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Dr Mehdi METAICHE 

Maître de Conférences 

TECHNOLOGIE
MEMBRANAIRE

Faculté des Sciences et des Sciences Appliquées,


Université de Bouira
Juin 2014
TECHNOLOGIE
MEMBRANAIRE
Dr Mehdi METAICHE 
Maître de Conférences 
Faculté des Sciences et des Sciences Appliquées, 
Université de Bouira 
Juin 2014 
Sommaire 

 
Chapitre 1 :  Généralités   1 

Chapitre 2 :  Procédés membranaires  9 

Chapitre 3 :  Classification des membranes  18 

Chapitre 4 :  Modules membranaires  23 

Chapitre 5 :  Conception des systèmes membranaires  34 

Chapitre 6 :  Systèmes énergétiques  44 

Chapitre 7 :  Performances des membranes  53 

Chapitre 8 :  Transport et transfert à travers les membranes  57 

Chapitre 9 :  Problèmes spéciaux  65 

 
Technologie Membranaire 
 
Chapitre 1 
 
Généralités 
1‐Echelle de l’univers, des vivants, des objets et des produits : 


 
Techno
ologie Memb
branaire 
 

 
 
2‐Comparaaison des différents éléments à séparer de l’eau : 

Molécules NaCl dans Molécuule d’eau Représen


ntation Reeprésentatioon ADN
A
l’’eau schématiqu
ue d’une schématique
s e
protéiine 3D d'une
(myoglobbine). m
molécule dee
saccharose

CaCO3 : carbonate
c d Phosphaates : PO4-2
de N 3-1
Nitrates NO maagnesium (M Mg++), calciium (Ca++),
callcium strrontium (Srr++), carbonaate (CO3--),
and sulffate (SO4--) ions.

Sucre (glucose)
(
C6H12O6
 

2

 
Technologie Membranaire 
 
3‐Comparaison des AND de certains éléments qu’on peut trouver dans l’eau: 

De gauche à droite : ADN humain, ADN de levure, ADN de Procaryote et ADN de virus

4‐Les différentes techniques séparatives : 
 
Techniques à distillation  Techniques à  Techniques  
membrane  à congélation 
Multi stages flash: MSF  MF, UF, NF, RO (OI)   
Distillation à multiples effets  Electrodialyse   
MED 
Distillation à compression de     
vapeur VC 
 
5‐Comparaison entre les techniques membranaires : 

 
6‐Classification des techniques membranaires (condition isothermes) :  


 
Technologie Membranaire 
 
 
Osmose Inverse (OI) : L’Osmose Inverse est un procédé
haute pression, énergétiquement performant, utilisé pour
l’élimination de l’eau par concentration de composés à faible
poids moléculaire. L’Osmose Inverse peut aussi être utilisé
pour le traitement des eaux usées. Ce procédé est couramment
  utilisé pour la pré-concentration des produits laitiers ou

alimentaires avant l’évaporation, le traitement des condensats


des évaporateurs et la purification des eaux de process. 
Nanofiltration (NF) : La Nanofiltration est un procédé de
filtration unique dont le domaine d’application se situe entre
l’Ultrafiltration et l’Osmose Inverse. Elle est conçue pour
obtenir une séparation très spécifique de composés à faible
poids moléculaire, tels que les sucres, des minéraux dissous et
 des sels. Ce procédé inclut la déminéralisation des produits
laitiers, la récupération des protéines hydrolysées, la
concentration des sucres ainsi que la purification des colorants
solubles et des pigments. 
Ultrafiltration (UF) : L’Ultrafiltration est un procédé de
séparation sélective utilisé pour concentrer et purifier les
composés de poids moléculaire moyen ou fort tels que les
protéines de lait ou végétales, les glucides et les enzymes. Les
domaines d’application sont notamment la concentration des
 
protéines sériques, la concentration et la déminéralisation des
gélatines et la clarification des jus de fruit. 
Microfiltration (MF) : La Microfiltration est un procédé
basse pression qui permet de séparer des composés à grand
poids moléculaire (éléments en suspension ou éléments
colloïdaux) des solides dissous. Ce procédé inclut la
récupération de cellules issues de bouillons de fermentation, le
 
fractionnement de protéines de lait, la clarification du sirop de
maïs et la récupération de produits chimiques utilisés dans les
phases de Nettoyage en Place (NEP). 
 
 


 
Technologie Membranaire 
 
7‐Types d’éléments à séparer de l’eau (avec l’échelle de taille (µm) et le procédé de filtration 
convenant) : 
    Taille   Classique Classique  MF  UF  NF  OI 
grossiere  fine 
Sable fin  >100 µm  *           
Macro particules 
Cheveux  >50 µm  *           
(en suspension) 
Pollens  >10 µm  *           
MES  >5 µm    *         
Globules rouges >1 µm    *         
Micro particules  Parasites  >0,5 µm    *         
(en suspension)  Bactéries  >0,5 µm    *  *       
Colloïdes  >0,005µm      *  *     
(argiles) 
Virus   >0,01µm      *  *     
Macro molécules 
Protéines  >0,005µm      *  *     
Pesticides  >0,001µm          *   
Petites 
Sucres (glucose) <0,0008µm         *   
molécules 
Antibiotiques  <0,0003µm         *  * 
Sels minéraux  >0,0003µm         *  * 
‐ ‐‐ ‐
Ions diatomiques  (SO 4, PO 4, SiO
‐‐
2, CO 3) 

Ions  Métaux lourds  >0,0001µm         *  * 


monoatomiques  (Ca++, Mg++, 
divalents  Mn++, Fe++,) 
Ions  Na+, Cl‐, K+  >0,0001µm           * 
monoatomiques 
monovalents 


 
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[Réf: http://www.tophealthrisks.com/2010/12/is-microfiltered-milk-the-next-best-thing-to-raw-
milk]

http://www.maison-facile.com/boutique


 
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8-Notion de Seuil de coupure [unité: Da]:
1 Da (Dalton) : 1 g/mol.

Exemples :
Seuil de coupure Seuil de coupure
[Da] [kDa]
Hydrogène 1 0,001
Carbone 12 0,012
Oxygène 16 0,0016
Eau 18 0,018

9- Dimensions des différentes particules, molécules ou ions :

[Réf : BEATON (N.C.). dans COOPER (A.R.). – Ultrafiltration and applications.


Plenum Paris, New York, p. 373 (1980)]
Espèces Masse molaire Taille
M (g/mol):[Da] (Nm)
Eau 18 0,2
Ions minéraux 10 à 100 0,2 à 0,4
Molécules organiques 30 à 500 0,2 à 0,8
Antibiotiques courants 300 à 1 000 0,6 à 1,2
Enzymes 104 à 105 2à5
Protéines et polysaccharides 104 à 106 2 à 10
Virus - 30 à 300
Colloïdes - 100 à 103
Émulsions d’huile - 100 à 104
Bactéries 300 à 104
Levures et champignons - 103 à 104
Solides en suspension - 104 à 105


 
Technologie Membranaire 
 

[Réf : Richard W. Baker, MEMBRANE TECHNOLOGY AND APPLICATIONS, SECOND


EDITION, Copyright © 2004 John Wiley & Sons, Ltd., 2004]

Références du chapitre 1 :
• http://www.tophealthrisks.com/2010/12/is-microfiltered-milk-the-next-best-thing-to-raw-milk
• http://www.maison-facile.com/boutique
• BEATON (N.C.). dans COOPER (A.R.). – Ultrafiltration and applications. Plenum Paris, New
York, p. 373 (1980)
• Richard W. Baker, MEMBRANE TECHNOLOGY AND APPLICATIONS, SECOND EDITION,
Copyright © 2004 John Wiley & Sons, Ltd., 2004
   


 
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Chapitre 2 

Procédés membranaires

1-Définition du procédé :
Un procédé est une méthode, une technique utilisée pour la réalisation d'une tâche.
En qualité totale, un procédé est une activité humaine ayant des éléments d'entrées (matières
premières ou personnes) et des éléments de sorties (produits finis ou personnes). Il y a donc bien
transformation d'objets ayant certaines caractéristiques en objets en possédant d'autres.
un procédé de séparation est une technique ou une technologie permettant de transformer un
mélange de substances en deux ou plusieurs composants distincts. Les buts de ce type de procédé
peuvent être divers:
• Purification: des impuretés doivent être extraits du composé d'intérêt

• Concentration: élimination d'une partie du solvant

• Fractionnement: séparation d'un mélange complexe en plusieurs mélanges différents.

Représentation schématique d’un procédé de séparation membranaire

2-Définition solvant/soluté :
Solvant : un solvant est un liquide qui a la propriété de dissoudre et de diluer d'autres substances
sans les modifier chimiquement et sans lui-même se modifier. L'eau est le solvant le plus courant.
Soluté : pour les solutions liquides, les espèces minoritaires sont appelées solutés. Elles sont
dissoutes par le solvant. Par exemple dans une solution aqueuse de sulfate de cuivre de
concentration 0,01 mol/l, l'eau est le solvant et les ions sulfate et cuivre sont les solutés.

3-Porosité des membranes :


3-1-Membrane dense :
Le passage des molécules à travers les membranes denses, ne s’effectue pas à partir de chemins
continues (comme dans les membranes poreux), mais par sauts transitoires des molécules dans la


 
Technologie Membranaire 
 
membrane sous l’effet de l’agitation thermique du réseau qui crée en un endroit et en un moment
donné, un site de passage possible.
Le passage à travers une membrane dense, se fait par solution-diffusion (loi de Fick) ‘l’effet tamis
est négligeable’. L’application d’un gradient de concentration (pression partielle), de pression ou de
potentiel électrique, provoque les trois étapes successives :
-une solution à la surface de la membrane.
-une diffusion dans la matrice membranaire.
-une dissolution à l’autre surface de la membrane.
La diffusion des solutés dépendra donc de leur diffusivité et de leur solubilité à travers la
membrane (on pourra donc séparer des solutés de même taille si ces paramètres différent entre eux).

3-2-Membrane poreuse :
Les membranes poreuses s’apparentent aux filtres courants, les pores étant cependant plus petits. La
séparation des molécules en solution se fait donc en fonction de leur taille et de distribution de taille
des pores si la membrane est asymétrique. Le mécanisme de transfert de masse est donc le tamisage.
Les particules plus grosses que les pores sont toutes retenues, celles de taille comprise entre les plus
gros pores et les plus petits sont partiellement retenues, et les particules de plus petites tailles
passent en totalité.
La séparation de soluté est principalement une fonction de taille moléculaire et de distribution de
taille des pores.
Généralement, les membranes poreuses sont confectionnées de façon à comporter une distribution
des diamètres des pores centrés autour d’une seule valeur :
- < 2 nm pour micropores.
- 2 à 50 nm pour mésopores.
- > 50 nm pour macropores.

Transport poreux :
Le nombre de Knudsen Kn, est un nombre adimensionnel permettant de déterminer le régime
d'écoulement (en termes de continuité du milieu et non en termes de turbulence) d'un fluide. Ce
nombre porte le nom de Martin Knudsen (physicien et océanographe danois).
On le définit de la manière suivante :
.
2 / . . . .
 : constante de Boltzmann.
 : température.

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Technologie Membranaire 
 
 : diamètre de la molécule.  
 : pression.
 : longueur caractéristique.

On donne souvent Kn comme le rapport entre le nombre de collision molécule- molécule, et le


nombre de collision molécule- paroi :

 : Parcours moyen des molécules.

 : diamètre de pores (diamètre hydraulique).

* Kn << 1 (souvent Kn < 0,01) : validité des équations de Navier-Stokes : il s’agit d’un écoulement
visqueux : type Hagen-Poiseuil.
** Kn >> 1 (souvent Kn > 0,01) : non validité des équations de Navier-Stokes ; il s’agit donc d’une
diffusion de Knudsen.
*** 1 : régime de transition.

4-Procédés membranaire :
4-1-Osmose inverse
L’osmose inverse utilise des membranes denses qui laissent passer le solvant (l’eau) et arrêtant tous
les sels.
Cette technique est utilisée pour :
• Le dessalement des eaux de mer.
• Le dessalement des eaux saumâtres.
• La production d’eau ultra pure.
• La concentration de solutions (concentration de jus de fruits par exemple).
• La production d’eau de process.
Le phénomène d’osmose est un phénomène qui tend à équilibrer la concentration en solutés de part
et d’autre d’une membrane semi-perméable. Le phénomène d’osmose est un phénomène naturel
courant, notamment à travers les membranes cellulaires.
La membrane semi-perméable laissera passer le solvant (le soluté ne passe pas) pour équilibrer la
concentration. La différence de concentration crée une pression, appelée Pression osmotique. Pour

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Technologie Membranaire 
 
inverser le passage du solvant et augmenter la différence de concentration, il faut appliquer une
pression supérieure à la pression osmotique.

