Vous êtes sur la page 1sur 11

Rapport d’audit RSE

Sid Ahmed Ghessab – Yazid Iklil – Victoire Patret – Marc Pongo


Manon Thierry – Yasmine Zinelabidine
Plan

I. Présentation synthétique du cas

II. Identification et analyse des éléments stratégiques du cas

III. Evaluation du cas


I- Présentation synthétique du cas :

a) Contexte : (www.topager.com)

De plus en plus de personnes vigilantes


concernant leur alimentation, sont
devenues sélectives en termes de
produits (accordant une importance
particulière à la source de provenance).
Cette attitude n’est pas le fruit du
hasard ; elle est plutôt la conséquence de
l’apparition de diverses maladies qui
n’existaient pas jadis et des méthodes
d’agricultures totalement industrialisées
qui utilisent des produits néfastes pour
la santé sur le long terme.
Les personnes les plus concernées,
quittent les grandes villes pour se
réfugier dans des petits villages où la
qualité de vie est plus saine, où l’air est
moins pollué et où la source de leur
alimentation est bien mieux connue
chez l’agriculteur du coin.
Or ce luxe n’est pas accordé à tout le
monde : la majorité des personnes
vivant dans les mégalopoles y sont pour
des raisons professionnelles. Paris, étant
l’une des plus grandes en Europe,
accueille des milliers de demandeurs
d’emploi chaque année. Pour faire face
à cette vague d’entrants, la priorité est
donnée à l’expansion des locaux professionnels.
Les grandes villes deviennent alors très polluées et en manque d’espaces verts. Cette pollution
affecte non pas seulement l’air mais également l’alimentation, expliquée par la corrélation qui
existe entre les deux.
Tous les enjeux évoqués, qu’ils soient environnementaux ou alimentaires, sont traités par une
entreprise qui a su affronter tous ces challenges et redonner de l’espoir à la population de la
mégalopole.
b) Présentation de l’entreprise (www.topager.com)
L’entreprise Topager, fondée en 2013 par l’ingénieur Nicolas BEL et par l’expert en toitures
Frédéric MADRE, évolue au sein du secteur de l’agriculture urbaine. Cette société s’est fixée
plusieurs objectifs qui répondent tous à des enjeux RSE. Topager est en train de créer une
société permettant d’agrémenter les toits et murs parisiens, tout en exploitant ces espaces de
manière écoresponsable à des fins alimentaires.

Topager répond à la demande des collectivités locales de ramener la végétation au sein des
villes, notamment celle de Paris, mais aussi à la demande des citadins qui désirent avoir une
alimentation de meilleure qualité. C’est une entreprise du paysage urbain comestible et sauvage,
qui recrée la biodiversité au sein de la ville. L’intérêt de la proximité est de consommer les
produits frais. Topager travaille sur la transformation uniquement en cas de surproduction et
distribue par un système de type AMAP ou en vente directe aux restaurateurs.
Les pratiques utilisées dans le domaine de l’agriculture sont très critiquées et ce pour plusieurs
raisons. Premièrement, des produits industrialisés sont injectés dans le sol afin d’avoir une
certaine manœuvre sur la quantité produite, le temps de la récolte etc. Ces produits qui certes
sont bénéfiques à l’accroissement du bénéfice des propriétaires ne le sont pas pour les
consommateurs qui subiront des effets néfastes pour leur santé. Topager essaye de remédier à
cette situation également en pratiquant les principes de la permaculture. Cette technique
conceptuelle est inspirée du fonctionnement de la nature qui vise à concevoir des systèmes en
s'inspirant de l'écologie naturelle. En adaptant les principes de cette méthode, l’alimentation des
consommateurs devient plus saine et plus responsable par rapport à l’environnement.
Les pratiques utilisées par Topager sont sélectionnées avec un soin particulier. Les substrats
sont réglementés par des avis techniques. Le fait de ne pas pratiquer l’aquaponie (système très
intéressant et profitable) résulte du fait que son installation et sa gestion sont très techniques.
Une petite modification de la composition de l’eau peut par exemple rapidement faire mourir
les poissons. Pour la partie arrosage, Topager arrose par goutte-à-goutte, le processus étant de
récupérer l’eau de pluie sur les projets neufs en développement, mais pas sur les bâtiments
existants, car ce serait techniquement trop complexe. Elle utilise les techniques du goutte-à-
goutte et de l’aspersion.
Topager propose plus de 200 variétés :
 Légumes primeurs : tomates, haricots, aubergines, poivrons, roquette, radis, navets,
betteraves…
 Strate vivace : thym, romarin, lavande, framboises, cassis, groseille, aspérule
odorante…
Les jardins crées par Topager rendent également de nombreux services écosystémiques :
régulation des eaux d’orage pour éviter les inondations, rafraîchissement pour limiter l’effet de
la canicule. En plus des services écosystémiques que Topager propose, ses jardins utilisent le
compost produit en ville et encouragent le compostage local des bio-déchets, ce qui évite leur
transport par camion-poubelle et leur incinération. On remarque que Topager intervient dans
une multitude de domaines qui répondent tous à des enjeux de RSE.
L’activité principale de Topager est d’agrémenter les toits et murs parisiens. En dehors d’une
vision écologique, un jardin partagé sur un toit permet de créer du lien social, favorise la santé,
l’éducation, etc. Les personnes qui habitent dans les grandes villes sont très occupées avec leur
vie professionnelle et se détachent de plus en plus de leur bulle sociale. Topager traite cette
problématique d’une façon agile ; par le biais de ces espaces verts les voisins auront une vision
en commun concernant leur entourage.
Topager propose localement des programmes de réinsertion sociale et d’éducation auprès des
écoles avec l’association Espaces pour le projet CultiCime à Aubervilliers et avec l’association
Interfaces (projet du Potager du Bois à Vincennes)

