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Géodésie

Conversion dans le système


altimétrique IGN69 de la base
de données topographiques
de la Ville de Nice
Ludovic ANDRES

L’intérêt de disposer de levés topographiques rattachés au système altimétrique IGN 69


en vigueur en France est présenté après un court récapitulatif des différents systèmes altimétriques
ayant eu cours dans ce pays. Une méthodologie de conversion en IGN69 (basée sur une interpolation
par la méthode de Delauney) d’un très important volume de données topographiques numériques
conservées dans un ancien système altimétrique, le système Lallemand, est proposée. Cette technique
vise à préserver au maximum la précision des données. Elle peut être aisément transposable
à d’autres bases de données topographiques et doit inciter ce type de migration dans le système
altimétrique en vigueur.

L
a base de données topogra-
phiques de la Ville de Nice à la
précision du 1/200e comporte en
2002 plus de 1 100 000 points de semis
et 12 300 stations levés en x, y et z sur
environ 65% du corps de rue des 7200
hectares de la commune. La figure 1
illustre la couverture de la base de don-
nées topographiques sur le territoire de
la commune.

Les altitudes associées à ces points


sont dans un système altimétrique
établi par l’IGN (Institut Géographique
National) aujourd’hui caduque et doi-
vent être converties dans le système
IGN69 (Levallois J.J. et Maillard J.,
1970) actuellement en vigueur en
France. Ce document énonce rapide-
ment les différents types d’altitudes
ayant existé en France ainsi que les
représentation au point comptable
raisons justifiant le passage dans le
un point comptable = 500 points de levé
nouveau système altimétrique.
Ensuite la méthode employée pour la
conversion ainsi que sa mise en
œuvre pratique sur la base de don- Figure 1 : distribution spatiale des points de semis de la base
nées numériques sont présentées. de données topographiques de la Ville de Nice

24 Revue XYZ • N°91 – 2e trimestre 2002


Les réseaux de nivellement Historique à la Ville blement été occultée par les nom-
créés en France de Nice breuses difficultés rencontrées et tous
les efforts liés à cette informatisation du
En France, depuis 1857, trois réseaux En 1922, la Ville de Nice met en place un
plan.
de nivellement de la France ont eu canevas local, nommé Triangulation
cours : celui de M Bourdaloue, à partir Danger, du nom de l’Ingénieur
de 1857, celui de M Lallemand, à partir Géomètre ayant dirigé les travaux. Ce La conversion en IGN69
de 1884, appelé le NGF (Nivellement canevas est uniquement planimé-
Aujourd’hui, plusieurs points rendent
Général de la France), et enfin celui qui trique : l’altimétrie n’est introduite qu’au
nécessaire la mise en œuvre du réseau
l’a remplacé en 1969, le nivellement début des années 50. Elle est basée sur
de nivellement IGN69 :
IGN69 (Kasser, 1984). le système alors en vigueur, le NGF
• La référence nationale en terme de
Lallemand. Une grande quantité de
Seul les deux derniers tiennent comp- nivellement est depuis 1969 l’IGN69 : il
levés topographiques est ensuite réali-
te de la pesanteur mais pas de la même est temps de l’appliquer, notamment
sée jusqu’à l’apparition du Système
manière (J-M Noquet et al., 2000) : alors dans un contexte d’intercommunalité,
IGN69. Au début des années 70, la pla-
qu’une valeur théorique de pesanteur où la Ville de Nice se doit de se com-
nimétrie est manuellement transfor-
est prise en compte dans le réseau porter comme un élément moteur.
mée dans le système NTF (Nouvelle
Lallemand, ce sont des mesures de
Triangulation de la France), mais il a été • L’IGN ne fournit plus aucun repère de
pesanteur sur le terrain qui ont été
décidé de continuer à travailler dans le nivellement dans le système NGF
effectuées pour le réseau IGN69.
système Lallemand car les mailles de Lallemand, mais uniquement en IGN69.
Celui de M. Lallemand est constitué
2e, 3e et 4e ordre n’étaient pas encore
d’altitudes orthométriques alors que les • Le décret n°2000-1276 du 26 décembre
achevées.
altitudes IGN69 sont des altitudes nor- 2000 portant application de l’article 89
males. Dans les années 80, l’informatisation de la loi n° 95-115 du 4 février 1995 défi-
des méthodes de dessin a permis de nit comme système national de réfé-
Les tables 1 et 2 (Paul Bonnetain, 1996)
mettre en place une base de donnée rence le système RGF93 et sa projection
donnent quelques caractéristiques de
graphique de plans topographiques. De associée le Lambert93 ainsi que le sys-
ces réseaux Lallemand et IGN69.
nombreux plans ont donc été numéri- tème altimétrique IGN69 (déjà en
Sur la commune de Nice, les différences
sés sur un applicatif de Topographie vigueur).
entre les altitudes NGF-Lallemand
fonctionnant sur un système central
(orthométriques) et les altitudes NGF- • Le système mondial de positionne-
IBM. Seuls les plans considérés comme
IGN69 (normales) s’échelonnent de 2 à ment par satellite GPS, permet d’obtenir
les plus anciens ou n’étant plus à jour
8 cm environ selon les lieux. simplement une grande précision de
n’ont pas été saisis. A cette époque il
positionnement lorsqu’il est notamment
Dans le nord de la France cet écart peut aurait été judicieux de migrer dans le
mis en œuvre dans le système RGF93.
être de l’ordre de 60 cm ou plus, ren- système IGN69, puisque la base infor-
Les GPS ne mesurent pas des altitudes
dant plus aisée la mise en évidence de matique était naissante, et le nouveau
mais des hauteurs ellipsoïdales dont la
systèmes d’altitudes différents lorsque canevas altimétrique de l’IGN (Institut
conversion en altitudes peut être assu-
l’on utilise plusieurs plans provenant de Géographique National) quasiment
rée à l'aide de grilles de conversion. Le
différentes sources. achevé. Cette problématique a proba-
modèle RAF98 (Duquenne, ESGT) est la
grille de conversion recommandée par
le CNIG (Conseil National de
Nom du réseau Longueur Date de réalisation Précision
l’Information Géographique) qui permet
(km) (écart type)
d’obtenir des altitudes IGN69 à partir de
Lallemand 11723 1884-1892 2,6 mm/km mesures GPS de hauteurs ellipsoïdales.

