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UE 1 – Gestion juridique, fiscale et sociale

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SESSION 2019

UE1 – GESTION JURIDIQUE,


FISCALE ET SOCIALE

Durée de l’épreuve : 4 heures – Coefficient : 1,5

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SESSION 2019

UE1 – GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET


SOCIALE
Durée de l’épreuve : 4 heures – Coefficient : 1,5

________________________________________________________________________________________

Aucun document ni aucun matériel n'est autorisé. En conséquence, tout usage d'une calculatrice est
INTERDIT et constituerait une fraude.

Document remis au candidat : le sujet comporte 12 pages numérotées de 1/12 à 12/12.

Il vous est demandé de vérifier que le sujet est complet dès sa mise à votre disposition.

________________________________________________________________________________________

Le sujet se présente sous la forme de trois dossiers indépendants

Page
Page de garde 1
DOSSIER 1 – Groupe de sociétés (6 points) 2
DOSSIER 2 – Entreprise en difficulté (5 points) 4
DOSSIER 3 – Droits des contrats (5 points) 5
DOSSIER 4 – Droits des sociétés et droit pénal (4 points) 8

________________________________________________________________________________________

Le sujet comporte trois annexes (pages 10 et 12) qui se rapportent aux dossiers 3 et 4.

AVERTISSEMENT
Si le texte du sujet, de ses questions ou de ses annexes vous conduit à formuler une ou plusieurs
hypothèses, il vous est demandé de la (ou les) formuler explicitement dans votre copie. Toutes les
réponses devront être justifiées.

Il vous est demandé d’apporter un soin particulier à la présentation de votre copie et à la qualité
rédactionnelle. Il sera tenu compte de ces éléments dans l’évaluation de votre travail.

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SUJET

DOSSIER 1 – GROUPE DE SOCIÉTÉ

Le groupe ANDRÉ est spécialisé dans la fabrication de matériel pour le bricolage. Il se présente
schématiquement de la manière suivante :

ANDRÉ

96 %

85 %
CAMILLE

12 %
BERNARD

56 %

100 % 80 % 42 %

DIDIER EDGARD FABIEN

Les pourcentages indiqués sont représentatifs de droits de vote et de droits à dividendes. Toutes les sociétés du
groupe revêtent la forme de SA ou de SAS et sont soumises à l’impôt sur les sociétés dans les conditions de
droit commun. Les exercices coïncident avec l’année civile. La SA ANDRÉ est contrôlée directement par la
famille ANDRÉ, le capital de la SA ANDRÉ étant exclusivement composé de personnes physiques.

Le groupe connaît actuellement des difficultés sans pour autant qu’aucune des entités ne fasse l’objet d’une
procédure collective. Afin d’assainir la situation, le groupe a néanmoins décidé, sur les préconisations de ses
conseillers, de procéder à différentes opérations de restructuration.

Première opération : la société BERNARD fabrique des outils de bricolage qui sont destinés à la fois à une
clientèle de professionnels et à une clientèle de particuliers. Sachant que les produits sont différents et que les
modes de distribution sont également différents, le groupe a décidé d’isoler l’activité « Outillage pour
professionnels » au sein d’une structure juridique autonome, la SAS DIDIER qui serait créée et dont la société
BERNARD détiendrait 100 % du capital dans un premier temps. La société BERNARD emploie 60 personnes et
est dotée d’un comité social économique (CSE). L’opération serait réalisée par le biais d’un apport partiel d’actif
de la branche complète et autonome d’activité « Outillage pour professionnels » au profit de la société DIDIER.

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TRAVAIL À FAIRE

1.1. Qu’est-ce qu’un apport partiel d’actif ? Sous quel(s) régime(s) les sociétés en présence peuvent-
elles placer l’opération ?

1.2. Au plan fiscal, qu’appelle-t-on branche complète et autonome d’activité ?

1.3. À quelle(s) condition(s) l’opération d’apport partiel d’actif au profit de la société DIDIER pourra-
t-elle bénéficier du régime de faveur (ou régime spécial) des fusions ?

1.4. Au regard du droit du travail, la société BERNARD a-t-elle des obligations envers ses salariés au
titre de cette opération ?

Deuxième opération : la société EDGARD assure la distribution des produits


« Outillage pour particuliers » fabriqués par la société BERNARD sur l’ensemble de la région et auprès des
magasins spécialisés et des grandes surfaces. La société EDGARD connaît cependant de sérieuses difficultés au
point que la société BERNARD a accepté de renoncer à percevoir une créance fournisseurs de 300 000 €. Avant
l’abandon, la situation nette de la filiale est négative à hauteur de 200 000 €.

TRAVAIL À FAIRE

1.5. Pour chacune des deux sociétés concernées, quel est le régime fiscal de l’abandon de créance
ainsi consenti (les conséquences en matière de TVA ne sont pas demandées) ?

Troisième opération : la société FABIEN a essentiellement une activité de fabrication et de vente d’outils pour le
jardin, activité assez différente de l’activité de la société BERNARD tant en ce qui concerne les produits
fabriqués que les modes de commercialisation. La société BERNARD avait acquis sa participation dans le capital
de la société FABIEN il y a dix-huit mois dans une optique de diversification.

Le groupe estime néanmoins aujourd’hui qu’il serait plus logique que ce soit la société CAMILLE qui reprenne
cette participation, sachant que la société CAMILLE détient déjà 56 % du capital de la société FABIEN. Pour
atteindre cet objectif, la société BERNARD céderait l’intégralité de sa participation à la société CAMILLE.

TRAVAIL À FAIRE

1.6. Quel est le régime fiscal de la plus-value ou de la moins-value réalisée par la société BERNARD
? La solution serait-elle différente si la cession était différée d’un an ?

Quatrième opération : la famille ANDRÉ considère que le groupe ANDRÉ pourrait finalement décider de se
placer, une fois les autres opérations réalisées, sous le régime de l’intégration fiscale, conseil qui lui avait été
donné il y a déjà plusieurs années par l’expert-comptable de la société. Cette option permettrait, selon la
famille, de pouvoir apurer le report déficitaire accumulé par la société FABIEN en le compensant avec les
résultats bénéficiaires de la société CAMILLE.

TRAVAIL À FAIRE

1.7. Potentiellement, quelles sont les sociétés qui pourraient faire partie d’un groupe fiscalement
intégré avec la société ANDRÉ comme société tête de groupe ?

1.8. En supposant les conditions d’application du dispositif réunies, l’option peut-elle permettre
effectivement d’atteindre l’objectif de la famille quant au déficit de la société FABIEN ?

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DOSSIER 2 – ENTREPRISE EN DIFFICULTÉ

La société MILLEFLEURS est une EURL dont l’activité est l’aménagement et l’entretien de jardins pour des
particuliers et des collectivités. Elle est située dans la banlieue proche de Bordeaux. M. LOUIS est gérant et
associé de l’EURL.
Il emploie un salarié, M. KEVIN, qui a 20 ans et débute son activité professionnelle ; il est domicilié chez ses
parents.

Depuis un an, le nombre de commandes reçues par la société est en baisse et a été réduit de 40 %. Plusieurs
clients n’ont pas réglé le solde de leur facture depuis plus de trois mois. Depuis quelque temps, la concurrence
se développe dans la région de Bordeaux avec l’apparition sur le marché de nouvelles entreprises dans le
secteur d’activité de la société MILLEFLEURS.

En conséquence, M. LOUIS n’a pu régler certaines échéances vis-à-vis de ses fournisseurs de matériaux et a
négocié un délai de paiement supplémentaire de deux mois avec eux.

Par ailleurs, la société est en retard de 15 jours pour le règlement des cotisations sociales auprès de l’URSSAF
et M. KEVIN n’a pas perçu son dernier salaire.
M. LOUIS vient d’obtenir un délai de paiement d’un mois pour régler l’URSSAF et
M. KEVIN lui a dit qu’il pouvait attendre quelques jours pour le règlement de son salaire.