Principe de l’osmose inverse

4-2-Nanofiltration :
Nanofiltration est le terme utilisé pour désigner une nouvelle technique séparative à membranes se
situant entre l’osmose inverse et l’ultrafiltration. Elle permet la séparation de composants ayant une
taille en solution voisine de celle du nanomètre (soit 10 Å) d’où son
nom.
Les sels ionisés monovalents et les composés organiques non ionisés de masse molaire inférieure à
environ 300 g /mol ne sont pas retenus par ce type de membrane. Les sels ionisés multivalents
(calcium, magnésium, aluminium, sulfates...) et les composés organiques non ionisés de masse
molaire supérieure à environ 300 g/mol sont, par contre, fortement retenus.
Les mécanismes de transfert sont intermédiaires entre ceux de l’osmose inverse et ceux de
l’ultrafiltration.
Les applications possibles sont nombreuses :
• La déminéralisation sélective (adoucissement des eaux) ;
• La concentration de composés organiques de faible masse molaire (antibiotiques).
• L’adoucissement des eaux.

4-3-Ultrafiltration :
Cette technique utilise des membranes microporeuses dont les diamètres de pores sont compris
entre 1 et 100 nm. De telles membranes laissent passer les petites molécules (eau, sels) et
arrêtent les molécules de masse molaire élevée (polymères, protéines, colloïdes).
Les applications sont multiples :
• concentration de solutions macromoléculaires (protéines, polysaccharides, polymères variés).

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Technologie Membranaire 
 
• élimination de macrosolutés présents dans les effluents ou dans l’eau à usage domestique,
industriel (électronique) ou médical.

Principe de l’ultrafiltration

4-4-Microfiltration (Microfiltration tangentielle) :


La microfiltration tangentielle peut être définie comme un procédé de séparation solide-liquide qui
met en œuvre des membranes dont les diamètres de pores sont compris entre 0,1 et 10 μm. Ce
procédé permet donc la rétention des particules en suspension, des bactéries et indirectement des
colloïdes et de certains ions après fixation de ces derniers sur des plus grosses particules obtenues
par complexation, précipitation ou floculation.
Bien que, du point de vue théorique, la différence entre ultrafiltration et microfiltration tangentielle
soit très nette (l’ultrafiltration fonctionnant en phase liquide homogène et la microfiltration ayant
pour objectif une séparation solide-liquide), du point de vue technologique, les deux techniques
peuvent se recouper. Ainsi, pour minimiser les phénomènes de colmatage et éviter que des
particules solides pénètrent dans les pores des membranes, on a souvent intérêt à utiliser des
membranes d’ultrafiltration pour effectuer une opération de microfiltration. Inversement, une
membrane de microfiltration peut devenir une membrane d’ultrafiltration (1 à 100 nm) ou même
d’osmose inverse (< 1 nm) par suite de la formation en cours de fonctionnement d’une couche de
gel à porosité très fine (membrane dynamique).

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Technologie Membranaire 
 

Comparaison entre filtration classique (ou frontale) et filtration tangentielle.


Les MF, UF, NF et RO sont tangentielles.

Différents composés rencontrés dans les eaux naturelles et les techniques d’élimination.

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Technologie Membranaire 
 
Principales caractéristiques des différents procédés.
MicroFiltration UltraFiltration NanoFiltration Osmose Inverse
MF UF NF OI (RO)
Caractéristiques poreuse poreuse poreuse dense
de la membrane
Mode de transfert convection convection Solution/diffusion Solution/diffusion
de masse + convection
Diamètre de pores 100 à 10.000 nm 1 à 100 nm 1 à 10 nm -
Perméation de solvant et matière solvant, sels et solvants, ions solvant
dissoute. petites molécules. monovalents et
petites molécules
Rétention de particules, macromolécules, petites molécules, ions monovalents.
colloïdes. colloïdes. ions divalents.
Pression 0,2 à 2 bar. 2 à 10 bar. 7 à 40 bar. 20 à 80 bar.
d’opération
Débit de 150 à 1500 l/h/m2 50 à 300 l/h/m2 50 à 100 l/h/m2 10 à 60 l/h/m2
perméation
Application -épuration -concentration de -séparation et -concentration de
bactérienne de protéines. concentration lactosérum, de
l’eau. -clarification et d’antibiotiques. sang, de blanc
-fractionnement stabilisation de -fractionnement d’œuf.
des globules gras mouts d’acides aminés. -dé-alcoolisation
du lait. alimentaires, jus, -adoucissement des vins et bières.
-fractionnement vins. d’eau potable. -dessalement de
de protéines. -fabrication de -concentration et l’eau.
-traitement préfromage déminéralisation
d’émulsion liquide. du lactosérum.
huile/eau. -traitement des
effluents
(saumures).

5-Choix d’un procédé :


La figure simplifiée suivante permet de mieux comprendre comment sélectionner le meilleur
procédé à membranes selon des critères de qualité et de traitement donnés (d’après Bergman et
Lozier – 1993).

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Technologie Membranaire 
 

Microfiltration ou
Elimination des  Oui Ultrafiltration à
particules seulement  grands pores 

Non

Elimination des  Non
substances dissoutes 

Oui 

Masse moléculaire   Oui  Ultrafiltration à


>10.000 D petits pores 

Non

  Masse moléculaire  
Oui  Oui
Elimination des ions  NanoFiltration
>200 à 250 D
divalents

Non

Oui Electrodialyse
Elimination des ions 
(non éfficace pour
monovalents (sels)
micro-organismes)

Non
Osmose Inverse

Sélection d’un procédé membranaire


(particules= MES+colloïdes, substances dissoutes= chaines moléculaires ‘parasites, levures,
bactéries, virus, protéines‘+ molécules ’pesticides’+ ions ’divalents, monovalent’)
Le Dalton exprime la masse d'un atome d'hydrogène et est égal à 1,66.10-27 kg.
1 Da = 1 g/mol.

Références du chapitre 2 :
• Alain MAUREL, Techniques séparatives à membranes: Considérations théoriques, Techniques
de l’ingénieurs, J2 790, p.1-23, 1988.
• Alain Maurel, Osmose Inverse: Technologie, Manuel du cours en tensif sur ‘techniques à
membranes et dessalement de l’eau de mer et des eaux saumâtres : principes et état de l’art,
Tunis (Tunisia) 23-27 Février 2004.  

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Technologie Membranaire 
 
• Mehdi Metaiche, Optimisation des Systèmes de Dessalement par Osmose Inverse : conception,
paramètres de fonctionnement et simulation numérique; Thèse de Doctorat en Sciences
Physiques, Ecole Nationale Polytechnique d’Alger, 2007. 

   

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Technologie Membranaire 
 
Chapitre 3

Classification des membranes

1-Performances des membranes :


1-1- Perméabilité :
Elle représente le flux volumique ou massique traversant la membrane par unité de surface
membranaire.

1-2- Resistance :
Vis à vis la pression, la température et les agents chimiques.
Nous notons que la sélectivité et la perméabilité dépendent directement de la pression et de la
température. Une membrane, est utilisée toujours dans les limites bien définies de P, T et pH.

1-3- Duree de vie :


Chaque membrane a une durée de vie, au delà de laquelle, la membrane ne sera pas performante
(chute de rendement et de performances, dégradation de l’état, usures…).

1-4- Taux de conversion :


Comme nous l’avons déjà évoqué en conclusion du chapitre 1, dans le cas des techniques à
membrane, l’écoulement du fluide à filtrer peut être continu et tangentiel.
La fraction de débit du liquide qui traverse la membrane est appelée taux de conversion de
l’opération de séparation :

1-5- Sélectivité :
La sélectivité d’une membrane est, en général, définie par le taux de rejet (appelé aussi taux de
rétention) de l’espèce (sel, macromolécule, particule) que la membrane est censée retenir :

18 
 
Technologie Membranaire 
 
Dans le cas de l’ultrafiltration, l’efficacité de la membrane est, en général, caractérisée par le seuil
de coupure (cut-off en anglais). Il s’agit de la masse molaire (g/mol) correspondant à une rétention
pratiquement totale (90 % le plus souvent) d’une macromolécule déterminée.
Cette notion de seuil de coupure n’a pas de sens dans le cas de l’osmose inverse ni microfiltration.

2-Structure (morphologie) :
• les membranes isotropes, elles ont des propriétés structurelles constantes sur toute leur épaisseur;
• les membranes anisotropes, leur structure composite varie de la surface de la membrane vers
l'intérieur;
• les membranes liquides.

3-Matériaux de fabrication :
3-1-Membranes organiques :
Elles sont fabriquées, pour la plupart d’entre elles, à partir de polymères organiques (acétate de
cellulose, polysulfones, polyamides, etc). Les qualités de ces matériaux leur confèrent une grande
adaptabilité aux différentes applications. Environ 90 % des membranes d'ultrafiltration et de
microfiltration sont constituées de membranes organiques.

3-2- Membranes minérales ou inorganiques


Ces techniques se sont diffusées plus tardivement que les membranes organiques. Ces membranes
sont composées de corps entièrement minéraux (matières céramiques, métal fritté, verre). Leur
arrivée a permis de travailler dans des conditions extrêmes de température et d'agression chimique,
ce qui a ouvert de nouvelles voies dans la séparation par membrane.

19 
 
Technologie Membranaire 
 
Les membranes dites dynamiques sont fabriquées par l’utilisateur à partir de tubes poreux dont le
diamètre des pores est compris entre 0.5 et 5 μm. Une dispersion colloïdale de zirconium associée à
des copolymères est introduite à l’intérieur des tubes. Certaines de ces membranes peuvent trouver
des applications en eaux usées.

3-3- Membranes composites (organique et anisotrope) :


Apparues au début des années 1990, elles sont caractérisées par une structure asymétrique dont la
peau est beaucoup plus fine que celle des membranes classiques non composites et par une
superposition de plusieurs couches différenciées soit par leur nature chimique, soit par leur état
physique. Elles peuvent être organiques (superposition de polymères organiques différents), organo-
minérales ou minérales (association de carbone ou d'alumine comme support et de métaux tels le
zircone, l'alumine et le titane) ;

Pour des raisons bien compréhensibles de protection de leur secret de fabrication, les fabricants
hésitent à dévoiler avec précision la nature chimique des constituants de leurs membranes et
préfèrent en indiquer les principales propriétés en termes :
• de résistance mécanique (déterminant la durée de vie et l’intégrité des membranes) ;
• d’hydrophilicité (déterminant la résistance au colmatage) ;
• de stabilité chimique (résistance aux agents lavants).

3-3-1- Les dérivés de cellulose


Les dérivés de cellulose sont utilisés pour la fabrication des membranes asymétriques
d’ultrafiltration, de nanofiltration et d’osmose inverse.
Sous l’effet de fortes pressions, ils ont tendance à se compacter entraînant une diminution
irréversible de la perméabilité. Ce phénomène ne se produit pas en ultrafiltration où les pressions
faibles.
Ces matériaux présentent une forte hydrophilicité garantissant une faible tendance au colmatage.
Leur stabilisé chimique est réduite. Les pH opératoires doivent rester dans une gamme allant de 4 à
6,5 et la température doit rester inférieure à 40°c pour éviter l’hydrolyse du matériau.
Les dérivés de cellulose supportent une exposition continue à de faibles concentrations de chlore. Il
ne faut donc pas hésiter à pratique une chloration avant membrane qui évitera leur dégradation
complète par les micro-organismes (BUISSON H., LEBEAU T., LELIEVRE C. HERREMANS L.
– 1998).

20 
 
Technologie Membranaire 
 

Structure d’une membrane composite (type FilmTec)

3-3-2- Le polypropylène
Le polypropylène est utilisé pour la fabrication de membranes de microfiltration. Il s’agit d’un
matériau élastique qui résiste bien, sur le plan mécanique, aux rétrolavages.
Le caractère hydrophobe de ce matériau le rend assez sensible au colmatage. Il présente une bonne
stabilité chimique dans une large gamme de pH mais peut être détruit par le chlore dont l’usage est
donc proscrit (BUISSON H., LEBEAU T., LELIEVRE C. HERREMANS L. – 1998).

3-3-3- Les polysulfones


Les polysulfones sont utilisés pour la fabrication de membranes d’ultrafiltration. Ils peuvent être
utilisés tel quel ou servir de support à une couche fine de séparation au sein des membranes
composites de nanofiltration ou d’osmose inverse.
Les propriétés mécaniques de ce matériau ainsi que sa résistance chimique son excellentes
(résistance à une large gamme de pH et à une exposition continue au chlore).
En revanche, le caractère hydrophobe des polysulfones les rendent sensible au colmatage par
adsorption des molécules organiques (BUISSON H., LEBEAU T., LELIEVRE C. HERREMANS
L. – 1998).

3-4- Membranes échangeuses d'ions


Introduites en 1950, elles fonctionnent sur le principe du rejet d'ions grâce à leur charge. Les
techniques d'électrodialyse, la dialyse et l'électro-désionisation font appel à cette technologie. Leur
principal domaine d'application actuel est le dessalement de l'eau et le traitement des effluents des
installations de protection et de décoration des métaux.
De nouvelles générations de membranes, notamment anioniques et bipolaires, présentant une
résistance chimique améliorée sont apparues sur le marché.

21 
 
Technologie Membranaire 
 

4- Géométrie des membranes et des modules :


Les modules supportent les membranes, 4 grands types de modules sont commercialisés :
• Les modules tubulaires ;
• Les modules fibres creuses ;
• Les modules plans ;
• Les modules spirales.

