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Erik Satie in 1896

Photo: Archives de la Fondation Erik Satie, Paris

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VOLUME I: FIRST WORKS, OTHER WORKS ^ Airs à faire fuir II 1.04
Premières Œuvres, Autres œuvres · Band 1: Erste Werke, Andere Werke & Airs à faire fuir III 4.18

FIRST WORKS * Danses de travers I 1.07


Trois Sarabandes (1887) ( Danses de travers II 0.49
1 1ère Sarabande 5.38 ) Danses de travers III 1.26
2 2ème Sarabande 6.13
3 3ème Sarabande 6.23 ¡ The dreamy fish (1901) 5.29

Trois Gymnopédies (1888) ™ The Angora Ox (1904) 7.42


4 1ère Gymnopédie 3.39
5 2ème Gymnopédie 3.25 VOLUME II: EARLY WORKS, ROSE+CROIX (ROSICRUCIAN), CAFÉ-CONCERT AND MUSIC HALL
6 3ème Gymnopédie 3.06 Œuvres de jeunesse, Rose + Croix, Café-concert et Music-hall
Band 2: Jugendwerke, Rose + Croix (Rosenkreuzer Werke),
OTHER WORKS Unterhaltungsstücke für Cafés und Music Halls
7 5ème Gnossienne (1889) 3.51
EARLY WORKS
Trois Gnossiennes (1890) # Allegro (1884) 0.18
8 1ère Gnossienne 4.33
9 2ème Gnossienne 2.34 ¢ Valse-ballet (1885) 1.42
0 3ème Gnossienne 3.19
! 4ème Gnossienne (1891) 3.36 ∞ Fantaisie-valse (1885) 2.01
@ 6ème Gnossienne (1897) 1.46
£ 7ème Gnossienne 4.51 ROSE+CROIX (ROSICRUCIAN) WORKS
§ Fête donnée par des chevaliers normands en I’honneur 3.56
$ Petite ouverture à danser (1897) 1.12 d’une jeune damoiselle (XIe siècle) (?1889)

Pièces froides (1897)


% Airs à faire fuir I 3.56

3
Ogives (1889) S 8. En Ie haut honneur du vénéré Saint Michel, Ie gracieux archange 0.46
¶ Ogive I 2.41 T 9. Après avoir obtenu la remise de ses fautes 0.50
• Ogive II 3.01
ª Ogive lll 2.41 45 Vexations (1893) 3.38
º Ogive IV 3.21
46 Modéré (1893) 1.08
⁄ Première pensée Rose + Croix (1891) 1.09
47 Verset laïque et somptueux (1900) 1.11
¤ Leit-motiv du “Panthée” (1891) 0.47
CAFÉ-CONCERT AND MUSIC HALL
Sonneries de la Rose + Croix (1892) 48 Je te veux (1897) 5.11
‹ Air de l’Ordre 5.25
› Air du Grand Maître 6.42 49 Tendrement (1902) 3.43
fi Air du Grand Prieur 3.54
50 Poudre d’or (1902) 4.27
Danses gothiques
Cultifiements et Coadunations choristiques, Neuvaine pour 51 Stand-Walk (La Diva de “L’Empire”) (1904, arr. Hans Ourdine) 2.14
Ie plus grand calme et la fort tranquillité de mon âme (1893)
fl 1. À l’occasion d’une grande peine 4.00 52 Le “Piccadilly” (1904) 1.32
‡ 2. Dans laquelle les Pères de la très véritable et très sainte Église
sont invoqués 0.59 53 Légende californienne (1905, arr. Andrew Cornall) 1.34
° 3. En faveur d’un malheureux 0.22
· 4. À propos de Saint Bernard et de Sainte Lucie 0.49 La Belle Excentrique (1920, arr. Erik Satie)
‚ 5. Pour les pauvres Trépassés 3.18 54 1. Marche franco-Iunaire 2.28
Q 6. Où il est question du pardon des injures reçues 0.59 55 2. Valse du “Mystérieux baiser dans I’œil” 2.35
R 7. Par pitié pour les ivrognes, honteux, débauchés, imparfaits,
désagréables, et faussaires en tous genres 0.38

4
VOLUME III: EXERCISES FOR THE SCHOLA CANTORUM, PIECES FOR CHILDREN,
LATE WORKS, FILM MUSIC 67 Songe-creux (1909) 1.25
Devoirs pour la Schola Cantorum, Enfantines, Dernières œuvres, Musique de film
Band 3: Aufgaben für die Schola Cantorum, Kinderstücke, Letzte Werke, 68 Le Prisonnier maussade (1909) 0.34
Filmische Musik
69 “Le grand Singe” (1909) 0.28
EXERCISES FOR THE SCHOLA CANTORUM
56 Passacaille (1906) 2.45 Douze petits chorals (1906–1909)
70 Choral nº 1 0.51
57 Prélude en tapisserie (1906) 3.41 71 Choral n° 2 0.45
72 Choral n° 3 0.44
58 Fugue-valse (1906) 1.43 73 Choral nº 4 0.47
74 Choral n° 5 0.35
Nouvelles pièces froides (1907) 75 Choral n° 6 1.03
59 1. Sur un mur 2.06 76 Choral nº 7 0.20
60 2. Sur un arbre 1.53 77 Choral n° 8 0.31
61 3. Sur un pont 2.40 78 Choral n° 9 0.30
79 Choral nº 10 0.53
62 Fâcheux exemple (1908) 0.48 80 Choral n° 11 0.52
81 Choral n° 12 (Petite sonate [1908]) 0.52
63 Désespoir agréable (1908) 0.35
82 Prélude canin (1912) 0.46
64 Effronterie (1909) 1.47
83 Arrière-propos (1912) 0.36
65 Poésie (1909) 0.42

66 Profondeur (1909) 1.17

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PIECES FOR CHILDREN LATE WORKS
L’Enfance de Ko-quo (Recommandations maternelles) (1913) Nocturnes (1919)
84 1. Ne bois pas ton chocolat avec tes doigts 1.06 99 1er Nocturne 2.36
85 2. Ne souffle pas dans tes oreilles 0.35 100 2ème Nocturne 1.57
86 3. Ne mets pas ta tête sous ton bras 0.39 101 3ème Nocturne 2.50
102 4ème Nocturne 2.42
(Trois Nouvelles Enfantines) (1913) 103 5ème Nocturne 1.58
87 1. Le vilain petit Vaurien 0.35 104 6ème Nocturne 1.24
88 2. (Berceuse) 0.51
89 3. La gentille toute petite Fille 0.49 105 Premier Menuet (1920) 1.57

Menus propos enfantins (1913) 106 Rêverie de l’Enfance de Pantagruel (1920) 1.48
90 1. Le Chant guerrier du Roi des Haricots 1.07
91 2. Ce que dit la petite Princesse des Tulipes 0.43 FILM MUSIC
92 3. Valse du Chocolat aux Amandes 1.01 107 Cinéma (1924, adapted from arrangement by Darius Milhaud) 9.51
Cheminés, ballons qui explosent; Gants de boxe et allumettes;
Enfantillages pittoresques (1913) Prises d’air, jeux d’échecs et bateaux sur les toits; La Danseuse et
93 1. Petit prélude à la journée 0.54 figures dans l’eau; Chasseur et début de I’enterrement; Marche
94 2. Berceuse 1.26 funèbre; Cortège au ralenti; La Poursuite; Chute du cercueil; Finale
95 3. Marche du grand Escalier 1.13

Peccadilles importunes (1913)


96 1. Être jaloux de son camarade qui a une grosse tête 0.55
97 2. Lui manger sa tartine 1.15
98 3. Profiter de ce qu’il a des cors aux pieds pour lui prendre son cerceau 0.34

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VOLUME IV: FANCIFUL WORKS Croquis et agaceries d’un gros bonhomme en bois (1913)
Œuvres fantaisistes · Band 4: Phantastische Werke 121 1. Tyrolienne turque 1.45
122 2. Danse maigre à la manière de ces Messieurs 1.46
Préludes flasques pour un chien (1912) 123 3. EspaZaZa 1.34
108 1. Voix d’intérieur 0.41
109 2. Idylle cynique 1.12 Chapitres tournés en tous sens (1913)
110 3. Chanson canine 1.42 124 1. Celle qui parle trop 1.02
111 4. Avec camaraderie 1.35 125 2. Le Porteur de grosses pierres 2.48
126 3. Regret des Enfermés 2.06
Véritables préludes flasques pour un chien (1912)
112 1. Sévère réprimande 0.52 Vieux sequins et vieilles cuirasses (1913)
113 2. Seul à la maison 1.08 127 1. Chez Ie Marchand d’or (Venise XIIIe siècle) 1.48
114 3. On joue 0.48 128 2. Danse cuirassée (période grecque) 1.03
129 3. La défaite des Cimbres (Cauchemar) 2.01
Descriptions automatiques (1913)
115 1. Sur un Vaisseau 2.05 130 Sports et divertissements (1914) 15.23
116 2. Sur une Lanterne 2.04 Choral inappétissant. La Balançoire. La Chasse. La Comédie italienne.
117 3. Sur un Casque 1.03 Le Réveil de la Mariée. Colin maillard. La Pêche. Le Yachting.
Le Bain de Mer. Le Carnaval. Le Golf. La Pieuvre. Les Courses.
Embryons desséchés (1913) Les Quatre Coins. Le Pique-Nique. Le Water-Chute. Le Tango perpétuel.
118 1. D’Holothurie 2.33 Le Traîneau. Le Flirt. Le Feu d’artifice. Le Tennis
119 2. D’Edriophthalma 2.23
120 3. De Podophthalma 1.46 Heures séculaires et instantanées (1914)
131 1. Obstacles vénimeux 1.56
132 2. Crépuscule matinal (de midi) 1.05
133 3. Affolements granitiques 0.53