TRAVAIL À FAIRE

2.1. Quelles sont les conditions requises pour ouvrir une procédure de redressement judiciaire à
l’encontre d’une entreprise ? La société MILLEFLEURS peut-elle faire l’objet d’un redressement judiciaire
?

Depuis un an environ, M. LOUIS fait régulièrement appel à un ami, M. GÉRARD, pour signer certains contrats
avec des clients quand il est occupé sur les chantiers ou fait du démarchage auprès de clients potentiels. De
plus, M. GÉRARD aide aussi
M. LOUIS dans la négociation de contrats avec les nouveaux clients.

Au fil des semaines, M. GÉRARD s’est aperçu que M. LOUIS fait des virements bancaires depuis le compte de
l’EURL sur son compte personnel pour financer ses vacances familiales à l’étranger. Selon M. GÉRARD, la
conséquence en est que l’EURL manque de trésorerie et ne peut plus payer plusieurs de ses créanciers.

M. GÉRARD ne dit rien à M. LOUIS, car il considère qu’il n’est pas concerné par les opérations financières
effectuées dans l’EURL et il ne veut pas se fâcher avec son ami.

Le tribunal de commerce de Bordeaux saisi pour l’ouverture d’une procédure collective à l’encontre de l’EURL a
décidé la mise en liquidation judiciaire de l’EURL.

TRAVAIL À FAIRE

2.2. À l’exclusion du délit d’abus des biens sociaux, M. LOUIS a-t-il commis une infraction ? Si oui,
laquelle ? S’il est condamné pénalement, M. LOUIS pourra-t-il à l’avenir diriger une autre entreprise ?

2.3. Quelles pourraient être les conséquences civiles et pénales de l’implication de Monsieur GÉRARD
au sein de l’EURL MILLEFLEURS ?

2.4. Le tribunal de commerce de Bordeaux ayant décidé la mise en liquidation judiciaire de l’EURL,
quel sort sera réservé à M. KEVIN ? Comment ses droits seront-ils préservés ?

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DOSSIER 3 – DROIT DES CONTRATS

La société GOODFOOD a été créée en 1960 et a actuellement la forme d’une société par actions simplifiée
(SAS). Son objet social consiste en la conception et la commercialisation de plats élaborés selon des recettes
traditionnelles à partir de produits issus de l’agriculture biologique. Ses principaux clients sont les restaurants
d’entreprises, les restaurants universitaires, les cantines d’écoles, les restaurants de collectivités locales…

Son président actuel est M. NITRITE lequel a succédé à son père il y a maintenant dix ans. Aux fins de prendre
le contrôle de la SAS il y a deux ans, il a été contraint de souscrire un emprunt pour acheter les actions de son
père, lequel emprunt représente une charge financière mensuelle très importante. De fait, il s’est décidé à
amplifier le développement de l’activité ainsi que le chiffre d’affaires de la SAS GOODFOOD. Il a donc pris la
décision de créer une seconde branche d’activité, moins coûteuse, mais nettement plus profitable, qui repose
sur la commercialisation de produits hautement transformés à partir de minerais de viande, de colorants,
d’acidifiants, d’exhausteurs de goût, etc.

Souhaitant limiter au maximum les coûts de production et de commercialisation des plats cuisinés, il a repéré
sur Internet un potentiel fournisseur chinois spécialisé dans la production, entre autres, de fleurs de carthame1,
lesquelles permettent la fabrication de colorants alimentaires.

Afin de faire forte impression sur les dirigeants de ce potentiel fournisseur, il a réservé un billet aller-retour en
TGV pour le trajet Brest-Paris-Brest en première classe ainsi qu’un billet d’avion aller-retour Roissy-Pékin-
Wuhan-Pékin-Roissy en « business class ».

Malheureusement, son TGV est arrivé avec 7 heures de retard en gare de Paris- Montparnasse en raison d’une
panne de motrice et d’un problème d’alimentation de la gare Montparnasse. M. NITRITE n’a donc pas pu
s’envoler pour Wuhan. À la demande du ministère des Transports, l’enquête interne qui a été rendue publique
révèle que ces deux défaillances relèvent tant de la faute de SNCF Mobilités que de celle de Réseau Ferré de
France.

La SAS GOODFOOD décide d’assigner en justice SNCF Mobilités afin d’être indemnisée des préjudices subis :
prix des billets de train et d’avion, frais de réservation d’une chambre d’hôtel à Wuhan.

TRAVAIL À FAIRE

3.1.À l’aide des annexes n° 1 et 2, répondez à la question suivante : au cas présent, la SAS GOODFOOD
peut-elle être indemnisée de la totalité des préjudices qu’elle invoque ?

En dépit de ce contretemps, M. NITRITE, a finalement pu conclure un contrat avec une société française, la
société Chrysoïne, qui se fournit auprès d’une société chinoise dénommée Formaldéhyde.

Cependant, la SAS GOODFOOD a fait procéder à deux expertises scientifiques indépendantes à la suite d’un
signalement effectué par un de ses salariés auprès de la Direction Qualité de la SAS GOODFOOD. Les deux
expertises ont révélé que des lots de fleurs de carthame avaient été contaminés dans les locaux de la société
Formaldéhyde par un colorant synthétique, l'Orange II, produit toxique prohibé pour l'usage alimentaire dans
l'Union européenne.

La SAS GOODFOOD souhaite agir en justice contre la société Chrysoïne sur le fondement de la garantie des
vices cachés.

1
Il s’agit d’une plante qui produit des fleurs de couleur jaune, orange ou rouge. Elle est souvent utilisée pour remplacer le
safran en termes de couleur.

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TRAVAIL À FAIRE

3.2.Quelles sont les conditions de mise en œuvre de la garantie des vices cachés ? (NB : le régime de la
responsabilité des producteurs du fait des produits défectueux est considéré comme hors sujet)

3.3.Quels peuvent être les effets de la mise en œuvre de la garantie des vices cachés ?

Toujours dans l’optique de développer le chiffre d’affaires de la SAS GOODFOOD, M. NITRITE décide de mettre
en œuvre un plan de transformation numérique afin d’être présent sur Internet ainsi que sur les réseaux
sociaux. Il a donc été décidé la création d’un site Internet marchand accessible aux seuls internautes français. À
cette fin, la SAS GOODFOOD a procédé au recrutement d’un directeur de la transformation numérique, M.
HOAX. Peu au fait des règles juridiques, celui-ci vous soumet quelques questions.

TRAVAIL À FAIRE

3.4.Quelles sont les règles applicables à une offre en ligne au titre du Code civil ?

3.5.À quel moment est conclu un contrat électronique ?

3.6.De manière générale, dans une vente en ligne, si l’acquéreur se rend compte, lors de la réception du
bien, que celui-ci ne correspond finalement pas à ses attentes (déçu de la couleur, de la taille…), peut-il
retourner le bien au fournisseur et en demander le remboursement ? Si oui, par quel moyen et dans
quel délai ? Si non, pourquoi ?

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ANNEXE 1 – Extraits du Code civil.

Article 1231 du Code civil : à moins que l'inexécution soit définitive, les dommages et intérêts ne sont dus que
si le débiteur a préalablement été mis en demeure de s'exécuter dans un délai raisonnable.

Article 1231-2 du Code civil : les dommages et intérêts dus au créancier sont, en général, de la perte qu'il a
faite et du gain dont il a été privé, sauf les exceptions et modifications ci-après.

Article 1231-3 du Code civil : le débiteur n'est tenu que des dommages et intérêts qui ont été prévus ou qui
pouvaient être prévus lors de la conclusion du contrat, sauf lorsque l'inexécution est due à une faute lourde ou
dolosive.

ANNEXE 2 – Cass. 1re civ., 26 septembre 2012, n° 11-13177, publié au Bulletin.