IGN69 13754 1962-1969 2 mm/km • Les outils informatiques graphiques et


la puissance des ordinateurs actuels
Table 1 : Les deux derniers réseaux de nivellement de 1er ordre qui se sont permettent de traiter rapidement de
succédés en métropole grandes quantités de données une fois
le modèle de transformation réalisé.
Nom du réseau Nom du ZERO Origine
Lallemand Zéro Lallemand dit Niveau moyen de la mer au Marégraphe
Zéro normal de Marseille entre 1885 et 1897. Le zéro Méthodologie générale
correspond à la cote 0,329 m de
l’échelle de marée du fort Saint-Jean La ville de Nice dispose d'un répertoire
IGN69 Zéro normal conservé de repères de nivellement (RN) acquis

Table 2 : Le ZERO ORIGINE des différents réseaux


auprès de l'IGN dans les années 60,
dont les altitudes sont exprimées dans ...
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Géodésie

... le système NGF Lallemand. Les alti-


tudes de ces repères ont été calculées
par l’IGN en valeurs IGN69, de sorte
que l’on dispose pour un même repère
d’un couple de valeurs altitude norma-
le / altitude orthométrique, tel qu’illus-
tré sur les figures 2 et 3.

Figure 2 : fiche IGN


(système NGF-Lallemand) Figure 4 : répartition des points de la Bd Topo en fonction de leur
d’un repère de nivellement éloignement à un Repère de Nivellement

Figure 3 : fiche IGN (système NGF-


IGN69) d’un repère de nivellement

On a pour chaque repère de nivelle-


ment la différence:

∆OrthoNormal = Znormal - ZOrthométrique


Figure 5 : différences d’altitudes entre les points de levé et un Repère
Après analyse de ces écarts sur la com-
de Nivellement le plus proche
mune (le long des mailles de 1er, 2e et 3e
ordre), il apparaît qu’aucune formule Ainsi malgré le nombre relativement Quatre méthodes d’interpolation ont
simple ne peut être appliquée pour les limité de repères de nivellement, les dis- été testées en collaboration avec
modéliser : en effet le long d’une même tances entre repères voisins restent l’ESGT (Ecole Supérieure de
maille, à des altitudes quasi identiques, faibles. On remarque également (figure Géomètres Topographes) à l’aide du
certaines disparités apparaissent par- 5) que l’écart maximal entre l’altitude logiciel Surfer de la société Golden
fois, et les comportements Est/Ouest, d’un point de levé et l’altitude de son Software : voisin naturel (Sibson, 1981,
Nord/Sud sont difficilement interpré- repère de nivellement le plus proche est Watson 1984), triangulation de
tables, mais traduisent l’intégration par de seulement 250 m. Compte tenu de Delauney (Lee et Schachter, 1980) , kri-
l’IGN de mesures gravimétriques dans ces facteurs, une interpolation spatiale geage (Cressie, 1991) et spline bicu-
l’établissement des altitudes normales. des ∆OrthoNormal dans le but d’affecter bique (Draper et Smith, 1981). Une
Ces ∆OrthoNormal varient globalement les écarts interpolés aux points topo- interpolation de nos ∆OrthoNormal a été
de 3 à 8 cm, mais bien que la variation graphiques (points de semis et stations) effectuée sur une grille de 10 m par
maximale entre deux repères voisins de la commune paraît appropriée. 10 m, puis on a effectué la différence
atteigne 2.8cm à 2 reprises seulement, Pour chaque point topographique M(x, entre les grilles obtenues.
elle reste inférieure à 0.5 cm dans 75% y, z) on appliquera donc la formule sui- On s’aperçoit (table 3) que ces quatre
des cas. La figure 6 illustre la bonne vante : techniques d’interpolation donnent des
répartition géographique des repères résultats comparables et que les diffé-
de nivellement sur le territoire de la
ZNormal = ZOrtho + ∆OrthoNormalInterpolé rences obtenues demeurent majoritai-
commune. La distance moyenne entre Les repères de nivellement n’étant pas rement largement inférieures à la préci-
un point de levé et son RN le plus répartis de manière uniforme, il n’est sion altimétrique de notre base de don-
proche est de 700 m, la distance maxi- pas possible d’utiliser un interpolateur nées topographiques (estimée de 2 à
male de 2200 m environ (figure 4). simple (type interpolation bilinéaire). 5 cm selon la nature des points).

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Détermination de l’angle AMB :
Résultats Delauney Delauney Delauney Voisins nat. Voisins nat. Sp bicubique
→ →
en mm - - - - - - C’est l’angle entre les vecteurs ΜΑ et ΜΒ.
Sp bicubique Voisins nat. Krigeage Sp bicubique Krigeage Krigeage En notation complexe, on peut écrire :
→ → iθ ΜΑ
→ + iy → =ΜΑe →
ΜΑ = x ΜΑ ΜΑ
Moyenne -0.7 -0.2 0.1 -0.5 0.01 -0.01 →
y ΜΑ
Ecart type 3 1 1 2 1 3
→ = Arc tan
avec θ ΜΑ
( ) →
x ΜΑ
+kπ

Max +8 5 7 8 6 17 où k=0 si x ≥ 0, k=1 si x<0


Min -18 -9 -13 -17 -5 -8
et varie entre -π/2 et 3π/2
%des|écarts|
< à 4 mm 91 % 98 % 95 % 90 % 98 % 91 % On a de même

y ΜΒ
Table 3 : différences entre des interpolations par les méthodes de Delauney,
spline bicubique, voisins naturels et krigeage.
→ = Arc tan
avec θ ΜΒ
( ) →
x ΜΒ
+kπ

où k=0 si x ≥ 0, k=1 si x<0


Aussi, nous avons choisi la méthode Triangulation et export des et varie entre -π/2 et 3π/2
d’interpolation basée sur la triangulation coordonnées des facettes ∧ → - θ→)
L’angle AMB est donc égal à (θ ΜΒ ΜΑ
de Delauney, communément utilisée, Un fichier alphanumérique répertoriant
et peut varier entre -2π et +2π
notamment dans la création de MNT les repères de nivellement IGN avec