22 
 
Technologie Membranaire 
 

23 
 
Technologie Membranaire 
 
5- Marques et fabricants :

Références du chapitre 3 :
• BUISSON H., LEBEAU T., LELIEVRE C. HERREMANS L. – 1998.
• Alain MAUREL, Techniques séparatives à membranes: Considérations théoriques, Techniques
de l’ingénieurs, J2 790, p.1-23, 1988.
   

24 
 
Technologie Membranaire 
 
Chapitre 4

Modules membranaires

1- Différents types de géométrie des modules :


Les modules supportent les membranes, 4 grands types de modules sont commercialisés :
• Les modules tubulaires ;
• Les modules fibres creuses ;
• Les modules plans ;
• Les modules spiralés.

2- Module tubulaire :
• Un module tubulaire contient plusieurs tubes qui peuvent être en série ou en parallèle. L’eau à
traiter circule à l’intérieur des tubes et le perméat est recueilli à l’extérieur des tubes. Les tubes
constituent des canaux d’écoulement tangentiel. C’est le seul type de module qui peut être
nettoyé mécaniquement avec un système de balles de mousse qui raclent les parois des tubes
(Alain MAUREL, Techniques séparatives à membranes: Considérations théoriques, Techniques
de l’ingénieurs, J2 790, p.1-23, 1988.
une dépense d’énergie plus importante que dans les autres configurations.
Elles peuvent être de type monocanal ou multicanaux et sont souvent de nature minérale.
Dans le cas de membranes tubulaires multicanaux, les tubes sont regroupés en parallèle dans
un module. Le perméat est récupéré à l’extérieur des tubes, dans l’enveloppe du module. Ces
systèmes sont moins sensibles au colmatage mais coûtent cher et peuvent être encombrants.

Module tubulaire

25 
 
Technologie Membranaire 
 

Détail 1 des modules tubulaires

Détail 2 des modules tubulaires

26 
 
Technologie Membranaire 
 
3- Module plan :
Les modules plans sont les plus anciens et les plus simples : les membranes sont empilées en mille-
feuilles séparées par des cadres intermédiaires qui assurent la circulation des fluides.
La couche sélective étant déposée sur un support, la membrane n’a pas de résistance mécanique
lorsque la pression est appliquée en sens inverse. Le rétrolavage n’est donc pas possible et la
membrane finit par se détériorer. Elles sont rigides et ne peuvent être enroulées, elles ne sont donc
utilisables que dans des dispositifs de type filtre presse (membranes en feuille montées de part et
d’autre de cadres rigides, empilés).

Module plan (plaque)

Détail des modules plans

27 
 
Technologie Membranaire 
 
4- Module fibres creuses :
Les fibres creuses sont assemblées en parallèle suivant deux configurations :
*Configuration Int-Ext (schéma a) : comme c’est le cas pour les modules tubulaires, l’eau à traiter
circule à l’intérieur des fibres et le perméat est récupéré à l’extérieur des fibres. Il y a écoulement
tangentiel canalisé à l’intérieur des fibres.
*Configuration Ext-Int (schéma b et c) : l’eau circule à l’extérieur des fibres et le perméat est
récupéré à l’intérieur des fibres. L’écoulement entre les fibres est libre.
Dans les deux cas, les membranes sont assemblées en faisceaux et leurs extrémités sont noyées dans
des bouchons de colle qui isolent le perméat de l’eau à traiter (BUISSON et al – 1998). Un module
industriel peut-être constitué de dizaines de milliers de fibres. Les fibres creuses supportent des
rétrolavages. L’écoulement à l’intérieur des fibres creuses est, selon toutes probabilités, laminaire
(APTEL et BUCKLEY – 1996).
Elles sont uniquement de nature organique et ne possèdent pas de support textile (autosupportées).
De même, elles ne sont souvent composées que d’un matériau, bien que des fibres creuses
composites existent. La couche active (peau) et la sous couche poreuse sont intimement solidaires,
ce qui permet de filtrer dans les deux sens. Ce système est peu coûteux mais permet de filtrer des
fluides peu visqueux présentant de faibles risques de colmatage.

28 
 
Technologie Membranaire 
 

Diamètre intérieur du fibre 21x10-6 m


Diamètre extérieur du fibre 42x10-6m
Diamètre intérieur du faisceau 1,2x10-2 m
Diamètre extérieur du faisceau 5,4x10-2 m
Epaisseur de la paroi du fibre 21x10-6 m
Epaisseur de la couche poreuse 150x10-9 m
Longueur de fibre ~1 m

http://www.kochmembrane.com/prod_hf.html

Fibre creuse : configuration Int-Ext.

29 
 
Technologie Membranaire 
 

Fibre creuse : configuration Ext-Int.

5- Modules spirales :
Au sein des modules spirales, une membrane plane est enroulée sur elle-même autour d'un tube
poreux qui recueille le filtrat. On obtient ainsi un cylindre multi-couches où le perméat s'écoule
selon un chemin spiralé vers le tube poreux tandis que l'alimentation circule axialement dans les
canaux.
Membranes composées d’un matériau organique. Elles sont très utilisées pour la nanofiltration. Les
modules sont composés d’un tube sur lequel sont enroulés successivement
une membrane, une grille fine, une autre membrane et une grille plus grossière. Les membranes
doivent donc être suffisamment flexibles pour être enroulées. Le rétentat circule à
travers la grille moins fine tandis que le filtrat va aller jusqu’à la grille plus fine où il passera
dans le creux central du tube.

30 
 
Technologie Membranaire 
 

Module spiralé

Détail des modules spiralés

Disposition des modules à l’intérieur d’un tube de pression

31 
 
Technologie Membranaire 
 
Quelques dimensions pour modules spiralés :

 
dF membrane. Average filament thickness. 
dsp : average spacer thickness. 
lm : average mesh size. 
Réf : D. Van Gauwbergen, J. Baeyens / Desalination 110 (1997) 287‐299.  

6- Choix d’un module :


Le chois d’un module se fait sur la base de :
-le régime d’écoulement permettant de minimiser les phénomènes de polarisation de la
concentration en régime laminaire et turbulent.
-la compacité (exprimée par le rapport de la surface filtrante au volume du module).
-la facilité de démontage et de remplacement (en cas de nécessité).
-la facilité de nettoyage.
-l’adaptation au produit à traiter (nécessité du prétraitement).

32 
 
Technologie Membranaire 
 
Comparaison entre les différents types de modules.
caractéristique Tubulaires Plans Fibres Creuses Spiralés
Compacité (surface 10 à 30 100 à 400 9000 à 30 000 300 à 1000
membranaire/unité de
volume) : m2/m3
Diamètre de passage du 12,5 à 20 1à5 0,5 à 1 0,8 à 1,2
liquide d’alimentation (ou
diamètre hydraulique) : mm
Remplacement des Membrane à Membrane Module Cartouche spiralé
membranes l’intérieur de par feuille complet
tube, ou tube
Type de prétraitement Très simple moyen Très important moyen
nécessaire
[Réf : Maurel A., Osmose Inverse et Ultrafiltration: II- Technologie et Application, Techniques de
l’Ingénieur, Imprimerie Strasbourgeoise, 1996].

Comparaison entre modules spirale et en fibres creuses


Type Modules en Fibres creuses Modules Spirales
Avantages -moins chères -résistance au
-conversion élevée colmatage
-réparation facile -maintenance facile
-remplacement facile -variété de matériaux
et fabricants
Inconvénients -sensible au colmatage par -conversion faible
matières colloïdes -surface modérée de
-nombre limité de matériaux et la membrane
fabricants
Fabricant -Tory -Toyobo
-Dow/Filmtec -DuPont
-Koch/fluidosystem
-NittoDenko/Hydranautics
-Violea
Matériau Polyamides aromatiques Cellulose triacitates
Morphologie Membranes asymetriques Membranes composites
[Référence: Mehdi Metaiche, Optimisation des systemes de dessalement par osmose inverse :
conception, parametres de fonctionnement et simulation numerique, Thèse de l’Ecole Polytechnique
d’Alger, 2007].  

Références du chapitre 4 :
• Alain MAUREL, Techniques séparatives à membranes: Considérations théoriques, Techniques
de l’ingénieurs, J2 790, p.1-23, 1988.
• BUISSON et al – 1998.
• APTEL et BUCKLEY – 1996.
• http://www.kochmembrane.com/prod_hf.html
• D. Van Gauwbergen, J. Baeyens / Desalination 110 (1997) 287-299.
• Maurel A., Osmose Inverse et Ultrafiltration: II- Technologie et Application, Techniques de
l’Ingénieur, Imprimerie Strasbourgeoise, 1996
• Mehdi Metaiche, Optimisation des systemes de dessalement par osmose inverse : conception,
parametres de fonctionnement et simulation numerique, Thèse de l’Ecole Polytechnique d’Alger,
2007.

33 
 
Technologie Membranaire 
 
Chapitre 5

Conception des systèmes membranaires

1- Usine de traitement membranaire :


Une usine (unité, station, centrale) de traitement membranaire des fluides (eau, autres liquides, gaz)
est composée typiquement (spécialement pour les liquides) par :
-une conduite d’amené du flux à traiter.
-une unité de prétraitement pour préparer le flux à passer à travers les membranes afin d’éviter
l’endommagement et la contamination.
-un système membranaire contenant des trains à modules membranaires montés suivant des
différentes configurations.
-une unité de nettoyage chimique (pour la maintenance régulière).
-une unité de post-traitement afin de préparer le perméat vers l’utilisation directe (consommation).
-une conduite de perméat pour la conduire à la distribution (réseaux) ou au stockage (réservoirs).
Exemple : dessalement de l’eau).
-une conduite de retentat pour acheminer le concentrât vers la décharge ou lu milieu de rejet.

Remarque :
Pour certain cas, les finalités de perméat et de concentrât seront inversées: dans ce contexte, le
perméat sera rejeté, et le concentrât sera utilisé. Exemple: concentration des jus alimentaires.

Poste de nettoyage 
chimique 

Flux à  Système  Post‐  Perméat 


Pré‐traitement  traitement 
traiter  membranaire du système 

Concentrat 
du système 

34 
 
Technologie Membranaire 
 
2- Eléments de base d’un système membranaire :
2-1- Train de module :
Un train de modules membranaires est formé par un ensemble de modules montés tous en parallèle,
et fonctionnant dans les mêmes conditions (même pression, même débit et concentration
d’alimentation, et même perte de charge ; donc même caractéristiques des perméats et des
retentâts).

2-2- Etage et pass :


Généralement, un train de modules monté sur une sortie retentât d’un autre train s’appelle étage
(stage), tandis qu’un train monté sur une sotie perméat s’appelle pass (étape).

2-3- Recyclage, mélangeage et bypass :


Dans certains contextes, pour économiser le flux à traiter (dessalement de l‘eau saumâtre par
exemple), on peut envisager un recyclage du concentrât vers le circuit alimentation afin
d’augmenter la conversion.
Toujours pour des raisons économiques, dans le cas d’un petméat à très faible concentration, on
peut envisager un mélange avec certain pourcentage du concentrât.
Pour un système à plusieurs pass, l’utilisation d’un bypass du perméat d’un pass vers celui du pass
suivant, vise à réduire le nombre de modules sur ce dernier.

Etage membranaire (train de modules)

Module membranaire

Conduite d’alimentation

Conduite de perméat

Conduite de retentât

Recyclage

Bypass

Mélange

35 
 
Technologie Membranaire 
 
Pompe haute pression :
PHP
Pour
Pompe Booster : PB
liquides
Echangeur de pression :
PX

Turbine : T

Compresseur
Pour gaz
Pompe à vide

3- Différents types de systèmes membranaires (Design, Configuration, Montage):


3-1- Système mono- étage :
Un système membranaire est un système composé d’une amenée de flux à traiter (solvant contenant
des solutés : solution) en passant par un système de pompage pour la mise en pression, qui refoule
le flux sous une pression élevée vers les modules à membranes. Les modules sont montés tous en
parallèle. Chaque module comporte deux sorties: une sortie de solution moins concentrée (perméat)
sous une pression très réduite, et une sortie de solution plus concentrée (retentât : concentrât) sous
une pression élevée.
A la sortie concentrât; l’eau sorte à une pression importante dont l’installation des équipements
énergétiques (turbines, échangeur de pression) pour récupérer de l’énergie est toujours utile.

3-2- Système di- étages en série rejet :


Un système di- étagé en série rejet, est composé principalement par un ensemble de trains dont le
concentrât de chaque train alimente le train suivant et ainsi de suite, c'est-à-dire que l’alimentation
de chaque train a des caractéristiques identiques aux celles du concentrât du train précédent (chaque
train dans ce cas est appelé étage). Les perméats de l’ensemble des étages sont collectés pour
donner à la fin, le perméat total du système. Le concentrât du système c’est celui du dernier étage,
qui sera relie à une turbine ou à un échangeur de pression (pour le cas de récupération de l’énergie)
pour réaliser la détente de la pression du concentrât. Chaque étage est composé d’un ensemble de
modules montés en parallèle, et caractérisé par un perméat, un concentrât, une qualité de perméat,
une qualité de concentrât, un débit de perméat modulaire, un débit de concentrât modulaire, une
pression de perméat, une pression du concentrât, une perte de charge, une conversion, un taux de
rejet, un nombre de modules etc.

