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Université Cadi Ayyad Année Universitaire 2009-2010

Faculté des Sciences Département de Mathématiques


Semlalia, Marrakech SMA-S5

Contrôle 1 de Topologie
Durée : 3h

Question de cours. Démontrer le théorème de Heine suivant.


Soit (E, d) et (F, δ) deux espaces métriques. Si E est compact alors toute fonction
continue de E dans F est uniformément continue sur E.
Exercice 1. Soit f une application d’un ensemble X dans un espace métrique complet
(Y, δ). Pour tout (x, x0 ) ∈ X 2 , on pose : d(x, x0 ) = δ(f (x), f (x0 )).

(a) Donner une condition nécessaire et suffisante sur f pour que d soit une métrique
sur X.

(b) On suppose que (X, d) espace métrique. Montrer que X est complet si et seule-
ment si f (X) est un fermé de Y.

Exercice 2. Soit (E, d) un espace métrique.

(a) Soit A un ouvert de E et B une partie quelconque de E.


Montrer que A ∩ B ⊂ A ∩ B.

(b) Soient D1 et D2 deux parties denses dans E. Montrer que si D1 est un ouvert de
E alors l’intersection D1 ∩ D2 est dense dans E.

Exercice 3. Soit f : E → F une application d’un espace métrique compact E dans


un evn (F, k . k). On suppose que pour tout x ∈ E, il existe un voisinage Vx de x
sur lequel f est bornée (on dit alors que f est localement bornée ). Montrer que la
fonction f est bornée sur E.
Exercice 4. Soit E = C 1 ([0, 1], R) muni de la norme :

N (f ) =k f k∞ + k f 0 k∞ .

(a) Montrer que les normes N et k . k∞ ne sont pas équivalentes.

(b) Montrer que (E, N ) est complet.

Exercice 5.

(a) Montrer que dans un espace métrique E, si une suite (an ) → a ∈ E, alors
l’ensemble K = {an : n ∈ N} ∪ {a} est une partie compacte de E.

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2 Contrôle Topologie 2009-2010

(b) Applications : Soit (X, d) et (Y, δ) deux espaces métriques.


(i) Soit (fn ) une suite d’applications continues de X dans Y. On suppose qu’il
existe une application f : X → Y telle que pour tout compact K de X, on a :

sup δ(fn (a), f (a)) → 0 quand n → +∞.


a∈K

Montrer que l’application f est continue sur X.


(ii) Soit g : X → Y une application continue telle que pour tout compact K de
Y , l’image réciproque g −1 (K) est un compact de X.
Montrer que l’application g est fermée c’est à dire : l’image de tout fermé F de
X est un fermé de Y.

Exercice 6. Soit K un compact convexe non vide d’un evn E. Soit f : K → K


1−lipschitzienne. On fixe a ∈ K, et on considère la suite de fonctions (fn ) définies
sur K par :
fn (x) = (1 − 1/n)f (x) + (1/n)a.

(a) Montrer que chaque fn est une application de K dans K et admet un unique
point fixe xn .

(b) Montrer que, pour tout x ∈ K et n ∈ N∗ ,


k x − f (x) k≤k x − xn k + k fn (xn ) − f (xn ) k + k f (xn ) − f (x) k
et en déduire que la fonction f admet au moins un point fixe.

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Corrigé

Question de cours. Raisonnement par l’absurde : on suppose que la fonction f n’est


pas uniformément continue sur E. On a donc la négation de l’énoncé suivant :

∀ε > 0, ∃η > 0, ∀(x, y) ∈ E 2 , si d(x, y) < η alors δ(f (x), f (y)) ≤ ε;

donc

∃ε > 0, ∀n ∈ N∗, ∃(xn, yn) ∈ E 2 tel que d(xn, yn) < 1/n et δ(f (xn), f (yn)) > ε.
La suite (xn ) est une suite d’éléments du compact E, donc par Bolzano-Weierstrass
on peut en extraire une sous suite (xϕ(n) ) telle que :

xϕ(n) → x ∈ E.

