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Actualités
Par la rédaction

PSYCHOLOGIE COMPORTEMENTALE

Donner, le seul plaisir


qui ne s’épuise pas
Avec la répétition, nous prenons de moins en moins plaisir à une
même situation, comme manger un plat ou toucher notre salaire
(s’il ne change pas). Sauf s’il s’agit de donner quelque chose à autrui.

E. O’Brien et S. Kassirer, People


are slow to adapt to the warm
glow of giving, Psychological
Science, le 27 décembre 2018.

G agnez chaque jour la


même somme d’argent ou mangez
le même plat, et vous apprécierez de
moins en moins la récompense…
Nous nous adaptons au plaisir ou au
bonheur associé à une même situa-
tion, même lorsqu’il s’agit de recevoir
des cadeaux ; c’est l’adaptation hédo-
nique, un mécanisme qu’il est toute-
fois possible d’atténuer en variant les
plaisirs ou la façon d’en jouir, ou
encore en espaçant les occurrences.
Mais il existerait une exception : Ed
O’Brien, de l’université de Chicago, et
Samantha Kassirer, de l’université
Northwestern, prouvent que le plaisir
lié au fait de donner à autrui échappe
à l’habituation hédonique.
Les chercheurs ont mené pour
cela deux expériences. D’abord, à
96 personnes recrutées sur leur cam-
© Shutterstock.com/Hakinmhan

pus, ils ont donné chaque jour pen-


dant 5 jours, 5 dollars à dépenser,
pour elles-mêmes ou pour un même
individu tout au long de cette période.
Dans la seconde expérience, réalisée
en ligne, 502 personnes ont gagné
0,05 dollar à chaque tour d’un jeu

N° 108 - Mars 2019