Sur le moyen unique :

Vu l'article 1150 (devenu article 1231-3) du Code civil ;

Attendu que M. X..., avocat au barreau de Limoges, devant plaider au tribunal de commerce de Paris à dix
heures le 11 février 2010, a acheté un billet de train aller-retour, le départ de Limoges étant fixé à 5 h 47 pour
une arrivée à Paris à 8 h 45 tandis que le voyage de retour devait débuter à 12 h 58 ; qu'étant parvenu à Paris
avec près de quatre heures de retard, il n'a pu assister son client et a réclamé à la SNCF le remboursement du
prix du voyage ainsi que des dommages-intérêts ;

Attendu que pour accueillir sa demande, la juridiction de proximité, après avoir écarté la force majeure
invoquée par la SNCF, a d'abord rappelé l'impératif de ponctualité figurant au cahier des charges de celle-ci
puis retenu que M. X..., ayant pris la précaution d'organiser son voyage en se ménageant un temps largement
suffisant pour se faire transporter en taxi à Paris au tribunal où sa présence était indispensable, a subi, ce
voyage étant devenu sans objet, un préjudice dont la SNCF, seule responsable, devait l'indemniser en lui
versant, outre une somme représentant le remboursement du prix du voyage, 500 euros pour compenser sa
perte d'honoraires,
1 000 euros pour la perte de crédibilité vis-à-vis de son client et 500 euros en réparation de l'inquiétude et de
l'énervement qu'il avait éprouvés ;

Qu'en se déterminant par ces motifs impropres à établir que le dommage invoqué était prévisible lors de la
conclusion du contrat de transport, si ce n'est quant au coût de celui-ci rendu inutile par l'effet du retard subi,
et constituait une suite immédiate et directe de l'inexécution de ce contrat, la juridiction de proximité a privé sa
décision de base légale ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE

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DOSSIER 4 – DROIT DES SOCIÉTÉS ET DROIT PÉNAL

Messieurs PRIMUS, SECUNDUS ET TERTIUS envisagent de fonder une société en vue d’acquérir et d’exploiter
ensemble un bureau de tabac. Pour se conformer aux dispositions de l’article 568 du Code général des impôts
(Annexe 3), ils se voient contraints de constituer une société en nom collectif dénommée « O’Bar’Tabac » dont
le siège social est situé à Lisieux et ayant pour unique objet social l’exploitation de ce bureau de tabac. Les
statuts ne précisent rien de particulier et ne dérogent en aucune façon aux dispositions légales. Quelques mois
après la constitution de la société,
M. TERTIUS a cédé ses parts sociales à M. QUARTUS, sans en informer messieurs PRIMUS et SECUNDUS, ni
effectuer les formalités légales.

TRAVAIL À FAIRE

4.1.Qu’aurait-il fallu faire pour que cette cession de parts soit valable et opposable ?

M. TERTIUS vous précise en outre que, quelques mois après la cession, il a reçu un commandement de payer
délivré par huissier le sommant de payer une créance détenue par un fournisseur à l’encontre de la société «
O’Bar’Tabac ».
Ayant cédé ses parts, il estime ne pas être redevable des dettes sociales.

TRAVAIL À FAIRE

4.2.À quelle(s) condition(s), le créancier d’une SNC peut-il s’adresser à un associé pour obtenir le paiement
de sa créance ?

4.3.Au cas présent, le créancier est-il fondé à agir contre M. TERTIUS ?

Finalement, aux termes d’une convention intervenue entre tous les protagonistes,
M. PRIMUS se retrouve seul associé de la société et envisage de transformer cette dernière en EURL.

TRAVAIL À FAIRE

4.4.Quelles sont les conséquences de cette situation ?

Avant que la transformation en EURL soit intervenue, M. PRIMUS convole en justes noces avec Mme PRIMA, qui
manifeste le souhait de s’associer avec lui au sein de la société. Ils souhaitent finalement tous deux conserver
la forme de SNC, Mme PRIMA achetant 1 % du capital à son futur époux. Ayant découvert les bienfaits de la vie
conjugale sans pour autant bénéficier des revenus nécessaires à son entier épanouissement, M. PRIMUS décide
(sans consulter Mme PRIMA) de faire prélever sur le compte bancaire de la société diverses échéances de prêts
personnels.

Lasse de son mari, Mme PRIMA décide de consulter son avocat, Mme HESSE, car elle s’interroge sur les
conséquences juridiques ce ces prélèvements.

TRAVAIL À FAIRE

4.5.Ces prélèvements sont-ils constitutifs d’une infraction ? Si oui, laquelle ? Si non, pourquoi ?

Finalement, M. PRIMUS, en tant qu’associé majoritaire et gérant, décide de céder le fonds de commerce détenu
par la société.

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TRAVAIL À FAIRE

4.6.Quelle est l’incidence de cette cession sur l’existence de cette société ?

ANNEXE 3

Article 568 du Code général des impôts (extrait)

(….) « Un débitant de tabac ne peut gérer son activité que sous la forme juridique de l'exploitation individuelle
ou de la société en nom collectif dont tous les associés sont des personnes physiques ». (….)

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CORRIGE
Remarque préalable.
Le corrigé proposé par Comptalia est souvent plus détaillé que ce que l'on est en droit d'attendre d'un candidat
dans le temps imparti pour chaque épreuve. À titre pédagogique le corrigé peut donc comporter des rappels de
cours par exemple, non exigés dans le traitement du sujet.

DOSSIER 1 – GROUPE DE SOCIETES

1.1 Qu’est-ce qu’un apport partiel d’actif ? Sous quel(s) régime(s) les sociétés en présence
peuvent-elles placer l’opération ?

L’apport partiel d’actif est une opération par laquelle une société fait apport d’une partie de son patrimoine à
une autre société, nouvelle ou existante, et reçoit des titres de celle-ci en contrepartie de son apport.

L’apport peut concerner des éléments d’actif et de passif isolés, par exemple, un bien immobilier, mais le plus
souvent les éléments apportés forment un ensemble autonome, par exemple une branche d’activité.

Dans cette hypothèse, les sociétés concernées peuvent choisir le régime des scissions pour réaliser leur
opération. Il y a alors transmission universelle de la branche d’activité concernée de la société apporteuse à la
société bénéficiaire, avec les conséquences qui s’y attachent. Tous les biens, droits et obligations se rapportant
à cette branche d’activité sont donc transmis à la société bénéficiaire lors de cette opération.

Si cette option n’est pas choisie, l’opération est considérée comme un apport ordinaire à une société et prend la
forme d’une augmentation de capital par apport en nature. En contrepartie de cet apport, la société qui a fait
l’apport reçoit des parts sociales de la société bénéficiaire.

1.2 Au plan fiscal, qu’appelle-t-on branche complète et autonome d’activité ?

Ce n’est pas le Code général des impôts mais la directive communautaire sur les fusions de 1990 (recodifiée en
2009) qui définit la branche complète et autonome d’activité comme étant « l’ensemble des éléments d’actif et
de passif d’une division d’une société qui constituent, du point de vue de l’organisation, une exploitation
autonome, c’est-à-dire un ensemble capable de fonctionner par ses propres moyens ». L’administration fiscale
a repris cette définition dans le BOFIP.

1.3 À quelle(s) condition(s) l’opération d’apport partiel d’actif au profit de la société DIDIER pourra-
t-elle bénéficier du régime de faveur (ou régime spécial) des fusions ?

Comme pour les fusions, il existe une condition préalable : la société apporteuse comme la société bénéficiaire
de l’apport doivent relever de l’IS.

Ensuite, l’apport doit concerner une branche complète d’activité. Les apports de participations portant sur plus
de 50 % du capital de la société dont les titres sont apportés ou, si un tel pourcentage du capital est déjà
détenu par la société bénéficiaire, les apports venant renforcer cette détention) sont assimilés à une branche
complète d'activité, sous certaines conditions.

Enfin la société apporteuse doit s’engager dans l’acte d’apport à calculer les plus-values de cession afférentes
aux titres remis en contrepartie de l’apport, par référence à la valeur que les biens apportés avaient, du point
de vue fiscal, dans ses propres écritures.