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Les trois valses distinguées du précieux dégoûté (1914) Préludes du “Nazaréen” (1892)
134 1. Sa taille 1.00 146 1er Prélude 7.54
135 2. Son binocle 0.56 147 2ème Prélude 4.37
136 3. Ses jambes 0.42
148 Prélude d’Eginhard (1892) 2.54
Avant-dernières pensées (1915)
137 1. Idylle 1.12 Uspud (Ballet Chrétien en 3 Actes) (1892)
138 2. Aubade 1.40 149 Premier Acte 11.01
139 3. Méditation 0.55 150 Deuxième Acte 7.08
151 Troisième Acte 9.27
Sonatine bureaucratique (1917)
140 1. Allegro 0.56 152 Prélude de la porte héroïque du ciel (1894) 10.46
141 2. Andante 1.00
142 3. Vivache 1.20 Jack in the Box (1899, arr. Darius Milhaud)
153 Prélude 1.53
VOLUME V: INCIDENTAL MUSIC 154 Entr’acte 1.56
Musiques de scène · Band 5: Musik für die Bühne 155 Finale 1.54

Préludes du “Fils des Étoiles” (1892) 156 Prélude de “La Mort de Monsieur Mouche” (1900) 1.14
143 Acte I Prélude: La Vocation 4.09
144 Acte II Prélude: L’lnitiation 3.24 157 Chanson andalouse (pour “Pousse I’Amour”) (1906) 1.35
145 Acte III Prélude: L’lncantation 4.20

8
Sept toutes petites danses pour “Le Piège de Méduse” (1913) FOUR-HANDED PIANO MUSIC AND OTHER WORKS
158 1. Quadrille 0.33 Musique pour piano à quatre mains et autres œuvres
159 2. Valse 0.36 Vierhändige Klavierwerke und andere Stücke
160 3. Gigue 0.37
161 4. Mazurka 0.23 Trois Morceaux en forme de poire (1903)*
162 5. Polka 0.13 172 Manière de commencement 3.23
163 6. Polka 0.25 173 Prolongation du même 0.56
164 7. Quadrille 0.21 174 I Lentement 1.19
175 II Enlevé 2.44
165 Les Pantins dansent (1913) 1.33 176 III Brutal 2.33
177 En plus 2.05
Cinq Grimaces (pour “Le Songe d’une Nuit d’Été”) (1929) 178 Redite 1.22
arr. Darius Milhaud
166 1. Préambule 0.54 Parade (1917)*
167 2. Coquecigrue 0.41 179 Prélude du rideau rouge 1.37
168 3. Chasse 0.35 180 Prestidigitateur chinois 2.33
169 4. Fanfaronnade 0.25 181 Petite fille américaine 1.22
170 5. Retraite (pour sortir) 1.04 182 Rag-time du paquebot 2.21
183 Acrobates 2.42
171 Rag-Time Parade (1917) 2.06 184 Suprême effort et chute des managers 0.20
arr. Hans Ourdine [Stéphane Chapelier] 185 Suite au Prélude du rideau rouge 0.30

JEAN-YVES THIBAUDET piano 186 Troisième Sarabande (1887) 5.36

9
La Belle Excentrique (1922)* Choses vues à droite et à gauche (sans lunettes) (1914)+
187 I Marche franco-lunaire 1.36 204 Choral hypocrite 1.01
188 Grande Ritournelle 1.57 205 Fugue à tâtons 1.56
189 II Valse du “mystérieux baiser dans l’œil” 2.03 206 Fantaisie musculaire 1.40
190 Grande ritournelle 1.55
191 III Cancan grand-mondain 1.45 PASCAL ROGÉ piano
with
Aperçus désagréables (1908, 1912)* JEAN-PHILIPPE COLLARD piano*
192 Pastorale 1.18 Chantal Juillet violin+
193 Choral 1.01
194 Fugue 2.41 C

195 Désespoir agréable (1908) 1.00


No.1 from Six Pièces de la période 1906–1913
196 Songe-Creux (c.1909) 1.54
No.6 from Six Pièces de la période 1906–1913

En habit de cheval (1911)*


197 Choral 0.31
198 Fugue litanique 2.05
199 Autre choral 0.31
200 Fugue de papier 2.23

Trois Petites Pièces montées (1919)*


201 I De l’enfance de Pantagruel (Rêverie) 1.21
202 II Marche de Cocagne (Démarche) 0.59
203 III Jeux de Gargantua (Coin de Polka) 1.36

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ERIK SATIE: THE COMPLETE (?) SOLO PIANO MUSIC as the Fourth, Fifth and Sixth Gnossiennes and Maurice Ravel.
Ornella Volta — two other works, with the totally The Gymnopédies, whose title refers to
arbitrary titles of Petite musique de clown Spartan dances performed by “naked
The task of recording Erik Satie’s appeared to be complete (including various triste and Rêverie du Pauvre, were added children” and the first of which was
“complete” piano works is one which a pieces of incidental music for stage works to Satie’s catalogue when in fact they had dedicated to a little girl, are the result of
number of pianists have set themselves in never performed due to unfavourable been composed by Louis Varney and Jules Satie’s desire to evoke the music of ancient
the past, but also one which poses some circumstances) between the publishers Massenet respectively. Satie had simply times — a pared-down “childhood of
genuine problems, given that several Rouart & Lerolle (Paris) and Universal transcribed them into one of his notebooks music” — as a late-nineteenth-century
works in the current catalogue were only (Vienna). He perhaps only took one liberty, during his time as a cabaret/café piano- composer might have imagined it at a time
published after his death and are of in trying to reconstruct the Messe des player as piano accompaniments for when Wagner’s so-called “music of the
disputed or at least questionable pauvres for organ and chorus even though cabaret artist Vincent Hyspa’s parodies of future” prevailed.
authenticity. The care he took over any only fragments of the work were found the originals.1 With the Gnossiennes — one of the
piece of writing destined to be seen by (the Mass was composed for the church In the same way that the discovery of earliest examples of repetitive music —
anyone else (even the shortest of letters) that Satie founded himself and at which he a minor sketch by a great painter often he was attempting to break through the
was always meticulous, bordering on the was the only worshipper: the Église excites immense attention, the tiniest of restrictive boundaries of Western music
obsessive; during his lifetime, he only ever métropolitaine d’Art). fragments and exercises by Satie have and open up a labyrinth of oriental
gave his publishers signed and dated The outbreak of World War Two and been published over the years. However, melismas.
manuscripts displaying the most elegant Milhaud’s subsequent departure for the taken out of context and even in some There is one rarity here worthy of
calligraphy throughout, his signature acting USA led to the current division of the main cases rearranged, these are of no use even particular mention: the Septième
as his official authorisation for publication. corpus of Satie’s works between Harvard to a specialist researcher. Gnossienne. This was never published
After his death however, a considerable and the Bibliothèque Nationale de France. separately by Satie, but he did recognise it
number of works were found in the stark Following the first exhibition dedicated The works recorded here by Jean-Yves as another Gnossienne (without allocating it
surroundings of his dingy apartment in to Satie organised by the Bibliothèque Thibaudet are unaffected by any of the a number), and included it as part of two
Arcueil, most of them written out in the Nationale in 1966 to mark the centenary of above-mentioned difficulties, since they are other works: his incidental music for Sâr
manuscript books he had always carried his birth, one of the composer’s greatest all guaranteed “original” works and bear the Péladan’s “Chaldean pastoral” Le Fils des
with him. Some, although signed and admirers, a good and loyal friend during his necessary imprimatur. Works in a particular Étoiles (1892), and the ”Manière de
dated, and with the same beautiful final months, revealed the existence of a style or from a particular period are commencement” from Trois Morceaux en
penmanship, had never been shown to his large number of unpublished works and, grouped together in the first five volumes forme de poire (1903).
publishers as Satie had written them for with the best of intentions (as we know, of this set.
his teachers at the Schola Cantorum, the road to hell is paved with good The works on Volume II demonstrate the
having returned to student life at the age of intentions…) managed to publish several of Volume I introduces us to his early works, young Satie’s great interest in the two
thirty-nine. All these manuscripts were them, without taking too much care to still the most widely performed, as well as fundamental forms of popular music:
then entrusted by Satie’s family to Darius separate the wheat from the chaff. So, being those which most impressed his firstly the Rose+Croix (Rosicrucian)
Milhaud, and he divided those which alongside some happy discoveries — such contemporaries, including Claude Debussy “genuflectory” music, which was

