citoyens, en
se rapprochant de cette façon des idées fondamentales de la Révolution Française. On en
retrouve l’expression dans une série de prévoyances qui réglementent les libertés citoyennes
11
Georgescu, Vlad. Mémoires et projets de réforme dans les Principautés Roumaines (1831-1848) avec un
supplément pour les années 1769-1830, Association Internationale d'Etudes du Sud-Est Europeen, Bucarest,
1972, p. 214
12
Georgescu, Vlad. Istoria ideilor politice romanesti(1369-1878), Jon Dumitru Verlag, München, 1987, p. 136
13
Georgescu, Vlad. Mémoires et projets de réforme dans les Principautés Roumaines (1831-1848) avec un
supplément pour les années 1769-1830, Association Internationale d'Etudes du Sud-Est Europeen, Bucarest,
1972, p. 216

14
Georgescu, Vlad. Mémoires et projets de réforme dans les Principautés Roumaines (1831-1848) avec un
supplément pour les années 1769-1830, Association Internationale d'Etudes du Sud-Est Europeen, Bucarest,
1972, p. 216
et l’égalité : la garantie de la liberté individuelle (point C), la liberté d’opinion, d’expression
et de la publication (point D), l’égalité devant la loi et concernant l’admissibilité aux emplois
civils et militaires (point B)15.

La Proclamation d’Islaz

15
Georgescu, Vlad. Mémoires et projets de réforme dans les Principautés Roumaines (1831-1848) avec un
supplément pour les années 1769-1830, Association Internationale d'Etudes du Sud-Est Europeen, Bucarest,
1972, p. 214
Enfin, le dernier document qui fait l’objet de cette analyse est le programme politique de la
Révolution de 1848 en Valachie, « La Proclamation d’Islaz », adoptée le 9 /21 juin 1848. Il
faudrait premièrement préciser que même au niveau de la terminologie les influences de la
Révolution Française transparent. Dès l’ouverture du programme on a à faire avec une
formule qui consacre le principe de la souveraineté populaire : « Au nom du peuple
roumain », qui est suivie immédiatement par une double formule qui proclame l’inviolabilité
de la propriété et aussi le concept de la fraternité : « Respect à la propriété – Respect aux
personnes Frères Roumains !»16. Ensuite, en plus réitérer ces mêmes idées, le programme
affirme le droit du peuple à l’autodétermination et à la révolte.
Les 22 articles qui suivent à ce préambule contiennent des prévoyances d’ordre national,
social-politique, administratif et économique, qui présentent tant un caractère libéral, que de
véritables ressemblances avec l’esprit de la Révolution Française. Dans ce sens, l’affirmation
que Dimitrie Bratianu, un des révolutionnaires roumains, fait à son ami Bataillard à l’égard de
la proclamation qu’il appelle déjà « constitution » semble plus que révélatrice : « Notre
nouvelle Constitution est calquée sur votre constitution républicaine…Il ne nous manque que
le beau nom de république. Si vous êtes nos frères, la République Française aura bientôt une
soeur en Roumanie » 17.
Tout d’abord, l’égalité des droits politiques, exprimée par l’article 2, est un des
fondements du programme. Selon l’article 4, l’Assemblée Générale était composée des
représentants de toutes les classes de la société et le prince était aussi choisi dans toutes les
classes de la société, conformément à l’article 518. Ce qui est peut-être le plus frappant c’est
non seulement l’idée que celui-ci est responsable, ce qui signifie le dépassement même du
principe de la responsabilité ministérielle, lui aussi précisé dans l’article 7, vers une
responsabilité « princière », mais surtout le fait que la durée du mandat du prince est restreinte
à 5 ans19. On pourrait aller plus loin en affirmant, comme le fait Dan Berindei, qu’il s’agit
d’un « président de république camouflée »20 . Dans la même sphère s’encadre le contenu de
l’article 10, qui prévoit le droit accordé à chaque district d’élire ses magistrats. Aussi, on
retrouve une prévoyance qui fait référence précisément à l’égalité sociale, précisée par
16
Ibidem, p. 230
17
Coord. Ramona Bordei-Boca. La Révolution de 1848. La France et l’identité nationale roumaine, Actes du
colloque franco-roumain, Dijon et Mâcon,19, 20, 21 novembre 1998: Dan BERINDEI. La révolution roumaine
de 1848. Le modèle français et les rapports franco-roumain, p.128
18
Georgescu, Vlad. Mémoires et projets de réforme dans les Principautés Roumaines (1831-1848) avec un
supplément pour les années 1769-1830, Association Internationale d'Etudes du Sud-Est Europeen, Bucarest,
1972, p. 230
19
Ibidem
20
Coord. Ramona Bordei-Boca. La Révolution de 1848. La France et l’identité nationale roumaine, Actes du
colloque franco-roumain, Dijon et Mâcon,19, 20, 21 novembre 1998: Dan BERINDEI. La révolution roumaine
de 1848. Le modèle français et les rapports franco-roumain, p.128 , p. 127
l’article 14 concernant l’affranchissement des Bohémiens, « moyennant indemnité »21. De
plus, l’article 21 prévoit « l’émancipation des Israélites et des droits politiques pour tout
compatriote d’autre rite »22, donc on peut également parler de l’égalité religieuse et de la non-
discrimination sur des critères de culte religieux.
Il y a aussi un bon nombre de mesures à caractère libéral proposées par le programme. La
première, la contribution générale est précisée par l’article 3. Ensuite, l’article 6 prévoit la
diminution de la liste civile, vu comme « moyen efficace de mettre frein à la corruption »23.
La liberté absolue de la presse est consacrée par l’article 8. De plus, l’article 17 proclame la
suppression des rangs-titulaires, qui sont dépourvus de légitimité et qui constituent seulement
un souvenir des temps de « barbarie et de servillité »24. Les articles suivants précisent la
suppression de la peine corporelle, considérée comme dégradante et la suppression de la peine
de mort.