36 
 
Technologie Membranaire 
 
Les systèmes di étages en série rejet ont comme caractéristiques : l’augmentation de la conversion
totale du système par traitement des débits de concentrât à travers l’installation d’un ensemble
d’étages sur la phase rejet. Cette technique permet d’utiliser encore davantage de l’énergie
(pression) du retentât. Ces avantages permettent de diminuer les coûts de traitement. On signale
aussi que les systèmes di- étages en série rejet ; peuvent conduire vers un compromis entre la
qualité du perméat et les couts de traitement.

3-3- Système di- étages en série production:


Un système membranaire di- étagé en série production, est formé par un ensemble de trains dont la
production de chaque étage alimente le train suivant et ainsi de suite, de sorte que l’alimentation de
chaque train a des caractéristiques identiques aux celles du perméat du train précédent (le train dans
ce cas est appelé pass). Les concentrâts de l’ensemble de trains sont collectés pour donner à la fin,
le concentrât total du système, qui sera relie à un système de récupération de l’énergie. Le perméat
du système est celui du dernier train.
Chaque pass est composé d’un ensemble de modules, et caractérisé par un perméat, un concentrât,
une qualité du perméat, une qualité du concentrât, un débit de perméat modulaire, un débit de
concentrât modulaire, une pression de perméat, une pression de concentrât, une perte de charge, une
conversion, un taux de rejet, un nombre de modules etc.
La caractéristique principale d’un système membranaire di-étages en série production est ; qu’il
permet d’atteindre la qualité (concentration en sels) voulue dans le perméat final. A chaque
augmentation du nombre d’étages, la qualité s’améliore, la concentration diminue et le taux
d’élimination s’élève considérablement.
Ce type de système est utilisé pour le dessalement des eaux de mer (spécialement lorsqu’elles sont
très chargées en sels), où bien lorsque une qualité élevée est exigée.
Nous notons que le champ d’utilisation de ces systèmes dans le secteur de dessalement est étendu
actuellement pour donner de meilleures conditions économiques afin de réduire encore les coûts, en
employant les techniques de plusieurs pass et les techniques de mélange.

3-4- Système di- étages hybrides rejet- production :


Les systèmes hybrides se montent en série rejet et en série production en même temps. D’une
manière globale : monter un train (ensemble de modules en parallèle) en rejet d’un train précédent,
vise à améliorer le rendement quantitatif (conversion), tandis que son montage en production vise à
améliorer le rendement qualitatif (taux de rejet).
Il existe une multitude de solutions pour ce type de systèmes, dont les objectifs à atteindre et l’outil
efficace d’optimisation sont les seules capables de la concevoir d’une manière adéquate.

37 
 
Technologie Membranaire 
 

Système à 1 étage (1 pass) Système à 2 pass : montage en série perméat

Système à 2 étages : montage en série retentat

Système à 1 étage-1 pass (2 pass) : montage hybride

38 
 
Technologie Membranaire 
 
4- Systèmes avec/sans récupération de l’énergie :

Système membranaire type : 1 seul étage  Système membranaire type : 1 seul étage 
avec récupération de l’énergie  sans récupération de l’énergie par turbine 

Système membranaire type : 1 seul étage 
avec récupération de l’énergie par 
échangeur de pression

39 
 
Technologie Membranaire 
 
5- Exemples d’utilisation de recyclage, bypass et mélange.

Système à 1 étage (1 pass) avec recyclage Système à 2 pass avec bypass

Système à 2 étages avec mélange

40 
 
Technologie Membranaire 
 
6- Exemples de systèmes membranaires utilisés pour le dessalement de l’eau de mer :

41 
 
Technologie Membranaire 
 
7- Exemples de systèmes membranaires utilisés pour la séparation des gaz :

Références du chapitre 5 :
• Al-Zubaidi A.A.J., Parametric Cost Analysis Study of Seawater Reverse Osmosis Systems Design
in Kuwait, Desalination, 76(1989) 241-280.

42 
 
Technologie Membranaire 
 
• Metaiche M., Kettab A. et Bengueddach B., Modélisation de la production Quantitative et
Qualitative d’un Système de dessalement, Proceeding des Journées d’Etudes sur la Chimie pour
l’Environnement à Tiaret (Algeria), November 2001.
• Metaiche M. , Kettab A. et Bengueddache B., Effet de la Qualité Exigée sur la Consommation
d’Energie d’un Système de Dessalement, Actes du 2eme Séminaire National sur les ressources en
eau, Mascara (Algérie), avril 2002.
• Metaiche M. and Kettab A. , Contribution à la modélisation du facteur de correction de flux de
rétention de la membrane ‘MFRC’ ; cas des modules B-9, Proceeding of National Seminar about
Water and Environment, Béchar (Algeria), Octobre 2003].

43 
 
Technologie Membranaire 
 
Chapitre 6

Systèmes énergétiques

1- Eléments de base du système énergétique (cas de dessalement de l’eau):


1-1- Equipements de mise en pression :
-Mise en haute pression: Pompe haute pression HPP.
-Pompe booster (faible pression): BP.
1-2- Equipement de récupération de l’énergie :
-récupération indirect par turbine: T (turbine couplé directement à la pompe HPP : l’énergie
produite alimente la pompe HPP).
-récupération indirect par turbo pompe: TP (turbine couplée à la pompe booster : l’énergie produite
alimente la pompe PB) .
-récupération direct par échangeur de pression: PX.

2- Généralités [Réf : www.gls.fr]:


La pression osmotique de l’eau de mer standard (35 g/l à 15°C, est de 25 bar). Pour obtenir une
productivité acceptable économiquement des membranes d’OI, la pression d’alimentation doit être
de l’ordre de 65 bar (de 56 à 90 bar). La mise en pression est assurée, soit par des pompes
volumétriques (à pistons – à membranes), soit par des pompes centrifuges multi-étagées. Les
premières étant plutôt adaptées aux faibles débits. Pour une conversion de 40% par exemple, 60%
du débit d’alimentation sera rejeté comme concentrât à pression élevée. Le concentrât possède
donc une énergie hydraulique importante (pression disponible du concentrât = pression
d’alimentation – perte de charge ‘4 bar environ’), qu’il convient de récupérer afin de réduire les
consommations en énergie électrique. Cette récupération s’effectue par trois moyens :
a- turbo-pompes placées en série avec les pompes HP.
b- turbines Pelton couplées directement aux pompes HP afin de soulager les moteurs électriques.
c- échangeurs de pression (système à piston): fonctionnant alternativement pour l’alimentation des
modules, puis pour l’évacuation du concentrât.
.
La récupération de l’énergie du concentrât par échange de pression est le système présentant le
meilleur rendement. Il permet d’atteindre des consommations inférieures à 3 kWh par m3 de
perméat, et ceci pour les seuls besoins de la mise en pression des éléments d’OI.

44 
 
Technologie Membranaire 
 

[Réf : www.gls.fr]

3- Pompes de mise en pression :


Le débit, la perte de pression et la pression osmotique déterminent ensemble la pression de l’eau
d’alimentation nécessaire. On utilise alors un système de pompage (une ou plusieurs pompes) qui
permet un débit élevé que celui théoriquement nécessaire pour garder la pression d’alimentation
continue. Il est recommandé, si convenable, d’utiliser de grandes pompes qui donnent un rendement
élevé à prix réduit avec opération flexible, cela va réduire le nombre de pompes à utiliser (exemple :
l’usine d’Ashkalon où le nombre a été réduit de 16 à 4) (figure 11) . L’efficacité de grandes pompes
est 5% plus que celle des petites pompes, avec un coût spécifique sensiblement inférieur [Réf:
Liberman Boris, The importance of energy recovry devices in reverse osmosis desalination, The
Future of Desalination in Texas- Volume 2: Technical Papers, Case Studies, and Desalination
Technology Resources, 2004]. Ce choix est justifié aussi par le fait de mettre une pompe de réserve
pour le système mieux que de mettre plusieurs petites pompes.
Il faut remarquer que les pompes volumétriques à piston, ont un rendement supérieur à celui des
pompes centrifuges, mais ne sont pas adaptées aux débits supérieurs à 100 m3/h [Réf: Corsin Pierre,
Dessalement de l’eau de mer par osmose inverse: les vrais besoins en énergie, l’eau, l’industrie, les
nuisances n°262 (2005) 57-61].

Figure 11: Pompe centrifuge à haute pression

3-1- Puissance d’une pompe :


Par définition, le rendement d’une pompe est donné par:

45 
 
Technologie Membranaire 
 
Wth W P.Q.d
ηP = ⇒ Wréelle = th =
Wréelle ηP ηP
P.Q.d
⇒ Wp =
ηP
Avec :
Wréelle : puissance réelle de la pompe (W).
Wth : puissance théorique de la pompe (W).
Wp : puissance fournie par la pompe (W).
: rendement de la pompe.
P : pression de l’eau à la sortie de la pompe (Pa).
Q : débit de l’eau (m3/s).
d: densité du liquide.

Ou bien :
P ( Pa ).Q ( m 3 / s ).d P ( Pa ).Q ( m 3 / h ).d P ( MPa ).Q ( m 3 / h).d
⇒ W p ( kW ) = = =
1000 .η P 1000 .3600 .η P 3,6.η P

3-2- Energie consommée par une pompe :

P.Q.d
Ep = .t
ηP
Avec
Ep : énergie consommée pendant un temps t (en J: W.s), et t: temps de fonctionnement.

L’énergie consommée pendant une heure sera :


P ( Pa ).Q ( m 3 / s ).d P ( Pa ).Q ( m 3 / h ).d
E p (Wh ) = .3600 =
ηP ηP

Ou bien :
P ( Pa ).Q ( m 3 / h).d P ( MPa ).Q ( m 3 / h).d
E p ( kWh ) = = .10 3
1000 .η P ηP
3-3- Point de fonctionnement d’une pompe :
[Réf : J.P. LABORDE, Eléments d'hydraulique générale, 2007]

46 
 
Technologie Membranaire 
 

On connaît d'une part, les caractéristiques exactes de l'installation, c'est à dire la hauteur
géométrique totale de refoulement Hg et les pertes de charge Ja et Jr dans l'aspiration et le
refoulement. La charge totale Ht nécessaire pour transiter un débit Q est :
Ht = Hg + Ja + Jr
D'autre part, on connaît la caractéristique Q - H de la pompe choisie. Le point de fonctionnement se
trouve alors à l'intersection I de la caractéristique du réseau et de la caractéristique de la pompe.
Dans le cas où la pompe a une caractéristique présentant un maximum, le point de fonctionnement
doit se situer dans la partie descendante de la courbe et loin du maximum. En effet, dans la partie
ascendante le point de fonctionnement correspondrait à un équilibre instable.
Par ailleurs, chaque fois qu'il sera utile, on vérifiera que la pompe, quelles que soient les conditions
de marche, ne risque pas de caviter. Pour cela, il suffit de tracer la caractéristique de la conduite
d'aspiration sur la courbe de NPSH en portant les valeurs de 10-(Ha + Ja).

4- Turbines :
Dés que l’eau passe à travers les modules d’osmose inverse, il y a intérêt de récupérer l’énergie
hydraulique du concentrât (rejet) qui est de l’ordre de 55% de celle nécessaire à la mise en pression
[Réf: Corsin Pierre, Dessalement de l’eau de mer par osmose inverse: les vrais besoins en énergie,
l’eau, l’industrie, les nuisances n°262 (2005) 57-61].
Les premiers systèmes de récupération de l’énergie ont utilisé des pompes centrifuges multi étagées,
fonctionnant en turbine.
Les turbines les plus adaptées aux usines de dessalement –vu la pression élevée- sont de type
Pelton, ayant un rendement d’environ 90%. La puissance nécessaire aux pompes haute pression

47 
 
Techno
ologie Memb
branaire 
 
peut être foournie par le moteur éllectrique et la turbine de
d récupérattion, ou bienn on utilise une pompee
centrifuge alimentée par
p la turbinne et reliéee en série av
vec celle dee haute presssion. [Réf:: Migliorinii
Giorgio annd Luzzo Ellena, Seawaater reversee osmosis pllant using the pressuree exchangerr for energyy
recovery: a calculationn model, Deesalination 165 (2004) 289-298].

Schéma dee principe d''une turbinee


[Réf : http://fr.w
wikipedia.orrg/wiki/Turbine] 

R
Roue Pelton Tuurbine Franccis
T
Turbines Pellton et Franccis pour la récupération
r n de l’énerggie
[Réf : http://fr.w
wikipedia.orrg/wiki/Turbine] 

4-1- Puisssance d’unee turbine:

. . .
Avec

48

 
Technologie Membranaire 
 
: puissance en Watt.
: le rendement en %.
P : pression de l’eau à l’entrée de la turbine [Pa].
Q : le débit de la turbine en m3/s.
d: densité du liquide.

Exemple :
Pour : = 85 %, P = 27.105 Pa, Q = 1,0 m3/s, On obtient donc :
W = 85% × 1010 × 9,81 × 270 × 1,0 ≈ 2 MW

4-2- Energie fournie par une turbine:

: . . . / . .