II. Identification et analyse des éléments stratégiques du cas :

1- La gouvernance (G. Charreaux, Economica, 1997) et (D. Plihon, 2001-3, p.35)

Il convient dans un premier temps de rappeler ce qu’on entend par gouvernance au sein d’une
entreprise. En nous basant sur les travaux de Gérard Charreaux (pionnier de la recherche en
gouvernance en France), on ne peut que dire que la gouvernance d’entreprise
renvoie à : « l’ensemble des mécanismes qui ont pour effet de délimiter les pouvoirs et
d’influencer les décisions des dirigeants, autrement dit qui gouvernent leur conduite et
définissent leur espace discrétionnaire ». Les différents auteurs qui se sont penchés sur le sujet
ont dégagé deux grands modèles : le modèle shareholders et le modèle stakeholders.

Selon l’approche shareholders, il faut en premier lieu maximiser le profit des actionnaires et
par extension la valeur boursière de l’entreprise. Cette vision est propre aux pays anglo-saxons
dans lesquels il y a un fort développement des marchés financiers et une forte atomisation du
capital des firmes.

Avec le modèle stakeholders, on a une approche différente. Ici on ne recherche pas la


satisfaction d’un seul groupe. En effet, il ne s’agit pas seulement des acteurs engagés
contractuellement avec l’entreprise mais de l’ensemble des parties prenantes susceptibles
d’exercer un contrôle sur les dirigeants : les salariés, les clients, les pouvoirs publics, les
syndicats.... Ce modèle est présent dans la plupart des pays européens (sauf certains pays du
Nord et de la Grande Bretagne).
Par rapport à Topager, on pourrait dire que son modèle de gouvernance se rapproche plus du
modèle stakeholders. En effet, l’objectif à atteindre consiste très peu à la maximisation de la
richesse des actionnaires (quasiment inexistant au regard de l’analyse de l’actionnariat de
l’entreprise) mais plutôt à la défense des intérêts des parties prenantes telles que : les pouvoirs
publics, les associations de consommateurs ou encore des ONG.

En parcourant leur site internet, on peut noter : « l’activité principale de l’entreprise TOPAGER
est la conception... des clients privés et publics ». Il faut savoir que l’entreprise a été créé avec
pour objectif principal d’agrémenter les toits et les murs de la ville de Paris et aussi les exploiter
de manière écoresponsable à des fins alimentaires. Toujours dans la même idée, l’entreprise
développe des projets tels que : T4P (Toit Parisien Productif Projet Pilote) et prend en charge
de nombreuses formations et ateliers à destination d’entreprises et centrés sur les potagers et
jardins partagés (constitue l’un des axes de la stratégie de l’entreprise). La finalité est la
transmission de son savoir-faire auprès de la population urbaine et par la même occasion le
renforcement de sa démarche écoresponsable. (www.topager.com)

Très clairement on voit par le biais de cette succession d’idées que chez Topager, ce qui compte
d’abord ce sont les parties prenantes autres que celles qui ont contribué à la constitution de
l’entité. S’inscrivant pleinement dans le plan de végétalisation de la ville de Paris initié par A.
Hidalgo, Topager donc par son activité répond à la demande des collectivités de ramener la
végétalisation au cœur des villes (en particulier Paris) mais aussi à celle des citadins qui
souhaitent une réduction des circuits longs de production.