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sufficiently hieratic and contemplative to the tempo chosen, this would take and also with a view to educating their ear on the specific nature of film as a medium:
separate the individual from the crowd and between twelve and twenty-four hours. by making them aware of, for example, this was still the time of silent movies
touch on esotericism; and secondly music Without entirely playing the composer’s the return of a motif by repeating a silly and live accompaniment rather than
composed for cabaret and music-hall game, for obvious reasons, Jean-Yves adjective or a funny situation in the texts he soundtracks, of course. In the same way
entertainment, with its immediate contact Thibaudet here simply reveals the different wrote between the staves (which were that each shot of the film breaks down into
between performer and audience. He elements of the task, by playing the theme never designed to be read aloud during the several images that at first appear identical
explored the latter form during the Belle alternately with the two variations, as performance, their only aim being to guide but are in fact minutely different from one
Époque, for the ”queen of the slow waltz”, requested by the composer, then the and amuse the young performers). another, the musical sequences provided
Paulette Darty, and made a brief return to it theme again, this time followed by the two Towards the end of his life, Satie by Satie contain motifs to be repeated
— with La Belle Excentrique, for the dancer variations, one after the other. composed little for the piano, even though several times but always with tiny
Caryathis — at the beginning of the Roaring it had always been his preferred means of variations.
Twenties, when, under Cocteau’s influence, In Volume III are the pieces composed by expression. He published five of his
the “music-hall aesthetic” was beginning to Satie while studying at the Schola Cantorum. Nocturnes at around the same time, Volume IV contains the works described by
win over Les Six and inspire a new He was keen to go back to the very Nos.1–3 with one publisher and Nos.4 Satie himself as fantaisistes (fanciful,
departure for French music. beginning, as Albert Roussel, one of his and 5 with another (Robert Orledge’s playful). In around 1910 Satie, who never
It is worth remembering that, when teachers, later explained: edition of No.6 was published after Satie’s allowed himself to be confined to a single
composing his Rosicrucian music, Satie death), and said that they were ”another style, however profitable it might be, would
was inspired by Pierre Puvis de Chavannes’ When he told me one day of his expression” of himself: “I have reached a change course completely and give free
murals evoking the static serenity of intention to study at the Schola, turning-point in my state of mind, and I am rein to his imagination and sense of
primitive art. It should also be pointed out I attempted to dissuade him. Satie not enjoying myself.“3 humour. He had left the restrictive
that, in order to rediscover the religious already knew his trade. His published As for the Premier Menuet, “written”, he discipline of the Schola Cantorum behind
feeling of the Middle Ages while remaining works were all the proof I needed that said, “when I was very young (at the age of him, and Paris’s musical circles, alerted by
fully aware that as a nineteenth-century he had nothing to learn. I could not see 54)”, there would never be a second. Ravel, were feting the rigour and
man his approach would inevitably be what he hoped to gain from theoretical Cinéma was Satie’s last work, composed sparseness of his early works. In the few
different, he composed Ogives while and scholastic study. Nevertheless, he for René Clair’s cinematic interlude in the years before the First World War put an end
observing the restoration work being persisted. He was a very obedient and ballet Relâche. The original version was for to this happy period, he composed around
carried out by architect Viollet-le-Duc on hard-working student. His work was orchestra — Darius Milhaud arranged it for fifty tiny and often delightfully parodic
the Gothic ogives, or ribs, of the vaults of always handed in on time, with piano (four hands) and Rouart & Lerolle works, beginning with the Préludes
Notre-Dame de Paris. meticulous calligraphy, and enlivened revised it for solo piano. flasques, dedicated to a dog.
There is also one curiosity in this with notes in red ink. He was a Rather than concerning himself with the This dedication, which may at first seem
volume: a short quotation from Vexations wonderful musician.2 psychological or narrative content of the surprising, was in fact a polite warning
— its “motif”, made up of a theme and two film — which in any case was essentially aimed at precisely those listeners who
variations — which Satie requires to be Then we hear the pieces for children, characterised by its shocking images and would have been shocked by it. Satie was
played 840 times in a row; depending on written with their smaller hands in mind rhythmic variations — Satie concentrated setting up the dog as an example for them,

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just as Rabelais had done earlier for his I’Amour to the seven “tiny little dances” of
superficial or distracted readers, telling a stuffed monkey in Le Piège de Méduse,
them that the dog is “according to Plato, and from the “poème dansé“ Les Pantins
the most philosophical of beasts” who, dansent written for Valentine de Saint-Point
instead of being put off by the unattractive (the dancer famed for her Métachorie —
look of a bone, sniffs it, gnaws it, sucks it, Metadance) to the Cinq Grimaces for
and doesn’t stop until it reaches the “very A Midsummer Night’s Dream (which was to
marrow”. be performed in a circus by real clowns),
we eventually reach the final bouquet of
Volume V brings together the incidental “Rag-Time” from Parade4 (his first full-scale
music composed by Satie throughout his ballet which, despite the scandal and legal
life, and as such, acts as a kind of tracking proceedings it provoked, would finally bring
shot of his many and various works. Satie instant celebrity) — this is a fast and
Travelling from the so-called wagneries furious rag, but one which must be played
of his Rosicrucian period to the Montmartre “sadly” as it is actually supposed to evoke
gigues of Jack in the Box, from the a less than happy event: the sinking of
Chanson andalouse for the comedy Pousse the Titanic.

1 Steven Moore Whiting, “Musical Parody and


two ‘Œuvres posthumes’ of Erik Satie”, Revue de
Musicologie, 81 (1995), pp.214–234.
2 Erik Satie, Correspondance presque complète,

O. Volta, Paris, Fayard/Imec 2000, p.1097. Satie’s Le Golf, 1914 autograph manuscript
3 Ibidem, pp.376, 377.
Photo: Archives de la Fondation Erik Satie, Paris
4 Satie based this rag on the rhythms of Irving

Berlin’s Mysterious Rag, for orchestra or piano


duet. The arrangement for solo piano was created
by the publisher Stéphane Chapelier, who signed
it with the witty pseudonym of Hans Ourdine (“en
sourdine” [muted]).

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Among the challenges facing anyone example, the holothuria (sea cucumber) is FOUR-HANDED PIANO AND OTHER WORKS
playing Erik Satie’s music is that of the portrayed near a “very slimy rock” in the James Harding
performance indications inscribed between bay of Saint-Malo while the music quotes
the staves — a challenge peculiar to Satie’s the popular song “Mon rocher de Saint- At the height of the bitterest battles of the a lurching waltz tune, alternately heavy and
work. Rather than providing guidance as Malo”; and in the text accompanying ”Le Great War in 1917 there occurred, on graceful. Finally, the “managers” who run
regards technique, these notes request a Chant guerrier du Roi des Haricots” from 18 May, one of those “scandals” which the show collapse from exhaustion and the
specific emotional state (“without pride”, Menus propos enfantins, both the colour made Parisian artistic life so enjoyable. “If opening prelude returns in chastened
“with astonishment”, “with great kindness”, red (to describe first the king’s face then I’d known it was so silly I’d have brought mood. Satie claimed to Poulenc that Parade
and so on), or a descent into the irrational, his hat) and the “frolics” of a “fine horse” the children with me!” hissed an indignant showed he could “orchestrate no worse
inviting the performer to play ”on yellowed are repeated to draw attention to the matron. She was referring to the first night than the next man. For many people the
velvet”, or “like a nightingale with reappearance of a musical motif. at the Théâtre du Châtelet that launched work only sounded well on the piano.
toothache”. From 1910 Satie even started Satie forbade any of these indications Parade, a ballet with a scenario by Jean Pure legend!!!”
presenting them in the form of short to be read aloud in public during the Cocteau, settings and costumes by Even so, most of Satie’s music was
stories with no apparent link to the music, performance, however tempting this might Picasso, and music by an obscure alcoholic written for the piano, despite his being an
although once deciphered they do in fact be, given their originality: “It’s a secret,” he called Erik Satie. even worse pianist than Ravel. The Trois
reveal something about the work explained, “between the performer and me”. The poet Guillaume Apollinaire remarked Morceaux en forme de poire (1890–1903)
concerned. In Embryons desséchés, for Translation Susannah Howe that Parade hid “poetry beneath its crude consist, in a typical Satie joke, of seven
Punch and Judy wrapping”, and he used the pieces. Much of the set is based on earlier
newly coined term surréalisme to describe or unfinished items and has a distinct
what it was all about. The score, which flavour of the café-concert tunes he
featured a “bouteillophone”, lottery wheel, composed while thumping the piano in
ship’s siren, pistol and typewriter, smoke-filled Montmartre taverns. The title,
accompanied a parade, the term Satie observed, was his answer to a friend
traditionally used for a display of who remarked that his music lacked form.
knockabout turns outside a fairground As he later explained to Debussy, if his
booth intended to attract an audience for suite was in the form of a pear it could not
the next show. The four-handed piano be criticised as formless. Well-formed or
arrangement includes the sombre fugal otherwise, it stands as one of his most
prelude and the Chinese conjurer’s manic agreeable and attractive works.
number culminating in a pounding three- Still indulging Satie’s liking for trinities,
note phrase. A whirling cascade introduces the Trois Petites Pièces montées (1919) are
the “little American girl” who rides a inspired by Rabelais, an author whose
bicycle, boxes, fires a pistol and dances a scatological humour appealed to the
lugubrious ragtime. The acrobats perform to outwardly prim composer. The first item

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meditates the childhood of Pantagruel, a to display his newly acquired contrapuntal virtuoso with his showy cadenzas and The most significant is the third Sarabande
monstrous baby as gigantic as his huge techniques. The first hints that, far from swashbuckling technical feats. At the first (1887), which, despite its early date, marks
father Gargantua and devourer at each meal picturing Satie in riding clothes, he is here performance there were derisive whistles, a historic development in French music
of the milk produced by thousands of unwillingly harnessed to the rules and but applause from sympathisers in the with its forward-looking harmonies and its
cows. The strutting “march of Cockaigne” kicking against them. The second set of audience encouraged the players to encore novel dissonances. In 1968 the
(compare this with Elgar’s more staid items, “unpleasant glimpses”, defiantly the cadenzas, so that in the end the posthumous publication of Six Pièces de la
overture) hymns the fabled land flowing rated by the composer as “beautiful and mockery of complaisant virtuosi was période 1906–1913, two of which are
with milk and honey. A concluding polka, limpid”, adds a melancholy pastorale to a emphasised even more neatly. It was an included here, and of Musiques intimes et
crisp and sharp, evokes the games played chorale and fugue written under the Alice-through-the-Iooking-glass situation secrètes dating from the same period,
by Gargantua. influence of the Schola Cantorum. One that Satie must have relished. rescued the voice of Satie from the grave
The eccentric belle who devised and recalls the fear expressed by Satie’s A few additional bonnes bouches written — ironic, not without charm, and, as ever,
performed the grotesque choreography of sympathetic tutor, the distinguished for solo piano round off this programme. whimsical.
La Belle Excentrique (1920) was the exotic composer Albert Roussel, that submission
dancer Caryathis whom Bakst immortalised to academic disciplines might hamper
in a famous poster. When I knew her in her his originality.
old age, she remained, despite her granny’s The “things seen to right and left
shawl, heavy horn-rimmed glasses, thick (without glasses)” in the Choses vues à
dressing gown and massive wellington droite et à gauche (sans lunettes) (1914)
boots, an awesome personality. Satie’s show, however, that Satie had by now
affectionate guying of the music-hall found absorbed the lessons of the Schola
in her a flamboyant interpreter of the Cantorum and at the same time
“Franco-lunar” march and its badinage, the rediscovered his own pungent individuality.
swooping “kiss in the eye” waltz, and the They comprise his only work for violin and
hilarious “high society” can-can. The whole, piano. The “hypocritical chorale”, subdued
interspersed with a vamp-till-ready but mischievous, laughs gently at the
ritornello, was, affirmed Satie, tongue in textbook principles inculcated by the Schola
cheek, a “serious fantasy”. Cantorum. His chorales, Satie noted
En habit de cheval (1911) and Aperçus modestly, were “less pretentious than
désagréables (1908–12) bear obvious traces Bach’s”. The “fumbling fugue”, based on the
of the period when, already in his forties, simplest of tunes which is nonetheless
Satie humbly submitted himself to a course charming and attractive in its naïveté,
of musical training at the Schola Cantorum reaches a climactic and wholly conventional
and emerged with a Diploma in chord of C major. The “muscular fantasy” is
counterpoint. Both these works are at pains a satire on the airs and graces of the violin