21
Georgescu, Vlad. Mémoires et projets de réforme dans les Principautés Roumaines (1831-1848) avec un
supplément pour les années 1769-1830, Association Internationale d'Etudes du Sud-Est Europeen, Bucarest,
1972, p. 231
22
Ibidem
23
Ibidem, p. 230
24
Ibidem, p.231
Conclusions

Suite à l’analyse des programmes politiques au-dessus mentionnés, on pourrait remarquer


qu’au début du XIXe la pensée politique roumaine était assez bien connectée aux réalités
politiques européennes occidentales et qu’elle ne manquait pas de modernité, malgré les
décalages réels de toute sorte entre la société roumaine et celle occidentale qui ont rendu plus
difficile le développement de cette pensée politique. La valeur de ces programmes est
pourtant plus que symbolique, vu qu’une partie d’entre eux ont été suivis par des résultats
concrets : suite à la Révolution de Tudor Vladimirescu, dont le programme principal a été
« Les sollicitations du peuple romain », le régime phanariote a été aboli ; les Règlements
Organiques ont repris une bonne partie des idées exprimées dans « La Constitution des
Charbonniers » et « La Proclamation d’Islaz » a vraiment joué le rôle de constitution
provisoire de la Valachie pendant le gouvernement révolutionnaire, même si la révolution a
été défaite dans trois mois. De plus, j’oserais affirmer la valeur anticipative au moins d’un de
ces programmes, car, par exemple, actuellement le mandat du président de la Roumanie dure
5 ans, comme le prévoyait la « Proclamation d’Islaz » pour le souverain de la Valachie.
Bibliographie

Sources :

Ionică Tăutu( 1795-1830). Scrieri social-politice, avant-propos, étude introductif, notes par
Emil VÂRTOSU, Edition Scientifique, Bucarest, 1974

Rascoala din 1821 – Documente interne , 1er volume, comité de rédaction de l’Académie de la
République Populaire Roumaine, Institut d’Histoire, Bucarest, 1959

Georgescu, Vlad. Mémoires et projets de réforme dans les Principautés Roumaines (1831-
1848) avec un supplément pour les années 1769-1830, Association Internationale d'Etudes
du Sud-Est Europeen, Bucarest, 1972

Ouvrages spéciaux :

Coord. Ramona Bordei-Boca. La Révolution de 1848. La France et l’identité nationale


roumaine, Actes du colloque franco-roumain, Dijon et Mâcon,19, 20, 21 novembre 1998

Georgescu, Vlad. Ideile politice si iluminismul in Principatele Romane(1750-1831), Edition


de l’Académie de la République Socialiste Roumaine, Bucarest, 1972

Georgescu, Vlad. Istoria ideilor politice romanesti(1369-1878), Jon Dumitru Verlag,


München, 1987

Șotropa, Valeriu. Proiectele de constitutie, programele de reforma si petitiile de drepturi din


Tarile Romane in secolul al XVIII-lea si in prima jumatate a seolului al XIX-lea, Edition de
l’Académie de la République Socialiste Roumaine, Bucarest, 1976