(modèles numériques de terrains). Le leurs écarts ∆OrthoNormal et leur localisa- On cherche un angle AMB aigu, et com-
fait que cette méthode n'assure pas une tion géographique a été créé. Ce fichier pris entre 0 et π. On ramène donc

continuité de la dérivée première sur les a permis de générer (figure 6) avec le d’abord l’angle AMB trouvé à un angle
frontières entre les facettes issues de la logiciel de topographie Covadis de la compris entre 0 et 2π, et on prendra
triangulation a ici une incidence très société Géomédia une triangulation par ensuite son complémentaire s’il est
négligeable car les variations entre les la méthode de Delauney (figure 6). supérieur à π.
∆OrthoNormal voisins sont très faibles. De la même manière, on peut calculer
∧ ∧
Mise en œuvre les angles aigus BMC et CMA et in fine la
Recherche de la facette correspondant ∧ ∧
détaillée de la conversion somme des trois angles AMB, BMC et
au point de semis considéré ∧
CMA pour déterminer si le point M est à
Chaque étape nécessaire à la conver- Afin d'interpoler les écarts à l'intérieur
l'intérieur de la facette ABC.
sion a été étudiée et est présentée ci d'une facette pour un point de levé
dessous. quelconque, il faut préalablement iden- En réitérant ce calcul sur toutes les facettes,
tifier la facette qui on trouvera la facette correspondant à
contient ce point. notre point de semis considéré.
Pour cela on procè-
Calcul de la valeur z du point de la
de de la façon sui-
facette correspondant à notre point
vante :
de semis.
soit M(x, y) le point Une fois la facette identifiée, il convient
de semis considéré maintenant d’interpoler notre écart.
et A(xA, yA), B(xB, Cette facette s’appuie sur trois valeurs
yB), C(xC, yC) les pro- d’écarts correspondants à trois repères
jections orthogo- de nivellement. Elle définit donc un plan
nales sur le plan xy de l’espace XYZ représentant une inter-
des trois points défi- polation de ces trois écarts.
nissant une facette.
La facette est définie par ses trois points
Le point M(x, y) est à
A(xA, yA, zA), B(xB, yB, zB), C(xC, yC, zC)
l’intérieur du triangle
et nous devons calculer la valeur z sur
ABC si et seulement
notre facette aux coordonnées x,y de
si la somme des
notre point de semis. D’une façon plus
angles géométrique
∧ ∧ générale, il s’agit de calculer la valeur z
(aigus) AMB, BMC et
∧ d’un point appartenant à un plan de
CMA est égale à 2π.
l’espace, connaissant les coordonnées
Le point est à l’exté-
x et y de ce point.
rieur si et seulement
si cette somme est Un plan de l’espace peut être défini par
Figure 6 : résultat de la triangulation sur les repères
de nivellement de l‘IGN
strictement inférieu-
re à 2π.
un point et deux vecteurs. En ce qui nous
concerne, nous disposons de 3 points ...
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Géodésie

... distincts et non alignés. Notre plan P


→→
peut donc être défini par (Α, ΑΒ ΑC)
Procédures de contrôle et dans le cas où xB = xA on trouve

Différents contrôles sont intervenus à zC - zA (yC - yA)(zB - zA)