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L’INTÉGRALE (?) POUR PIANO D’ERIK SATIE
Ornella Volta

L’enregistrement “intégral” des œuvres quelques musiques de scène pour des


pour Ie piano d’Erik Satie — une tâche à pièces qui n’avaient pas pu être montées, à
laquelle déjà plusieurs pianistes se sont cause de circonstances défavorables), entre
attelés — pose de réels problèmes à cause les éditions parisiennes Rouart & Lerolle, et
de la présence dans l’édition courante de l’Universal de Vienne. II prit une seule
nombreuses œuvres posthumes, liberté, qui en effet reste sujette à caution,
contestables et contestées. en essayant de reconstituer la Messe des
Ainsi que Ie prouve Ie soin minutieux, Pauvres pour orgues et chœurs que Satie
presque maniacal, que Ie compositeur avait conçue pour cette fantomatique Église
prêtait à tout ce qu’il offrait au regard métropolitaine d’Art dont il etait Ie chef et
d’autrui (fût-il une simple petite lettre), il n’a Ie seul adepte — messe dont cependant
livré, sa vie durant, à ses editeurs, que des on n’avait retrouvé que des
manuscrits parfaitement calligraphiés, fragments épars.
datés et signés, sa signature ayant La Seconde Guerre mondiale et Ie départ
clairement la valeur d’un permis de circuler. conséquent de Milhaud aux États-Unis ont
Après sa mort, toutefois, on a retrouvé, provoqué I’actuel partage du principal
dans Ie légendaire capharnaüm de sa corpus des manuscrits de Satie entre
miserable chambre d’Arcueil, un nombre l’Université de Harvard et la Bibliothèque
considérable de manuscrits — Ie plus Nationale de France.
souvent consignés dans les carnets de Lors de la première exposition
brouillons qu’il promenait en permanence monographique sur Ie compositeur,
dans ses poches — dont certains, organisée par cette dernière en 1966, à
calligraphiés, datés et signés, n’avaient pas l’occasion du centenaire de sa naissance,
été proposés à des éditeurs puisque un de ses admirateurs les plus
destinés aux professeurs de la Schola inconditionnels, qui l’avait connu et
Cantorum qu’au bord de la quarantaine, fidèlement assisté à la fin de sa vie,
Satie avait voulu fréquenter, en humble découvrit I’existence d’un grand nombre de
élève. Darius Milhaud, à qui la totalité de pages inédites et, avec les meilleures
ces manuscrits avait été confiée par la intentions (mais, comme on sait, I’enfer est
Eric Satie in 1923 famille du compositeur, partagea ceux qui pavé de bonnes intentions…), parvint à en
Photo: Archives de la Fondation Erik Satie, Paris se présentaient comme achevés (y compris publier plusieurs, sans trop veiller à séparer

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Ie bon grain de I’ivraie. Aussi, à coté ont Ie plus impressionné ses vers Ie ciel, et donc suffisamment quarante fois de suite, ce qui, selon Ie
d’heureuses découvertes — telles la contemporains, à commencer par Claude hiératique et contemplative pour détacher tempo choisi, peut prendre de douze à
Quatrième, la Cinquième et la Sixième Debussy et Maurice Ravel. I’individu de la foule et frôler l’ésotérisme, vingt-quatre heures. Sans vraiment rentrer
Gnossiennes —, on a pu trouver, depuis, On sait que, par les Gymnopédies dont et Ie divertissement proposé par Ie café- dans Ie jeu du compositeur (et on peut
dans Ie catalogue d’Erik Satie, sous les Ie titre nous parle d’“enfants nus” et dont concert et autres bastringues, qui permet aisément en comprendre la raison…),
titres totalement arbitraires de Petite la première a été significativement dédiée à un contact immédiat entre la scène et la Jean-Yves Thibaudet se borne à exposer
musique de clown triste et Rêverie du une petite fille, notre compositeur avait salle. Satie a exploré ce dernier à la Belle honnêtement les données du problème, en
Pauvre, des mélodies composées voulu évoquer la musique des origines — Époque, pour la “reine de la valse lente”, jouant d’abord Ie thème en alternance avec
respectivement par Louis Varney et Jules Ie dépouillement de “I’enfance de la Paulette Darty, et y est brièvement revenu, les deux variations, comme demandé par Ie
Massenet et que Satie n’avait transcrites musique” — telle qu’on pouvait la rêver à la — avec La Belle Excentrique, pour la compositeur, puis Ie même thème, suivi,
dans son carnet que pour accompagner — fin d’un XIXe siècle, tout empreigné de la danseuse de caractère, Caryathis — au cette fois, des deux variations, I’une apres
du temps où il etait tapeur à gages — les soi-disante musique de I’Avenir de Wagner. début des années folles, alors que, sous l’autre.
parodies de ces mélodies, concoctées par Par les Gnossiennes — un des tout I’impulsion de Jean Cocteau, I’”esthétique
Ie chansonnier Vincent Hyspa.1 premiers exemples de musique répétitive du music-hall” gagnait Ie Groupe des Six et Le troisième volume présente les devoirs
Sous prétexte de l’intérêt que l’on prête — il avait cherché à briser les frontières inspirait un nouveau départ à la musique pour la Schola Cantorum de l’élève
généralement au moindre croquis d’un contraignantes de la musique occidentale, française. quadragénaire Erik Satie, désireux de
grand peintre, on a encore édité des s’ouvrant au labyrinthe sonore des II importe de rappeler que, pour recommencer humblement tout à zero,
esquisses, bribes, fragments et exercices mélismes orientaux. composer sa “musique à genoux”, Satie et dont son professeur, Albert Roussel,
divers, qui, sortis de leur contexte et On remarquera tout particulièrement une avait pris pour référence les compositions a raconté :
parfois réaménagés, ne sont même pas rareté : la Septième Gnossienne, que Satie picturales de Puvis de Chavannes évoquant
utiles pour Ie chercheur spécialisé. n’a jamais publiée isolément, mais qu’il a la sérénité immobile des primitifs. “Quand, un jour, il me fit part de son
nommément reconnue (le numéro d’ordre À souligner aussi Ie fait que, pour retrouver intention d’entrer à la Schola, j’essayai de
Les morceaux enregistrés par Jean-Yves en moins), en I’introduisant dans deux la religiosité du Moyen-Âge tout en étant l’en dissuader. Satie possédait un metier.
Thibaudet ne souffrent d’aucun des autres de ses œuvres, respectivement de conscient de l’inévitable différence Ses œuvres déjà publiées me prouvaient
inconvénients décrits ci-dessus car ils sont 1892 et de 1903 : la musique de scène d’approche d’un homme de son époque, qu’il n’avait rien à apprendre. Je ne
tous garantis “d’origine” et munis de pour la “wagnérie kaldéenne” du Sâr il a conçu ses Ogives en observant les voyais pas les avantages qu’il pouvait
I’indispensable imprimateur. Ils ont ete Péladan, Le Fils des Étoiles, et la “Manière restaurations, par I’architecte du XIXe siecle retirer d’études théoriques et
distribués en cinq volumes, de façon à de commencement” de Trois morceaux en Viollet Le Duc, des voûtes ogivales de la scholastiques. Néanmoins, il s’obstina.
souligner les particularités de chacun des forme de poire. cathédraIe gothique de Notre-Dame. Ce fut un élève très docile et très assidu.
cinq assemblages. Dans ce volume, on trouvera aussi une II me remettait exactement des devoirs
Le deuxième volume prouve l’intérêt curiosité, à savoir une courte citation de calligraphiés avec soin et agrémentés de
Le premier volume présente les œuvres de prodigue par Ie jeune Satie vis-à-vis des Vexations, Ie “motif” — composé d’un notations à I’encre rouge. II etait
jeunesse, qui sont aussi les plus diffusées. deux formes essentielles de musique thème et de deux variations de ce thème prodigieusement musicien.”2
encore aujourd’hui. Ce sont aussi celles qui populaire : la “musique à genoux”, tournée — que Satie demande de jouer huit-cent-