En considérant maintenant la suite (yϕ(n) ) d’éléments du compact K, alors par Bolzano-


Weierstrass on peut en extraire une sous suite (yϕ(ψ(n)) ) telle que :

yϕ(ψ(n)) → y ∈ E.

Par hypothèse, on a d(xϕ(ψ(n)) , yϕ(ψ(n)) ) → 0, donc par la continuité de l’application


distance : (u, v) → d(u, v), on obtient par passage à la limite : d(x, y) = 0 et ainsi
x = y.
Par ailleurs, on a
∀n ∈ N∗ , δ(f (xϕ(ψ(n)) ), f (yϕ(ψ(n)) )) > ε,
donc par la continuité de l’application : (u, v) → δ(f (u), f (v)), (comme composée de
deux fonctions continues), on a par passage à la limite :

δ(f (x), f (y)) ≥ ε.

Ceci est absurde puisque δ(f (x), f (y)) = 0 car x = y.


Corrigé Exercice 1.

(a) Pour que d soit une métrique sur X, il faut et il suffit que d vérifie les trois
assertions (i) (ii) et (iii) suivantes qu’on va vérifier simultanément.

(i) Pour tous x, x0 ∈ X, d(x, x0 ) = 0 si et seulement si x = x0 .


Soit x, x0 ∈ X. On voit d’abord que si x = x0 , alors d(x, x0 ) = 0.
D’un autre côté, on a

d(x, x0 ) = 0 ⇐⇒ f (x) = f (x0 ) (car δ est une distance sur Y ).

Ainsi pour avoir x = x0 , il faut et il suffit que la fonction f soit injective.


Conclusion 1 : la condition (i) est satisfaite si et seulement si f est injective.

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4 Contrôle Topologie 2009-2010

(ii) La symétrie : Pour tous x, x0 ∈ X, d(x, x0 ) = d(x0 , x).


Soit x, x0 ∈ X. On a :

d(x, x0 ) = δ(f (x), f (x0 ))


= δ(f (x0 ), f (x))( car la distance δ vérifie la symétrie)
= d(x0 , x).

Conclusion 2 : la condition (ii) est satisfaite.


(iii) L’inégalité triangulaire : Pour tous x, x0 , x00 ∈ X, d(x, x00 ) ≤ d(x, x0 ) +
d(x0 , x00 ).
Soit x, x0 , x00 ∈ X. On a

d(x, x00 ) = δ(f (x), f (x00 ))


≤ δ(f (x), f (x0 )) + δ(f (x0 ), f (x00 ))

car la distance δ vérifie l’inégalité triangulaire. Donc

d(x, x00 ) ≤ d(x, x0 ) + d(x0 , x00 ).

Conclusion 3 : la condition (iii) est satisfaite.


Conclusion générale : Pour que d soit une métrique sur X, il faut et il suffit que
f soit injective.

(b) On suppose que l’espace X est complet. Montrons que f (X) est un fermé de Y.
Soit (yn ) = (f (xn )) une suite d’éléments de f (X) telle que yn → y ∈ Y. Montrons
que y ∈ f (X), c’est à dire : il existe x ∈ X : y = f (x).
La suite (yn ) est convergente, elle est donc de Cauchy :

∀ε > 0, ∃Nε > 0, ∀n, m > Nε , δ(yn , ym ) < ε;

Comme δ(yn , ym ) = d(xn , xm ), la suite (xn ) est donc de Cauchy dans l’espace
complet X, elle est donc convergente dans X. Posons x = lim xn .
on a
δ(f (xn ), f (x)) = d(xn , x) → 0,

donc f (xn ) → f (x) dans Y.


Par unicité de la limite, on a y = f (x).
Réciproquement : On suppose que f (X) est un fermé de Y. Montrons que
l’espace métrique (X, d) est complet.
Soit (xn ) une suite de Cauchy dans X. L’écriture : d(xn , xm ) = δ(f (xn ), f (xm ))
montre que la suite (f (xn )) est de Cauchy dans Y. Et comme l’espace (Y, δ) est
complet, on a
f (xn ) → y ∈ Y.