L’énergie fournie pendant une heure de fonctionnement sera :

10 . . . / .

5- Echangeurs de pression PX (systèmes à piston):


L’échangeur PX transfère l’énergie de la pression de saumure en sortie rejet haute-pression des
membranes vers l’eau de mer pré-filtrée avec un rendement de près de 97%.
L'échangeur de pression est avant tout un mode d'économie d'énergie intelligent, fiable et simple.
En effet, ce système redistribue les pressions des conduites excédentaires dans les conduites
déficitaires. Ce dispositif s'intègre au système de la sorte :
Ce système tournant à la vitesse de 1200 tours par minute, le temps de contact entre le liquide
d’alimentation et le concentrât ne permet un mélange de ces deux dernières que minimal.
Un échangeur de pression comporte 04 conduites : 02 entrées (entrée du conentrat à haute pression,
et entrée d’alimentation à faible pression) et 02 sorties (sortie alimentation à haute pression, et sortie
concentrat à faible pression).
En pratique l’opération se fait en deux phases comme suit :
i)-le concentrat à haute pression est injecté dans la chambre du rotor (l’alimentation à base pression
est déjà dans la chambre), il compresse l’alimentation et la refoule vers la sortie HP (le concentrat
devient à faible pression).
ii)-l’alimentation à faible pression entre dans la chambre (la chambre est déjà plein de concentrat à
faible pression), elle le refoule à la sortie rejet.

49 
 
Technologie Membranaire 
 
Ce cycle se reproduit ainsi de façon continue afin de transmettre la pression du concentrat à
l’alimentation.
Le système énergétique dans ce cas, comprend une pompe haute pression HP, un ensemble
d’échangeurs de pression associés à des distributeurs d’alimentation et de concentrât, une pompe de
surpression (booster) qui compense les pertes de charge dans le circuit concentrât et dans les
échangeurs, afin d’amener le liquide sortant de l’échangeur de pression à la même pression que
celui refoulé par la pompe haute pression.
Il est à remarquer que ce système permet de réduire la taille de la pompe haute-pression, son débit
étant égal à celui du perméat, tandis que le débit de la pompe de surpression est égal à celui du
concentrât.

Echangeurs de pression

Schéma d'un système à osmose inverse employant un échangeur de pression


[Réf : www.reseau-ideal.asso.fr]

6- Exemple de comparaison :

50 
 
Technologie Membranaire 
 
[Réf: http://www.lenntech.fr/dessalement/osmose-inverse-procede-de-dessalement.htm]:

Débit d'eau de mer: 100 m3/h


Pression appliquée: 75 bars
Récupération: 40%
Débit de perméat: 40 m3/h

Puissance requise sans systèmes de récupération d'énergie: 300 kW


Energie spécifique: 300/40 = 7.5 kWh/m3

Puissance requise avec turbine à récupération d'énergie: 177 kW


Energie spécifique: 177/40 = 4.4 kW/h

Procédé de récupération de l’énergie par turbine

Puisance requise avec un échangeur de pression: 140 kW


Energie spécifique: 140/40 = 3.5 kWh/m3

Procédé de récupération de l’énergie par échangeur de pression

51 
 
Technologie Membranaire 
 
Comparaison
Système Récupération d'énergie Coûts
Turbine à récupération 30-40% +
d'énergie
Echangeur de pression 50-60% +++

References du chapitre 6:
• http://www.gls.fr
• Liberman Boris, The importance of energy recovry devices in reverse osmosis desalination, The
Future of Desalination in Texas- Volume 2: Technical Papers, Case Studies, and Desalination
Technology Resources, 2004.
• Corsin Pierre, Dessalement de l’eau de mer par osmose inverse: les vrais besoins en énergie,
l’eau, l’industrie, les nuisances n°262 (2005) 57-61
• J.P. LABORDE, Eléments d'hydraulique générale, 2007
• Migliorini Giorgio and Luzzo Elena, Seawater reverse osmosis plant using the pressure
exchanger for energy recovery: a calculation model, Desalination 165 (2004) 289-298.
• http://fr.wikipedia.org/wiki/Turbine
• http:// www.reseau-ideal.asso.fr
• http://www.lenntech.fr/dessalement/osmose-inverse-procede-de-dessalement.htm

52 
 
Technologie Membranaire 
 
Chapitre 7

Performances des membranes

1- Densité de flux volumique ou débit spécifique :


[Réf : Alain MAUREL, Techniques séparatives à membranes : Considérations théoriques,
Techniques de l’Ingénieur, J 2 790, p.1-23]
Pour une sélectivité donnée, le débit volumique par unité de surface (ou densité de flux volumique)
doit être le plus élevé possible de manière à minimiser la surface de filtration à mettre en œuvre et,
par là même, l’investissement. Le débit volumique s’exprime le plus souvent en L·h–1·m–2. La
conversion en unités SI (m3·m–2·s–1 ou m·s–1) ainsi qu’en d’autres unités est donnée dans le tableau.
Du point de vue pratique, les débits spécifiques augmentent lorsque l’on passe de l’osmose inverse
à la microfiltration bien que les gradients de transfert diminuent à cause des phénomènes de
polarisation. Le tableau donne les ordres de grandeur des perméabilités, des gradients de transfert
ainsi que des débits spécifiques pour les différents procédés.

Facteurs de conversion des unités de débit volumique spécifique

Ordre de grandeur de la densité de flux volumique (ou débit volumique spécifique)


des différentes techniques à membranes

53 
 
Technologie Membranaire 
 
2- Sélectivité :
[Réf : Alain MAUREL, Techniques séparatives à membranes: Considérations théoriques,
Techniques de l’Ingénieur, J 2 790, p.1-23].
D’une manière générale, la sélectivité des techniques à membranes n’est pas parfaite, sauf dans
certains cas en microfiltration et en ultrafiltration, et cela pour plusieurs raisons :
- dans le cas des membranes denses, le mécanisme de transfert étant de type « solubilisation-
diffusion », on constate presque toujours une diffusion de l’espèce retenue.
- dans le cas des membranes microporeuses, le mécanisme de transfert étant de type capillaire, on
peut imaginer un taux de rejet égal à l’unité, dans la mesure où la dimension de la particule ou de la
molécule est très grande par rapport au diamètre des pores de la membrane. Il faut toutefois tenir
compte d’une déformation possible des molécules ou des particules ainsi que d’une éventuelle
hétérogénéité des diamètres de pores de la membrane.

* Pour une membrane donnée, la sélectivité peut toutefois être améliorée, en particulier dans le cas
d’ultrafiltration. On peut ainsi fixer un ion métallique sur une macromolécule (ultrafiltration-
complexation). On peut aussi adsorber un composé organique (tensioactif, pesticide, phénol) sur un
adsorbant minéral ou organominéral tel que les charbons actifs pulvérulents, les oxydes ou
hydroxydes métalliques (ultrafiltration- adsorption). Ces deux possibilités (ultrafiltration-
complexation et ultrafiltration-adsorption) connues sous le nom d’ultrafiltration assistée permettent
d’effectuer des rétentions ioniques ou moléculaires avec des membranes ayant des diamètres de
pores élevés (et donc des débits élevés) et qui, sans cet artifice, auraient une mauvaise sélectivité.
-Des groupements fonctionnels peuvent aussi être greffés sur la membrane de manière à lui conférer
une affinité particulière pour une espèce donnée (ultrafiltration d’affinité). À titre d’exemple, un
polymère hydrophile fonctionnalisé peut être greffé sur une membrane d’ultrafiltration. La présence
de sites ammonium quaternaire, de signe opposé à la charge globale d’une protéine, permet en
fonction du pH d’améliorer le taux de rétention de la protéine. On peut ainsi envisager la séparation
α-lactalbumine /β-lactoglobuline.

-Osmose inverse : la sélectivité est définie couramment pour NaCl.


-Ultrafiltration : l’efficacité de la membrane est en général caractérisée par le seuil de coupure
(cut-off en anglais), qui peut être défini comme étant la masse molaire M (g /mol) correspondant à
une rétention pratiquement totale (90 % le plus souvent) d’une macromolécule déterminée. Cette
notion est spécifique à l’ultrafiltration; elle n’a pas de sens en osmose inverse dans la mesure où des
entités chimiques de même taille peuvent avoir, dans les mêmes conditions opératoires, des taux de
rejet très différents.

54 
 
Technologie Membranaire 
 
-Microfiltration : les espèces retenues (micro-organismes, boues) ne pouvant être définies ni par
une masse molaire ni par une taille en dehors d’un diamètre apparent ou équivalent. La sélectivité
de la membrane est en général caractérisée par son diamètre de pore (0,45 μm par exemple).

3- Effet de la température :
Lorsque la température augmente, le débit de perméat à travers une membrane d’osmose inverse,
d’ultrafiltration ou de microfiltration augmente d’environ 3 % par degré Celsius, ce qui correspond
approximativement à une augmentation inversement proportionnelle à celle de la viscosité du
solvant. Car le coefficient de diffusion D est inversement proportionnel à la viscosité du solvant:
(d’après la relation relation de Stokes-Einstein pour une particule sphérique de rayon rs dans un
milieu de viscosité μ, de témpérature T. K: constante de Boltzmann):

K .T
D=
6πμ.rs

Et nous avons le flux de solvant :


D.C V KT C V K C V
J1 = − . (ΔP − Δπ ) = . . (ΔP − Δπ ) = . . (ΔP − Δπ )
R.T z 6πμ.rs R.T z 6πμ.rs R z

⎛ 1 ⎞ K .C V
⇒ J1 = ⎜⎜ ⎟⎟. . (ΔP − Δπ )
⎝ μ ⎠ 6π .rs .R z
Donc, quel que soit le type de membrane, on a : Jsolvant proportionnel à 1/μ.
Or la viscosité d’un liquide en fonction de la température est donnée par la relation :

        (loi de type : loi d’Arrhenius)

Avec
μ0 viscosité à l’état de référence.
E0 est l’énergie d’activation du liquide à la température de référence (25 oC), égale pour l’eau à 15
675 J·mol–1. E0 est en général ; indépendante de la température (sur des intervalles courtes de
températures).
La variation de la viscosité de l’eau en fonction de la température peut donc être calculée par la
résolution de la relation :

∆ ∆
. .

55 
 
Technologie Membranaire 
 
Soit :

.

En général, les perméabilités des membranes sont données à 20 oC. Si l’on veut connaître la
perméabilité à T (oC) ou T (°K ), l’équation permet d’écrire dans le cas de l’eau :

. ,

D’où :
,
      

Le tableau suivant montre que cette relation suit les valeurs expérimentales de la viscosité à moins
de 3 % près.

,
Relation (60) :

Références du chapitre 7 :
• Alain MAUREL, Techniques séparatives à membranes : Considérations théoriques, Techniques
de l’Ingénieur, J 2 790, p.1-23

56 
 
Technologie Membranaire 
 
Chapitre 8

Transport et transfert à travers les membranes

1 è                       
    :  2 è                    
3 è   é é
è                             
    é:                
  è   é é

1- Modèle diffusionnel (modèle de solution- diffusion, modèle de Darcy-Fick) :


Suivant ce modèle de transport, toutes les espèces moléculaires (soluté et solvant) se dissolvent
dans la membrane et diffusent à l’intérieure de celle-ci, comme dans un solide ou un liquide sous
l’action d’un gradient de concentration et de pression. C’est notamment le cas de l’osmose inverse
[Réf: Hoek Eric M.V., Kim Albert S. and Elimelech Menachem, Influence of Crossflow Membrane
Filter Geometry and Shear Rate on Colloidal Fouling in Reverse Osmosis and Nanofiltration
Separations, Environmental engineering science, Volume 19, Number 6 (2002) 357-372].
Il s’agit d’un phénomène de transport du à la diffusion Brownienne [Maurel Alain, Techniques
séparatives à membranes: Considérations théoriques, Techniques de l’Ingénieur, traité Génie des
procédés J2790, 1988].
Les flux de solvant et de soluté à travers la membrane sont donnés respectivement par :

Di .Ci D .C ∂μ
Ji = − gradμ i = − i i ( i grad Ci + Vi .gradP )
R.T R.T ∂Ci

Où D (m2.s-1) : coefficient de diffusivité du constituant i dans la membrane, il est donnée par


l’équation d’Einstein- Smoluchowski :

Δl 2
D=
2Δt
Dont :
∆ l2: représente la dispersion (carrée de la distance du point de départ) de la molécule après un
certain nombre de déplacements au hasard dus au mouvement brownien pendant le temps ∆t.
D : représente la vitesse de déplacement d’un plan en m2/s. Le surlignage correspond à la valeur du
paramètre dans la membrane.