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On écoutera ensuite les pièces piano seul. avant que la Première Guerre mondiale ne danses” d’un singe empaillé du Piège de
“enfantines”, conscieusement conçues en Sans se soucier du contenu vienne porter un coup d’arrêt à cette Méduse, du “poème dansé” Les Pantins
tenant compte de la petite taille des mains psychologique ou narratif du film qu’il avait période heureuse, une cinquantaine de dansent, pour la métachoreute Valentine
des enfants et cherchant à éduquer I’oreille à illustrer musicalement — film qui, d’autre pièces minuscules, délicieusement de Saint-Point, aux Cinq Grimaces pour
de ces derniers en leur faisant remarquer, part, se caractérisait essentiellement par Ie parodiques, en commençant par des Le Songe d’une Nuit d’Été qui serait
entre autres, Ie retour d’un motif donné par choc des images et des variations d’ordre préludes “flasques”, dédiés “à un chien”. représenté dans un cirque par des clowns
la répétition d’un adjectif saugrenu, ou rythmique —, Satie a tenu surtout Cette dédicace, à première vue authentiques, on parvient au bouquet final
d’une situation bouffonne, dans les textes compte de la specificité du moyen surprenante, n’était en fait qu’un du Rag-Time de Parade4 (Ie premier grand
écrits entre les portées (textes qu’il ne cinématographique, à une époque — il faut avertissement poli, destiné précisément à ballet qui, au prix de scandales et même de
faudra jamais lire à haute voix pendant Ie noter — où la bande-son n’existait pas ces auditeurs qui s’en seraient choqués. En poursuites judiciaires mènera enfin Ie vieux
l’exécution musicale, car ils ne visent qu’à encore, et seul un accompagnement live effet, ainsi que François Rabelais l’avait fait Satie sous la lumière des projecteurs) —
éclairer et à amuser les petits interprètes). était prévu. De même que chaque plan du jadis pour ses lecteurs superficiels ou un rag-time endiablé, mais qu’il faut jouer
Dans la dernière période de sa vie, Satie film se décompose en plusieurs images distraits, Satie leur donnait I’exemple du “triste“ puisqu’il est censé évoquer, en
a peu composé pour Ie piano, qui avait apparemment identiques, mais présentant chien — “selon Platon, la bête plus effet, un événement qui n’etait pas gai :
pourtant toujours été son moyen en fait des variantes infinitésimales I’une philosophe” — qui, au lieu de se laisser Ie naufrage du Titanic.
d’expression privilégié. De ses Nocturnes, par rapport à l’autre, de même les rebuter par l’aspect peu engageant d’un os,
dont il a publié, presque simultanément, séquences musicales qu’il propose, Ie flaire, Ie ronge, Ie suce, et n’a de 1 Voir Steven Moore Whiting, “Musical

les trois premiers chez un editeur, et deux comprennent des motifs répétés plusieurs cesse tant qu’il n’en a pas extrait la Parody and two ‘œuvres posthumes’ of
autres, Ie quatrième et Ie cinquième, chez fois avec d’infimes variantes. “sustantificque mouelle”. Erik Satie”. dans Revue de Musicologie,
un autre (le sixième Nocturne, posthume, a 81 (1995), p.214–234
été restitué par Robert Orledge), il avait dit Le quatrième volume comprend les œuvres Le cinquième volume réunit les musiques 2 Voir Erik Satie, Correspondance presque

qu’ils étaient “une autre expression” de lui- que Satie lui-même a décrites comme de scène composées par Satie tout au long complète, présenté par O. Volta, Paris,
même : “Je suis à un tournant de mon état “fantaisistes”. C’est au début des années de sa vie et constitue de ce fait une sorte Fayard/lmec 2000, p.1097.
d’âme et je ne m’amuse pas.”3 dix qu’à peine sorti de la contraignante de travelling à travers I’ensemble de son 3 Ibidem, p.376, 377

Quant au Premier Menuet, “ecrit”, disait- discipline de la Schola Cantorum, et au œuvre, qui apparaît ainsi en toute sa 4 Satie a écrit ce rag-time sur Ie canevas

il, “quand j’etais tout jeune (54 ans)”, il n’y moment même où les milieux musicaux diversité. rythmique de The Mysterious Rag d’Irving
en aura jamais de deuxième. parisiens, alertés par Ravel, célèbrent la En passant des soi-disantes “wagneries” Berlin, pour orchestre ou piano à quatre
Cinéma est la toute dernière œuvre rigueur et Ie dépouillement de ses œuvres Rose + Croix aux gigues montmartroises mains. L’arrangement pour piano seul est
d’Erik Satie, composée pour l’entr’acte de jeunesse, que notre compositeur — qui de Jack in the Box, de la Chanson de l’éditeur Stéphane Chapelier qui l’a
cinématographique du ballet Relâche, ne s’est jamais laissé enfermer dans une andalouse pour la pièce de boulevard signé d’un pseudonyme malicieux : Hans
entr’acte tourné par René Clair. La version posture, fût-elle des plus avantageuses — Pousse I’Amour aux sept “toutes petites Ourdine (“en sourdine”).
originale étant pour orchestre, Darius change complètement de cap, donnant
Milhaud l’a arrangé pour piano à quatre libre cours à son humour et à sa fantaisie.
mains, dont l’éditeur Rouart-Lerolle a tiré Ie II compose ainsi, en peu de temps, et juste

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L’interprète de la musique d’Erik Satie aperçoit ainsi I’holothurie des Embryons PIANO À QUATRE MAINS ET AUTRES ŒUVRES
est confronté, entre autres, au defi très desséchés près d’un “rocher bien gluant” James Harding
spécial que constituent les indications de dans la baie de Saint-Malo, lorsque figure
jeu qu’il a inscrites entre les portées. Au dans la partition une citation de la romance C’est au faîte des combats les plus tourbillonnante introduit la “petite fille
lieu de I’orienter sur la technique à populaire, Mon rocher de Saint-Malo, virulents de la Grande Guerre, en 1917, américaine” qui monte à bicyclette, boxe,
employer, ces indications lui imposent une tandis que, dans ”Le Chant guerrier du Roi que se produisit, le 18 mai, l’un de ces tire des coups de revolver et danse un
posture spirituelle donnée (“sans orgueil … des Haricots” des Menus propos “scandales” qui faisaient le charme de la lugubre rag-time. Les acrobates se
avec étonnement … dans une grande enfantins, la couleur “rouge” (qu’il s’agisse vie artistique parisienne. “Si j’avais su que produisent au son d’un air de valse titubant,
bonté …“), ou bien une plongée dans de la figure ou du chapeau du roi) et les c’était si risible j’aurais amené les enfants alternativement pesant et gracieux. Enfin,
I’irrationnel, I’invitant à jouer “sur du ébats d’un “beau cheval”, réapparaissent avec moi !”, s’écria une matrone indignée. les “managers” qui organisent le spectacle
velours jauni”, ou bien “comme un à plusieurs reprises pour attirer, à chaque Elle parlait de la première représentation, s’effondrent d’épuisement et le prélude
rossignol qui aurait mal aux dents”. Au fois, I’attention sur Ie retour d’un même au Théâtre du Châtelet, de Parade, un ballet initial revient dans un climat assagi. Satie
début des années dix, Satie avait même motif. sur un scénario de Jean Cocteau, dans des affirma à Poulenc que Parade montrait qu’il
pris I’habitude de présenter ces indications Satie interdisait que l’on lise à haute voix décors et costumes de Picasso, et avec n’orchestrait “pas plus mal qu’un autre.
sous la forme de courts récits sans lien ses indications en public, pendant une musique d’un obscur alcoolique Pour beaucoup, cet ouvrage n’était bien
apparent avec les morceaux qu’ils l’execution musicale, ainsi que leur esprit si nommé Erik Satie. qu’au piano. Légende ! ! !”
accompagnaient, mais qui, une fois insolite pouvait tenter de Ie faire : “C’est Le poète Guillaume Apollinaire avait Malgré tout, l’essentiel de la musique de
décryptés, révélaient en fait les un secret”, expliquait-il, “entre l’interprète remarqué que Parade cachait de la poésie Satie fut écrit pour le piano, bien qu’il fût
caractéristiques de leur composition. On et moi”. sous son emballage cru de guignol, et il encore plus mauvais pianiste que Ravel.
utilisa le terme nouvellement forgé de Les Trois Morceaux en forme de poire
surréalisme pour décrire ce dont il (1890–1903) consistent en fait — la
s’agissait. La partition, qui faisait appel à un plaisanterie est typique de Satie — en sept
“bouteillophone”, une roue de loterie, une pièces. Le recueil est fondé en grande
sirène de bateau, un revolver et une partie sur des pièces antérieures ou
machine à écrire, accompagnait une inachevées, et à la saveur caractéristique
parade, terme traditionnellement utilisé des airs de café-concert qu’il composait en
pour le numéro comique exécuté devant pianotant dans les cabarets enfumés de
une baraque de foire et destiné à appâter Montmartre. Le titre, selon Satie, était sa
le public pour le spectacle suivant. réponse à un ami qui reprochait à sa
L’arrangement pour piano à quatre mains musique de manquer de forme. Ainsi qu’il
comporte le sombre prélude fugué et le l’expliqua par la suite à Debussy, si sa suite
numéro frénétique du prestidigitateur était en forme de poire, on ne pouvait
chinois, qui culmine dans une phrase l’accuser d’être informe. Quelle qu’en soit
Satie’s Choral inappétissant, 1914 autograph manuscript martelée de trois notes. Une cascade la forme, c’est l’une de ses œuvres les plus
Photo: Archives de la Fondation Erik Satie, Paris

