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Master de Recherche : Etudes internationales et Droit

internationale

Exposé sous le thème :

Les différents rôles du consulat

Réalisé par : Soumis à l’appréciation du :

- Hakim BACHARIF - Pr. Latifa ELCADI

- Mohammed RAHOU

- Mounir FIKRI

Année Universitaire : 2019 – 2020


Sommaire

Introduction

Partie I : L’institution consulaire

Chapitre 1 : Les relations consulaire

- Section 1 : l’établissement et la rupture des relations consulaires

- Section 2 : l’exercice des relations consulaires

Chapitre 2 : La classification des consuls

- Section 1 : Selon les catégories

- Section 2 : Selon le rang

Partie II : les principales fonctions consulaires

Chapitre 1 : Les fonctions de protection et d’assistance des ressortissants

- Section 1 : fonctions concernant la protection des droits et intérêts de l’Etat


d’envoi et des ressortissants

- Section 2 : fonctions d’assistance aux ressortissants de l’Etat d’envoi

Chapitre 2 : Fonctions d’ordre administratif, notarial, judiciaire et autres

- Section 1 : fonction d’ordre administratif, notariale et judiciaire

- Section 2 : Autres fonctions consulaires

Conclusion

2
Introduction
Un consulat est le service d’un Etat chargé des relations avec les ressortissants de l’Etat d’envoi
au sein de l’Etat de résidence. Il est dirigé par un consul, qui ne doit pas être confondu avec
l’ambassadeur, Le premier est un agent diplomatique, chargé de protéger ses compatriotes et les
intérêts de son pays dans un pays étranger, alors que le deuxième étant le représentant de son Etat
dans l’Etat d’accueil1.

Historiquement, dans la Grèce antique une institution, celle de Proxène, a fait son apparition dans
les cités grecques. Le proxène était choisi parmi les citoyens dont la protection était jugée
souhaitable. Il avait des devoirs multiples, à savoir : protéger les étrangers dans leurs rapports avec
le pouvoir local et agir en leur nom devant les tribunaux et les assemblés ; introduire les
ambassadeurs étrangers aux assemblés et aux temples, et préparer les traités entre son pays et la
cité qu’il représentait. Les romains ont aussi créé une institution, qui ressemble à celle du Proxène
grecque, celle du Praetor Pergrinus 2, un magistrat chargé de trancher des différends entre les
étrangers « les pérégrins 3 » ou entre étrangers et citoyens romains. Ces institutions, créées par les
grecs et les romains, avaient pour objet principal de protéger les étrangers. Elles sont des
institutions parallèles à celle de l’institution consulaire qu’on connait actuellement 4.

Au moyen Age (12 et 13ème siècle), ce sont les républiques marchandes italiennes qui ont créé la
fonction de consul. Ces derniers, étaient des magistrats chargés de protéger les intérêts des
commerçants de ces républiques et devant également contrôler le mouvement des bateaux de leur
propre nationalité. A partir du 16ème siècle, l’institution des consuls a subi une transformation
importante, le consul devint une sorte d’envoyé de l’Etat et son délégué officiel. Il exerçait
également certaines fonctions d’ordre diplomatique et bénéficiait de ce fait des privilèges et
immunités. Au 17ème siècle, les principales fonctions des consuls sont devenues la sauvegarde des
intérêts de l’Etat d’envoi et de ses ressortissants dans le domaine du commerce, d’industrie et de
la navigation. Une autre réduction des fonctions consulaires toucha les activités du consul ; ce fut
l’apparition des missions diplomatiques permanentes qui empêcha le consul d’exercer ces
fonctions diplomatiques. Durant cette époque, les Etats en pris des mesures tendant à régler le
service consulaire par moyen de législations nationales, montrant ainsi un grand intérêt pour un
meilleur développement de ce service. La première législation pour régler l’organisation et la
juridiction des consulats fut publiée en France. Ce fut l’œuvre du ministre Colbert en 1681, dans

1 https://fr.wikipedia.org/wiki/Consulat_(diplomatie)
2 Une institution créée dans le but de protéger les étrangers dans leur rapport avec les citoyens romains.
3 Sont les habitants des provinces conquises par l’empire romains.
4 Mohammed Ali AHMAD, l’institution consulaire et le droit international, page 10.