57 
 
Technologie Membranaire 
 
C : la concentration moyenne du constituant i dans la membrane.
La relation d’Einstein relie le tout [Hoek E.M.V. et Al. 2002]:

k .T R.T
D= =
f N. f
Où :
k : Coefficient de Boltzman, k = R/N.
f : Coefficient de frottement.
R : Constante molaire.
N : Nombre de moles.
Si l’on considère une particule sphérique de rayon r dans un milieu de viscosité η:
k .T
f = 6.η.π.r et D = (relation de Stokes - Einstein )
6π .η.r
4
le volume du particule s’écrit V = π .r 3 et D devient:
3
Cte.T
D= ,
3
M
avec M : la masse de la particule.
Si on donne l’indice 1 au solvant et l’indice 2 au soluté, on obtient :

D1 .Ci .V1
J1 = − ( ΔP − Δπ )
R.T .z

Avec :
z(m) : épaisseur effective de la membrane.
∆P(Pa) : différence de pression de part et d’autre de la membrane.
∆π (Pa) : différence de pression osmotique de part et d’autre de la membrane.
∂μ i
Pour les membranes très sélectives, le terme Vi.gradP est négligeable devant le terme gradC i ,
∂C i
et on obtient :

D2 D .H
J2 = − .ΔC2 = − 2 ΔC2
z z

Avec :

58 
 
Technologie Membranaire 
 
J2 (kg.m-2.s-1) : flux de soluté à travers la membrane.
D2 (m2.s-1) : coefficient de diffusion du soluté dans la membrane.
∆C2 (kg.m-3) : différence de concentration du soluté dans la solution de part et d’autre de la
membrane.

ΔC 2
H= : coefficient de distribution de soluté entre la solution et la membrane.
ΔC 2
Si aucune des propriétés de la membrane ne dépend de la pression ou de la concentration des

D1 .C1 .V1
solutions, le terme A = − peut être considéré comme une constante de la membrane. De
R.T .z
H
même, le terme B = − D2 . peut être considéré comme une constante relative au transport de
z
soluté.
A(kg.s-1.Pa-1.m-2) : perméabilité de la membrane au solvant.
B(m.s-1) : perméabilité de la membrane au soluté.
Et nous écrivons d’après [Maurel A. 1988, Bars D.L. 2001, Sagle A. et Al. 2004, Williams M.E. et
Al. 1999, Trettin D.R. 1980, Mukherjee P. et Al. 2003, Chellam S. et Al. 2001, A1-Bastaki N.M. et
Al. 1999]:

. ∆ ∆          è    
  è    
. ∆                  è   
* Discussion:
On montre donc que le flux de solvant est proportionnel à la pression efficace (ΔP –ΔΠ) tandis que
le flux de soluté en est indépendant. On montre également que le taux de rejet d'une membrane
augmente lorsque la pression efficace augmente.
La sélectivité des membranes d'osmose inverse pour les différentes espèces chimiques dépend de
leur possibilité de solvatation par l'eau. Les espèces les plus fortement solvatées ont un taux de rejet
toujours plus important. On peut en tirer les indications suivantes:
* les ions sont mieux retenus que les molécules.
* les protéines ont une rétention plus faible pour des pH proches du point isoélectrique.
* pour les acides faibles, le taux de rejet est élevé lorsque le pH est supérieur au pK.
* pour des ions de valence différente, le taux de rejet croît avec la valence des ions.
*pour des ions de même valence, le taux de rejet diminue si leur masse molaire augmente.

59 
 
Technologie Membranaire 
 
Énergie d’hydratation (solvatation) de différents ions
[Réf : Alain MAUREL, Techniques séparatives à membranes: Considérations théoriques,
Techniques de l’Ingénieur, J2 720 p.1-23]

2- Modèle capillaire (modèle de Poiseuille) :


Ce modèle considère que la membrane est un milieu poreux constitué d’une multitude de
capillaires. Dans ce cas, la sélectivité et la perméabilité peuvent être déterminées à partir du
diamètre de pore, du nombre de pores et de leur courbe de distribution. C’est le cas des membranes
d’ultrafiltration et de la microfiltration [Maurel A. 1988].


.         è    
128.
Avec :
q1 (m3s–1/m2) débit unitaire de solvant (par unité de surface).
d (m) diamètre de pore.
μ (Pa·s) viscosité dynamique du solvant.
ΔP (Pa) différence de pression.
e (m) épaisseur effective de la membrane.
N (m–2) : densité de pore (nombre de pores par unité de surface de membrane).

4

Avec :
: porosité de la membrane (égale au rapport du volume total des pores de la membrane à son
volume apparent).
: facteur de tortuosité (égal au rapport de la longueur moyenne d’un pore à l’épaisseur de la
membrane).

.
32. .

60 
 
Technologie Membranaire 
 
3- Tamisage moléculaire :
On peut considérer que la sélectivité des membranes microporeuses, notamment celles
d’ultrafiltration et de microfiltration, résulte d’un « effet tamis », c’est-à-dire d’une discrimination
en fonction de la taille de l’espèce à retenir. Les molécules ou particules plus petites que les pores
ne sont pas retenues : leur taux de rétention est nul.

le diamètre de Stokes dS est donné par la relation de type [de Gennes 1979]:

. /      

On trouve dans la littérature que l’exposant est de 1/3 pour un mauvais solvant, de ½ pour un
solvant et de 3/5 pour un bon solvant. L'exposant de 0,79 indique que les chaînes sont très bien
solvatées [M. Raphaël Mesnier, Étude des liens entre la texture et les propriétés de diffusion de
molécules modèles dans des milieux poreux bimodaux Soutenue, thèse de L’Institut National
Polytechnique de Toulouse, 2008].

On peut aussi, en première approximation, utiliser la relation suivante qui donne le diamètre de
Stokes dS (en nm) de l’espèce à retenir en fonction de sa masse molaire M (en g /mol) [Réf :
SCHNABEL R., Journal of membrane science. Vol. 36, mars 1988.] :

,
0,076. /

dS : est donnée par la relation de Stokes – Einstein.

* Exclusion stérique :
À l’effet tamis s’ajoute un effet d’exclusion stérique traduisant l’impossibilité pour une molécule
d’approcher la paroi d’un pore de la membrane à une distance inférieure à son rayon (dS /2).
La relation de Ferry rend compte de cet effet [Réf : MEIRELES M., AIMAR P. et SANCHEZ V., Les
techniques à membranes : micro et ultrafiltration. Biofutur (F), no 111, avril 1992] :

1 1 1

Avec 1 : loi de Ferry.

61 
 
Technologie Membranaire 
 
: coefficient d’exclusion stérique.

1 : coefficient de partage sterique.

R : taux de rejet (sélectivité, taux de rétention) ; 1

Où dp : diamètre de pore.

Ainsi, pour une molécule et une membrane de rapport 0,7; le taux de rétention est de 83%.
Il est important de noter que, d’après la relation donnant dS, pour des molécules 1 et 2 dont le
rapport des masses molaires M1/M2 serait par exemple de 10, le rapport des diamètres de Stokes
dS1/dS2 serait de 2,5. On comprend dès lors les difficultés rencontrées lorsque l’on souhaite
fractionner un mélange de deux composés ayant un rapport de masses molaires très inférieur à 10.

4- Modèle phénoménologique (boite noire):


Il consiste à établir des relations linéaires entre les flux Ji et les gradients de transfert associés Fi, ou
non associés Fj par l’intermédiaire de Coefficient phénoménologique Lij:

J i = Lij .Fi + ∑ Lij .F j


i≠ j

Il s’agit de transferts couplés.


Et puisque il ne s’agit que de deux flux et de deux gradients de transfert, on peut écrire :

J 1 = LP (ΔP − σΔπ ) ⎫
⎬ : Modèle de Kedem- Katchalsky
J 2 = ωΔπ + (1 − σ ' ).C2 .J 1 ⎭

Avec Lij = Lji pour i ≠ j : relation d’Onsager.


J1 et J2 (m.s-1) : débits de solvant et de soluté à travers la membrane.
Lp (m.s-1.Pa-1): perméabilité au solvant.
ω (m.s-1) : perméabilité au soluté.
σ , σ ' : coefficients de réflexion de Steverman, où :
-pour une membrane complètement perméable, le coefficient de réflexion est égal à 1.
-pour une membrane complètement non perméable, le coefficient de réflexion est égal à 0.
-pour une membrane sélective, le coefficient de réflexion varie entre 0 et 1.
σ = 1 si taux de rejet R = 1 et σ = 0 si R = 0 [Maurel A. 1988].

62 
 
Technologie Membranaire 
 
Suivant les principes de la réversibilité microscopique dynamique et les principes d’Onsager:
σ =σ'.
Ce coefficient, dans ce contexte, est lié seulement au flux convective de la solution, et pour
σ = σ ' = 1 , il existe toujours un flux diffusif de la soluté qui est proportionnel à sa perméabilité
[Pharoah J.G. et Al. 2000].

La rejection (taux de rejet) est définie par :

ρ p .Q f
R =1−
ρ f .Q f
Où le produit ρ .Q : représente la concentration C.
Les indices p et f : production et alimentation respectivement.
Et on peut écrire:

⎧ J 1 = L p .( ΔP − Δπ )

⎩ J 2 = ω.Δπ

Et puisque la différence de pression osmotique représente le gradient de concentration à travers la


membrane, on peut écrire [Pharoah J.G. et Al. 2000] :

J 2 = ω ' .ΔC
J2
Nous notans que ΔC p =
J1

J 1 (1 − R )
⇒ ω' =
R
Ce qui permet d’avoir finalement :

⎧ J 1 = L p .(ΔP − Δπ )

⎨ J1 (1 − R)
⎪J 2 = .(C f − C p )
⎩ R

Pour le cas des membranes très sélectives, il n’a pas d’interaction entre le flux de soluté et le flux de
solvant.

63 
 
Technologie Membranaire 
 
Dans ce cas, le modèle de Kedem- Katchalsky devient identique au modèle diffusionnel.

Conclusion et Comparaison
RO NF UF MF
Transport de solvant Darcy Darcy + Poiseuil Poiseuil Poiseuil
Transfert de soluté Fick Fick + tamisage Tamisage Tamisage
Rôle de la pression osmotique Inportant Moyen Faible Négligeables

Référence du chapitre 8 :
• Maurel Alain, Techniques séparatives à membranes: Considérations théoriques, Techniques de
l’Ingénieur, traité Génie des procédés J2790, 1988.
• Bars Didier Le, Physicochimie de l’eau et des solutions: transferts membranaires, cours de
Biophysique des transports membranaires, Centre d'éploration et de recherche médicales par
émission de positons de Lyon, 2001.
• Sagle Alyson and Freeman Benny, Fundamentals of Membranes for Water Treatment, The
Future of Desalination in Texas- Volume 2: Technical Papers, Case Studies, and Desalination
Technology Resources, 2004.
• Williams M. E., Hestekin J. A., Smothers C. N., and Bhattacharyya D., Separation of Organic
Pollutants by Reverse Osmosis and Nanofiltration Membranes: Mathematical Models and
Experimental Verification (I&EC Research, September 1999), Industrial and Engineering
Chemistry Research, vol.38, issue: 10, 1999.
• Trettin Daniel R., An Investigation of Mass Transfer Mechanisms in Ultrafiltration, Doctor’s
thesis, Lawrence University (Wisconsin, USA), 1980.
• Mukherjee Parna and Gupta Arupk Sen, Ion Exchange Selectivity as a Surrogate Indicator of
Relative Permeability of Ions in Reverse Osmosis Processes, Environ. Sci. Technol. 37(2003)
1432-1440.
• Chellam Shankar, Sharma Ramesh, Shetty Grishma, and Wei Ying, Quality and Membrane
Treatability of the Lake Houston Water Supply : Final Report, Published by the Texas water
resources institute, 2001.
• A1-Bastaki Nader M. and Abbas Abderrahim, Modeling an industrial reverse osmosis unit,
Desalination 126 (1999) 33-39.
• Pharoah J.G., Djilali N., Vickers G.W., Fluid mechanics and mass transport in centrifugal
membrane separation, Journal of Membrane Science 176 (2000) 277–289.

64 
 
Technologie Membranaire 
 
Chapitre 9

Problèmes spéciaux

Plan :
• Colmatage (clogging) : contamination des membranes.
™ Reversible :
9 Encrassement ‘fouling’ (dépôt de matière organique et colloïdale ): (SiO2, S) et hydroxydes
métalliques Fe(OH)3.
9 Biofouling (développement d’algues, coquillage, micro-organismes, développement de
bactéries).
9 Entartrage ‘scaling’ (dépôt de matière inorganique): (CaCO3, CaSO4, BaSO4, SrSO4,
CaF2).
™ Non reversible:
9 Polarisation (polarization).
• Compaction (compaction).

1- Colmatage:
1-1- Définitions, origines, conséquences :
Le colmatage c’est l’ensemble des phénomènes qui interviennent dans la modification des
propriétés filtrantes d’une membrane, excepté la compaction et la modification chimique.
En l’absence de colmatage, le débit volumique de perméat s’écrit :

ΔP − Δπ
J1 =
μ.Rm
Avec :
J1 : en (m3.s-1.m-2).
µ(Pa.s) : viscosité dynamique du perméat.
Rm (m-1) : résistance hydraulique de la membrane.
Lorsque la membrane se colmate, une résistance supplémentaire Rs s’ajoute à la résistance de la
membrane Rm, et on écrit [Réf : Trettin Daniel R., 1980] :

ΔP − Δπ
J1 =
μ ( Rm − Rs )

65 
 
Technologie Membranaire 
 
Rs : inclut les résistances dues à l’adsorption Ra, au dépôt réversible et irréversible Rd et à la couche
limite de polarisation Rlim [Réf : Alain MAUREL, 1988]:
:
Rs= Ra+ Rd+Rlim
L’origine de colmatage peut être variée:
- concentration trop élevée (soit la concentration moyenne, soit les surconcentrations locales dues
aux phénomènes de polarisation).
- présence de matières en suspension qui se déposent sur les membranes par suite de conditions
hydrodynamiques favorables (vitesses faibles).
- réaction d’adsorption entre certaines molécules et le matériau membranaire.
Les conséquences de colmatage sont :
-diminution de la durée de vie de la membrane due au lavage plus fréquent.
-dépense supplémentaire de l’énergie liée à l’augmentation de la résistance au transfert.
-perte de productivité (diminution de la conversion).
-diminution de la sélectivité (taux de rétention).