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agréables et les plus séduisantes. “Grande ritournelle” improvisée, était, principes académiques inculqués par la complaisants. C’est une situation digne
Les Trois Petites Pièces montées (1919), selon la définition ironique de Satie, une Schola Cantorum. Ses chorals, dit Satie en d’Alice à travers Ie miroir, qui n’a pas dû
qui illustrent encore le goût de Satie pour “fantaisie sérieuse”. toute modestie, “égalent ceux de Bach, deplaire a Satie.
la trilogie, sont inspirées de Rabelais, dont En habit de cheval (1911) et Aperçus avec cette difference qu’ils sont plus rares Ce programme est complété par
l’humour scatologique n’était pas pour désagréables (1908–1912) comportent et moins pretentieux”. La “Fugue à tâtons”, quelques morceaux de choix destinés au
déplaire à ce compositeur d’apparence d’évidentes traces de la période où Satie, fondée sur la plus simple des mélodies, piano seul. Le plus significatif est la
pourtant guindée. La première pièce déjà quadragénaire, s’inscrivit humblement mais néanmoins pleine de charme et de troisième Sarabande (1887), qui, malgré sa
médite sur l’enfance de Pantagruel, à des cours d’écriture à la Schola Cantorum séduction dans sa naïveté, aboutit à un date précoce, marque un jalon historique
monstrueux nourrisson aussi gigantesque et en ressortit avec un diplôme de accord d’ut majeur culminant tout à fait dans l’évolution de la musique française,
que son immense père, Gargantua, et qui contrepoint. Ces deux œuvres s’efforcent conventionnel. La “Fantaisie musculaire” avec ses harmonies tournées vers I’avenir
dévore à chaque repas le lait de mille de faire montre de ses techniques est une satire des airs et manières du et ses dissonances nouvelles. En 1968, la
vaches. La fière “Marche de Cocagne” (à contrapuntiques nouvellement acquises. La violoniste virtuose, avec ses cadences publication posthume de Six Pièces de la
comparer à l’ouverture plus posée d’Elgar) première donne l’impression que Satie, loin clinquantes et ses rodomontades période 1906–1913, dont deux figurent ici,
est un hymne au pays mythique où coulent d’être “en habit de cheval”, est harnaché techniques. Lors de la création, I’œuvre fut et de Musiques intimes et secrètes datant
le lait et le miel. Une polka conclusive, contre son gré à des règles et qu’il rue sifflée, mais les applaudissements de de la même période, sauva la voix de Satie
sèche et incisive, évoque les jeux de pour s’en débarrasser. La seconde série de sympathisants dans Ie public de la tombe — ironique, non sans charme
Gargantua. pièces, que le compositeur a l’audace de encouragèrent les musiciens à bisser les et, comme toujours, fantasque.
La Belle Excentrique (1920) était la qualifier de “beaux et limpides”, ajoute une cadences, soulignant encore plus
danseuse exotique Caryathis (immortalisée pastorale mélancolique à un choral et nettement cette parodie des virtuoses Traduction Dennis Collins
par Bakst dans une célèbre affiche), qui fugue écrit sous l’influence de la Schola
conçut et exécuta la chorégraphie Cantorum. On se rappelle les craintes
grotesque de cette pièce. Lorsque je l’ai exprimées par son professeur
connue dans sa vieillesse, elle était encore compréhensif, l’éminent compositeur
une personnalité impressionnante, malgré Albert Roussel, qui pensait qu’en se
son châle de grand-mère, ses épaisses soumettant aux disciplines académiques
lunettes en écaille, sa grosse robe de Satie risquait d’entraver son originalité.
chambre et ses massives bottes en Les Choses vues à droite et à gauche
caoutchouc. L’affectueuse parodie de (sans lunettes) (1914) montrent toutefois
music-hall de Satie trouve en elle une que Satie avait maintenant assimilé les
interprète flamboyante de la “Marche leçons de la Schola Cantorum et retrouvé
franco-lunaire” et de son badinage, de en même temps sa propre personnalité
l’ample “Valse du “mystérieux baiser dans mordante. Il s’agit de sa seule œuvre pour
l’œil“ et du désopilant “Cancan violon et piano. Le “Choral hypocrite”, d’une
grandmondain”. Le tout, entremêlé d’une malice discrète, se rit gentiment des

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ERIK SATIE: SÄMTLlCHE (?) KLAVIERWERKE
Ornella Volta

Die Aufnahme “sämtlicher” Klavierwerke ungünstiger Umstände nicht aufgeführt


Erik Saties — eine Aufgabe, an die sich werden konnten) zwischen den Pariser
schon viele Pianisten herangewagt haben — Herausgebern Rouart & Lerolle und Uni-
bietet insofern echte Probleme, als zur Zeit versal Edition in Wien auf. Nur eine zweifel-
zahlreiche fragwürdige bzw. umstrittene hafte Freiheit nahm sich Milhaud heraus: Er
posthume Werke in Edition vorliegen. versuchte, die Messe des Pauvres für Orgel
Wie es die minutiöse, fast besessene und Chor zu rekonstruieren, die Satie fur
Sorgfalt bezeugt, mit der der Komponist seine fiktive “Église métropolitaine d’Art”
alles behandelte, was er anderen vorlegte geschrieben hatte, deren Leiter und einziges
(selbst wenn es sich um einen kleinen Brief Mitglied er war. Von der Messe selbst
handelte), lieferte er sein Leben lang seinen waren jedoch nur einige verstreute Reste
Herausgebern nur perfekt schon geschrie- gefunden worden.
bene Manuskripte ab, datiert und unter- Der Zweite Weltkrieg und die daraus
zeichnet, wobei seine Unterschrift einer resultierende Emigration Milhauds in die
Erlaubnis zur Veröffentlichung gleichkam. Vereinigten Staaten brachten die aktuelle
Nach seinem Tod fand man jedoch in der Teilung von Saties Manuskriptbestandes
legendären Rumpelkammer seines Zimmers zwischen der Universität von Harvard und
in Arcueil eine beachtliche Anzahl von Manu- der französischen Nationalbibliothek mit sich.
skripten — meistens eingetragen in Notiz- Bei der ersten, 1966 von der franzö-
hefte, die er stets bei sich trug —, von sischen Nationalbibliothek anlässlich seines
denen einige, in Schönschrift, datiert und 100. Geburtstags organisierten Einzelaus-
unterzeichnet, den Herausgebern nicht stellung über den Komponisten enthüllte
angeboten worden waren, da er sie den einer seiner größten Bewunderer, der ihn
Lehrern der Schola Cantorum gewidmet noch persönlich gekannt hatte und ihm an
hatte, die er, mit knapp 40, als einfacher seinem Lebensende treu zur Seite stand,
Schüler besuchte. Darius Milhaud, dem die Existenz einer großen Anzahl unveröf-
die Familie des Komponisten sämtliche fentlichter Partituren und veröffentlichte sie
Manuskripte übergab, teilte die fertigen mit den besten Absichten (aber, wie wir
Manuskripte (einschließlich einiger wissen, ist der Weg zur Hölle mit guten
Jean-Yves Thibaudet Bühnenmusiken für Stücke, die aufgrund Absichten gepflastert…) ohne allzu sehr
Photo: Decca/Michael Tamarro

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darauf zu achten, die Spreu vom Weizen zu Im Band 1 befinden sich die Jugendwerke, “Manière de commencement” zu Beginn Notre-Dame durch Viollet-le-Duc, einen
trennen. So konnte man auch — neben die auch heute noch am häufigsten gespielt von Trois Morceaux en forme de poire. Architekten des 19. Jahrhunderts, um sich
glücklichen Entdeckungen wie die werden. Diese Werke haben seine in die Religiosität des Mittelalters einzufüh-
Quatrième, Cinquième und Sixième Zeitgenossen, unter ihnen Claude Debussy Band 2 beweist das bemerkenswerte len, wobei er sich des unvermeidlichen
Gnossiennes — seither im Werkverzeichnis und Maurice Ravel, am meisten Interesse des jungen Satie an zwei Unterschieds einer Annäherung als Mensch
von Erik Satie unter vollig willkürlich beeindruckt. wesentlichen Formen volkstümlicher Musik: seiner Epoche durchaus bewusst war.
gewählten Titeln wie Petite musique de Es ist bekannt, dass der Komponist uns die “musique à genoux” (“Musik auf Knien”, In diesem Band findet sich auch eine
clown triste und Rêverie du Pauvre von mit den Gymnopédies, deren Titel uns eine andächtig-meditative Musik) himmel- Kuriosität, nämlich ein kurzes Zitat aus
Louis Varney bzw. Jules Massenet kompo- “nackte Kinder” suggeriert und deren erster wärts gerichtet und somit hieratisch und Vexations, das so genannte “Motiv” —
nierte Melodien finden, die Satie nur in sein Teil bezeichnenderweise einem kleinen kontemplativ genug, um das Individuum von das aus einem Thema und zwei Variationen
Heft notiert hatte, um für sie — zu einer Mädchen gewidmet ist, zu den Ursprüngen der Masse zu trennen und die Esoterik zu darüber besteht —, von dem Satie verlangt,
Zeit, als er sich als “Lohnklimperer” durch- der Musik führen wollte — die Schmucklo- streifen, sowie Unterhaltungsstücke für dass es 840 Mal nacheinander gespielt
schlug — eine Begleitung für Parodien aus sigkeit der “Kindheit der Musik” — so wie Aufführungen in Cafés und anderen Tingel- werden soll, was nach dem angegebenen
der Feder des Chansonnier Vincent Hyspa man sie sich am Ende des 19. Jahrhunderts, tangel-Orten, die einen unmittelbaren Kon- Tempo zwölf bis 24 Stunden dauern würde.
zu schreiben.1 das ganz von der so genannten “Zukunfts- takt zwischen Bühne und Saal ermöglichten. Ohne sich ganz auf das Spiel des Kompo-
Unter Vorbehalt des Interesses, das man musik” Wagners geprägt war, erträumen Satie beackerte dieses Feld in der Belle nisten einzulassen (wofür die Gründe leicht
gemeinhin auch dem kleinsten Entwurf konnte. Époque für die “Königin des langsamen einzusehen sind…), beschränkt sich Jean-
eines großen Malers widmet, wurden auch Mit den Gnossiennes — einem der Walzers”, Paulette Darty, und kam darauf Yves Thibaudet darauf, die Problematik
Skizzen, Reste, Bruchstücke und verschie- ersten Beispiele für repetitive, auf wieder- kurz zurück — mit La Belle Excentrique für getreu wiederzugeben, indem er zunächst
dene Übungen herausgegeben, die, heraus- holten Bausteinen basierende Musik — die Charaktertänzerin Caryathis zu Beginn das Thema im Wechsel mit den beiden
gerissen aus ihrem Kontext und manchmal hatte er versucht, die beengenden Grenzen der so genannten “Années folles”, als die Variationen, wie vom Komponisten gefor-
neu zusammengestellt, nicht einmal für den der westlichen Musik aufzubrechen, indem ”Ästhetik der Music Hall” unter der Wir- dert, spielt, dann dasselbe Thema, diesmal
Spezialisten von Nutzen sind. er sich dem Klang-Labyrinth orientalischer kung Jean Cocteaus die Groupe des Six gefolgt von den beiden Variationen, die
Melismen öffnete. vereinnahmte und zu einem Neubeginn der nacheinander erklingen.
Die von Jean-Yves Thibaudet aufgenom- Noch eine ganz besondere Rarität ist hier französischen Musik wurde.
menen Stücke weisen keine der oben zu finden: die Septième Gnossienne, die Saties Bezugspunkt für die Komposition Band 3 enthält die Aufgaben für die Schola
beschriebenen Kalamitäten auf, denn bei Satie niemals eigenständig herausgegeben, seiner “musique à genoux” sind Gemälde, Cantorum des 40-jährigen Schülers Satie,
ihnen handeIt es sich ganz sicher um aber als solche anerkannt hat (allerdings sprich: malerische Kompositionen von Puvis der wieder ganz von vorn, bei Null
Originale und sie sind alle mit dem unter- ohne entsprechende Nummerierung), indem de Chavannes, die die unbewegliche Heiter- anzufangen wünschte und dessen Lehrer
lässlichen Imprimatur versehen. Sie wurden er sie in zwei andere seiner Werke einfügte, keit ursprünglicher Figuren beschwören. Er Albert Roussel darüber berichtet:
auf fünf Bände verteilt, und zwar so, dass die er 1892 bzw. 1903 schrieb: die Bühnen- konzipierte seine Ogives beim Beobachten
sie jeweils die Besonderheiten der fünf musik für die “Wagnerie aus Chaldäa” des der Restaurierungsarbeiten der Spitzbogen- Als er eines Tages seine Absicht, in die
Zusammenstellungen hervorheben. Sâr Péladan, Le Fils des Étoiles, und die gewölbe der gotischen Kathedrale von Schola einzutreten, kundgab, wollte ich