3
son « ordonnance de la Marine », dont une grande partie est consacrée aux consulats 5. Le 19ème
siècle fut l’époque des grands progrès économiques et industriels dans le Nord et le centre de
l’Europe, qui donnèrent lieu à une augmentation des échanges internationaux et de voyages à
l’étranger des commerçants. Tout cela avait créé un nouveau champ d’activité commerciale entre
plusieurs ports du nord de l’Europe. Ces activités ont provoqués une augmentation croissante du
nombre des consulats et en même temps la réglementation du service consulaire par les pays.

Au 20ème siècle, presque tous les pays ont adoptés des mesures législatives pour réglementer leurs
services consulaires. Après la deuxième guerre mondiale, l’institution consulaire a été
profondément affectée, en raison du climat de méfiance et de tension qui marquait à l’époque, les
relations internationales. Ce qui a donné lieu à la suspension de plusieurs traité d’amitié, tel que le
traité d’amitié, de commerce et consulaire de 1925, qui lie les Etats-Unis et la Hangarie6. En 1961,
l’assemblée générale des nations unies, a décidé de convoqué à vienne une conférence de
codification en matière des relations consulaire. Suite à cette conférence, une convention
internationale sur les relations consulaires a été adoptée le 24 avril 1963.

Actuellement les relations internationales sont en pleine mutation et évolution, et le commerce


extérieure prend une place prépondérante dans la vie des nations et joue un rôle important dans
leur développement économique, d’où la nécessité pour les Etats d’envoyer à d’autres, un corps
diplomatiques composés des consuls, conseillers, attachés commerciaux…... pour sauvegarder ses
intérêts o l’étranger. De nos jours, les activités des consuls s’orientent vers des attributions
administratives avec un élargissement de leurs fonctions dans leurs domaines nouveaux, provenant
du développement favorable des voies de communication internationale et du tourisme dans le
monde d’une part, et des relations commerciales, culturelles et scientifiques entre les Etats d’autres
part.

Donc, à la présence de l’institution d’ambassade, chargé d’orchestrer l’action diplomatique dans


l’Etat accréditaire, quel est le rôle de l’institution consulaire au sein de la mission diplomatique ?

Pour répondre à cette problématique, nous allons adopter le plan suivant :

La première partie : l’institution consulaire

La deuxième partie : les principales fonctions consulaires

5 Mohammed Ali AHMAD, l’institution consulaire et le droit international, page 14.


6 Mohammed Ali AHMAD, l’institution consulaire et le droit international, page 17.
4
Partie I : l’institution consulaire
Le statut international des consuls est fixé par la convention de vienne sur les relations consulaires
de 1963. Ces relations sont établies sur la base d’un consentement mutuel entre l’Etat d’envoi et
l’Etat de résidence. L’ouverture d’un poste consulaire, est toujours liée à la même condition, du
consentement mutuel entre les deux Etats. Cette institution, est orchestré par un diplomate, appelé
consul, dont le rôle est d’administrer et protéger sa communauté à l’étranger.

Dans cette partie nous allons étudier dans premier temps les relations consulaires (chapitre 1),
ensuite, nous allons mettre le point sur la classification des consuls (chapitre 2).

5
Chapitre I : les relations consulaires
Dans ce chapitre nous allons traiter dans un premier temps l’établissement et la rupture des
relations consulaires (section 1), ensuite, l’exercice des relations consulaires (section 2).

Section 1 : l’établissement et la rupture des relations consulaires


Dans cette section nous allons mettre le point sur l’établissement des relations consulaires
(paragraphe 1), et sur la rupture des relations consulaires (paragraphe 2).

Paragraphe 1 : l’établissement des relations consulaires


La convention de vienne sur les relations consulaires de 1963, dispose que « l’établissement des
relations consulaires entre Etats se fait par un consentement mutuel ».7

Ce qui signifie que l’établissement des relations consulaires, ne peut avoir lieu, qu’après l’échange
du consentement entre les deux Etats. Ce consentement doit être concrétisé par la conclusion d’une
convention ou d’une entente consulaire. Ainsi que, l’ouverture d’un poste consulaire, au sein de
l’Etat de résidence, dirigé par un consul, qui est nommé par le chef de l’Etat. Et, qui ne peut exercer
ces fonctions qu’après avoir reçu l’exequatur 8 du pays d’accueil (pays de résidence). Cet acte
admet, officiellement, le chef du poste consulaire d’exercer ses fonctions.