-
Un point M(x, y, z) est élément de P si M
→ → →
différents niveaux de la chaîne de trai- → C - xA (xC - xA)(yB - yA)
x
vérifie ΑM = k ΑΒ + k’ ΑC avec k et k’ tement afin d’assurer une qualité opti- grad f
(zB - zA)
réels. male sur la transformation réalisée. (yB - yA)
On peut écrire les trois équations sui-
• Dans un premier temps l’examen des → →
vantes : Les composantes (grad f)x et (grad f)y sont
écarts sur chaque repère de nivelle-
(a) x - xA = k (xB - xA) + k’ (xC - xA) des constantes, puisqu’il s’agit d’une
ment a permis d’éliminer après vérifi-
(b) y - yA = k (yB - yA) + k’ (yC - yA) surface plane.
cation auprès de l’IGN, ceux pour les-
(c) z - zA = k (zB - zA) + k’ (zC - zA)
quels les altitudes normales et ortho- De la définition même du gradient d’une
et en déduire la valeur de z : →→
métriques ne semblaient plus en fonction, on peut écrire dz= grad f. dM
Si xB ≠ xA →
concordance : un écart trop important où dM représente un vecteur déplace-
(z - z )(x - xA)
z = f(x, y) = B A traduisant un mouvement probable du ment en x, y
(xB - xA) →
repère entre l’observation ancienne Avec dM un vecteur unitaire du plan xy
→ → →
(zB - zA)(xC - xA) (orthométrique) et la détermination tel que dM = cosθ x+ sinθ y
[
+ k’ (zC - zA) -
(xB - xA) ]
+ zA
plus récente (normale).
on obtient
→ → → →
avec • un deuxième contrôle a consisté à dz= (grad f)x cosθ x+ (grad f)y sinθ y
(y - yA)(xB - xA) - (x - xA)(yB - yA) comparer les écarts de repères voisins
k’ = La valeur dz la plus grande s’obtiendra
(yC - yA)(xB - xA) - (xC - xA)(yB - yA) pour déterminer si ces valeurs étaient
donc dans les directions de θ telle que
compatibles avec la distance les sépa-
Si xB = xA d (dz)
rant. Pour cela on a raisonné directe- =0
(y - yA)-(x - xA)(yC - yA)/(xC - xA) dθ
z = (zB - zA) ment sur les facettes résulant de la tri-
(yB - yA) et on trouve la pente maximale égale à
angulation de Delauney, la pente maxi-
(x - xA) male sur une facette traduisant ce phé- →

+ (zC - zA)
(xC - xA)
+ zA

Ainsi, pour chaque point de semis ou


nomène. Il s’agit de trouver la plus
grande pente d’un plan P de l’espace { [
(grad f)
± (grad f)x cos (Arc tan → y )
(grad f)x

]

]}
(ou d’une facette) défini par trois points. (grad f)
station de la base de données, on aura
la correction ∆OrthoNormal_INTERPOLE
On a vu précédemment que l’équation
+ (grad
[
f)y sin(Arc tan → y )
(grad f)x
de P est z=f(x,y)
égale à la valeur z renvoyée par les
Pour chacune des facettes ce calcul a
équations ci-dessus.
le gradient de cette fonction est mis en évidence celles présentant une
La mise en œuvre de ces calculs → ∂f(x, y) → ∂f(x, y) → pente trop importante et a permis de
(recherche de la facette et calcul de grad f = x+ y retirer trois nouveaux repères de
∂x ∂y
l’écart à appliquer au point x,y) est assu- nivellements.
rée par un programme développé en
Dans le cas xB ≠ xA en posant - enfin, l’examen manuel du résultat
Visual Basic sous Autocad traitant l’en-
de la conversion sur de nombreux
semble de la base de données topogra- (zB - zA)(xC - xA)
phiques (volume au format DWG2000 [
α = (zC - zA) -
(xB - xA) ] on trouve : points de semis et stations choisis
aléatoirement dans la base de don-
de 740 Mo de données) en quatre
zB - zA yB - yA nées a permis de contrôler le bon
heures environ sur un ordinateur de -α
type Pentium III Xéon 800Mhz avec → xB - xA (yC-yA)(xB-xA)-(xC-xA)(yB-yA) fonctionnement du programme de
grad f conversion et de valider la cohérence
xB - xA
512Mo de Ram et toutes les données en α
(yC-yA)(xB-xA)-(xC-xA)(yB-yA) des résultats obtenus.
local sur le poste.