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1.4 Au regard du droit du travail, la société BERNARD a-t-elle des obligations envers ses salariés au
titre de cette opération ?

Problème de droit
Cette question pose le problème de l’information des salariés lors des opérations de restructuration.

Règles applicables
Au sein des entreprises qui emploient au moins cinquante salariés, le comité social et économique assume
différentes missions :

• Dans le cadre de ses attributions générales, le comité doit être informé et consulté sur toutes les questions
relatives à l'organisation, la gestion et la marche générale de l'entreprise, notamment sur « la modification
de son organisation économique ou juridique ».

• Dans le cadre de ses attributions ponctuelles, le Code du travail prévoit également une information et une
consultation spécifique et préalable dans plusieurs hypothèses, notamment en cas de restructuration.
Le comité doit en effet être « saisi en temps utile des projets de restructuration et de compression des
effectifs ». Il émet un avis sur l'opération projetée. Cet avis est transmis à l’autorité administrative ainsi
qu’à l’assemblée générale des sociétés participantes.

Application au cas
En l’espèce, la société BERNARD emploie soixante salariés et elle dispose d’un comité social et économique.
L’employeur doit donc organiser une information et une consultation préalables de ce comité d’une part sur la
modification de l’organisation économique et juridique projetée, et d’autre part sur le projet de restructuration
proprement dit.

1.5 Pour chacune des deux sociétés concernées, quel est le régime fiscal de l’abandon de créance
ainsi consenti (les conséquences en matière de TVA ne sont pas demandées) ?

Le CGI exclut des charges déductibles pour l’établissement de l’impôt, « les aides de toute nature consenties à
une autre entreprise, à l’exception des aides à caractère commercial ». La qualification de l’aide est donc
primordiale.
Une aide à caractère financier ne se conçoit qu’au sein d’un groupe de sociétés lorsque la société mère et la
filiale n’entretiennent pas de relations d’affaires du type de celles qui unissent un fournisseur et un distributeur.
A contrario, une aide est à caractère commercial lorsqu’elle est justifiée par les relations d’affaires qui unissent
les deux partenaires.
Lorsque l’aide présente à la fois un caractère commercial et financier (comme c’est le cas ici), la jurisprudence
retient comme étant une aide à caractère commercial, un abandon de créance lorsque la société entretient des
relations commerciales avec sa filiale, avec laquelle elle réalise l’essentiel de son chiffre d’affaires dont le
montant est, au demeurant, très supérieur à celui des dividendes versés par la filiale, élément auquel s’ajoute
le fait qu’une défaillance de la filiale serait de nature à amputer significativement sa propre activité.
Au cas particulier, on peut donc considérer qu’il s’agit bien d’un abandon de créance à caractère commercial.

Pour la société qui consent l’abandon de créance (société BERNARD), l’aide est considérée comme une charge
déductible pour l’établissement de l’impôt, dès lors qu’elle s’inscrit dans le cadre d’une gestion commerciale
normale (consentie dans l’intérêt de l’exploitation et comportant une contrepartie équivalente pour la société
qui l’a consentie).
Si le caractère financier avait été retenu, l’abandon de créance ne serait pas déductible, sauf si la filiale se
trouvait en procédure de conciliation, de sauvegarde, de redressement judicaire ou de liquidation judicaire ; et
dans ce cas, l’abandon ne serait déductible qu’à hauteur de la situation nette négative du bénéficiaire
(200 000 €) et, pour le surplus, à proportion de la situation nette positive correspondant à la participation des
autres associés (100 000 x 20 % = 20 000 €).

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Pour la société bénéficiaire de l’abandon de créance (société EDGARD), il s’agit dans tous les cas (abandon à
caractère commercial ou à caractère financier) d’un produit taxable. En réalité, cette imposition est théorique
puisque le bénéficiaire de l’aide est généralement en situation déficitaire.

1.6 Quel est le régime fiscal de la plus-value ou de la moins-value réalisée par la société BERNARD ?
La solution serait-elle différente si la cession était différée d’un an ?

Il convient ici de qualifier les titres détenus. Pour le CGI, « constituent des titres de participation les parts ou
actions de sociétés revêtant ce caractère sur le plan fiscal », ce qui nous renvoie à la comptabilisation de ces
titres dans la société BERNARD, comptabilisation sur laquelle nous n’avons aucune information.
Au plan fiscal, les titres, ouvrant droit au régime des sociétés mères (plus de 5% des droits de vote) et inscrits
en comptabilité dans un sous-compte « titres relevant du régime des plus-values à long terme », seront
considérés comme des titres de participation.

Nous prendrons ici l’hypothèse que la société BERNARD a qualifié comptablement ces titres de titres de
participation.

a) Cession de la participation 18 mois après l’acquisition des titres

S’agissant de titres détenus depuis moins de deux ans, la plus-value est imposable comme un produit ordinaire
et est donc soumise à l’IS au taux de droit commun.

Si le résultat de cession fait apparaître une moins-value, celle-ci est, normalement, une charge déductible.
Toutefois, afin d’éviter certains comportements d’opportunité à l’intérieur des groupes, un mécanisme de
« gel » de l’imposition (en fait de la déduction) a été mis en place. Le texte n’emploie ni le terme de report ni
celui de sursis ; il s’agit bel et bien d’un report, l’imposition étant mise temporairement en suspens.
Le mécanisme est le suivant : lorsque la cession intervient entre des entreprises liées au sens de l’article 39, 12
du CGI, la moins-value à court terme n’est pas prise en compte immédiatement dans les résultats du cédant ;
elle ne sera prise en compte qu’au premier des événements suivants : changement de régime fiscal du cédant,
absorption du cédant par une entreprise non liée au cessionnaire, acquisition des titres par une entreprise non
liée au cédant ; en tout état de cause, la moins-value ne sera prise en compte au niveau du résultat qu’à
l’expiration d’un délai de deux ans à compter du jour où le cédant a acquis les titres.

Remarquons qu’ici, la société BERNARD et la société CAMILLE sont toutes les deux sous le contrôle de la société
ANDRÉ, il s’agit donc bien de sociétés liées.

b) Cession de la participation 30 mois après l’acquisition des titres (donc différé d’un an)

S’agissant de titres détenus depuis plus de deux ans, la plus-value à long terme sera comptablement comprise
dans les résultats de la société, mais fiscalement exonérée à l’exception d’une quote-part de frais et charges de
12 % (calculée sur le montant brut des plus-values).

Corrélativement, la moins-value à long terme sera comptablement comprise dans les charges déductibles mais,
fiscalement, ne sera pas déductible.

1.7 Potentiellement, quelles sont les sociétés qui pourraient faire partie d’un groupe fiscalement
intégré avec la société ANDRÉ comme société tête de groupe ?

Rappelons que ce régime suppose l’exercice d’une option par la société tête de groupe avec l’accord de chacune
des filiales souhaitant faire partie du groupe intégré. Toutes les sociétés du groupe doivent être soumises à l’IS
en France selon un régime normal d’imposition.

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Concernant les filiales (ou sous-filiales) intégrées, leur capital doit être détenu, directement ou indirectement, à
hauteur de 95 % au moins par la société tête de groupe, qu’il s’agisse de droits financiers (droit à dividende) ou
de droits de vote.
Pour le calcul de ce pourcentage, le pourcentage de détention dans les filiales intermédiaires est arrondi à
100 % dès lors qu’il est au moins de 95 %.