Il convient de préciser que l’établissement des relations consulaires n’entraine pas nécessairement
l’établissement des relations diplomatiques, nous pouvons avoir des Etats qui n’ont pas des
représentations diplomatiques à l’étranger, mais qu’ils entretiennent des relations consulaires (Ex :
l’Espagne et les pays socialistes, entre 1967- 1970, n’entretient pas des relations diplomatiques,
mais entretient des relations consulaires).

Paragraphe 2 : la rupture des relations consulaires


Généralement la rupture des relations consulaires est moins fréquente que celle des relations
diplomatiques. L’Etat d’envoi et l’Etat de résidence ont souvent un intérêt mutuel à ce que leurs
nationaux ne souffrent pas des tensions et des problèmes qui affectent leurs relations
diplomatiques 9. D’ailleurs, le maintien des relations consulaires, permet de garder un canal et une
ligne de communication entre les deux Etats. Dès lors, les relations consulaires se poursuivent soit

7 Article 2 de la convention de vienne sur les relations consulaires de 1963.


8 L’exequatur dans ce cas ne s’agit de celui en matière du droit international privé, qui signifie la procédure visant
donné, dans un Etat, une force exécutoire à un jugement rendu à l’étranger, mais il s’agit, en matière du droit
internationale public, de l’acte qui pour le chef du poste consulaire l’équivalent des procédés d’accréditation.
9 Jean SALMON, Manuel de droit diplomatique, page 516.

6
par les membres du corps consulaires qui restent en poste, soit par les sections d’intérêts organisés
dans la mission diplomatique d’un Etat tiers.10

Section 2 : l’exercice des relations consulaires


L’article 3 de la convention de vienne sur les relations consulaires, dispose que « les fonctions
consulaires sont exercées par des postes consulaires ».

Le poste consulaire s’étend de tout consulat général, consulat, vice consulat ou agence consulaire.

A l’inverse d’une ambassade, qui implantée dans la capitale de l’Etat accueillant, les consulats
sont souvent situés hors de la capitale, plutôt dans les grandes villes.

On distingue généralement :

- Consulats généraux : qui sont considérés comme les plus importants, sont dirigés par
un diplomate de haut rang, c’est le consul général. Le consulat général est souvent
implanté hors de la capitale.

- Consulats honoraires : En dehors des consulats et consulats généraux, il existe des


agences consulaires dont la responsabilité est confiée à des consuls honoraires. Leurs
compétences sont réduites, par rapport aux consulats généraux de plein exercice. Ils ne
sont pas chargés d’administrer une communauté, ni d’assurer la protection des
ressortissants de l’Etat d’envoi.

10 Jean SALMON, manuel de droit diplomatique, page 516.


7
Chapitre II : la classification des consuls
Dans ce chapitre nous allons aborder les différentes classifications des consuls, à savoir la
classification selon les catégories (section 1), et selon le rang (section 2).

Section 1 : les consuls selon la catégorie


Dans cette section nous allons traiter dans un premier temps les consuls de carrière (paragraphe
1), ensuite les consuls honoraires (paragraphe 2).

Paragraphe 1 : consuls de carrière


Les Consuls de carrière ou consuls d’Etats ou consuls envoyés sont des ressortissants et des
fonctionnaire publics d’Etat d’envoi , employés à plein temps a qui font partie du personnel
administratif de ce dernier état , ils ne peuvent exercer , en dehors de leurs fonctions consulaires
aucune autre activité professionnelle lucrative11. Certains conventions consulaires bilatérales ont
donné des définitions à cette catégorie de consul, notamment celle Franco-britannique du 31
décembre 1951, qui donne une définition satisfaisante ; le consul est appelé consul de carrière
« lorsque, ayant la nationalité de l’Etat d’envoi et n’ayant pas celle de l’Etat de résidence, il
n’exerce dans ce dernier Etat aucune activité professionnelle autre que ces fonctions consulaires ».

Paragraphe 2 : les consuls honoraires


Appelés également consuls marchands, sont en général choisis parmi les commerçant ou les
hommes d’affaires de l’Etat sur le territoire duquel ils doivent exercer leurs fonctions. Ils peuvent
être aussi ressortissants de l’Etat d’envoie ou d’un Etat tiers. D’autres caractères sont propres aux
consuls honoraires : Ils ne reçoivent pas de traitement régulier et ils sont autorisés à se livrer au
commerce ou à une autre activité lucrative, de ce fait, ils ne peuvent pas revendiquer les mêmes
privilèges et immunités que ceux dont bénéficient les consuls de carrière. La plupart des consuls
honoraires ne sont pas ressortissants de l’Etat d’envoi ; Souvent, ils sont choisis « parmi les
commerçants ou les hommes d’affaires d’Etat sur le territoire duquel ils doivent exercer leurs
fonctions ».