Après une large campagne d’information auprès des utilisateurs de ces données
(internes et externes à la Mairie de Nice) sur ce changement de système altimétrique,
la base a été mise en service. Aucun problème n’a depuis été rencontré et seules
les altitudes normales sont enfin utilisées. Cette transformation, nous a permis
de conserver un capital de données important sans dégradation significative
de sa qualité. Elle nous ouvre de nouvelles perspectives en terme de précision
et de productivité par la mise en œuvre de méthodes de travail modernes
comme les techniques GPS appliquées au nivellement.
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Conclusion tions techniques ainsi que M. Michel WATSON, D., 1994, Nngridr - An
Kasser (IGN) pour son soutien person- Implementation of Natural Neighbor
Après une large campagne d’information
nel. Interpolation, David Watson, P.O. Box
auprès des utilisateurs de ces données
734, Clarement, WA 6010, Australia.
(internes et externes à la Mairie de Nice)
sur ce changement de système altimé-
trique, la base a été mise en service.
Références
Aucun problème n’a depuis été rencon- BONNETAIN, P., 1996, Le Réseau de
tré et seules les altitudes normales sont Nivellement, Publication IGN Echanger
ABSTRACT
enfin utilisées. Cette transformation, - Zoom n°15 After a quick presentation of
nous a permis de conserver un capital de the different altimetric systems
CRESSIE, N. A. C., 1991, Statistics for
données important sans dégradation which have taken place in
Spatial Data, John Wiley and Sons,
significative de sa qualité. Elle nous France, the use of the up to
Inc., New York, 900 pp.
ouvre de nouvelles perspectives en date IGN69 one is preconised.
terme de précision et de productivité par DRAPER, N., AND SMITH, H., 1981, A methodology designed to
la mise en œuvre de méthodes de travail Applied Regression Analysis, second preserve the data precision and
modernes comme les techniques GPS edition, Wiley-Interscience, 709 pp. involving the use of the
appliquées au nivellement. Delauney interpolation
DUQUENNE H., QGF98 - a new solution
technique is proposed to convert
Peu de témoignages sur ce type d’ex- for the quasigeoid in France, Proceedings
a large land survey database
périences existent en France. Aussi la of the Second Continental Workshop on
from the former Lallemand
conversion réalisée ici doit inciter les the Geoid in Europe. - Reports of the
altimetric system to the IGN69
gestionnaires de bases de données Finnish Geodetic Institute, M. Vermeer
system. Finally, extensive use of
topographiques demeurés dans des and J. Adam, editors, Masala, Finland.
such processing strategies is
systèmes altimétriques anciens tels des
IGN, 1993, Spécifications du Réseau encouraged in order to support
collectivités territoriales, des services
Français de Nivellement de Précision, the IGN69 system since this
de l’Etat, des opérateurs de réseaux, ou
Document IGN - Annexe 2 - version 2.1 conversion process can easily be
des cabinets de géomètres à migrer
adapted to other land survey
dans le système IGN69 en vigueur. ● KASSER, M., 1984, Le Nivellement
datasets.
Général de France - Evolution d’un
grand réseau de repères d’altitudes,
Contacts Géomètre n°12
Ludovic ANDRES, Ingénieur en Chef,
LEVALLOIS J.J. AND MAILLARD J.,
Service Information Géographique -
1970, Le nouveau réseau de
Mairie de Nice,
nivellement de 1er ordre du territoire
3 rue de la Terrasse, 06364 NICE CEDEX 4
français, conséquences pratiques et
ludovic.andres@ville-nice.fr
scientifiques, IGN
Bernard Laugier :
MAILLARD, J., 1973, Note sur le
bernard.laugier@ville-nice.fr
nouveau système des altitudes
Denis Delerba : Françaises IGN1969, Géomètre
denis.delerba@ville-nice.fr
NOCQUET, J.-M., DUQUENNE, H. ,
BOUCHER, C., HARMEL, A. , WILLIS,
P., 2000, Conversion altimétrique
Remerciements RGF93-IGN69, CNIG- Groupe de Travail
Je tiens à remercier tout particulière- Permanent Positionnement Statique et
ment M. Henri Duquenne (ESGT) pour Dynamique
l'attention continue qu'il a porté à ce
LEE, D. T., AND SCHACHTER, B. J.,
travail et les conseils et critiques qu'il
1980, Two Algorithms for Constructing
m'a promulgué. Un grand merci éga-
a Delaunay Triangulation, International
lement à mon collègue et ami Bernard
Journal of Computer and Information
Laugier ainsi qu'à son équipe pour la
Sciences, v. 9, n. 3, p. 219-242
qualité de l'important travail réalisé
sur ce projet, et leur motivation per- SIBSON, R., 1981, A Brief Description
manente. Enfin je remercie M. Paul of Natural Neighbor Interpolation,
Bonnetain (IGN/SGN) qui a fait preuve Interpreting Multivariate Data, V.
d’une grande disponibilité et m’a Barnett editor, John Wiley and Sons,
communiqué d’importantes informa- New York, p. 21-36.

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