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es ihm ausreden. Satie beherrschte sein vierte und die fünfte, bei einem anderen winzig kleine Änderungen unterschieden ladende Aussehen eines Knochens nicht
Handwerk. Seine bereits veröffentlichten veröffentlichte (die sechste Nocturne wurde sind, so enthalten auch Saties musikalische abschrecken lässt und ihn beschnuppert, an
Werke bezeugten mir, dass er nichts erst posthum von Robert Orledge wieder- Sequenzen mehrfach wiederholte Motive ihm nagt und so lange an ihm saugt, bis er
mehr zu lernen hatte. Und ich konnte hergestellt) hatte er gesagt, sie seien “ein mit winzig kleinen Veränderungen. das “nahrhafte Mark” ausgesogen hat.
keinen Nutzen sehen, den er aus anderer Ausdruck” seiner selbst: “lch bin Band 5 versammelt Musik für die Bühne,
theoretischen und akademischen an einem Wendepunkt meines Gemütszu- Band 4 enthält die Werke, die Satie selbst die Satie zu allen Zeiten seines Lebens
Übungen hätte ziehen können. Trotzdem standes und finde es gar nicht lustig.“3 als “phantastisch” bezeichnet hat. Zu komponierte und die insofern eine Reise
beharrte er darauf. Er wurde ein sehr Was das Premier Menuet angeht, nach Beginn der 1910er Jahre, als er gerade die quer durch sein Schaffen darstellt,
folgsamer und gewissenhafter Schüler. eigener Aussage “geschrieben, als ich noch beengende Disziplin der Schola Cantorum das hier in seiner ganzen Mannigfaltigkeit
Er gab mir die Aufgaben in Schönschrift ganz jung war (54 Jahre)”, sollte es niemals hinter sich gelassen hatte und die von Ravel erscheint.
sorgfältig ausgeführt und mit Anmerkun- ein zweites geben. alarmierte Musikwelt von Paris die Strenge So gelangen wir von den so genannten
gen in roter Tinte versehen zurück. Er war Cinéma ist das allerletzte Werk Erik und Schmucklosigkeit seiner Jugendwerke “Wagnerien” des Rosenkreuzordens zu den
Musiker im besten Sinn des Wortes.2 Saties, komponiert für das filmische, von feierte, änderte Satie — der sich nie auf Montmartre-Gigues von Jack in the Box,
René Clair konzipierte Zwischenspiel im eine, und sei es auch eine für ihn günstige, von der Chanson andalouse für das
Danach sind die “Kinderstücke” zu hören, Ballett Relâche. Da die Originalversion für Haltung festlegen ließ — seinen Kurs voll- Boulevard-Stück Pousse I’Amour zu den
die Satie gewissenhaft ausarbeitete, indem Orchester geschrieben ist, arrangierte sie kommen und ließ seinem Humor und seiner sieben ”ganz kleinen Tänzen” eines ausge-
er die geringe Spannweite der Kinderhände Darius Milhaud für Klavier vierhändig, eine Fantasie freien Lauf. So komponierte er in stopften Affen in Le Piège de Méduse, vom
berücksichtigte und versuchte, deren Ohr zu Version, von der der Verlag Rouart & Lerolle kurzer Zeit und bevor der Erste Weltkrieg “getanzten Gedicht” Les Pantins dansent
schulen, unter anderem dadurch, dass er sie wiederum die Fassung für Klavier zweihän- dieser fruchtbaren Periode ein Ende setzen für die Tänzerin Valentine de Saint-Point zu
die Reprise eines bereits gehörten Themas dig ausgezogen hat. sollte, rund 50 kleine, köstlich parodistische den Cinq Grimasses für einen geplanten
durch die Wiederholung eines skurrilen Ohne sich um den psychologischen oder Stücke, an denen Beginn die Préludes Sommernachtstraum, der in einem Zirkus
Adjektivs oder einer spaßigen Bemerkung handlungsmäßigen Inhalt des Films, den er flasques stehen, die “einem Hund” gewid- von echten Clowns aufgeführt werden
durch beigefügte Texte zwischen den musikalisch zu illustrieren hatte, zu küm- met sind. sollte, und endlich zum letzten Stück, dem
Systemen (Texte, die man niemals laut mern — einen Film, dessen Charakter Diese auf den ersten Blick überraschende Ragtime in Parade4 (dem ersten großen
während des Spielens lesen darf, da sie nur übrigens wesentlich durch die Gewalt der Widmung hat tatsächlich nur als höflicher Ballett, das um den Preis eines Skandals
dafür gedacht sind, kleine Interpreten aufzu- Bilder und Varianten in der rhythmischen Hinweis für die Zuhörer zu gelten, die über und juristischer Verfolgung endlich den alten
klären und zu amüsieren) merken ließ. Folge bestimmt ist —, berücksichtigte er die Musik schockiert sein könnten. So wie Satie im vollen Rampenlicht zeigte) —
In der letzten Periode seines Lebens doch die Eigenart des Mediums zu einer einst François Rabelais mit seinen oberfläch- einem wilden Ragtime, der aber traurig
komponierte Satie nur noch wenig für das Zeit, als der Tonfilm noch nicht existierte und lichen oder zerstreuten Lesern verfuhr, so gespielt werden muss, da er angeblich ein
Klavier, das dennoch sein bevorzugtes Aus- nur eine Live-Begleitung vorgesehen war. lieferte auch Satie das Beispiel des Hundes alles andere als frohes Ereignis beschwört:
drucksmittel blieb. Von seinen Nocturnes, So wie jeder Teil des Films sich in mehrere — des nach Platon “philosophischsten den Untergang der Titanic.
von denen er fast gleichzeitig die ersten drei fast identische Einzelbilder zerlegen lässt, Tieres” —, der sich durch das wenig ein-
bei einem Verleger, die beiden anderen, die die aber in Wirklichkeit unter sich durch

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Der Interpret der Musik Erik Saties wird “edlen Pferdes” mehrfach in “Le Chant
u. a. auch mit der sehr speziellen Heraus- guerrier du Roi des Haricots” (Kriegslied
forderung der Vortragsanweisungen kon- des Bohnenkönigs) aus den Menus propos
frontiert, die Satie zwischen die Systeme enfantins (Kindliches Geplauder) mehrfach
eingetragen hat. Anstelle von technischen wieder, um jedes Mal die Aufmerksamkeit
Hinweisen schreiben ihm diese Anwei- auf dasselbe Motiv zu lenken.
sungen eine geistige Haltung vor (“ohne Satie verbot das laute öffentliche
Stolz … mit Erstaunen … mit großer Vorlesen seiner Anweisungen während der
Gutmütigkeit”) oder verweisen ihn ins musikalischen Aufführungen, obwohl ihr
Irrationale, indem sie ihn auffordern, “auf ungewöhnlicher Gehalt jemanden dazu
gelbem Velours” oder “wie eine Nachtigall verführen könnte: “Dies ist ein Geheimnis
mit Zahnschmerzen” zu spielen. Zu Beginn zwischen dem Spieler und mir”, erklärte er.
der 1910er Jahre hatte Satie sogar sich Übersetzung Claudia Jost
angewöhnt, diese Anweisungen ohne jede
erkennbare Verbindung zu den Stücken, die 1 Vgl. Steven Moore Whiting, “Musical Parody
er begleitete, in Kurzform vorzutragen; and two ‘Œuvres posthumes’ of Erik Satie“, in:
diese Anweisungen erwiesen sich, einmal Revue de Musicologie, 81 (1995). S. 214–234.
entschlüsselt, aber als durchaus charakte- 2 Vgl. Erik Satie, Correspondance presque

ristisch zu ihrer Komposition. complète, herausgegeben von O. Volta, Paris,


So kann man tatsächlich eine Seegurke Fayard/lmec, 2000, S. 1097.
in der Nähe eines “rutschigen Felsens” in 3 Ebenda, S. 376, 377.

der Bucht von St. Malo in den Embryons 4 Satie schrieb diesen Ragtime nach dem

desséchés (Vertrocknete Embryos) rhythmischen Modell von The Mysterious Rag


bemerken, wenn in der Partitur ein Zitat von Irving Berlin für Orchester oder Klavier
des Volksliedes “Mon rocher de Saint- vierhändig. Die Bearbeitung für Klavier zweihändig
Malo” auftaucht. Demgegenüber kehren stammt vom Verleger Stéphane Chapelier, der sie
die Farbe “rot” (gleich, ob es sich um das mit einem schalkhaften Pseudonym
Gesicht oder den Hut des Königs handelt) unterzeichnete: Hans Ourdine (sprich:
Satie’s 1er Prélude du Nazaréen, 1892 autograph manuscript. BNF, Paris und die ausgelassenen Sprünge eines “en sourdine” = gedämpft, leise).
Photo: Archives de la Fondation Erik Satie, Paris