Au cas présent :
- La société CAMILLE est détenue à 96 % par la société ANDRÉ, elle est donc intégrable ; son
pourcentage de détention sera arrondi à 100 % pour la suite des calculs.
- La société BERNARD est détenue directement à 85 % par la société ANDRÉ et indirectement à 12 % par
l’intermédiaire de la société CAMILLE (détenue à 100 %, voir ci-dessus), soit une détention de 97 %
arrondie à 100 % ; elle est donc intégrable.
- La société DIDIER est détenue indirectement à 100 % par l’intermédiaire de la société BERNARD (elle-
même détenue à 100 %, voir ci-dessus) ; elle est donc intégrable.
- La société EDGARD est détenue directement à 80 % par la société BERNARD ; ce pourcentage est
inférieur à 95 %, elle ne peut donc pas être intégrée.
- La société FABIEN est détenue indirectement à 56 % par la société CAMILLE et à 42 % par la société
BERNARD (ces deux sociétés étant détenues à 100 %, voir ci-dessus), ce qui donne 98 % ; elle est
donc intégrable.
En conclusion, la société ANDRÉ peut inclure dans son groupe (si elles sont d’accord) les sociétés BERNARD,
CAMILLE, DIDIER et FABIEN, mais pas la société EDGARD.

1.8 En supposant les conditions d’application du dispositif réunies, l’option peut-elle permettre
effectivement d’atteindre l’objectif de la famille quant au déficit de la société FABIEN ?

Le CGI interdit d’imputer, sur les résultats du groupe, les déficits existant antérieurement à la date d’entrée
dans le groupe. Ils restent isolés au sein de la filiale qui les avait constatés et ne pourront être imputés que sur
les bénéfices à venir de cette filiale ; ils ne seront donc déduits (indirectement) du résultat d’ensemble que si la
filiale concernée réalise des bénéfices.

Les déficits antérieurs accumulés de la société FABIEN ne pourront être déduits que si cette société réalise,
dans le groupe, des bénéfices (dans les limites et conditions de droit commun), et ce sont ces bénéfices
(amputés des déficits antérieurs) qui seront imposés au niveau du groupe.

L’objectif de la famille ANDRÉ ne sera donc atteint que si la société FABIEN redevient bénéficiaire ; si elle reste
structurellement déficitaire, ses déficits antérieurs ne pourront pas être déduits.

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DOSSIER 2 – ENTREPRISE EN DIFFICULTÉ

2.1 Quelles sont les conditions requises pour ouvrir une procédure de redressement judiciaire à
l’encontre d’une entreprise ? La société MILLEFLEURS peut-elle faire l’objet d’un tel redressement ?

Problème de droit
Cette question pose le problème du champ d’application du redressement judiciaire et des conditions
d’ouverture d’une telle procédure.

Règles juridiques applicables


• Le champ d’application des procédures collectives de traitement des difficultés des entreprises et
notamment du redressement judiciaire est aujourd’hui très large.
Le Code de commerce prévoit ainsi que cette procédure « est applicable à toute personne exerçant une
activité commerciale, artisanale ou une activité agricole (…) et à toute autre personne physique exerçant
une activité professionnelle indépendante y compris une profession libérale soumise à un statut législatif
ou réglementaire ou dont le titre est protégé, ainsi qu'à toute personne morale de droit privé. »

Ce sont donc toutes les personnes morales de droit privé (sociétés, associations…) et les personnes
physiques exerçant une activité professionnelle indépendante (commerçants, artisans, agriculteurs et
professionnels libéraux) qui peuvent bénéficier d’une procédure de redressement judiciaire dès lors qu’elles
remplissent les conditions prévues par le Code de commerce.

• C’est la situation de l’entreprise et notamment sa situation financière qui détermine le choix de la


procédure à engager. Une procédure de redressement judiciaire ne peut en effet être ouverte que si
l’entreprise se trouve déjà en situation de cessation des paiements.
Le Code de commerce définit la cessation des paiements comme l’impossibilité pour une entreprise « de
faire face à son passif exigible au moyen de son actif disponible ».
Le passif exigible est constitué de l’ensemble des dettes certaines, liquides et exigibles, c'est-à-dire
arrivées à échéance, qui n’ont pas été payées.

Peu importe que le paiement ait été réclamé ou non par le créancier ; seul compte le fait que la dette soit
arrivée à échéance et qu’elle n’ait pas été payée alors qu’elle aurait dû l’être.
Le Code de commerce précise toutefois que le « débiteur qui établit que les réserves de crédit ou les
moratoires dont il bénéficie de la part de ses créanciers lui permettent de faire face au passif exigible avec
son actif disponible n'est pas en cessation des paiements. »

Application au cas
En l’espèce, en tant que personne morale de droit privé, la société MILLEFLEURS peut bénéficier d’une
procédure de redressement judiciaire à condition qu’elle se trouve en situation de cessation des paiements.

A cet égard, l’énoncé nous apprend que M. LOUIS n’a pas pu régler certaines factures échues de ses
fournisseurs, mais qu’il a négocié avec eux un délai de paiement supplémentaire de deux mois. De même, il a
obtenu de l’URSSAF un délai d’un mois pour le paiement de cotisations sociales échues depuis quinze jours.
Enfin, il n’a pas pu payer le salaire de son salarié mais celui-ci a accepté d’attendre quelques jours.

Du fait de ces délais de paiement accordés par les différents créanciers de l’entreprise, on peut considérer que
les dettes de celle-ci ne sont pas encore exigibles et que la société MILLEFLEURS n’est donc pas encore en
cessation des paiements.

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On peut toutefois émettre quelques réserves quant à la nature réelle du délai accordé oralement M. KEVIN, le
paiement du salaire étant une obligation légale qui n’est pas soumise à une demande du salarié. Par ailleurs, le
Code du travail ne prévoit pas la possibilité pour un salarié d’accorder des délais de paiement à son employeur.

2.2 A l’exclusion du délit d’abus de biens sociaux, M. LOUIS a-t-il commis une infraction ? Si oui
laquelle ? S’il est condamné pénalement, pourra-t-il à l’avenir diriger une autre entreprise ?

Problème de droit
Cette question pose le problème du délit de banqueroute et des sanctions applicables.

Règles applicables
Les virements bancaires effectués par un dirigeant du compte de la société vers son compte personnel pour
financer ses vacances constituent en effet un délit d’abus de biens sociaux qui expose son auteur à des
sanctions pénales lourdes.

Mais lorsqu’une procédure de redressement judiciaire est ouverte à l’encontre d’une société, de tels
agissements sont susceptibles d’une autre qualification pénale, à savoir le délit de banqueroute.

La banqueroute est en effet une infraction qui consiste à commettre certains actes frauduleux dans le cadre
d’une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire.

Parmi les différents agissements cités par le Code de commerce comme étant constitutifs du délit de
banqueroute figure le détournement d’éléments d’actifs du débiteur.
Et parmi les personnes susceptibles d’être poursuivies figurent les personnes ayant, directement ou
indirectement, en droit ou en fait, dirigé une personne morale de droit privé.

La banqueroute est punie de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende.


Des peines complémentaires sont également prévues par le Code de commerce. Ainsi, lorsque l’auteur des faits
est une personne physique le tribunal peut prononcer sa faillite personnelle ou une interdiction de diriger,
gérer, administrer ou contrôler, directement ou indirectement, soit toute entreprise commerciale ou artisanale,
toute exploitation agricole et toute personne morale, soit une ou plusieurs d’entre elles.

Dans les deux cas, faillite personnelle et interdiction de gérer, la sanction est facultative, c’est-à-dire que le
juge n’est pas tenu de la prononcer. Et il s’agit de sanctions temporaires dont la durée est limitée à 15 ans.

Notons pour terminer qu’une personne ne peut pas être poursuivie pénalement deux fois pour les mêmes faits.
Et dans cette hypothèse d’agissements constitutifs à la fois d’abus de biens sociaux et de banqueroute, la Cour
de cassation considère que c’est la qualification de banqueroute qui doit être retenue dès lors que les faits
poursuivis ont été commis après la date de cessation des paiements.

Application au cas
En l’espèce, en prélevant des fonds sur le compte bancaire de la société pour financer des dépenses
personnelles, M. LOUIS s’est rendu coupable du délit d’abus de biens sociaux.

Mais si ces prélèvements sont intervenus après la date de cessation des paiements, ce que l’énoncé semble
suggérer, c’est au titre du délit de banqueroute qu’il sera poursuivi puisque ces agissements peuvent s’analyser
comme le détournement d’éléments d’actifs.