2- L’organisation et le management

 La présentation de l’organigramme :
3- Le business model

De manière générale, le business model a pour principale fonction de décrire la manière dont
une entreprise génère de la valeur et assure sa pérennité. C’est aussi un outil qui permet de
retranscrire de manière simple le modèle économique d’une entreprise. Il expose la stratégie
qu’une entreprise va suivre afin de créer de la valeur pour ses clients et tirer des profits de son
activité à partir des produits et services commercialisés, le mode de distribution de l’offre, du
marché adressé, du choix des canaux de communication et du type de relation client. (A.
Osterwalder, Broché, 2011)

Pour mieux le conceptualiser dans le cas de TOPAGER, on peut partir des différents cadrans
élaborer par Alex Osterwalder. En premier lieu, il s’agit de s’intéresser à :

- Ses activités clés : 4 axes stratégiques (www.topager.com)

 La conception de projets et des refuges de biodiversité (jardins, potager...) répondant aux


attentes de chaque client et avec l’espace disponible.
 La recherche continuelle de nouvelles techniques innovantes de végétalisation avec comme
lieu d’expérimentation les toits et les murs.
 La réalisation des jardins urbains à l’issue de leur conception
 Le suivi desdits jardins pour veiller à leur bonne santé.

- Sa ressource clé :

On peut dire que la ressource clé de l’entreprise réside dans son savoir-faire (solide expérience
de chantiers complexes en réhabilitation et dans le neuf). En effet, les différents collaborateurs
de l’entreprise sont des passionnés d’agro-écologie urbaine et ont pour la plupart un parcours
académique en corrélation avec l’activité de l’entreprise. (www.topager.com)

- Ses segments de clients :

Compte tenu des différents profils de ses clients (entreprises, particuliers, collectivités...), on en
déduit que TOPAGER aura à la fois dans son mode de fonctionnement, une approche B to C et
B to B. Parmi ses clients, on retrouve : BNP PARIBAS, ACCOR, GTM Bâtiment, le Bon
Marché ou encore L’hôtel Citadines Arc de Triomphe.

- Sa proposition de valeur :

Du fait du changement climatique et des différents scandales sanitaires liés à l’usage de


pesticides (ex : Le Roundup, le glyphosate), on a assisté à la montée en puissance de
l’agriculture dite « BIO » (www.nouvelobs.com/pesticides-les-5-visages-d-un-scandale-
sanitaire). Il faut savoir que l’agriculture urbaine est un enjeu à dimension sociologique et
économique au XXIème siècle. Face à cela, on constate des changements dans les habitudes
alimentaires des individus (ils seront plus attirés par une agriculture favorisant des circuits
courts et des produits sains et de qualité) et une volonté des acteurs économiques de trouver des
moyens pour satisfaire ces attentes.

Dans ce contexte, l’entreprise TOPAGER promeut en exploitant les espaces abandonnés, une
alimentation saine et respectueuse de l’environnement au cœur même des villes. Pour y arriver,
c’est sans compter sur les différentes innovations (procédés et modes de production) dans le
secteur de l’agriculture.

- Ses canaux de distribution :

Topager n’a pas de réels canaux de distribution puisque le travail est effectué directement chez
le client. En effet, TOPAGER conçoit le projet (jardin, potager...) en fonction de l’espace
disponible chez le client (mur, toit etc.). Il n’y a pas d’intermédiaire entre le client et l’entreprise
(le projet est assuré dès sa conception par les collaborateurs de TOPAGER).

- Sa relation client :

Pour ce qui est de sa relation avec ses clients, on pourrait dire que TOPAGER est plus orientée
sur l’assistance personnelle. En effet, comme nous l’avons dit, l’entreprise fonctionne en mode
projet. Comme les projets ne ressemblent pas puisque la solution apportée répond aux besoins
formulés, le seul mode adéquat serait l’assistance personnelle.

- Ses flux de revenus :

Les flux de revenus de l’entreprise proviennent de diverses sources : les subventions accordées
par certains partenaires pour soutenir les recherches menés dans le domaine de l’agriculture
urbaine. A cela rajoute les différents gains perçus des projets réalisés.