1-2- Mécanismes de colmatage [Réf : BESSIERE Yolaine, 2005 ] :


L’accumulation de matière lors d’une ultrafiltration (UF) est inévitable mais peut se présenter sous
différentes formes nécessitant alors des moyens à mettre en oeuvre pour y remédier différents :

Formes de dépôt [Réf : www.vignevin.com]

66 
 
Technologie Membranaire 
 
a- La polarisation de concentration (accumulation de matière réversible à la surface
entraînant une contre pression osmotique): pendant une opération de filtration, les
particules présentes dans la suspension se concentrent à l’interface
membrane/suspension ou dépôt/suspension sous forme dispersée et exercent une contre
pression osmotique opposée à la force de séparation. Cette résistance
au transfert est réversible par une simple relaxation de la force de séparation, c'est-à-dire par une
purge du compartiment rétentat lorsque l’on fonctionne en mode frontal.
b- Le dépôt (Dépôt irréversible de matière à la surface de la membrane): lors de la filtration, la
concentration à la surface de la membrane peut augmenter jusqu’à provoquer la déstabilisation des
particules en une phase condensée (sous forme d’un gel ou d’un dépôt cohésif), induisant ainsi une
résistance hydraulique additionnelle à celle de la membrane. Cette contribution à la résistance ne
peut être éliminée que par un rétrolavage (inversion momentanée du sens d’écoulement au travers
de la membrane).
c- Le blocage de pores (blocage mécanique de pore par des particules dans la membrane): il s’agit
de l’intrusion de particules de tailles inférieures ou égales à celle des pores, qui entraîne donc une
diminution de la surface de passage. Un rétrolavage mettant en œuvre une pression sensiblement
supérieure à la pression de filtration est nécessaire.
d- L’adsorption (adsorption de molécules ou macromolécules présentant une affinité
chimique avec le matériau membranaire): elle résulte d’interactions physico-chimiques
entre les composés présents dans l’eau brute et la membrane. L’utilisation de nettoyage
chimique est alors nécessaire pour éliminer cette contribution.

Les différents mécanismes de colmatage en ultrafiltration et les moyens de lutte associés

67 
 
Technologie Membranaire 
 
1-3- Conditions critiques de colmatage [Réf : BESSIERE Yolaine, 2005 ] :
Diverses études ont montré que le colmatage et son irréversibilité sont des phénomènes complexes
dépendant de la membrane, des caractéristiques de la suspension à traiter, et des paramètres
opératoires. Un objectif primordial pour améliorer les opérations de séparation est d’être capable de
définir simplement et rapidement les paramètres opératoires permettant de mener une opération
durable, c'est-à-dire une filtration durant laquelle le colmatage – et par là même, la consommation
énergétique qui lui est associée – est réduit à son minimum.
C’est dans ce cadre que le concept de flux critique (Jcrit) a été développé pour décrire les conditions
en dessous desquelles on n’observe pas de diminution de perméabilité irréversible (par une baisse
de pression) en filtration tangentielle. En filtration frontale, opération continuellement en état
transitoire, cette description ne peut pas être directement appliquée : en effet, la concentration à la
surface de la membrane ne cesse d’augmenter du fait de l’apport continu de matière et ce, quel que
soit le flux utilisé. Ainsi, Harmant et Aimar [Réf: Harmant P. et P. Aimar, 1996] considèrent une
masse critique, associée à un temps de filtration critique (tcrit) lorsque l’opération est menée à flux
constant, qui conduit à la déstabilisation des particules qui se condensent alors sous la forme d’un
dépôt multicouches irréversible.

Représentation schématique des conditions critiques


2- Encrassement :
2-1- Formation :
L’encrassement est le colmatage des membranes, par effet d’accumulation à la surface, de la
matière organique (acides humiques, biopolymères), de la matière en suspension (turbidité, sables
fins) et colloïdale (Complexes organiques et inorganiques, particules colloïdales, micro-algues,
dioxyde de silice SiO2, hydroxydes métalliques Fe(OH)3).

68 
 
Technologie Membranaire 
 
2-2- Contrôle d’encrassement (pouvoir encrassant) [Réf: Alain Maurel, 2004] :
L’éxpérience a montré que la rapidité de colmatage d’un module membranaire, dépend non
seulement de la quantité de matières en suspension contenue dans l’eau brute, mais surtout de la
nature de ces matières en suspension. Pour cela, il est nécessaire de déterminer le pouvoir colmatant
de l’eau avant osmose inverse. Ce pouvoir colmatant est couramment appelé Fouling Index ‘FI’, ou
Silt Density Index ‘SDI’, ou Silting Index ‘SI’.
Le Fouling Index FI s’obtient en mesurant la vitesse de colmatage d’une membrane de type
millipore, d’une porosité calibrée de 0,45 µm, et de diamètre 47 mm de diamètre sous une pression
de 30 Psi (2,1 bar) ‘Norme ASTM D 4189-95’:

100. Avec :

: temps nécessaire pour filtrer 500 ml au démarage de la mesure.


: temps nécessaire pour filtrer 500 ml après un temps t.
t: temps entre les deux mesures.
En général, le temps t entre les deux mesures de volumes est égal à 15 minutes :

100.
15
Dans le cas où l’eau à un pouvoir colmatant élevé ( 5    100. 75  ), la
mesure doit etre recommencée en prenant comme intervalle de temps 10 ou 15 minutes au lieu de
15 minutes.
Les valeurs maximales de FI sont par définitions: 6,67 ; 10 ; 20
Il existe une relation approximative entre FI et la fréquence de nettoyage des modules d’osmose
inverse :
fréquence de nettoyage

2 3 à 12 mois
3 1 à 3 mois
4 1 à 2 semaines

3- Biofouling (bio-encrassement) :
3-1- Formation :
[Réf : http://www.lenntech.fr/francais/particules-tartre-bioencrassement.htm]

69 
 
Technologie Membranaire 
 
La contamination biologique, connue sous le nom de bio-encrassement, a lieu le plus souvent lors
de la nano-filtration et de l'osmose inverse. Ceci car les membranes ne peuvent être désinfectée au
chlore, afin de tuer les bactéries. Ces micro-organismes ont des effets endommageants et souvent
irréversible.
Les types de micro-organismes, leurs facteurs de croissance et la concentration dans les systèmes
membranaires dépendent beaucoup de facteurs tels que la température, la présence de lumière, le
pH, les concentrations en oxygène dissous et la présence de nutriment organiques et inorganiques.
Les bactéries aérobique (qui ont besoin d'oxygène) vivent dans un environnement d'eau chaude, peu
profonde et ensoleillée avec un niveau élevé d'oxygène dissous, un pH entre 6.5 et 8.5 et des
nutriments organiques et inorganiques en abondance.
Les bactéries anaérobies (qui n'ont pas besoin d'oxygène) sont en général présente dans les systèmes
fermés, sans oxygène dissous et deviennent active lorsqu'une quantité suffisante de nutriment est
présent. Cela peut-être de la matière organique ou les restes d'algues mortes.
Après que les bactéries se soient absorbées sur les parois, les premiers éléments d'un bio-film sont
formés. Le bio-film augmente en taille tandis que les bactéries continuent à se multiplier et que la
matière organique morte s'adsorbe sur le bio-film Le bio-film devient un ensemble fort et cohérent
qui est très difficile à éliminer. Finalement des morceaux de bio-film sont libérés, et se diffusent
dans les composants du système y compris les membranes. Lorsqu'ils sont attachés aux membranes,
les micro-organismes commence à se multiplier, en utilisant les nutriments qui sont présent dans
l'eau alimentant le système. Par conséquent un bio-film se développe sur la membrane, ce qui gène
l'écoulement de l'eau à travers la membrane. On doit donc utiliser une pression plus importante, les
coûts sont donc plus élevés et les membranes sont endommagées de façon irréversible.
Il peut même arriver que certains matériaux membranaires sont des environnements qui
conviennent à la croissance des micro-organismes, ce qui entraîne la destruction complète de la
membrane dans une courte période.

70 
 
Technologie Membranaire 
 

Formation du biofilm à la surface d'une membrane.

3-2- Élimination et contrôle des biofilms


[Réf : http://www.lenntech.fr/elimination-biofilm.htm]
Un biofilm est une couche de micro-organismes, contenus dans une matrice solide, se formant sur
des surfaces en contact avec de l'eau. L'intégration d'organismes pathogènes dans les biofilms peut
les protéger de l'action de biocides, à haute concentration, qui les auraient détruits ou inactivés sans
cela.
Les biofilms constituent des refuges sûrs pour les micro-organismes tels que la Legionella, E. Coli,
ou la Listéria, où ils peuvent se reproduire à des niveaux suffisants pour aboutir à la contamination
de l'eau.
Il a été prouvé que le dioxyde de chlore détruit les biofilms dans les systèmes de transport d'eau, et
prévient également leur formation, lorsque celui-ci est utilisé de façon continue à de faibles
concentrations. Au contraire, il a été montré que l'eau de Javel n'a que peu d'effet sur les biofilms.

4- Entartrage (scaling):
4-1- Formation :
L’entartrage est un dépôt de sels minéraux qui a tendance à se former sur les surfaces d’échange.
Compte tenu des ions présents dans les eaux salines (calcium, magnésium, bicarbonate, sulfate) ;
ces dépôts sont constitues principalement par :
-du carbonate de calcium (CaCO3).
-de l’hydroxyde de magnésium (Mg(OH2)).
-du sulfate de calcium (CaSO4).

71 
 
Technologie Membranaire 
 
-de silicates de calcium (dont CaSiO3).
-de silicates de magnésium (dont MgSiO3).
-de silico-aluminate de sodium (analcite).
-de ferro silicate de sodium (acmite).
-de silice SiO2.
-des matières occluses (oxydes de fer, matières en suspension, matières organiques, sels peu
solubles d’autres métaux sont souvent renfermées dans ces dépôts de tartre.

La formation de tartes se fait par :


-dépassement du seuil de saturation :sursaturation (par conentration de la solution à température
constante, ou par augmentation de la température à concentration constante).
-diminution de la vitesse d’écoulement.

4-2- Contrôle d’entartrage (seuil de solubilité des sels dans le rejet):


L’autre cause de colmatage est la précipitation de sels au niveau du rejet. Les sels de calcium peu
solubles, sont les premières causes d’entartrage.
Connaissant leur concentration dans l’eau de mer, il est indispensable de calculer leur concentration
dans le rejet en fonction de la conversion souhaitée et d’évaluer le risque de précipitation.
La méthode consiste à :
-fixer une conversion y, et par la suite un facteur de conversion FC.
-supposer que la température n’évolue pas entre l’entrée et la sortie du module, et que la
concentration du sel étudié augmente du facteur FC dans le rejet :

1
FC =
1− y
Si on considère le sel très répondu : le sulfate de calcium CaSO4, la concentration des sulfates dans
le rejet est :

[SO ]4
−−
R
[
= FC SO4
−−
]
A
avec R : rejet et A : alimentation.

De même : ⎡Ca
++ ⎤ = FC ⎡Ca + + ⎤
⎢⎣ ⎥⎦ R ⎢⎣ ⎥⎦ A

Le produit de solubilité du sulfate de calcium dans le rejet est :

72 
 
Technologie Membranaire 
 
[ ][
PS R = Ca + + R . SO4 − − ] = [Ca ] .[SO ] .FC
R
++
A 4
−−
A
2

Si PSR < KS (valeur limite: produit de solubilité limite): pas de sursaturation, la conversion choisie
peut être retenue.
Si PSR > KS : il y a une saturation: la solution est de :
i) soit prendre une conversion plus basse, ii) soit prévoir l(injection d’un inhibiteur d’entartrage et
reprendre le calcul en introduisant le nouveau produit de solubilité admissible. La valeur de ce
dernier est définie par le fabricant de l’inhibiteur.
Le plus ancien des inhibiteurs est l’hexametaphosphate de sodium. On doit vérifier auprès du
fournisseur de la membrane, la compatibilité chimique entre l’inhibiteur et la membrane.