Outre une peine d’amende et/ou une peine d’emprisonnement, le tribunal peut donc prononcer soit la faillite
personnelle de M. LOUIS soit une interdiction de gérer.

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Et comme la faillite personnelle emporte interdiction de diriger, gérer, administrer ou contrôler, directement ou
indirectement, toute entreprise commerciale ou artisanale, toute exploitation agricole ou toute entreprise ayant
toute autre activité indépendante et toute personne morale, si le tribunal décide de prononcer à son encontre
l’une de ces deux peines complémentaires M. LOUIS sera dans l’impossibilité de diriger une autre entreprise
pendant le délai fixé par les juges.

2.3 Quelles pourraient être les conséquences civiles et pénales de l’implication de M. GERARD au
sein de l’EURL MILLEFLEURS ?

Problème de droit
Cette question pose le problème des dirigeants de fait et de leur responsabilité.

Règles applicables
Le dirigeant de fait est une personne qui, bien que n’étant investie d’aucun mandat social, exerce en toute
indépendance au sein d’une société une activité de gestion et de direction sous le couvert ou à la place du
représentant légal.

Le dirigeant de fait qui s’immisce ainsi dans la gestion d’une société peut être un tiers par exemple une banque,
un salarié, un associé, majoritaire ou non, ou encore un ancien dirigeant voire même un proche des dirigeants.
Le dirigeant de fait peut être reconnu comme tel alors même qu’il n’est pas rémunéré.

La qualification d’une telle situation est une question de fait laissée à l’appréciation des juges du fond qui
prennent notamment en compte la nature, l’étendue et la fréquence des actes d’immixtion dans la gestion
sociale.
La signature de contrats peut ainsi constituer des actes d’immixtion dans la gestion, de même que la prise de
certaines décisions, notamment en matière commerciale.

En cas de direction de fait reconnue, le Code de commerce permet d’appliquer aux dirigeants de fait les
responsabilités et sanctions applicables aux dirigeants de droit, et ce, en matière pénale comme en matière
civile.

Application au cas
En l’espèce, en signant lui-même des contrats qui engagent la société MILLEFLEURS et en aidant le gérant dans
ses négociations avec de nouveaux clients, M. GERARD participe à la gestion.

La qualification de dirigeant de fait peut donc être reconnue à son encontre, ce qui pourrait engendrer pour lui
des responsabilités tant civiles que pénales.

En effet, selon le Code pénal : « Est complice d'un crime ou d'un délit la personne qui, sciemment, par aide ou
assistance, en a facilité la préparation ou la conservation. »

Sur le plan pénal M. GERARD pourrait donc être poursuivi pour complicité du délit de banqueroute commis par
M. LOUIS. Son absence de réaction alors qu’il avait découvert les détournements commis par celui-ci pourrait
en effet être considéré comme une aide à la commission de ce délit.

Et sur le plan civil, il pourrait également être condamné à indemniser la société pour le préjudice subi.

2.4 Le tribunal de commerce de Bordeaux ayant décidé la mise en liquidation judicaire de l’EURL,
quel sort sera réservé à M. KEVIN ? Comment ses droits seront-ils préservés ?

Problème de droit

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Cette question pose le problème du sort des contrats de travail en cas de liquidation judiciaire.

Règles applicables
Parmi les causes qui justifient le licenciement pour motif économique d’un salarié le Code du travail cite la
cessation d’activité de l’entreprise. Selon la Cour de cassation, une telle cessation d’activité n’est une cause de
licenciement que si elle est définitive et totale, ce qui est bien le cas lors d’une liquidation judiciaire.

Dans cette hypothèse, le licenciement est prononcé par le liquidateur. Lorsque le licenciement concerne moins
de dix salariés, celui-ci doit convoquer le ou les salariés concernés à un entretien préalable au cours duquel il
leur propose un contrat de sécurisation professionnelle.
Par ailleurs, pour préserver les droits des salariés, le Code du travail prévoit deux priorités de paiement en leur
faveur :

• Le privilège général des salaires qui porte sur tous les biens meubles et immeubles de l’employeur et
qui garantit toutes les créances salariales des six derniers mois : salaires, indemnité de congés payés,
indemnité compensatrice de préavis et indemnité de licenciement ou de fin de contrat.
Mais ce privilège général des salariés n’est généralement pas une protection suffisante en cas
liquidation judiciaire car il est primé par d’autres créanciers, notamment le Trésor public et l’URSSAF.

• C’est pourquoi, en cas d’ouverture d’une procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation


judiciaire, le Code du travail prévoit un « superprivilège » de premier rang selon lequel « les
rémunérations de toute nature qui leur sont dues pour les soixante derniers jours de travail sont
payées, nonobstant l'existence de toute autre créance privilégiée » ce qui permet aux salariés d’être
payés avant tout autre créancier.

Cette protection couvre la rémunération des soixante derniers jours de travail ainsi que certaines
indemnités (préavis, fin de contrat, congés payés) dans la limite d’un plafond mensuel fixé par décret
qui ne peut être inférieur à deux fois le plafond mensuel de la sécurité sociale.

Le privilège et le super privilège des salariés ne les protègent efficacement que si l’employeur a encore des
actifs susceptibles de garantir leurs créances, ce qui est loin d’être toujours le cas.

Pour compléter le dispositif de protection des créances des salariés, le législateur impose donc à tous les
employeurs de droit privé de s’assurer contre le risque de non-paiement des sommes dues en exécution du
contrat de travail, en cas de procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire.

Le dispositif est géré par l’Association pour la gestion du régime de Garantie des créances des Salariés (AGS),
association patronale financée par une cotisation versée par l’employeur pour tous les salariés de l’entreprise.

Cette assurance couvre les sommes dues au titre de l’exécution ou de la rupture du contrat de travail :

• Salaires et indemnité de congés payés ;

• Indemnité de préavis, de licenciement ou de fin de contrat ;

• Dommages et intérêts pour licenciement abusif ou pour rupture anticipée de CDD ;

• Sommes dues au titre de l’intéressement ou de la participation.

Application au cas
En l’espèce, le liquidateur va procéder au licenciement pour motif économique de KEVIN dont le contrat de
travail va ainsi prendre fin.

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Pour le paiement des sommes qui lui sont dues au titre de ses soixante derniers jours de travail, il sera payé en
priorité sur tous les autres créanciers de l’entreprise.

Et en l’absence de fonds disponibles pour payer ces sommes, l’Association pour la gestion du régime de
Garantie des créances des Salariés pourra prendre le relais à la demande du liquidateur.

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DOSSIER 3 – DROIT DES CONTRATS

3.1 À l’aide des annexes n° 1 et 2, répondez à la question suivante : au cas présent, la SAS
GOODFOOD peut-elle être indemnisée de la totalité des préjudices qu’elle invoque ?

Problème de droit
Cette question pose le problème du dommage indemnisable dans le cadre de la responsabilité contractuelle.

Règles juridiques applicables


Selon le principe de la force obligatoire des contrats, celui qui ne respecte pas ses obligations engage sa
responsabilité contractuelle à l’égard de son créancier.

En cas d’inexécution ou d’exécution défectueuse d’un contrat, le débiteur de l’obligation doit donc réparer le
préjudice subi par son créancier.

Comme en matière de responsabilité délictuelle, tous les types de dommages sont indemnisables. Un dommage
moral peut donc être indemnisé au même titre que le dommage corporel ou matériel. En ce qui concerne ce
dernier, le Code civil précise que le créancier peut obtenir l’indemnisation de la perte qu’il a subie ainsi que du
gain dont il a été privé.

Mais en matière de responsabilité contractuelle, seul le dommage qui a été prévu ou qui était normalement
prévisible est indemnisable. On estime en effet que celui qui s’engage doit connaître dès le départ les risques
qu’il prend en acceptant le contrat. Cette règle, conforme au principe de l’autonomie de la volonté, assure la
sécurité des transactions.
En principe, le dommage non prévisible n’est donc pas indemnisé.
Il existe cependant une exception à cette règle lorsque l’inexécution est due à une faute lourde ou dolosive du
débiteur.