- Ses partenaires clés :

Comme nous l’avons dit plus haut, l’une des activités de TOPAGER est la conception de projets
à visée urbaine. Dans ce cadre, l’entreprise a pu s’entourer d’acteurs économiques à différents
niveaux de la société. A titre d’exemple, TOPAGER entretient une forte relation avec l’INRA
suite à son projet T4P. Comme autres partenaires clés, on peut citer : la Ville de Paris (car elle
a non seulement été le lauréat de deux de ses projets phares : Wild on Wall et WildRoof), le
CNRS, Plante & Cité, le MNHN et l’ANR. (www.topager.com)
III. Évaluation du cas :
Afin de pouvoir identifier les forces faiblesses de notre cas, nous avons opté pour une analyse
SWOT du model appliqué, une identification supplémentaire des menaces et opportunités
nous aidera à pouvoir comprendre si les solutions sont efficaces et même d’en dégager des
solutions innovantes complémentaire.

Après avoir identifié les forces, faiblesses, opportunités et menaces auxquelles fait face
Topager, nous pouvons comprendre que Topager est pionnier dans son domaine de toiture
végétale en France, engagé dans l’écologie avec des solutions exhaustivement écologiques et
économiques (Toiture végétale décoratives, espaces de jardinages urbains, méthode anti
gaspillage d’eau mais aussi des projets écologiques à l’échelle d’une ville entière). Topager
cible un segment de marché qui est en pleine croissance, étant donné que de plus en plus de
personnes sont sensibilisées aux enjeux environnementaux mondiaux et tendent à adopter des
réflexes écologiques aux quotidiens comme pour l’habitat, le transport, en commençant par
l’assiette.
Même si Topager reste le précurseur dans son domaine, avec l’ampleur que prend le Bio et
son ciblage qui s’étend, son cœur de métier reste relativement simple à imiter, ainsi les
barrières aux nouveaux entrants sont relativement faciles à franchir.
Etre bon dans son domaine ne suffit plus, il faut redoubler d’ingéniosité face à une époque où
les lois poussent à la concurrence, et où les financements sont présents afin de soutenir de
nouveaux projets écologiques et économiques.
Comme recommandation pour Topager face à de telles limites, nous nous sommes inspirés de
l’impact des réseaux sociaux sur notre vie, l’ampleur que prend un acte quand il devient
communautaire, créant ainsi une connexion entre diverses personnes ayant la même vision ou
but d’une part.
D’autre part, la tendance actuelle des gens à s’approvisionner directement chez les
agriculteurs à la recherche de la meilleure qualité.
Topager a du potentiel, mais n’est pas innovante, ce que nous proposons est de mettre en lien
les clients chez qui Topager offre ses services, et d’en créer un réseau social, mettant ainsi en
connexion les personnes ayant installé chez elles un jardin pour faire pousser des fruits et
légumes.
Notre concept se dresse comme ceci :
 Une spécialisation agricole par Topagiste (exemple : un Topagiste qui ne fait pousser
que des tomates tandis qu’un autre que des pommes de terre), ainsi à l’échelle de
Paris, pour chaque arrondissement il y aura des spécialistes de chaque légume ou
fruit.
 Créer une application mettant en contact tous les clients de Topager ayant installé un
jardin, avec un profil incluant le nom de la personne, le stock disponible ainsi que la
localisation et proximité géographique.
 Quant au moyen de paiement, cela pourra être soit en troc avec un échange de
produits qui sera convenu entre les deux Topagistes.
 Eventuellement avec une ampleur de ce concept, Topager pourra elle-même louer des
toitures d’immeubles, et ensuite les proposer en sous-locations à des futures Topagiste
afin d’adhérer à la communauté. Comme cela, même une personne ne disposant pas
d’espace chez elle pour créer un jardin pourra être Topagiste.
Chaque idée de « génie » à un coût, nous avons pensé aussi avec une telle ampleur qu’un
financement par le biais d’un organisme bancaire soit soutenu pour chaque personne
désirant se procurer un jardin Topager tout comme pour les crédits automobiles et
panneaux photovoltaïque, avec un avantage fiscal pour les Topagiste étant donné que
c’est un investissement écologique environnemental.

TOPAGER
VOTRE MOBILE
MARCHÉ
Bibliographie

A. OSTERWALDER, Business Model Nouvelle Génération : Un guide pour visionnaires,


révolutionnaires et challengers, Broché, 2011.

D. PLIHON, Quel scénario pour le Gouvernement d’entreprise ? Revue d’Économie


Financière, « Le gouvernement d’entreprise », 2001-3, p.35.

G. CHARREAUX, Le Gouvernement des entreprises, corporate governance, Théorie et Faits,


Economica, 1997.

www.paris.fr/pages/vegetalisons-la-ville-2459

www.topager.com

NB : En ce qui concerne la partie 1 de la présentation, en raison de notre inspiration que du


site internet de Topager (www.topager.com), nous avons trouvé plus raisonnable de citer la
source devant chaque titre de la partie (Contexte et Présentation de l’entreprise).