Section 2 : les consuls selon le rang


Dans cette section nous allons mettre le point sur la classification donné par la convention de
vienne de 1963, pour les rangs des consuls, qui ont été codifiés en quatre classes, consuls généraux
et consuls (paragraphe 1), et vice consuls et agents consulaire (paragraphe 2).

11 Mohammed Ali Ahmed, L’institution consulaire et le droit international, page.24.

8
Paragraphe 1 : consuls généraux et consuls
Les Consuls généraux sont Considérés comme les chefs de postes consulaires. Ils sont aussi les
chefs d’une large circonscription consulaire, autorités, par leurs lettres de provisions, à exercer des
fonctions consulaires. Alors que, les consuls sont souvent désignés dans une circonscription (les
villes ou les ports) moins importante que celles où se trouvent les consuls généraux. Ils sont
également les chefs des départements ou des arrondissements mais dans des limites assez
restreintes.

Paragraphe 2 : vice consuls et agents consulaire


Les Vice-consuls sont des fonctionnaires consulaires nommés en qualité d’assistants des consuls
généraux et des consuls et, souvent, ils les remplacent dans leurs fonctions. Les vice-consuls sont
désignés directement par leur gouvernement.

Avant de définir les agents consulaires comme étant la quatrième classe dans la hiérarchie
consulaire, il convient de souligner que le terme « agent consulaire » a été employé dans le passé
dans un sens générique, pour désigner tous les fonctionnaires consulaires relevant des quatre
classes de consuls ou pour désigner les consuls généralement connus sous le titre de consuls
honoraires, comme dans l’ordonnance ministérielle de 1833.

Nous trouvons que la Convention de Vienne de 1963 a opéré un bon choix en utilisant le terme
« agent consulaire » dans son sens technique pour désigner la quatrième classe et l’adoption de
l’expression « fonctionnaire consulaire » pour désigner toute personne, y compris le chef de poste
consulaire, chargée en cette qualité de l’exercice de fonctions consulaires.

9
Partie II : Les principales fonctions consulaires
Dans cette deuxième partie on va traiter les différentes fonctions consulaires consistant les
fonctions de protection et d’assistance des ressortissants (chapitre 1), et les fonctions consulaires
d’ordre administratif, notarial et judiciaire et autres (chapitre 2).

10
Chapitre I : Les fonctions de protection et d’assistance des
ressortissants
Dans ce chapitre nous allons mettre le point sur les fonctions concernant la protection des droits
et intérêts de l’Etat d’envoi et des ressortissants (section 1), ensuite, nous allons traiter les fonctions
d’assistance aux ressortissants de l’Etat d’envoi (section 2).

Section 1 : fonctions concernant la protection des droits et intérêts de l’Etat


d’envoi et des ressortissants
Parmi les fonctions les plus importante du consul, nous pouvoirs mentionner celle qui consiste à
veiller à ce que les ressortissants de l’Etat d’envoi puissent faire usage de tous les droits que leur
accordent le droit interne de l’Etat de résidence , d’une part et le droit international d’une autre
part , la question de savoir si le fonctionnaire consulaire lui-même a le droit de défendre également
les droits et les intérêt de l’Etat d’envoi a soulève une longue controverse doctrinale au sein de la
commission du droit international a sa session de 1959 ,

Deux points de vue différents se sont manifestés au cours de la discussion de ce sujet

A – Le fonctionnaire consulaire ne peut pas protéger les droits et les intérêts de l’Etat d’envoi, cela
pour les raison suivantes :

a) C’est à l’agent diplomatique accrédité auprès de l’Etat de résidence qu’appartient cette


tâche :

b) L’agent diplomatique agit en tant que représentant de l’autorité de l’Etat d’envoi. le


fonctionnaire consulaire effectue seulement des actes de gestion :

c) Alors qu’un agent diplomatique intervient pour l’Etat d’envoi au niveau international,
le fonctionnaire consulaire, lui, intervient au niveau local