C’est ce qu’a confirmé la Cour de cassation dans cet arrêt en date du 26 septembre 2012 dans lequel elle
refuse de condamner la SNCF à indemniser un avocat pour la perte d’honoraires et la perte de crédibilité subies
du fait du retard de son train, retard l’ayant empêché d’arriver à temps pour assurer la défense de son client
devant le tribunal de commerce de Paris.

Application au cas
En l’espèce, l’énoncé n’évoquant qu’une simple faute de la SNCF, l’hypothèse d’une faute lourde doit être
écartée, ce qui signifie que seul le dommage prévisible de la SAS GOODFOOD sera indemnisé.

Elle pourra obtenir le remboursement du prix du billet de train de M. NITRITE. En revanche, il ne lui sera sans
doute pas possible d’obtenir l’indemnisation des autres préjudices qu’elle invoque, à savoir le montant du billet
d’avion à destination de la Chine et de la réservation d’hôtel devenus sans objet du fait du retard du train.

3.2 Quelles sont les conditions de mise en œuvre de la garantie des vices cachés ? (Le régime de la
responsabilité des producteurs du fait des produits défectueux est considéré comme hors sujet)

En cas de vente, le Code civil met à la charge du vendeur l’obligation de protéger l’acheteur contre les vices
cachés. Pour que cette garantie puisse jouer, les conditions suivantes doivent être réunies :

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• Il faut que la chose vendue présente un vice, c'est-à-dire un défaut suffisamment grave pour la rendre
impropre à l’usage que l’acheteur voulait en faire (on parle alors de vice rédhibitoire) ou pour en
diminuer notablement la valeur.

• Il doit s’agir d’un vice caché, c'est-à-dire non visible ; si le défaut est apparent, on suppose que
l’acheteur l’a vu et accepté.
Le caractère apparent ou caché du vice est apprécié par les tribunaux en fonction de la qualité de
l’acheteur. S’il s’agit d’un profane, la jurisprudence n’exige pas de lui des vérifications poussées ce qui
signifie qu’un vice qui ne peut être détecté lors un examen superficiel est un vice caché ; mais
l’acheteur ne doit pas être dispensé pour autant des vérifications élémentaires auxquelles toute
personne procéderait en pareil cas.

• Le vice en question doit être antérieur à la vente : cette condition est tout à fait justifiée car il serait
anormal de demander au vendeur d’intervenir pour des défauts qui n’existaient pas lors de la vente.
Elle soulève cependant un problème de preuve car il n’est pas toujours facile de dater l’existence du
vice ; en pratique, les parties et les tribunaux ont souvent recours à des experts.

• Enfin l’acheteur doit agir dans un délai de deux ans pour faire jouer la garantie ; en principe, ce délai
court à partir du moment où l’acheteur a découvert le vice.

3.3 Quels peuvent être les effets de la mise en œuvre de la garantie des vices cachés ?

En cas de mise en œuvre de la garantie des vices cachés, l’acquéreur a le choix entre deux solutions :

• Il peut demander la restitution intégrale du prix moyennant la restitution de la chose vendue, et dans
cette hypothèse on parle d’action rédhibitoire.

• Il peut décider de garder le bien vendu et se faire restituer une partie du prix, le montant de cette
restitution étant proportionné à la perte de valeur ; on parle alors d’action estimatoire.

Par ailleurs, s’il a subi un préjudice et qu’il peut prouver que le vendeur connaissait l’existence du vice,
l’acquéreur pourra obtenir une indemnisation.

3.4 Quelles sont les règles applicables à une offre en ligne au titre du Code civil ?

Outre les obligations habituelles prévues par le Code de la consommation concernant l’information
précontractuelle du client (caractéristiques du produit ou de la prestation, prix, frais de livraison, conditions de
paiement, délai et modalités de livraison ou d’exécution de la prestation etc.), le Code civil prévoit plusieurs
obligations spécifiques en cas de commerce électronique :

• L’auteur d’une offre en ligne reste engagé tant que cette offre est accessible sur son site internet ;

• Il doit mettre à disposition du client les dispositions contractuelles applicables à l’offre ;

• L’offre qui apparait en ligne doit comporter plusieurs mentions spécifiques, notamment :

- Les différentes étapes à suivre pour conclure le contrat par voie électronique

- Les moyens techniques permettant d’identifier et de corriger d’éventuelles erreurs de saisie des
données avant la conclusion du contrat

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- Les langues proposées pour la conclusion du contrat parmi lesquelles doit figurer la langue française

Notons que d’autres obligations spécifiques sont également prévues par le Code de la consommation lorsqu’un
contrat est conclu par voie électronique, notamment l’obligation de veiller à ce que le consommateur
reconnaisse explicitement son obligation de paiement.

3.5 À quel moment est conclu un contrat électronique ?

Le Code civil précise également les conditions dans lesquelles l’acceptation d’une offre en ligne doit être
effectuée pour que l’engagement soit valable :

• Le destinataire de l’offre doit avoir eu la possibilité de vérifier les modalités de sa commande, et


notamment son prix, avant de manifester son acceptation.

• Il doit également avoir eu la possibilité de rectifier les éventuelles erreurs avant d’accepter.

• Enfin il doit confirmer son acceptation.

Le contrat n’est donc conclu qu’après cette confirmation.

3.6 De manière générale, dans une vente en ligne, si l’acquéreur se rend compte, lors de la
réception du bien, que celui-ci ne correspond finalement pas à ses attentes (déçu de la couleur,
de la taille…), peut-il retourner le bien au fournisseur et en demander le remboursement ? Si
oui, par quel moyen et dans quel délai ? Si non, pourquoi ?

Lorsqu’un contrat est conclu à distance, le Code de la consommation accorde au consommateur un délai de
quatorze jours pour exercer son droit de rétractation qui lui permet de renoncer à son engagement librement
donc sans avoir à justifier d’un motif et sans pénalité.

Le client doit être informé de l’existence de son droit à rétractation avant la conclusion du contrat. Lorsque ce
n’est pas le cas, celui-ci est prolongé de douze mois.

Le délai de rétraction court à compter de la conclusion du contrat pour les contrats de prestation de services, et
à compter de la réception du bien pour les contrats de vente de biens.
Le jour de conclusion du contrat ou le jour de réception du bien n'est pas compté dans le délai.
Si le délai expire un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé, il est prorogé jusqu'au premier jour
ouvrable suivant.

Le consommateur qui souhaite exercer son droit de rétractation doit en informer le professionnel avant la fin du
délai. Pour cela, il lui retourne soit le formulaire type, soit « une autre déclaration, dénuée d'ambiguïté,
exprimant sa volonté de se rétracter. »

Le consommateur qui a renoncé à son engagement dans le délai légal doit restituer le bien au professionnel
dans les quatorze jours qui suivent. Les frais de renvoi sont à sa charge, sauf si le professionnel en décide
autrement ou s’il a omis d’en informer son client.

Lorsque le consommateur a régulièrement exercé son droit de rétractation, le professionnel doit le rembourser
de la totalité des sommes versées sans retard injustifié et au plus tard dans les quatorze jours à compter de la
date à laquelle il est informé de cette rétractation.
Au-delà, les sommes dues sont majorées de plein droit selon un taux qui augmente avec la durée du retard.

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La vente en ligne étant une des formes de la vente à distance, le droit de rétractation lui est applicable.
L’acquéreur d’un bien peut donc le retourner au fournisseur et obtenir le remboursement, à condition toutefois
de respecter le délai précité.

DOSSIER 4 – DROIT DES SOCIETES ET DROIT PENAL

4.1 Qu’aurait-il fallu faire pour que cette cession de parts soit valable et opposable ?

Problème de droit
Cette question pose le problème de la validité et de l’opposabilité d’une cession de parts sociales de société en
nom collectif.