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Or la suite (f (xn )) est une suite d’éléments du fermé f (X) donc sa limite y est
un élément de f (X), c’est à dire :

∃x ∈ X, y = f (x).

On obtient que xn → x puisque d(xn , x) = δ(f (xn ), f (x)) → 0.

Corrigé Exercice 2.

(a) Soit a ∈ A ∩ B. Soit V un voisinage ouvert de a, Montrons que V ∩ A ∩ B 6= ∅.


Comme V ∩ A est un ouvert contenant a et a ∈ B, alors (V ∩ A) ∩ B 6= ∅.

(b) Soit U un ouvert de E, non vide. Comme D1 = E, l’intersection U ∩ D1 est un


ouvert de E, non vide. Et comme D2 = E, l’intersection (U ∩ D1 ) ∩ D2 6= ∅.

Corrigé Exercice 3.
Hypothèse : Pour tout x ∈ E, il existe Ux un voisinage ouvert de x et il existe un
réel Mx tels que
∀a ∈ Ux , k f (a) k≤ Mx .
La famille (Ux )x∈E est un recouvrement ouvert du compact E, on peut donc en
extraire un sous recouvrement fini :
[
E= Uxi ,
i=1,...,n

où les xi sont des points de E. En posant M = maxi=1,...,n Mxi , on obtient ainsi

∀a ∈ E, f (a) ≤ M.

Corrigé Exercice 4.

(a) Considérons la suite fn d’éléments de E définis pour tout x ∈ [0, 1] par :

fn (x) = xn .

On a
N (fn ) = 1 + n et k fn k∞ = 1.
La suite (N (fn )/ k fn k∞ ) n’étant pas bornée, donc les deux normes N et k . k∞
ne sont pas équivalentes.

(b) Soit (fn ) une suite de Cauchy de E. Soit ε > 0. Il existe un entier Nε > 0, tel
que
∀n ≥ Nε , ∀p ∈ N on a N (fn+p − fn ) < ε.
Pour de tels indices n et p on a en particulier

k fn+p − fn k∞ < ε. (∗)

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6 Contrôle Topologie 2009-2010

Donc, pour chaque t ∈ [0, 1] fixé, la suite (fn (t)) est de Cauchy dans R, elle est
donc convergente. Posons f (t) = lim fn (t).
En faisant tendre p vers +∞ dans (*), on obtient

k f − fn k∞ → 0.

Montrons d’abord que f est continue sur [0, 1].


Soit (tk ) une suite d’éléments de [0, 1] tels que tk → t ∈ [0, 1]. On a

|f (tk ) − f (t)| ≤ |f (tk ) − fn (tk )| + |fn (tk ) − fn (t)| + |fn (t) − f (t)|
≤ 2 k f − fn k∞ +|fn (tk ) − fn (t)|.

On sait que lim k f − fn k∞ = 0 et que, d’après la continuité de fn , on a


limk→+∞ |fn (tk ) − fn (t)| = 0, on déduit donc de ce qui précéde que

lim |f (tk ) − f (t)| = 0.


k→+∞

D’où la continuité de f.
Montrons maintenant que f ∈ E.
En reprenant la démonstration précédente en considérant fn0 à la place de fn , on
obtient
k fn0 − g k∞ → 0
avec g une fonction continue sur [0, 1].
Or pour tout x ∈ [0, 1], on a
Z x
fn (x) = fn0 (t) dt − fn (0).
0

On en déduit par passage à la limite quand n → +∞


Z x
f (x) = g(t) dt − f (0).
0

La fonction f est dérivable sur [0, 1] et on a f 0 = g. La fonction f est ainsi de


classe C 1 sur [0, 1].

Corrigé Exercice 5.