B- Pour les partisans du second point de vue, le fonctionnaire consulaire défend en réalité les droits
et intérêt d l’Etat d’envoi cela explique ainsi :

a) En défendant les intérêts de ses nationaux :

b) En attirant l’attention des autorités locales au sujet des dispositions des conventions
en vigueur

11
c) Dans l’exercice de certains fonctions consulaire, concernant les navires marchands
appartenant au gouvernement, telles qu’examen et visa des papiers des navires
délivrance des passeports et visas

Section 2 : Fonctions d’assistance aux ressortissants de l’état :


Une autre fonction importante pour les fonctionnaires consulaires est celle qui consiste à
sauvegarder, dans les limites fixées par les lois et règlement de l’état de résidence, les intérêts des
mineurs et des incapables, ressortissants de l’état d’envoi, particulièrement lorsque l’institution
d’une tutelle ou d’une curatelle à leur égard est requise.

Parmi des fonctions consulaires très anciennes de cette catégorie, il convient de noter celle qui
consiste à sauvegarder les intérêts des ressortissants, personnes physiques et morales, de l’état
d’envoi, dans les successions sur le territoire de l’état de résidence, conformément aux lois et
règlement de ce dernier état .

C’est un principe généralement admis en droit international que le fonctionnaire consulaire ne peut
accorder son droit de protection à ses nationaux qui possèdent en même temps la nationalité de
l’état de résidence ; il s’agit de double nationaux . Mais cette règle n’est pas appliquée par tous les
pays. En Suisse, le département politique fédéral admet à ses consuls à l’étranger de défendre les
intérêts des doubles nationaux, ainsi que des personnes morales de caractère suisse.

12
Chapitre II : Fonctions d’ordre administratif, notarial, judiciaire et
autres
Dans ce chapitre nous allons traiter les fonctions d’ordre administrative, notariale et judiciaire
(section 1), et autres fonctions consulaires (section 2).

Section 1 : fonction d’ordre administratif, notariale et judiciaire


L’article 5 de la convention de vienne sur les relations consulaires, consacrée aux fonctions
consulaires, dispose que : « d)-Délivrer des passeports et documents de voyage aux ressortissants
de l’Etat d’envoi, ainsi que des visas et documents appropriés aux personnes qui désirent se rendre
dans l’Etat d’envoi ; f)- agir en qualité de notaire d’officier d’état civil exercer des fonctions
similaires, ainsi que certaines fonctions d’ordre administratif, pour autant que les lois et règlements
de l’Etat de résidence ne s’y opposent pas ».

Dans cette section nous allons étudier les fonctions d’ordre administratif (paragraphe 1), ensuite
les fonctions notariales et judiciaires (paragraphe 2).

Paragraphe 1 : les fonctions d’ordre administratif


Sont les fonctions traditionnellement et normalement reconnues aux fonctionnaires consulaires par
le droit international coutumier et conventionnel 12. Selon l’article 5 ci-dessus, les fonctionnaires
consulaires peuvent exercer des fonctions d’ordre administratif pour autant que les lois et les
règlements de l’Etat de résidence ne s’y opposent pas.

Les principales fonctions consulaires dans ce domaine consistent à :

 Immatriculer ses ressortissants résidant dans la circonscription, sur le registre approprié du


consulat

 Délivrer et prolonger les passeports et autres documents de voyage aux ressortissants de


l’Etat d’envoi

 Donner des visas et d’autres informations nécessaires et utiles aux personnes désirant
visiter l’Etat d’envoi

12 Mohammed ALI AHMAD, l’institution consulaire et le Droit international, page 96


13
 Accepter le versement des revenues ou indemnités dues aux ressortissants de l’Etat d’envoi
si le bénéficiaire se trouve hors de l’Etat de résidence et qu’il n’y a pas d’autres formes de
paiement envisagé par les deux Etats en question

 Transmettre aux nationaux habitant dans l’Etat de résidence le paiement des prestations,
rentes ou indemnités alloués aux ayants droit conformément aux lois de l’Etat d’envoi et
aux conventions internationaux en vigueur Immatriculer ses ressortissants résidant dans la
circonscription, sur le registre approprié du consulat

Les fonctionnaires consulaires peuvent agir comme officiers d’état civil :

 En enregistrant les naissances et les décès des ressortissants de l’Etat d’envoi

 Ils ont le droit de célébrer les mariages entre les ressortissants de leurs pays et ainsi qu’entre
ceux-ci et ceux d’un Etat tiers, si la législation de l’Etat d’envoi les y autorise et que les
lois et règlements de l’Etat de résidence ne s’y opposent pas