5- Polarisation de la concentration [Réf : Alain MAUREL, 1988] :


5-1- Modèle de la théorie de film :
La polarisation est engendrée par l’accumulation progressive des espèces arrêtées à la surface de la
membrane par l’effet des séparations à l’échelle moléculaire ou particulaire, ce qui provoque la
diminution du flux de perméat, la variation de la sélectivité et la formation de tartre (CaSO4,
CaCO3).
Cm
Le facteur de polarisation est défini par : γ =
C0
Avec :
Cm : Concentration de soluté arrêtée dans la membrane.
C0 : concentration moyenne de soluté dans la solution.
En régime stationnaire, le bilan de matière relatif à l’espèce retenue, dans la portion de couche
limite comprise entre la membrane et la cote x, nous permet d’écrire :
dC
J 1 .C( x ) − D2 = J 1 .C p
dx

J1.C( x ) : densité de flux massique convectif

dC
D2 : densité de flux massique diffusif
dx
J1.C p : densité de flux massique transféré à travers la membrane.
Avec :
x : distance par rapport à la membrane.
C(x) (kg.m-3) : concentration de la soluté dans la couche limite à la cote x.

73 
 
Technologie Membranaire 
 
D2 (m2.m-1) : coefficient de diffusion de la soluté à l’interface membrane- solution.

La théorie de film suppose qu’il existe une couche limite de polarisation d’épaisseur δ, située prés
de la membrane.
L’équation précédente peut être reformulée comme suit :

∂C
J 1 [C ( x ) − C p ] = C 2
∂x
En intégrant :
δ Cp
dC
J 1 ∫ dx = D2 . ∫
0 Cm C − Cp
Avec Cp : concentration du soluté au niveau de la membrane.
⎧C = C m pour x = 0
On a : ⎨
⎩C = C0 pourx = δ
D’où:

D2 ⎡C − C p ⎤
J1 = . ln ⎢ m ⎥
δ ⎣⎢ C0 − C p ⎦⎥
Avec k : coefficient de transfert dans la membrane (de matière de soluté).

74 
 
Technologie Membranaire 
 

Bilan de matière de l’espèce retenue dans la couche limite de polarisation

D2
k=
δ
Où δ : épaisseur de la couche limite de polarisation.
* pour un régime turbulent :
k .d h
On a : = Sh = α1 . Reα .Scα
2 3

D2
Avec :
k .d h
Sh : nombre de Sherwood ; Sh =
D2

d h .U p
Re : nombre de Reynolds ; Re =
μ
μ
Sc : nombre de Schmidt ; Sc =
ρ .D2
dh (m) : diamètre hydraulique
U (m/s) : vitesse du fluide

75 
 
Technologie Membranaire 
 
ρ(kg/m3) : masse volumique du fluide
µ(Pa.s) : viscosité du fluide.
α1, α2, α3: sont des coefficients déterminés expérimentalement.
α2
k .d h ⎡ d ⎤
* pour un régime laminaire: = Sh = α1.⎢Re . h ⎥ .Scα 3

D2 ⎣ L⎦
où L : chemin parcouru par le liquide à l’intérieure du module.
.
L’étude effectuée par Keith Scott and Justo Lobato [Réf: Keith Scott and Justo Lobato, 2002] ont
montré que la relation suivante est valable pour tout type de modules pour Re<2100:
1/ 3
⎛ d ⎞
Sh = C.⎜ Re .Sc. h ⎟
⎝ l ⎠
5-2- Modèle du gel en ultrafiltration [Réf : Alain MAUREL, 1988]:
En ultrafiltration, la concentration Cm de macromolécules près de la membrane peut atteindre la
concentration de gel Cg . Si l’on suppose que la concentration de l’espèce dans le perméat est nulle,
⎡ Cm − C p ⎤ ⎡Cg ⎤
l’équation J 1 = k . ln ⎢ ⎥ devient : J lim = k . ln ⎢ ⎥
⎣⎢ C 0 − C p ⎦⎥ ⎣ C0 ⎦
Cette relation, appelée modèle du gel.
On peut tirer les conclusions suivantes qui ne sont valables que lorsque le flux limite est atteint :
• Jlim est indépendant des caractéristiques de la membrane.
• Jlim est indépendant de la pression.
• Jlim est inversement proportionnel au logarithme de la teneur massique de soluté dans la solution.
• Jlim tend vers zéro pour une concentration qui est supposée être la concentration de gel ;
• Jlim étant directement proportionnel au coefficient de transfert de matière k, il peut être modifié en
augmentant la turbulence donc la vitesse tangentielle de liquide.
Le tableau suivant, donne des valeurs expérimentales des concentrations de gel Cg de différents
produits.

Valeurs expérimentales des concentrations Cg de gel de différents produits


Solution Cg
Albumine bovine de sérum 20 à 30 % de protéines
Albumine humaine de sérum 24 à 28 % de protéines
Blanc d’oeuf 40 % de protéines
Gélatine 20 à 30 % de protéines
Lait écrémé 20 à 30 % de protéines
Lait entier (3,5 % matières grasses) 9 à 11 % de protéines
Lactosérum 20 à 30 % de protéines
Liqueur noire kraft (effluent papetier) 30 à 34 % de lignine
Copolymère styrène/butadiène 70 % de matière sèche

76 
 
Technologie Membranaire 
 

6- Lutte contre le colmatage :


[Réf : Alain Maurel, Osmose inverse et Ultrafiltration: II Technologie et applications, Techniques
de l’ingénieurs, J2 796, p.1-16, J2 797, p.1-14 ]

6-1- Moyens de prévention du colmatage.


Les moyens de prévention doivent être adaptés à la nature du phénomène qui est à l’origine du
colmatage.

6-1-1- Conditions de fonctionnement.


* Le choix des paramètres de fonctionnement est certainement le meilleur moyen de maitriser les
phénomènes de colmatage.
- pression de fonctionnement faible, vitesse de circulation du liquide élevée, taux de conversion
limité.
- température (la solubilité de certains sels diminue lorsque la température augmente).
- conditions de démarrage de l’installation: la mise en pression doit être effectuée lorsque la vitesse
de circulation a atteint sa valeur nominale.
* Le choix du système de fonctionnement est aussi très important. Plusieurs solutions sont
actuellement utilisées:
- fonctionnement à pression constante, avec diminution du débit de perrnéat au cours du temps.
- fonctionnement à débit de perméat constant, avec augmentation de la pression jusqu’à une valeur
limite.
*Dautres systèmes plus élaborés peuvent être utilisés:
- fonctionnement à pression constante et à vitesse variable.
    è
- fonctionnement à rapport  imposé.
 à   

En effet, chaque fois qu’une masse fluide en écoulement est limitée réellement ou
hypothétiquement par une paroi (une membrane par exemple), il existe un gradient de vitesse au
voisinage de cette paroi et ce gradient de vitesse ne peut exister que si l’on exerce une contrainte de
cisaillement donnée par la loi de Newton:

Avec
contrainte de cisaillement (en N.m2 ou Pa),
V : vitesse d’écoulement, y : la normale à la vitesse, : viscosité dynamique (en Pas).

77 
 
Technologie Membranaire 
 
    è
Le rapport caractérise donc l’interface membrane-solution. On peut considérer
 à   

qu’au-delà d’une certaine valeur de ce rapport, l’apport de matière à la paroi est supérieur au départ
de matière, ce qui se traduit alors par une accumulation de dépôts. C’est-à-dire un colmatage.
Les valeurs moyennes de vitesse tangentielle ou de nombre de Reynolds, bien qu’intéressantes à
connaitre, ne donnent en effet aucune indication sur les valeurs réelles de ces paramètres au contact
de la membrane. La notion de contrainte à la paroi permet une meilleure approche de ce qui se
passe à l’interface membrane-solution.

6-1-2- Prétraitement: filtration, coagulation-floculation :


Si l’on veut éviter des dépôts de matières en suspension sur les membranes, il est souhaitable
d’effectuer une filtration convenable du liquide à traiter.
Dans certains cas de particules colloïdales, la filtration peut ne pas être suffisante Une coagulation-
floculation préalable peut parfois être nécessaire.

6-2- Moyens d’élimination des dépôts :


6-2-1- Nettoyage par contre-pression :
Cette procédure, appelée en anglais back fIushing. consiste à employer une pression dirigée du
circuit de perméat vers le circuit de concentrat. Un volume contrôlé de perméat traverse la
membrane en sens inverse et, dans de nombreux cas, élimine une partie des dépôts. L’efficacité de
ce nettoyage dépend beaucoup d’une part du type de dépôt, et d’autre part, de la fréquence et de
l’amplitude des impulsions de la pression appliquée à contre-courant.
Il faut noter que cette procédure ne peut être utilisée que lorsqu’il y a une bonne liaison mécanique
entre la membrane et son support. C’est le cas en particulier des membranes minérales et de
certaines membranes fibres creuses.

78 
 
Technologie Membranaire 
 
6-2-2- Nettoyage chimique :
Même avec un prétraitement bien conçu et des conditions opératoires convenablement choisies, on
constate, dans la plupart des cas, un colmatage progressif des membranes au cours du temps. Le
nettoyage chimique est presque toujours nécessaire si l’on veut que l’installation fonctionne suivant
ses performances nominales.

i) Fréquence de nettoyage :
La décision d’effectuer un nettoyage chimique d’un module d’osmose inverse ou d’ultrafiltration
peut être liée:
- soit à la valeur maximale de la perte de charge que l’on impose de ne pas dépasser.
- soit à la valeur du débit de perméat correspondant à une diminution de 20 à 25% du débit nominal.
- soit à un programme de nettoyage systématique prédéterminé dans les cas où l’on a une
installation importante qui comporte un nombre élevé de modules. On peut ainsi avoir une partie
des modules en cours de nettoyage tandis que le reste assure la production.

ii) Solutions de nettoyage :


Le choix des solutions de nettoyage dépend, d’une part, dola nature des dépôts qui sont à l’origine
du colmatage et, d’autre part, de la nature des membranes: il faut en effet dissoudre les dépôts sans
détériorer ces dernières. On comprend dans ces conditions que chaque fournisseur de membranes
préconise pour chaque cas une solution de nettoyage fonction de la nature de la membrane et de la
nature du dépôt.
Les solutions généralement employées sont présentées dans le tableau suivant reviendra à
l’utilisateur de s’assurer qu’elles sont compatibles avec la membrane à nettoyer.

Solutions de nettoyage préconisées


Type de solution do nettoyage Type de dépôt
Solutions acides (acide citrique, acide chlorhydrique) Dépôts carbonatés Hydroxydes
Solutions basiques (soude caustique) Dépôts organiques
Solutions de détergents (avec ou sans enzymes) Dépôts organiques Protéines
Solutions oxydantes (chlore) Dépôts biologiques dus à des
développements bactériens

iii) Remarques :
a) La plupart des membranes organiques sont sensibles aux oxydants et en particulier au chlore.
b) La nature et la concentration des Solutions de nettoyage doivent être fixées en tenant compte de

79 
 
Technologie Membranaire 
 
la nature des membranes, mais aussi des caractéristiques des divers composants de l’installation
joints de modules, garniture des pompes, etc.

7- Compaction (compactage) :
[Réf: Alain Maurel, Osmose Inverse: Technologie, Manuel du cours en tensif sur ‘techniques à
membranes et dessalement de l’eau de mer et des eaux saumâtres : principes et état de l’art, Tunis
(Tunisia) 23-27 Février 2004]
Même en l’absence de dépôts, le flux de solvant à travers une membrane diminue progressivement
au cours du temps. Ce phénomène est appelé compaction, il est due à l’action de la pression sur le
polymère membranaire. Le débit de solvant en fonction du temps est donné par :
. .

Avec Q0 : flux initial.


t : temps.
/
m: coefficient de compaction ;

Pour m= 0,03, le débit d’eau produite après un an de fonctionnement d’une membrane d’osmose
inverse est égale à 76% du débit initial.
Le coefficient de compaction dépend :
-de la pression de fonctionnement ; plus la pression est élevée, plus la valeur de m sera élevée.
-de la température: la diminution de débit est beaucoup plus importante à température élevée qu’à
température faible.
-de la nature de la membrane.
En pratique, il est difficile de faire la différence entre la chute de débit due au compaction et celle
due au colmatage par dépôt.

Références du chapitre 9:
• BESSIERE Yolaine, BACCHIN Patrice, ABIDINE Nouhad, Evaluation du colmatage de fibres
creuses en mode frontal : détermination des conditions critiques pour un fonctionnement
durable, Récents Progrès en Génie des Procédés, Numéro 92 – 2005, p.1-8.
• Trettin Daniel R., An Investigation of Mass Transfer Mechanisms in Ultrafiltration, Doctor’s
thesis, Lawrence University (Wisconsin, USA), 1980.
• Alain MAUREL, Techniques séparatives à membranes: Considérations théoriques, Techniques
de l’ingénieurs, J2 790, p.1-23, 1988.
• Harmant P. et P. Aimar, 1996, Coagulation of colloids retained by porous wall. AIChE journal,
42, 3523-3532.
• Alain Maurel, Osmose Inverse: Technologie, Manuel du cours en tensif sur ‘techniques à
membranes et dessalement de l’eau de mer et des eaux saumâtres : principes et état de l’art,
Tunis (Tunisia) 23-27 Février 2004.
.
• Keith Scott and Justo Lobato, Determination of a Mass-Transfer Coefficient Using the Limiting-
Current Technique, Chem. Educator 2002, 7, 214.219. 

80 
 

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