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VIERHÄNDIGE KLAVIERWERKE UND ANDERE STÜCKE Suite, wenn sie die Form einer Birne habe, “Französischen Mondmarsches” mit seiner
James Harding nicht als formlos kritisiert werden. Ob wohl- Nekkerei, des mitreißenden Walzers “Mys-
geformt oder nicht, stellt sie eines seiner teriöser Kuss ins Auge” und des ausgelas-
1917, auf dem Höhepunkt der härtesten kulminiert. gefälligsten und reizvollsten Werke dar. senen “Hochmondänen Cancans”. Das
Schlachten des Ersten Weltkrieges, erei- Eine wirbelnde Kaskade führt das “kleine Auch die Trois Petites Pièces montées ganze, von einem verbindenden Begleitri-
gnete sich am 18. Mai einer jener “Skan- amerikanische Mädchen” ein, das auf von 1919 befriedigen Saties Vorliebe für die tornell durchsetzte Stück war, so unterstrich
dale”, die die Pariser Kunstszene so genuss- einem Fahrrad fährt, boxt, eine Pistole Dreizahl; sie wurden durch Rabelais ange- Satie ironisch, eine “fantaisie sérieuse”
voll machten. “Wenn ich gewusst hätte, abfeuert und einen schwermütigen Ragtime regt, einen Schriftsteller, dessen skatolo- (seriöse Fantasie).
wie albern dies ist, hätte ich meine Kinder tanzt. Die Akrobaten treten zu einer tau- gischer Humor den nach außen hin formel- En habit de cheval (“Im Pferdegeschirr”)
mitgenommen!”, zischte eine entrüstete melnden, mal schwerfälligen, mal anmu- len Komponisten ansprach. Das erste Stück von 1911 und Aperçus désagréables (1908,
Matrone. Sie bezog sich auf die Urauffüh- tigen Walzermelodie auf. Endlich brechen meditiert über die Kindheit von Pantagruel, 1912) weisen deutlich Spuren aus der Zeit
rung im Théâtre du Châtelet von Parade, die Manager der Show erschöpft zusam- einem monströsen Kleinkind, das so gigan- auf, als Satie sich als bereits 40-jähriger
einem Ballett mit einem Szenario von Jean men, und das Vorspiel vom Anfang kehrt in tisch wie sein riesiger Vater Gargantua war ergeben einem Musikkurs an der Schola
Cocteau, Bühnenbild und Kostümen von gedämpfter Stimmung wieder. Satie und bei jeder Mahlzeit die Milch von tau- Cantorum unterzog und mit einem Kontra-
Picasso und mit der Musik eines obskuren behauptete Poulenc gegenüber, er könne send Kühen verschlang. Die prahlerische punkt-Diplom daraus hervorging. Mit diesen
Alkoholikers namens Erik Satie. “so gut wie jeder andere instrumentieren. “Marche de Cocagne” (“Marsch der beiden Werken bemüht er sich, seine neu-
Der Dichter Guillaume Apollinaire Für viele klinge das Werk allein auf dem Schlemmerei”) — man vergleiche sie mit errungene Kontrapunkttechnik vorzuführen.
bemerkte, dass in Parade “unter der Klavier gut. Eine Legende!!!” Elgars gesetzterer Ouvertüre — besingt das Das erste Stück, weit davon entfernt, Satie
groben Kasperletheater-Verpackung Dich- Immerhin ist der Großteil von Saties Fabelland, in dem Milch und Honig fließen. in Reitdress darzustellen, deutet an, dass er
tung” verborgen sei, und gebrauchte den Musik für das Klavier geschrieben, obwohl Eine abschließende frische und scharfe hier wider Willen in die Regeln eingespannt
frischgeprägten Begriff “surréalisme”, um er ein noch schlechterer Pianist als Ravel Polka evoziert Gargantuas Spiele. ist und gegen sie rebelliert. Das zweite
das Ganze zu beschreiben. Die Partitur, die war. Die Trois Morceaux en forme de poire Die exzentrische Schöne, die die gro- Werk, “Unangenehme Betrachtungen”,
ein “bouteillophone” (Flaschenklappern), (1890–1903) bestehen — ein typischer teske Choreographie von La Belle wurde vom Komponisten herausfordernd
ein Lotterierad, Schiffsirenen, Pistole und Satie-Witz — aus sieben Stücken. Viele Excentrique (1920) entwarf, war die exo- als “schön und klar” bewertet; es verbindet
Schreibmaschine aufwies, begleitete eine Stücke aus diesem Zyklus beruhen auf tische Tänzerin Caryathis, die Bakst mit ein melancholisches Pastorale mit einem
Parade (wie gewöhnlich der Aufmarsch von früheren oder unvollendeten Werken und einem berühmten Plakat unsterblich Choral und einer unter dem Einfluss der
Possenreißern außerhalb einer Jahrmarkt- klingen deutlich nach den café-concert- gemacht hat. Als ich sie in hohem Alter Schola Cantorum geschriebenen Fuge.
bude bezeichnet wurde), mit der das Melodien, die er komponierte, während er kennenlernte, blieb sie trotz ihres Groß- Man erinnert sich an die von Saties
Publikum für die nächste Veranstaltung in rauchgeschwängerten Montmartre-Knei- mutterschals, ihrer schweren, horngefas- verständnisvollem Lehrer, dem ausgezeich-
angelockt werden sollte. Die Bearbeitung pen auf das Piano einhämmerte. Der Titel sten Brille, des schweren Morgenrockes neten Komponisten Albert Roussel, geäu-
für Klavier vierhändig enthält das düstere war, wie Satie bemerkte, seine Antwort auf und der massiven Gummistiefel eine ehr- ßerte Sorge, dass die Unterordnung unter
Fugenvorspiel und die manische Nummer die Meinung eines Freundes, es mangele furchtgebietende Persönlichkeit. Saties akademische Disziplin seine Originalität
des chinesischen Zauberers, die in einer seiner Musik an Form. Wie er später zärtliche Verspottung der Music Hall fand hemmen könnte.
hammernden Phrase aus drei Tönen Debussy gegenüber erklärte, könne seine in ihr eine extravagante Interpretin des Die Choses vues à droite et à gauche

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(sans lunettes) (“Von rechts und links gepfiffen, doch der Applaus der Anhänger π 2000 172 – 206 , 2002, 2003 1 – 171 Decca Music Group Limited
betrachtet — ohne Fernglas”) von 1914 im Publikum ermutigte die Solisten, die ç 2016 Decca Music Group Limited
zeigen jedoch, dass Satie nun die Lektionen Kadenzen zu wiederholen, so dass schließ- Executive Producer: Andrew Cornall
der Schola Cantorum aufgenommen hatte lich die Verspottung gefälliger Virtuosen Recording Producers: David Mottley 1 – 171 ; Christopher Pope 172 – 206
und gleichzeitig seine eigene sarkastische noch treffender betont wurde. Es war eine Balance Engineer: Philip Siney
Individualität wiederentdeckt hatte. In Situation, wie sie Alice in Durch den Spiegel Recording & Editing Facilities by Emil Berliner Studios 1 – 171
diesen Stücken ist sein einziges Werk für erlebt, und die Satie genossen haben muss. Recording Editors: Mark Bueker and Oliver Curdt 1 – 171 ;
Geige und Klavier enthalten. Der “schein- Ein paar zusätzliche “bonnes bouches” Ian Watson & Jenni Whiteside 172 – 206
heilige Choral”, der gedämpft aber boshaft (Leckerbissen) für Klavier allein runden Recording Locations: St George’s, Brandon Hill, Bristol, 30 September–2 October 1996
ist, lacht milde über die Lehrbuch-Prinzipien, dieses Programm ab. Am bedeutendsten 172 – 206 ; St George’s, Brandon Hill, Bristol, Potton Hall, Suffolk, & Auditorium di Milano,
die in der Schola Cantorum eingeschärft ist die dritte Sarabande (1887), die trotz Milan, 19–22 December 2001, 20–23 February, 14–17 June, 3 September 2002 1 – 171
wurden. Seine Chorale, meinte Satie ihrer frühen Entstehung mit ihren voraus- Publishers: Éditions Salabert, Paris 5, 7, @– 23 , 48 , 49 , 51 , 67 , 82 , 104 , 166 – 171 ;
bescheiden, seien “weniger prätentiös als weisenden Harmonien und ihren neuartigen Copyright Control 53 ; Peters Edition 84 – 86 ; Universal Edition, Wien 153 – 155
die von Bach”. Die “im Finstern tappende Dissonanzen eine historische Entwicklungs- Editions: Robert Caby 7, @, $–), 67 , 82 ; Eberhardt Klemm £;
Fuge” basiert auf der einfachsten aller stufe der französischen Musik bezeichnet. Robert Orledge ¡, 23 , 48 , 49 , 104 ; Johny Fritz ™; Ornella Volta 84 – 86
Melodien, die dennoch charmant und 1968 erweckte die postume Veröffentlich- Steinway concert grand provided and maintained by Steinway & Sons, London 1 – 171
reizend in ihrer Naivität ist, und erreicht ung von Six Pièces de la période 1906–1913
einen sich zuspitzenden und gänzlich (von denen zwei hier enthalten sind) und Creative Director: Niall O’Rourke
konventionellen C-Dur-Akkord. Die “mus- von Musiques intimes et secrètes aus der Product Management: Edward Weston
kulöse Fantasie” ist eine Satire auf die gleichen Zeit Saties Stimme aus dem Grab Introductory Notes & Translations © 2000 (James Harding), 2003 (Ornella Volta)
Allüren und Manieren des Geigenvirtuosen wieder zum Leben — ironisch, nicht ohne Decca Music Group Limited
mit seinen glänzenden Kadenzen und Charme und wie immer schrullig. Cover: Erik Satie by Jean Cocteau, 1917
prahlerischen technischen Kunststücken. James Harding Editorial & Art Direction: WLP Ltd
Bei der ersten Aufführung wurde spöttisch Übersetzung Christiane Frobenius

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