 Ils peuvent enfin enregistrer la dissolution d’un mariage jugé par un tribunal et touchant
un ressortissant de l’Etat d’envoi

Paragraphe 2 : fonctions notariales et judiciaires


❑ A- Fonctions notariales :

Principales fonctions consulaires sont les suivantes :

 La légalisation des sceaux et des signatures officiels ou privés sur les documents de toute
sorte, la légalisation des copies et traduction de document officiels

 Réception et légalisation des déclarations de leurs nationaux

 Réception en dépôt des dispositions testamentaires de leurs nationaux ou de les aider à la


rédaction d’un testament

 Réception en dépôt des sommes d’argent, des valeurs des mobilières, des marchandises et
toutes autres actes unilatéraux que les ressortissants de l’Etat d’envoi veulent mettre en
sécurité

❑ B - Fonctions judiciaires :

On distingue, selon l’article 5 de la convention de vienne de 1963

 Fonctions de représentation :

14
Les fonctionnaires consulaires possèdent une base légale pour intervenir auprès des tribunaux ou
d’autres instances compétentes, en faveur de leurs ressortissants absents ou dans l’impossibilité
d’agir personnellement ou même d’être représenté par un avocat.

C- Fonctions de transmission

A ce sujet, l’article 5 de la convention de vienne de 1963 dispose : j)-transmettre des actes


judiciaires et extra-judiciaire ou exécuter des commissions rogatoires conformément aux accords
internationaux en vigueur ou, à défaut de tels accords, de toute manière compatible avec les lois
et règlements de l’Etat de résidence.

Cette disposition est conforme à la pratique internationale dans ce domaine. La convention de la


Haye du 1er mars 1954 relative à la procédure civile, dans son article 1513, leur accorde également
cette fonction14.

Section 2 : les autres fonctions consulaires


Dans cette section nous allons traiter la fonction concernant la navigation et l’aviation (paragraphe
1), et, Fonction portant au développement des relations économiques, culturelles et scientifiques
(paragraphe 2).

Paragraphe 1 : Fonction concernant la navigation et l’aviation :


Ces fonctions comptent parmi les attributions les plus anciennes et les plus importantes des
fonctionnaires consulaires. De nos jours, il s’agit surtout d’exercer un contrôle et d’apporter
de l’assistance dans le domaine de navigation et l’aviation.

A. Fonction de contrôle.

Selon la Convention de Vienne de 1963, les fonctionnaires consulaires sont autorisés à


surveiller l’ordre et la discipline à bord des navires et des avions de leur nationalité qui se
trouvent dans un port ou un aéroport de leur circonscription consulaire.

B. Fonction d’assistance.

13L’article15 : « Les dispositions des articles qui précèdent n'excluent pas la faculté, pour chaque Etat, de faire
exécuter directement, par ses agents diplomatiques ou consulaires, les commissions rogatoires, si des Conventions
intervenues entre les Etats intéressés l'admettent ou si l'Etat, sur le territoire duquel la commission rogatoire doit être
exécutée, ne s'y oppose pas ».
14 Mohammed ALI AHMAD, l’institution consulaire et le Droit international, page 100.

15
D’après la même Convention, les fonctionnaires consulaires peuvent prêter assistance
auxdits navires, bateaux et avions, ainsi qu’à leurs équipages, recevoir les déclarations sur
le voyage des navires et bateaux, et examiner et viser les papiers de bord.

Paragraphe 2 : Fonction portant au développement des relations économiques, culturelles et


scientifiques:
Consiste d'une part, à favoriser le développement des relations commerciales, économiques,
culturelles et scientifiques entre l'Etat d'envoi et l'Etat résidence et promouvoir de tout autre
manière des relations amicales entre eux 15 d’une autre part, à s'informer, par tous les moyens
licites, des conditions et de l'évolution de la vie commerciale, économique, culturelles et
scientifiques de résidence . Souvent, les fonctionnaires consulaires ont le devoir d’accorder
conseils et assistance au commerçant de leurs pays qui désirent établir des rapports commerciaux
avec l'Etat de résidence.

Les fonctionnaires consulaires jouent un rôle très important dans le domaine culturel et
scientifique, en organisant ou encourageant les expositions d’artistes, la projection de films
documentaires de leur pays, les conférences, les échanges d’étudiants et de professeurs, les
manifestations sportives etc.