(a) On reprend la démonstration présentée dans le cours. Soit (Ui )i∈I un recou-
vrement ouvert de K. Montrons qu’il existe une partie finie J de I telle que
K ⊂ ∪j∈J Uj .
On sait d’abord qu’il existe j0 ∈ I tel que a ∈ Uj0 . Et comme an → a, il existe
un entier N = N (j0 ) tel que

∀n > N, an ∈ Uj0 .

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Par ailleurs, pour n ∈ {0, . . . , N }, il existe in ∈ I tel que an ∈ Uin .


Il s’ensuit que
N
K := {an : n ∈ N} ∪ {a} ⊂
[
Uin ∪ Uj0 .
n=0

(b) (i) Soit (xk ) une suite d’éléments de X telle que : xk → x ∈ X. Montrons que
f (xk ) → f (x).
Par l’inégalité triangulaire, on a :
δ(f (xk ), f (x)) ≤ δ(f (xk ), fn (xk )) + δ(fn (xk ), fn (x)) + δ(fn (x), f (x)). (∗∗)
Comme l’ensemble K = {xk : k ∈ N} ∪ {x} est compact, on a
εn := sup δ(fn (a), f (a)) → 0,
a∈K

donc, lorsque n → +∞, on a


δ(f (xk ), fn (xk )) ≤ εn → 0 et δ(fn (x), f (x)) ≤ εn → 0.
Par ailleurs, par la continuité de fn , on a lorsque k → +∞
δ(fn (xk ), fn (x)) → 0.
Ainsi l’inégalité (**) entraı̂ne :
δ(f (xk ), f (x)) → 0 quand k → +∞.

(ii) Soit F un fermé de X. Montrons que g(F ) est un fermé de Y.


Soit (yn ) = (g(xn )) une suite d’éléments de g(F ) tels que yn → y ∈ Y. Montrons
qu’il existe x ∈ F tel que y = g(x).
Considérons le compact K = {yn : n ∈ N} ∪ {y}. Comme la suite (xn ) est
d’éléments du compact g −1 (K), on peut donc en extraire une sous suite (xϕ(n) )
convergente vers un point x de K. Par la contnuité de g, on a donc :
g(xϕ(n) ) → g(x) c’est à dire yϕ(n) → y.
On obtient ainsi y = g(x).
Corrigé Exercice 6.
(a) Pour tout x ∈ K, les deux points f (x) et a sont dans le convexe K, donc pour
tout λ ∈ [0, 1], on a
(1 − λ)f (x) + λa ∈ K. (∗ ∗ ∗)
Ceci est en particulier vrai lorsque λ = 1/n avec n ∈ N∗ .
Soit n ∈ N∗ , fixé. Pour tout (x, x0 ) ∈ K 2 , on a
|fn (x) − fn (x0 )| ≤ (1 − 1/n)|x − x0 |.
La fonction fn définie du compact K dans K est donc contractante, elle admet
donc un point fixe unique xn (d’après le théorème du point fixe vu en cours).

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8 Contrôle Topologie 2009-2010

(b) En écrivant :

x − f (x) = x − fn (xn ) + fn (xn ) − f (xn ) + f (xn ) − f (x)


= x − xn + fn (xn ) − f (xn ) + f (xn ) − f (x) ( car fn (xn ) = xn ),

on a par l’inégalité triangulaire,

k x − f (x) k≤k x − xn k + k fn (xn ) − f (xn ) k + k f (xn ) − f (x) k .

(c) La suite (xn ) est d’éléments du compact K, on peut donc en extraire une sous
suite (xϕ(n) ) convergente vers un point x de K. On a lorsque n → +∞

k x − xϕ(n) k→ 0 et k f (xϕ(n) ) − f (x) k→ 0 car f est continue en x.

De plus, on a

k fϕ(n) (xϕ(n) ) − f (xϕ(n) ) k = (1/ϕ(n)) k f (xϕ(n) ) − a k



≤ (1/ϕ(n)) k f k∞ + k a k
→ 0 quand n → +∞.

Il en découle que

k x − f (x) k= 0 c’est à dire x = f (x).

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