Règles applicables
ð La cession de parts sociales d’une société en nom collectif est valable lorsque deux conditions sont réunies :

• Une condition de fond qui est le consentement unanime des associés.


Cette condition est exigée dans tous les cas, qu’il s’agisse d’une cession à un tiers, au conjoint, à un
ascendant, un descendant, ou même d’une cession entre associés.
Cette règle étant d’ordre public, toute clause contraire des statuts est non écrite. La décision
d’agrément peut être prise en assemblée ou lors d’une consultation écrite.

• Une condition de forme


Les parts sociales des sociétés en nom collectif n’étant pas des titres négociables, toute cession ou
transmission doit faire l’objet d’un écrit établi sous seing privé ou de manière authentique.

ð En ce qui concerne l’opposabilité de la cession, le Code de commerce pose les règles suivantes :

• Pour être opposable à la société la cession doit lui être notifiée, soit par signification d’huissier, soit
par le dépôt d’un exemplaire orignal de l’acte de cession au siège social contre remise d’une
attestation de dépôt signée par le gérant.

• Une cession de parts sociales n’est opposable aux tiers que si les formalités précédentes ont été
accomplies et que les statuts modifiés ont été publiés au registre du commerce et des sociétés.

Application au cas
En l’espèce, M. TERTIUS n’a pas respecté les règles prévues par le Code de commerce.
Avant de vendre ses parts sociales à un tiers, il aurait en effet dû obtenir l’accord unanime des autres associés.
De plus, la vente étant faite, il aurait dû accomplir les formalités de notification et de publication requises.
Cette cession de parts est donc inopposable à la société comme aux autres associés.

4.2 À quelle(s) condition(s), le créancier d’une SNC peut-il s’adresser à un associé pour obtenir le
paiement de sa créance ?

L’obligation aux dettes sociales des associés de SNC ne joue que dans les conditions suivantes :

• La dette de la société doit avoir été contractée par un gérant agissant dans le cadre de l’objet
social. En effet, lorsque le gérant agit en dehors de l’objet de la société celle-ci n’est pas engagée et
par voie de conséquence, les associés non plus.

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Peu importe en revanche que le gérant ait ou non agi dans le cadre de ses pouvoirs
statutaires puisque les clauses limitatives des pouvoirs du gérant sont inopposables aux tiers.
La société étant engagée lorsque le gérant outrepasse ses pouvoirs, les associés sont tenus de la
dette.

• Le paiement doit avoir été préalablement réclamé en vain à la société.


Un créancier ne peut en effet agir contre un associé qu’après avoir adressé à la société par acte
d’huissier une mise en demeure restée sans effet pendant huit jours.

4.3 Au cas présent, le créancier est-il fondé à agir contre M. TERTIUS ?

Problème de droit
Cette question pose le problème de l’obligation aux dettes sociales d’un associé ayant vendu ses parts sociales.

Règles applicables
En cas de cession de parts sociales, l’associé qui quitte la société reste tenu des dettes sociales existant lors de
son départ.

En revanche, il n’est pas tenu des dettes postérieures à son départ, sauf lorsque celui-ci n’a pas été publié et
n’a donc pas été porté à la connaissance des tiers.

En l’absence de publicité, il y a en effet présomption irréfragable de la qualité d’associé.


Cette règle est logique dans la mesure où faute de publication, les tiers peuvent croire qu’il est toujours associé
et qu’il répond toujours des dettes sociales.

Application au cas
En l’espèce, la cession des parts sociales de M. TERTIUS n’ayant pas été notifiée à la société, les statuts n’ont
pas été modifiés et aucune formalité de publicité n’a été accomplie.

Cette cession qui n’a pas été portée à leur connaissance est donc inopposable aux tiers, notamment au
fournisseur qui réclame le paiement de sa créance.

Sous réserve qu’il ait préalablement et vainement mis la société en demeure de payer, ce créancier peut donc
agir contre M. TERTIUS pour obtenir le paiement de sa créance.

4.4 Quelles sont les conséquences de cette situation ?

Une société en nom collectif ne peut pas être unipersonnelle.


Lorsqu’une telle situation se présente, il faut faire entrer au moins un nouvel associé ou procéder à une
transformation en société unipersonnelle, EURL ou SASU.

Mais le Code général des impôts prévoit que l’activité de débitant de tabac ne peut être exercée que sous la
forme d’une entreprise individuelle ou d’une société en nom collectif.

Du fait de son objet social, la société « O’ Bar’ Tabac » ne peut donc pas être transformée en EURL comme
l’envisage M. PRIMUS.

A défaut de faire entrer un nouvel associé dans la société, l’exploitation de son activité de débitant de tabac ne
pourra donc être exercée que dans le cadre d’une entreprise individuelle.

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4.5 Ces prélèvements sont-ils constitutifs d’une infraction ? Si oui, laquelle ? Si non, pourquoi ?

Problème de droit
Cette question pose le problème du détournement de fonds d’une société en nom collectif par son gérant.

Règles applicables
Dans le cas de la société en nom collectif, le délit d’abus de biens sociaux n’est pas prévu par le Code de
commerce. Faute d’un élément légal, le fait pour un gérant d’utiliser les fonds sociaux pour ses besoins
personnels ne peut être sanctionné sur cette base juridique.

En revanche, l’article L314-1 du Code pénal qui sanctionne l’abus de confiance pourrait s’appliquer dans cette
hypothèse.

• L’élément matériel de cette infraction c’est le détournement de fonds ou de biens au préjudice


d’autrui. Le détournement peut notamment prendre la forme d’une appropriation ou d’un usage
abusif.

• L’élément intentionnel est établi dès lors que l’auteur des faits avait conscience que l’appropriation
ou l’usage du bien était contraire à la loi et susceptible de causer un préjudice.

A titre principal, l’auteur d’un abus de confiance peut être condamné à trois ans d’emprisonnement et 375 000
euros d’amende.

Le Code pénal prévoit par ailleurs plusieurs peines complémentaires que le juge peut prononcer pour renforcer
la peine principale, notamment l’interdiction de diriger, d'administrer, de gérer ou de contrôler, directement ou
indirectement, pour son propre compte ou pour le compte d'autrui, une entreprise commerciale ou industrielle
ou une société commerciale.

Application au cas
En l’espèce, il y a bien eu infraction puisque les éléments constitutifs d’un abus de confiance semblent réunis.
L’élément matériel est en effet constitué puisque M. PRIMUS a prélevé des fonds sur le compte bancaire de la
société pour ses besoins personnels.

L’élément moral est également présent puisque M. PRIMUS ne pouvait ignorer que ces prélèvements
constituaient un détournement susceptible de causer un préjudice à la société.
Il encourt donc les sanctions pénales précitées.

4.6 Quelle est l’incidence de cette cession sur l’existence de cette société ?

Problème de droit
Cette question pose le problème des conséquences de l’extinction de l’objet social.

Règles applicables
Il y a dissolution de plein droit d’une société lorsque la survenance d’un évènement met automatiquement fin
au contrat de société. Parmi les différentes causes de dissolution de plein droit, le Code civil mentionne
l’extinction de l’objet social.

Il y a extinction de l’objet de la société lorsque celui-ci devient impossible.

Dans un arrêt en date du 30 mars 2016, la Cour de cassation a ainsi jugé que l'objet social statutaire d’une
société « étant exclusivement cantonné à l'exploitation d'un fonds de commerce alimentaire (…), la cessation

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définitive de l'exploitation du fonds de commerce alimentaire avait pour conséquence l'extinction de son objet
social, impliquant la dissolution de plein droit de la société ».

En revanche, il n’y a pas dissolution en cas d’extinction partielle de l’objet social.

Application au cas
En l’espèce, la société « O’Bar’Tabac » a pour unique objet social l’exploitation du bureau de tabac qu’elle a
acquis à Lisieux.
La cession de ce fonds de commerce a donc pour conséquence l’extinction de son objet social, ce qui implique
la dissolution de plein de droit de la société.

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