Enfin, il a été admis en droit international que l’exercice des fonctions consulaires précisées
implique le droit de veiller à l’application des traités de commerces et d’autres accords existant
entre L' Etat d'envoi et l'Etat de résidence

15 Art. 5, al. B De la convention de vienne de 1963 : « favoriser le développement de relations commerciales,


économiques, culturelles et scientifiques entre l’Etat d’envoi et l’Etat de résidence et promouvoir de toute autre
manière des relations amicales entre eux dans le cadre des dispositions de la présente Convention; favoriser le
développement de relations commerciales, économiques, culturelles et scientifiques entre l’Etat d’envoi et l’Etat de
résidence et promouvoir de toute autre manière des relations amicales entre eux dans le cadre des dispositions de la
présente Convention;
16
Conclusion

Au cours de notre étude, nous avons essayé de dégager les différentes missions du consulat au sein
de l’Etat d’accueil.

A cet égard, nous avons traité, dans un premier temps, les différentes catégories des consuls, dont
le consul général occupe la tête de la hiérarchie des consuls, suivi par le consul honoraire dont le
rôle est moins important, que celui du consul général de pleine compétence. Ensuite, nous avons
mis le point sur les différentes fonctions consulaires. D’après l’étude de ces fonctions, confiées
aux consuls, nous pouvons déduire que les principaux domaines de compétence du consul,
recouvrent toujours l’assistance aux ressortissants dans le pays d’accueil, le suivi de l’état civil des
ressortissants et la délivrance des passeports et des visas. Les consuls sont aussi chargés des
fonctions d’ordre notarial et judiciaire. Il s’agit, quant à la fonction d’ordre judiciaire, de
représenter les ressortissants devant les tribunaux, aussi sont chargés de transmettre des actes
judiciaires et d’exécuter des commissions rogatoires.

Les consulats peuvent se voir confier des responsabilités commerciales et culturelles, ainsi que de
favoriser les relations entre les autorités locales et régionales en vue d’aider à la promotion des
intérêts de l’Etat qu’ils représentent dans la zone où ils sont compétents

17
Bibliographie :

Ouvrages généraux

- Jean Salmon, Manuel de Droit Diplomatique, éditions Delta, 1994.

Ouvrages spéciaux

- Mohammed Ali AHMAD, « l'institution consulaire et le Droit international: Etude de


la convention de vienne du 24 avril 1963 sur les relations consulaires et la pratique des
Etats dans ce domaine », librairie GENERALE DE DROIT ET DE
JURISPRUDENCE, 1973

Textes et lois :

- La convention de vienne de 1963 sur les relations consulaires

- La convention de la Haye du 1er mars 1954 relative à la procédure civile

Webographie :

- https://fr.wikipedia.org/wiki/Consulat_(diplomatie)

- http://cours-de-droit.net/les-relations-diplomatiques-et-consulaires-
a121603648/

18
Table des matières

Sommaire ..................................................................................................................................................... 1

Introduction ................................................................................................................................................. 2

Partie I : l’institution consulaire ................................................................................................................ 4

Chapitre I : les relations consulaires ..................................................................................................... 5


Section 1 : l’établissement et la rupture des relations consulaires ................................................. 5
Section 2 : l’exercice des relations consulaires ................................................................................. 6
Chapitre II : la classification des consuls .............................................................................................. 7
Section 1 : les consuls selon la catégorie ............................................................................................ 7
Section 2 : les consuls selon le rang.................................................................................................... 7
Partie II : Les principales fonctions consulaires ...................................................................................... 9

Chapitre I : Les fonctions de protection et d’assistance des ressortissants ..................................... 10


Section 1 : fonctions concernant la protection des droits et intérêts de l’Etat d’envoi et des
ressortissants...................................................................................................................................... 10
Section 2 : Fonctions d’assistance aux ressortissants de l’état : ................................................... 11
Chapitre II : Fonctions d’ordre administratif, notarial, judiciaire et autres .................................. 12
Section 1 : fonction d’ordre administratif, notariale et judiciaire................................................ 12
Section 2 : les autres fonctions consulaires ..................................................................................... 14
Conclusion.................................................................................................................................................. 16

Bibliographie : ........................................................................................................................................... 17

Table des matières ...................................................................................................................................... 18

19